Trois amis réunis.
Dans la journée, le survivant reçoit par hibou le programme de ses cours. Au fur et à mesure de sa lecture, une fureur sans nom lui serre la gorge. Mais merde ! Ce n'est pas possible ! Harry se laisse tomber dans un fauteuil juste derrière lui en oubliant sa jambe malade. Il pousse un juron bien senti quand la douleur se rappelle à lui. Le jeune homme serre les dents et insulte tous les directeurs d'école quels qu'ils soient.
Passe encore que Dumbledore les isole dans une classe désaffectée, passe encore que le bâtard des cachots leur fasse les cours de potions. Harry se dit qu'il faut bien en passer par là puisqu'il est le seul dans ce domaine. Il est même le meilleur, il faut bien le reconnaître, même si le caractère de l'homme laisse à désirer.
Mais que le directeur au cerveau troué par l'acide du citron ose mettre Snape comme responsable de la classe, alors là il dit non ! Pas question de l'avoir comme directeur de la huitième année, et puis quoi encore ! Qu'est-ce qu'il a dans la cervelle, ce vieux gâteux ? Va bientôt falloir le mettre à la retraite, le jeter manu militari hors de Poudlard, l'enfermer avec Mimi geignarde dans les toilettes, lui confisquer ses bonbons.
-Ce n'est pas possible, se lamente Harry. Albus le fait exprès, grogne le jeune homme tout haut en jetant sa canne contre le mur de sa chambre dans un geste rageur. Il sait pourtant qu'on ne peut pas s'entendre, Snape et moi, c'est comme s'il mettait deux loups dans une même pièce. Tout se qu'ils vont faire c'est s'entretuer.
Mais après tout, qui a dit qu'il devait se laisser faire ? Il n'est plus le gamin qui a peur de son professeur. Ça, c'était bon quand il avait onze ans. Après tout c'est bien lui qui a vaincu l'autre taré ! Ouais ! Je crois que Snape va avoir des surprises, lui faire quelques crasses ne peut faire de mal à personne, hein ? En même temps l'homme ne peut pas le faire disparaître, n'est-ce pas ?
Le jeune homme repose le parchemin sur son bureau et soupire, découragé. Pourquoi c'est toujours à lui que ça arrive ces trucs-là, hein ? Le survivant fait venir sa canne d'un accio et décide de s'occuper l'esprit, il va finir par devenir fou à force de rester dans cette chambre à tourner en rond.
Harry traîne dans le château, finalement il lui tarde que les cours commencent même si Snape est le directeur. Non ! Il ne vient pas de penser ça ? Là pour le coup le soleil lui a brûlé le cerveau, il ne devrait pas rester aussi longtemps dehors à se faire bronzer.
Le jeune homme n'a reçu aucune visite, aucun de ses amis n'est venu le voir. Depuis qu'il est rentré à Poudlard, il n'a vu personne. Une petite déprime pointe le bout de son nez, un homme qui le surveille de loin s'en aperçoit et maudit tous les soi-disant amis du survivant. Enfin de toute façon, cela n'a aucune importance et puis cela ne le regarde pas.
Harry rejoint son coin favori sous le saule. Emerveillé, il regarde une licorne et son petit boire l'eau du lac. La mère relève la tête, renifle l'odeur du garçon et se remet à boire tranquillement : les animaux se sont habitués à voir le jeune homme au bord du lac, ils ne le craignent pas.
Severus Snape, bien malgré lui car l'homme s'en défend, surveille le Gryffondor au cas où celui-ci ferait une bêtise. Non, non ! N'allez pas croire qu'il est devenu gentil, simplement cela ferait désordre si le survivant mettait fin à ses jours dans la prestigieuse école de sorcellerie qu'est Poudlard, n'est-ce pas ? Combien de fois l'homme, sans se l'avouer, admire-t-il le corps du jeune homme sous le couvert des arbres ?
Samedi matin : dans deux jours, c'est la rentrée. Harry est réveillé par deux idiots qui lui arrachent son drap et se couchent contre lui en lui faisant des chatouilles. Le jeune homme brun grogne dans son sommeil et baragouine quelque chose contre les Serpentards sans-gêne et bavards qui l'empêchent de dormir.
-Potter ! Encore couché, rigole Blaise Zabini. Il est dix heures, mon vieux ! Allez réveille-toi ! On a plein de choses à faire aujourd'hui !
-Ouais, Harry, c'est pas sérieux, pouffe un Draco hilare. On vient passer deux jours entiers avec toi avant la reprise des cours et toi tu te prélasses dans ton lit comme un gros paresseux.
-Draco, Blaise. J'étais en train de dormir, je vous signale, et je faisais un rêve super moi ! Pour une fois que ça m'arrive.
-On voit ça, ajoute le métis aux yeux noirs envoûtants. Dis, Harry, tu n'aurais pas un petit problème matinal là ?
-Quel problème, Blaise ? Ronchonne Harry encore dans les brumes du sommeil.
-Tu as une érection, dit simplement Draco en ricanant.
-Et après on dit que c'est moi qui ne suis pas discret, râle Blaise, eh bien tu repasseras, Draco.
-Bon, si on laisse de côté le fait que je bande le matin. Je suppose que ça vous arrive aussi ?
-Si c'était que le matin, Harry. Moi c'est tout le temps, s'amuse Blaise en passant sa main sur le torse d'Harry dans un geste équivoque.
-Ça on n'en doute pas, tu es pire qu'un chien en chaleur, Zabini. T'as toujours la queue dressée ! Et laisse Harry tranquille, obsédé !
Le brun se réveille tout à fait et pouffe devant la tête de Blaise faisant la moue.
-Bon, messieurs, que faisons-nous de notre journée ? Oh ! Je sais, s'écrit le blond, nous partons pour Londres rhabiller notre cher Gryffondor qui est vêtu comme l'as de pique. Il faut que ça change, Harry, si tu veux te trouver un beau mâle et passer quelques soirées très coquines.
-Je ne veux pas aller à Londres, Draco.
-Oh ! Si, tu viens, Potter. Pas question que toute l'année tu traînes à côté de moi et de Blaise attifé de cette manière, vu ? Nous allons faire de toi un mec très sexy. Il ne te restera plus qu'à mettre tes petites fesses à l'abri après ça.
-Et puis si tu as peur du regard des gens, met des lunettes de soleil, Harry.
-Blaise ! Pour le tact on repassera aussi.
-Ben quoi c'est vrai, on est ses potes alors on peut bien parler franchement, non ?
-T'as raison, Blaise, je vais mettre des lunettes de soleil et je vais m'acheter des fringues à mon goût. Avec vous deux pour m'aider à choisir, ce sera facile.
-Alors file sous la douche, beau brun. Tu as une demi-heure pour te préparer ensuite on part faire les boutiques, annonce satisfait Draco.
-Depuis combien de temps n'es-tu pas allé faire les boutiques, Draco ?
-Quoi ? Ça fait seulement deux jours que je n'y suis pas allé, répond le jeune homme outré des sous-entendus d'Harry.
-Ouais, je me disais aussi, ricane Harry.
Sous les coups d'oreillers que Draco lui donne en rigolant, le Gryffondor se rend dans la salle de bain aidé de sa canne. Il en sort vingt minutes plus tard habillé et coiffé.
Blaise soupire devant le Gryffondor magnifique, il en ferait bien son quatre heures lui ! Et même plus ! Mais Draco a dit pas touche, il faut laisser le temps à Harry de se remettre de la bataille et de ses blessures. Blaise sait que son ami a raison, tous les trois ont des problèmes à régler avant de se lancer dans une aventure sérieuse. Mais en attendant, rien ne les empêche de s'amuser et de profiter un peu de la vie qui ne les a pas gâtés jusqu'à maintenant !
Les trois jeunes gens sortent de l'école en pouffant et en braillant comme des gosses. Parvenus au portail, ils transplanent dans une ruelle de la grande ville. Harry a un vertige fugitif qu'il cache aux deux Serpentards, pas la peine de les inquiéter sinon ils l'obligeraient à rentrer et finalement ce n'est pas ce qu'il veut.
-Londres ! Ça y est nous y sommes, messieurs, commençons d'abord par changer les fringues de notre ami. Je prends les choses en main, avouez que pour la mode je m'y connais, se vante Draco avec son air suffisant que Harry connaît par cœur.
-Je te fais confiance, Dray, où allons-nous ? demande le petit brun.
-A la meilleure boutique que je connaisse, chez Paul Portalus. Vous allez voir il vend des merveilles, c'est tout simplement superbe. C'est un sorcier reconverti dans la mode, tu pourras payer avec des galions, Harry. En plus il a un goût exquis pour ce qui est de la mode.
-Ouais. Ça je demande à voir, je ne veux pas me retrouver avec des couleurs criardes sur le dos.
-Est-ce que tu m'as déjà vu avec des fringues clinquantes, Potter ?
-Non, c'est vrai que tu choisis toujours des vêtements super classe. Je me suis toujours demandé où tu t'habillais, d'ailleurs !
Les trois jeunes gens sortent de la ruelle et débouchent sur une rue commerçante très chic de la capitale londonienne. Il fait une chaleur étouffante mais les rues sont pleines de mondes, certains se retournent sur Harry et le dévisagent sans vergogne. Le jeune homme défiguré les ignore royalement, mais en son for intérieur il en souffre. Enfin ils entrent dans une boutique luxueuse et profitent de la climatisation qui les rafraîchit quelque peu. Harry en profite pour se reposer quelques secondes.
Un homme se précipite vers eux à grand renfort de gestes exagérés, Harry ravale un rire qui ne serait pas bien vu. L'homme en question est tout de rose vêtu et se pavane en prenant des poses ridicules. Il tend une main manucurée aux trois jeunes gens pour les saluer. Blaise retient un rire vite rentré quand Draco lui enfonce son coude dans les côtes tout en lui lançant un regard noir.
-Draco ! Mon cher ami, je ne vous attendais pas sitôt, dit l'homme d'une voix empruntée. La nouvelle collection ne sera là que dans une petite quinzaine, mon chou.
-Non, je ne suis pas là pour moi. Paul, j'aimerais que tu habilles mon ami Harry que voici.
Draco et Blaise poussent Harry devant le bonbon rose qui se trémousse en gloussant comme une jeune jouvencelle.
-Heu, Draco, Blaise, vous restez avec moi, hein ? panique le survivant pas rassuré du tout.
-Mais c'est qu'il a peur, ce jeune homme tout mignon ! Ne t'en fait pas, mon bichou, je vais prendre soin de toi. Et d'abord tu vas m'enlever ces guenilles que tu appelles vêtement. Ce n'est pas possible de porter ça, chéri, où as-tu trouvé des horreurs pareilles!
-Quoi ! C'est pas des horreurs ! Et il n'est pas question que je me déshabille ici devant tout le monde !
-Mais non, gros bêta, dans la cabine d'essayage. Il est drôle ton ami, Draco.
Harry jette un œil vers Blaise et Draco. Il fulmine quand il voit les deux Serpentards pouffer de rire. Il suit pourtant le dénommé Paul-bonbon-rose et se retrouve dans une cabine avec un homme qui derechef entreprend de lui retirer sa chemise. Harry lui tape vivement sur les mains et lui affirme qu'il peut le faire lui-même. Il a une blessure au visage, pas dans la tête enfin ! Un rire tonitruant retentit derrière le rideau.
-Blaise, attend que je sorte de là. Tu ne perds rien pour attendre, espèce de traître.
-Harry, c'est trop drôle, j'en peux plus. Aie ! Draco, arrête de me frapper, ça fait mal à la fin !
Un Paul Portalus légèrement vexé sort de la cabine et se dirige vers le rayon des pantalons en se déhanchant, suivi par Draco. Les deux fous de mode choisissent pour Harry deux pantalons habillés et trois paires de jeans, trois chemises, quatre polos, trois pull-overs, des boxers et enfin des tee-shirts. Le survivant ravale un cri de découragement quand il aperçoit ce qu'il doit essayer.
-N'oublie pas de nous faire voir, Harry, demande Draco, je veux tout voir !
-Ouais, dit Blaise, même les boxers. On te dira ce qui ne va pas, tu peux nous faire confiance.
-Blaise, tais-toi ! crient les deux garçons de concert.
Harry pose sa canne et essaye les pantalons pour commencer. Il ne défile pas devant ses amis, il ouvre simplement le rideau pour qu'ils puissent lui dire ce qu'ils pensent des vêtements.
-Super ! Tout te va comme un gant, Harry. On prend les pantalons.
-On prend tout, dit Harry, je suis fatigué. De toute façon, je suis sûr que le reste me va aussi bien, Draco. Monsieur Portalus, mettez tout dans un sac s'il vous plaît.
L'homme, ravi que le petit brun lui achète le lot, se précipite vers la cabine, ramasse les vêtements neufs et les emballe dans une grande poche au nom du magasin. Harry passe à la caisse, paye ses achats et ressort avec Blaise et Draco. Celui-ci prend le sac, le réduit et le met dans sa poche, tout ça à couvert bien sûr.
-Maintenant que diriez-vous d'un bon verre ? La chaleur m'a complètement déshydraté, suggère Draco.
Harry et Blaise opinent. Les trois jeunes gens traversent la route et s'assoient à la terrasse d'un pub sous les parasols, puis passent leur commande. Harry regarde les passants d'un œil distrait, subitement ses yeux fixent un homme sur le trottoir d'en face. Grand, mince, cheveux noirs aile de corbeau, le teint pâle. Un mâle dans toute sa splendeur, superbe et très tentateur. Harry n'a pas de peine à reconnaître Severus Snape, l'homme discute avec un autre homme plus jeune, probablement une trentaine d'année. Est-il possible qu'il soit son amant ?
Les deux hommes discutent âprement. Visiblement, cela a l'air important, il faut que cela le soit pour que le professeur quitte ses chers chaudrons !
C'est la première fois que Harry voit le professeur ainsi habillé. Il reconnaît que Snape sans sa robe est plutôt bien fichu, enfin ça il s'en doutait déjà, mais le voir confirme sa théorie. Le professeur de potions fait demi-tour et disparaît à sa vue en tournant au coin de la rue. Le jeune homme laisse son regard revenir sur l'autre homme. Il sursaute quand il aperçoit celui-ci en train de le regarder droit dans les yeux avec un petit sourire ironique sur les lèvres. Après un petit salut de la tête envers Harry, l'inconnu fait demi-tour et disparaît lui aussi de la rue bondée de Londres.
Décidément sa préférence pour les hommes s'accentue, pense le Gryffondor. A vrai dire il n'a jamais été attiré par les filles. Il faut dire aussi que ses relations se limitent juste à quelques baisers, manque de temps ? Pas envie ?
-Harry, tu rêvasses là, deux noises pour tes pensées !
-Je ne rêvasse pas, Draco. Je réfléchis, nuance !
-Ouais, Potter, c'est ça. Tu matais des hommes.
-Je ne matais pas des hommes, Blaisou. Je contemplais un mâle dans toute sa puissance.
-On le connaît ? demande Draco.
-Oh oui, vous le connaissez !
Draco lève son verre en regardant ses deux amis et trinque à tous les beaux mâles de la planète. Harry et Blaise l'imitent en rigolant et boivent leurs bières fraîches.
Pour finir les trois garçons repartent à Pré-au-Lard. Blaise et Draco conduisent le survivant vers une échoppe où un sorcier spécialisé rectifie la vue afin d'éviter le port des lunettes. Pour une fois Harry se laisse faire, il y a longtemps qu'il pense faire corriger sa vue. Le jeune homme s'assoit dans le fauteuil, retire ses lunettes et attend avec un peu d'appréhension que l'homme jette son sort.
-Détendez-vous, jeune homme. Cela ne fait pas mal, juste un picotement.
L'homme pointe sa baguette sur les yeux d'Harry et prononce une incantation à voix basse. Une petite lueur dorée en sort et se pose sur sa rétine. Harry ressent en effet un petit picotement. L'homme recommence sur le deuxième œil et lui demande d'attendre cinq minutes avant de se lever. Pendant ce temps, Draco paye le spécialiste et rejoint Blaise et Harry.
-Comment tu te sens ?
-C'est incroyable ! C'est encore plus net qu'avant, waouh c'est super ! Je paye ce mec et on retourne à Poudlard si cela ne vous fait rien.
-C'est fait, Harry. Je veux dire : c'est déjà payé, ne t'occupe pas de ça. Ça me fait plaisir de le faire pour toi, dis-toi que c'est pour ton anniversaire. Maintenant retournons à Poudlard, nous avons un tas de travail à faire avant demain, et puis tu es fatigué.
Les trois garçons transplanent jusqu'aux grilles de l'école. Harry a beaucoup de mal à faire les derniers mètres, les tremblements reprennent, la potion antidouleur ne fait plus effet. Blaise et Draco ralentissent et soutiennent chacun d'un côté leur ami épuisé. Dans sa chambre, le Gryffondor se couche sur son lit tandis que Draco lui apporte une potion et que Blaise le recouvre de son drap.
-Tu te reposes, lui dit le blond, nous reviendrons tout à l'heure. Blaise et moi, on va déballer nos affaires dans nos chambres. Nous sommes juste à côté, Harry. Si tu as besoin de quoi que ce soit, tu nous appelles, d'accord ?
-Oui, Dray. Heu ! Blaise, Draco, merci pour cette journée. Mes amis, il y a longtemps que je ne me suis pas autant amusé. C'est formidable d'avoir des potes comme vous.
-C'est rien, Harry, ajoute Blaise en déposant ses paquets sur la table. Allez repose-toi, beau brun.
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Relu et corrigé par Imliel.
