Luke Matthews
J'entre dans la cuisine où ma mère préparer le repas. Je m'assois sur le plan de travail.
« Un problème ?
-Je suis désolé, Maman. Je n'aurai jamais dû te parler comme je l'ai fait.
-Ni mêler Holden à la conversation, comme tu l'as fait. Il était juste à côté !
-Je suis désolé, Maman. Vraiment.
-Je sais, mon ange. Je sais. »
Elle pose ses ustensiles et pose sa main sur ma joue. Celle qui était rouge, il y a quelques heures. Je détourne, légèrement, la tête et elle soupire. La porte s'ouvre et mon père arrive. Je saute de la surface sur laquelle j'étais. Holden est avec le patriarche de la famille.
« On a enfin le lit !
-Je croyais qu'on attendait ?
-Je te l'ai dit : c'est beaucoup trop malsain ! »
Ma mère soupire et se tourne vers moi alors que mon cœur se serre, douloureusement. Holden me fait un faible sourire et me fait signe de le suivre. Nous montons les cartons de son futur lit. Une fois dans sa chambre, il ferme la porte pour gagner un peu de place.
« Malsain ? Je vois pas en quoi dormir entre frère est malsain !
-Holden, nous avons, tous les deux, grandis. Je sais que tu ne veux pas voir les choses en face mais nous ne sommes plus les gosses de 7 et 13 ans. Au bout d'un certain âge, dormir dans le même lit de son frère commence à paraître louche. Enfin, selon certaine personne. Tu as toujours l'innocence d'un enfant de 12 ans, mais je te jure que c'est bizarre qu'on dorme ensemble, à nos âges, alors que tu as une chambre à toi. »
Il hausse les épaules et nous commençons à construire son lit. Je sais que c'est bizarre pour lui, mais ça l'est aussi pour moi. Notre père m'agace, ces derniers temps. La sonnette de l'entrée retentit et je me lève pour regarder par la fenêtre.
« C'est qui ?
-Pasteur Ian. » soufflai-je.
Holden soupire aussi. Nos parents sont en train de divorcer, à cause de lui et je le déteste, pour ça. Puis il se croit supérieur. La porte de la chambre s'ouvre à la volée.
« Aucun de vous deux ne descend jusqu'à nouvelle ordre ! Et soyez silencieux ! »
Holden et moi échangeons un regard alors que notre mère redescend déjà. Je hausse les épaules et on se concentre sur son lit.
Après maintes et maintes efforts, on a réussit à monter le lit. On attrape, chacun, un côté du matelas pour le poser sur le sommier. L'une des carres s'effondre et mon aîné et moi échangeons un regard. Je soupire et tire sur le matelas pour tenter d'arranger les choses.
« J'ai oublié l'une des vis ! Je me disais bien, aussi, qu'il y en avais beaucoup trop. »
Je ricane et attrape la vis que mon frère tient entre ses mains. Je la met à sa place et on remet le matelas, le lit ne s'écroulant pas.
« Je crois qu'on est vraiment pas mauvais, finalement. »
Je hoche la tête, faiblement. Holden me fixe, la tête légèrement penchée sur le côté.
« Qu'est-ce qui ne va pas, Luke ?
- Ça va me faire bizarre de dormir loin de toi. Depuis quelques semaines, on dort ensemble et… Je m'y étais presque habitué. Je vais être obligé d'invité Riley, maintenant.
-J'étais sérieux, Luke. Quand je disais de te méfier. Je te rappelle que j'ai des pouvoirs, petit frère. Je peux faire d'elle ce que je veux ! »
Je lui lance un regard noir alors qu'il est, réellement, sérieux. Je sors de sa chambre, énervé. Je suis en haut des escaliers quand sa main attrape mon poignet, mon cœur ratant un battement.
« Quoi ?
-Maman a dit qu'on ne devait pas descendre, tu te souviens ? »
Je soupire et m'assois contre le mur, au milieu du couloir. Holden lève les yeux au ciel et se dirige vers sa chambre. Avant d'entrer, il se tourne vers moi.
« On dirait un sale mioche qui fait un caprice, Luke. Viens ! »
Je secoue la tête.
« Arrêtes de faire l'enfant et viens ! Je croyais que tu avais 19 ans ? Je ne pense pas que ton comportement actuel soit celui d'un adulte de 19 ans.»
Je me lève, vexé. Il a raison, ce con. Si je veux qu'on me considère comme un adulte, je dois agir tel quel. Je retourne dans la chambre de mon frère qui s'est allongé sur son lit. Je m'allonge à ses côtés et on fixe le plafond, tous les deux.
« C'est malsain à ce point ?
-Disons que si tu dis ça à quelqu'un d'extérieur à ta situation, ils vont te prendre pour un espèce de pervers, ouais.
-Pourquoi ?
-A 24 et 19 ans, nous ne sommes pas supposé partager le même lit. Les gens pourraient penser qu'on a une relation incestueuse. »
Holden lâche un rire amusé. Je tourne la tête vers lui et me rend compte qu'il me fixe aussi. Son rire se coupe et il se rapproche de moi. Mon cœur s'emballe alors que je n'ai aucune envie de me reculer ou même de le repousser.
« Les garçons ! Vous pouvez redescendre si vous voulez ! »
La porte s'ouvre sur notre mère alors que chacun a reprit sa place. On lui sourit alors qu'elle secoue la tête.
« On vérifiait qu'il soit confortable.
-Et ?
-Il est parfait. sourit Holden.
-Je vais faire quelques courses ! Vous avez besoin de quoique ce soit ? »
On secoue la tête, tout les deux, en même temps. Notre mère sourit et part, fermant la porte derrière elle. On vient d'échapper au pire, je crois. Si elle était arrivé quelques secondes plus tard et sans parler, elle retrouvait ses deux fils en train de s'embrasser. Holden et moi échangeons un regard gêné.
« Désolé. C'était…
-je de blaguer.
-Carrément malsain. Je suis vraiment désolé, Luke.
-C'est bon. Pas un soucis, ne t'inquiète pas. »
Je m'assois et il fait de même, suivant mon mouvement. Je tente de calmer mon rythme cardiaque alors qu'une sensation de bien-être s'était installé dans le creux de mon estomac. Mon frère me fixe et je l'interroge du regard.
« J'ai aucune expérience. Tu veux pas m'aider.
-Holden !
-Je sais que c'est bizarre comme demande, mais… Je suis sûr que tu as de l'expérience et… T'es mon petit frère !
-Justement, Holden. Je suis ton frère ! On ne peut pas faire ça entre frère. Puis si c'est pour, après, rouler des pelles à Willa : entraîne toi sur une fille, pas sur moi. »
Je me lève et quitte sa chambre, me dirigeant vers la mienne. J'entends ses pas me suivre et je soupire. Il peut être vraiment chiant, des fois. Je m'écrase dans mon lit et il reste debout, face au matelas où je viens de m'étaler.
« Luke, tu es la seule personne en qui j'ai assez confiance pour ça. S'il te plaît !
-C'est non.
-Petit frère…
-Encore moins quand tu m'appelles « petit frère ». On est frères. On ne peut pas faire ça. C'est malsain. »
Il soupire et quitte la pièce. Je déglutis difficilement. Cette histoire va être vraiment compliquée, je le sens. J'aurai dû le repousser quand nous étions dans sa chambre. Je viens de le laisser imaginer des choses et, maintenant, il veut que je l'aide à se perfectionner en bisou. Bientôt, il va me demander de coucher avec lui, si on l'écoute.
