Arc n°1 : Famille Royale
Un coup, puis un deuxième coup et enfin une multitude de coups...
C'était la même chose tous les jours à cette même heure. Des bruits d'épées qui s'entrechoquaient, des bruits métalliques, des cris et deux personnes qui s'entraînaient dans la salle d'entraînement fraîchement rénové.
Et comme à chaque fois, à cette même heure, le roi venait chercher son fils Aram.
Perdu dans ses pensées, Link marcha donc en direction de la salle d'entraînement. Il était en avance, son fils n'aura terminé le maniement des armes que dans une quinzaine de minutes. Mais cet après-midi était particulier. À cause des obligations du roi et de la reine, rares étaient les moments où ils pouvaient être tous réunis pour partager un moment convivial. Aram était pris toute la journée par ses cours et ses entraînements. Zelda était toujours occupée avec la paperasse administrative et les différentes réunions. Ses deux filles : Aurore et Laura étaient s'en doutent entrain de suivre un cours sur la politique pour la première et un cours d'histoire pour la seconde.
D'ailleurs Aurore détestait la politique et le roi dut à plusieurs reprises la recadrer pour manque d'assiduité précisément pendant ces cours qui lui étaient prodigués par des professeurs hautement qualifiés en la matière. Laura quant à elle appréciait plutôt cette matière-là au grand étonnement des ses parents puisque celle-ci avait deux ans de moins que sa grande soeur Aurore.
Comme quoi...
Le roi s'arrêta un moment devant la salle où les servants du palais royal passaient leurs journées. Ils étaient au nombre de deux par enfants à l'exception d'Aram qui n'en avait qu'une. Elle était facilement reconnaissable.
Et elle se nommait Felicia.
Cette fille était arrivée dans la famille royale en même temps que les autres servants lorsque Link et Zelda étaient partis en mission de sauvetage en apprenant qu'un village au sud du viaduc d'Hylia avait été attaqué par les derniers camps de monstres restants. Felicia et les autres servants étaient issus de ce tragique événement, étant alors les derniers survivants du carnage. Ne pouvant pas les laisser comme ça, traumatisés et livrés à eux-même, le couple royal prit sur lui de ramener les cinq enfants pour les soigner et s'occuper d'eux jusqu'à ce qu'une personne appartenant à leur entourage se manifeste.
Malheureusement il s'est avéré, après de longues semaines et de multiples recherches, que ces cinq enfants n'avaient plus aucune famille. Le roi et la reine décidèrent de faire entrer ces enfants au service de la famille royale. Depuis ces événements chacun acceptait sa nouvelle vie à sa façon. Ils passaient donc leurs journées a suivre des cours, à apprendre le métier de domestique et à pratiquer des activités physiques.
En bref c'était assez compliqué pour cette grande famille d'être réunie au beau milieu de l'après-midi et pour une fois ils allaient pouvoir en profiter.
Voyant qu'il lui restait encore une dizaine de minutes, Link décida d'aller faire un tour sur les remparts du château. De là, il avait une vue absolument splendide sur tous ce qu'il désirait. Les remparts étant positionnés autour du palais, il pouvait ainsi voir le royaume d'Hyrule à trois-cent-soixante degrés.
On pouvait distinguer la montagne de la mort au Nord-Est, nommée ainsi à cause de sa forte activité volcanique et parce que personne, mise à part les gorons, ne pouvaient résister à la chaleur sans potions ignifugées ou sans équipement adéquat.
Il y avait la région d'Akala derrière, une très belle région, majoritairement rocheuse et qui offrait un panorama des plus appréciables sur la mer.
Un peu plus bas, il y avait le domaine Zora, caché dans les montagnes. La citadelle avait été agrandie après la mort de Ganon, quintuplant sa superficie. Le prince Sidon dirigeait les affaires internes avec son père et était apprécié de tous pour son caractère jovial et son sens du devoir. Une grande fête qui durait une semaine était organisé tous les ans, fête auquel la famille royale était bien évidemment conviée. Aram, Aurore et Laura appréciaient beaucoup cet endroit.
Au sud-Est, il y avait les monts géminés, une merveille géologique causée par une érosion lente qui avait coupé la montagne en deux créant ainsi un passage jusqu'au village de Cocorico et à la région d'Elimith, région connue pour son laboratoire et sa scientifique très excentrique.
Un nouveau village avait vu le jour dans les formations rocheuses des alpages de Cigon.
A l'extrême est d'Hyrule, le village d'Ecaraille avait connu un développement fulgurant en s'ouvrant aux royaumes voisins, par-delà les mers. Le petit village de pêcheur s'était vu transformé en véritable port. Devenant ainsi une destination touristique très prisé par les habitants qui n'avaient, pour ainsi dire, jamais eu l'occasion d'admirer des navires tels qu'ils en voyaient arrivés.
Le panorama et les couleurs paradisiaque du lieu firent d'Ecaraille, une ville commerçante unique dans son genre.
Au Sud se trouvait la région la moins peuplée du royaume, C'était là que se trouvait la majeure partie des cultures agricoles d'Hyrule. C'était d'ailleurs dans cette région que le village de Felicia et des servants royaux avait été détruit. Il se situait au sud du viaduc Hylia. Seules les quelques ruines restantes rappelaient à tous la tragédie et l'horreur qui si était déroulé. Malgré ça, la région abritait le concours de pêche annuelle au lac Hylia. Un concours remporté le plus souvent par les pécheurs d'Ecaraille.
Le roi avait désormais rejoint l'espace extérieur réservée aux entraînements des gardes royaux. Ceux-ci pratiquaient avec des armes non tranchantes mais avec leurs armures complètes.C'était loin d'être la journée la plus chaude de l'année puisqu'on était encore en hiver et un vent frais balayait la cour d'exercice, rendant le travail des gardes beaucoup plus difficile. Link ne s'en formalisa pas, lui aussi s'était entraîné par tous les temps. Sous le soleil brûlant, par vent extrêmement violent, par temps de pluie. Il avait ainsi tout connu, tout expérimenté. Cela faisait un moment tout de même qu'il n'avait pas touché à une lame, son emploi du temps ne lui permettait déjà pas, alors avec ces trois enfants, c'était devenu impossible.
En quittant les gardes, son regard se posa au sud-Ouest du royaume, là où se trouvait la région la plus aride. Le désert Gerudo était une épreuve difficile pour tous ceux qui n'était pas habitué aux fortes chaleurs. La zone s'était développée depuis. L'oasis s'était transformée en un petit village bien ordonné où se côtoyait Hyliens, Hyliennes, Zora, Goron, Piaf et bien entendu, Gerudo. Un peu plus loin, on pouvait trouver une magnifique cité.
Les temps avaient changé et celle-ci autorisait désormais l'accès aux « voï ». Comme elles disaient.
Uniquement sous certaines conditions et pendant un temps limité. Cette avancée fut l'œuvre de Makeela Riju, chef incontestable et incontesté de la tribu Gerudo. Certain la considèrent même comme l'une des plus grande des reines Gerudo à avoir existé, à cause de ses nombreux exploits qui la plaçait au même rang que la légendaire Urboosa.
Et enfin au Nord-Ouest se trouvait la région de Tabanta et le village du peuple piaf. Le Vah'Medoh tronait fièrement au-dessus de celui-ci. Il n'eut pas de grands changements notables. La région était toujours ce qu'elle était, un froid mordant régnait dans les montagnes d'Hébra et très peu de personnes, même les piaf, n'osaient si aventurer.
Son tour du palais fait, Link retourna à l'intérieur en direction de là où son fils prenait ses leçons d'escrimes et d'arts martiaux.
Le roi arriva finalement devant la salle d'entraînement et entra discrètement pour ne pas déconcentrer son fils. Il s'attarda rapidement sur la salle, rénovée depuis peu, avant d'orienter son regard sur l'élève du maître d'armes.
Celui-ci était en train de manier l'épée utilisée par les gardes royaux sur un mannequin en paille. Aram ne perdait jamais une occasion de manier des armes beaucoup trop lourdes pour lui au grand amusement du roi en voyant son fils être presque emporté par l'élan de son arme. Aram possédant un don incontestable et Link le savait. Dès son plus jeune âge, le jeune prince arrivait à bien manier sa petite épée en bois, cadeau de ses parents pour son sixième anniversaire. Le roi comprenait pourquoi son fils était si intéressé par cela. Il l'avait vu un jour du haut d'un des remparts du château, regarder les gardes s'entraîner avec des étoiles dans les yeux.
Apparaissent-ils comme des sortes de justiciers ? De héros aux yeux d'Aram ?
Il est vrai que le jeune prince lisait souvent des histoires de chevalier sauvant une princesse d'un monstre ressemblant à un sanglier. Il existait une multitude d'histoires de ce genre dans la bibliothèque royale au rayon des contes pour enfants. La plupart ont été écrits après la fin du règne, si on pouvait le qualifier ainsi, du fléau Ganon. Une façon de raconter ce qu'il s'est passé à travers diverses histoires que les parents pouvaient raconter à leur progéniture. Aram adorait ces histoires même s'il ne savait pas la réalité cachée derrière les mots. Ne pouvant pas comprendre encore ce que le démon avait fait au royaume et à sa famille.
Mais sûrement un jour...
Il apprendra la vérité !
– Votre Altesse, vous êtes en avance !
Le maître d'armes fit son apparition derrière le roi, nettoyant un bouclier poussiéreux. Habillé de l'uniforme de la garde royale, une tunique gris clair et d'un pantalon ample, le symbole du royaume d'Hyrule brodé au niveau du cœur. Il portait une barbe de trois jours. Il avait un visage carré, d'où transparaissait une certaine vitalité, des cheveux gris argenté et des yeux couleurs noisette... L'homme, âgé d'une cinquantaine d'années, ancien garde du village de Cocorico, était entré au service du roi et de la reine peu après leur couronnement. Cela faisait dix ans maintenant qu'il travaillait au palais royal et dix ans qu'il entretenait cette amitié qu'il avait avec le roi.
Il reprit la parole.
– Je croyais que vous aviez une réunion avec le préfet du quartier ouest au sujet des quelques incidents qui se sont produits récemment dans la plaine. Est-ce que cela s'est bien passé ? Demanda le maître d'armes
– Disons que des solutions ont été trouvées assez rapidement. Il s'avère que les soldats censés s'occuper de la sécurité de la plaine avaient préféré un bon repas dans la caserne de l'étang de Comolo a une opération de protection des citadins.
– Que va-t-il advenir d'eux ?
– J'ai justement demandé au préfet de s'en occuper, je vais avoir beaucoup de travail dans les jours qui viennent, je n'ai pas de temps à consacrer à des déserteurs. Vous savez bien de quoi je parle Frederrik ?
– Vous parlez des attaques qui ont lieu dans la plaine je suppose. Il est vrai qu'on ne sait toujours pas qui en est l'auteur, il est même possible qu'il y en ait plusieurs, malheureusement on ne trouve aucun indice susceptible de nous aider. Le plus inquiétant est que les victimes de ces agressions ne se souviennent pas de ce qu'il leur est arrivé, elles se réveillent avec des blessures sans savoir d'où elles proviennent. Difficile dans ces conditions de faire une enquête...
Le maître prit soudainement conscience d'une chose, une chose presque évidente tout bien réfléchi.
– C'est pour ça que vous voulez que j'aie plus d'entraînements avec Aram, je me trompe ? Le roi eut un regard complice vers le maître d'armes, mais un regard duquel transparaissait également une vive inquiétude.
– Pour l'instant, ces attaques n'ont lieu que dans la plaine sud et sur des habitants de la citadelle. Les rapports sont formels, ces agressions contre le peuple n'ont pas pour but de tuer, juste d'inquiéter la population et ça pose déjà quelques problèmes, puisque les soldats prennent peur et préfèrent fuir leurs responsabilités que de se retrouver face à l'ennemi. À ce rythme-là, ces attaques pourraient atteindre la citadelle et si cela arrive, la situation sera ingérable, autant pour la sécurité des habitants que pour la nôtre. Les préfets ne pourront pas tous gérer. C'est pour cela que j'ai augmenté la fréquence des entraînements de mon fils.
Instant glacial, le roi et le maître gardèrent le silence quelques minutes.
– Avez-vous envisagé l'hypothèse que le fléau Ganon n'ait pas totalement disparu ?
– Impossible de le savoir, les agresseurs ne sont pas les monstres que j'ai affrontés il y a onze ans, les Lynels ne s'occupent pas de nous tant qu'on ne s'occupe pas d'eux et les Yigas ont presque totalement disparu.
– Vous pensez que les agresseurs pourraient s'en prendre à vos enfants ? Demanda Frederrik.
Le roi ne répondit pas. Il n'avait pas besoin de répondre. Aram, Aurore et Laura étaient des cibles potentielles. Ils étaient les enfants de Link et Zelda, sauveurs du royaume d'Hyrule et par conséquent des objectifs stratégiques de grande valeur.
Le roi avait ordonné une surveillance accrue du prince et des deux princesses et avait fait augmenter la fréquence des tours de garde. Le roi et la reine ne voulaient en aucun cas que leurs enfants soient pris pour cible par les mystérieux agresseurs. Le risque zéro n'existait pas et le couple royal le savait bien, même avec les meilleurs remparts et les meilleurs soldats, les trois enfants n'étaient pas en totale sécurité. Aram, bien qu'ayant un niveau de maîtrise exceptionnelle pour son âge, aurait des difficultés à résister à des assaillants. Aurore et Laura n'étant pas formée au combat, il suffirait de pas grand-chose pour les atteindre.
– Si je puis me permettre, je pense que votre présence et celle de votre femme suffit pour empêcher toute d'attaque contre la famille royale. Ils n'ont certes aucun scrupule à s'en prendre aux citadins ou aux voyageurs mais ils ne sont pas idiots. Votre réputation d'épéiste n'est plus à faire et votre femme est une très puissante magicienne, qui plus est, une magicienne qui a tenu enfermé un démon pendant 100 ans avec son seul pouvoir héréditaire ! Il faudrait vraiment avoir envie de mourir pour vouloir s'attaquer à vous ! Fit Frederrik
Link regarda un instant son ami avant de sourire, un sourire sincère. Frederrik était une des rares personnes, en dehors de Zelda, à qui Link pouvait se confier sans détours, en plus de cela, le maître d'armes arrivait toujours à trouver les mots justes pour le rassurer, réconforter ou motiver.
– Vous avez raison mais je ne peux pas m'empêcher d'être inquiet, Aram, Aurore et Laura sont mes trois petits trésors après tout ? Bref passons, ça va être l'heure et ma femme nous attend pour le goûter. Vous savez comment elle est ? Répondit finalement le roi
– Elle n'aime pas les retards et n'hésitera pas à vous "gronder" si je puis dire. Mais il est rare que vous soyez tous réunis au beau milieu l'après-midi, elle ne vous en tiendra pas rigueur. Je vous souhaite de bien en profiter en tout cas, fit le maître d'armes
– Merci, c'est gentil, répondit le roi d'Hyrule. Bon allons aider Aram à ranger le matériel, plus vite ça sera rangé plus vite on pourra aller se reposer !
O_o_O_o_O
– Vous êtes en retard !
Comme prévu, la mère d'Aram piqua une crise pour le retard de son fils et de son mari. Bien qu'ayant passé cent années à défendre son royaume en bloquant le fléau Ganon, son éducation royale n'en fut pas affaiblie, au contraire même. Zelda Bosphoramus, reine depuis dix ans, efficace et charismatique, avait remis le royaume sur pied avec l'aide de son mari et remis en place toutes les règles que ses instructeurs lui avaient enseignées, que cela soit la ponctualité ou le protocole.
Du moins pendant la première grossesse de la reine car avec l'arrivée d'Aram dans la famille, la jeune mère eut bien du mal à se conformer à toutes les directives qu'elle-même avait imposées. Rapidement et avec l'approbation du père de son fils, le protocole fut très vite allégé, permettant ainsi aux deux parents de pouvoir mieux s'occuper de leur enfant et par la suite de leurs deux filles. De règles strictes pour toutes et tous, la vie à l'intérieur du palais se transforma en grande maison chaleureuse où régnait une ambiance festive. Ce qui contrastait au palais froid habituel des royaumes et empires voisins que le roi et la reine avaient visité peu après leur couronnement...
Vides d'âmes, vides d'originalité, remplie de nobles venant de tous les horizons pour se vanter de leurs exploits, de leur carrière, de leurs titres, pour courtiser princes et princesses. Les couloirs magnifiquement décorés, élégamment ornés de tableaux, dont un seul valait une petite fortune, sans parler des statues et autres monuments qui encombraient chaque pièce. Voilà ce qu'étaient les palais des pays voisins.
Hyrule n'avait pas ce genre de palais.
Les seules richesses que l'on pouvait apercevoir étaient les deux statues représentant des dragons. Elles encadraient la porte d'entrée du palais. Il y avait bien quelques tableaux à l'intérieur du gigantesque bâtiment, mais ils étaient simples sans prétention, juste là pour décorer. Rien de plus rien de moins.
Après tout, pourquoi avoir des couloirs et des pièces richement décorés quand tout le monde savait que le palais n'est occupé que par une quinzaine de personnes, gardes exclus. Non vraiment le palais royal ressemblait, de l'intérieur, davantage a une grande auberge qu'à un château, pour le plus grand plaisir du peuple qui pouvait y avoir accès de temps à autre.
Et justement, la famille royale se retrouva dans une de ces pièces cossues, familiales, et chaleureuses. Une grande table en bois massif était positionnée au centre et un fauteuil aux dimensions hors norme, spécialement fait sur mesure sur demande de la reine, pouvant accueillir cinq personnes encadraient une table basse, le tout face à une cheminée en pierre. Sur le mur, à l'opposé des fenêtres, se trouvaient quelques étagères où étaient rangés des livres de toutes sortes. Il y avait de la moquette carmin au sol qu'appréciaient particulièrement les trois enfants.
– Vous êtes irrécupérables, est-ce qu'il serait possible, un jour, que vous arriviez à l'heure ? J'ai une réunion avec le préfet du quartier sud et ses conseillers dans une heure et j'aimerais bien pouvoir profiter de vous tant que je le peux ! Fit Zelda sur un ton dont on ne pouvait dire s'il était réellement sérieux
Tout en s'excusant, le roi regarda son fils et vice-versa, un sourire aux lèvres avant de demander à son fils d'aller rejoindre ses deux sœurs qui, visiblement, l'attendaient avec impatience.
Le roi reprit.
– Désolé pour ça, j'ai discuté longuement avec Frederrik et je n'ai pas vu le temps passer. De plus il a fallu ranger le matériel, cela a pris bien plus de temps que prévu.
– Vu le bazar que laisse Aram derrière lui à chaque fin d'entraînement, ça ne m'étonne guère. Il y en a pour un régiment entier à chaque fois. Ce que tu oublies de préciser c'est que tu passes les vingt minutes suivantes à jouer avec Aram, répondit Zelda avec un clin d'œil.
Rires non dissimulés à l'autre bout de la pièce !
Felicia était étendue par terre après s'être pris les pieds - nul ne sait comment - dans le tapis. Les assiettes qu'elle tenait étaient toujours dans ses mains. Les trois enfants royaux hilares et les autres suivants hésitants entre la honte et le rire.
Mine de rien, ce petit accident réussie un instant à faire lâcher un grand sourire au roi et à la reine. Malgré tout Zelda reprit son air sérieux et reprit la discussion avec son mari.
– Tu es sûr que cela soit vraiment une bonne idée ? J'ai l'impression de fois que tu ne te rend pas compte qu'Aram n'est qu'un enfant de dix ans. L'enseignement qu'il suit est très lourd à encaisser, demanda la reine
– Je sais mais compte tenu des événements actuels, je préfère ne pas prendre de risques... Même si je suis sûr qu'Aram prendra très au sérieux le fait d'être en danger, il faut qu'il soit prêt à se défendre et évidemment il est inutile de l'informer de la situation...
Du moins pour l'instant.
– En temps voulu, il saura défendre son pays, ça par contre c'est une certitude, tout comme toi en fait, répondit Zelda en regardant Aram
– Tel père, tel fils..., fit-elle dans un chuchotement.
– Bon et si on passait à table ? Fit soudainement Zelda. Aram, Aurore et Laura allez-vous laver les mains, Felicia apporte les assiettes en évitant de tomber encore s'il te plaît, Ludine va chercher le gâteau. Mon chéri, va me chercher ma tablette Sheika, j'ai envie de vous prendre tous en photo. Les autres dressez la table s'il vous plaît ! Encore une fois, j'ai une réunion dans une heure et je vais devoir, pour changer, imposer le fait que nous sommes parfaitement au courant de la situation et que c'est nous et nous seuls qui dirigeons Hyrule et non pas ces crétins écervelés que sont nos propres soldats qui pensent tout savoir sur tout. Ils sont incapables de voir plus loin que le bout de leur nez, et croyez-moi que j'ai tout sauf envie de perdre mon temps avec eux...
O_o_O_o_O
Ce n'était pas la première fois que ça arrivait et pourtant Aram continua d'avoir ce sentiment d'angoisse.
Cela se produisait au cours de certaines nuits et en général quand la lune n'était pas visible. Aram était toujours réveillé ou plutôt il ne pouvait pas s'endormir. Quoi qu'il fasse, se retourner dans son lit, aérer sa chambre, boire, lire, reproduire maladroitement des positions de méditations qui étaient pratiquées par la garde royale pour se détendre. Non rien à faire, cela ne fonctionnait pas. Une fois la pleine lune visible dans le ciel noir, Aram était contraint d'attendre le lever du jour pour se rendormir... Et être réveillé une à deux heures plus tard par ses parents.
En d'autres termes, le prince ne dormait pas du tout lors de ces fameuses nuits.
Il en avait parlé à son père et à sa mère, à plusieurs reprises même, mais à chaque fois il eut la même réponse :
– Ne t'inquiète pas mon chéri, c'est juste que tu t'imagines sans le vouloir que la nuit sans lune soit synonyme de danger, mais il n'y a rien de dangereux et il ne t'arrivera rien. Cesse d'avoir peur, il ne va rien se passer et puis tu sais bien que nous sommes tous là, d'accord ?
Cette explication, Aram l'avait entendu très souvent, que cela vienne de son père ou de sa mère, pourtant il avait l'impression qu'il y avait autre chose. A certain moment, il avait l'impression d'être observé et voyait même une forme dorée passer non loin du palais. Et c'était justement pendant les nuits où la lune n'était pas visible que cette forme apparaissait.
Et aussi, si ce n'était que le fruit de son imagination, pourquoi est-ce que sa petite sœur, Aurore, réagissaient parfois de la même manière que lui ? Il se passait des choses étranges et Aram n'aimait pas ça.
Le prince alluma une lanterne posée sur une petite table, elle-même posée à coté du lit.
Il se faufila sous sa couverture, prit un livre, et passa le temps, comme à chaque fois, se remémorant la journée qu'il venait de passer, les cours qu'il avait suivis, de son entraînement plutôt rude et surtout le goûter préparé par sa mère. Il se rappela avec un sourire le moment où sa seule servante avait failli renverser un plateau, contenant les assiettes, sur lui.
– Toujours aussi maladroite cette fille ! Se dit-il avec un nouveau sourire.
Mais ce sourire disparut bien vite lorsqu'Aram pensa à la très longue journée qu'il allait devoir supporter le lendemain. Ses cours, son entraînement mais aussi le début des préparatifs pour le bal. Mais il préféra ne pas s'en soucier pour le moment. L'important était de se reposer le plus possible sachant qu'il ne peut pas s'endormir avant le lever du soleil.
Maudite nuit.
C'est alors qu'il eut un vertige, sa tête se mit à vaciller, une sorte de sifflement de plus en plus aigu apparut dans ses oreilles. Aram eut la désagréable impression de tomber dans le vide, puis lorsque cette sensation arriva à son paroxysme, un hurlement glacial atteignit ses oreilles, un hurlement qu'Aram pouvait facilement reconnaître.
Ce hurlement était celui de sa sœur Aurore !
Hey comment allez-vous ? Voici le premier chapitre de ma fiction Aube. Comme vous avez pu le voir, le contexte est bien différent de ce à quoi vous êtes habitués et j'espère qu'il vous a plu.
Si le chapitre vous a plu, je vous invite à laisser une petite review histoire de me dire ce que vous pensez de mon histoire. Vous pouvez aussi follow la fiction pour être tenu au courant dès qu'un chapitre sort. Je vous le recommande vraiment pour le coup.
Voilà ! À bientôt ;)
MAJ : 27/05/2019.
Je suis en train de retravailler les chapitres 1 à 12 au niveau du texte. Je souhaite le rendre plus en accord avec ma manière d'écrire d'aujourd'hui, étoffer certains passages que j'aurais pu expédier et corriger les incohérences (il y en a). Je vais aussi, dans les jours à venir, mettre à jour la ponctuation des 12 premiers chapitres donc ne paniquez pas si la ponctuation des dialogues varie d'un chapitre à l'autre (du 1 au 12), c'est que je n'ai pas encore fait la mis à jour.
