Elle s'approcha doucement du jeune sorcier à lunette, lui lança un sourire, et se tourna vers le rouquin à qui elle adressa un baiser sur la joue. Elle les laissa partir, les regarda un instant et vit un autre jeune homme passer dans son champ de vision. Elle revint alors à elle, se rendant compte de l'acte qu'elle venait d'effectuer. Elle venait d'embrasser Ron. Ron Weasley. Alors qu'elle ne l'aimait pas. Du moins, pas plus qu'en amitié. Tout le contraire de ce qu'elle éprouvait pour cet autre garçon, ce blondinet aux yeux bleus dont elle était éperdument amoureuse depuis quelques mois. Mais elle ne s'était pas rendu compte sur le coup. Seulement maintenant …
Elle sortit à son tour de la Grande Salle, voulu le rattraper, lui expliquer qu'elle l'aimait, qu'elle n'aimait pas Ron. Mais elle le perdit de vue. Elle se dit alors que s'il était sortit de la Grande Salle, c'était peut-être parce qu'il voulait juste changer d'endroit, pas parce qu'il l'avait vu embrasser Ron. Elle changea donc de direction, prenant celle de la Salle Commune de Gryffondor. Elle s'installa dans un fauteuil, face à la cheminée, et regarda les flammes danser. Ses pensées commencèrent à s'éloigner loin de leur origine, et elle se laissa emporter par la chaleur.
Courir après quelqu'un avait toujours été quelque chose qu'elle se refusait de faire. Mais là, c'était l'élu de son cœur qui s'en allait. Ses pas étaient rapides, trop rapides. Il cherchait à l'éviter, il était énervé. Elle l'appela. Deux fois. Il s'arrêta, sans se retourner. Elle s'approcha, le prit par la taille, et lui chuchota : « Je t'aime, Drago. »
Elle revient à la réalité. Que de songes irréalisables. Il la détestait. Depuis le premier jour dans cette école. Encore à cause de leur sang si différents. Les conflits entre ses meilleurs amis et lui étaient trop importants pour qu'ils ne puissent se laisser aller ensemble, s'aimer comme un couple sorcier normal. Leur histoire ne pourrait jamais fonctionner. Même dans les rêves, elle était impossible. C'était immoral pour une famille de sang pur.
Cependant, elle aimait s'aventurer en contrées interdites, elle aimait s'imaginer dans les bras forts et doux de son élu, elle aimait le voir lui adresser un regard, qu'il soit méchant ou pas, elle aimait entendre le timbre de sa voix. Mais elle évitait de se faire trop d'illusions. Quand il lui parlait, c'était pour l'insulter.
Il la détestait …
Ces mots se répétait en boucle dans l'esprit de la Gryffondor. Elle revint à elle, se leva, sortit de la Salle Commune et décida de se rendre dans un des couloirs menant à la cour centrale. Elle laissa le vent emporter quelques unes de ses pensées. Elle s'empêchait de penser au meilleur. Elle s'empêchait à penser à l'impossible. Pour la première fois, Hermione était pessimiste. Elle ne pouvait s'empêcher de ne pas croire en ces rêves qu'elle traîne dans son esprit depuis des mois. Elle n'avait pas le choix. L'abandon de cet amour était la seule solution. A son grand regret.
