Chap. 03 : Les secrets divulgués …

Quelques minutes plus tard, Sara et Grissom était arrivèrent dans le bureau d'Ecklie. Grissom frappa et entra directement, suivi de Sara, qu'il tenait près de lui.

Ecklie resta assis derrière son bureau, sans lever la tête : « Asseyez-vous, j'en ai pour une minute ».

Grissom et Sara obéirent, malgré la mine désapprobatrice de Grissom.

Ecklie : Sidle, je suis navré de ce qui vous arrive. Je ne veux pas vous revoir au labo pour les deux prochaines semaines. Vous n'avez plus aucune enquête. Restez chez vous, occupez-vous des formalités pour votre frère…

Sara : « Pas la peine, je veux travailler ! »

Ecklie : « Ce n'est pas une question mais un ordre. Vous resterez chez vous jusqu'à la conclusion de cette affaire. »

Grissom : « Conrad, connaissant Sara, il serait préférable qu'elle travaille. Peut-être sur des affaires non classées ? »

Ecklie : « Non, elle restera chez elle. Vous entendez Sidle ? »

Sara : « Sara ! Je m'appelle Sara ! Ce n'est pas compliqué bon sang ! »

Grissom : « En effet Conrad, son prénom est Sara… mais je crois que vous n'y arriverai jamais. »

Ecklie : « Très bien, alors Sara, restez chez vous. Je ne veux pas vous voir sinon je vous serez suspendu. Cette affaire est très sérieuse. Plus que toutes autres, puisqu'elle concerne directement un membre de ce labo. Je ne veux pas entendre parler d'un quelconque conflit d'intérêt. C'est pour cela que j'ai décidé de vous retirer l'affaire Gil. »

Sara, se levant d'un bond : « Comment ? Lui retirer l'affaire ? Vous comptez mener l'enquête ? Hors de question ! »

Grissom : « Conrad, c'est mon équipe qui s'occupe de cette affaire. Pas la vôtre. Je ne laisserai pas passer ça ! »

Ecklie : « Du calme vous deux. J'ai dit que vous, Gil, n'aviez plus l'affaire. Pas que votre équipe ne l'avait plus. Il y a une nuance. »

Grissom et Sara, restèrent perplexe devant la dernière phrase d'Ecklie, mais ce dernier ne laissa, ni à l'un, ni à l'autre, le temps de répondre.

Ecklie : « Maintenant, sortez, j'ai du travail. »

Sara et Grissom était en train de partir quand Grissom se retourna : « Conrad, j'ai dit à l'équipe de partir. Ils ont besoin de repos pour cette enquête. Ils reviendront pour leur service. »

Ecklie : « Très bien ».

Quelques minutes plus tard

Grissom et Sara étaient dans la voiture en direction de la maison. Sara fixait le paysage à travers la vitre, les mains sur les genoux, serrées.

Grissom augmenta sa vitesse afin de rentrer le plus vite possible. Dix minutes plus tard, la voiture s'arrêta devant un petit pavillon de banlieue.

Grissom descendit et alla ouvrir la portière côté passager. Sara, prostrée, ne bougeait pas d'un millimètre. Les larmes coulaient sans le vouloir, le long de ses joues.

Gil tira Sara hors de la voiture et la prit dans ses bras. Les larmes de Sara redoublèrent. Cela faisait tellement longtemps qu'elle se retenait. Elle ne pouvait plus.

Doucement, Gil la souleva et l'entraîna vers la maison. Après quelques difficultés pour ouvrir la porte, il put la déposer sur le canapé, pour la réconforter. Il avait mal. Voir Sara, sa Sara, si forte, pleurer comme ça … cela lui faisait si mal.

Gil : « Sara, mon amour. J'aimerai calmer tes larmes. » Il ponctua ses paroles de tendres baisers dans son cou, son épaule.

Sara : « Gil, je ne voulais … pourquoi Rémy ? Pourquoi était-il là … pour s'installer. Si tu savais ce qu'il représentait pour moi. C'était plus qu'un frère. Il m'a tellement … soutenu… »

Gil : « Je suis certain qu'il le savait. Vous étiez très important l'un pour l'autre …. »

Sara : « Je l'ai repoussé. Quand il a eu besoin de mon soutien, je l'ai repoussé. Je ne l'ai pas compris. Sa sœur lui a fait énormément de mal. J'aurais dû comprendre sa réaction. Ce n'était pas contre le fils de sa sœur, mais contre elle. J'aurais … »

Gil : « Ma chérie, ne pense pas à tout ça … tu as réagis comme tout le monde … Tu n'avais pas l'intention de le blesser … simplement lui faire comprendre tes sentiments. Je suis certain qu'il est venu ici pour se réconcilier. Se rapprocher de toi. »

Sara : « Je sais Gil, je sais qu'il était là pour ça… »

Gil, surpris par la réponse de Sara, stoppa ses baisers et releva la tête pour le regarder dans les yeux … il essayait de lire dans ses yeux … qu'avait voulu-t-elle dire en disant cela ?

Les coups sur la porte sorti Grissom de sa réflexion. Il se leva et alla ouvrir. La surprise passait, il laissa entrer les visiteurs.

Le visage de Sara laissa apparaître un faible sourire … toute l'équipe était là … pour elle. Grissom, ne voulant pas laisser planer le doute, justifia immédiatement la présence de Sara chez lui : « Je ne voulais pas laisser Sara seule, je pensais qu'il serait préférable qu'elle vienne s'installer quelques jours à la maison. L'occasion de veiller sur elle … »

Catherine : « En effet. On arrive de chez Sara, voyant qu'elle n'était pas chez elle, on a supposait que tu l'avais conduit chez toi … ». Catherine eu beaucoup de mal à dissimuler son sourire, tout comme l'ensemble de l'équipe. Qui veulent t-ils tromper ces deux-là ? – pensa-t-elle.

Grissom n'écoutait déjà plus Catherine. Il repensait à la dernière phrase de Sara. N'y tenant plus, sans même se soucier de la conversation que pouvait avoir le groupe, Grissom s'adressa directement à Sara :

« Sara, comment ça savait tu que ton frère était là pour se réconcilier avec toi ? »

Greg, Nick, Warrick, Jim et Catherine regardaient Grissom et Sara. Ils essayaient de comprendre.

Sara : « Je sais pas … »

Grissom : « Sara ! Quand je t'ai dit que ton frère était certainement revenu pour se réconcilier avec toi, tu as dit que tu le savais. Comment pouvais-tu le savoir ? ». Il avait haussé le ton, sans le vouloir.

Sara : « Une façon de parler … Je ne sais pas … ». Elle fuyait son regard, baissant la tête.

Catherine : « Je le savais. J'en étais certaine, que caches-tu Sara ? »

Sara : « ... »

Nick : « Sara ? »

Sara : « Rien, absolument rien »

Grissom : « Sara, ça suffit maintenant. Tu vas tout nous dire et tout de suite ! »

Sara : « Je … je ne peux pas. »

Greg : « Tu ne peux pas ou ne veux pas ? »

Sara : « Arrêtez ! Laissez-moi tranquille. Je ne cache rien. Et puis vous n'êtes plus sur l'enquête Grissom. »

Jim : « Comment ça ? On a plus l'enquête ? »

Catherine, Nick, Greg et Warrick, surpris, regardèrent Grissom.

Grissom : « Non, moi je n'ai plus l'enquête, mais vous oui. Ecklie m'a retiré l'affaire. Il a mis Sara en repos forcé. Vous avez toujours l'enquête. Mais la question n'est pas là. Maintenant Sara, tu vas répondre aux questions, tu entends ? C'est quoi l'histoire avec ton frère ? »

Warrick : « Sara, tu dois nous répondre, sinon on va tous au labo et tu devras répondre aux questions dans la salle d'interrogation. C'est ce que tu veux ? »

Sara : « Rémy est venu me voir il y a quinze jours. Il avait découvert quelque chose concernant Dominique, le fils de sa sœur. Il m'a dit de ne rien dire. Il ne pouvait pas en parler. Cela était dangereux. Il voulait réparer la bêtise qu'il avait commis il y a 3 ans. »

Nick : « Son erreur ? Quelle erreur ? »

Sara : « La seule chose qu'il a bien voulu me dire est que Dominique n'était pas réel. Que toute cette histoire était un mensonge. Je n'ai pas compris ce qu'il racontait. Cela n'avait pas de sens. J'ai vu Dominique. Il était gravement malade. »

Warrick : « Sara, je crois que tu as oublié de nous raconter toute l'histoire ? Je suis certain que tu caches quelque chose ? »

Jim : « Sara, nous sommes là parce que j'ai demandé à l'équipe de me rejoindre chez Grissom quand j'ai vu que tu n'étais pas chez toi. J'ai fait des recherches sur Dominique Andrew Morris – fils de Déborah Andrew Morris. Je n'ai rien trouvé. Par contre, j'ai trouvé autre chose. Tu veux leur dire ou c'est moi ? »

Sara : « Je … je ne peux pas. Jim, s'il te plaît. ». Elle avait les larmes aux yeux. Elle le suppliait du regard.

Grissom : « Sara, c'est ta dernière chance pour tout raconter. Sinon Jim le fera à ta place. »

Sara : « … »

Jim : « Très bien. Comme je vous l'ai dit, j'ai fait des recherches sur Déborah Andrews Morris et son fils. Aucune trace de Déborah Andrews Morris après 1989. Elle a totalement disparue de l'administration et même de la terre. Elle est réapparue en 1997 à San Francisco. A cette date, vient au monde Dominique Andrew Morris Sidle. Son père est Rémy Sidle ... »

Tous poussèrent un cri de dégoût, ne laissant pas le temps à Jim, le temps de terminer son histoire. Ils étaient frère et sœur quand même.

Grissom, lui regardait Sara. Elle n'avait pas relevé la tête. Elle fixait toujours le sol. Les larmes coulant le long de ses joues.

Jim : « Vous allez me laisser finir. Rémy Sidle n'est pas le père de Dominique, mais la mère ! Déborah et Rémy sont la même personne. »

Greg : « Quoi ? Mais ce n'est pas possible. Le doc Robbins aurait bien vu que Rémy Sidle n'était pas un homme. C'est flagrant ce genre de chose quand même ! »

Catherine : « En temps normal, oui. »

Jim : « C'est simple. Déborah Andrew Morris souffrait d'une malformation très rare. Elle avait le sexe d'un homme, mais elle avait également tout ce qu'il fallait pour être considérée comme une femme, enfin en interne. Le doc Robbins, en pratiquant l'autopsie complète l'a confirmé. »

Nick : « En fait, c'était une femme. Elle se prenait pour un homme ? »

Warrick : « Elle changeait de sexe quand ça pouvait l'arranger ? »

Catherine : « C'est bizarre ce que la nature peut faire ! »

Sara se leva brusquement et fixa chaque personne dans la pièce : « Pour qui vous prenez vous ? Comment osez-vous parler de mon frère comme ça. Vous ne le connaissiez pas. Ce n'était pas une femme, mais un homme. Il a toujours était un homme. »

Grissom se rapprocha de Sara pour la prendre dans ses bras. Il lui murmura des mots tendres qu'elle était la seule à entendre. Plus fort, il lui demanda : « Calmez-vous Sara. Expliquez-nous ? Nous ne comprenons rien ? C'est quoi cette histoire ? Et ce que vous nous avez raconté au labo ? »

Sara, se calma et commença : « Rémy a toujours été considéré comme une fille, mais c'était un garçon. Un vrai garçon. On s'est rencontré au foyer. Je n'ai pas menti sur cette partie. Quand je suis partie à l'Université, il m'a appelé pour me dire qu'il avait rencontré une femme. Il était amoureux – un sourire se dessina sur le visage. Il m'a dit qu'elle ne pouvait pas avoir d'enfant. Alors il décidé de porter l'enfant. Quand il était enceinte, il est redevenu Déborah, pour éviter de susciter trop de question. Son amie à faire croire que Rémy était parti à l'étranger pendant un an pour le travail. Il était censé revenir à la naissance du bébé. Déborah était la « mère porteuse ». Quand le bébé est né, je suis partie au Canada pour rencontrer sa compagne et passer du temps avec eux. Mais tout ne s'est pas déroulé comme prévu. Le bébé avait la même malformation. Sa compagne a quitté Rémy quand elle a vu le bébé. Elle pouvait l'accepter sur Rémy mais pas sur le bébé. Rémy l'a appelé Dominique. C'est un nom unisexe…. »

Tout en parlant, Sara était restée dans les bras de Gil, qui avait resserré son étreinte autour de la jeune femme. Sara nicha sa tête dans le cou de Gil. L'équipe et Jim étaient très attentif au récit de Sara. Ils essayaient de comprendre. La piste de la sœur criminelle disparaissait. Et les propos de son frère, quinze jours plus tôt, que voulait-il dire, si bien sûr Sara n'avait pas inventé cette rencontre. Grissom, tout en étant attentif, voulait comprendre. Pourquoi Sara ne lui avait-elle jamais raconté son histoire ?

Sara repris après quelques minutes : « Je suis repartie à l'université un mois après la naissance de Dominique. Rémy m'a assuré que tout irait bien. On s'appelait tous les jours. Il m'envoyait des photos et j'allais les voir une fois par mois. Dominique grandissait bien. Il ressemblait tellement à Rémy. Un jour, Rémy m'a appelé pour me dire que quelque chose n'allait pas avec Dominique. Il agissait bizarrement. Il était souvent fatigué, il délirait. Je lui ai conseillé d'aller voir un médecin. Une semaine plus tard, alors qu'il n'avait que 6 ans, les médecins ont diagnostiqué une maladie dénégatrice. Son cerveau disparaissait petit à petit. Il ne devait pas lui rester 3 ans à vivre. Rémy a été anéanti. Il m'a juré qu'il trouverait un moyen de sauver Dominique. Je n'ai plus eu de ses nouvelles, ni celles de Dominique pendant près de 6 mois. Quand il m'a appelé après cette absence, il m'a dit que Dominique avait perdu sa motricité. Il m'a dit que son absence avait permis à Dominique d'être sauvé. Je n'ai pas compris ce qu'il disait. La seule chose que je sais, c'est qu'il a retrouvé sa compagne, Jessica, et qu'il lui avait confié Dominique, pour qu'elle profite de ces derniers instants. Il m'a dit que tout irait bien maintenant. Dominique était sauvé. Il y a trois ans, Rémy est venu à la maison. Il avait une lettre de Jessica. Elle lui a demandé son aide pour Dominique, il fallait le sauver. Elle avait besoin qu'il aille faire le test de compatibilité. Rémy a refusé. Cela ne servait à rien. Dominique était sauvé. Il n'arrêtait pas de dire qu'il était sauvé. Je n'ai pas compris. Il m'a expliqué qu'il devait partir, loin, on ne devait pas rentrer en contact. Je devais raconter l'histoire que je vous ai raconté au labo. Il y a 15 jours, il est venu à la maison, et il me disait qu'il avait fait une très grosse erreur. Que Dominique n'avait jamais existait … »

Catherine : « Cette histoire est de plus en plus bizarre. Je ne comprends plus rien !

Warrick, Nick et Greg, hochèrent la tête en signe d'approbation.

Jim : « Et cette Jessica alors ? »

Sara : « Je ne sais pas. J'ai essayé de la retrouver il y a trois ans, mais rien. Pour Dominique aussi. Absolument rien. La dernière fois que je l'ai vu, il avait 4 ans. Il semblait parfaitement bien. J'ai eu des doutes quand Rémy m'a annoncé la maladie de Dominique. Mais c'était mon frère, Dominique était toute sa vie. J'avais confiance en lui. »

Grissom : « Tu n'as donc pas fait ce test, il y a trois ans ? »

Sara : « Non, je n'ai pas revu Dominique depuis ses 4 ans. »

Grissom : « Sara, penses-tu qu'il aurait pu faire du mal à son fils ? »

Sara : « Je ne sais pas, je ne sais plus … »

Jim : « Bon, je vais essayer de trouver cette Jessica. Tu te rappelles de son nom de famille ? »

Sara : « Patterson … mais tu ne trouveras rien Jim. J'ai cherché partout, jusqu'au Canada. »

Catherine : Nous on file au labo. J'ai une piste que je veux approfondir. Les garçons vous venez ? Sara, Gil, on viendra demain vous voir. A plus. »

Les garçons saluèrent le couple et allèrent à la suite de Catherine. Jim, salua Sara et Grissom. Il sourit en voyant ce jeune couple, qui malgré la situation, faisait tout pour cacher leur relation.

Chap. 04 : Le mystère s'épaissit…

Jim et le reste de l'équipe était rendu au labo pour l'enquête sur le meurtre de Rémy Sidle alias Déborah Andrew Morris.

Catherine partit s'enfermer dans son bureau, affirmant vouloir confirmer une intuition. Le reste de l'équipe se retrouva dans la salle de repos afin de discuter de toute cette histoire, qui relevait presque, si ce n'est certainement, de l'irréel. Ils devaient en discuter entre eux pour faire un point.

Jim partit également dans son bureau pour essayer de trouver des informations sur cette Jessica Patterson.

Pendant ce temps, dans un pavillon de la banlieue, un couple était blottit sur le canapé. Gil, malgré le nombre incalculable de question qu'il se posait, préférait ne rien dire. Sa jeune compagne était épuisée. Toutes ses révélations, les mensonges qu'elle avait dû faire, pour protéger son frère, toutes ces émotions avaient eu raison d'elle. Elle dormait presque paisiblement dans les bras de son amant. Il se détacha délicatement d'elle pour mieux la reprendre dans ses bras et la porter dans leur chambre. Il l'allongea dans le lit et la déshabilla, ne lui laissant que ses sous-vêtements. Comme il aimait la voir ainsi, si belle dans cette tenue. Il préférait la voir sans tenue, mais elle était tout simplement belle, peu importe la tenue qu'elle pouvait ou non porter. Il se dévêtit et vint se blottir contre elle, resserrant ses bras autour de son corps. Sara gémit au contact de leurs peaux. Gil ne tarda pas à rejoindre Sara au pays des songes.

De son côté, Catherine ne cessait de se remémorer le récit de Sara. D'abord son mensonge, puis la vérité sur son frère et le secret qu'il l'entourait et son histoire. Quelque chose n'allait pas. Même Sara n'avait pas remarquait qu'il y avait un problème. C'était compréhensible avec tout ce qui était arrivé ces dernières heures. Mais elle en était certaine, il y avait un problème. Tout haut, elle réfléchissait :

« Alors, son frère est une fille anatomiquement, mais aussi un garçon. Pour Sara, pas de doute, c'était un homme. Elle va à l'université, il rencontre quelqu'un, une certaine Jessica Patterson. Ils ont un enfant, avec le père soi-disant partit à l'étranger, la mère porteuse, mais le père et la mère porteuse sont les mêmes … blabla… Bon ok, ça j'ai compris. »

Warrick était rentré dans le bureau de Catherine sans que celle-ci le remarque. Il s'adressa à Catherine, la faisant sursauter :

« Tout à fait, jusque-là tu as raison. Ensuite, le petit vient au monde, un garçon ou une fille, personne ne le sait vraiment, il a la même malformation que le père/mère. La copine s'en va, elle ne supporte pas cette malformation sur le bébé. »

Le reste de l'équipe était arrivée. Nick souligna une première interrogation : « Sara était-elle présente quand Jessica Patterson est partit ou est-ce les dires de son frère ? »

Greg enchaîna : « Elle reste un mois avec son frère et le bébé, mais au Canada, alors qu'il est né à San Francisco. Puis Sara retourne à l'université. Elle voit le bébé et son frère une fois par mois à peu près, jusqu'aux 4 ans du petit, puis terminé. »

Nick : « Seconde question, pourquoi Sara arrête les visites mensuelles ? Est-ce un choix ou celui de son frère ? »

Catherine : « Deux ans plus tard, coup de téléphone du frère qui annonce une maladie dégénérative et disparition pendant près de 6 mois. »

Greg : « Qu'est-ce qu'il a fait pendant 6 mois avec un enfant malade, mais surtout connaissant Sara, elle a dû le chercher ne serait-ce qu'un peu, alors où a-t-il pu passer et comment a-t-il fait pour les soins de son fils ? »

Nick : « Au bout de 6 mois, il réapparaît et apprend à Sara que l'enfant a perdu sa motricité. Mais étrangement, ce que Sar' ne comprend pas non plus, il lui dit que son fils est sauvé. Il a retrouvé la mère, qui en passant, l'avait soi-disant abandonné 6 ans plus tôt alors qu'il était en bonne santé et qu'elle profite des derniers instants de son fils. Il est censé être sauvé ? »

Warrick : « Il y a trois ans, Rémy Sidle arrive chez Sara, avec une lettre de son ex compagne, lui demandant de faire le test de compatibilité pour sauver Dominique. Mais pour son frère, cela est inutile, son fils est sauvé. Sara, elle ne comprend pas. Sa confiance en son frère, j'en suis certain, l'empêche de chercher plus loin. Elle accepte tout ce qui peut lui dire. »

Catherine : « Il y a 15 jours, il lui demande de mentir et lui donne l'histoire à raconter. Sara lui fait toujours confiance, refuse de croire qu'il aurait pu faire quelque chose d'horrible et accepte de mentir. Chose qu'elle fera malgré le choc du meurtre de son frère. Toute cette histoire est liée. Il faut comprendre en complétant les passages manquants, tout ce que son frère n'a pas voulu lui raconter. »

Greg : « Rémy Sidle prétend que Dominique n'a jamais existait. Qu'il a fait une très grosse erreur il y a trois ans. Cette erreur est-elle liée au fait, qu'il est refusé de faire le test ou à autre chose ? »

A ce moment précis, Jim entra en courant dans le bureau : « Bingo, j'ai trouvé … Jessica Patterson vit actuellement à Las Vegas. Elle s'appelle Jessica Andrew Morris. Je me demande si Sara le savait ? Peut-être est-ce trop évident et elle n'a pas pensé à la chercher sous le premier nom de son frère. Enfin faudra éclaircir ça avec elle. Mais ce n'est pas tout. Il y a presque 10 ans, elle a voulu porter plainte contre son conjoint pour enlèvement d'enfant. Or quand elle a voulu le faire, elle a dû s'apercevoir que son conjoint, Rémy Sidle avait déclaré comme mère de l'enfant, son identité femme. Elle n'avait donc aucun lien filial ou autre aux yeux de la loi avec l'enfant. Sa plainte a été classée sans suite. En 2003, elle a accueilli un enfant de 6 ans, qui a été scolarisé dans la prestigieuse école privée SAN ANTONIO… »

Catherine : « Un instant, cette école n'accueille pas d'enfant handicapé ! Au contraire, elle accepte les enfants avec un fort potentiel, on peut même dire surdoué. »

Jim : « Exacte. J'ai appelé l'école. Aucun enfant du nom de Dominique Sidle n'était inscrit. J'ai demandé la liste complète des nouveaux inscrits cette année-là et le seul nom qui pourrait correspondre est un jeune garçon du nom de Andrew Morris, simple coïncidence, j'en doute. »

Nick : « Un instant là, tu es en train de dire que l'enfant, non seulement a été enlevé par la mère enfin père, que 6 ans plus tard, alors qu'il est censé être malade, gravement, il apparaît dans une école de surdoué, avec un autre nom ? »

Catherine : « Jim, il faut appeler cette Jessica Patterson ou peu importe le nom qu'elle a maintenant. »

Greg : « Et l'enfant ? Qu'est-ce qu'il est devenu ? »

Warrick : « C'est vrai ça. »

Jim : « Justement, j'allais y venir. Pour te répondre Catherine, Jessica Patterson va venir demain matin à la première heure, avec son fils, Andrew Morris, âgé de presque 11 ans. Et elle m'a demandé si cela avait un rapport avec les Sidle. »

Toute l'équipe était abasourdie. Comme ça, l'enfant vivait à Las Vegas depuis presque 4 ans, et surtout il était en parfaire santé. C'était à ne plus rien comprendre. Ils avaient essayé d'éclaircir l'histoire, mais ils se retrouvaient de nouveau devant un véritable casse-tête. Catherine regarda sa montre. Il était près de 01h00 du matin. Depuis quelques jours, le service n'avait plus aucun sens, plus d'horaire. Elle demanda à tout le monde de rentrer se reposer. Ils reviendraient tous le lendemain matin pour rencontrer Jessica Patterson.

En partant, Catherine envoya un message à Grissom : « Gil, l'affaire avance. Il faut que tu viennes demain, avec Sara dans mon bureau. Nous devons éclaircir quelques points et lui parler de certaines choses. Je ne suis pas claire, mais ce n'est pas facile. A demain. On va tous se reposer un peu. Au fait, je crois qu'Ecklie a disparu du labo, aucun signe de sa part ! »

Grissom fut réveillé par le vibreur de son téléphone. Il étira son bras et attrapa le téléphone. Avec quelques difficultés à habituer ses yeux à la lumière de l'écran de son téléphone, il réussit à lire le message de Catherine. Il sentit Sara bouger dans ses bras. Pour ne pas la risquer de la réveiller, il répondit un simple « Ok. A demainmatin S. et moi. », et déposa son téléphone sur la table de nuit pour reprendre son étreinte auprès de sa jeune amante.

Au petit matin, Gil se réveilla tendrement enlacé dans les bras de Sara. Elle dormait encore, jamais il ne l'avait vu dormir autant. Elle semblait plus calme, paisible que toutes les nuits qu'ils avaient passé ensemble. Doucement, il s'extirpa du lit, attrapa son téléphone et alla directement dans la cuisine en veillant à bien fermer la porte de la chambre pour ne pas réveiller Sara.

Il regarda l'heure en se dirigeant vers la cuisine. 6h00 du matin. Il avait un peu de temps encore avant de réveiller Sara. Il prépara le café, quelques biscottes, sur lesquelles il prit soin de déposer une légère couche de confiture, comme elle aimait. Il versa un fond de café et un peu de lait dans une tasse et se dirigea vers la chambre, où dormait encore Sara. Il s'approcha du lit et très délicatement s'assit au bord. Le poids de son corps sur le matelas, le fit bouger, et procura un léger soupir de sa concubine. Tendrement, il déposa un baiser sur sa tempe, sa joue, ses lèvres, il descendit doucement ses lèvres dans son cou. Il l'entendit gémir, sentit la chair de poule sur sa peau. Elle aimait ce qu'il faisait, elle aimait ces réveils … Il devina la pression de deux bras emprisonnant son cou et ses lèvres se déposer sur sa tempe. Son souffle était chaud, près de son oreille, comme un murmure.

Gil : « Je t'aime ma chérie »

Sara : « mmm… amour, je t'aime aussi. »

Gil : « Le petit déjeuner est prêt, il faut manger un peu … »

Sara : « Oh, Gil, j'ai fait un horrible cauchemar cette nuit. Pourtant je ne me suis pas réveillée. Cela faisait longtemps que je n'avais pas pensé à mon frère, Rémy. »

Gil fut surpris. Sara pensait-elle vraiment avoir rêvé ? Elle était peut-être encore légèrement endormie, il fallait lui laisser le temps de se réveiller tranquillement.

Sara : « Amour, tu vas bien ? Tu as une drôle de tête. »

Gil : « Sara, je … comment … enfin tu vois, tu …. »

Sara : « Ce n'était pas un rêve n'est-ce pas ? Je n'ai pas rêvé ? ». Les larmes recommençaient à couler malgré elle. Elle détestait pleurer. Jamais elle n'avait autant pleuré que ces derniers jours.

Gil : « Je suis désolée … j'aimerais tellement que cela soit un cauchemar … tellement. Mais ce n'est pas possible. »

Sara, pour cacher sa douleur et ses pleurs, essaya de parler de l'enquête : « Gil, sais-tu où en est l'enquête ? »

Gil : « Vaguement, Catherine et le reste de l'équipe nous attendent au labo. Ils ont du nouveau mais je ne sais pas trop ce que cela peut – être. Cath' a été assez évasive sur son message. »

Sara se leva et partit directement vers la salle de bain. Gil emboita le pas. ½ heure plus, ils étaient prêts. Sara et Gil mangèrent un peu, une tasse de café et ils étaient en route pour le labo. Plus ils approchaient, plus Sara devenait nerveuse.

Sara fut la première à rompre le silence : « Gil, j'ai peur … qu'est-ce que mon frère a fait à Dominique ? J'aurais dû m'inquiéter. Cela va faire près de 6 ans que je n'ai pas vu Dominique. Je n'ai fait que croire Rémy … je ne me suis pas souciée une seule fois de Dominique. Si jamais mon frère lui avait fait du mal ? Gil, qu'est-ce que j'ai fait ? ». Les larmes de Sara reprirent de plus belles. Ses mains tremblaient, elle ne pouvait s'arrêter.

Gil : « Ma chérie, calme toi. Tu ne sais pas ce qui est arrivé à Dominique. Les meilleurs CSI sont sur l'enquête. Ils vont tout faire pour découvrir la vérité. Et ce qui est arrivé à Dominique en fait partie. Ne pleure plus. ».

Ils arrivèrent au labo et se dirigèrent directement vers le bureau de Catherine. Toute l'équipe était là, Jim aussi. Chacun fit une accolade à Sara quand elle entra dans le bureau. Des phrases d'encouragements étaient soufflées à son oreille. Aucun sourire ne parut sur son visage. Sara avait trop peur. Qu'avait-elle fait ou pas fait pour sauver Dominique. Elle connaissait la nature des hommes. Elle savait de quoi ils pouvaient être capables, du meilleur comme du pire. Et si Rémy avait commis le pire. Pauvre Dominique, elle l'avait abandonné.

Catherine s'approcha de Sara et lui pris la main : « Sara, ce que nous avons à te dire n'est pas facile, mais avant il faut des réponses, encore. »

Sara : « Quelles réponses ? » - elle avait répondu machinalement. Elle voulait en finir avec les questions. Elle voulait des réponses.

Catherine : « Quand tu as rejoint ton frère après la naissance de Dominique, Jessica Patterson était toujours là ? »

Sara : « Non, elle avait déjà abandonné Dominique et Rémy. Il m'a dit qu'elle n'était jamais venue le chercher à la maternité. Il avait une semaine quand je l'ai vu la première fois. ».

Nick : « Pourquoi as-tu arrêté tes visites tous les mois ? »

Sara : « Rémy m'a dit que cela perturbait beaucoup Dominique. C'était un enfant très sensible. Il était très timide. Mes visites étaient courtes et peu fréquentes. Quand j'arrivais, il ne me reconnaissait pas et quand je partais il était triste. Rémy m'a demandé d'arrêter de venir ou alors il fallait que j'essaye plus souvent. Je ne pouvais pas. Avec la fac et le travail à côté. Il a compris et il m'envoyait des photos toutes les semaines. »

Greg : « Quand il a disparu pendant 6 mois avec un enfant malade, qui devait certainement demander des soins, tu n'as pas été inquiète ? »

Sara : Bien sûr. J'ai essayé de le trouver, mais rien à faire. Je n'ai trouvé aucune trace de Rémy, ni de Dominique. Les hôpitaux refusés de me dire si un enfant de ce nom était hospitalisé chez eux. J'ai décidé de faire confiance à Rémy. Il n'aurait jamais fait de mal à Dominique. Enfin je croyais. Maintenant je ne sais plus. »

Jim et Grissom s'étaient éloignés. Jim lui expliquait ce qu'ils avaient trouvé et l'arrivée de Jessica Patterson et de son fils au LVPD. Grissom écoutait attentivement, mais ne pouvait détacher son regard de Sara. Les larmes coulaient maintenant continuellement depuis ce matin. Elle ne pouvait les arrêter. Il souffrait tellement de la voir comme ça. Si seulement il pouvait la prendre dans ses bras, la consoler sans que personne n'y trouve à redire. Sans que cela est une répercussion sur leur travail. Si seulement il pouvait.

Catherine serra la main de Sara plus fort dans la sienne. Elle devait lui dire que Jim avait retrouvé Jessica Patterson mais également Dominique. Il semblait que Sara le croyait mort. Elle avait une confiance aveugle en Rémy Sidle. Et pourtant, il lui avait menti pendant des années. La seule personne en qui Sara avait totalement confiance lui avait menti ouvertement, délibérément pour de bonnes ou mauvaises raisons.

Sara : « Catherine, maintenant c'est à vous de répondre à mes questions. S'il vous plaît, où en est l'enquête ? Vous avez trouvé quelque chose, une piste ? »

Après une grande inspiration, Catherine répondit simplement : « Oui, et même plus, Sara, beaucoup plus. »