Chapitre 2
Rita s'était presque résignée à passer la soirée dans sa chambre, lorsqu'elle réalisa qu'il se passait quelque chose. Elle quitta le bureau auquel elle s'était installée pour mettre ses notes au propre et ouvrit prudemment la porte qui donnait sur le couloir.
Un
Sirius passablement exaspéré passa devant elle, suivi d'un Lupin
sur la défensive. « Si c'est pour nous annoncer qu'il court
retrouver sa dulcinée, je l'étripe ! maugréa Black.
-
Tu pourrais peut-être te montrer un peu plus compréhensif,
non ? soupira Remus, le saisissant par le bras.
- Je suis
compréhensif !
- Il est épuisé, tu sais…
-
Justement ! Qu'il reste se reposer dans sa chambre !
-
Sirius…
- Tu préviens Rogue ! Il est hors de question
que je mette un pied dans la bibliothèque !
- Evidemment…
» grommela Lupin.
Il y avait du nouveau. Du nouveau nécessairement intéressant ! Rita saisit son bloc de parchemin et sa plus belle plume, avant d'emboîter le pas aux deux hommes.
«
Et évidemment, la fouille-merde est de la partie ! s'exclama
Sirius, jetant un regard par-dessus son épaule.
-
Vous n'êtes pas obligé d'être mal poli ! répliqua Rita,
s'élançant dans les escaliers derrière lui.
- Mais
bien sûr…
- Où est Harry ?
- Il dort. Et
c'est tant mieux ! Il assiste à trop de disputes, ces derniers
temps… »
Rita allait lui faire remarquer que c'était en grande partie de sa faute, que s'il n'était pas aussi soupe au lait, l'atmosphère de la maison serait plus sereine, mais elle se mordit la langue et ravala ses mots. Exaspérer Sirius un peu plus était sans doute amusant, mais pas très intelligent. Et contrairement à ce qu'il pensait, Rita était très capable de tenir sa langue lorsqu'il le fallait. Quand il était clairement dans son intérêt de la fermer.
Arrivés dans le hall, Remus Lupin obliqua directement dans la bibliothèque, tandis que Sirius entrait dans le salon, Rita toujours sur les talons.
Regulus Black était assis dans son fauteuil préféré. Il avait l'air passablement abattu, remarqua Rita. Lui qui n'était déjà pas en grande forme…
« Qu'est-ce qu'il y a, encore ?! pesta Rogue, en entrant à son tour dans le salon, Lupin derrière lui. J'étais occupé, Regulus ! »
Rogue, aussi emporté que Sirius, pensa Rita. Elle plaignait sincèrement le pauvre Lupin, qui servait de tampon entre les deux.
Un jeune homme intéressant, que ce Remus Lupin. Si, au départ, elle s'était soigneusement tenue à distance de lui, l'estimant bien plus dangereux que Rogue ou les frères Black, elle avait fini par juger sa réserve vaine. Remus était la douceur même, malgré son statut de loup-garou.
Elle envisageait très sérieusement de lui consacrer un papier entier. Après avoir réhabilité Sirius, s'attaquer à une vaste série d'articles sur la condition des loups-garous serait certainement gratifiant.
« Assieds-toi, Severus », dit Regulus d'un air sombre.
D'un seul coup, l'attention de tous se concentra sur lui. Rita se sentait frémir d'excitation.
« De quoi s'agit-il,
ce coup-ci ? soupira Sirius, tendu.
- Kreattur ? Tu
veux bien répéter ce que tu m'as dit tout à l'heure ?
-
Maîtresse Narcissa nous fera le plaisir de nous visiter demain.
»
L'Elfe se troubla légèrement, en constatant qu'aucune des personnes présentes ne partageait son enthousiasme. Il jeta un regard en coin à Regulus, qui lui adressa un sourire désabusé.
«
Pardon ? fit Sirius, le souffle court. C'est une blague ?
-
Pas du tout ! répartit Regulus. Narcissa met un point d'honneur à
visiter sa tante tous les mois !
- Et cet imbécile d'Elfe
ne nous l'annonce que maintenant ?! »
Sirius se tourna vers Kreattur, menaçant. Rita aurait juré qu'il était prêt à le frapper.
Surprenant, de la part de quelqu'un qui s'était par ailleurs lié d'amitié avec un loup-garou.
« Il ne pensait pas à mal, en se taisant, Sirius, protesta Regulus. Narcissa fait partie de la famille ! »
Kreattur lança un regard inquiet à Sirius, avant de reculer de quelques pas, cherchant manifestement la protection de Regulus.
« Bon… coupa Rogue.
Et qu'est-ce qu'on est censé faire, maintenant ?
-
Il n'y a qu'à faire dire à Narcissa que sa tante est malade !
répliqua Sirius.
- Oh, parfait ! Et tu inscris comme ça
en lettres de feu : Sirius et Regulus sont de retour Place Grimmaurd
! répartit Rogue.
- Il a raison, intervint Regulus. Si
nous refusons l'entrée de la maison à Narcissa, Lucius
soupçonnera tout de suite quelque chose. Tu peux être sûr de voir
débarquer les Mangemorts dans l'heure.
- Oh, très bien
! s'emporta Sirius. Alors laissons entrer Narcissa ! Et
soumettons-là à l'imperium !
- Et tu crois que
Lucius se laissera berner ? »
Sirius se laissa tomber sur le divan et se passa une main nerveuse sur le visage. Il faisait visiblement de gros efforts pour se contrôler.
« Très bien…
Il faut donc faire comme si tout était normal. Laissons Narcissa
entrer… Et prendre le thé avec mère.
- Mauvaise idée…
murmura Regulus.
- Pourquoi ? Cette vieille chouette est
sous imperium, elle dira ce qu'on voudra qu'elle dise !
-
Ne parle pas d'elle comme ça ! lâcha Regulus froidement. C'est
ta mère !
- C'est très risqué, coupa Remus, avant que
Sirius puisse enchaîner par quelque remarque désagréable. Mrs
Black est… perturbée… A ce qu'il semble…
-
Perturbée ?! Elle n'a jamais été saine d'esprit, voilà la
vérité ! ricana Sirius.
- Arrête, Sirius ! soupira
Remus. Est-ce que tu l'as écoutée parler ? Elle parle de
toi comme si tu étais un enfant de dix ans ! Comme si tu n'étais
jamais parti d'ici en claquant la porte ! Comme si, en revenant
ici, Regulus et toi, vous aviez balayé les dix dernières années de
sa vie ! Nous ne pouvons pas être certains qu'elle ne dira pas
n'importe quoi à Narcissa !
- Sur un esprit trop
fragilisé, même l'imperium n'est pas une garantie, intervint
Rogue. Il vaudrait mieux que ta mère reste dans sa chambre, Regulus.
»
Il y eut un silence, pendant lequel chacun s'efforça de trouver une solution. Pour la première fois depuis qu'elle partageait le quotidien de ces hommes, Rita ressentit une pointe d'angoisse. Et si les Mangemorts venaient à prendre la maison d'assaut ? Que ferait-elle ? Bien sûr, sous sa forme animagus, elle parviendrait vraisemblablement à passer inaperçue. Mais qu'arriverait-il aux frères Black, à Rogue, à Remus ? Et au petit Harry ?
« Il faut lever l'imperium de Mrs
Black et quitter la maison, préconisa finalement Remus. De toute
façon, nous étions d'accord pour dire que ce n'était pas la
cachette idéale. Autant partir tout de suite.
- Non,
contra Rogue. J'ai besoin des ressources de cette maison pour
détruire le médaillon.
- Détruire le médaillon…
marmonna Sirius. Nous n'en sommes plus là, si ?! Je veux dire, il
y a d'autres priorités ! Comme mettre Harry à l'abri.
-
Le gosse ne sera à l'abri nulle part tant que le médaillon n'aura
pas été détruit, tu le sais très bien, Black.
- Oui…
Curieux que tu avances cet argument-là, toi ! répliqua
Sirius. Qu'est-ce que ça peut bien te faire, que le fils de
James soit en vie ou non ?!
- Sirius… prévint Regulus.
Ce n'est pas le moment de nous disputer !
- Ce que je
veux dire, c'est que Rogue passe son temps le nez dans les livres
de magie noire de Père ! Tout ce qui l'intéresse, c'est ce
fichu horcruxe ! Est-on même sûr qu'il cherche bien à le
détruire, au moins ?! A moins qu'il ne le reprenne pour son propre
compte ! »
Rogue pâlit considérablement. Rita vit ses doigts se crisper sur le tissu de sa robe. Elle fit un pas de côté, pour s'écarter de lui, juste au cas où…
« Je perdrai
mon temps à expliquer à un idiot comme toi le cheminement de mes
recherches ! répliqua Rogue. Je suis sur la bonne voie, Regulus.
Vraiment. Et j'ai besoin des ingrédients magiques de ton père.
-
Des ingrédients ?! Tu pourras en trouver n'importe où ! s'exclama
Sirius.
- Pas de façon aussi sûre, ni surtout, aussi
rapide !
- On ne va pas le laisser décider de la meilleure
chose à faire, quand même ! appuya Sirius, se tournant vers
Regulus.
- Son avis compte aussi, Sirius, trancha
Regulus.
- Tu as vraiment découvert quelque chose, Severus
? demanda Remus, intéressé.
- Oui… Mais j'ai des
recoupements à faire, des expériences à mener… Il est hors de
question que je fiche le camp maintenant ! »
Il croisa les bras, l'air déterminé. Sirius le foudroya du regard, sans un mot.
« De toute façon, Sirius, où irions-nous ?
demanda Regulus.
- Si nous ne pouvons pas partir, si nous
ne pouvons pas interdire l'entrée à Narcissa, et si nous ne
pouvons pas faire confiance à Mrs Black… résuma Remus. Il
faudrait qu'on remplace Walburga.
- Quoi ?
-
Que l'un de nous se fasse passer pour elle. Vous êtes ses fils,
vous parviendrez sans mal à imiter votre mère, non ? » insista
Remus.
Regulus et Sirius échangèrent un regard.
«
Même si ma mère n'est pas une beauté, elle ressemble quand même
furieusement à une femme, non ?! fit Sirius. Tu trouves que Regulus
ou moi lui ressemblons à ce point ?!
- J'ai bien pris
l'apparence de Bertha, moi ! répliqua Remus, d'un air de défi.
-
Mais tu avais du polynectar, remarqua Rogue.
- Et ?
-
Je n'en ai plus ! Regulus a pris tout ce qui me restait, quand il
s'est précipité au Ministère pour sauver son frère !
-
Et il n'y a pas moyen d'en refaire ?
- Tu sais combien
de temps ça prend, Lupin ? » demanda Rogue, comme s'il parlait à
un demeuré.
Lupin ne répondit pas, visiblement conscient de sa bourde.
« Et je doute que mes parents aient ici une
réserve de polynectar, ils n'en auraient pas eu l'utilité…
murmura Regulus.
- Effectivement, ils n'en ont pas. J'ai
fait le tour des étagères de ton père, en arrivant. Ils n'ont
même pas de quoi en fabriquer, confirma Rogue. Mais tu sais, avec
une perruque, Sirius…
- Ta gueule ! » gronda Sirius.
Il y eut un nouveau silence, encore plus lourd. Rita détailla la physionomie des deux frères. N'en déplaise à Sirius, l'idée de Rogue n'était peut-être pas si idiote…
« Cours de métamorphose, sixième année », lâcha-t-elle.
Quatre paires d'yeux convergèrent aussitôt vers elle.
« Cours
basique de métamorphose, répéta-t-elle. Changer
d'apparence. Vous êtes un animagus, Sirius, vous devez avoir des
prédispositions pour la métamorphose, non ?
- C'était
sa matière favorite, à Poudlard, acquiesça Remus. La seule où il
parvenait à battre James… »
Les deux amis échangèrent un regard. Chargé de souffrance. Bizarrement, Rita sentit sa gorge se nouer légèrement.
« Vous avez des traits assez proches de
ceux de votre mère, reprit-elle. Avec quelques efforts…
-
Vous voulez que je prenne son apparence à elle… ?! fit Sirius,
incrédule.
- C'est mieux qu'une perruque, ricana
Rogue.
- Ta gueule ! Ça ne marchera jamais !
-
Tu peux quand même essayer, Sirius, dit Remus.
- J'ai
des facilités en métamorphose, soit ! Mais ça… ! Je n'arriverai
jamais à ressembler à une femme !
- Il faudra bien
essayer, pourtant… » fit Regulus, sombrement.
XXXXXXX
Faire pencher le procès dans le sens qui l'arrangeait avait été un jeu d'enfant, songea Lucius, en traversant le jardin parfaitement entretenu de son manoir. Ces idiots du Ministère se croyaient malins, mais ils n'avaient pas sa verve, ni son don naturel pour l'intrigue. Dépeindre Isabelle Fudge comme une victime innocente de son affreux cousin avait été d'une simplicité incroyable !
Lucius était satisfait comme il ne l'avait pas été depuis longtemps. Comme il ne l'avait pas été depuis que les choses avaient si affreusement dégénérées : Greyback qui avait laissé le petit Potter disparaître dans la nature, ses cousins qui s'enfuyaient d'Azkaban…
Et Drago.
Lucius ne voulait pas penser maintenant à son fils. Il avait peut-être un espoir, il devait s'y accrocher. Si Isabelle était bien, comme il le pensait, l'alliée de Regulus, si elle était vraiment du côté de Sirius… Elle finirait par prendre contact avec eux. Et par là-même, il retrouverait la trace de Harry Potter. Lucius était persuadé que Sirius avait récupéré son filleul. Ce Lupin, qui l'avait enlevé au nez et à la barbe de Greyback, était bien son ami, non ?
Il entra dans le vaste hall. Dobby se matérialisa aussitôt devant lui et le débarrassa de sa cape de voyage.
« Des nouvelles ? demanda-t-il.
-
Aucune, Maître.
- Où est ma femme ?
- Dans la
chambre de Monsieur Drago, Maître… »
Encore. Il ne pouvait pas lui en vouloir.
Il monta les escaliers jusqu'à la chambre de l'enfant.
La pièce était plongée dans l'obscurité, seule une chandelle brûlait, posée sur une commode. Il distingua à peine la silhouette de sa femme, mais la devina courbée sur le petit lit. Le petit lit où gisait son fils, son héritier.
« Il est tard, Narcissa. Presque l'heure du
dîner.
- J'ai donné des ordres à Dobby.
-
Vous n'allez pas encore manquer le repas ! Il faut vous ressaisir
!
- Je… »
Il la comprenait, certes. Mais il ne pouvait pas lui permettre de conserver une pareille attitude. Pas lorsqu'elle était si contraire aux desseins de leur Seigneur.
« Il n'ira pas mieux, vous le savez, insista-t-il. Le veiller comme vous le faites est vain ! Vain et dangereux ! Vous risquez simplement de l'irriter… »
Ne comprenait-elle pas le danger qu'elle leur faisait courir à tous, s'il se mettait en colère ? Même diminué comme il l'était, c'était un risque que Lucius ne voulait pas courir.
«
Vous allez passer dans votre chambre et vous vêtir pour le dîner.
Ensuite, vous irez vous coucher. Vous devez présenter un visage
serein à votre tante, demain.
- Je n'irai pas. »
Lucius se tendit. Il n'admettait pas la contradiction. Narcissa ferait comme lui l'entendait, il y veillerait.
« Vous irez,
Narcissa.
- Vous ne pouvez pas me demander cela !
protesta-t-elle, des larmes dans la voix. Vous ne
pouvez pas me demander de me livrer à ces mondanités alors que mon
fils… »
Sa voix s'étrangla. Lucius était presque soulagé que la pièce fût si sombre. Il ne supportait pas de voir sa femme pleurer – aveu pitoyable de faiblesse. Lui-même ne pleurait jamais.
« Vous irez ! répéta-t-il
plus durement. Vous vous rendrez chez Walburga comme tout le monde
s'attend à ce que vous le fassiez ! Et vous lui sourirez avec
votre courtoisie si parfaite !
- Non…
- Vous
échangerez des banalités avec elle, et surtout – surtout !
– vous chercherez à savoir si elle a eu le moindre contact avec
ces fils, ces derniers jours ! »
Il y eut un silence. Puis, Narcissa renifla, avant de reprendre :
« Sirius ne penserait
certainement pas à se réfugier chez sa mère. Il la déteste !
-
Mais Regulus ?
- Je ne sais pas… »
Lucius savait que la chance qu'il retrouve la trace des frères Black à leur domicile était bien mince… Mais il ne devait négliger aucune piste. Et Narcissa était la mieux placée pour lui servir d'espion dans la place. Walburga avait toujours eu un faible pour sa nièce.
« Comprenez, Narcissa, qu'il est dans notre intérêt de remettre la main au plus vite sur vos cousins… dit-il, pesant ses mots avec soin. Dans l'intérêt de Drago. »
Lucius laissa le silence s'étirer. Le temps que sa femme comprenne bien ses dernières paroles.
Puis, celle-ci se leva.
« Je vais demander à Dobby d'acheter un énorme bouquet de lys. Ma tante les adore. »
Elle quitta la chambre, le frôlant à peine au passage.
Sur le lit, le petit garçon n'avait pas bougé.
XXXXXXX
« Non, ça ne va pas, c'est trop…
fit Remus, penché sur Sirius.
- Ses sourcils ne sont pas
aussi épais, insista Regulus. Essaye…
- Stop ! fit
Sirius, à bout de nerfs. Ça suffit ! Je n'y arriverai jamais !
-
On n'a pas le choix, Sirius, fais un effort ! protesta Regulus.
-
Mais tu n'as qu'à le faire, toi ! répliqua Sirius. Après tout,
tu lui ressembles autant que moi !
- Mais je n'ai aucun
don pour la métamorphose ! répliqua Regulus. Et puis… Je suis
trop fatigué… »
Sirius hésita, mais préféra se taire. Il soupira, et se concentra de nouveau, face au miroir. C'était difficile. Plus difficile que de prendre sa forme animagus. Et puis, il n'aimait pas voir son visage se transformer pour ressembler au sien.
Ses traits s'altérèrent, des rides se formèrent autour de ses yeux, les commissures de ses lèvres s'affaissèrent légèrement… Mais ce n'était pas encore convaincant, loin de là !
« C'est
une perte de temps ! décréta Rogue, par dessus son épaule.
-
C'est très constructif, comme remarque ! souligna Remus.
-
Tu n'y arriveras jamais, Black ! insista Rogue. Crois-moi,
je serai ravi de te voir te ridiculiser habillé en vieille femme,
mais il faut se rendre à l'évidence ! Ton ossature n'est pas du
tout adaptée, tu ne passeras jamais pour une femme ! Et puis, il y a
un autre sacré problème ! Tu vas expliquer comment, à ta cousine,
les vingt centimètres de plus ?! Tu es beaucoup trop grand !
»
Aussi désireux qu'il puisse être de clouer le bec à Rogue, Sirius devait bien admettre qu'il avait raison.
« Je
resterai assis…
- Et tout courbé… C'est ridicule.
»
Bien que cela lui fende le cœur de l'admettre, Rogue avait raison. Il ne parviendrait jamais à prendre l'apparence de sa mère, du moins, pas de façon satisfaisante. Et ils perdaient un temps précieux. Pourtant, Sirius se refusait à abandonner. Il ne baisserait pas les bras, à moins qu'une autre solution se présente.
« Je pourrais essayer… » dit une voix calme, derrière lui.
Les quatre hommes dévisagèrent Rita avec incrédulité.
« Le problème que rencontre Sirius est de
type morphologique. Il est plus facile, pour une femme, de prendre
l'apparence d'une autre femme… !
- Vous ? fit
Regulus, d'un air de doute.
- Je suis douée aussi, en
métamorphose… Et je fais à peu près la même taille que Mrs
Black.
- Mais vous ne la connaissez pas ! remarqua Sirius.
Du moins, pas comme nous nous la connaissons !
-
Sauf que je vous ai écoutés parler, et j'en sais sûrement plus
que vous ne le pensez ! Et puis honnêtement, je ne suis pas sûre
que vous, Sirius, soyez la meilleure personne pour l'incarner
! Vous avez si peu d'estime pour elle… »
Sirius se mordit les lèvres. Voilà qu'elle se remettait à faire de la psychologie de bazar ! Il était tout à fait capable de camper une Walburga réaliste !
« Elle a raison, Sirius, dit Regulus. Tu vois
Mère comme une harpie… Mais elle a toujours été parfaitement
courtoise avec Narcissa…
- Et de plus, renchérit Rogue,
on peut être certain que tu seras incapable de te contrôler à la
première allusion que ta cousine fera sur Harry ! Tu n'as jamais
su dominer tes nerfs !
- Je suis une journaliste, reprit
Rita. Et une bonne. Je sais m'adresser aux gens.
- Ouais…
On se demande bien pourquoi j'ai tellement envie de vous couper en
morceaux, quand j'échange plus de dix phrases avec vous ! »
Rita fit une petite moue expressive qui indiquait clairement ce qu'elle pensait de son caractère emporté.
« Cela vaut bien le coup d'essayer, conclut Regulus. Allez-y, Miss Skeeter. »
