Alors j'espère que vous prenez toujours autant plaisir à lire cette histoire ! :)

Pour la robe rouge que Kate essaie, je vous prie d'imaginer la robe de Julia Roberts dans Pretty Woman, pour la bleue, c'est une pure invention, mais un truc un peu classique, presque une robe de mariée. Alors pour la noire, je suis tombée dessus par hasard, dans le film Paris à tout prix, dont j'ai aperçu un extrait l'autre jour (la fin en l'occurrence, avec cette fameuse robe) que l'héroïne a créée (je crois) et que je trouve somptueuse et qui a un peu inspirée cette histoire … Trêve de plaisanteries, c'est l'heure de la lecture !


Après avoir pris l'ascenseur et traversé l'hôtel, elles montèrent dans la voiture de Léna : une Porsche noire et décapotable. Cette dernière expliqua rapidement à Kate : « alors, je vais t'amener dans une boutique où j'ai mes habitudes, parce que je sais qu'il y aura quelque chose de parfait pour toi là-bas. Tu n'auras plus qu'à choisir ce que tu veux ! Tu auras largement le choix ! » Conclut-elle.

- C'est très gentil à toi, mais un sac en plastique fera très bien l'affaire pour ce soir ! Rigola-t-elle.

Léna éclata de rire en penchant la tête en arrière et en tapant sur la cuisse de sa voisine. Elle enleva ses talons, qu'elle posa à l'arrière de son véhicule, et chaussa une paire de slapses, qui, à ce qu'en voyait Beckett, semblaient sortir tout droit de chez Macy's. Elle posa sur son nez des lunettes Louis Vuitton avant de regarder derrière elle pour faire une marche arrière.

Elles roulèrent en silence jusqu'à un magasin de vêtements de luxe. Elles descendirent devant le magasin, et Léna donna ses clés à un prénommé Valentin. Elles entrèrent dans la boutique et Kate se sentit quelque peu mal à l'aise. Comme une toute petite fille face à un lieu dont la beauté lui aurait coupé le souffle. Comme une intruse dans un monde qui lui est inconnu. Elle était vêtue simplement, avec un jean, un chemisier clair et une paire de talons dont la provenance ne lui revenait même pas en mémoire tellement ils étaient vieux.

-Bonjour mesdames. Les salua une vendeuse, nommée Alison d'après son badge doré. Mlle Goodman, qu'est-ce qui fera votre bonheur aujourd'hui ?

Cette dernière posa un regard tendre tout autour d'elle.

- Nous nous limiterons aux robes de soirée, auxquelles nous ajouterons tous les accessoires nécessaires, bien sûr ! Finit-elle avec un clin d'œil destiné aux deux femmes qui l'entouraient.

Alison les mena vers un petit escalier qui les fit descendre en contre-bas. Léna saisit l'avant-bras de Kate pour descendre les escaliers. Elles débouchèrent dans une grande pièce arrondie. À gauche comme à droite, s'étendaient de nombreuses robes, plus élégantes les unes que les autres. Au fond de la pièce, aux deux extrémités, se trouvaient les cabines d'essayage. Et au milieu, sous un imposant lustre en cristal, trois miroirs se tenaient en arc de cercle, avec une plate forme ronde en leur centre.

-Je veux que nous nous occupions de Kate en premier. Kate, j'oublie les bonnes manières, je te présente Alison, la meilleure vendeuse que je connaisse, mais également la meilleure conseillère !

Les deux femmes se serrèrent la main en se souriant.

-Bien ! Annonça Léna, en frappant dans ses mains, il faut que nous te dénichions la robe parfaite pour ce soir ! Alison, une suggestion ?

L'interpellée prit son menton dans sa main, réfléchit en tournant autour de Kate, pour inspecter sa silhouette et voir ce qui mettrait le mieux en valeur son corps. Léna lui sourit amicalement pour la détendre et vit soudain le regard de la vendeuse s'illuminer.

- Je crois que j'ai ce qu'il vous faut ! Annonça-t-elle en se dirigeant vers un portent.

Elle saisit une robe somptueuse d'un bleu nuit parfait et l'approcha de la peau de Kate.

-Mmmm ... Ça n'ira peut-être pas avec votre teint ... Je vais essayer une couleur chaude et une robe noire, et puis, je vous donnerez les trois, comme ça vous ferez votre choix en cabine.

Elle retourna près des robes, classées par couleur, en saisit une rouge, renversante ainsi qu'une noire, sublime. Elle posa les trois vêtements dans une des spacieuses cabines, et ferma le rideau après l'entrée de Kate.

-Si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas, je suis là pour ça ! Conclut-elle d'un ton jovial.

Beckett commença par la rouge. Elle se mît en sous-vêtements et enfila la robe. La vendeuse fit glisser la fermeture éclair jusqu'en haut, et laissa Kate monter sur le podium. Elle s'observa dans les miroirs. La robe était magnifique. Très près du corps, elle était bustier et assez longue, puisqu'elle traînait sur le sol, derrière elle. Elle soutenait sa poitrine, moulait sa taille fine, formait ses hanches puis devenait vague à partir de la moitié de ses cuisses. Les deux femmes acquiescèrent. Pourtant, la robe paraissait quelque peu vulgaire à Beckett. Le rouge, sans doute, ou la proximité avec son corps.

-Qu'en dites vous ? Questionna-t-elle Alison et Léna.

-Eh bien ... Commença la première.

-Ce n'est pas ce que j'aurais dit, continua la seconde, j'aurais dit "sexy" et non "vulgaire".

-Mais c'est vrai que si vous vous rendez à un bal, vous risquez de danser, et ce ne sera peut-être pas très confortable, acheva Alison.

La remarque de Léna lui avait suffi, elle ne voulait pas paraître trop sexy, de peur que Castle ne se fasse des idées ou que les autres la prennent pour une provocatrice.

Elle retourna en cabine et défit la robe. Elle se saisit de la bleu nuit. Celle-ci était plus classique. Elle l'enfila et retourna sur l'estrade pour admirer l'effet produit. Elle était resserrée au niveau de la poitrine, tel un bandeau, puisqu'elle était bustier elle aussi, retenait les formes de sa taille et puis s'évaser à partir de ses hanches. Il y avait de plus en plus d'épaisseur lorsqu'elle se rapprochait du sol, tel la forme d'une pyramide. C'était spectaculaire.

- Je pense que c'est trop volumineux, pour la soirée de ce soir, on risque de marcher dessus, de la déchirer, et pour danser ... Expliqua Kate.

La vendeuse fit une moue dubitative et lui dit que la couleur renforçait le côté nacré de sa peau, ce qui la rendait très claire et pâle.

- Je trouve que, comme ça, ça fait trop classique. Évalua Léna.

Kate rentra dans la cabine. Cette robe-là était sa dernière carte, même si le magasin en contenait plein d'autres, elle préférait faire confiance à la spécialiste. Elle se saisit de la dernière, donc, la passa et revint sur la plate forme. Elle observa à nouveau le résultat dans les miroirs à pied. Cette fois, c'était parfait. Celle-ci n'était pas bustier. Les bretelles étaient larges, très larges même, en dentelle noire et légèrement pailleté, telle une neige d'argent parsemant discrètement le haut de son buste. Sa peau semblait briller d'un éclat nouveau. Elles recouvraient sa poitrine et venaient se rattacher au tissu noir satiné de la robe, se reliant entre elles au moment où elles touchaient le satin. Cette partie-là était moulée au corps de la détective, pour que sa taille bien sculptée soit mise en valeur. Puis, au niveau des hanches, la robe devenait des vagues de tissu fluide et léger, comme les tenues des touaregs, plein de plis, mais de manière créative et artistiquement réussi. À un endroit, au niveau de sa cuisse gauche, le tissu était fendu en une large bande, fine au niveau de son bassin et qui allait en s'agrandissant en arrivant au bas du vêtement. À la place du satin noir, il y avait exactement la même dentelle que sur sa poitrine. Le côté argenté semblait faire briller les parties de son corps recouvertes de dentelle. C'était tout simplement époustouflant. Il n'y avait rien à dire. Elle n'était qu'envolée de satin et de tissu ample, souple et merveilleusement velouté sur sa peau. Les formes étaient vraiment parfaites. Ni trop provocant, ni trop classique, assez créatif mais dans un esprit bien sage.

-Il fallait oser, juste de la dentelle sur la poitrine ... Mais c'est tellement beau sur toi ! S'extasia Léna.

Alison opina du chef, les bras croisés de satisfaction et de fierté. Kate rougit sous les compliments. Alison alla chercher une paire d'escarpins noirs, ornés d'une sorte de lacet qui tenait la chaussure au niveau de la cheville. Cette boucle était elle aussi agrémentée de dentelle noire.

-Il te les faut ! S'exclama Léna, mais pas un mot à Castle, il voudra me les rembourser elles aussi ! Et moi, je veux t'offrir ce qui va t'embellir !

Léna lui trouva une parure ravissante de pierres précieuses translucides et blanches, qui faisait ressortir l'aspect argenté de la dentelle. Elles rajoutèrent à cela une paire de boucles d'oreilles, qui avaient la forme d'une goutte d'eau.

-Parfait ! Lancèrent les deux femmes en regardant l'inspectrice ainsi parée.

Alison attrapa une robe rose pâle pour Léna. Elle l'essaya, avec une paire de talons roses noués à ses mollets, comme les chaussons des ballerines. La robe bustier était collée à la poitrine de la jeune fille, ainsi qu'à ses côtes, puis un large ruban dans les tons de prune venait terminer ce côté serré au corps. Ensuite, la robe était faite de tulle, qui s'agrandissait en se rapprochant du sol, comme les tutus des danseuses. On aurait cru une petite princesse. Elle choisit un collier discret ainsi qu'un bracelet et une bague.

Elles passèrent en caisse, Kate n'osa même pas regarder le prix qui s'affichait, mais Alison l'annonça à voix haute.

- Dix mille neuf cent quatre vingt dollars, s'il vous plaît.

10980$. Pour une soirée. Mais elle ne dit rien, se contentant d'avaler sa salive. Léna sortit sa carte dorée avec un grand sourire et beaucoup d'entrain.

- Attendez !

Elle attrapa son portefeuille et en tira un billet de 20$ qu'elle donna à Alison.

-Ça, c'est juste pour vous.

Hop là ! On était officiellement passé à 11000$. Incroyable. Mais le sourire d'Alison effaçait tout d'un coup, et Kate comprit ce qui se tramait. Ce n'était pas seulement la conseillère de Léna, elle était bien plus que cela. Beaucoup plus.

Elles sortirent du magasin, Valentin tendit les clés à la conductrice, Alison les salua d'un geste de la main et d'un sourire en coin.

- Je suis contente d'avoir partagée ce moment avec toi. Commença Léna. Cela fait beaucoup de temps que j'entends parler de toi. Tu n'imagines même pas à quel point tu déstabilises Rick. Il est littéralement fou de toi. Et depuis longtemps.

Elle chaussa ses tongs et accéléra. Kate était pensive et faisait jouer sa main et ses doigts dans le vent.

- Je ne sais pas trop ...

- Qu'est ce que tu ne sais pas ? Je vais t'avouer quelque chose. Castle est quelqu'un de bien. Mais tu le sais sûrement déjà. Il m'aide énormément, parce qu'être lesbienne aujourd'hui, ce n'est pas souvent facile. Quand on discute, il trouve toujours un moyen pour t'inclure dans la conversation. Il a énormément de respect pour toi. Ne le repousse pas, il ne le mérite pas. Je vais te faire une confidence, une vraie cette fois. Il m'a appelée, il y a de ça environ deux mois. Il m'a demandé si on pouvait se voir, dans un lieu discret. Je l'y ai retrouvé. Il semblait nerveux. Il m'a dit qu'il avait foiré toutes ses chances. Je n'ai pas tout de suite saisis, mais après j'ai compris qu'il parlait de toi. Il a cru que le bon moment était enfin arrivé, quand vous étiez dans cet hôtel, à L.A. Mais il a vu que tu avais eu peur, il t'observe toujours avec beaucoup de justesse. Alors, il m'a demandé comment il pouvait se rattraper, ou, au moins, essayer d'arranger la situation pour que tu veuilles bien le garder à tes côtés. Il pensait que je pourrais l'aider. Je lui ai dit ça : "Richard, tu es un grand garçon, alors démerde toi tout seul. Trouve un moyen par toi-même. Je pense que tu sais très bien le faire." J'espère qu'il m'a écoutée.

Kate n'arrivait pas à voir les yeux de Léna, derrière les verres épais et fumés des lunettes Vuitton. Elle tourna la tête vers la route, et observa les gratte-ciel un instant dans la lumière du début de soirée. Les nuages aux reflets rosés et orangés semblaient peints sur les vitres des bâtiments de verre. Une brise légère faisait bruisser les feuilles, rappelant le bruit de la pluie.

-Il t'a écoutée. Il est toujours là, parce qu'il a été galant et drôle, comme à son habitude, et il a effacé les traces de doute qui auraient pu planer. Tout va bien, Léna, ne t'inquiètes pas.

Léna sourit, en penchant la tête du côté droit et du côté gauche. Elle arrêta la voiture devant l'hôtel, donna ses clés à un certain Pierre, et entra dans le grand hall. Beckett retira sa carte magnétique à l'accueil et elles montèrent jusqu'à la suite.

Léna regarda l'horloge, les sourcils froncés de concentration.

- Il est 18h30, la soirée débute à 20h, il va falloir se bouger, parce que je dois arriver une demi-heure avant tout le monde. Allez hop ! Je t'aide à enfiler ta robe et puis je vais te pomponner !

Kate entra dans sa chambre, se déshabilla et mît la robe. Léna ferma la fermeture éclair et accrocha ses bijoux. Puis elle mena Beckett jusqu'à la seule salle de bain. Pendant 40 minutes, elle maquilla et coiffa la jeune inspectrice. Ses cils portaient un mascara noir qui les rendaient plus longs, ses lèvres étaient peintes d'un rose léger, son visage avait été poudré à certains endroits. Une ombre à paupières argentée illuminait ses yeux verts, le trait d'eye liner noir renforçait la profondeur de son regard. Ses cheveux étaient relevés en un spectaculaire chignon-banane, dans lequel Léna avait planté des épingles aux extrémités pailletées.

Kate aida Léna à enfiler sa tenue. Puis cette dernière se maquilla toute seule. Elle mît un maquillage clair et léger, assez pâle, comme la couleur de sa robe. Elle quitta Beckett à 19h30 précises, après l'avoir serrée dans ses bras et embrassée sans trop enlever son rouge à lèvres. Cette dernière se retrouva seule dans la suite. Castle devait être en train de s'acheter un costume. Elle partit dans sa chambre, s'assit sur la chaise en essayant de ne pas froisser sa robe. Elle observa, à travers la fenêtre, le soleil qui se couchait sur New York. La ville était calme, paisible, les sirènes des ambulances s'étaient tues, les voitures roulaient lentement.

Elle entendit le bruit de la porte d'entrée et se leva pour aller accueillir Richard. Il était déjà habillé, vêtu d'un costume noir, d'une chemise blanche et d'un nœud papillon noir. Très sobre, mais très classe et très beau. Elle sourit et s'appuya contre le chambranle de la porte. Il se retourna et la vit, ainsi vêtue, ainsi parée, ainsi ravissante. Il en eut le souffle coupé. Il lui sourit, elle fit de même et s'approcha de lui.

-Il ne faudrait pas y aller ? Demanda-t-elle, en accrochant leur coude ensemble, comme elle l'avait fait avec Léna lorsqu'elles avaient quitté l'hôtel.

Il hocha la tête et s'avança vers la porte. Avant de sortir, il l'arrêta en la tenant fermement par les épaules. Elle frissonna au contact de ses mains sur sa peau nue.

-Alors, nous allons jouer au gentil petit "M. et Mme", d'accord ?

Elle hocha la tête en signe d'acquiescement.

-Si je mets ma main autour de votre taille, ne me repoussez pas. Si je chuchote à votre oreille, ne me giflez pas. Et n'hésitez pas à faire de même. Il faut paraître le plus naturel possible.

-Bien professeur Castle, ou plutôt devrais-je dire "chaton" ?

Elle s'esclaffa devant sa mine ahurie et il marmonna un petit "je l'avais presque oublié celui-là !"

Ils attachèrent à nouveau leur coude ensemble et se dirigèrent vers l'ascenseur. Un jeune homme les accueillit d'un grand sourire franc.

-Bien le bonjour M. Castle.

-Tiens ! Pierre ! Bonjour, comment allez vous ?

-Bien, merci. Mme Castle.

-Pierre.

Ils descendirent au rez de chaussée et s'approchèrent de la salle. Ils entrèrent, Léna les vit et les héla en secouant sa main au dessus de sa tête.

-Comme vous êtes beaux tous les deux ! S'extasia-t-elle.

Puis elle s'approcha de l'oreille de l'inspectrice et murmura : « vos suspects sont là. »

Elle indiqua une partie de la salle où deux hommes en costume et une femme en robe longue rouge bordeaux se tenaient. Beckett hocha la tête et sourit à la jeune femme. Cette dernière murmura quelques mots à l'oreille de Richard, qui secoua la tête avec sérieux, concentré sur les paroles de son amie.

-Merci. Répondit-il avant qu'elle ne disparaisse parmi le flot de robes de soirées et de serveurs avec leur plateau.

Rick se pencha et frôla l'épaule de la détective.

-Je dois aller dire bonjour à pas mal de gens, vous m'accompagnez, bien sur. Murmura-t-il.

Elle sourit et ils s'avancèrent vers un couple qui discutait devant eux, une coupe de champagne à la main. La femme détourna les yeux de son mari et son regard s'illumina lorsqu'elle reconnut Castle. Elle leva les bras, comme s'il allait venir s'y blottir.

-Ricky ! Comment ça va ? Ça fait longtemps, dis donc !

Ils s'embrassèrent et Richard serra la main du mari.

-Marianne, Henry, je vous présente Katherine.

-Enchantée très chère ! La salua la dénommée Marianne.

-C'est un plaisir.

Elles s'embrassèrent à leur tour et Henry fit un baise-main à Kate. Castle la prit par la taille et la serra contre lui. Elle posa une main sur son épaule.

-J'ai lu votre dernier roman Richard, il est renversant !

-Tout comme le précédent. Ajouta Henry. Cette Nikki est époustouflante. Bravo !

-Merci, répondit il, flatté par les compliments. Et toi, Marianne, ton dernier film était parfait ! Tu joues à merveille !

-Oh merci, c'est grâce à mon mari, il écrit toujours d'aussi bons scénarios ! L'actrice embrassa son mari sur la joue et ils se prirent la main.

-Nous allons vous laisser pour saluer les autres. On se voit un peu plus tard dans la soirée ? Les questionna Castle.

-Bien sur ! Allez-y !

Ils s'éloignèrent pour aller saluer un autre couple. La femme semblait enceinte, et l'homme buvait un whisky. Elle sourit en les voyant s'approcher et se leva de sa chaise.

-Bonjour Richard. Vous allez bien ?

-Ça va Myriam. Et toi ? Comment se porte le bébé ?

Elle caressa son ventre et le regarda.

-Plus que deux semaines.

Puis elle fixa Kate dans les yeux.

-Nous n'avons pas était présentées. Je m'appelle Myriam.

Elle tendit une main à Beckett qui la serra doucement.

-Je suis Katherine. Félicitations pour votre bébé.

-Merci beaucoup. Je suis bien contente d'être venue ce soir, Léna a encore organisé une soirée de rêve, annonça-t-elle en souriant.

Son mari s'approcha à son tour et les salua d'un simple geste de la main. Le couple repartit alors que Myriam continuait à fixer Rick et Kate.

-Qui sont ces gens ? Demanda Kate, légèrement embarrassée par le comportement du mari.

-Myriam écrit elle aussi, mais sous un pseudonyme, comme Léna d'ailleurs. Son mari est un peu ... étrange, disons.

Ils marchèrent jusqu'au buffet et se firent servir deux coupes de champagne.

-Portons un toast ! Lança Castle. Pour cette soirée qui s'annonce pleines de surprises et de bonnes choses !

Ils firent tinter leur verre l'un contre l'autre et burent lentement ce délicieux breuvage pétillant. Beckett fronça les sourcils sous la réflexion.

-Comment allons-nous faire pour découvrir ce que font les suspects sans se faire remarqu...

-Écoutez-tous ! Écoutez-tous ! Appela Léna en tapant dans ses mains.

Elle était montée sur la scène et s'était approchée du micro, installé pour son discours. Elle se racla la gorge une fois le silence complet.

-Je vous remercie tous d'être venus ce soir pour cette petite fête de dernière minute que j'ai organisé pour quelqu'un de très spécial et qui fait beaucoup de choses pour moi. Je vous demande d'applaudir M. Richard Castle !

Un projecteur se braqua sur l'écrivain et la détective. Léna l'incita à venir parler. Il s'approcha de l'oreille de Kate, faisant croire qu'il l'embrassait sur la joue pour souffler à son oreille.

-Je reviens Beckett, ne faites pas la folle en mon absence !

Elle sourit et il partit en direction de la scène, fendant la foule avec grâce et nonchalance. Il embrassa Léna et tapota deux fois le micro pour vérifier son état. Et il commença son discours improvisé.

-Bonsoir à tous. Je suis très heureux de la surprise qui m'a été faite ce soir, autant dire que je ne m'y attendais pas du tout ! Merci donc à Léna qui a organisé tout ça pour célébrer la sortie de mon prochain roman, Froid d'enfer, qui paraîtra d'ailleurs bientôt ! Je remercie aussi chacun d'entre vous pour votre présence, d'avoir accepté de faire le déplacement. Et je remercie aussi Katherine, qui m'accompagne ce soir ! Je vous souhaite de passer un bon moment et surtout, comme je le dis toujours, a-mu-sez-vous !

Il descendit sous un tonnerre d'applaudissements et s'approcha de Kate, un sourire flottant sur les lèvres.

La musique emplit la pièce et les couples se dirigèrent vers le centre de la salle pour danser. Castle arriva à la hauteur de la policière et il saisit sa main doucement pour la mener jusqu'au milieu des couples valsant avec grâce. Elle prit sa main tendue, plaça son bras sur l'épaule de son cavalier, se rapprocha du corps de son partenaire pour leur assurer une valse parfaite. Il sembla amusé par la situation, et la fit pirouetter jusqu'au centre de la piste. Une douce mélodie classique résonna. Chaque pas se faisait plus assuré, chaque mouvement plus gracieux, chaque envolé de tissu plus sensuelle.

Ils dansèrent ainsi, les yeux dans les yeux, concentrés sur leur accordement, et ne remarquèrent pas tout de suite l'espace qui s'était libéré autour d'eux. Les couples s'étaient arrêtés, écartés et les observaient, les yeux plein de rêve, les pupilles fascinées.

Léna souriait dans un coin de la pièce, une main prise par une coupe de champagne. Et d'un doigt parfaitement manucuré, elle tapa sur le cristal de sa coupe. Les autres commencèrent à l'imiter, et bientôt une symphonie de cristal s'éleva dans la grande salle luxueuse.

Beckett leva ses yeux vers leurs entourages, et remarqua qu'ils étaient seuls sur la piste. Elle sembla un instant paniquée mais ne s'arrêta pas de danser pour autant. Castle lui chuchota à l'oreille "Sais-tu ce que la foule attend de nous ?". Elle hocha la tête, le regarda dans les yeux, se perdit un instant dans son regard avant de se pencher pour poser ses lèvres sur les siennes. Ce baiser avait un goût de champagne, de fête, de musique, de joie. Elle passa ses doigts dans ses cheveux. Il resserra ses mains autour de sa taille, pour coller parfaitement son corps au sien. Ils avaient tous les deux les yeux fermés et continuaient lentement à tournoyer.

Les hommes en costume et les femmes joliment parées tapèrent dans leurs mains en souriant. Tous les observaient avec respect, semblant se reconnaître dans leurs corps entrelacés.

Kate décolla ses lèvres de celles, charnues et chaudes, de l'écrivain. Elle rouvrit les yeux en même temps que lui, et un éclat semblable brûla dans leurs pupilles lumineuses. Le contact... CE contact... Il fallait qu'elle le sente à nouveau, qu'elle y goutte encore une fois. Mais pas de cette manière-là. Pas ici. Pas comme ça. Elle ralentit la valse en douceur, avec souplesse et tout en sensualité. Elle l'acheva d'un coup de hanches provocateur. Quelques regards traînèrent sur sa peau et ses jambes parfaites, puis se détournèrent, avant d'être totalement envoûtés.

Elle fusionna son regard avec celui de son coéquipier et le prit par la main pour l'entraîner hors de la salle. Son pas se faisait pressant plus elle s'avançait vers les portes. Une fois ces dernières refermées derrière eux, elle entraîna Richard dans un coin du grand hall, derrière les colonnes qui bordaient la grande salle centrale de l'hôtel. Avant de pouvoir le plaquer au mur, il prit les devants et la colla contre le marbre frais. Elle frissonna au contact de la pierre froide contre sa peau nue. Elle ouvrit grand la bouche pour reprendre son souffle, mais la vue d'un Castle brûlant de désir et d'ardeur l'empêcha de respirer correctement. Une sensation grisante la parcourut alors qu'il faisait lentement glisser ses mains le long de sa taille, pour les poser sur ses reins. Et alors qu'elle s'apprêtait à fondre sur sa bouche, ce qu'elle mourrait d'envie de faire, elle remarqua une jeune femme et un homme glousser près d'eux. Elle les observa un instant, et comprit rapidement de qui il s'agissait. Le jeune barman et la réceptionniste étaient en train de s'embrasser, adossés à une colonne, de l'autre côté du hall. Le rouge bordeaux de la robe avait attiré l'œil de la détective.

-Tout va bien ? La questionna Castle.

Elle secoua la tête quand il prononça ces mots et plongea à nouveau dans ses prunelles pétillantes. Il semblait inquiet, peut être était-ce à cause de l'expression qu'elle affichait, car il est vrai que cette scène l'avait perturbée. Elle tenait probablement son tueur.

-Allons-nous en d'ici, chuchota-t-elle après un dernier regard en direction du couple.

Richard ne comprenait pas trop son comportement mais il la suivit néanmoins dans l'ascenseur. Pierre les fit monter en silence. Arrivés à leur étage, il les salua discrètement, voyant bien qu'ils avaient l'esprit ailleurs. Kate ouvrit la porte rapidement, puis entraîna son compagnon jusque dans sa chambre. Elle referma la porte derrière lui et le plaqua contre cette dernière. Alors qu'elle s'apprêtait une nouvelle fois à se jeter avidement sur sa bouche, il la retint d'un doigt sur les lèvres.

-Kate, je … écoute-moi bien. Lui dit-il. Je ne vais pas partir, d'accord ? Tu as hésité tout à l'heure, je t'ai vu. Alors, si c'est trop rapide pour toi, on peut attendre, si tu le veux. Je préfère cela plutôt que d'accélérer les choses et faire tout de travers. Je te promets que cela ne me gênera pas si tu me dis que tu n'es pas prête.

La jeune inspectrice sourit à son amant parce qu'il avait toujours les mots justes, et qu'il avait su voir, au delà du choc que lui avait coûté la vision des deux amants, la peur dans son regard, que tout aille trop vite et qu'elle perde le fil. Et elle sut pertinemment que ces mots-là étaient ceux qui venaient de prouver à son cœur que la peur n'avait plus lieu d'être.

Richard avait ses yeux rivés sur sa compagne, et tenta de sonder son regard, en la questionnant :

-Es-tu sûre de ce que l'on fait ? Et de ce que l'on va faire ?

Elle le regarda à nouveau et annonça, comme cela venait de s'imposer à elle: « Je n'ai jamais été aussi sûre de quelque chose dans ma vie. Je n'attends que cela, Rick. »

Ils s'observèrent encore un instant, qui parut durer longtemps, et ils échangèrent les mots qu'ils ne pouvaient pas se dire. La jeune femme finit par rompre le silence en suppliant son amant :

-Rick, s'il te plaît, je pense que nous avons attendu assez longtemps...

Il sourit devant son désir croissant, et ils se jetèrent sur les lèvres de l'autre avec avidité.

Il défit sa robe, qui glissa au sol, et le bruit du tissu était si discret qu'ils n'y prêtèrent même pas attention.