Et voici la deuxième partie (sur trois parties, du coup) ! Je me suis rendue compte que ce Three-Shot pourrait presque être le prélude à une longue histoire mais... j'avoue que je ne veux pas me lancer dans une histoire longue avec ça. J'ai déjà assez à faire avec La folle famille des Uzumaki. Mais quoi qu'il en soit, c'est très plaisant d'écrire cette courte histoire. J'espère juste que ce que je raconte n'est pas trop confus ou embrouillé...


Deuxième partie : Tsuki, le village caché de la Lune et Shinju, l'Arbre Divin.

Tous furent surpris en apprenant que Naruto, le sauveur de Konoha, s'en allait. Bien sûr, il s'était hâter de les rassurer – notamment Sakura – en leur expliquant que cela n'était que pour un court moment, probablement l'affaire de quelques jours.

Mais, si son départ était accepté, ses raisons un peu moins. Naruto ne pouvait pas leur en vouloir : il semblait normal que tous, en ces temps de misères et de reconstructions, n'aient pas l'esprit à penser à la paix, à un certain ermite Rikudô et une vieux conte d'une femme venue de la lune. Même Shikamaru, en entendant ça, parut perplexe mais il mettait ça sur le compte des bizarreries quotidiennes de Naruto et s'était contenté de soupirer lassement, déclarant à son ami qu'il saurait calmer Sakura et les autres.

Après avoir remercié Shikamaru de son aide, Naruto ne s'était pas attardé dans les ruines de Konoha et, avec le peu d'affaires qu'il emportait pour la route, il avait quitté le village pour se diriger vers le village caché de Tsuki. Selon ses souvenirs, celui-ci se trouvait au nord du Pays du Feu, entre le Pays du Son et le Pays de la Cascade, dont le village caché était celui de Taki. Naruto s'y était déjà rendu, pour une mission ou deux, mais n'en gardait que très peu de souvenirs, de ce Pays de la Cascade, sauf peut-être qu'il se rappelait que s'y trouvait un Jinchûriki.

Mais de toute manière, ce n'était pas dans ce pays qu'il se rendait mais dans le Pays de la Lune et plus particulière dans le village du même nom.

Il y était déjà allé avec Jiraya pour son entrainement de deux ans et y connaissait du monde, qui pourrait l'aider à en savoir plus sur l'ermite Rikudô et son lien avec le conte de Kaguya-hime.

Mais il avait oublié à quel point le voyage était long. Ce ne fut qu'à son arrivée, après deux jours à se rendre à toute allure à ce village, qu'il se dit qu'il aurait mieux fait de prendre un peu plus son temps. Mais bon, le mal était fait et, surtout, il était arrivé.

Tsuki, un humble et modeste village caché ninja, loin d'égaler d'autres comme Konoha (enfin, du temps où Konoha n'était pas fait de ruines...), Suna, Kiri, Kumo ou Iwa. Au cœur de la forêt, placé au sommet d'une montagne, Tsuki ressemblait plus à un village d'arrêt pour les pèlerinages auprès des temples divins, où l'on rendait grâce aux Kami, qu'autre chose. C'était pratiquement une hyperbole de parler de village ninja.

Pourtant, dans ce village si méconnu, se trouvaient des techniques héréditaires uniques au monde, notamment dans l'art très prisé des sceaux, le Fûinjutsu. Celui-ci était d'ailleurs pratiqué avec une grande maitrise par les dirigeants de ce village, que Jiraya connaissaient et voulaient que Naruto rencontre pour apprendre à leurs côtés.

Lors de son passage, Naruto s'était lié d'amitié avec l'héritière du dirigeant du village et c'était elle qu'il voulait rencontrer en revenant ici.

En espérant que les habitants de Tsuki se rappellent de lui, histoire qu'il n'ait pas trop l'air bête en débarquant joyeusement chez eux...

Heureusement, ses craintes infondées ne durèrent pas très longtemps lorsqu'il se présenta aux portes du village de Tsuki.

« Ohayô ! Vous ne rappelez sans doute pas de moi mais je m'appelle Naruto Uzumaki. J'étais venu ici, y'a quelques années lors d'un entrainement avec un vieil ermite pervers que votre chef connaissait. Je suis venu voir sa fille ! Tsuki... oups, comment elle s'appelle déjà ? Tsukido ? Euh non, ce n'est pas ça, c'est...

— Naruto Uzumaki ! s'écria soudainement un des gardes en souriant. C'est un plaisir de vous revoir ici ! Tsukino-sama nous a ordonné de vous conduire jusqu'à elle si jamais vous reveniez ici.

— Ah oui, voilà, Tsukino-chan ! sourit Naruto, heureux de se rappeler du nom de la jeune fille. Vous pouvez me menez à elle ? Cela fait un moment que je ne suis pas venu, et du coup j'ai un peu oublié où elle habite...

— Bien sûr, Naruto-sama. Suivez-moi, je vous prie. »

Alors que le garde lui montra la voie, Naruto se retrouva à admirer le village de Tsuki. Il était surpris en voyant la hauteur des arbres qui s'y trouvaient. Il avait oublié à quel point ils étaient imposant, surtout l'un d'entre eux à la forme d'étrange : sans aucune branche ni feuille, il s'agissait juste d'un long tronc qui s'amincissait à mesure qu'il s'élevait dans le ciel et qui finissait par une étrange fleur – rappelant une fleur de lotus fermée. Naruto l'avait remarqué lors de son premier séjour ici mais ne s'en rappelait que maintenant, en revoyant l'étrange arbre.

« Naruto-sama, vous venez ?

— Hein ? H-hai, j'arrive ! »

Quel étrange arbre, tout de même...

.

« Ohayô, Tsukino-chan !

— N-Naruto-otōto ?

— Le seul et l'unique ! »

Naruto se réjouit en voyant l'air surpris de la dirigeante du village caché de Tsuki alors que celle-ci remplissait ses obligations, dans un bureau semblable à celui de l'Hokage.

Alors qu'elle se leva pour venir l'enlacer, il put voir qu'en deux ans, surprenamment, Tsukino n'avait pas changé : toujours avec ses longs cheveux blancs comme la neige, son teint légèrement bronzé, ses yeux verts si doux, vêtue d'un kimono bleu et noir. Oui, en deux ans, Tsukino n'avait pas changé d'un pouce.

« Qu'est-ce que tu fais ici ? demanda Tsukino en l'examinant de haut en bas. Tiens, tu as l'air fatigué.

— Le voyage a été rude, avoua Naruto en haussant les épaules. Mais je devais venir le plus rapidement possible ici. »

Tsukino fronça les sourcils, toute trace de joie disparue, laissant place à l'inquiétude.

« Tu m'inquiètes, Naruto-otōto. Que se passe-t-il ?

— Je... c'est une longue histoire. »

Mais avant qu'il ne puisse lui en dire plus, elle tourna la tête vers la porte, avant de retourner à lui.

« Jiraya-sama ne t'a pas accompagné ?

— Euh... là encore, c'est un longue histoire, ttebayo... »

C'est ainsi qu'il se mit à lui raconter, sans entrer dans les détails – parce que cela serait trop long et compliqué à comprendre –, ce qui lui était arrivé au cours des dernières années. Comment il s'était fait un devoir d'arrêter une organisation criminelle du nom d'Akatsuki, la mort de Jiraya aux mains des Pains, la destruction de Konoha, sa rencontre avec le premier disciple de son maitre et sa promesse à Nagato de trouver une solution pour amener la paix.

C'était un long récit, dans lequel il s'interrompait souvent, s'efforçant à calmer sa peine et sa tristesse pour ne pas que sa voix se mette à trembler et que ses plaies ne se rouvrent pas, alors qu'elles étaient encore fraiches et en cours de guérison.

Il fut heureux que Tsukino ne l'interrompe jamais, se contentant de paraitre de plus en plus choquée à mesure qu'il avançait dans son récit.

Lorsqu'il finit, sur le sacrifice de Nagato pour ressusciter ceux qu'il avait tué, il se tenait devant Tsukino, qui s'était assise sur son bureau, les yeux écarquillés, représentant parfaitement bien sa stupéfaction par rapport à ce qu'elle venait d'entendre.

« Je... Naruto-otōto, je... je ne sais pas quoi dire.

— Ne t'en fais pas Tsukino-chan, je comprends.

— Comment puis-je t'aider ? demanda la jeune dirigeante. Tu as dit que tu devais venir ici le plus vite possible. Je suppose donc que cela doit être important, avec tout ce qui se passe en ce moment à ton village...

— Oui, je suis venu ici pour en savoir plus à propos d'une vieille légende. Et je me disais, par le nom de ton village, que peut-être tu en saurais quelque chose.

— Quelle légende ?

— Celle de l'ermite Rikudô et du lien qu'il pourrait avoir avec la Kaguya-hime dans le conte du coupeur de bambou. »

Il vit une lueur de compréhension dans le regard de Tsukino à l'instant où il évoqua l'ermite Rikudô et Kaguya-hime, comme si elle savait parfaitement de quoi il parlait.

« Cela te dit quelque chose, Tsukino-chan ?... Tsukino-chan ? »

Elle ne lui répondit pas. En fait, elle ne le regardait même plus, les yeux rivés au-delà de l'épaule de Naruto, vers un lieu ou un souvenir qu'il ne pouvait voir.

« Naruto-otōto, il faut que je te dise quelque chose. Jiraya-sama m'en a fait garder le secret aussi longtemps que possible, mais je pense que maintenant...

— De quoi parles-tu, Tsukino-chan ?

— Viens, tu comprendras. »

Perplexe, Naruto suivit Tsukino, qui se rapprocha du balcon relié à son bureau. Il la rejoignit dehors, observant le village de Tsuki au plus près de la nature et de l'immense forêt verdoyante.

« Naruto-otōto, tu vois cet arbre-là ? »

Oui, il le reconnaissait : l'immense arbre qu'il avait vu en arrivant, dépassant tous les autres de nombreuses têtes, sans branche ni feuilles, avec uniquement une fleur à son bout.

« Hai. C'est un arbre vraiment bizarre ! s'exclama Naruto. C'est possible, une forme comme ça ?

— Eh bien, ce n'est pas vraiment un arbre.

— Quoi ?

— Si tu fais attention – mais il faut généralement en être plus près pour le remarquer – ce n'est pas un arbre mais de la pierre. »

Naruto sentit sa mâchoire se décrocher.

« C'est un rocher ce truc, ttebayo ? »

Comment c'était possible ? Les rochers aussi faisaient comme les arbres et prenaient des formes particulières ? Il croyait que les rochers ça ne poussait pas ! Ou alors, il fallait vraiment qu'on lui explique qui était la personne qui était parvenu à tailler la roc jusqu'au sommet de cette fleur, et pourquoi il avait fait une forme aussi particulière pour une statue en pierre...

« Me dis pas que quelqu'un l'a taillé... marmonna Naruto. Je ne le croyais pas.

— Eh bien tu fais bien de ne pas y croire, parce que personne n'y a jamais touché, à ce rocher. »

Cela, Naruto y croyait encore moins. Il ne s'y connaissait pas vraiment en érosion ou changement des rochers, mais ça l'étonnerait qu'un rocher puisse prendre cette forme tout seul.

« Comment c'est possible ? demanda Naruto.

— C'est une longue histoire. »

Naruto eut presque envie de rire : Tsukino utilisait les mêmes termes que lui à présent ? Il espérait que son histoire à elle soit moins dramatique que la sienne.

« Cela concernant l'ermite Rikudô, je suppose ? devina l'Uzumaki.

— En effet. Je vais te raconter en chemin.

— En chemin ? Où allons-nous ?

— Au pied de l'Arbre Divin. »

Naruto cligna des yeux. L'Arbre Divin ? Il espérait que ce n'était pas ce gros cailloux en forme d'arbre bizarre, parce que sinon son nom était bien exagéré par rapport à ce que c'était en réalité.

Alors, perplexe et curieux, il suivit Tsukino alors qu'ils quittèrent son bureau et se rendirent dans les rues du village de Tsuki, se déplaçant sans gêne par l'absence de foule : Tsuki était un petit village et, de plus, ce n'était pas une des heures où tous se rendaient dans les rues pour rentrer chez eux ou aller manger quelque part. Ainsi, ils purent discuter en paix.

« Je suppose que tu connais le conte de Kaguya-hime, n'est-ce pas ? questionna Tsukino.

— Hai.

— Et sais-tu les rumeurs concernant Kaguya-hime et l'ermite Rikudô ?

— Euh... certaines, que j'ai apprises récemment, déclara l'Uzumaki. Je sais que beaucoup pensent que l'ermite Rikudô est une sorte de réincarnation de Kaguya-hime qui voulait revenir dans le monde où étaient ses parents adoptifs. Quant à Shizune-san – c'est elle qui m'a parlé de l'ermite Rikudô – elle croit que l'ermite Rikudô a juste emprunté un prénom et un nom en référence au conte.

— Et toi, as-tu un avis à ce sujet ?

— Pas vraiment... c'est pour ça que je suis venu ici. La lune semble être au cœur de tout ça et je me suis dit que peut-être vous en sauriez quelque chose, ici.

— Nous avons, je dirais, notre propre version des faits également. Mais, contrairement à ce que tu penses, cela n'est pas connu de tout le village, du moins pas l'intégralité. Juste de quelques personnes.

— De quelques personnes ? Cela doit rester secret ?

— En partie, oui. Notamment un élément qui te concerne directement. »

Naruto cligna des yeux. Quelque chose du village de Tsuki le concernait ? Il était lié à un conte et une légende, lui ? Depuis quand ? La seule dont il savait être lié était celle de Naruto, le héros du livre de son défunt maitre et dont il avait hérité le nom.

« De quoi parles-tu, Tsukino-chan ?

— C'est... compliqué, mais ne t'en fais pas, tu comprendras. En attendant, je pense que tu veux savoir quel est le lien entre l'ermite Rikudô et Kaguya-hime, n'est-ce pas ?

— Euh... Hai ? je suppose ?

— Ha, ha, je prends ça pour un oui, sourit Tsukino. Alors, par où commencer ? Mmh... Tu connais la fin du conte ?

— Avec la princesse qui retourne sur la lune après avoir été vêtu de sa robe de plumes qui lui faisait tout oublier ?

— Oui, tu connais la fin. Eh bien, chez nous, au village caché de Tsuki, nous pensons, comme beaucoup, que Kaguya-hime est revenu ici. Mais contrairement à d'autres, nous ne pensons pas qu'elle fit cela en se réincarnant sous la forme de l'ermite Rikudô. Dans nos idées, cela est tout à fait différent.

— De quel manière ?

— Ne soit pas si impatient, je vais te conter le récit que nous transmettons ici.

« Kaguya-hime, de retour sur la lune avec les siens, ne pouvait s'empêcher de se rappeler de quelques souvenirs de ses instants dans le monde où vivaient ses parents adoptifs. La robe de plumes dont elle était vêtue ne parvenait pas entièrement à la séparer de ses émotions et souvenirs humains. Elle fredonnait régulièrement une comptine pour enfant que lui chantait sa mère adoptive.

Plus le temps passait, plus ses sentiments refaisaient surface alors que son entourage céleste pensait qu'en étant refouler, ils finiraient par disparaitre et ne s'en préoccupaient pas. Et puis, un beau jour, Kaguya-hime, admirant tristement de loin le monde de ses parents adoptifs comme, auparavant, elle admirait la lune d'où elle venait avec nostalgie et mélancolie, prit la décision de retourner là où son cœur demeurait : dans son monde adoptif.

Elle est donc parvenue à partir, emportant avec elle une pousse d'Arbre Divin, appelé Shinju, qui était cultivé par son peuple et leur permettait de vivre lorsque l'on en mangeait le fruit, appelé Fruit de Chakra. Le voyage qu'elle entreprit jusqu'au monde de ses parents fut très long et épuisa toute son énergie vitale, le chakra.

Dès son arrivée dans le monde dans lequel elle était apparue, dans une coupe de pousse de bambou, elle fut recueillie par un peuple – le Pays de So – qui avait remarqué son arrivée et, comme si elle était une étoile filante tombée du ciel, ils considérèrent son apparition comme un présage divin. Elle fut menée à leur empereur, Tenji, à qui Kaguya-hime expliqua sa venue ici : elle désirait retrouver ses parents adoptifs. Mais lorsqu'elle se présenta, elle apprit une terrible nouvelle : ses parents, comme le monde qu'elle connaissait, étaient mort depuis de nombreuses décennies et son nom lui-même, Kaguya-hime, était devenue une légende.

Kaguya-hime, n'ayant plus d'objectif et ayant perdu une grande partie de son chakra, accepta la proposition de Tenji de rester au Pays de So le temps que l'Arbre Divin pousse, où il lui fut attribué une servante du nom d'Aino. Le dirigeant du pays profita de la présence de la femme considérée comme une déesse pour lui tenir compagnie et gagner sa confiance. Ils se rapprochèrent beaucoup. Tenji tenta même de lui faire la cour mais Kaguya-hime, qui se souvenait de l'empereur qui avait tenté de la séduire et de faire d'elle une de ses nombreuses épouses lors de son dernier séjour dans ce monde, repoussa ses avances. À sa grande surprise, Tenji n'insista pas et accepta le fait qu'elle ne voulait pas de lui.

Il continua de la voir, lui parlant et de ses rêves et ses espoirs concernant une paix possible avec leur voisin contre lequel leur pays était en guerre, le Pays de Ka. Plus elle l'entendait et le côtoyait, plus Kaguya-hime se trouvait impressionnée par cet empereur si différent de tous les dirigeants qu'elle avait connu et finit par l'aimer et tomba amoureuse.

Tout semblait aller pour le mieux, mais ce paisible bonheur ne pouvait durer. L'empereur du Pays de Ka, qui avait entendu parler d'un Kami habitant dans le palais de l'empereur voisin, décida de faire enlever Kaguya-hime. Mais cet enlèvement échoua lorsque Kaguya-hime, par réflexe et ignorante des faiblesses humaines, tua ses kidnappeurs alors que ceux-ci s'apprêtaient à tuer sa servante, Aino, qui s'était interposée pour protéger sa maitresse.

L'Empereur du Pays de Ka réclama Kaguya-hime en dédommagement à toutes les morts qu'elle avait causé, sinon il attaquerait le Pays de So jusqu'à sa destruction. Tenji refusa de la livrer et informa son amour du risque qu'elle courait. Il la fit donc s'enfuir discrètement du palais, en compagnie d'Aino, afin qu'elles se rendent à l'Arbre Divin, où la pousse avait grandi au fil du temps à grande allure, là où Kaguya-hime fut trouvée auparavant, et probablement là où elle retrouverait ses pleins pouvoirs en mangeant un Fruit de Chakra et saurait s'enfuir, retournant d'où elle venait.

Mais en pleine nuit, alors que Kaguya-hime et sa servante fuyaient, elles furent attaquées par des soldats du Pays de Ka. Kaguya-hime, toujours affaiblie, était menacée de mourir ou d'être capturée. La fin était proche pour l'étrangère venue de la lune. Ce fut sans compter sur le sacrifice de sa servante qui, tel un bouclier humain, se plaça sur la trajectoire des flèches meurtrières qui se dirigeaient vers Kaguya-hime.

Avant de mourir, elle fit des aveux à sa maitresse : pendant tout ce temps, elle fut à son service selon les ordres de l'Empereur Tenji qui désirait s'emparer des pouvoirs de cette divinité venue d'ailleurs pour vaincre leur pays voisin. Mais, suite à l'enlèvement raté organisé par le Pays de Ka, il avait pris la décision de feindre une attaque ennemie contre Kaguya-hime pour que celle-ci se mette à haïr le Pays de Ka et décide de rallier ses pouvoirs au Pays de So, puisque à chaque fois qu'il lui avait demandé de se joindre à eux, Kaguya-hime avait refusé, prétextant qu'elle ne mettrait pas ses pouvoirs au service de quiconque en ce monde. Et, dans l'hypothèse où elle meurt contre les soldats déguisés du Pays de So, il aurait envoyé le corps de Kaguya-hime – en s'étant d'abord assuré qu'il ne pourrait lui être utile – à l'empereur voisin en gage d'une paix entre leurs deux pays.

Mais Aino, qui avait appris à fréquenter cette étrange princesse aux émotions et expressions si particulières, ne put se résoudre, au dernier instant, à la laisser mourir et, dans un dernier élan de compassion, s'était sacrifiée pour cette femme qui était au cœur de sombres machinations et manipulations sans en être responsable. Elle demanda, dans un dernier souffle, à la princesse de lui pardonner et mourut avant de savoir si Kaguya-hime lui pardonnait, le sourire aux lèvres, heureuse de ne pas avoir suivi jusqu'au bout les ordres de son empereur et acceptant que la princesse la haïsse pour cette trahison.

À cet instant, la princesse céleste qui n'avait jamais connu que quelques sentiments humains, en rajouta un de plus sur sa liste : la haine. Une haine aux pouvoirs dévastateurs où, dans un accès de rage et de colère, elle libéra tout son chakra pour assouvir sa vengeance contre les assassins d'Aino. Cette nuit-là, Kaguya-hime comprit pourquoi les siens la gardait éloigner des sentiments humains : ceux-ci étaient dangereux. Alors qu'elle était aux portes de la mort, sans une once de chakra en elle, elle trouva la foi et le courage d'arriver au pied de l'Arbre Divin. Shinju, qui la reconnue comme une habitante de la lune, se pencha et tendit vers elle le Fruit de Chakra, qu'elle mangea.

Aussitôt régénérée et pourvue d'étonnants pouvoirs, Kaguya-hime activa un pouvoir unique au monde par un étrange troisième œil rouge, issue de ses sentiments et ressentis depuis qu'elle vivait dans ce monde : un genjutsu du nom de Tsukuyomi Infini – les Arcanes Lunaires Infinis –, qui plongeait tout le monde, par le biais du contrôle des racines de l'Arbre Divin, dans un sommeil permanent, dans des rubans de bois qui les recouvraient entièrement. Elle s'en servit pour emprisonner les derniers rescapés des soldats du Pays du So qu'elle n'avait pas assassiné suite à la mort d'Aino, notamment son amant Tenji.

À partir de ce jour-là, Kaguya-hime détenue une puissance inégalable par le contrôle de l'Arbre Divin puisqu'à l'aide de son contrôle et des Arcanes Lunaires Infinis, en plus de pouvoir plonger ses adversaires dans un sommeil éternel, en les emprisonnant dans les racines de Shinju, elle pouvait puiser dans leur énergie vitale qui, en traversant Shinju, se transformait en énergie de chakra que Kaguya-hime puisait, lui permettant de se régénérer sans arrêt.

Mais Kaguya-hime s'enorgueillit, de cette puissance, et pensa détenir en elle le pouvoir de contrôler le monde entier, de le dicter, au-delà de ses objectifs de paix initiaux qu'elle avait acquises de Tenji. La tyrannie et la dictature commencèrent à se faire et personne n'y pouvait rien, incapable de se lever contre la princesse venue de la lune aux pouvoirs divins.

Sauf deux humains assez particuliers : ses fils. Issus de sa relation avec Tenji, ses fils Hagoromo et Hamura, qui prirent le nom de clan Ôtsutsuki, choisit par Kaguya-hime elle-même en souvenir de ses défunts parents adoptifs, étaient dotés des pouvoirs de leur mère. Tous deux maitrisaient le chakra, une énergie qui, sous l'influence de l'Arbre Divin qui aspirait l'énergie vitale pour la convertir en chakra, se propageait dans le monde.

Ils découvrirent les véritables agissements de leur mère concernant sa régénération de chakra par le sacrifice de l'énergie vitale d'humains qui s'opposaient à elle et qu'elle plongeait dans un sommeil éternelle.

Ils décidèrent donc d'arrêter leur mère mais celle-ci, outrée du comportement de ses enfants, les affrontèrent. Pour cela, elle fit appel à Shinju – à qui elle promit le chakra de ses fils –, auquel elle lia son chakra et ses pouvoirs pour finalement, avec l'Arbre Divin, prendre une forme physique, sous un immense et hideux monstre à dix queues qui fut baptisé Jûbi.

Mais Hagoromo et Hamura, après des mois d'affrontement contre le Bijû, parvinrent à le vaincre, non pas en le tuant – puisqu'il était immortel, par le chakra qu'il puisait dans le monde – mais en le scellant, séparant ainsi l'esprit de leur mère de l'Arbre Divin. Hagoromo fut celui qui se changea de garder la moitié Yin de Jûbi, donc l'Arbre Divin, en lui tandis que son frère Hamura se chargea de la moitié Yang de Jûbi, leur mère.

L'existence de Kaguya-hime en ce monde venait de prendre fin. Pour que jamais le monde n'oublie le danger que représentait le désir de puissance, une réplique de l'Arbre Divin fut créée et précieusement gardée par un peuple qui avait le devoir de rappeler au monde, au cas où celui-ci se mettrait à sombrer de nouveau, le devoir de chacun de ne pas s'approprier de pouvoir divin sous risque de perdre la raison et toute trace d'humanité.

Ce peuple, c'est celui de Tsuki. Le nôtre. »

Naruto était sans voix à la fin de ce récit. Il ne s'était même pas rendu compte, tellement absorbé par ce que lui contait Tsukino, qu'ils étaient arrivés au pied de l'étrange arbre en roc du village.

En observant le gigantesque arbre factice – dont regarder le sommet lui donnait une sensation de vertige –, une idée lui vient à l'esprit.

« Tsukino-chan ?

— Oui, Naruto-otōto ?

— Est-ce que par pure hasard, ce truc c'est la réplique de l'Arbre Divin ? »

Le sourire que lui offrit Tsukino le lui confirma sans même qu'elle n'ait besoin de parler.

« C'est cela, répondit-elle. Tout ce que je viens de te raconter est le conte que tous les habitants d'ici connaissent.

— Eh ben, vous avez bonne mémoire. Moi je ne m'en serais pas rappeler, ttebayo !... Ah mais attends, je croyais que tu avais parlé de quelque chose qui devait rester secret et que peu de personnes connaissaient ? Ce n'était pas ce conte ?

— Ce n'était pas ce conte, du moins pas encore, déclara Tsukino, ce qui ne fit qu'ajouter à la confusion de Naruto. Naruto-otōto, te rappelles-tu que j'ai dit qu'une partie te concernait ?

— Euh, je crois... hai ?

— Eh bien, c'est à partir de là que le reste du conte est gardé secret. Seule une poignée de personnes, dont les dirigeants de Tsuki, et feu Jiraya-sama, a connaissance de cette dernière partie.

— Et je peux le savoir moi, tu es sûre ? »

Tsukino ria doucement.

« Évidemment que tu peux le savoir. Elle te concerne. »

Tsukino entama le reste de son récit sous le regard nerveux de Naruto, qui avait l'impression d'entendre un secret extrêmement important qui ne devrait pas être dit en sa présence.

« Suite à la disparition de Jûbi, les frères empruntèrent deux voies différentes. Hamura était convaincu qu'en tant que fils d'une parente du peuple de la lune, il fallait qu'ils retournent chez eux tandis qu'Hagoromo défendait leur naissance en ce monde et voulait offrir le chakra à tous les peuples pour que ceux-ci puissent parvenir à des paix durables. Finalement les deux frères se séparèrent, chacun suivant ses idées. Hamura parvient, grâce à sa maitrise du chakra, à se rendre sur la lune tandis qu'Hagoromo se mit à parcourir le monde pour transmettre son enseignement sur le chakra.

Ce ne fut que des décennies plus tard, alors qu'il se mourrait, qu'Hamura, revenu chez ses ancêtres célestes où il avait, tout comme sa mère avant lui, perdu ses souvenirs de sa vie dans le monde humain et également toute émotion qui pouvait avoir ressenti grâce à la robe de plumes, eut un dernier sentiment envers sa mère qu'il avait scellé. Faisant preuve d'une dernière once d'humanité, il décida de la pardonner pour ses crimes, et de la ramener dans leur monde, sans ses pouvoirs – dont l'utilisation de son chakra – et en héritage de qui elle était, uniquement ses Dôjutsu.

De retour dans le monde de ses parents adoptifs, la princesse, par l'absence d'émotions qu'elle avait vécue pendant des décennies lorsqu'elle fut gardée par son fils, décida, par remords et regrets, de se repentir de ses crimes.

Ne pouvant – ni ne désirant – retourner sur la lune, elle partit à la recherche de son fils Hagoromo, déjà connu dans le monde sous le nom de Sage des Six Chemins, l'ermite Rikudô. Mais elle apprit la mort de celui-ci tandis que ses deux fils, Inra et Asura – les petits-enfants de Kaguya-hime – étaient en conflit suite à la dernière décision de leur père qui préféra privilégier son cadet, qui croyait que l'amour était nécessaire pour apporter la paix, et en fit son successeur.

Kaguya-hime apprit aussi que son fils, le premier jinchûriki de Jûbi, avait divisé le monstre en neuf immenses créatures géantes qui parsemèrent le monde. Craignant qu'Inra ou Asura désirent s'en servir dans une lutte de pouvoir, elle tâcha de réunir des hommes et femmes d'exceptions qui maitrisaient le ninshû et à qui elle transmit le seul enseignement qu'elle pouvait : le Fûinjutsu, l'art des sceaux. À eux tous, elle leur transmit son souhait : qu'ils deviennent les gardiens des Bijû, pour que jamais ceux-ci ne soient utilisés pour de mauvais desseins.

Elle leur offrir, en gage de confiance et d'assurance pour qu'ils ne brisent jamais la promesse de garder les Bijû, des caractéristiques uniques : des cheveux rouges écarlates, de la même couleur que son Rinne Sharingan, qui permettait de les distinguer sans problème et les réunis dans un même clan. Un clan aux techniques uniques aux mondes et redoutées de tous. »

Tsukino se tut, à la grande surprise de Naruto qui, en entendant cette fin, ne désirait qu'une chose : savoir le nom de ce clan.

« Tsukino-chan, quel était le nom de ce clan ? demanda Naruto.

— Cela, ce n'est pas à moi de te le dire, Naruto-otōto. Quelqu'un d'autre est plus apte à t'en parler. »

Avant que Naruto ne puisse demander qui, Tsukino s'approcha de la réplique de l'Arbre Divin et posa sa main sur le tronc d'arbre en pierre. À la grande surprise de Naruto, un étrange sceau qu'il n'avait pas remarqué jusque là – car de la même couleur que la pierre – se mit à briller de bleu et son centre s'ouvrit en deux, révélant un passage pour pénétrer dans le tronc d'arbre.

Naruto se mit à avoir peur.

« Tsukino-chan, ne me dit pas que je vais devoir...

— Naruto-otōto, entre.

— ... C'est bien ce que je craignais, ttebayo... »

Ce fut en trainant des pieds d'un air réticent que Naruto entra à l'intérieur du tronc d'arbre. Il remarqua, en jetant un coup d'œil par-dessus son épaule, que Tsukino ne le suivait pas.

« Eh, Tsukino-chan, cet endroit est bizarre... T'es sûre que ça ne va pas s'effondrer sur moi ?

— Bien sûr que non.

— Mouais... Sinon, je peux savoir pourquoi tu m'as demandé d'entrer là-dedans ?

— Tu comprendras. Pour le moment, contente-toi de suivre mes indications. Assieds-toi au milieu. »

Naruto soupira mais s'exécuta. Il se plaça au centre du tronc – du moins ce qu'il pensait être le centre, puisqu'il faisait extrêmement sombre à l'intérieur – et s'assit en tailleur, les jambes croisées.

« C'est fait ! déclara-t-il.

— Bien. Maintenant ferme les yeux et concentre-toi, comme si tu méditais. »

Naruto grimaça. Il ne voyait vraiment pas où cela allait le mener mais bon...

Il fit comme lorsqu'il préparait le mode ermite et ferma les yeux, plaçant ses mains l'une contre l'autre et se concentrant sur ce qui l'entourait.

Il entendit soudainement les portes se refermer derrière lui et s'exclama :

« Eh, Tsukino-chan ! Qu'est-ce qui se passe ?

— Ne panique pas, Naruto-otōto, c'est normal. Concentre-toi. »

Naruto grommela mais retourna à sa méditation. Pourtant, il ne put s'empêcher de jeter un coup d'œil inquiet aux alentours : venaient d'apparaitre de nombreux sceaux bleus animés de chakra sur toute la paroi intérieure du tronc d'arbre. Cela l'inquiétait : il avait l'impression d'être rentré dans un traquenard et que, soudainement, tous ces sceaux allaient exploser comme des parchemins.

« J'espère que tu sais ce que tu fais, Tsukino-chan... »

Il prit une grande inspiration et ferma les yeux, se concentrant autant que possible.

Il visualisa les alentours et aussitôt comme sous l'effet du mode ermite, le monde lui apparut de manière différente, plus proche de chaque énergie qui parsemait le monde. Il n'avait plus besoin de voir les sceaux de chakra bleu pour les ressentir, ou de voir Tsukino pour comprendre qu'en ce moment, elle-même se concentrait, à l'extérieur, à disséminer son chakra dans les sceaux de l'arbre. Il ignorait ce qu'elle faisait exactement, mais c'était elle qui était à l'origine de l'activation de tous ces sceaux.

Et puis, soudainement, tout cela disparu. Il ne sentit plus les sceaux, plus le chakra de Tsukino, plus l'énergie vitale de toute chose qui l'entourait. Plus rien.

Sauf pour une exception, qui se trouvait à proximité. Par son chakra, il pouvait dire que c'était un humain, ou plutôt une humaine et, il ne saurait pas l'expliquer, mais il sentait que ce chakra lui était familier.

Curieux, Naruto arrêta de suivre les ordres de Tsukino et quitta sa méditation en ouvrant les yeux. La première chose qui le frappa fut les alentours.

Il ne se trouvait plus dans l'intérieur du tronc d'arbre mais dans un endroit qu'il ne pourrait nommer, bien plus lumineux, comme si le soleil venait de s'éparpiller et de prendre une forme liquide et vaporeuse et continuait pourtant de briller de mille feux.

Il se sentait bien, ici.

« Na... Naruto ? »

L'Uzumaki cligna des yeux et se retourna.

Devant lui se tenait quelqu'un. Une femme, aux longs cheveux rouges et aux yeux gris, vêtue d'une robe verte et blanche, et qui l'observait tendrement.

Il ne sut pas pourquoi, mais Naruto eut envie de pleurer. Non pas de tristesse, mais de joie. Un étrange sentiment l'envahit, comme la douce chaleur d'un feu de cheminé.

Il n'avait jamais ressenti ça auparavant.

« Qu... Qui êtes-vous ? »


... Vous n'avez pas idée à quel point j'ai été prise dans l'écriture du récit de Tsukino. J'en avais complètement oublié où je devais m'arrêter, tellement j'appréciais l'écrire ! Mais je devais m'arrêter là, parce que ce n'est pas encore fini et, qu'à ce rythme-là, j'allais donner bien trop d'éléments dans cette partie. Surtout que cette partie est vraiment longue... J'annonce déjà : la prochaine ne fera pas une telle taille, enfin j'espère...