Chapitre deux - Bienvenue dans la jungle
Lorsque je me réveillai enfin, on me raconta que j'étais restée inconsciente pendant près d'une semaine. Je ne fus pas très surprise, car, alors que mes yeux s'ouvraient peu à peu et s'accoutumaient à la lumière des néons, j'avais l'impression de nager dans un océan de coton duveteux. J'étais carrément dans les vapes. Je mettais ça sur le compte de mon état comateux et de la morphine qu'ils m'avaient certainement administrée. J'avais le vague souvenir d'avoir failli mourir, mais je ne me rappelais plus précisément pourquoi et comment. Une jeune et jolie infirmière s'approcha de moi pour changer mes bandages et alors qu'elle allait partir, je l'interpellai d'une voix douce :
« Excusez-moi...
– Oui, mademoiselle ?
– Pouvez-vous, s'il vous plaît, me dire ce que je fais ici ?
– On vous a tiré dessus, mademoiselle. À la jambe gauche. C'est pour ça que vous avez la jambe toute enveloppée comme ça.
– Vraiment ? Je-je ne comprends pas bien comment c'est arrivé... Je viens d'arriver ici, pourquoi quelqu'un me voudrait du mal ?
– Vous avez simplement eu un coup de malchance, mademoiselle. Vous étiez au mauvais endroit au mauvais moment. Deux hommes, deux voyous plutôt, se battaient et l'un s'apprêtait à tuer l'autre quand ils vous ont vue. Celui qui tenait l'arme vous aurait tuée si l'autre gars ne l'avait pas poussé. Il vous a sauvé la vie, d'une certaine façon. Vous connaissez la suite, on vous a ramenée à l'hôpital pour vous soigner. Nina (je supposai que c'était l'ambulancière que j'avais aperçue dans l'ambulance) m'a dit qu'ils vous avaient presque perdue, que s'ils étaient arrivés quelques minutes plus tard, c'en était fini de vous... »
Ses révélations me donnèrent la chair de poule. Avoir frôlé la mort de si près et si tôt... L'infirmière remarqua mon trouble, car elle s'interrompit et s'excusa, d'une voix penaude :
« Je suis désolée, mademoiselle... J'ai trop parlé, je crois. On m'dit souvent que je n'ai pas de talc... C'est talc, c'est comme ça qu'on dit ça, pas vrai ? Vous savez, comme le truc qu'on met sur les fesses des bébés ? Enfin, j'ai toujours trouvé ça bizarre, ce mot-là...
– Euh... On dit avoir du tact. » ajoutai-je d'une voix plutôt faible.
L'infirmière eut une expression de surprise digne d'une oie blanche de manga, la bouche ouverte en un « o » parfait.
« Oh, vraiment ? Je suis tellement bête parfois ! »
Elle me fit alors entendre son rire, un son cristallin et ravissant. Je lui souris en retour, trop fatiguée pour en faire plus. La jeune femme continua de s'occuper de moi en jacassant telle une pie des rumeurs – vraies ou fausses, ce n'était pas important à ses yeux – courant dans le dédale des couloirs de l'hôpital.
Je passai encore deux mois dans cet endroit. J'étais partie en Californie pour trouver mon vrai chez-soi et voilà à quoi il ressemblait ! C'était assez triste, à bien y penser. Ma nouvelle maison sentait l'antiseptique, le médicament, le sang, la maladie. La mort, aussi. Elle respirait la neutralité et l'indifférence. Cependant, j'essayais de trouver du positif dans ce malheureux contretemps pour ne pas trop m'apitoyer sur mon sort. Si l'on y réfléchissait, j'étais ici, en Amérique, et pas au Japon chez ma mère. Et les gens, ou plutôt les employés, n'étaient pas si méchants. Ils me traitaient bien – même si c'était leur boulot de me faire sentir confortable. Et ils plaisantaient avec moi... parfois ! Sauf... Olof.
Oh Olof... Olof le suédois, l'homme fort, le nordique des plaines gelées, le fameux physiothérapeute. Une tonne de graisse, deux mètres de hauteur et pas une once de délicatesse. Il n'était pas foncièrement mauvais, mais il ne supportait aucune de mes jérémiades. Que ma jambe me fasse souffrir, que je ne me sente pas très bien, que je sois de mauvaise humeur... Il ne me passait rien. Il ne pouvait y être plus indifférent. Olof me forçait à tenter tous ses exercices inspirés de son expérience d'ancien homme fort dans son pays d'origine. Il me réprimandait constamment si mon corps refusait d'avancer et me lançait ce qui se voulait des encouragements, bien que prononcés d'une voix sèche, pour que je cesse de pleurer sur la douleur que je ressentais à chaque pas. Et pourtant, alors que je quittai l'hôpital, Olof me surprit. Il vint me voir et me donna sa carte d'affaires, minimaliste et froide, à son image. Il me souhaita aussi bonne chance dans son anglais au fort accent suédois.
La démarche encore un peu boiteuse, je sortis de la bâtisse, la feuille me donnant congé en main. Je regardai derrière moi, par-dessus mon épaule. Je quittais l'endroit qui m'avait recueillie momentanément et me retrouvais une nouvelle fois dehors, dans la fraîcheur du soir et avec la sensation d'être au milieu de nul part. Perdue, fascinée. Je repensai alors à ce passage de la chanson bien connue du groupe américain de hard rock, Guns N' Roses :
« You know where you are? You're in the jungle, baby! You're gonna die! »
La voix nasillarde du chanteur à la flamboyante chevelure hurlait sa morbide sentence dans mes oreilles. Pas étonnant que c'était cette chanson qui m'avait traversé l'esprit à ce moment-là et ces mots, précisément. C'était l'impression qui m'habitait lorsque je jetai un regard autour de moi. Tu sais où tu te trouves ? Tu es dans la jungle, bébé ! Tu vas mourir ! Je suis dans la jungle, une jungle immensément moderne et empestant le goudron des autoroutes. Oui, je vais mourir. Mourir symboliquement, mourir vraiment. Mourir cette fois, une nouvelle fois, pas la dernière, pour mieux renaître. Renaître de mes cendres, tel le phénix des légendes que me contait mon père tard le soir. Renaître de mes cendres, renaître des restes de la vieille Hinata. Renaître pour devenir une meilleure personne, renaître pour être la vraie moi, celle qui rendra Papa plus que fier. Renaître pour exister.
Je longeai lentement les rues et errai un long moment avant de remarquer une enseigne rose fluo. Un flamant rose, des palmiers l'entourant dans un étau rassurant, se tenait fier, droit. Il me narguait, voulait m'attirer à l'intérieur de son repère. Viens, viens, Hinata ! Je baissai le regard et lus : « Coffee House Pink Flamingo ». Un nom en accord avec son enseigne. Pas très original, mais ce n'était pas l'important. L'important était qu'au moment où mes yeux se posèrent sur la porte à double battant de l'endroit, mon ventre gargouilla bruyamment. Un Big Mac, du poisson, du porc, du bœuf, du poulet, de la salade, des frites, un sandwich, peu importe ! Quelque chose, au plus vite ! Mon estomac criait famine et souhaitait être récompensé de ses efforts pour avoir digéré la nourriture incomestible de l'hôpital. Je poussai la porte et entrai.
« Coffee House Pink Flamingo, bonsoir ! Que puis-je faire pour vous aider ? » prononce une voix monotone.
J'approchai du comptoir et souris à la caissière coiffée d'un béret rose ridicule. Elle me rendit un sourire crispé et leva les yeux au ciel.
« Qu'est-ce que vous voulez commander ?
– Je-je ne sais pas. Avez-vous quelque chose à me proposer ?
– Non.
– Euh...
– Pourquoi vous prenez pas un sandwich et un Americano comme tout le monde ? »
La caissière fit une bulle avec son chewing-gum qu'elle mâchait, mâchait et remâchait. Je me surpris à éprouver une sensation de joie à l'idée que cette chose intensément rose et à l'aspect caoutchouteux lui explose en plein visage. En voyant que je ne lui répondais pas, elle tapota furieusement du bout des doigts le comptoir.
« Oooooooooooooooooooooooooh putain une cliente ! Dément ! »
La blonde leva les yeux au plafond une nouvelle fois. C'était à croire que ses yeux allaient finir par rester coincés ainsi si elle continuait.
Quelqu'un sortit de la salle des employés à la vitesse de l'éclair et vint se poster tout près de moi. Je me retournai et aperçus un jeune homme, la vingtaine, comme moi, à peu près. Surprise, je manquai de pousser un petit cri lorsque je remarquai son accoutrement. Des cheveux teints en argenté, des yeux violets (des verres de contact, assurément) cerclés de khôl, une bouche peinturée de noir. Son teint était légèrement blafard aussi, il ne devait pas prendre le soleil souvent, même en demeurant en Californie. Il portait une longue chaîne au bout de laquelle pendait une grosse croix, des habits intégralement noirs et des ongles noirs également. Le stéréotype même du mec gothique.
La blonde l'interpella, lassée :
« Hidan, bon sang, le patron va être trop vénère s'il te voit comme ça ! C'est pas Halloween ! 'Faut que tu te changes ! C'est un café ici, pas un rassemblement de vampires. Tu devrais arrêter de t'habiller comme un croque-mort, c'est bon, c'est plus fashion là. »
Dis donc, elle a l'air vachement sympa cette fille ! pensai-je.
L'Hidan en question ne fit qu'hausser les épaules avant de riposter sur le même ton :
« Oh ma chère et tendre Mimi. Toujours aussi adorable. Tu sais, cette jupe met superbement en valeur les os de poulet qui te servent de jambes. Et cette frange ! Oh cette frange ! Dis, je peux savoir qui te coiffe, histoire d'avoir la même coupe ? Je trouve que ça m'irait aussi bien qu'à toi, ce petit look pouf, tu ne penses pas ? »
Mimi ouvrit et referma la bouche, incapable de répliquer. Oups !
« Bon, maintenant, arrête de faire chier et laisse-moi m'occuper de notre jolie cliente. Notre seule cliente depuis trois jours, je te ferais remarquer. »
Hidan se tourna vers moi et plongea son regard dans le mien. Il me demanda ce que je voulais prendre et je lui répondis timidement que je désirerais seulement avoir quelques biscuits et un verre de lait. Il me sourit, partit une minute chercher ce que j'avais commandé et, dès son retour, m'indiqua une table où m'asseoir. Je pris place et il s'assit sur la banquette, juste devant moi.
Je m'emparai de l'un des biscuits de l'assiette et entrepris de détacher chacune des pépites de chocolat avant de les manger une par une. Je déguste le meilleur en premier, ça a toujours été comme ça. Aussi bizarre que ça puisse paraître. Il y a de ces choses de l'enfance, de ces manies, que l'on traîne avec soi et qui ne changeront jamais. Je bus ensuite une grande gorgée de lait, sentis le liquide froid glisser le long de ma gorge. Les yeux d'Hidan étaient rivés sur moi, je rougis. J'essayais d'éviter par tous les moyens de croiser son regard. Oh ! Quelle belle assiette ! Oh ! Quel beau cadre de flamant rose, j'adore ! Oh et ce joli napperon... Bon sang, mais faites qu'il arrête de me regarder, je vous en prie !
Je continuai de déguster tant bien que mal ma collation nocturne. Je fis des miettes partout, cela en devenait embarrassant. Je finis mon verre de lait alors qu'il me souriait. Intimidée, j'osai lui répondre, bafouillant sur quelques mots :
« Qu-qu'est-ce qu'il-il y a ? »
Le sourire d'Hidan s'agrandit. Il se pencha en avant, retira un morceau d'essuie-tout du support calé sur le mur de gauche et me le tendit. Je le regardai sans comprendre alors il sortit un miroir de sa poche. Je l'ouvrai, les doigts hésitants, et aperçus mon reflet. J'avais ce qu'on appelle communément une « moustache de lait ». Horriblement grande. Horriblement gênante. Je m'essuyai rapidement pour enlever cette honteuse trace et éclatai de rire, bientôt rejointe par Hidan. C'était tellement ridicule comme situation !
Nos éclats de rire furent interrompus par la télévision qu'avait dû ouvrir Mimi pour couvrir nos voix. J'écoutai distraitement les différents journalistes parler du réchauffement climatique, du typhon à venir en Malaisie, de l'accouchement d'une jeune starlette, d'un accident mortel sur une autoroute dont je n'ai pas retenu le nom... Mon attention fut alors capturée par la nouvelle de l'arrestation d'un grand brun baraqué. La photo d'identité de l'homme fut affichée en gros plan. On put ensuite voir une meute de reporters et de cameramans assoiffés à la pensée d'obtenir en premier les paroles de l'accusé. Pendant une fraction de seconde, il leva les yeux et regarda droit devant, dans l'objectif de la caméra. Il y avait une lueur, une lueur folle qui brillait au fond de son regard et ce fut à ce moment-là que je le reconnus. Le tireur.
Je me rappelle encore du long frisson qui m'agita et me glaça le sang.
Hidan, s'apercevant de mon trouble, leva un sourcil d'incompréhension.
La télévision continua de débiter des infos sur l'affaire. Reconnu coupable de possession de drogue, d'armes à feu et de meurtre au premier degré. 10 ans. Ou était-ce 15 ? Lui et son groupe demeuraient à l'hôtel Elms, dans le centre-ville de Los Angeles. Elms... L'hôtel Elms ? Oui, c'était bien là où j'avais dormi. Apparemment, c'était un endroit mal famé et dangereux. Je l'avais appris bien malgré moi, une jambe dans le plâtre pendant deux mois. Il était hors de question que je retourne là-bas... mais en attendant, j'étais carrément dans la rue. J'avouai à Hidan de but en blanc :
« Je n'ai nul part où aller. Je n'ai nul part où dormir. »
Hidan sembla prendre un instant de réflexion. Il se passa une main dans les cheveux, lissa une mèche qui en fit retomber une autre. Quelques minutes plus tard, ses yeux s'éclairèrent. Il prit mon poignet et me tira hors du café. J'ouvrai la bouche pour répliquer, mais il me fit taire en me demandant de simplement le suivre. Il me tirait avec force, assez pour me faire mal, mais je devinai que ce n'était pas son intention. Il semblait seulement pressé et excité.
Nous dévalions et escaladions pente après pente d'un même pas, étant attachée à lui comme s'il s'agissait de la bobine de fil dont je n'étais que la simple aiguille. Je me devais de ne pas le perdre de vue, si je le perdais alors je me perdais aussi. Triste et seule dans la nuit. Tristement seule dans la jungle de Los Angeles. Il me traîna ainsi pendant au moins une bonne vingtaine de minutes. Nous allions si vite que les paysages et les bâtiments de la ville n'avaient pas de réelle forme à mes yeux, ils étaient flous et abstraits.
Hidan s'arrêta enfin devant un grand édifice aux briques rougeoyantes. Nous entrâmes, lui parfaitement conscient et moi sans y comprendre quoi que ce soit. Nous montâmes au deuxième ou au troisième étage, je ne me souviens plus trop, et ma nouvelle connaissance sortit une clé rouillée de la poche de son pantalon, puis la tourna dans la serrure. La porte s'ouvrit sur un joli appartement de style, évidemment, gothique. Typiquement gothique que c'en était presque effrayant comme cliché... Mais, je l'appris plus tard, Hidan n'était que cela, clichés. Il jouait avec ceux-ci et aimait provoquer les autres. Je dirais même qu'il en avait besoin, qu'il s'en nourrissait.
Il se tourna alors vers moi, un grand sourire aux lèvres :
« Taaaaa-daaaaam ! Maintenant, tu as un endroit où rester, Cendrillon SDF. Mais... ne t'évapore pas dans la nature à minuit, hein ! »
Il trouva sa blague visiblement très drôle et éclata de rire. Malgré tout, je me mis à rire moi aussi, soulagée, mais fatiguée par les événements. Tout me dépassait ici, je ne maîtrisais rien. En fait, peut-être que c'était cela que j'étais venue chercher aussi loin de mon pays natal. Il me fallait lâcher prise sur mes émotions ou j'allais devenir complètement folle. Toujours à retenir mes joies et mes peines enfouies au fond de moi pour éviter de donner satisfaction à ma mère. Au risque de me répéter, depuis la mort de Papa, c'était pire. Je souffrais terriblement. Oh, je sais qu'elle l'avait aimé elle aussi – bien que je ne comprenais pas comment elle pouvait éprouver un attachement sincère pour une autre personne qu'elle-même – et c'était justement ça le problème. Elle était blessée, elle aussi, et me voir souffrir au moins autant qu'elle – mais je me plais à penser que sa mort m'affectait plus qu'elle – lui aurait fait trop plaisir. Elle se serait servie de ma douleur pour se sortir de sa tristesse.
La toux d'Hidan me ramena à l'ordre. Je l'avais suivi, distraite, devant la porte ouverte d'une petite chambre. Nous entrâmes à l'intérieur et je m'émerveillai devant la belle sobriété de la pièce. Les murs avaient été repeints d'une couche du blanc le plus pur et des touches de rouge coloraient la chambre. Elle était meublée simplement, un lit en fer forgé, une commode en bois, une table de nuit et un bureau. La penderie était bien évidemment vide ainsi que la commode. Ls reproduction d'un célèbre tableau de Van Gogh surplombait le lit.
« C'est la chambre d'amis. Enfin, c'était. Maintenant c'est ta chambre... C'est quoi ton nom ? » avait-il dit d'une voix douce.
Ma chambre ?
« Hinata.
– Eh bien, Hinata, sois sûre d'une chose : toi et moi, nous allons devenir les meilleurs amis du monde. »
Et il n'eut pas vraiment tort.
Aussitôt qu'Hidan eût refermé la porte, je déposai mon sac à dos, me dévêtit et enfilai un pantalon de jogging et un débardeur. Je m'étendis sur le lit. Il était plutôt confortable. J'enfonçai un doigt dans le matelas et le regardai avec candeur reprendre sa forme normale.
Aujourd'hui avait été une bonne journée. La commençant en tant que sans-abri, vagabonde, j'avais maintenant un toit au-dessus de ma tête. Un toit temporaire, mais soit. J'étais seule dans la jungle l'instant d'avant et l'instant d'après, j'avais un nouvel ami dévoué à mes côtés. Mon sentiment d'insécurité s'était envolé pour faire place à un autre, bien plus agréable : la paix. J'étais apaisée. Le silence qui régnait dans la pièce était délicieux et je m'en délectai un long moment avant d'éclater de rire. Mon rire se répercuta sur les murs, sur le plafond, se perdit dans cette absence de bruit. Je ris de plus en plus fort, de plus en plus mal. Je ris de joie, de soulagement. Et alors, mon rire se transforma en pleurs. Des sanglots à en faire pleurer Dieu lui-même. Aussi étrange que cela puisse paraître, à présent, même après qu'autant de temps ait passé, je ne sais toujours pas avec exactitude la raison de mes pleurs. Du stress, de la peur, du bonheur, de la tristesse, je ne sais pas. Peut-être tout ça à la fois, en fait.
« Bienvenue dans la jungle, Hinata. » me dis-je alors à moi-même avant de sombrer dans un sommeil profond.
