A/N :
Le langage dans ce chapitre pourrait être un peu plus…coloré que dans le précèdent. Donc lecteurs avertis.
Il y a une chanson qu'il faut absolument écouter avec ce chapitre, idéalement au moment où elle est censée être jouée dans le chapitre (vous comprendrez à la lecture) : Confide in me de Kylie Minogue (lien sur mon profil).
[L'univers de Twilight appartient à S. Meyer]
…...
Chapitre 2
Une femme d'esprit est le Diable en intrigue (Molière)
…...
Edward pdv.
« Putain Em !je bosse ! » criai-je depuis ma chambre.
« Ouai…et sur quoi tu bosses avec Alice au téléphone ? hein ? j'te jure, vieux, t'es pas là dans trois minutes et Vicky verra jamais tes boules ! » me répondit Emmet croyant franchement me menacer.
« Em !tu fous pas le camps dans trois secondes et tu verras jamais tes putains de vingt sept ans ! » l'assurai-je. Je retournai à mon téléphone,
« Écoute Alice, je ne veux pas que tu le quittes tant que- »
« Putain mec, j'peux pas le croire !t'es vraiment avec elle ? Mets n'importe quel fringue, ça ira bordel ! Notre table est sous 'Cullen'! Même à poils, nous serons des princes ! » me hurla Emmet réalisant que j'étais vraiment avec notre sœur, seulement pas pour les bonnes raisons…et putain comme je ne pouvais pas supporter l'utilisation de notre nom de cette façon !
« Reste en ligne Alice ! » Emmet Cullen vivra vingt six ans. Je fonçai vers ma porte et l'envoyai valdinguer contre le mur. La tête d'Emmet disait clairement 'comment j'ai fais pour merder la nuit de mon anniversaire ?'
Ouai. Connard. T'es vraiment foutu.
Je le plaquai contre le mur, mon avant bras contre sa gorge, l'autre main l'utilisant pour lui expliquer ma façon de voire les choses.
« Est ce que t'es sur que tu veux qu'on fête ton anniversaire ce soir, enfoiré ? »
« Ecoutes Ed, »
« Ferme là ! C'est toi qui va m'écouter !si tu tiens absolument à ce que je sois de la party, il va falloir que t'attendes docilement que j'ai réglé tous mes problèmes, saisit connard ? »
Emmet pouvait certainement m'éjecter de son corps mais il avait mieux à faire immédiatement. Dans l'absolu, il était plus fort que moi. Le gars pesait presque le double de mon poids. Du muscle. Dur, tonic, dessiné comme sur une de ces putains de planche d'anatomie que j'ai du apprendre il y a quelques années. Mais avec la bonne dose d'adrénaline, celle de testostérone et ce qu'il fallait d'exaspération et je jure sur Dieu que c'était suffisant pour faire de moi un homme dangereux. Je desserrai un peu sa gorge juste pour entendre sa réponse.
« Les fringues ne sont pas un prob- » tenta-t-il de répondre mais je l'empêchai de débiter plus de conneries.
« Mes problèmes à l'hôpital, bordel ! Je t'explique mon vieux : ce soir, je suis pas d'humeur à entendre quelqu'un prononcer le nom de n'importe quelle prostituée de l'hôpital et il y absolument pas moyen que je t'entende parler de notre putain de nom comme si c'était un ticket prestige !
« Merde – désolé ! Comment je pouvais savoir que tu parlais de ton travail ? Putain ! Avec Alice ? »
« Dans la planète où je vis Alice est infirmière, débauché ! Tu sais quoi ? Dégage, je vous rejoins là bas si j'ai le temps ! »
« Ed – nan ! Dix minutes ça te va ? Allez…mec, putain ! C'est ma soirée ! Quinze minutes, dernier mot, on t'attend en bas dans la voiture. »
Là dessus, Emmet me laissa seul dans le vestibule en face de ma chambre.
Sa soirée.
Il fallait que je me calme.
Merde. Alice. Nathan.
Je retournai dans ma chambre à la recherche de mon portable.
« Alice ? »
« Tu as de la chance que je suis dans sa chambre ! Sinon tu aurais senti ma main brûler ton stupide et puéril GQ-visage rien que par le téléphone ! »
« C'est Em – vraiment Alice, je compte sur toi, les constantes toutes les demies heures, essayes de le faire manger s'il ne dort pas, le protocole antalgique est dans ton bureau, planche un peu sur de l'éventuelle famille qui le chercherait, je ne veux que toi autour de lui, s'il refait une attaque, appelles Ben le pédopsy, son bip est noté dans son dossier et-. »
« Arrête ! »
« Montre lui-. »
« Edward, stop ! Tout. Ira. Bien. D'accord ? Si jamais il y a un souci, je t'appelle. »
« Quoi que ce soit. »
« Il faut vraiment que tu te détendes, tu es beaucoup trop investi sur ce patient qui n'est d'ailleurs plus le tien -»
« Non, Alice ! Tu sais- »
« Ce que je sais Edward, c'est qu'il faut que tu te calmes, et dans tout ! Si tu vois ce dont je parle ! Tu es à deux doigts d'avoir tes boules accrochées en décoration dans le bureau de Papa, et maintenant la façon dont tu réagis avec ce patient ne me rassure pas du tout. »
« Alice, je ne me soucie pas deux secondes de cette merde! Et si Carlisle veut mes boules, il devra à peu près fermer son putain de service de chirurgie ! »
Il y a eu un moment de silence sur la ligne avant qu'elle me réponde, vaincue.
« C'est l'anniversaire d'Emmet ce soir, il a organisé un plan sympa, enfin du moins pour les gars cornés que vous êtes, et vraiment, c'est l'occasion pour toi d'oublier un peu l'hôpital, ça te fera du bien et c'est le meilleur cadeau que tu puisses faire à Emmet, crois moi. ».
« Ouai…c'est juste ce gosse, tu sais – laisse tomber – je vais y aller, je compte sur toi. » raccrochai-je sans attendre la suite.
Je claquai la porte de la villa, après avoir tapé le code alarme. Puis je me dirigeai vers la sortie pour rejoindre la voiture d'Emmet mais je stoppai net mes pas.
J'essayais de me souvenir des derniers mots qu' Emmet avait prononcé avant de me laisser dans le couloir… 'On t'attend dans la voiture'… Mais ici il n'y avait certainement pas de voiture.
Une limousine. Une putain de limousine noire.
Cette nuit, j'étais damné.
Je me dirigeai vers elle, certain que c'était bien 'la voiture' d'Emmet. J'ouvris une des portes arrière, sans vraiment regarder à l'intérieur, je savais que l'expression sur mon visage disait clairement qu'il valait mieux ne pas m'adresser la parole sauf utilité vitale.
Donc c'est ce qu'ils ont fait, ils m'ont ignorés.
Je savais que c'était l'anniversaire d'Emmet et que j'étais censé être heureux pour lui, jovial et toute la merde…mais il n'y avait aucune chance d'améliorer mon humeur quand je savais qu'à l'hôpital, il y avait ce gosse.
Cette putain d'impression de déjà vu, soudée à mon cerveau, me faisait frissonner au point que j'avais l'impression que ma colonne vertébrale était constamment entre l'état de fonte osseuse et celui d'ankylose irréversible. Je n'avais plus mangé depuis l'admission de Nathan, toute odeur confondue me ramenait systématiquement vers celle du sang, de la chaire, du cuir et de l'acier brûlés. J'avais constamment cette envie de gerber. Alice avait senti le problème que me poserait ce patient dès lors qu'elle a reçu l'appel disant l'arrivée en urgence de cet enfant par hélicoptère et avant même que je n'ai lu son dossier. Emmet, lui, n'était au courant de rien au sujet de l'hôpital sauf si on lui en parlait. Mais si jamais il apprenait les raisons exacts expliquant mon humeur de merde le jour de son anniversaire, je savais que cette fois je vomirais mes tripes. Parce que je pouvais m'occuper de l'incompréhension ou de l'ignorance mais pas du remord ou de la culpabilité et définitivement pas de la pitié.
J'étais encore dans mes pensées quand quelqu'un eu finalement le courage de m'adresser la parole.
« Dure journée Masen ? »
Je connaissais cette voix mais je ne pouvais pas la placer dans ce contexte. De plus, seules les personnes me connaissant de l'hôpital utilisaient ce nom, je tournai ma tête sur la droite vers la personne en question…
« Putain de merde ! Qu'est ce que tu fous là ? »
« Salut Edward ! Moi aussi je vais bien, merci de te- »
« J't'emmerde Ben ! Au dernières putains de nouvelles, qui datent d'il y a un peu plus de deux heures, t'étais sensé être de garde aux Urgences Psy cette nuit ! »
« Ouai, et bien il y a un peu moins de deux heures, ton frère adoré m'a demandé de venir à la soirée organisée, tu sais ? Pour son anni- »
« Putain ! J'peux pas le croire Em ! Depuis quand Ben est ton pote ? J'veux dire, quoi ? Vous vous êtes ligués contre moi cette nuit ? Ou bien tu veux vraiment bousiller ton anniversaire parce que j'te jure- »
« Eh vieux, t'as pas ramené avec toi du Valium pour lui ou quelque chose ? ».
Je tirai brusquement la tête vers le fils de pute qui avait osé l'ouvrir.
Félix. Connard.
Je m'apprêtai à me lever pour l'atteindre et lui montrer comment j'allais me calmer sans utiliser de putain de Valium quand le gros bras d'Emmet me reteint.
« Wohoo ! On se calme ! D'accord Ben n'est pas mon pote à la base ! Sans offense pour toi, vieux ! » expliqua Emmet en donnant un coup d'œil d'excuse à Ben, « mais c'est TON pote ! Et si je l'ai invité c'était pour te détendre, je me suis dis qu'un pote à toi de l'hôpital allait-».
« Me détendre ? Me détendre ? Tu sais quoi ? Merci pour la détente ! J'me sens tellement détendu que j'ai l'impression que j'vais m'envoler ! ». Putain de merde ! Je voulais juste sortir de cette caisse, fumer jusqu'à l'étouffement et retourner à l'hôpital. Je savais que je devais paraître puéril en ce moment mais il n'y avait aucun moyen pour moi de le contrôler. J'avais besoin de Ben à l'hôpital et sûrement pas ici. Je n'étais pas d'humeur pour faire la fête. Et sérieusement, ils avaient plus intérêt à ne pas m'avoir avec eux cette nuit que le contraire, j'irais juste plomber leur foutue ambiance.
« Arrêtes la caisse. J'me barre. »
« Il y pas moyen que j'te laisse partir maintenant ! » riposta Emmet.
« C'est quoi le problème ? Pourquoi tu me veux absolument à l'hôpital de toute façon ? » me demanda Ben.
Je rejetai la tête en arrière sur le siège et fermai les yeux, essayant de me calmer. J'hésitais entre interpeller moi-même le chauffeur pour lui dire de stopper la putain de limousine ou répondre à la question de Ben, sachant déjà qu'il ne comprendrait pas ma raison de le vouloir absolument aux urgences cette nuit. Je soufflai un bon coup et rabaissai ma tête en avant pour croiser trois paires de yeux, anxieux, attendant juste mon prochain mouvement.
« J'ai un nouveau patient qui a besoin d'une attention… particulière, il est très instable et…pour je ne sais quelle raison…ne fait confiance qu'à moi… mais dans la mesure où j'ai tenu d'une façon ou d'une autre à venir à cette soirée, » expliquai-je, les dents serrées, en fixant Emmet, « j'ai compté sur le meilleur Pédopsy que je connaissais pour assurer ma relève si jamais il y avait un problème avec ce patient. » finis-je, cette fois ci en fixant Ben du regard.
Il y eu un court silence avant que Ben ne prenne la parole.
« Écoute j'ai mis mon interne sur ma garde et- »
« Quel interne ? »
« Laura, c'est- »
« Une des chiennes de l'hôpital qui peut pas fixer plus loin que sur mes cheveux ! Sérieux Ben – comment tu peux te faire remplacer par une fille qui passe son temps à allumer un chef de clinique ? »
« N'empêche vieux, tu devrais faire quelque chose de tes cheveux, en dehors de leur couleur anormale, ils pointent toujours dans tous les sens comme si t'étais juste fraîchement baisé ! Pour toutes les filles de la planète, c'est du hot-hard-sex posé sur un plateau… ou sur une tête, dans ton cas ! ».
Félix. Je jure devant Dieu qu'aucun des neurones de ce branleur n'étaient connectés à son cerveau mais seulement à sa bite sortit tout droit de Microcosmos.
« Ecoute Masen, si on devait faire en fonction du personnel qui peut ou pas déchirer son regard de toi, et bien il faudrait virer toutes les femmes de cet hôpital, ce qui est juste – et j'espère que tu es suffisamment sensé pour le saisir – techniquement impossible, alors va falloir faire avec Laura,- » intervint de nouveau Ben avant que je remette Félix à sa place.
Je m'apprêtais à couper Ben pour lui dire que si on ne pouvait pas toutes les virer, on pouvait au moins les éviter.
« Non, je n'ai pas finis Masen, j'ai mon téléphone sur moi, si jamais il y un problème, et je dis bien un quelconque problème, elle sait qu'elle doit me contacter. Donc je t'assure que toute inquiétude ici par rapport à la gestion de mes urgences est inutile. Maintenant, si tu veux bien te relaxer un minimum histoire que nous puissions passer une soirée potable, ce serait vraiment sympa et peut être accessoirement à marquer dans les archives ».
Il n'y avait rien de plus ravageur que quelqu'un en face de vous dans le plein mode zen et yoga alors que vous, vous étiez dans celui de l'explosion.
Comment faisait-il pour rester toujours calme ce type ? Est ce que c'était un truc de psy ?
Emmet se lança sur Ben dans une sorte d'accolade.
« C'est bon ! Toi, t'es mon pote ! » acclama-t-il.
J'étais pas plus rassurer maintenant pour Nathan. Mais j'crois que c'était juste le moment de fermer ma gueule et tenir jusqu'à demain matin. Quoi qu'il arrive j'étais coincé dans cette putain de soirée.
« Putain, vieux ! Je savais pas que la Pédopsy ça marchait aussi sur les adultes ? Merde - qu'est ce que je raconte ? J'ai oublié – on parle de bébé Cullen ! » ajouta Félix…
« Ouai ? Et bien la Chir. Pédia. ne passe pas sur les adultes, mais j'suis près à faire une mention spéciale si c'est pour exciser les boules et la langue d'un connard comme toi, fils de pute… » lui répondis-je par les dents serrés.
Félix n'ajouta rien.
Le trajet continua dans un semblant de bonne ambiance auquel j'étais peu participatif.
La limousine vint à un arrêt, cinq minutes plus tard nous étions en face d'un bâtiment de taille moyenne, surmonté par une sorte de coupole en verre dont la pointe correspondait à une sorte de gros faux diamant posé au dessus. La construction était peinte en rouge profond et gris argent, la porte d'entrée était immense, en deux battants donnait l'impression qu'on rentrait dans un mini palais ou une merde dans le genre. Au dessus de la porte, le dessin de profil du buste d'une femme s'étirant en arrière surplombait sept lettres brillantes dans la nuit comme la fausse pierre au dessus de la coupole : 'CRYSTAL'. Pouvait-on être moins original ? Il s'agissait vraisemblablement d'un club…
« Bien, quelqu'un peut-il faire les présentations ? » entendis-je Ben demander près de moi.
« C'est le Crystal. » répondit le décérébré du groupe, à moins qu'il nous cache le fait qu'il était une femme en vérité.
« Sans blague Félix ? J'ai hésité un moment à lire les lettres dans le sens inverse » rétorqua tranquillement Ben.
« Le Crystal ! C'est le cabaret le plus chaud de Seattle, comment tu ne le connais pas ? » lâcha Félix en se dirigeant déjà vers l'entrée « Suivez moi, on est à la bourre, je veux pas louper un morceau du spectacle ! »
Nous l'avons suivi à l'intérieur après que les deux hommes de la sécurité aient vérifié des billets que Félix leur a tendus. J'ai été frappé par l'odeur de l'établissement quand nous sommes entrés dans ce qui visiblement était le hall principal, probablement un bouquet d'encens ou autre merde dans le genre. C'était chaud, sucré, et lourd…la tapisserie sur le ton de l'argenté associée aux rayons lumineux dorés provenant de la grosse lampe centrale créaient, quant à eux, un effet positif plutôt surprenant.
Une grande blonde surfaite s'approcha de nous et se présenta, de façon beaucoup trop enthousiaste à mon goût, comme étant Gianna. Je voulais lui répondre qu'on en avait rien à foutre et qu'elle avait juste à nous dire où nous devions aller et foutre le camp. Mais j'ai rien dis, parce que, visiblement d'après les gars, nous devions être heureux d'être ici… Ca restait malgré tout quelque chose que je ne pouvais pas comprendre : pourquoi une vendeuse, une serveuse, une secrétaire ou n'importe quelle chienne stupide dans le genre donnait systématiquement son prénom avant même de répondre à notre question ou de faire juste le travail pour lequel elle était payée ? Ce n'est pas comme si j'irais la revoir ou la baiser ou quelque chose ? Et même alors, avais-je même besoin du nom pour baiser la fille en question ? Peu importe…
Ici, la Gianna nous mena vers un des quatre couloirs qui se présentaient par paire de chaque coté de la salle d'accueil. Puis elle retourna à son comptoir. Le couloir était plutôt étroit, nous forçant à y circuler l'un derrière l'autre. Ses murs violets recouverts de petits miroirs donnaient l'impression d'être entouré par des bulles. La proximité dans ce truc devenait étouffante, je tirai sur le col de mon polo dont les boutons supérieurs étaient déjà tous ouverts, tout en jetant un coup d'œil sur les trois autres gars. Je ne lisais sur leur visage que l'anticipation et l'excitation. Putain…la soirée n'allait jamais terminer…
Nous débouchions finalement sur le fond d'une salle immense, pleine à craquée d'hommes déjà tous installés à leurs tables. Ils étaient tous concentrés sur la scène à l'autre bout de la salle : une femme s'y trémoussait sur une chanson moisis d'une chanteuse probablement moisis davantage.
...I'm checking you,
So hot, so hot,
Wonder if you know,
You're on my radar, on my radar, on my radar...
Félix et Emmet se dirigèrent vers une des hôtesses les plus proches me laissant avec Ben. Celles-ci étaient toutes habillées de la même façon : une sorte de salopette avec le bas, un petit short noir cintré, et le haut, des bretelles noires laissant peu à l'imagination du buste de chaque traînée ici. La seule chose qui changeait d'une danseuse à l'autre était le soutien gorge en cuire qui était sous les bretelles, une fois doré, une fois en argent, une fois rouge…leur peau était brillante d'huile et de paillettes tartinés sur leur corps.
« L'établissement est plutôt grandiose dans sa construction, on ne peut pas le nier. Je me demande si c'est une rénovation ou quelque chose de récent… » nota Ben, plus en se parlant à lui-même qu'à moi, tout en admirant la décoration au plafond. Je regardais la discussion qui paraissait légèrement tendue entre l'hôtesse et les gars, puis une autre femme s'ajouta à la mésentente. Elle aussi était blonde, mais plutôt petite de taille donnant l'impression d'avoir une mineure en face de soi. Elle ne portait pas la tenue des autres filles mais une sorte de robe bustier crème. Sa démarche et sa gestuel traduisaient clairement qu'elle n'avait pas un poste de merde ici. Peu importe, je jetai un coup d'œil à mon portable pour vérifier que je n'avais pas de nouvelle d'Alice. Mais rien.
Emmet et Félix revinrent accompagnés de la petite blonde.
« Bonsoir messieurs, je suis Jane Volturi, la gérante de l'établissement. » se présenta la Gianna numéro 2 en chuchotant –probablement pour ne pas déranger le spectacle – et en serrant nos mains, Ben et moi. La poignée de main était ferme, le regard bleu professionnel assuré et légèrement arrogant était fixé sur chacun des notre, sans hésitation sous jacente. Je dois dire qu'il était assez plaisant d'avoir en face de soi une femme qui ne limitait pas son regard vers le bas tout en battant des cils et en rougissant, le genre d'abrutie prétendant ainsi une sorte de pureté ou d'innocence – juste parce qu'elle avait un Cullen en face d'elle – alors que tout à quoi elle pensait au même moment n'avait rien de pure ni innocent. Je ne supportais pas cette fausse timidité à deux balles. Les femmes… juste des putain de piège qui prenaient les hommes pour des crétins... et j'étais prêt à parier que little Gianna n'était pas une exception malgré son petite numéro d'assurance.
Elle continua à parler en s'adressant à nous quatre.
« Je vous pris d'accepter nos sincères excuses. Il s'agit seulement d'un malentendu. » Pourquoi s'excusait-elle quand nous étions les retardataires ? Pouvait-elle pas juste nous montrer nos putains de places et dégager ? Elle nous dirigea finalement vers une table, la seule disponible, surélevée par rapport aux autres, sûrement réservée aux grands noms ou quelque chose… « Veuillez vous installer à cette table, s'il vous plait, c'est Maggie qui s'occupera de vous. La première tournée sur la maison. Faites vous plaisir. Appréciez la soirée messieurs. » finit-elle avant de nous laisser apprécier la soirée.
« Est ce qu'on peut savoir pourquoi s'est-elle excusée ? » chuchota Ben en s'installant confortablement, veillant à ne pas déranger les spectateurs.
« Bien, il y avait un problème avec les réservations » répondit Emmet en jetant un coup d'œil gêné à Félix…il continua « visiblement Félix n'avait pas vraiment réserver nos places ici mais les avait gagné à un jeu ou quelque chose…et la boite n'était pas au courant…peu importe… »
« Oh merde…quel sorte d'abruti es tu, Félix ? J'aurais du parier que ce plan foireux venait de toi… » lâchai-je en m'adossant contre le siège, mon regard vers la scène essayant de comprendre ce qui captait l'attention de tous les hommes autours de nous.
« J'temmerde Cullen ! Au moins moi, j'ai un plan quand le frère de mon pote peut pas s'occuper de ce qui est plus loin que ses propres couilles »
« Tu connais l'expression ''mieux vaut être seul que mal accompagné'' ? Et bien ça fonctionne aussi avec les plans : mieux vaut pas de plan qu'un mauvais plan. » lui lançai-je satisfait. Les applaudissements des invités pour la danseuse nous coupèrent dans notre débat, les lumières se ravivèrent et les hommes se mirent à parler fort, transmettant leur satisfaction par rapport à ce qu'ils venaient de voir. La serveuse arriva à notre table et s'arrêta juste à coté de moi sur ma droite.
« Bonsoir Messieurs…hum… je suis Maggie, c'est moi qui vais m'occuper de vous ce soir. Que puis-je vous servir ? » Sérieusement ? Elle pouvait pas même croiser notre regard… C'est seulement sur sa dernière phrase qu'elle avait posé son regard sur Ben. Je pouvais pas ne pas réagir cette fois ci. Je lui fis un signe de la main pour qu'elle baisse sa tête vers moi et se mette à mon niveau. Elle vacilla légèrement dans le mouvement…oh chérie, je n'ai même pas commencé, pensai-je. Je poussai ses cheveux noirs de ma destination en les posant sur son épaule gauche et je dirigeai lentement ma main vers son sein du même coté. Je l'a senti se figer, sa respiration devint plus rapide – je pouvais sentir son haleine sur moi, tabac et bière bon marché, association plutôt écœurante – mais je n'avais pas finis avec elle…Je décrochai l'étiquette qui était sur sa poitrine et la lu à haute voix.
« ''Crystal Club – Maggie''. N'est ce pas Maggie ? Alors pourquoi nous le précises tu quand ta boss nous a déjà mentionné ton prénom et quand on peut le lire soi même là dessus ? » lui chuchotai-je près du visage en lui agitant son étiquette stupide, « C'est presque insultant tu sais ? » demandai-je, sardoniquement. Elle haleta. Je replaçai sa merde à sa place, sans la toucher, avant de d'amener ma bouche prés de son oreille, n'en pouvant plus de son haleine « Et, je te promets, Maggie, que tu ne saurais pas quoi faire de moi si tu devais t'occuper de moi » ajoutai-je tandis qu'elle gémit. « Un gin tonic pour moi » concluai-je la torture.
Elle faillit perdre l'équilibre quand elle se redressa, le visage rouge cramoisi. Je craquai un sourire satisfait aux trois autres gars : Félix me roula les yeux, clairement énervé Emmet et Ben baissèrent leur regard pour contenir leur rire et éviter à la pauvre gamine de se noyer dans la honte totale.
Elle fuit notre table après avoir pris toutes les commandes.
« Wow ! La pauvre doit faire un arrêt cardiaque quelque part ici ! » pouffa de rire Emmet
« C'est notre soirée repos Masen, j'ai pas vraiment envie de faire de la réa immédiatement… » ajouta Ben avec un petit sourire.
« Putain…j'peux pas croire qu'on ai loupé le début du spectacle ! C'est entièrement de ta faute Cullen ! » cracha Félix envers moi.
« Tu parles d'un spectacle… tu nous a juste ramené dans un club à prostitués, bourré de connards incapables d'être posés par eux même… Est ce que c'est ici que tu voulais fêter tes vingt sept ans, Em ? »
« Arrêtes cette merde Ed…nous sommes dans l'un des cabarets les plus réputés de Seattle, avec les danseuses les plus chaudes du système !merci Félix pour ton idée, perso, je la trouve géniale ! » rassura Emmet. Biensur le crétin de service continua, enjoué par Emmet,
« Putain mais c'est tellement plus qu'un cabaret mec ! Les filles ici dansent vraiment ! Et comment dire ? Ici elles sont ouvertes et- »
« Ouai…définitivement des prostitués ! » concluai-je ses conneries, lassé par la tournure que prenait cette soirée pourrie, « Si c'est tout ce que vous vouliez, vous aviez juste a venir à l'hôpital, vous seriez servi et moi j'aurais pu travailler… » ajoutai-je en cherchant autour de nous la Gianna numéro 3 pour nos boissons, j'avais besoin de quelque chose pour me détendre. Je jetai aussi un coup d'œil sur mon téléphone mais rien.
« T'es le fils de pute le plus écœurant que je connaisse Cullen ! » lâcha Félix soit disant dégoûté, j'haussai seulement les épaules d'un air satisfait, ne me souciant certainement pas de ce qu'il pensait de moi.
« Edward Cullen ou comment transformer un lieu de travail – l'hôpital – en lieu de débauche ? » ajouta Emmet en me soulevant un sourcil.
« Le personnel hospitalier féminin ou comment transformer l'hôpital en véritable bordel à traînés quasi stérile. » rectifiai-je alors que la Gianna numéro ''je sais plus combien'' vint enfin nous servir.
« Vos boissons messieurs…je vous remets aussi les jetons…euhm… pour le tirage au sort qui-qui suivra plus tard » bégaya la serveuse, en déposant une pièce en argent à coté de chaque verre, avant de repartir comme si elle avait le feu au cul. Je pris ma pièce et la retournai, on pouvait y lire le mot 'dream' gravé dessus…je soulevai mon regard interrogateur vers les deux gars ici qui connaissaient quelque chose de ce foutu club, mais Félix me fit un signe de me taire et de regarder vers la scène. Fils de pute.
La salle s'assombrit à nouveau, le silence se replaça pour faire place au spectacle suivant. Une nouvelle chanson débuta lorsque les projecteurs se concentrèrent sur deux grandes blondes assises chacune sur une chaise à équidistance sur la scène. Je pris une gorgée de mon gin et m'installai confortablement il devait sûrement y avoir quelque chose d'intéressant à voir dans ce spectacle – n'importe quoi m'empêchant de quitter cette soirée pourrie.
Elles commencèrent à se déhancher de façon pseudo sensuelle sur leurs chaises avant de se lever et de faire quelque chose qui ressemblait un peu moins à du porno et peu plus à de la danse : quelques figures simples avec ces putains de chaises, mais elles faisaient plus de bruit qu'autre chose, je déplaçai mon regard au dessus de la scène, fatigué par cette merde…Le plafond était impressionnant, impossible de le nier. Une voûte immense et entièrement en verre, laissait paraître le ciel noir, éclaircit d'un endroit à l'autre par les reflets argentés des spots illuminants la scène. Je baissai mon regard un peu plus bas, juste en dessous de la coupole, toute la salle était entourée de petits balcons sauf en face de la scène au fond de la salle où se trouvait un DJ et quelques musiciens. Pourquoi ces balcons n'étaient-ils pas utilisés pour des clients plutôt que de nous entasser tous ici? La vue serait meilleure, on pourrait mieux respirer, et on serait beaucoup moins sous les radars observateurs de toutes les chiennes qui travaillaient ici.
Peu importe, je scrutais les balcons l'un après l'autre, ils étaient tous vide…
Sauf un.
Celui à ma gauche. Il était occupé par une femme. Du fait de l'obscurité, je ne pouvais voir que sa silhouette, elle se tenait droite, légèrement adossée contre le chambranle du balcon, les bras croisés sous sa poitrine. Je ne pouvais distinguer que le profil de la moitié supérieure de son corps, elle paraissait grande et fine, de longs cheveux noirs dans la pénombre coulaient autour de son visage, sur ses épaules jusqu'à frôler, je crois, ses bras devant elle. Je ne voyais pas bien son visage dans le noir, sa tête était baissée, non pas sur la scène où étaient les danseuses, mais quelque part sur la salle où étaient les invités. Je baissai mon regard cherchant dans la salle ce qui pouvait mériter une telle attention, mais rien, tous les hommes étaient concentrés sur les deux danseuses. Je relevai ma tête pour la trouver exactement dans la même position, rien n'avait changé. C'était quoi son problème ? Était elle paralysée ? A moins qu'elle ne fasse une sorte de crise épileptique genre absence ? Elle ne faisait rien alors que toutes les femmes ici s'activaient à quelque chose ou du moins faisaient semblant, accueillir, servir, danser, allumer, et autre merde…mais elle…rien. A moins que ce ne soit elle le patron de la boite et non pas l'autre blonde qui s'était présentée en tant que telle plus tôt ? Je voulais lui jeter quelque chose à la figure depuis ma position juste pour voir si elle se réveillerait, ou bien me déplacer directement sur ce putain de balcon et l'agiter jusqu'à obtenir une réaction.
Mais d'un coup la salle s'éclaircit à nouveau, les applaudissements retentirent, la salle se remplit de bruits de tout genre.
Elle, elle avait à peine bougé. J'aperçu seulement un léger mouvement de sa tête vers la scène puis son replacement à la même position que précédemment. Comme si tout ce qui se passait en bas n'avait aucun intérêt. Ses cheveux, qui n'étaient pas noirs finalement mais plutôt châtains foncés légèrement ondulés, me dissimulaient son visage de sorte que je ne pouvais voir que son nez une partie de sa joue droite et son cou fin. Elle ne portait pas la tenue standard que toutes les connes ici avaient, mais seulement un haut noir avec des manches longues moulant contre son buste et ses bras, ne laissant paraître finalement que très peu de peau.
« Une femme aurait capturé ton attention ? »
« Il faudrait plus qu'une prostituée pour attirer mon attention, Ben. » répondis-je en détournant mon regard du balcon vers ma boisson. J'entendais Emmet et Félix se disputer au sujet de laquelle des deux danseuses était la meilleure…
« Oh…je pensais que toutes les femmes étaient des prostitués ? »
« Bien, je rectifie, il faudrait plus qu'une sale prostituée pour attirer mon attention. »
« Qu'est ce que ça veut dire ça, Ed ? Hein ? En quoi, les ''prostitués'' ici seraient plus sales que les ''prostitués'' en générale ? » me demanda Ben en faisant des signes de guillemets avec ses doigts à chaque fois qu'il prononçait le mot 'prostitué', comme si j'avais inventé le mot d'offense.
« Parce que celles ''en général'', autrement dit celles que je côtoie tous les jours à l'hôpital ont au moins la décence d'être éduquées au sujet des IST contrairement à celles ''d'ici''. » répondis-je nonchalamment en utilisant moi aussi mes mains pour encadrer de guillemets ses mots à lui.
« Oh je t'en prie, Masen ! » réagit Ben dans une sorte de dégoût. Ouai, la vérité est souvent dégoûtante. « Arrêtes de dégrader l'espèce féminine comme ça, tu ne sais pas par quelle merde ces filles passent. Et de toute façon, c'est une grosse boite ici, je ne peux pas imaginer qu'il n'y ai pas des normes de sécurité sanitaire minimum ici. »
« Oh Ben ! C'est moi qui te supplie ! Ne m'accuse pas de dégrader ces chiennes ! Elles se chargent elles mêmes de ce travail, regarde juste autour de toi ! Et peut être que je ne sais pas par quelle merde elles passent, d'accord ! Mais toi, tu sais Ben? Hein ? Dis moi juste, je suis curieux de savoir ce qui pousse ces connes à gagner du fric de cette façon plutôt qu'en faisant le ménage quelque part ? Moi, je vois rien en dehors du fait que le cheque ici est beaucoup plus gros ! »
Ben ne répondit pas, il agita seulement sa tête des deux cotés dans un genre ''je ne suis pas d'accord avec toi mais ça ne sert à rien d'argumenter davantage''. Mais ce que je pensais était tout sauf illogique, il devait le percevoir d'une façon ou d'une autre.
« Bien. Donc des prostitués. » conclue-je alors, juste parce que j'étais un connard obstiné qui avait besoin d'être sûr qu'il avait le dernier mot. Ben se mit à rire légèrement pendant que je prenais une gorgée de mon Gin.
La salle s'obscurcit encore une fois, le silence à nouveau et encore une autre merde sur scène. Je soupirai fortement et pris la dernière gorgée de mon verre. Ben trouva ce bon moment pour chuchoter à mon oreille la connerie la plus stupide dans l'histoire des conneries.
« J'ai hâte de rencontrer celle qui réussira à te faire ouvrir les yeux. »
Et là il était impossible que je ne crache pas toute la boisson qui était dans ma bouche partout sur la table. Tous les connards des tables devant la notre se retournèrent en se plaignant du bruit mais je pouvais pas me soucier d'un seul de ces fils de pute ou de leur putain de spectacle.
A ce moment, je savais ce que j'étais censé faire, ce qui était naturel, ce qui était moi, Edward Cullen Masen. Dans toute logique, je me serais tourné vers Ben, l'aurais insulté, et frappé sur le bras ou la poitrine pour sa remarque pourrie.
Mais c'est pas ce que j'ai fais.
Au lieu de tout cela, je fis la chose la plus stupide de la soirée, la plus stupide du jour entier et peut être même la plus stupide depuis longtemps. Mais à ce moment là, le mouvement s'inscrivit comme obligatoire. Littéralement instinctif.
Je soulevai ma tête vers le putain de balcon.
Et elle n'avait pas bougé.
Pas d'un poil. Malgré le boucan que j'ai foutu. Et je ne sais pas pourquoi ça me dérangeait. Je ne sais pas pourquoi je voulais qu'elle ai jeté un regard même rapide sur ce qui se passait réellement en bas. Je ne sais pas pourquoi je voulais qu'elle regarde à notre table comme toutes et tous faisaient ici, quand je savais exactement que je ne supportais pas leurs putains de regards.
« C'est qui elle ? » entendis-je Emmet chuchoter à travers la table.
Ouai. Définitivement la chose la plus stupide.
« Une ''sale prostituée'' qui n'arrive pas à attirer l'attention d'Edward Antony Cullen Masen, parait-il » chuchota Ben d'un air conspirateur à Em et Félix.
« Ah ouai ? Bah, lui n'attire certainement pas son attention ! » ajouta Félix en vérifiant le balcon et en pouffant de rire comme le crétin qu'il était. Plus aucun de nous quatre n'étions concentrés sur le pseudo show sur la scène.
« Ferme la, connard et concentre toi sur la merde pour laquelle tu nous a ramené ici plutôt que d'me prendre la tête. » répliquai-je
« Est ce que c'est de la merde les gars ? » demanda Félix aux deux autres, pêchant des compliments pour son plan pourri.
« Moi, si j'ai Irina en privé ce soir, la nuit sera nickel, mec ! » répondit Emmet en frappant son poing avec celui de Félix, tandis que Ben se contenta seulement de lui donner un sourire rassurant. Je n'avais même pas remarqué que les danseuses avaient un putain de nom.
Le show qui se déroulait se termina à son tour suivit des applaudissements, sifflements et autre merde…
« J'te l'offre, cadeau ! » claqua Félix en s'emparant du jeton qui était en face d'Emmet et en prenant une petite enveloppe parmi une pile au milieu de la table que je n'avais non plus pas remarqué. Je sentis mon téléphone vibré dans ma poche et le sortis rapidement.
18/08/09-22h23 : sms Alice :
Il C endormi.
Mai il na pa mangé.
Il ma demandé où tu étai.
Je ne supportais pas son écriture sms. Je ne supportais pas l'écriture sms en général. Je détestais les putains de sms.
Je m'apprêtais à me lever de la table et trouver un coin isolé pour l'appeler directement quand Ben me frappa du coude dans les cotes. Je me tournai vers lui, mon regard lui demandant quel était son putain de problème. Mais il fit seulement un signe de tête vers le haut et sur notre gauche.
Vers le balcon.
Et je crois que mon cerveau avait perdu les commandes sur mes yeux et les muscles de mon corps en général, parce que je n'ai pas réfléchis une seconde. Je n'ai pas analysé les implications de mon geste devant les débauchés qui partageaient ma table.
Ma tête a juste tourné vers ce balcon, mon regard directement dans le sien.
Je ne m'attendais pas à voir son visage. Je m'attendais encore moins à la voire me regarder. Pas elle. Pas après l'avoir observée, plutôt, figée comme une putain de statut. Et je crois que c'est à cause de cet effet de surprise que je senti des frissons et quelque chose dans ma poitrine que je ne pouvais décrire que médicalement – une douleur thoracique - quand mes yeux atterrirent sur les siens.
Je crois.
Mais j'étais sûr comme de l'Enfer que je detestai chaque once de cette putain d'impression.
Et encore je continuai à la fixer, comme avalé par ses grand yeux. Ceux ci paraissaient immenses sur son visage pale. Elle fronça les sourcils, concentrée sur moi. Je ne comprenais pas ce qui avait finalement capturé son attention sur mon visage.
J'étais plutôt bon à la lecture des personnes, des femmes surtout, mais immédiatement je ne voyais rien dans son regard en dehors de la confusion - et peut être de la curiosité ? Bizarrement l'ensemble de son expression faciale et de sa stature s'inscrivait davantage dans le désintérêt plutôt qu'autre chose. Qui était cette femme bordel ? Qu'est ce qu'elle foutait là haut ? Et qu'est ce qu'elle avait à percer mes orbites de son regard ?
Je sais que, depuis les dernières vingt minutes, je voulais qu'elle regarde notre putain de table pour des raisons que je ne saisissais pas encore. Et maintenant qu'elle le faisait, je n'arrivais pas à être tranquille, quelque chose dans cette merde me dérangeait et je ne pouvais pas mettre le doigt dessus - ce qui m'énervait encore davantage, comme un putain de cercle vicieux.
Son regard quitta le mien pour le reste de mon visage en m'analysant comme on examine n'importe quelle merde dans un rayon. Non pas que je me considérais méritant un autre regard mais plus parce que j'avais l'habitude de cet autre regard, celui de la séduction, celui de l'excitation, celui où la femme me regarde en m'imaginant déjà nu en en train de la baiser.
Une femme entra dans le même balcon, je la reconnu comme étant celle qui s'était présentée comme la boss du club plutôt dans la soirée. Je crois qu'elle l'interpella plusieurs fois mais la fille ne réagissait pas, son regard scotché quelque part sur mon visage sans vraiment le regarder. Comme si son corps avait brusquement arrêté de fonctionner quand elle avait son regard sur moi. Physiquement présente mais mentalement à des années lumières d'ici. Plus rien autour d'elle n'existait…C'était quoi son putain de problème ? Je me redressai, essayant vainement de capter le point cible de son regard. Elle cligna des yeux comme si mon mouvement avait déstabilisé le monde dans lequel elle était et qu'elle se reconnaît à la réalité. La petite blonde la tira par le bras et finalement elle détacha son regard me donnant maintenant du dos.
« Putain de merde, c'était quoi ce truc ? » cria Emmet choqué. Je voulais répondre quelque chose mais je n'avais rien à dire. Aucune putain de réponse.
« Sérieusement, on aurait du te déposer à l'hôpital comme tu le voulais, t'es définitivement timbré ce soir ! » ajouta Felix.
Mon téléphone vibra de nouveau dans ma poche. Merde, je devais appeler Alice.
18/08/09-22h34 : sms Alice :
Bon. G l'1P° ke tou va bi1 de ton coT.
Contente ke tu tamuz.
Biz à Em !
Putain de sms…Ai-je dis que je ne pouvais pas encadrer ces merdes ? Ai-je dis que parmi eux, ceux d'Alice étaient insupportables ? Peu importe, je me levai pour l'appeler laissant les trois connards s'extasier sur ce qu'ils ont cru voir avec l'autre.
« Ed. » répondit Alice au premier coup de sonnerie,
« Comment va-t-il ? »
« Il dort. » répondit-elle. Il dort ? Est ce que ça répond à ma question ?
« Comment il va, Al ? » insistai-je alors.
« Oh seigneur, Edward – je t'ai dis ce qu'il y avait à dire sur le texto et là maintenant il dort, que veux tu de plus ? »
« Tu crois qu'en m'envoyant tes putains de messages codés tu me dis quelque chose ? » réagis-je exaspéré.
« Edward. N'es tu pas sensé t'amuser avec les autres ? »
« Bordel, Alice ! Tu peux pas juste répondre à ma putain de question ? »
« Je l'ai fais ! Il va comme il peut aller étant donner les circonstances, je n'ai rien à signaler qui mérite de t'alerter plus que tu ne l'es déjà ! »
Je soupirai fatigué par toute cette soirée… Putain, ce que je ferais pour avoir une clope immédiatement…
« Peu importe – appelle moi si il y a un problème. Je te vois demain matin. » conclus-je avant de raccrocher. Je savais que ce n'était pas 'peu importe'. Mais Alice continuerait juste à me prendre la tête si j'insistais et là j'étais à deux doigts d'avoir une migraine.
Je retournai vers l'intérieur de la salle. J'essayai de repérer sur le chemin la serveuse qui s'occupait de notre table, j'avais besoin de quelque chose pour me détendre. Elle me vit avant que je ne la trouve, et je crois qu'elle paniquait déjà en me regardant m'approcher d'elle au bar. Relaxe, j'irais soft sur toi cette fois…
« Qu'est ce que je peux faire pour vous, M. Cullen ? » me demanda-t-elle d'une voix mielleuse doublée d'anxiété.
« J'aurais besoin de voire votre carte d'alcool fort. » répondis-je en lâchant le sourire qui les faisait toute craquer.
« Euhm…biensur, la voici » me tendit-elle la carte en tremblant légèrement. Il fallait sérieusement que cette gamine se gère un peu mieux – comment faisait-elle avec les pourritures qui étaient ici ? Etais-je pire qu'eux ?
« Un Nuclear Ice Tea, je le prends d'ici avec moi ». Aucune envie d'attendre encore un siècle avant qu'elle puisse se maîtriser et m'apporter ma merde.
Le temps qu'elle m'apporte mon verre, je jetai un coup d'œil vers le balcon damné.
Elle n'était plus là.
Je me réinstallai à ma place en sentant trois paires de yeux me fixer pendant que je me mettais à l'aise pour endurer le reste de cette nuit.
« Attention, vos yeux peuvent sécher et nécroser si vous clignez pas au moins des cils… » Lâchai-je en regardant vers la scène et prenant une gorgée de ma boisson. C'était fort. C'était ce qu'il me fallait.
Il n'y avait personne sur la scène pour l'instant mais apparemment ce n'était pas normal étant donné que les clients sifflaient d'impatience et commençaient à frapper légèrement sur les tables.
Je me tournai vers les gars n'ayant, anormalement, reçu aucune réaction de leurs parts depuis mon retour. Emmet et Félix avaient les yeux rivés vers la scène, chacun avait une de ces foutues petites enveloppes dans sa main et la claquait doucement sur la table. Aucun des deux ne parlait. Félix avait un sourire pseudo malicieux accroché à son visage ça ressemblait à un court extrait de Chopin au milieu d'une longue chanson merdique sortant d'une télé-réalité. Incompatibilité.
Ben avait ses yeux fixés sur son verre qu'il tournait entre ses mains comme s'il pouvait le remplir par le regard…
Je retournai mon regard vers les deux autres abrutis puis de retour vers Ben…
Quelque chose était définitivement anormale. Putain…quand allais-je pouvoir dégager de cette soirée merdique ?
Les coups sur les tables augmentèrent rapidement, ainsi que les sifflements. Des cris d'acclamations retentirent, le nom d'une autre chienne j'imagine…
'' Marie ! Marie ! Marie !''
Il ne me semblait pas y avoir autant de ferveur et d'excitation de la part du public pour les précédentes danseuses. Des rideaux rouges étaient tirés pour ce spectacle de telle sorte qu'on ne voyait plus les trois quarts arrière de la scène. Pouvais-je espérer que cette fois ci le show serait un peu moins pourri que tous les autres vus auparavant?
La petite blonde présentée comme la boss ici et dont j'avais oublié le foutu nom, passa entre les deux rideaux et commença à parler sur un micro.
« Bien messieurs, celle que vous attendiez tous est enfin là ! Je rappelle les règles : Interdiction de toucher ! Interdiction de provoquer – sauf autorisation de la danseuse ! Je rappelle que le tirage au sort se fera juste après cette représentation et seulement sur les cinq plus hautes mises! Gardez bien le code qui vous a été attribué lors de votre entrée ! Sans vous faire attendre davantage, faisons place maintenant à notre sublime Marie. Excellente soirée ! »
Sérieusement ? C'était quoi ce truc ? Avait-elle comprit que tout ce qu'on avait vu avant était merdique au point qu'elle avait besoin de nous vendre sa dernière marchandise avec ce petit discours pourri ? Je me mis à rire et je senti les gars me regarder mais j'en avais rien à cirer. Je pris une bonne gorgée de mon verre. Si je devais tenir jusqu'au bout de la fête, je crois qu'avoir pris un Nuclear était une excellente idée.
« Qu'est ce qui se passe ? Pourquoi ris-tu ? » chuchota Ben.
« Rien…tout va bien… » répondis-je tranquillement en reprenant une gorgée. Il soupira à ma réponse avant de s'adosser contre son siège pour admirer le spectacle.
La salle s'obscurcit à nouveau, et le silence se replaça.
Mais cette fois ci, c'était un vrai silence. Pas un seul chuchotement, pas un seul claquement de verre contre une table, pas un seul talon de chaussure. Rien. Comme si maintenant, les clients n'étaient plus seuls à attendre la danseuse mais accompagnés de tous les employés de la boite. Le club entier était en mode ''stop'' pour ce qu'il allait suivre.
Par la fente sous les rideaux commença à apparaître une fumée blanche qui progressivement occupa tout le quart de la scène, à l'avant des rideaux. La fumée se diffusa sur toute la hauteur de la scène au point que les rideaux étaient maintenant à peine visibles.
Puis d'un coup et simultanément, les rideaux s'ouvrirent largement, des faisceaux lumineux orangés s'allumèrent et se dirigèrent tous vers la scène blanche comme s'ils y cherchaient quelque chose, et la musique débuta.
Du violon et la voix douce d'une femme s'évaporèrent des enceintes au plafond.
Je ne percevais toujours rien sur la scène en dehors de la fumée blanche jusqu'à ce que la musique s'écoule à un court arrêt, et là, une ombre commença à apparaître au milieu de la fumée. Une silhouette grande et fine perça progressivement le brouillard chaud et opalin, la démarche au rythme des instruments de musique, lente… mesurée… assurée… droite.
Et d'une façon ou d'une autre, je su.
Peut être que c'était à cause de l'alcool dans mon sang qui avait rendu tout autour de moi limpide. Peut être parce que je le voulais. Où peut être parce que je le craignais.
Peut être parce que j'avais arrêté de respirer. Je ne savais plus.
Mais ça, je le savais.
C'était elle.
…...
A/N:
A demain? :)
