II
Rose, couleur de séduction et de romantisme
Note de l'auteur : Voilà enfin le chapitre 2, tant attendu. Je vais un peu raconter ma life mais juste après avoir posté mon chapitre 1, mon disque dur est mort et mon ordi est parti en réparation presque 1 semaine et deux jours après, j'ai enfin retrouvé un emploi, qui m'a pris beaucoup de temps au début. Je retrouve un rythme tranquillement et je profite de ce jour de congé pour finir et publier ce chapitre. Bonne lecture !
Cela faisait quatre jours. Quatre jours que j'avais embrassé Spock. Quatre jours que nous nous évitions cordialement, en dehors des heures de travail. En revanche, sur la passerelle, où nous nous trouvions présentement, nous étions bien obligés de maintenir l'illusion d'une entente cordiale. Lui comme moi, avions le désir que tout ceci reste à jamais enterré entre les quatre murs de mes quartiers. Nous communiquions donc, de manière parfaitement professionnelle, du moins en apparence. Pour parfaire cette ambiance polaire, Nyota ne cessait d'être cassante avec lui, sous n'importe quels prétextes. Il y avait manifestement de l'eau dans le gaz entre ces deux-là. J'avais peur d'y être pour quelques choses et restai donc concentré sur l'écran principal, pour ne pas trop y penser.
…
Nous naviguions dans une zone inexplorée du Quadrant Delta. Je me fis la réflexion que l'espace profond était surtout profondément ennuyeux, quand une planète apparut soudainement, comme sortie d'un trou noir, sur nos radars. Avant même d'en formuler la pensée, j'avais pivoté spontanément en direction de Spock, qui sans avoir besoin de croiser mon regard, m'expliqua que les données étaient complètement incompréhensibles et que l'astre, qui occupait maintenant une bonne partie de l'écran, n'était pas là une minute auparavant. On pouvait presque entendre les rouages de son cerveau génial tourner à plein régime, luttant contre l'illogisme de la situation. Pour ma part, j'observai l'intruse, comme hypnotisé par sa couleur rose, absolument inédite, en me demandant dans quoi nous nous étions encore embarqués.
…
Après une analyse complète des caractéristiques et que nous nous soyons assuré avoir affaire à une planète de classe M, j'ordonnai la mise en orbite à Sulu et me levai, trépignant d'impatience, direction la salle de téléportation. J'allais enfin avoir droit à un peu d'action et ne laisserai personne m'en priver. Juste avant que les portes de l'ascenseur ne se referment sur moi, Spock se glissa dans la cabine. C'était la première fois que nous nous retrouvions seuls depuis l'incident. J'observai son profil du coin de l'œil, sa posture droite, ses mains jointes derrière son dos et surtout son oreille gauche, la seule visible de mon point de vue, parfaitement appétissante, quand il prit soudainement la parole.
« Je demande la permission de vous accompagner au sol, Capitaine. Mes relevés indiquent une végétation tout à fait inconnue, ainsi que des minéraux rares. J'aimerais effectuer quelques analyses. »
Sa requête me prit de court. Après les événements récents, je pensais qu'il éviterait ma présence au maximum. Mais Spock restait Spock. Incapable de résister aux mystères d'une terre inconnue. Intérieurement, j'étais plus qu'heureux à l'idée de vivre une nouvelle aventure avec lui. Extérieurement, je me contentai de lui répondre par l'affirmative, le plus platement possible. Il sembla néanmoins satisfait, autant qu'un Vulcain puisse en avoir l'air. Nous arrivâmes ensemble en salle de téléportation, où nous attendaient deux gardes de la sécurité, leurs t-shirts rouges saillant leurs muscles et leurs paquetages à leurs pieds ; ainsi que McCoy avec ses kits médicaux et l'enseigne de garde, à son poste. J'interceptai le regard de Bones, qui se posa sur Spock puis sur moi. Il savait qu'il s'était passé quelque chose. Je ne lui avais rien dit, mais il me connaissait trop bien. Et il savait que je savais qu'il savait. Spock, trop occupé à briefer notre escorte sur la mission, n'était pas conscient de mon échange silencieux avec Léonard. Ce dernier s'approcha alors de moi, ses foutus kits médicaux dans les mains et sous prétexte de me les donner, se pencha vers moi pour murmurer à mon oreille.
« Ne crois pas échapper encore longtemps à une bonne discussion, Jim. Ni à un examen médical complet quand tu reviendras de cette planète. »
Sans me laisser le temps de répondre (répondre quoi ?), il quitta la pièce, après nous avoir souhaité bon courage.
Je distribuai les trousses de secours et grimpai sur la plateforme, suivis de mes trois compagnons de galère.
« Énergie ! »
Je ressentis les picotements caractéristiques de la dématérialisation, tandis que les murs de l'Enterprise disparaissaient pour laisser place à un paysage extraordinaire. Nous étions au milieu d'une clairière, entourés d'une végétation luxuriante similaire à nos forêts terriennes, à la différence que toutes les plantes, de l'herbe aux feuilles des arbres, se peignaient d'une nuance allant du rose au pourpre. La terre était rouge, les troncs et les branches d'une couleur cuivrée. Le tout contrastant avec le bleu profond d'un ciel parcouru de quelques nuages d'un rose très pale.
Spock, armé de son tricordeur, était déjà accroupi au sol, analysant des échantillons du terrain. Les deux gardes s'étaient postés chacun dans une direction, phaser au poing sur position paralysie, à l'affût du moindre bruit. D'après les radars, la faune de cette planète n'était constituée que d'animaux. Pas d'autochtones humanoïdes intelligents en vue. Aucune civilisation. Un environnement totalement sauvage et primitif. Nous ne savions pas vraiment à quel genre de bêtes nous attendre, la prudence restait donc de mise.
Nous étions à découvert et devions trouver un abri au plus vite. En hauteur de préférence. À notre droite, se dressait une colline, mélange de pâturage rosâtre et de pierres acajou, à environ deux kilomètres à vol d'oiseau.
« Spock, allons nous installer à flanc de cette colline, avant la tombée de la nuit. Je ne sais pas combien de temps les journées durent ici, mais ces nuages violets à l'horizon, ne me disent rien qui vaille. Peut-être est-ce un orage qui se prépare. »
« Cela m'en a tout l'air, Capitaine. Et, d'après mes calculs, une journée solaire dure environ quinze heures. Il me semble, en effet, nécessaire de trouver un refuge au plus vite. »
…
Nous progressions lentement dans cette végétation dense. Spock trépignait tel un gosse le jour de Noël, version vulcaine. C'est-à-dire qu'il allait de plantes en plantes, analysant chacune d'elles, en marmonnant dans sa barde inexistante.
« Comment expliquez-vous ces nuances de couleurs insolites ? » Demandai-je, plus pour faire la conversation que par réel intérêt, la botanique n'étant pas ma grande passion.
« D'après mon tricordeur, cela viendrait de la courte durée des jours. Elle influe sur la température moyenne, qui ne dépasse pas les treize degrés Celsius durant la saison chaude et diminue la production de chlorophylle, le composant donnant la couleur verte à laquelle nous sommes habitués, par photosynthèse. Laissant donc apparaître les anthocyanes, des pigments à l'origine des couleurs rouge, rose, bleue, violet et pourpre. C'est fascinant, Capitaine. »
« Fascinant, en effet. »
Spock ne sembla pas percevoir le sarcasme dans ma réponse et s'en retourna à ses activités. Il était évident qu'il ne voulait pas s'attarder plus que nécessaire dans une discussion avec moi. Cela me peinait plus que je ne voulais l'admettre. Je désirai qu'il me regarde, qu'il me parle, qu'il fasse attention à moi, et me trouvai pathétique, mais malgré moi, lui adressai de nouveau la parole, sur un sujet scientifique à défaut d'autre chose.
« Tout ceci n'explique pas d'où sort cette planète. »
« Cela reste encore un mystère, Capitaine. »
« Vous avez des hypothèses ? »
« Plusieurs. Mais je ne suis encore sûr de rien. »
Il en resta là, ne semblant pas vouloir développer plus que cela. Sa réticence à m'adresser la parole commençait sérieusement à m'agacer. Je jetai un œil à notre escorte. L'Enseigne Johnson ouvrait la marche, se retournant de temps à autre vers nous et l'Enseigne Jane terminait notre petit groupe, nous suivant de près. Je m'approchai alors de Spock, discrètement, me penchant à son oreille, sans arrière-pensée.
« Vous comptez faire comme si rien ne s'était passé encore longtemps ? »
« Ce n'est ni le lieu, ni le moment, Capitaine. La tempête approche et nous devons absolument nous établir quelque part. »
…
Nous étions enfin au pied de la colline et je suivis le regard de mon premier officier qui s'était posé sur notre objectif. Une cavité dans la roche. Suffisamment profonde pour nous abriter, mais trop étroite pour servir d'habitat à un prédateur. Je me tournai vers Jane pour lui ordonner d'aider Johnson quand je remarquai sa disparition. Il était là cinq minutes auparavant. Il ne pouvait pas être bien loin. J'appelai son nom, sans succès, quand une main se plaqua sur ma bouche, me réduisant au silence. Je reconnus la silhouette de Spock plaquée contre mon dos, levant son tricordeur devant mes yeux. Le radar détectait une source de chaleur à quelques mètres de nous, mais celle-ci n'était pas humaine.
« Nous devons nous cacher, Capitaine, et vite. »
Son souffle chatouillait mon cou, tandis qu'il chuchotait. Il était si près de moi que je reconnus l'odeur de sa peau. Cette fragrance chaude, mélange du sable des déserts Vulcains, de cuivre et de soleil, dont j'avais eu un aperçu il y a quelques jours. J'essayai de ne pas me laisser distraire dans une telle situation et me détachai de l'objet de ma tentation pour entamer l'ascension de la falaise, vers notre planque, Spock et Johnson sur mes talons.
