Voilà la suite, en espérant être à la hauteur de vos attentes!
CHAPITRE 2: LE CONTRAT
Harry pouvait se l'avouer, il était dans la merde.
Sa vie était pourrie.
Pourtant la journée avait plutôt bien commencée.
Et puis tout s'était emballé ! Et comme un malheur n'arrivait jamais seul…
Il s'était tout d'abord fait virer de son job comme serveur dans un restaurant qui avait bonne réputation dans la ville, et comme il était au black, il ne toucherait pas son argent.
Le problème était, que ces billets, il en avait sacrément besoin !
Il commençait des études supérieures dès Janvier dans une université réputée. Et ses frais de scolarité à l'école de Poudlard n'étaient pas donnés, sans compter que Londres était une des villes les plus chères, et l'école ne proposait pas de logement.
Aussi, est ce que c'était de sa faute à lui si un crétin d'abruti dégénéré ne comprenait pas le mot « non » ?
Ca faisait un bout de temps que ce demeuré lui faisait des avances douteuses. Déjà qu'il essayait de le coincer dans les toilettes au lycée, il fallait en plus qu'il se mette à le harceler sur son lieu de travail !
Faut dire qu'à l'école, Harry avait l'art de s'éclipser. Remerciez sa brute de cousin et sa bande de moutons plus débiles les uns que les autres pour ça. Cela faisait des années qu'il avait appris à déguerpir plus vite que son ombre…
Et puis, s'il ne pouvait fuir, et bien… il fonçait dans le tas. Il gardait la tête haute et se débâtait comme une furie, histoire de montrer qu'il ne se laissait pas faire.
Et avec le temps, il devint meilleur en self défense. Il avait appris à se défendre seul car, bien sur, il n'avait aucun ami. Tous avaient peur de son crétin de cousin et ne voulaient pas être associés à lui.
Cela empira lorsque tous découvrirent qu'il était homosexuel. Et fallait avouer que dans ce merveilleux monde de tolérance, de respect et d'acceptation, la nouvelle avait été accueillie par des louanges !
Comme on pouvait s'en douter, dans une bourgade isolée comme celle-ci la nouvelle se rependit comme une trainée de poudre, et fut amplifiée comme il fallait.
Après l'annonce, les gens le regardaient comme s'il était tout droit sorti des enfers. Pour eux, c'était sans aucun doute qu'il allait finir là bas.
Heureusement qu'ils étaient tous sensés être des enfants de Dieu ! Et que le message principal était « aimez votre prochain ! ».
Pour un athée, Harry se faisait l'effet d'être plus religieux que toute cette bande de clowns qui passaient leur temps à aller à l'église et s'auto congratuler de leurs ferveurs religieuses.
Harry ricana en repensant à la manière dont sa tante avait accueilli la nouvelle.
A coup de hurlements elle lui avait balancé de l'eau bénite sur tout le corps.
« Satan sors de ce corps ! Satan sort de ce corps ! » Répétait-elle inlassablement.
Harry doutait sérieusement de la réussite de tout ce cirque, étant donné qu'il était toujours là et toujours attiré par les hommes.
Elle s'insurgea, alla prier le seigneur, se demandant ce qu'elle avait pu faire pour mériter ça, alla voir un prêtre pour qu'on le désenvoute, et voulu le mettre à la rue, histoire qu'il ne « pollue pas son adorable Dudley par ses ondes sataniques ! »
Malheureusement pour elle (et pour lui), l'homosexualité, bien que dépréciée, n'était pas un argument valable pour renier un mineur.
Vernon, lui, rejetait toute la faute sur ses parents.
Après tout « cette tare devait être génétique, et quand on était l'abominable progéniture d'un fou et d'une catin aux mœurs douteuses, on ne pouvait pas s'attendre à mieux ».
On aurait dit que la nouvelle lui faisait plaisir, comme s'il avait une raison valable de plus de le détester et de le maltraiter.
Quand à son cousin, lui, continuait de le tabasser en se moquant. La seule chose qui avait changé depuis ce jour là était qu'il fermait la porte de sa chambre à clé le soir pour dormir.
Le brun ricana, il était homosexuel, pas zoophile !
La rumeur racontait qu'il offrait son corps et services à qui voulait pour de l'argent, et acceptait tout, même les tournantes. Il avait la réputation d'être une véritable prostituée.
Si les gens savaient… Harry était vierge !
La seule relation qu'il eut fut celle qui lui fit faire son coming out imposé.
Si le brun s'était petit à petit rendu compte qu'il était plus attiré par le sexe masculin que féminin, il n'eut jamais la possibilité de voir réellement si ses ressentis étaient exacts.
Puis un grand gaillard, Oliver Wood, un rugbyman assez populaire de l'école, fut attiré par le garçon solitaire. Et comme tout le monde l'ignorait, il n'y avait aucune chance qu'il aille le crier sur les toits.
Olivier pouvait donc s'amuser tranquillement.
Ils sortirent ensemble, et après quelques jours, ils se retrouvèrent dans les toilettes abandonnées de l'école. Alors qu'Harry était à genoux, en train de faire une fellation au grand baraqué, une partie de l'équipe de pom pom girls débarqua.
De surprise, Oliver cria comme une femmelette.
Les filles avaient l'air de poissons sortis de l'eau tandis que le rugbyman se décomposait sur place.
La scène en était risible.
Dès lors, Wood cria sur tout les toit qu'Harry l'avait forcé, il sortit avec la capitaine des pom pom girls : Cho Chang, et ne parla plus jamais au brun.
A partir de là, il fut traité comme un paria. Ce qui était totalement comique, étant donné qu'il y avait un sacré paquet d'hypocrites qui lui avaient fait des propositions dégoutantes, lorsqu'ils arrivaient à le choper dans un coin à l'abri des regards.
Mais comme Harry avait toujours connu le rejet et la solitude, il ne se formalisait pas de tous ses ragots. Si au début, il se sentait mal, avec le temps, toutes ces stupidités ne l'atteignaient plus.
Et puis, il avait toujours fait tâche. D'après les critères masculins du coin, il était trop mince, pas assez grand, et ses traits étaient trop fins. Avec ses cheveux noirs un peu trop longs qui lui tombaient sur le visage et ses grands yeux verts, son cousin le traitait toujours de fillette.
C'était sûr qu'il n'avait rien en commun avec ce pitbull. Dudley s'était mis à la boxe et avait perdu ses kilos en trop pour les remplacer par une montagne de muscle à la Schwarzenegger. Il s'était découvert une passion pour le culturisme.
Du coup, la différence entre le corps d'Harry avec ce bloc, toujours plus large que grand (mais pour des raisons différentes), était mesurable.
Tout ça pour dire, que des homosexuels refoulés se faisant passer pour des durs à cuire tentaient de se le faire. Harry avait ce quelque chose à la fois masculin et féminin qui devait les attirer.
Et ce Marcus Flint, une espèce d'homme de Cro-Magnon, dénué de bon sens et vulgaire au possible, était l'un de ses plus grand harceleurs.
En gros, il avait gagné au loto !
Et plus Harry le rejetait, plus il revenait à la charge, au point où le brun se dit qu'il était soit sourd, soit très stupide, soit sado maso.
Il penchait pour les trois à la fois.
Et cet enfoiré avait osé le déranger pendant ses heures de travail pour lui faire des sous entendus dégueus pendant des plombes.
Au bout d'une demi-heure, le brun commençait doucement mais sérieusement à perdre patience, quand Flint fit une nouvelle commande.
« Qu'est ce que tu veux ?» demanda-t-il froidement
« Heu, tes lèvres sur ma bite ? »
Harry avait envie de lui arracher ce sourire suffisant jusqu'à lui faire péter les dents.
« Et mon poings dans ta gueule, tu le veux aussi ! »
« Oh Potter, tu es si passionné, c'est très excitant ! Mais tu ne devrais pas trop la ramener, t'es pas vraiment en position de jouer les durs. »
Harry suivit le regard de Marcus qui se posait sur son patron, pas très loin, qui semblant surveiller la situation.
Le brun afficha un sourire totalement hypocrite sur son visage.
« Et puis, on sait tout les deux que je te maitriserai » affirma le grand con suffisant. « C'est à toi de voir, on peut faire ça en douceur, ou non. Et puis t'inquiète, je te paierai… »
« Tu veux peut être qu'on aille dehors, on verra lequel des deux fait le plus mal à l'autre ! »
« C'est une proposition ? »
Il soupira pour se donner contenance puis se pencha sur le crétin en face de lui pour lui susurrer à l'oreille.
« Non. Mais voilà ma proposition : « Vas crever ailleurs ! ». Et si tu tentes quoi que ce soit je te jure que je ne réponds plus de moi. Et crois moi, je sais être une vraie pute quand je veux, mais je ne suis pas sûr que ça te plaise ! »
Et sur ce, Harry se détourna dans l'intention de partir.
Mais il fut arrêté dans sa bonne résolution par une paire de mains qui lui agrippa les fesses comme si c'était écrit « open bar ».
Et là, il vit rouge.
En deux secondes le plateau en fer qu'il tenait s'était retrouvé dans la face de l'autre abruti, qui, sous la force du coup, avait fini au sol.
S'en suivit une bagarre, des cris et de la casse.
Et Harry fut viré.
Heureusement qu'il avait pu mettre de l'argent de côté et ses notes lui permettaient d'avoir une bourse.
Mais ce n'était quand même pas assez.
Il savait bien que ce n'était pas sa joyeuse petite famille qui allait lui être d'un grand secours.
Déjà qu'Harry ne se remettait toujours pas de la proposition de son oncle de lui donner un peu d'argent s'il faisait le larbin de service correctement et sans se plaindre, et qu'il aidait à l'usine dans laquelle Vernon travaillait.
Depuis que le brun s'était mis à se rebeller contre les traitements de sa famille (les coups fonctionnaient moins bien étant donné qu'il commençait à être habitué et qu'il arrivait plus ou moins à les contrer) les Dursley avaient plus de mal à lui faire faire toute la basse besogne.
Du coup, avec ce contrat, Harry ne pouvait plus l'ouvrir et les envoyer se faire voir.
Ce fut en rage qu'il rentra à la maison pour tomber sur sa tante qu'il lui tendit une liste de commissions à aller acheter pour préparer le repas.
Comme s'il avait que ça à faire !
Une petite voix dans sa tête lui rappela que oui, maintenant, il n'avait plus que ça à faire.
Il ressortit en grognant de la maison et se hâta d'aller au supermarché.
On était la veille de Noël et l'hiver en Angleterre était très rude.
Et cette année on avait le droit à une chute de températures impressionnante. Soit disant, on en avait plus eu des pareilles depuis 20 ans.
Fallait pas s'étonner qu'avec toute la pollution et les déchés que l'homme laissait derrière lui, on se retrouvait avec un climat qui pétait son câble.
Pourtant ses joyeux compères avaient l'air d'en avoir rien à faire. Ils étaient tous au chaud dans le foyer et ça leur suffisait.
Le ciel était noir et la neige commença à tomber. Harry se voyait déjà geler vivant comme dans « Le Jour d'après ».
Il se dépêcha de rentrer et prépara le diner.
Alors que le celui-ci était bientôt prêt Vernon lui ordonna d'aller chercher Dudley.
Celui-là était dans sa chambre, suant comme un port devant sa glace, en train de prendre des positions toutes plus grotesques les une que les autres, dans l'intention sans doute de faire ressortir ses muscles, déjà prohiminants.
« Ton père t'appelle » grogna Harry, dépité face à autant de ridicule.
« Attends, rentre » lui ordonna Dudley.
Avec l'envie d'aller se pendre, il écouta docilement la demande.
« Ouai, voilà, fallait que j'te parle… »
« Bé accouche ! » s'écria le brun intérieurement, les yeux au ciel pendant que l'autre truffe continuer à s'extasier sur son corps.
On n'allait pas y passer la nuit non plus !
« Et ? »
« Ouai, tu sais, je vais aller vivre à Londres moi aussi, dès que j'aurai mon examen de rattrapage… »
S'il réussissait à avoir son examen ! Ce dont Harry doutait sérieusement. Mais bon, l'espoir faisait vivre…
«…il y a une salle de muscu qui veut bien me prendre pour que je fasse des concours et j'aurai un coach, et c'est un des meilleurs ! Aussi c'est normal, je le mérite… » se vanta-t-il.
Putain, qu'est ce qu'il aimait s'entendre parler celui-là !
« …et je vais avoir mon appart. Man et Pa vont me le prendre assez grand et… »
« Oui oui, et si on passait à l'essentiel ! » soupira Harry. « En quoi c'est mon problème ? »
L'autre se retourna vers son cousin.
« Bé, tu peux venir vivre chez moi »
« Quoi ? » souffla Harry médusé.
A l'évidence il avait du mal entendre.
« Tu peux t'installer cher moi, je te filerai un matelas, on te trouvera une pièce. »
« C'est une blague ? »
« Non. Ecoute, il me faut quelqu'un pour me faire à manger, nettoyer la maison et laver mes affaires. Pa et Man sont d'accord. Après tout, je n'aurais pas le temps moi, avec tout ce que j'aurai à faire pour m'entretenir, et mes concours et tout. Toi, en revanche… Et puis je te donnerai un peu d'argent. Et aussi je te payerai en nature. De toute manière, si on fait abstraction de ton absence de poitrine et de ton entrejambe, ta plus l'air d'une femmelette qu'autre chose. Et je reconnais que ton cu est tentant ! »
« Mais t'es complètement malade ! Il en est hors de question ! » aboya Harry. « D'abord parce que je préfèrerais crever que de vivre avec toi, que l'idée même de te toucher me donne envie de vomir, et que je te signale que contrairement à ce que tu crois, j'ai autre chose à faire que de jouer tes esclaves personnels ! »
« Quoi ? Tu veux parler de ton université, fais moi rire ! T'as pas un rond pour y aller ! » cracha Dudley, vexé.
« J'ai économisé ! »
« Ouai mais c'est pas assez. »
« Avec ce que va me filer ton… »
« Non ! » souffla l'autre. « Parce que t'as vraiment cru que Papa allait te filer l'argent ?! A TOI ?! Fais moi rire ! T'es vraiment plus stupide que je le croyais ! »
Harry se décomposa.
« T'es pathétique ! Il- t'a- men-ti !» articula-t-il comme s'il parlait à quelqu'un de particulièrement déficient. « Jamais il te fila un rond, t'es fou ! C'était juste pour que tu te tiennes tranquille et que t'arrêtes de l'ouvrir et de rien foutre ! Non mais t'es vraiment un… »
Harry ne le laissa pas finir qu'il se rua dans la cuisine pour foutre tout le diner à la poubelle, récupéra une veste et un sac avec quelques affaires. Il passa dans le salon sous les yeux ahuris de son oncle à qui il envoya une bonne droite et se barra de la maison en claquant la porte.
Ses pas l'amenèrent inconsciemment sous le pont dans le parc, et il s'assit contre un muret. Il était tellement énervé qu'il ne sentait même plus le froid.
Il était dégouté !
S'il avait pu, il se serait donné des claques ! Mais bien sûr que son oncle n'allait pas le payer ! Harry n'apprenait-il donc rien ! Pourtant il aurait dû s'en douter ! Mais non, il préférait espérer, c'était plus facile ! Quel crétin ! Il se croyait où là ? Au pays des bisounours ?!
En plus il n'avait plus de travail et ça n'allait pas être là joie pour réussir à tout payer, entre l'école, l'appart, la nourriture…
Il avait travaillé tout le mois comme un détraqué, en faisant des heures sup et tout, mais comme bien entendu, il était au black… Adieu l'argent, il n'en verrait jamais la couleur. Celui des Dudley non plus.
Comme il le disait, sa vie était merdique !
Il voyait les lumières allumées des maisons au loin et s'imaginait les familles fêtant le réveillon, dans la joie et la bonne humeur.
Ouai. Lui, la famille, il ne connaissait pas vraiment. Il n'avait pas d'affection, pas d'amour, pas de soutien, et en plus, comme si ce n'était pas assez, il fallait qu'on lui mette des bâtons dans les roues.
Il n'en pouvait plus, il se sentait tellement seul et abandonné.
Même ce soir, alors que ça devrait être un des jours les plus joyeux, il se sentait mal et délaissé de tous.
Avec sarcasme il ricana de lui même et se mit à chantonner.
« NOOOël ! Joyeux NOOël… ! »
Il fut interrompu dans ses pensées par un type glauque en crise.
« Fille moi ton fric ! »
« Quoi ? » demanda Harry, un peu à l'ouest.
« Ton fric vite et ton sac! »
Ce type était tombé sur la bonne personne ! La seule qui n'avait pas d'argent. Ne voyait-t-il donc pas qu'ils étaient dans la même galère ?
«Hooola ! Calme toi ! »
« Me dis pas ce que je dois faire ! »
Le gas avait l'air plutôt mal, il tremblait, ses gestes étaient saccadés, ses yeux en sang, et il était comme sur ressort.
Harry comprit qu'il avait affaire à un drogué. Un drogué en manque.
Il se leva pour se diriger vers l'homme quand celui-ci, en panique, sortit un flingue.
Le brun n'eut pas le temps de comprendre ce qui se passait qu'il entendit un bruit de pétard retentir dans l'air.
Un peu sonné, ce fut lorsqu'il réalisa qu'il était à terre et que l'homme, encore plus affolé et tremblant comme une feuille, était en train de se faire la malle, qu'il comprit que ce crétin avait tiré.
En train de s'insurger devant les imbéciles accros, il sentit que quelque chose clochait.
Son ventre devenait rouge.
Et crotte ! Il s'était fait tiré dessus !
Et maintenant qu'il en prenait conscience il se rendit compte que ça faisait foutrement mal. Mais il s'était toujours imaginé une douleur plus importante, voir insupportable.
Surement que l'adrénaline et le froid qui le congelaient atténuaient la douleur.
Harry se flageola mentalement.
Il était en train de mourir sous un pont, bordel, et lui il se questionnait sur les facteurs potentiels de son absence de douleur !
La situation était pathétique.
Et invraisemblable.
Et carrément glauque.
La plaie dans l'estomac, ainsi que ses membres glacés, l'empêchait de bouger.
Autant s'y résoudre.
Sa vie était une blague. Sa mort l'était encore plus !
Il allait crever seul, sous les ponts, le soir de Noël !
Oh génial !
C'était avec un fatalisme à toute épreuve qu'il se laissa aller à une semi conscience.
Au moins là où il allait, y avait pas les Dursley !
Vers les alentours de minuit un bruit sortit Harry de son état léthargique.
Bien qu'engourdi par le froid, et parce qu'il fallait se l'avouer, il perdait pas mal de sang, il eut du mal à se réveiller complètement et se remettre les idées en place.
Puis il écarquilla les yeux.
S'approchant de lui pour le surplomber de toute sa hauteur, un jeune homme dans la vingtaine, enroulé dans un manteau de fourrure blanche, le dévisageait avec bienveillance.
Harry remarqua, tout d'abord, son extraordinaire chevelure blonde, aux reflets argentés.
Puis, son regard se posa sur ses yeux et il fut hypnotisé par leur incroyable beauté. Du mercure en fusion, voilà ce qu'ils étaient, ça en était simplement fabuleux.
Son visage, bien qu'indéniablement masculin, possédait une finesse presque irréelle. La splendeur de sa peau blanche semblait briller de mille éclats. Il avait la grâce virile des hommes du Nord : Un nez droit, des pommettes hautes, des lèvres sensuelles, une mâchoire carrée.
Et il disposait de leur allure charismatique : une taille et une carrure impressionnante, un corps droit et fier, tout en vigueur.
Dans son incroyable manteau ivoirin, ses cheveux virevoltant dans le vent, son regard indescriptible plongé dans le sien, il lui fit penser à un dieu Viking.
D'ailleurs, Harry pouvait sentir comme une force dévastatrice enfermée dans cet être, et qui ne demandait qu'à sortir.
Il était dangereux, mortel.
Seule sa puissance égalait sa perfection, et Harry succomba à leurs magnétismes.
C'était un ange.
Un ange démoniaque.
L'ange de la mort !
La merveilleuse apparition s'accroupit en face de lui et esquissa un sourire séducteur.
« Bonjour Harry Potter »
Le jeune homme resta interdit. Il le connaissait !
« Je m'appelle Draco Malfoy » se présenta-t-il.
Sa voix mélodieuse glissait sur Harry comme une caresse.
« Je suis mort ? » chuchota ce dernier, confus.
« Pas encore. »
« Vous êtes venu pour m'emmener ? »
L'être mystique pencha la tête.
Harry supposa que ça voulait dire oui. Il se rendit compte qu'il en avait mis du temps avant de venir.
Fallait croire que même en enfer on ne voulait pas de lui !
Le sourire de l'apparition fantasmagorique s'élargit.
« Veux-tu mourir Harry Potter ? »
Le brun soupira. Au point où il en été, il en avait plus rien à faire.
« Pauvre orphelin détesté de tous, seul face à l'horreur de la vie, sans aide ni soutien, n'ayant jamais connu un semblant d'amour ou ne serait-ce que d'affection, et dont tous les rêves viennent d'être anéantis. Abandonné, seul au monde, crois-moi lorsque je te dis être sincèrement désolé pour toi, pour tout ce que tu as vécu. Mais, permets-moi de te demander, Vas-tu laisser tomber ? Toi qui après tant de douleurs, continuait toujours d'espérer. Ainsi, c'est cela, as tu vraiment perdu l'espoir Harry Potter ?... Cela est bien triste. Je te pensais plus combattif. »
Harry se sentit culpabiliser sous les propos réprobateurs de cet être qui pourtant s'adressait à lui avec une telle douceur que les sons glissaient comme du miel.
Mais il se reprit.
Déjà qu'il allait mourir, en plus il n'allait pas se faire sermonner.
«Je ne vois pas comment, alors que je suis couvert de sang, je pourrais survivre. Même avec la meilleure volonté du monde.» cracha-t-il, moqueur.
L'ange lui sourit mystérieusement.
«N'as tu pas pourtant été le témoin de la survie d'un garçon ensanglanté ? »
Les souvenirs de son enfance percutèrent son esprit et il se revit à cet endroit, bien des années auparavant.
«Oui mais j'étais là pour aider… Pouvez-vous m'emmener à l'hôpital ? »
L'ange laissa un doux rire s'échapper de ses lèvres.
« Les médecins ne pourront rien faire pour toi, à l'heure qu'il est, tu es bien trop mourant. L'art des hommes est imparfait et à l'impossible nul n'est tenu. »
« Donc il faudrait un miracle » marmonna le brun.
« C'est ton jour de chance alors, je suis disposé à accomplir des miracles » ronronna l'apparition.
« Veux-tu mourir Harry Potter ? » répéta-t-il, après un moment.
Il avait cru que c'était la fin. Et pourtant on lui offrait une seconde chance. Et maintenant qu'il pouvait s'en saisir, il se rendit compte que, non, il ne voulait pas mourir. Il avait encore tant à découvrir ! Et il allait mourir avant d'avoir vécu ! C'était trop bête !
Une fureur de vivre se déversa en lui.
« Non, je ne veux pas mourir. Pas maintenant ! »
Le sourire du blond s'illumina et sa main ardente se posa délicatement sur son visage. Ce simple touché l'électrisa, comme si une chaleur intense se déversait dans son corps et atténuait toutes ses douleurs.
«Tu as de la chance, je suis disposé à t'aider. Mais cela ne se fait pas sans contre partie. »
L'élan de soulagement qui traversa le brun fut vite arrêté par les dernières paroles du blond.
Bien sûr ! Rien n'était donné sans rien dans ce monde. Comment l'oublier…
« Vous n'êtes pas très chanceux, je n'ai rien de valeur à offrir.»
« Oh si ! Tu as à offrir, Harry Potter, bien plus que tu ne le penses. » les paroles étaient ronronnées si amoureusement qu'il avait presque l'impression d'entendre des « mon amours » à la place de son prénom.
Cela en était à la fois enivrant et étourdissant.
« Supposons que j'accepte, que réclamez-vous en échange ? Que ce passera-t-il ? Vais-je vivre ? »
L'ange planta ses yeux orage dans les siens et il fut engloutit sous leur intensité.
«Ton souhait sera réalisé et tu pourras mener la vie dont tu as toujours rêvé. Simplement en échange quand ta vie s'achèvera, tu seras mien.»
Cette simple phrase lui glaça le sang.
« Vous…vous êtes le diable ? »
Un rire mielleux s'échappa des lèvres du blond.
« Non, mais tu as compris le principe. Ta vie contre ton âme »
« Je vous appartiendrais pour toujours? »
« Oh oui » la voix rauque se fit orgasmique.
Harry ne sut si c'était parce qu'il n'avait plus toute sa tête et qu'il avait l'impression de rêver, parce que cette chaleur qui s'insinuait dans tout son être l'empêchait de réaliser toute l'ampleur de la situation, ou parce qu'il était incontestablement hypnotisé par ces yeux embrasés, mais il accepta.
Il n'eut pas le temps de réaliser ce qu'il ne venait de faire que l'être mystique colla ses lèvres contre les siennes et l'emporta dans un baiser passionné. Puis, Harry sentit une douleur horrible à la langue tandis que du sang glissait dans leurs bouches et se mélangeait à leur baiser. Il voulut se retirer mais des bras de marbre l'entourèrent et une main lui maintint la nuque. Prisonnier d'une statue il ne put que subir le baiser ensanglanté.
Pris de vertiges il sombra dans l'inconscience.
