Ardents désaccords

Chapitre 2 Dispute

Lacus et Kira étaient assis au premier rang, main dans la main. Ils s'étaient mis d'accord pour parler chacun de leur coté à Athrun et Cagalli et essayer de recoller les morceaux.

Dearka avait glisser un mot au chef de la sécurité à propos des journalistes qui poursuivaient en parmanence la princesse, et il avait particulièrement insisté sur le harcèlement dont elle était victime à la moindre de ses sorties.

Le pilote avait d'ailleurs mentionné à plusieurs reprises combien la jeune femme lui avait paru épuisée la veille mais surtout apeurée à l'idée d'être vue en sa compagnie.

Elle ne voulait pas lui attirer d'ennui, comme si elle avait déjà eu ce genre de problème.

Kira avait ordonné une étude rapide des articles publiés à propos de sa jumelle, aussi bien sur Plant que sur Terre et il était encore dans l'attente des conclusions au moment où la conférence reprenait. Il avait failli arrivé en retard, voulant à tout prix etre au courant de cette affaire. Heureusement, il était le fiancé de l'ancienne présidente et sa place était réservée, parce que sinon, il aurait dû rester dehors et profiter du discours de la représentante d'Orb sur un des écrans qui jalonnaient la colonie.

La salle de conférence était pleine à craquer. Les gens étaient même entassés sur les escaliers et sur la passerelle supérieure, tassés débout, encore pire que pour un concert de rock.

Athrun fit son entrée, pour présenter leur invitée de marque et à peine annonça-t-il le prénom de la princesse qu'un tonnerre d'applaudissements envahit la pièce.

Le président intérimaire se sentit légèrement gêné par l'enthousiasme du public, surtout qu'il n'avait absolument pas croisé celle qu'ils semblaient espérer avec une telle impatience.

Il n'avait pas fini son introduction que les rugissements de la foule se firent encore plus intenses et il eut un mouvement de recul.

Et soudain, le silence.

Il tourna la tête instinctivement vers le fond de la salle et il eut le souffle coupé.

Elle était là. Elle avançait tout naturellement, en souriant à tous, serrant les mains sur son passage comme une vraie professionnelle, incroyablement à l'aise dans ce marrasme humain qui semblait pourtant prêt à la submerger à tout moment.

La sécurité était débordée, tous les invités, pourtant des gens importants de Plants ou de la Terre, habitués à cotoyer les vedettes et les princes, tous voulaient la voir, la toucher, lui parler.

Elle restait calme, son visage aussi avenant avec chacun, elle saluait tout le monde avec une réelle sincérité, mais elle n'était pas perturbée.

Elle était dans son élément et maitrisait son rôle à la perfection. Athrun fut bluffé, mais quand il vit du coin de l'oeil Lacus et Kira qui s'étaient eux-aussi levés, il remarqua qu'il n'était pas le seul.

La princesse avait changé. Elle qui était toujours un peu timide et mal à l'aise en public avançait maintenant avec une assurance incroyable et une allure de souveraine que plus personne n'oserait contester.

Lentemant, elle se frayait un chemin dans la salle et finit par rejoindre le podium où elle s'installa, sans un regard pour Athrun.

Une part de lui se sentit humiliée de sa rebuffade glaciale, mais ce qui le gênait surtout était de prendre conscience de combien elle était plus forte et plus importante que lui.

Elle était admirée et respectée de tous. Elle fascinait son auditoire avec une telle facilité qu'en c'en était décourageant pour qui compte avait un message à faire passer.

Cagalli rayonnait si fort qu'Athrun eut l'impression de bruler à rester derrière elle.

Dans l'indifférence générale, il recula et s'installa au fond de la scène pour écouter le discours de l'invitée d'honneur.

En réalité, il ne faisait pas attention à ce qu'elle disait, il était bien trop subjugué pour prêter la moindre attention à son texte.

Il était dans son dos, dans son ombre et pouvait la détailler à loisir, sans que qui que ce soit ne s'en rende compte et il profita de l'occasion sans se priver.

Elle portait une robe étonnante de sobriété, dans un ton mordoré qui mettait délicieusement en valeur ses boucles blondes et sa peau bronzée. La découpe dans le dos marquait sa taille fine et laissait ses épaules nues, seulement soulignées au niveau de la nuque par les rubans qui lui entouraient le cou.

Il suffisait de dénouer les liens et elle se retrouverait nue.

Athrun se sentit saliver à cette idée. Il savait qu'il ne devait pas penser à elle de cette façon, que leur histoire était finie depuis longtemps, mais elle était tellement belle... Comment lui résister ? Finalement, il se dit qu'il n'aurait pas dû avoir autant de scrupule la veille et profiter de l'opportunité qu'elle lui donnait.

Elle était consentante, alors pourquoi se priver ? Ce n'était pas ce qu'il souhaitait mais il était clair qu'elle avait tourné la page. Il savait depuis longtemps maintenant qu'elle avait d'autres hommes dans sa vie. Ses aventures s'étalaient dans tous les journaux. Elle affichait son bonheur avec un tel mépris de ce qu'il ressentait que c'en était risible. Et lui qui s'était senti coupable de l'avoir laissée sur Terre sans lui expliquer son besoin de s'éloigner. Il n'avait pas voulu se séparer d'elle, il avait juste pensé qu'ils avaient besoin de temps, l'un comme l'autre pour remettre leur vie en ordre et ensuite pouvoir se concentrer sur leur relation.

Mais non, elle ne l'avait pas attendu. Elle n'avait aucune envie d'un prétendant sérieux. Elle avait seulement des flirts ici et là. Des hommes d'un soir ou deux qu'elle jetait après avoir obtenu ce qu'elle attendait.

Et il n'avait aucune intention de faire partie du lot.

Même si elle était infiniment désirable. Il émanait d'elle une telle conviction, une telle force qu'elle illuminait la salle par son enthousiasme.

Arthurn n'écoutait pas son discours. Il n'en avait pas besoin. Il sentait la ferveur qui immanait de son corps même. Elle était capable de convaincre n'imorte qui par sa simple présence sur cette scène.

Si seulement il n'éprouvait cette insupportable attirance pour une femme qui se jouait ainsi de lui, il aurait été subjugué. Mais le seul moyen de résister était de la détester et de lui en vouloir encore et toujours pour son attitude.

Alors même si une part de lui ne souhaitait rien d'autre que de la prendre dans ses bras et de l'embrasser, il resta froid et distant toute la soirée. Si tôt son intervention terminée, il se reprit et oublia la fascination qu'il avait ressentit à l'observer par derrière. Seule sa rencoeur demeurait.

Chaque sourire qu'il lui voyait faire à un autre renforçait sa détermination de ne pas céder et son dégoût face à cette princesse d'operette. Elle charmait tout le monde mais ne valait rien. Il ne prêtait aucune attention à ses propos, ce n'était pas la peine. Elle était inconséquente. Quelques instants plus tôt, il était subjugué par sa force et maintenant, il essayait de la considérer comme une incapable. C'était ridicule.

Et les mots lui échapèrent. Alors qu'elle défendait sa constante position de neutralité, Athrun laissa filer quelques brides de phrases trahissant le fond de sa pensée.

Tout le monde se retourna, surpris par sa remarque.

Il trouvait sa vision des choses pueriles et son obstination à ne pas différencier les gens complètement utopistes.

Evidemment, Cagalli le fusilla du regard.

C'était une conférence pour la paix et il risquait de tout gacher en ravivant des conflits si laborieusement enterrés. Mais ses parols trouvaient écho chez plusieurs autres participants.

Sans reprendre les thèse du Blue Cosmos ou des partisants de l'ancien président Zala, le débat devint rapidement houleux. Les Coordinateurs et les Naturels n'étaient certainement pas les mêmes et vouloir nier leurs différences étaient aussi absurdes que de toujours les comparer.

Athrun défendit son point de vue avec des arguments très valides, sans jamais prétendre à sa supériorité d'une partie sur l'autre, il se contentait de constater les faits. Et finit par sous-entendre très lourdement que les nations neutres, Orb en particulier, pour ne pas dire sa dirigeante était simplement trop lache pour admettre la réalité et accepter que tout le monde puisse ne pas penser de la même façon.

Le silence de mort qui suivit le commentaire du président intérimaire s'éternisa jusqu'à ce que Cagalli se reprenne et face à un auditoire maintenant captivé par ce débat nettement plus intense que les discours orchestrés par la commission à l'origine de la Conférence, la princesse réfuta lentement les arguments de son adversaire.

Elle faisait preuve d'un sang froid qui surprit les convives, et plus particulièrement Athrun qui ne la connaissait pas aussi maitresse d'elle-même.

Elle s'enflammait pour ses idées, parlait avec enthousiasme, les yeux brillants et les joues rougies par l'émotion, mais ses propos restaient mesurés et clairs.

Et elle n'en devenait que plus belle et désirable à chaque phrase, ne faisant que renforcer un peu plus sa colère et sa détermination de la mettre à genoux.

Il eut un sourire carnassier en l'imaginant humiliée et suppliante, mais malheureusement pour lui, sa libido reprit le dessus et ce qu'il eut en tête n'avait plus rien à voir avec le désaccord qui les maintenaient l'un en face de l'autre.

La situation auraient pu s'envenimer si Lacus n'avait pas choisi d'intervenir.

Elle avait attendu le plus possible, espérant qu'ils allaient se calmer, mais apparemment, elle aussi était utopiste.

La tension entre la représentante d'Orb et le président intérimaire était palpable et elle sentait toute la lourdeur de ce qu'ils n'osaient pas se dire dans leur regard.

Ne voulant pas mettre son remplaçant mal à l'aise, la jeune femme s'approcha donc de Cagalli et lui tendit une coupe de Champagne avant de détourner la conversation sans ménagement.

La princesse vit dans le sourire contrit de son amie qu'elle devait éviter de poursuivre son débat et elle accepta de changer de sujet.

Plusieurs politiciens parurent déçus de cette fin anticipée des hostilités, mais comme Athrun lui aussi comprit le message, il se chargea de laisser ses griefs de cotés et d'entretenir ses invités sur des sujets plus légers. Puis après avoir calmer les esprits, il se remit à discutter plus librement de son coté.

Il ignora Cagalli pour le reste de la soirée, jusqu'à ce qu'il l'entende rire et plaisanter avec un jeune homme de son âge. Il ne savait pas de qui il s'agissait, mais à la nature de leurs propos, il était clair qu'ils devaient bien se connaître, et s'ils n'étaient pas intimes, ils n'allaient pas tarder à le devenir.

Ne pas céder aux avances de son exétait une chose, mais la regarder flirter avec un autre, c'était plus qu'il ne pouvait le supporter.

Sans un mot, il finit par quitter la salle de conférence et se retira, à l'abri dans une dans un des bureaux mis à la disposition des chefs d'état.

-oOo-

« Je peux savoir ce qui t'as pris ? » Cagalli claqua la porte en rentrant dans le bureau, les joues rouges et les yeux plus brillants que jamais. Elle ignora totalement le regard suppliants de Lacus, qui, tout comme Kira et Yzak, essayait de comprendre la réaction d'Athrun.

Sa dispute avec la représentante d'Orb en plein milieu de cette réunion allait être rapportée par les médias et tout le monde découvrirait les tensions existantes entre la nation neutre la plus connue au monde et les colonies. C'était très mauvais.

Plusieurs groupes risquaient de s'infiltrer dans la brèche qu'il venait d'ouvrir et les conséquences pouvaient être désastreuses s'ils ne réparaient pas rapidement les dégâts.

C'était ce que l'ancienne présidente répétait à Athrun depuis un bon quart d'heure déjà mais la princesse s'en moquait.

Elle avait parfaitement compris que le problème n'était pas politique.

Seulement elle n'avait aucune envie de disserter de sa relation avec le président intérimaire devant un public, aussi restrint soit-il.

Quand Kira proposa d'organiser une conférence de presse pour éviter les allégations et rassurer le public, Cagalli grogna, visiblement peu enthousiaste.

Yzak rajouta son grain de sel, insistant sur l'intérêt de communiquer avec les journalistes et il finit par convaicnre Athrun, qui suggéra de faire une interview commune avec les dirigeants des quotidients les plus importants.

Mais une fois encore la représentante d'Orb n'était pas satisfaite.

Lacus lui demanda gentiment ce qui l'ennuyait et elle baissa les yeux, disant simplement qu'elle n'avait pas confiance dans les services de presse.

« Pourtant ils te sont plutôt favorables. Dans tous les journaux on s'extasie sur les grands mérites de la princesse d'Ambre ! Je ne sais pas comment tu te débrouilles, mais ils ne tarissent pas d'éloge à ton sujet. » Athrun qui avait évité de la regarder depuis qu'elle était rentrée retrouvait d'un coup sa capacité à lui faire face.

Cagalli le dévisagea, visiblement furieuse.

« Non mais tu te fous de moi ?! Je ne peux pas faire un pas sans avoir une armée de photographes à mes trousses, alors je voudrais bien savoir comment je pourrais les supporter ! »

Puis voyant qu'il ne comprenait pas, elle se retournait vers son frère et Yzak pour les prendre à témoins.

« Demandez à Dearka ! Lui-même à bien vu hier le troupeau de paparazzi qui campait au pied de l'hotel... C'est un cauchemare ! Je passe mon temps à les éviter pour ne pas relancer la polémique et maintenant parce que monsieur le président de Plants n'est pas capable de mesurer ses propos en public, je dois massacrer des mois de travail ! C'est pas croyable ! »

Athrun voulut rétorquer mais Lacus lui coupa la parole.

« De quoi est-ce que tu parles ? Quel travail ? La presse a toujours été à l'affut des personnalités publiques, ce n'est pas nouveau... » Elle parlait d'une vois douce et apaisante et Cagalli s'en voulut de s'être emportée de cette façon.

Ce conflit n'était qu'entre elle et son ex-fiancé, ça ne les concernait pas. Et ça ne concernait pas non plus le reste du monde ni les avancées pacifistes entre la Terre et les colonies.

La princesse soupira et commença à faire les cents pas.

« Pour avoir la paix, j'ai entamé un boycott complet de la presse. J'ai un porte-parole officiel qui se charge de communiquer à chaque fois que c'est nécessaire, mais je ne réponds plus à une seule question. Et je n'ai pas l'intention de changer de méthode pour un petit dérapage insignifiant de la part de monsieur. »

Elle désigna Athrun d'un geste vague de la main, en évitant soigneusement de le regarder.

Lacus fut surpris par cette révalation, comme les autres dans le bureau. Seul Kira comprit.

Comme il avait eu le temps de lire les rapports fournis par ses équipes de renseignements, il avait vu le genre d'article qui était publié et il comprenait le choix de sa soeur. En revanche, il ne savait pas le pourquoi de ces scandales de pacotilles. Mais il sentait que ce n'était pas le moment d'aborder el sujet, alors il préféra le garder pour plus tard, quand il serait seul avec elle.

Lacus demanda alors à la princesse d'une voix extrêmement calme : « Et tu comptes faire quoi alors ? » Elle ne voulait surtout paraître alarmiste, mais elle avait suffisamment d'expérience de la politique pour savoir combien il était important de régler cette histoire rapidement. Surtout si la presse en avait après la représentante.

Les journalistes profiteraient de ce faux pas pour l'enfoncer.

Sur Terre, elle était respectée et appréciée, mais dans les colonies, elle était vue comme trop puissante. Et un conflit avec Athrun ne ferait que renforcer tous les opposants aux nations neutres et à Orb en tête.

Cagalli prit une profonde inspiration et répondit froidement : « Ce que je fais toujours. Un communiqué pour démentir toute tension entre Plants et Orb. Et s'il le faut, on s'affichera côte à côte, un sourire radieux aux lèvres jusqu'à la fin de la conférence. »

« Et tu crois que ça va suffir ? » Kira était loin d'être convaincu. En plus, vu la tension entre Athrun et elle, il était peu probable qu'ils réussissent à garder leur calme.

« En plus, je n'ai aucune envie de rester derrière toi pendant deux jours. » La remarque d'Athrun lui valut un regard assassin de tout le monde, mais la princesse ne se laissa pas démonter pour autant.

« Je te rassure, moi non plus. Mais il aurait fallut y penser avant de faire un esclandre en public. »

« Si tu évitais de tenir des propos incohérents et stupides, alors je n'aurai pas à intervenir. A croire qu'une fois encore tu avais trop bu. Ou alors tu cherchais à te rendre intéressante pour ne pas finir ta soirée toute seule... »

Le ton montait et Yzak profita de l'occasion pour suggérer de laisser les deux tourtereaux seuls pour régler leurs comptes. Le conflit ne les regardait plus maintenant, le sujet n'était plus politique.

Lacus approuva et elle suivit le blond vers la sortie, mais Kira hésita.

Il essaya de les ramener à la raison tous les deux en leur rapplant leur fonction respective et qu'ils devaient se contenir au moins en public, pour les apparences.

D'un coup, Cagalli se retourna vers son frère et lui décocha un regard furieux.

« C'est ça, on va rester collés l'un à l'autre et rire ensemble pour alimenter encore plus les tabloids ! Comme s'il n'y avait pas assez de toi et tes copains, pour vouloir nous mettre dans le même lit ! »

Kira ouvrir la bouche pour répondre mais aucun mot ne sortit.

Athrun en profita pour rétorquer froidement : « Je n'ai aucune envie d'être un numéro parmi la liste intermnable des amants d'un soir de la princesse d'Ambre, merci bien ! »

Il détestait cette idée, et lui aussi, il adressa un coup d'oeil lourd de sous-entendus à son ami. Il avait bien compris la veille que Dearka n'avait pas amené Cagalli par hasard. Et le fait qu'il lui pose autant de questions sur sa nuit avec la jeune femme lui avait confirmé son intuition.

Tous leurs amis voulaient les réunir. Ils ne comprenaient pas qu'elle ne souhaitait pas de relation sérieuse, pas plus avec lui qu'avec un autre. Et même s'il avait certainement envie d'elle, il n'accepterait d'être pris pour un jouet.

Il fut tiré de ses pensées sombres par la princesse elle-même qui le fusilla de ses yeux dorés, brillants de colère contenue et elle lui sortit d'un ton glacial : « Ca, on l'avait tous compris ! Ne t'inquiète pour ta réputation. Ta petite amie peut dormir tranquille. Je n'ai pas l'intention de faire vivre ce genre d'humiliation à qui que ce soit, je suis bien placée pour savoir combien c'est dégradant. »

Kira et Athrun furent surpris par cette remarque et ensemble, ils demandèrent : « Quelle petite amie ? »

Le pilote s'adressait au président, alors que celui-ci dévisageait Cagalli, et tentait de comprendre pourquoi sa colère s'était transformé en déception. Et pourquoi sous-entendait-elle qu'elle avait été celle qui était trompée ? Jamais il ne l'avait trahie. Au contraire. Et elle n'avait eu aucune liaison sérieuse depuis la fin de la guerre.

Athrun ne comprenait vraiment pas, mais plutôt que de l'interroger, il se tourna vers Kira à la recherche d'une réponse qui ne venait pas.

Celui-ci lui redemanda s'il avait quelqu'un dans sa vie et Athrun haussa les épaules en secouant la tête. Il n'avait aucune idée de ce qu'elle avait voulu dire.

Réalisant soudain sa méprise, Cagalli sentit un poids immense s'enfoncer sur sa poitrine. Elle aurait dû être soulagée d'apprendre qu'il était seul, mais en réalité, ça ne faisait que la blesser d'avantage. Il n'avait donc aucune raison de l'avoir rejetée. Sauf si... Elle se sentit humiliée et finit par s'asseoir lourdement sur une des chaises, sauf s'occuper des deux hommes de la pièce.

Kira les regarda à tour de rôle et réalisa qu'il y avait encore de gros malentendus entre eux. Il leur suggéra de discuter calmement et de rédiger leur communiquer pour éviter les mauvaises surprises le lendemain. Puis il prit congé rapidement pour rejoindre Lacus et lui faire part de son analyse de la situation.

-oOo-

Dès que la porte se referma sur son frère, Cagalli leva les yeux vers Athrun, toujours perplexe devant l'attitude de la jeune femme. Elle détourna le regard et murmura simplement :

« Alors c'est juste moi... Je te dégoute à ce point ? » Sa voix portait toujours les traces de sa colère, mais il y avait aussi une émotion bien différente qui mit Athrun mal à l'aise. Une sorte d'amertume teintée de frustration.

Il eut du mal à répondre, mais après plusieurs tentatives infructueuses pour retrouver l'usage de la parole il réussit à lui demander : « Mais de quoi est-ce que tu parles ? »

Cagalli détourna la tête et soupira.

« Rien, laisse tomber. Je préfère ne pas savoir. De toute façon, c'était une mauvaise idée, donc c'est mieux comme ça... »

Athrun se planta en face d'elle, mécontant. Il ne comprenait rien à son verbiage et il détestait cela. Elle lui reprochait son comportement, c'était évident, mais il ne voyait pas à quoi elle faisait allusion.

Il n'avait pas cherché à être désagréable avec elle, donc elle n'avait aucun droit de lui en vouloir. Bon, ce n'était pas exact, il avait été odieux un peu plus tôt quand elle flirtait avec ces types, mais il sentait que ce n'était pas de cela qu'elle l'accusait. Il y avait autre chose.

Quand elle se reprit et proposa de suivre les conseils de Kira et de rédiger leur communiqué, Athrun se renfrogna. Il n'était pas aveugle, il y avait un problème et il aimait autant mettre les choses au clair pour éviter les prochains malentendus.

« Il n'y a pas grand chose à dire. Suite à une divergence d'opinion, nous avons eu des échanges quelques peu houleux qui nous ont permis de découvrir la vision des choses de chacun et de comprendre que notre point de vue n'était pas unique. Malgré quelques phrases une peu fortes, ce désaccord nous a offert à chacun la possibilté de découvrir un nouvel angle d'approche et donc de mieux appréhender nos différences. N'est-ce pas ainsi que nous pourrons tous ensemble marcher vers la paix, en apprenant à nous parler, même si nous ne sommes pas toujours du même avis ? »

Cagalli le regarda avec de grands yeux. Comment avait-il pu pondre une réplique pareille en si peu de temps ? C'était à la fois pitoyable et efficace. Un cliché qui ne laissait place à aucun doute, le genre de discours qui plairait à la presse sans les contraindre en aucune façon. A croire qu'il avait une grande expérience pour rédiger des démentis. Avait-il souvent eu des choses à cacher ? Mais avant qu'elle ne puisse l'interroger, il repartait de plus belle : « Et maintenant, je peux savoir quel est ton problème ? »

La princesse sortit immédiatement de sa transe et l'amertume remplaça la surprise sur son visage.

« Mon problème ? Parce que maintenant, c'est moi qui ai un problème ? Tu m'agresses en plein milieu d'une discussion sans intérêt avec un crétin de l'Alliance qui n'attend rien de mieux que de me voir dire du mal des Coordinateurs, et c'est moi qui ai un problème ? Non mais tu te fous de moi ? »

Athrun fut dérouté par sa réponse, mais sans réfléchir, il lui sortit : « T'avais pas l'air de le trouver particulièrement désagréable ce type vu comme tu papillonnais devant lui...Ou alors c'est ta méthode pour les convaincre, tu les mets dans ton lit ? »

Cagalli sentit son sang bouillir. Pourquoi fallait-il qu'il remette toujours sur le tapis sa vie privée ! Comme si ce n'était pas suffisant qu'il l'ait jetée la veille, il fallait en plus qu'il insiste !

« Je n'essayais rien du tout, à part d'avoir la paix ! Et très franchement, je doute de l'obtenir de cette façon... »

A nouveau Athrun fut surpris de voir cette lueur particulière dans ses yeux, comme une immense détresse. Mais il n'y prêta pas attention et poursuivit avec la même verve agressive.

« Et bien, tu peux toujours essayer, ça calmera peut-être les esprits ! » il croisa les bras et attentit sa répartie, mais au lieu d'une réponse singlante, il la vit baisser la tête, et respirer rapidement, comme si elle voulait se calmer.

Il ne pouvait pas suggérer ce qu'elle croyait, pas maintenant, pas après ce qu'il s'était passé la nuit précédente. Elle devait en avoir le coeur net.

Soudain, elle planta ses prunelles dorés dans ses yeux de jade et avec une fureur contenue elle répliqua : « Bien sûr Athrun, c'est une très bonne idée. Sauf que le seul avec lequel j'ai un vrai désaccord a été très clair sur le fait qu'il n'avait absolument pas l'intention de me toucher, donc je doute d'arriver à grand chose en suivant tes conseils. A moins que j'ai compris un élément de travers. »

Il sentit sa respiration se bloquer. Alors c'était comme ça, elle avouait être prête à coucher pour obtenir ce qu'elle voulait. Il était sous le choc. Certes, il savait qu'elle n'était pas farouche, il avait eu assez d'echos de ses divers amants, et entendus assez d'émissaires raconter leurs escapades avec la princesse d'Orb qui ne portait pas son titre de lionne pour rien pour le savoir, mais de l'entendre de sa bouche, après l'avoir vue se jeter sur lui sans même le reconnaître vraiment, c'était douloureux.

Cette fois, il mit de coté ses résoltions de la traiter comme une étrangère et ne put s'empêcher de demander : « Et je peux savoir de qui il s'agit ? »

Il restait bloqué dans ses yeux, comme pour chercher un signe de faiblesse mais il n'y trouva que de la défiance quand elle lui répondit : « Le président intérimaire des Plants, Athrun Zala. »

Il relacha sa respiration, alors qu'il n'avait même pas conscience de l'avoir retenue et la dévisagea. D'un coup, elle affichait un sourire carnassier, le mettant au défi de continuer ce débat stéril. Et comme il restait silencieux, elle finit par se relever et se dirigea vers une des fenêtres du bureau pour regarder le paysage nocturne autour du batiment.

Elle frissonna, mais pas à cause du froid ou de sa tenue plutôt décolleté, mais bien parce qu'elle se sentait humilée et battue. D'une voix plus douce, elle murmura, plus pour elle-même que pour lui : « J'ai bien compris que je ne t'intéressais pas de cette façon, alors il va falloir trouver un autre moyen de résoudre nos désaccords... »

Cagalli appuya son front sur la vitre, et ferma les yeux, essayant de calmer les battements anrchiques de son coeur.

Pourquoi fallait-il qu'elle ressente autant d'émotions en sa présence ? Elle aurait dû être capable de tourner la page et de ne plus se soucier de lui. Elle était chef d'Etat, sa place et son rang l'obligeait à se maitriser, et pourtant, le simple fait de le savoir dans la même pièce qu'elle rendait ses jambes molles, son estomac se nouait, son pouls devenait frénétique, et son ventre douloureusement vide... Sans parler de ce désir qui lui brulait la peau, réveillant chacun de ses nerfs qui palpitaient en anticipation de ce qui ne risquait pas d'arriver.

Elle se massa la nuque et joua avec les mèches qui lui tombaient dans le cou, sans se rendre compte que ses doigts se prenaient dans le noeud qui retenait sa robe.

Athrun, lui ne manquait rien de ses gestes. Il était fasciné. Le mouvement des ses épaules alors qu'elle perdait sa main dans les boucles blondes, et le jeu du satin dans son dos quand elle entrotillait son index autour du ruban qui lui entourait le cou... Il n'y avait presque rien à faire pour l'avoir à lui, c'était tellement facile...

Ses mots le hantaient et sans réfléchir, il la rejoingit devant la fenêtre et il ne résista pas à son envie de tirer sur le morceau de tissu qui dépassait entre ses omoplates, tout en sachant pertinemment quelle en serait la conséquence.

Cagalli se retourna, surprise de sentir une présence derrière elle. Elle voulut demander à Athrun ce qu'il faisait, mais elle sentit rapidement le haut de sa robe glisser.

« Qu'est-ce que… »

Les mots se perdirent dans sa gorge quand il posa ses lèvres sur les siennes. Son baiser était loin d'être tendre ou amoureux. Il était plutôt brusque et agressif, mais c'était tout aussi efficace dans le cas présent.

Il n'aurait jamais dû céder à cette tentation, mais il était incapable de lui résister. Tant pis s'il en souffrait plus tard. Il avait envie d'elle et elle était prête à s'offrir pour le simple motif de le convaincre, alors c'était idiot de ne pas en profiter.

Elle avait été claire, non ? Tout ce qu'elle voulait c'était qu'ils soient d'accord. Et bien, il était prêt à écouter ses arguments et respecter ses opinion naïves et utopistes.

Du moment qu'il pouvait la posséder.

Il enroula un bras autour de ses hanches, la plaquant contre entre lui et la fenêtre, et il utilisa sa main libre pour aider le satin à glisser le long de son ventre, effleurant au passage ses seins et ses flancs.

Il quitta sa bouche pour se diriger vers son cou, mordillant et léchant sa peau avec avidité.

Cagalli le laissait faire sans réagir. Elle était sous le choc, trop surprise par son comportement pour bouger et surtout trop submergée par les émotions pour avoir ne serait-ce que l'idée de le repousser.

Elle pencha un peu la tête sur le coté quand il remonta le long de sa jugulaire et agrippa sa chemise au moment où sa main frôlait sa poitrine.

Elle n'avait aucune idée de ce qui le poussait à agir de la sorte, mais elle n'avait aucune envie d'y réfléchir pour l'instant. Tout ce qu'elle arrivait à faire c'était murmurer inlassablement son prénom, l'encourageant à poursuivre. Elle ferma les yeux et préféra se concentrer uniquement sur le flots de sensations qu'il éveillait en elle plutôt que d'essayer de comprendre ses motivations.

C'était parfaitement irresponsable, ils étaient dans un lieu public, et c'était parfaitement déplacé, ils étaient supposé rédiger un communiqué, mais tout cela ne faisait que rendre l'acte plus délicieux. Ce goût d'interdit leur brûlait la peau à chaque caresse et faisait battre leur cœur un peu plus fort.

Athrun inhala longuement son parfum, derrirèe sa nuque, à la racine de ses cheveux et il resserra encore un plus son étreinte, la pressant contre lui comme un drogué en manque. Il se nourrissait d'elle, incapable de quitter son cou et ses seins.

Ses mains semblaient aimantées à sa poitrine, massant la chair délicate du bout des doigts pendant que ses lèvres restaient accrochées à sa gorge. Ses gémissements et ses soupirs ne faisaient rien pour le calmer, au contraire. Il descendit lentement vers sa clavicule, laissant la marque de ses dents sur son trajet, et il n'adoucit ses gestes que quand sa bouche sur referma délicatement sur la pointe de son sein.

Cagalli étouffa un cri en se mordant l'intérieur de la joue et bascula sa tête un peu plus contre la vitre.

Elle perdait pied sous ses assauts et avait même du mal à tenir encore debout.

Pourquoi fallait-il qu'il soit aussi doué ? Il savait parfaitement où aller pour la rendre folle en quelques secondes et il ne s'en privait pas. La seule chose qu'elle pouvait faire était de lui rendre la pareille. Elle commença à défaire sa cravatte et déboutonner sa chemise, cherchant elle aussi le contact direct de sa peau sous ses doigts.

Quand il la sentit le déshabiller, il se redressa un peu et reprit ses lèvres. Cette fois, son baiser fut moins violent mais tout aussi affamé. Son désir s'exprimait clairement dans chacun de ses gestes et Cagalli en était de plus en plus surprise.

Pendant qu'il bataillait pour lui retirer complètement sa robe, elle réussit à lui demander pourquoi il avait changer d'avis, mais il ne semblait l'entendre. C'était la seule phrase cohérente qu'elle arrivait à formuler mais il ne l'écoutait pas.

Il lui embrassa la joue et se dirigea lentement vers son oreille où il murmura : « J'ai envie de toi. » sur un ton qui ne laissait place à aucun doute.

La princesse sentit ses genoux faiblir au son de sa voix et elle était sur le point de confirmer qu'il n'était pas seul dans ce cas quand un éclair derrière elle attira son attention.

Elle connaissait ce gene de flash lumineux et ce n'était pas bon signe.

Rapidement, elle se retourna vers la fenêtre et découvrit avec horreur qu'un photographe avait son appareil braqué sur eux.

Cagalli jura, et d'un coup, elle retrouva ses esprits.

« On ne peut pas faire ça ici... »

Mais Athrun n'était plus en état de s'arrêter pour si peu. Il se moquait parfaitement qu'il y ait des témoins. Le monde entier pouvait savoir, ce n'était pas son problème. En plus, ça calmerait les rumeurs sur leur dispute.

Il l'attira un peu contre le mur pour éviter de se donner en spectacle, mais ce n'était pas suffisant pour la rassurer. Il avait beau l'embrasser, elle se débattait et répétait encore et toujours qu'elle devait parler à ce journaliste.

Athrun finit par la dévisager, furieux de son obsession pour un simple photographe et demanda durement : « Mais quel est le problème ? Il n'a rien pu voir de compromettant... » Il pouvait accepter sa pudeur, imaginant que la seule chose qui la genait était que la photo la présente un peu trop dénudée, mais de là où il était, le paparazzi n'avait pu voir que son dos, nu certes, mais c'était la coupe de sa robe qui le voulait. Il n'y avait aucun moyen depuis l'extérieur de savoir qu'il en avait défait le haut.

Il vit Cagalli attraper les pants de son bustier et renouer le tout à la va vite.

Athrun resta silencieux pendant qu'elle s'acharnait à se rhabiller, incapable de bouger. Ce n'était pas normal qu'elle se comporte ainsi. Elle n'était pas aussi farouche avec les autres. Cette idée réveilla sa colère et quand elle s'excusa de devoir mettre un terme à leur escapade, il s'emporta.

« Si tu as peur pour ma réputation, je suis touché mais je devrais survivre à ça ! »

Elle le dévisagea, visiblement surprise par sa sortie et elle bredouilla quelques mots pour se justifier. Pas une seconde elle n'avait pensé aux dégâts sur sa propre carrière. Tout ce qu'elle avait en tête c'était son pays et les conséquences si jamais les émirs découvraient qu'elle avait une liaison.

Elle voulut lui expliquer, et lui dire que ce n'était pas par rapport à sa position, mais bien à la sienne, sauf qu'il lui fit froidement remarquer : « Les autres fois, ça ne t'a pas gênée que je sache. »

Cagalli baissa la tête, et rougissant elle répondit : « Oui, mais la situation était différente. Ma position n'était pas encore vraiment officielle et je... »

C'était difficile de lui avouer maintenant. Elle avait trahi les lois d'Orb pour être avec lui. Jamais elle ne lui avait révélé la vérité, puisque la situation était particulière. Elle avait un fiancé qui serait obligé de l'accepter et qui de toute façon était trop bête pour se rendre compte qu'elle n'était plus vierge.

Aucun des émirs n'avait su qu'elle entrenait une relation de cet ordre avec son garde du corps. Si tel était le cas, elle aurait été évincée. Elle était sur le point de lui expliqué quand elle comprit qu'il ne parlait pas de leurs autres fois ensemble.

Il faisait allusion à d'autres.

« C'est parce qu'ils avaient quelque chose à t'offrir, pour les convaincre d'un accord spécifique, c'est ça ? »

Tout se remit en place d'un seul coup. Cagalli comprit enfin ce qu'il avait en tête. C'était pour cela ses réflexions douteuses et ses remarques acerbes. C'était aussi pour cela qu'il s'était jeté sur elle. Il prenait ce qu'il croyait qu'elle offrait au premier venu, en compensation de son communiqué et de ses 'excuses officielles'. Il n'avait pasdesentiments, pas même de réellement attirance. Ce n'était qu'un échange de bons procédés.

Le coup partit avant même qu'elle ne réalise ce qu'elle faisait.

Heureusement pour Athrun, il avait encore ses réflexes de pilote, sinon, l'impact l'aurait surement mis KO. Il esquiva partiellement son crochet droit et se prit simplement son poing sur le coté de la joue avant de la voir sortir en trombe de la pièce en le traitant de parfait salaud.

Les jurons la suivirent pendant un moment et il resta en plan dans le cabinet jusqu'à ce qu'il se retrouve pris à la gorge par Kira qui n'était pas loin derrière la porte et qui visiblement n'avait pas apprécié l'état dans lequel sa jumelle venait de sortir.

-oOo-

L'incident diplomatique allait être difficile à éviter maintenant et Cagalli ne le savait que trop bien. Dès qu'elle réussit à trouver son attaché de presse, elle l'informa de la situation. Bien sûr, elle ne lui parla pas de l'incident avec Athrun, elle se contenta de lui raconter qu'elle avait été prise en photo avec le président intérimaire alors qu'ils essayaient de régler leur différend.

L'assistant n'avait pas besoin d'en savoir plus pour comprendre la gravité de l'affaire. La presse ne devait surtout pas être informée de quelconque divergence entre Plant et Orb, en particulier maintenant que la nouvelle de leur accrochage s'était répandue. Pour l'instant personne ne semblait avoir ressorti le passé des protagonistes, mais les conseillers de la princesse savaient tous que la jeune femme connaissait personnellement les dirigeants des colonies.

Ce n'était pas un secret à Orb que Cagalli était la soeur jumelle de Kira, le fiancé de Lacus, et dans les cercles proches de la princesse, tout le monde était au courant de son amitié avec Athrun. Seulement ces informations n'avaient pas été ébruitées après la deuxième guerre, pour éviter de créer des tensions inutiles avec les pays de l'alliance terrestre.

Orb aurait été jugée d'office l'alliée de ZAFT à cause des relations privées de la souveraine avec les dirigeants des colonies.

Mais maintenant tous ces secrets commençaient à poser problème.

Les tensions entre Orb et Plants relevaient bien plus du domaine personnel que politique et comme il était clair qu'aucun des deux partis n'arrivait à dissocier son devoir de ses sentiments, il allait falloir étouffer l'affaire avant qu'elle ne prenne des proportions gigantesques.

Le service de protection de Cagalli fut immédiatement envoyé à la recherche du photographe et la princesse offrit de racheter la pellicule elle-même si cela pouvait éviter un scandale.

Heureusement pour elle, personne ne chercha à savoir ce qu'il y avait vraiment de compromettant sur la photo, si bien qu'elle put éviter de leur avouer ce qu'il s'était réellement passé.

Cagalli soupira et fit signe à son attaché de presse de lui trouver une voiture. Elle voulait rentrer à son hotel et se reposer. La journée avait été très longue depuis son réveil dans l'appartement d'Athrun. Difficile de croire qu'elle n'était arrivée que la veille à Aprillius tant les évènements s'étaient enchainés.

La princesse attendait dans le hall de l'immeuble, les yeux rivés sur l'entrée pour ne pas rater l'arrivée de son chauffeur. Elle voulait oublier cette horrible soirée et se concentrer sur les deux jours qu'il lui restait à passer ici. Elle s'était juré de ne plus se laisser emporter et de garder sa stature de souveraine et pourtant, dès qu'elle était avec Athrun, elle redevenait l'adolescente amoureuse et blessée qu'elle était des années plus tôt. A peine levait-il les yeux sur elle qu'elle avait envie de lui sauter au cou. Pour l'embrasser ou l'étrangler elle ne savait plus. Sans doute les deux.

Pourquoi fallait-il qu'il la traite de cette façon ? S'il ne ressentait plus rien pour elle, quel intérêt avait-il à la provoquer ?

C'était lui qui s'était jeté sur elle ce soir, et pas la contraire ! Il devait bien éprouver quelque chose !

Mais si tel était le cas, comment pouvait-il suggérer qu'elle soit tombée si bas ? C'était incompréhensible !

Il savait bien qu'elle n'avait eu que lui, non ? Certes, il lui arrivait de flirter avec des diplomates lors de diners officiels mais ça n'allait jamais au-delà de quelques plaisanteries et un sourire charmeur. Comme elle l'avait fait avec l'autre imbécile un peu plus tôt. Ce n'était pas bien méchant. Il n'y avait pas de quoi être jaloux.

D'un coup, Cagalli se reprit. Athrun n'était pas jaloux, il se moquait d'elle et rien de plus.

« Je n'en serai pas si sûre à ta place. »

La voix de Lacus derrière elle la fit sursauter et Cagalli ne put que se sentir rougir d'avoir été entendue. Elle n'imaginait pas qu'elle avait révélé son raisonnement en parlant, mais apparemment, elle se trompait.

Lacus lui prit la main et plantant ses grands yeux bleus dans le regard d'ambre de la princesse, elle lui dit en souriant : « Tu n'as pas idée de combien il tient à toi. Et il n'en a pas idée lui-même, mais c'est une évidence pour moi. »

Cagalli bredouilla en détournant la tête, mais Lacus ne se laissa pas démonter.

« Vous êtes trop orgueilleux l'un et l'autre pour accepter la vérité. Mais il faudra bien que vous vous décidiez à vous paler. Une bonne fois pour toute. Sinon, toute cette conférence va se transformer en pugilat. Et je ne peux pas le permettre, même pour vous. »

Avec sa voix douce et posée, Lacus expliqua qu'elle se chargeait de régler les problèmes avec la presse et qu'elle ferait passer le communiqué concernant le désaccord qu'ils avaient eu dans la soirée, mais pour le reste, il faudrait qu'ils se contiennent. Ils n'avaient pas à rester collés ensemble ni même à être toujours du même avis, simplement ils devaient se maitriser. Elle ne posa aucune question sur la sortie de Cagalli, ni sur la raison qui l'avait poussée à gifler Athrun. Elle se contenta de l'assurer de son soutien et son aide si jamais elle en avait besoin, aussi bien sur le plan personnel que professionnel.

Cagalli baissa les yeux et remercia son amie, incapable de lui expliquer le dilemme auquel elle faisait face dans ses rapports avec Athrun.

Mais Lacus comprenait très bien. Sans connaître les lois ou les exigences du conseil d'Orb, elle imaginait facilement les conséquences diplomatiques si jamais on apprenait que le président des Plants et la souveraine d'un pays neutre entretenait une liaison.

Kira lui avait parlé des rumeurs dont sa soeur était victime et elle devinait sans problème la détresse de son amie. Quand Athrun avait parlé d'un paparazzi qui les surpris à travers la fenêtre, il n'avait pas eu besoin de révéler ce qu'il faisait pour que Lacus saisisse l'ampleur du problème. Même un geste innocent comme tenir Cagalli dans ses bras suffirait à déclencher une tempête médiatique sur les épaules de la princesse.

Elle insista donc une fois de plus pour faire comprendre à son amie qu'elle se débrouillerait avec les journalistes pour éviter tout scandale, mais en échange, elle attendait de sa part le plus grand professionnaliste pour la suite de la conférence.

Avec un sourire entendu, Lacus accompagna Cagalli à sa voiture, et avant de fermer la portière, elle lui conseilla de dormir, en lui rappelant que la nuit portait conseil.

Il était temps d'arrêter de prendre des chemins détournés pour arriver aux résultats voulus.

Puisque ni Cagalli ni Athrun n'était près à faire le premier pas, il allait falloir le faire pour eux et le plus tôt serait le mieux, histoire de calmer le jeu et d'éviter que la politique ne les sépare à nouveau.

Lacus repartit vers le bureau où elle avait laissé Kira en tête à tête avec son ami pour mettre en place la deuxième partie du plan.

Ca fait longtemps que vous l'attendiez, et en plus, j'ai pas pris la peine de vraiment le relire, donc il y a sûrement des fautes ici et là. Un jour, j'aurai un correcteur orthographique... enfin, j'ai pas eu de plainte, donc soit ça n'interresse personne, soit vous avez l'habitude de ma lenteur.
Si tout va bien, le chapitre 3 sera le dernier. Donc patience, il n'y a plus pour très longtemps !