Bien, bien, bien ! Nous voilà reparti dans le présent de Kate, j'espère que vous apprécierez la suite … Je ne dirais rien, même sous la torture, vous devez lire pour savoir ce qui va se passer ! ;) En espérant que vous ne m'en voudrez pas trop … En attendant, lisez bien et profitez !
Je garai la voiture un peu n'importe comment devant l'immeuble de Castle. Le soleil avait presque totalement disparu derrière l'Hudson, il descendait aussi vite que mon humeur, avec un air désespéré qui voulait s'accrocher et ne pas partir. Je claquai la portière derrière moi, je courus jusqu'à l'entrée. Le portier me reconnut, me salua rapidement, vit que j'étais pressée, alors il détourna le regard et me laissa passer sans rien demander. Je lui en fus reconnaissante. Je n'aurais pas supporter de lui taper la causette.
Je montai les escaliers quatre à quatre parce que je savais que l'ascenseur aurait été trop long. J'arrivai devant sa porte. Elle était fermée, mais peut-être pas à clé. Je sortis mon arme, et j'enclenchai la poignée, très doucement, avec discrétion. Je pénétrai à l'intérieur du salon. Il n'y avait rien d'inhabituel, tout semblait à sa place. J'inspectai rapidement le lieu, et je ne vis personne. Je changeai de pièce. Je me dirigeai vers le bureau, et, au moment où j'enfonçai la poignée, j'entendis un bruit derrière moi. Arme pointée devant moi, je fis volte-face et croisai le regard d'une personne qui m'était totalement inconnue. Je vis du sang sur ses mains, et cela me suffit pour bondir à travers la pièce. Il comprit mon but, et se sauva à toute vitesse. Je lui courus après, mais il était extrêmement rapide. Je le succédai dans les escaliers, il sauta les dernières marches et s'y pris de peu pour arriver à se redresser. Je vis le gardien qui nous observait d'un coup d'oeil, mais les ambulanciers venaient de pénétrer dans le grand hall.
-Je cherche le loft de M. Castle, s'il vous plaît. C'est une urgence ! Le questionna l'un d'eux, apparemment pressé.
Je ne leur prêtai guère attention et continuai à pourchasser mon tueur. Il se faufila parmi les passants, auxquels je criai de s'écarter à mon approche. Tous obéissaient, sans rechigner. Il était sacrément malin, et se faufila par une bouche de métro. Je le suivis à la trace, et descendis l'escalator plus rapidement que lui. Arrivée en bas, je l'attrapai par la manche, mais celle-ci se déchira entre mes doigts. Frustrée, j'accélérai encore ma cadence déjà bien rythmée, et je finis par me jeter sur lui, quand j'estimai en être capable. Une femme cria lorsque nous retombâmes au sol, puis s'écarta, totalement pétrifiée par le sang qui maculait les mains de l'homme. Ce dernier rumina dans sa barbe, se détestant très certainement de ne pas tenir la course aussi bien qu'un lieutenant de police, qui plus est, se trouvait être une femme.
-Tu apprendras qu'il ne faut pas toucher aux gens que j'aime. lui sifflai-je dans le creux de l'oreille.
Il détourna son visage pour que je ne puisse pas le regarder. Il avait eu une bonne idée, car c'était bien la dernière chose au monde que j'avais envie de voir.
Je l'avais attrapé, cet homme dont je ne savais rien, qui semblait être un assassin, et peut-être – je priai pour que ce ne soit pas le cas – celui de Castle. Je ne connaissais pas son identité, mais j'en savais suffisamment sur lui pour passer un coup de fil à Espo et Ryan.
Ils répondirent à la seconde sonnerie.
-Ouais, les Gars, c'est Beckett. J'ai un … suspect, là, j'ai besoin de vous. Venez chez Castle avec tout le matériel. Et … bougez-vous, c'est urgent.
Je raccrochai sans même leur laisser le temps de répondre.
Je sortis de là avec mon suspect, les mains attachées par mes menottes dans le dos. On prit l'escalator ensemble dans l'autre sens, on remonta la rue lentement, même si je mourais d'envie de courir pour aller voir Castle et ce qui avait bien pu lui arriver.
Les gens nous regardaient un peu bizarrement, mais ça m'était égal. Lorsque nous arrivâmes devant la résidence, les voitures banalisées étaient déjà là. Je leur confiai mon meurtrier, même si je n'étais pas sûre qu'il en soit un. Cette dernière pensée me rappela à l'ordre, et je chuchotai à son oreille :
-Il y a intérêt à ce qu'il s'en sorte.
Il se tourna vers moi, plongea ses yeux dans les miens, et me toisa avant de sourire froidement. Cela me glaça le sang et j'eus une énorme envie de le gifler. Je me retins et détournai le regard.
Je rentrai à nouveau dans le grand hall, le pauvre portier ne savait plus trop où donner de la tête. Je lui souris pour le rassurer, mais je devais être tellement affolée qu'il me sembla encore plus perturbé et déboussolé qu'avant mon arrivée.
Je montai les escaliers, et finis par pénétrer dans le salon de mon écrivain. Je m'avançai jusqu'à son bureau, et la quantité de sang sur le sol m'affola aussitôt. Deux ambulanciers, assis à même le sol m'empêchaient de le voir. Je poussai un cri en les contournant, lorsque j'aperçus Richard, allongé sur le côté. On aurait pu croire qu'il dormait si son visage n'avait pas eu cette expression aussi étrange et indéchiffrable : un mélange de peur, de souffrance et, aussi dérangeant que cela puisse paraître, un air de sérénité apaisait ses traits marqués.
Je tombai à genoux, les deux mains sur la bouche, les larmes me montant aux yeux. Mais que lui était-il arrivé ? Et pourquoi y-avait-il autant de sang ? Un des deux hommes était concentré sur sa conversation téléphonique, l'autre était en train de disposer le brancard au sol pour pouvoir le transporter jusqu'à leur véhicule.
Je me penchai au dessus de son corps, qui semblait inanimé. Je posai mes mains à plat sur sa poitrine, tachée de sang, et commençai à déplacer mes doigts frénétiquement autour de son visage et de ses épaules. Comme la peau de sa joue était lisse et douce ! Elle me semblait même – oh ! miracle - chaude.
-Castle !? Tu es là ?! Qu'est-ce que c'est que ça ?! Pourquoi y-a-t-il du sang ?
Je me tournai vers l'ambulancier qui n'était pas au téléphone, et le saisis par le col, le secouant dans tous les sens.
-Pourquoi tout ce sang ? Hein ?! POURQUOI Y-EN-A-T-IL AUTANT ?! VOUS ATTENDEZ QUOI POUR L'EMBARQUER ? HEIN ? IL EST ENCORE VIVANT, PAS VRAI ? NON ?
L'homme sembla totalement sonné par mes secousses. Quand je me calmai, il prit mes mains et les éloigna de son cou. Il les posa sur mes genoux, eux aussi recouverts du sang qui tachait le sol.
-Oui, il est vivant, mais mon collègue appelle pour avoir plus d'oxygène et des perfs supplémentaires. Ne vous inquiétez pas, Madame, c'est notre travail, on sait ce qu'on fait !
Il me sourit gentiment et mon cœur s'apaisa un instant.
-Eh oh, John, c'est pas le moment de discuter avec une belle nana ! On a un presque-mort à transporter jusqu'à l'hôpital !
Le dénommé John me relâcha, se leva et me fit un clin d'oeil en se retournant. Je m'avançai vers Castle pour pouvoir les aider, mais l'autre m'en empêcha et appela une jeune femme qui accourut vers moi et me saisit par la taille. Elle m'éloigna du bureau, et je criais et je me débattais et je gémissais et je lui hurlais de me libérer, que je voulais aider Richard, si j'étais là, c'était pour Rick, alors lâchez-moi !
Elle resserra son emprise autour de moi, et me conduit à l'étage du loft, dans une chambre qui m'avait tout l'air d'être celle d'Alexis.
Elle me força à m'asseoir sur un pouf, et se plaça face à moi. Je me demandai comment j'avais pu, comment il avait pu, en arriver là. Je laissai mes larmes couler lentement sur mes joues, je laissai le chagrin me quitter, partir loin de moi, parce que je savais qu'il n'était pas mort et qu'il était entre de bonnes mains.
-Madame ? Est-ce que vous allez bien ? Vous voulez un verre d'eau ? Me demanda gentiment la jeune métisse assise devant moi. Elle pris mes mains dans les siennes et me sourit. Je lui souris aussi, mais mon sourire se transforma en mou sous les pleurs. J'essayai de me calmer, je respirai plus doucement, j'expirai fort, je détendis mes muscles.
-Comment vous appelez-vous ? La questionnai-je, en essayant de ne pas paraître trop indiscrète.
-Je m'appelle Mathilde. M'annonça-t-elle posément. Et vous ?
-Kate, … Kate. Répondis-je.
Le silence se fit pendant quelques instants, seulement troublé par les bruits venant d'en bas et par mes reniflements.
-Est-ce que … Est-ce que je peux accompagner Richard jusqu'à l'hôpital ? osai-je lui demander après un long moment sans paroles.
-Eh bien … Il serait préférable que vous restiez ici. Pour lui, et pour vous aussi. Vous irez le voir quand il sera dans sa chambre. Même s'il dort, il vous entendra, il sentira votre parfum, il vous respirera, et il saura que vous êtes auprès de lui. Mais pour l'instant, pour l'instant il ne comprendrait rien si vous restiez avec lui.
Je soupirai. Je n'avais plus qu'à attendre. Attendre. Comment faire pour attendre ?
Je pris congé de la douce et charmante Mathilde et je retournai au poste avec ma voiture. J'étais dans un étrange état. Je me sentais pâteuse, molle, vide.
Au commissariat, Espo me réchauffa le cœur avec un café et un suspect qui avait fait des aveux complets.
-Il s'appelle Chris Bary, et il vient de m'apprendre qu'il a également tué la première victime. M'informa Esposito. Il voulait se … Beckett ? Ça va ? Tu n'as pas l'air dans ton assiette.
Il me regarda, vraiment, et je sus qu'il ressentait la même chose que moi. Ses yeux rencontrèrent les miens, et quelque chose passa dans ce regard, quelque chose qui me remonta un peu le moral, et qui me dit d'avancer.
-Oui, oui, ça va, merci. Je lui répondis, en souriant.
Il me sourit aussi et continua ses explications sur le tueur. C'était l'ex-petit ami de la première victime, à qui il avait demandé de proposer son livre à son éditeur, ce qu'elle avait refusé. Il l'avait donc quittée, et c'était tourné vers Castle, son grand écrivain préféré. Ayant lui aussi refusé, il les avait tués.
Ryan arriva, en marchant rapidement. Il les observa tous les deux un instant, puis se plongea dans le dossier qu'il tenait au creux de sa paume.
-Notre ancien suspect, celui qui n'avait pas d'alibi, mais un bon mobile, vient d'être relâché. Bon boulot Beckett.
-Oh … euh … merci Ryan, mais je n'ai pas fait grand chose, tu sais ! le remerciai-je, un peu confuse.
Ils me laissèrent tous les deux, seule, à mon bureau.
Je commençai à remplir les papiers, la tête ailleurs. Castle avait-il été comme moi, lorsque j'avais reçu la balle à l'enterrement de Montgomery? Etait-il aussi vide que je l'étais ? Aussi apeuré ? Aussi inquiet ? Peut-être … Il fallait vraiment que je me change les idées, que je trouve un moyen de m'occuper jusqu'au moment où mon téléphone sonnerait pour m'annoncer que je pouvais aller le voir.
