Bonsoir,
Je vous apporte la suite ! Alors, bonne lecture :p
CHAPITRE 2
Les deux sorciers réapparurent dans une impasse déserte, seuls quelques sacs de poubelles en plastique traînaient dans un coin. Un chat de gouttière passa devant eux, les scruta quelques secondes avant de passer son chemin. En levant le nez, Hermione fut ravie de constater que le ciel était d'un bleu éclatant, sans l'ombre du moindre nuage. Et malgré la hauteur des murs entre lesquels ils se trouvaient, elle devina aisément ce soleil printanier qui devait briller en cette belle après-midi. C'était bien plus agréable que le temps maussade qu'ils venaient de quitter en partant du Wiltshire.
Toujours aussi enthousiaste, la jeune femme reposa son attention sur le sorcier qu'elle accompagnait. Ou plutôt, qui n'avait guère eu le choix que de l'emmener avec lui. Il était en train de tripoter la montre moldue qui entourait son poignet. Que faisait-il ?! D'ailleurs, en laissant glisser ses noisettes sur cet homme, la Gryffondor remarqua qu'il était vêtu différemment. D'un genre qu'elle ne lui connaissait pas : un simple moldu venu ici pour passer ses vacances.
Il portait une chemise grise claire ample qui laissait ses pans tomber négligemment sur son pantalon noir. Il avait retroussé ses manches, les enroulant jusqu'à ses coudes. Quant à son col, les deux premiers boutons étaient tranquillement ouverts, donnant un petit aperçu de quelques poils sombres qui recouvrait son torse. Était-il aussi poilu qu'un loup-garou ?! Ah, non. Beurk. Hors de question qu'elle dorme avec une touffe de poils. Elle avait Pattenrond pour cela. Mais la jeune femme dut avouer qu'elle préférait tout de même le savoir velu, plutôt qu'imberbe comme un nouveau-né. Cela lui rajoutait une certaine touche de virilité. Ses yeux remontèrent alors sur ces clavicules apparentes, bien nettes, pour slalomer le long de ce cou qui ne portait plus aucune trace des morsures de l'affreux serpent qui l'avait attaqué.
Seulement, lorsque son regard atteignit son visage, la jeune femme fut brutalement tirée de ses rêveries contemplatives. Severus était en train de la fixer et au vu de son air contrarié et impatient, il avait dû lui parler tandis qu'elle était trop occupée à disserter mentalement sur ses poils et ses cicatrices pour l'écouter.
- En quoi mes poils vous intéressent-ils Granger ? L'interrogea-t-il en haussant un sourcil, mi-curieux, mi-goguenard.
Sapristi, la Legilimancie. Avait-il suivi le fil de ses pensées depuis le début de ses divagations ? Hum, non impossible. Il lui était nécessaire d'établir un contact visuel pour s'incruster dans son esprit. Heureusement, il n'avait pu capter que la fin de ses étourderies.
Severus plissa les yeux en ressentant ce sentiment de soulagement qui envahissait la Lionne.
- Qu'aurais-je découvert d'autre ? Demanda-t-il à nouveau, se plaisant à voir se peindre de l'indignation sur le visage de son ancienne élève.
- Arrêtez-ça tout de suite ! Lui somma-t-elle en pointant un doigt vers son torse.
- Quoi donc ? Fit-il innocemment, même si son rictus trahit sa culpabilité.
- De vous inviter dans ma tête, c'est une violation de ma liberté de penser, protesta-t-elle mollement.
Un reniflement dédaigneux lui confirma que cet argument n'était en rien solide aux yeux du Legilimens.
- À partir du moment où vous m'offrez vos pensées sur un plateau en me fixant comme une pauvre chouette désorientée…, commença-t-il posément, …j'estime que ce n'est pas une violation, mais une opportunité. Je saisis l'occasion comme le ferait un misérable cambrioleur face à une porte d'entrée grande ouverte.
- C'est sournois, précisa-t-elle avant de ne pouvoir s'empêcher de penser que cela était typiquement Serpentard.
Et en le voyant arborer une mine à la fois arrogante et fière, Hermione comprit qu'il avait également suivi cette dernière pensée. Se retenant de peu de le traiter mentalement de crétin, la jeune femme préféra fermer son esprit avant de reposer son attention sur ce vil Serpent.
- Que me disiez-vous ? Ramena-t-elle brillamment la conversation à son début.
- D'avancer votre montre moldue d'une heure, il y a un décalage par rapport au fuseau londonien.
Mais en jetant un coup d'œil à son poignet, Severus vit qu'elle n'en portait pas. Seuls quelques bracelets bariolés pendouillaient sur ses mains. Ils étaient d'ailleurs assortis à cette robe vaporeuse qu'elle avait. Une multitude de couleurs douces, des motifs fleuris, qui ne faisaient que renforcer cet air guilleret et jovial qui trainaient constamment sur son visage. Elle était si emballée à l'idée de ces sept jours à ses côtés que cela en devenait suspect. Le sorcier s'efforça donc de reposer ses iris sur les siens, avant de poursuivre rapidement.
- Redonnez la taille initiale à vos affaires. Nous sommes à la bordure de la zone moldue. Une fois arrivés devant la gare, nous ne pourrons plus utiliser la moindre magie. Informulée ou sans baguette, elle sera totalement proscrite. Alors arrangez-vous pour planquer votre baguette. Une fois là-bas, je ne tiens pas à leur expliquer pourquoi vous seriez tellement accrochée à un morceau de bois, au point de le transporter partout où vous allez…
Hermione acquiesça sagement, avant de suivre à la lettre ses directives. La sorcière sortit sa valise miniature d'une poche de sa veste en jean, avant de lui lancer le sortilège qui lui rendit sa taille réelle. Elle fit également de même avec son petit sac à main en bandoulière qu'elle passa sur ses épaules. Sa baguette fut ensuite consciencieusement rangée. Voilà, elle était prête. Elle se tourna donc vers lui. Il tenait dans sa main un énorme sac allongé qui avait l'air très lourd, mais dont le poids ne lui causait visiblement aucun problème pour le transport.
- Dépêchons-nous, la rappela-t-il brusquement à l'ordre. Nous devions y être pour l'heure du thé, pas pour celle de l'apéritif.
L'heure de l'apéritif ? Cette remarque la fit sourire. Voir son ancien professeur dans un tout nouveau contexte était diablement amusant. Et cette aventure allait lui réserver d'autres surprises, elle en était certaine. Mais en attendant, la Rouge et Or fit profil bas, se contentant de suivre cet homme qui marchait à côté d'elle. Ils rejoignirent l'artère principale, se mélangeant à la foule urbaine comme deux touristes venant profiter de cette dernière semaine de vacances de printemps. Émerveillée par l'atmosphère ensoleillée, chaude et agréable de cette ville, Hermione tendait l'oreille en buvant ces paroles qu'elle ne comprenait pas. Du français, évidemment. Mais ce qui la ravissait dans cette langue étrangère, c'était cet accent à l'image de ce climat qu'elle parvenait à discerner.
D'ailleurs, Severus parlait-il français ? Elle fronça les sourcils, ne se rappelant pas qu'Elena lui ait mentionné ce détail. Et puis, dans la famille de cette tante, qui parlait anglais ? La jeune femme craignit subitement d'être mise à l'écart pour ne pas saisir le sens de la langue locale. D'autant plus qu'elle ne connaissait rien sur ces gens chez qui ils se rendaient. Les Rogue. Par Merlin ! Dire qu'elle allait les rencontrer.
Elle avait été complètement folle de bondir sur l'occasion que lui avait tendue son amie.
Non, téméraire plutôt. Hermione avait agi sur un coup de tête, ne perdant pas de temps pour se poser davantage de questions.
Oui, mais voilà. Toutes ces interrogations commençaient lentement à l'envahir, se frayant sinueusement un chemin vers son estomac pour le tordre d'appréhension. Tel un automate, la jeune femme ne fit plus attention où ils allaient, ses pas emboîtant simplement les siens. Ce ne fut que lorsqu'elle le vit s'arrêter, qu'Hermione remarqua qu'ils étaient arrivés. À la gare du moins. La fameuse zone moldue. Curieuse, la jeune femme se tourna vers Severus qui avait posé son sac sur le trottoir où ils se trouvaient, ses yeux balayant la petite place de stationnement qu'ils avaient devant eux.
- Et maintenant ? Lui demanda-t-elle.
- Nous allons prendre un taxi.
Un taxi, bien sûr. Il avait dit ceci comme si cela tombait sous le sens, avec une certaine condescendance dans la voix. Comment aurait-il voulu qu'elle le devine ? Sa famille aurait très bien pu venir en voiture les chercher, ou ils auraient pris l'un de ces bus qui s'arrêtaient à la station juste à côté d'eux.
Sans remarquer la légère irritation de sa voisine, Severus reprit son sac en main et avança vers l'un de ces taxis qui leur faisaient face, Hermione sur ses talons. S'apercevant qu'il avait de potentiels clients, le chauffeur descendit de l'habitacle pour venir à leur rencontre. Mais le sorcier ne lui laissa nullement le temps de bavarder. Rogue s'adressa directement à lui, parlant visiblement d'un français suffisamment correct pour que cet homme hoche la tête à la fin de chacune de ses phrases. Lorsqu'il afficha un sourire très commercial, la Lionne comprit que l'affaire était réglée : il allait les conduire chez la tante de Severus. Sa supposition fut confirmée lorsque ce dernier tendit son sac à l'homme, avant de se tourner vers elle.
- Donnez-lui votre valise, il va les mettre dans le coffre, lui indiqua-t-il d'une voix autoritaire. Et grimpez là-dedans.
La Gryffondor aurait voulu lui préciser qu'elle n'appréciait en aucun cas ce ton despotique qu'il commençait à employer à son égard. Même le chauffeur comprit qui dirigeait dans leur drôle de relation, si elle en croyait le léger sourire amusé qui flottait sur ses lèvres. Inutile de parler anglais pour saisir le sens de ses propos, le simple ton rêche employé avait dû suffire. Alors lorsqu'elle revint vers lui – occupé à lui tenir la portière arrière ouverte – elle ne put s'empêcher de délier sa langue.
- Oui monsieur, lança-t-elle narquoisement avant de glisser sur la banquette arrière pour lui laisser à son tour l'occasion de grimper.
Pour toute réponse, Hermione sentit son regard noir lui brûler la joue droite une fois qu'ils furent tous installés. Mais elle ne daigna pas tourner la tête vers lui, préférant garder son regard braqué sur le repose-tête du siège placé devant elle. Seulement, quand elle dut attacher sa ceinture, ses deux ambres furent irrémédiablement attirés par cette mine à la peau blafarde qui était toujours en train de l'observer. Lentement, elle fit remonter son regard jusqu'à l'ancrer dans le sien. C'était comme plonger dans l'œil du cyclone, se faire aspirer dans cette tempête dévastatrice que présageait la noirceur dangereuse qu'il arborait. Apparemment, sa dernière remarque ne lui avait guère plu. Peut-être avait-il pris cela pour de l'arrogance, un manque de respect ou un sarcasme dont il préférait rester l'unique auteur. Et bien qu'il s'y habitue. La jeune femme ne comptait pas se transformer en une parfaite petite chose tremblotante, en craignant d'avoir fait ou dit quelque chose qu'il ne fallait pas.
Qu'il se le tienne pour dit, elle n'était plus intimidée par lui.
Hermione se contenta donc de sourire d'amusement face à ses traits tirés sous l'agacement qu'elle provoquait chez lui. L'instant d'après, l'homme mit fin à leur échange visuel, trouvant plus d'attrait dans le paysage citadin qui défilait depuis que leur chauffeur avait quitté la gare.
À son tour, elle finit par faire de même, se ravissant de retrouver en ce monde moldu des souvenirs d'enfance. Ces voitures, ces feux de croisement et tous ces panneaux lui rappelèrent irrémédiablement les fois où ses parents la conduisaient dans le Londres moldu. Elle se revoyait à l'arrière de leur vieille voiture grise, ses parents se disputant sur l'endroit le plus commode pour se garer, tandis qu'elle gardait le nez plongé dans l'un de ses livres. Nez qu'elle relevait uniquement au bruit d'un klaxon qui retentirait dans la rue ou à un crissement de freins impromptu. Une bien belle époque. Simple, enfantine, joyeuse. Depuis le décès de ses parents, Hermione avait quelque peu abandonné ses habitudes moldues, ne vivant plus que de manière magique.
D'ailleurs, en pensant à sa famille, une question lui revint à l'esprit. Tandis que leur voiture était arrêtée à un feu rouge, la jeune femme tourna la tête vers Severus.
- Comment s'appellent les membres de votre famille ?
Ne le voyant pas réagir, elle crut tout d'abord qu'il ne l'avait pas écoutée. Jusqu'à ce qu'il tourne soudainement la tête dans sa direction. Une expression dure habillait son visage, tandis qu'un début de rictus releva le coin de ses lèvres pincées.
- Il serait effectivement temps de vous poser la question Granger, se moqua-t-il sans vergogne. Vous comptiez attendre le moment où ils seraient en face de vous ?
Sa raillerie finie, son rictus s'agrandit lorsqu'une idée diabolique lui vint en tête.
- Rien que pour vous voir plongée dans la confusion la plus totale, mal à l'aise et complètement empêtrée dans une situation des plus gênantes…, commença-t-il d'un ton si bas qu'il en devint démoniaque, …je pense que je ne vous le dirai pas.
Le noir menaçant de ses iris laissa place au pétillement satisfait de l'amusement qui commença à le gagner, face à la mine déconfite qu'elle affichait. La voir ravaler sa prétentieuse salive était assez jubilatoire, il devait le reconnaitre. Il ne fallait pas qu'elle oublie à qui elle avait affaire.
Severus reporta son attention sur la vitre lorsque la voiture redémarra, quittant le regard de merlan frit de son ancienne élève.
- J'aurai l'air d'une parfaite idiote si je ne sais même pas comment ils s'appellent…, contesta-t-elle brusquement.
Un nouveau reniflement, bien plus méprisant, fut sa seule réponse. Une onomatopée qu'elle décrypta comme un « Rien de nouveau », « Vous l'êtes déjà » ou tout simplement : « Je n'en rien à faire ». Une réaction qui l'énerva cette fois-ci pour de bon. Non, il ne l'intimidait plus, mais son sale caractère était toujours aussi horripilant que dans son souvenir. Le reste de leur trajet se fit donc dans un parfait silence, seule la radio diffusant de la musique détendit l'atmosphère.
Lorsque la voiture s'arrêta dans une petite rue d'un quartier résidentiel, Hermione sentit malgré tout son estomac faire un bond d'appréhension. Tout s'enchaîna très vite : Severus reprit son plus beau français pour payer la note au chauffeur, après quoi celui-ci sortit pour chercher leurs affaires dans le coffre. Le sorcier lui balança un ravissant « Sortez », avant d'en faire autant. La jeune femme finit donc par prendre une grande inspiration avant de se détacher et d'ouvrir la portière. Le moldu lui tendit aussitôt sa valise, avant de leur baratiner quelques mots, sans doute pour les saluer et leur souhaiter une bonne fin de journée. En se retournant, Hermione vit que Rogue l'attendait impatiemment devant une maison d'un jaune pâle que le soleil rendait encore plus vif sous ses rayons chatoyants.
Bien. Il était temps pour elle de rencontrer la famille de son ancien professeur.
Baissant ses yeux vers la silhouette de ce dernier, elle finit par avancer en tirant sa valise à roulettes. Lorsqu'elle arriva à son niveau, ils montèrent tous deux les quelques marches pour se retrouver devant la porte d'entrée.
- Essayez de sourire, à vous voir on croirait que vous allez à Azkaban et pas chez votre tante…, murmura-t-elle en levant la tête pour l'observer.
En retour, elle eut une nouvelle fois droit au regard glacial.
- Ne faites plus aucune allusion au monde sorcier à partir de maintenant, siffla-t-il entre ses dents.
À l'écoute de cette voix horrifiée, Hermione s'était presque attendue à ce qu'il rajoute un « Pauvre folle ! » bien placé, à la fin de sa phrase. Sa famille n'était quand même pas en train de les écouter de l'autre côté de la porte, non ? Peut-être qu'ils les avaient déjà repérés avec ce taxi qui s'était arrêté devant chez eux. Nerveusement, elle observa la main de Rogue s'élever vers cette sonnette qu'elle enfonça sans cérémonie. Un joli tintement se fit entendre à l'intérieur, très vite suivi par plusieurs « Ils sont là ! », « Ah, enfin », « Venez par ici ».
Merlin oui, ils étaient bien là.
Hermione jeta un coup d'œil à Rogue, anxieuse. À quoi ressemblaient ces autres Rogue ? Tous grands avec des cheveux noirs et un nez aquilin ? Aussi imbuvables que l'exemplaire qui l'accompagnait ? Ses yeux s'écarquillèrent à cette idée. Après tout, elle ne savait strictement rien sur ces individus.
Ayant sans doute deviné le poids de son regard, Severus finit par baisser ses yeux vers elle. Un air moqueur traînait sur son visage.
- Alors Granger ? Vous trouvez toujours cette idée aussi intéressante que tout à l'heure ? Lui demanda-t-il. Je suis certain que vous êtes en train de regretter.
- Pas du tout, s'efforça-t-elle de répliquer d'une voix confiante.
Mais le rictus goguenard qu'elle obtint en contrepartie lui indiqua qu'il n'était en aucun cas dupe des tourments qui la tiraillaient à cet instant précis. La Gryffondor eut envie de lui démontrer qu'elle n'avait pas peur et ne regrettait rien, mais la porte s'ouvrit brutalement à la volée, la faisant sursauter. Face à elle, Hermione découvrit une petite femme maigrichonne, aux cheveux courts colorés d'un brun mêlé à quelques mèches grisonnantes. Ses yeux verts se posèrent sur eux, les observant derrière une paire de lunettes élégantes.
- Vous voilà enfin…, annonça-t-elle d'une voix douce, rassurée. Severus tu m'avais pourtant prévenue que vous veniez pour l'heure du thé. J'étais inquiète, surtout que je n'ai aucun moyen pour te joindre.
La réelle inquiétude de cette femme toucha Hermione. Elle paraissait être très gentille et son aspect physique n'était pas du tout ce à quoi elle s'était imaginé. D'autant plus qu'elle leur parlait en anglais, ce qui était rassurant. Son anxiété commença à se dissiper, alors qu'un léger sourire étira ses lèvres.
- Je sais, je suis désolé. Nous avons eu un…contretemps, expliqua-t-il d'une voix beaucoup plus chaleureuse que celle qu'il réservait à Granger.
- Un contretemps ? Reprit-elle avant de lui adresser un regard débordant d'espièglerie ainsi qu'un sourire qui étira ses lèvres jusqu'à ses oreilles. Oh…oh…un contretemps…Ne t'en fais pas, vous êtes jeunes, je peux encore comprendre certaines choses Severus…
- Alors, nos anglais sont là ? Intervint une voix grave, masculine.
Un homme se plaça aux côtés de la tante de Severus, laissant l'une de ses mains glisser sur l'épaule de la femme. Au vu de ses cheveux gris, Hermione en déduit qu'il devait s'agir de l'oncle. Portant lui aussi des lunettes, son regard passa alternativement sur eux, avant de se reposer sur le visage badin de son épouse.
- Ils ont eu un contretemps, lui apprit-elle en conservant ce ton malicieux.
L'homme fronça les sourcils, ne paraissant pas comprendre.
- Contretemps ? Répéta-t-il.
L'instant d'après, sa femme lui expliqua quelques mots en français. Apparemment, elle devait être liée par le sang à Severus, si elle maîtrisait aussi bien l'anglais comparé à son époux. Mais encore une fois, si ce vil Serpentard avait daigné lui révéler plus de choses sur sa famille, elle ne serait pas obligée de jouer aux devinettes à leurs sujets. Heureusement, ils n'avaient pas encore commencé les présentations, moment qu'elle redoutait puisqu'il n'avait pas voulu lui dire leurs prénoms. Ils étaient beaucoup trop occupés à plaisanter à propos de ce contretemps. Si la jeune femme en croyait la rigidité soudaine de Severus, il regrettait amèrement d'avoir opté pour cette formulation pour expliquer leur retard. Sa tante avait instillé à ce mot un certain sens auquel il ne pensait absolument pas. Hermione hésitait sérieusement entre rougir pour ce qu'insinuait cette tante très malicieuse, ou éclater de rire face à l'inconfort dans lequel était désormais son ancien professeur.
Son corps décida pour elle. Ses joues s'empourprèrent, venant indirectement corroborer les propos des deux moldus.
- Et bien dis donc…qu'est-ce que j'entends ? Lança une nouvelle voix elle aussi masculine. Il y en a qui ont été si préoccupé par leurs galipettes qu'ils en ont raté leur avion ?
Un homme à peine plus vieux qu'elle rejoignit le couple. Des cheveux bruns ébouriffés, un regard vert il ressemblait beaucoup à sa mère. Sauf qu'il était beaucoup plus grand, comme son père. D'autant plus qu'il y avait cette même lueur facétieuse qui brillait dans le blanc de ses yeux, lui aussi très amusé par cette situation.
- Toi qui a toujours été très pointilleux, prenant soin d'arriver à la minute près, poursuivit-il en ne cachant nullement son ton persifleur. Il semblerait qu'on ait trouvé ton point faible…Et quel point faible…
Le ravissement qui était clairement perceptible dans sa dernière réplique mit mal à l'aise la sorcière. Malgré elle, ses joues s'entêtèrent à rougir davantage, déclenchant un sourire appréciateur de la part de ce jeune homme qui ne la quittait plus des yeux. Une insistance qui déplut fortement à Severus. Décidé à mettre fin à cette situation des plus incongrues, il prit enfin les choses en mains. Tant pis, il allait devoir se passer de la petite provocation qu'il avait promise à son impertinente Miss-je-veux-tout-savoir.
- Je vous présente Hermione, annonça-t-il à sa famille d'une voix légèrement plus tendue que précédemment. Hermione, voici ma tante Gillian, mon oncle Gaspard et mon cousin Louis.
Son intervention força cette dernière à quitter cet océan vert, posant son attention sur chacun d'entre eux en leur adressant un sourire. Elle essaya de ne pas être troublée par l'écoute de son prénom prononcé par cette voix veloutée. Il ne l'avait jamais appelée ainsi. Cela sonnait pourtant bien, sorti de sa bouche. Elle pourrait même finir par s'y habituer.
- Enchantée, s'élança Gillian réellement ravie. Mais entrez donc tous les deux, ne restez pas dehors.
Ils acquiescèrent, traînant leurs bagages avec eux avant que la porte ne soit refermée derrière eux. Hermione observa ensuite Severus venir enfin enlacer sa tante pour la saluer, puis serrer la main à son oncle et son cousin. Quand ce fut son tour, cette famille se montra très accueillante et chaleureuse. Tous l'intimèrent d'ailleurs de les tutoyer. Ils étaient vraiment charmants, prévenants. Lorsque Gaspard les invita à monter leurs affaires dans la chambre qu'ils allaient occuper, ce fameux Louis se proposa immédiatement pour porter la valise d'Hermione. Bien consciente de la nuance orageuse qui revint prendre possession du regard de Rogue, la Rouge & Or ne voulut toutefois pas commettre d'impair avec cette famille. Elle accepta donc volontiers, suivant ce moldu dans les escaliers, Severus derrière elle.
- Vous serez dans la chambre de Martin, les informa Louis.
- Qui est Martin ? Ne put-elle s'empêcher de demander.
- Mon grand frère…celui qui se marie samedi prochain…, répondit-il tout en gravissant les marches. Il n'habite plus avec nous depuis longtemps, c'est plutôt une chambre d'ami désormais.
Oups. Elle était censée le savoir ça, non ? Merlin, oui, probablement. Hermione se mordit la lèvre inférieure, maudissant Severus pour avoir été si réticent dans la voiture. Il aurait au moins pu lui dire ces maudits prénoms ! De quoi avait-elle l'air ? Ils étaient venus ici pour le fameux mariage en question et elle ne savait pas comment se prénommait le marié. Mais heureusement pour elle, Louis ne parût pas s'attarder là-dessus, ne relevant pas ce détail. Il marcha le long d'un couloir, s'assurant toutefois qu'elle le suivait toujours en jetant quelque fois des coups d'œil au-dessus de son épaule. Il finit enfin par s'arrêter devant une porte qu'il ouvrit d'un coup de pieds, avant d'entrer et de poser sa valise par terre. Lorsque le couple le rejoignit, il se retourna vers eux, concentrant néanmoins son attention sur Hermione.
- Voilà, je vous laisse vous installer…Descendez au salon quand vous aurez terminé, dit-il tout en se dirigeant vers la porte. Hermione, si tu veux je pourrais te faire un rapide tour de la maison tout à l'heure.
La concernée haussa les épaules, ne sachant quoi répondre. Elle se contenta donc de lui adresser un faible sourire, avant que Severus n'intervienne. Il approcha à son tour de la porte, la saisissant dans l'une de ses mains. Sa haute silhouette dépassa celle de son cousin, tandis qu'il le scrutait d'un œil mauvais.
- Merci Louis. C'est très aimable de ta part, murmura-t-il d'une voix dangereusement basse.
Et avant qu'il ne puisse répliquer, le Serpentard lui claqua la porte aux nez, se retrouvant seul dans cette chambre avec Granger. Cette rencontre avait été catastrophique. Non seulement il avait été ridiculisé avec cette histoire de fichu contretemps, mais en plus, son cousin fleuretait ouvertement avec celle qui était censée être avec lui. Ce n'était pas du tout ce à quoi il s'attendait. À vrai dire, tout allait de travers aujourd'hui. Se pinçant l'arête du nez, ses paupières se fermèrent quelques secondes durant lesquelles il poussa un long soupir de lassitude. Il détestait les imprévus.
S'il voulait que cette mascarade fonctionne, ils allaient devoir coordonner leurs chaudrons et mettre certaines choses au clair tout de suite. À commencer par son maudit cousin et son soudain intérêt pour Granger.
En plus d'être accompagné par Granger, voilà que sa famille ne l'aide pas dans cette drôle de situation. Pauvre Severus ! Et forcément, ça ne va pas s'arranger héhéhé...
Sinon, merci pour vos nombreuses lectures et reviews, en espérant que ce chapitre plaise autant que le premier. Merci aussi à Nekozuni de prendre le temps de me corriger tout ça, malgré son emploi du temps de Ministre ahaha.
Passez un bon week-end, à bientôt pour la suite ! Il y aura d'ailleurs au moins un chapitre par semaine et en tout, il devrait en avoir une vingtaine...On verra où ça nous mènera.
