Bon, j'ai mis un peu plus de temps à poster que prévu, mais on va dire que comme j'ai pas encore dormi on est pas encore demain donc je suis dans les temps. M'en fous de l'heure. (Et comme j'ai corrigé tard il doit encore rester des fautes donc voilà)
Merci à Lae et Milou pour les reviews, elle m'ont fait très très plaisir ! J'espère que les chapitres à venir vous plairont.
C'était facile de te parler. Ça m'intimidait au début, tu sais, parce que tu me regardais avec tes grands yeux bleus plein d'attention et je me sentais minuscule. J'avais l'impression de dire n'importe quoi. Mais j'y arrivais, et tu souriais à chaque mot. Tu m'écoutais en silence et tu parlais à ton tour, tu t'exprimais avec cette noblesse lente et articulée. On s'est vues une fois, deux fois, trois fois. Et j'étais tellement bien avec toi, j'ai fini par avoir des doutes, tu comprends ?
Quand je te revoie enrouler tes doigts autour de mes poignets, j'ai envie de partir te retrouver. De faire comme si tout le reste n'avait jamais eu lieu.
xoxoxox
Le café était presque vide, à cette heure. Non pas qu'il était tard, au contraire, le soleil lové derrière les nuages planait haut dans le ciel, mais la plupart des gens travaillaient. Calées dans un coin de la salle, occupant tout l'espace d'une table pour quatre personnes avec leurs sacs, les deux jeunes filles discutaient distraitement. Xion tournait son bâtonnet dans son verre de lait fraise pour y dessiner des tourbillons, Naminé sirotait minutieusement son soda. Parfois, elles se regardaient, et la noiraude ne savait plus quoi dire. C'était plus simple de s'exprimer sans sentir le poids de l'attention, attention qui paradoxalement la flattait.
« - Et ça, tu aimes bien ? »
Tout en parlant, l'étudiante en art lui tendit un de ses écouteurs. La plus jeune s'en saisit, hésitante. Elle dégagea les mèches sagement rangées autour de son visage pour porter l'objet à son oreille, laissant la musique et les mots l'envahir doucement. C'était calme. Agréable. Une voix féminine languissante qui s'étirait le long des notes. L'auditrice hocha la tête pour signifier qu'elle appréciait.
« - Tu en penses quoi ?
- C'est … »
Xion hésita. Elle aurait bien répondu « joli », mais son manque cruel d'argumentation et de vocabulaire faisait bien pâle figure face aux propos soignés de la princesse blanche. Elle se serait sentie idiote, avec ce simple mot. Seulement, il ne lui en venait pas d'autre.
« - C'est doux. » S'essaya-t-elle à exprimer. « Et lent. »
« Caressant », le mot qui lui vint soudain à l'esprit. Elle le garda pour elle. En face, la blonde hocha la tête avant de couper la musique.
« - J'écoutais ça hier en terminant le projet que je dois rendre pour Mardi. Je me suis dit que ça te plairait.
- Ah ? »
Naminé avait pensé à elle. Cette idée l'étonnait autant qu'elle la touchait. Xion ne se figurait pas qu'on puisse songer à sa bouille en dehors de sa présence, même si elle pensait souvent aux autres. C'était bizarre, de savoir qu'on existait dans l'esprit des gens sans être près d'eux. Il y avait, quelque part dans la tête de l'artiste, une image d'elle personnelle et singulière qu'elle ne connaissait pas. Une photo certainement déformée, miroir tordu de la vérité, miroir quand même. Comment Nami l'imaginait-elle ?
« - Oui. » Toujours ce sourire fin et discret qui allumait ses lèvres et ses yeux. « C'est simple, calme, mais plein d'émotion. Comme toi. »
Simple, calme et pleine d'émotion … La noiraude ne savait pas vraiment si c'était positif, si ça lui correspondait. Roxas aurait su lui dire, lui. Il la connaissait bien. Plutôt que d'y penser, elle avala quelques gorgées de lait fraise, amorça ensuite un mouvement pour s'essuyer, mais figea sa main à quelques centimètres de ses lèvres. Elle avait des manières grossières et s'en moquait d'habitude, mais le regard de Naminé sur elle l'encouragea plus tôt à effacer le surplus de boisson avec la serviette en papier qui trainait sur la table.
« - Et tu écoutes quoi d'autre ? » Elle demanda ensuite, ses doigts noués autour du long verre.
- Ça dépend des périodes.
- Et en ce moment ? »
Plutôt que de répondre, l'interrogée posa son téléphone à plat sur la table. Elle tapota à la va-vite pour le débloquer, ouvrit une application et le tendit vers son opposée, laissant défiler le nom des dernières musiques écoutées. Xion reconnaissait certains noms – Sleeping at night, Mylène Farmer – d'autres, comme Poets of the falls, lui étaient inconnus.
« - Et toi, hormis Indochine ? »
La cadette rougit un peu. Chaque fois que Nami la surprenait à écouter quelque chose, c'était toujours le même groupe. Pas sa faute, leur dernier album venait de sortir et elle se plaisait à passer en boucles les mêmes musiques pour en graver la moindre parole dans son esprit. Après, elle pouvait les réécouter sans les entendre.
« - Pleins de truc. » Elle marmonna en posant ses lèvres sur le rebord de son verre.
« - Comme quoi ? »
Pas facile, comme question. Les goûts de Xion couvraient nombre de genres, de groupes, de chansons, mais elle n'avait pas pour autant une culture particulièrement développée dans ce domaine. Alors ça la gênait un peu d'en parler, elle ne s'avait pas quoi dire. Plutôt que de répondre, elle emprunta les écouteurs de la blonde pour les brancher sur son propre téléphone, et farfouilla dans son répertoire jusqu'à trouver la chanson qui l'intéressait. Une mélodie qu'elle fredonnait souvent, mais dont elle pouvait être à peu près sûre que l'autre ne la connaissait pas. Quelques secondes plus tard, Saez chantait Roméo et Juliette au creux leurs oreilles.
xoxoxox
Xion grimpa les marches de l'escalier par deux, pour finir épuisée au troisième étage. Un coup d'œil autour d'elle, elle chercha le numéro 6, s'approcha de la porte qui le portait fièrement. Une poignée un peu rouillée, un paillasson qui devait trainer là bien avant que Naminé n'emménage. La noiraude commençait à connaitre les lieux, à force. Elle venait parfois après les cours – souvent le mardi parce qu'elle terminait deux heures plus tôt au contraire de Roxas – c'était l'occasion de passer le temps qu'elle ne réservait pas au blond avec sa cousine. Chaque fois, elle lui apportait les tomes de Bonne nuit Punpun par deux, et son hôte lui rendait les deux précédemment prêtés. Elles en parlaient un peu, puis elles changeaient de sujet.
Deux tocs consécutifs contre la porte.
« - J'arrive ! » l'habitante cria depuis le salon.
Un bruit de clef qu'on tournait dans la serrure.
Peu à peu, la conversation se décoinçait doucement entre elles. Les mots venaient plus facilement, leurs échanges s'animaient. Elles riaient beaucoup. Encore, elles parlaient de leur goût. Pour la taquiner, Axel lui disait que c'était toujours comme ça que les couples se formaient, en se cherchant des points communs à aimer à deux. Au début, elle le bousculait pour le faire taire, mais les rires de ses grands yeux vers laissaient la place aux invitations silencieuses. Comme s'il attendait, d'une certainement manière, qu'elle lui annonce quelque chose de délicat. Il était vif d'esprit, le rouquin, bien plus que le reste du groupe. Il comprenait tout avant tout le monde. Mais elle préférait garder ses doutes, pour l'instant.
« - Bonjour. »
La porte s'ouvrit brusquement pour offrir un visage familier aux traits soignés comme ceux d'un portrait.
« - Salut ! » L'invitée sourit d'abord, puis se ravisa. « Je te dérange pas, au moins ?
- Bien sûr que non, je t'attendais. »
Elle l'attendait. Bien sûr qu'elle l'attendait, puisqu'elles se retrouvaient toujours le mardi. Bien sûr qu'elle l'attendait, puisque Xion lui avait envoyé un énième message pour la prévenir de son passage. Pour être certaine de ne pas déranger, surtout. Mais elle l'attendait, et ce simple constat lui procurait une inexplicable joie.
xoxoxox
« - Tu te rattraperas avec l'anglais.
- J'ai pas fini dans les temps.
- Et l'épreuve d'Histoire géo ?
- J'avais pas appris les croquis. »
Xion soupira longuement, dépitée. Trois épreuves blanches depuis le début de la semaine, trois gros ratés. Novembre se terminait sur une note déprimante.
Assis au milieu d'un rond-point fleuri, Axel et la noiraude conversaient pour faire passer le temps - le temps que Roxas passait enfermé dans une salle minuscule face à son professeur de latin, regrettant déjà son option. Le rouquin séchait son cours d'informatique, Xion en avait fini avec les épreuves blanches pour la journée. Elle aurait dû réviser ses chapitres de philo, sûrement, mais l'envie de flemmarder sur le grand rond d'herbe l'emportait sur sa conscience. Tant pis, elle improviserait une fois face au sujet.
Elle avait la tête un peu trop ailleurs, ces derniers jours.
« - Ax ?
- Mm ?
- Comment t'as su que Roxas te plaisait ? »
Elle roula pour s'allonger à plat ventre, le menton planté dans la masse verte. D'ici, elle pouvait sentir l'odeur humide de la terre distraire son esprit anxieux. Les mains près du visage, elle enroula les brins d'herbes autour de ses doigts, observant de si près les milliers de détails figées sur ces fines feuilles émeraude.
« - Pas compliqué, j'aimais passer du temps avec lui, j'avais envie de l'embrasser. Ça laisse pas vraiment la place au doute. »
Xion hocha – comme elle le pouvait – la tête. Elle arracha les brins les tressa entre eux, les jeta au loin. S'occuper les mains pour mieux s'occuper la tête, comme quand elle jouait avec son stylo pour ne pas écouter les cours soporifiques que leur prof de sciences dispensait l'an dernier.
« - Mais je suppose que la vrai question, c'est Comment t'as su que Roxas te plaisait alors que c'était un garçon ? »
Sans le voir, la noiraude pouvait deviner le large sourire taquin qui venait fendre son trop long visage. Sans constater que son minois de poupée rougissait brièvement, Axel savait qu'il avait vu juste. D'où le sourire. A vrai dire, la question, et la réponse, se révélaient plus compliquées. Roxas était le premier copain du rouquin, mais il doutait déjà bien avant de rencontrer le gamin. Avec les autres, les camarades aux lycées, les rencontres éphémères à la fac, il trouvait un désir flou à mi-chemin entre l'amitié, l'attraction et « autre chose ». Une brume d'attirance qu'aucun mot ne venait éclairer. Et puis Roxas, et plus de brume. Juste la certitude qu'il aimait être avec lui, qu'il aimait son sourire hésitant, qu'il aimait effleurer sa main quand le garçon lui tendait quelque chose. Qu'il aimait tout court, passées les premières semaines de la relation.
« - Alors ? » La noiraude demanda pour le relancer.
« - Idem. J'aimais être avec lui, j'avais envie de l'embrasser. Y avait pas trente-six possibilités.
- Mais comment tu pouvais en être sûr ?
- Je pouvais, pas, j'étais pas sûr, Xy. » Et cette fois, il se redressa pour vraiment la regarder. « Et c'est pas grave. J'en suis pas mort, aux dernières nouvelles. »
Elle pouffa légèrement sur ses derniers mots notant la manière théâtrale donc il se désignait lui-même en écartant les bras. « Encore heureux » pensa-t-elle très fort, assez pour qu'il l'entende sans qu'elle n'ait besoin de le dire.
« - Tu m'aides pas.
- J'ai pas ta réponse. A priori, Naminé te sera plus utile là-dessus. »
Xion rougit. Bien sûr qu'elle savait qu'il savait, mais c'était toujours beaucoup plus gênant de l'entendre le dire. Elle entrouvrit les lèvres pour chercher une repose adéquate, une réplique assez subtile pour le piquer sans le blesser, mais la lycéenne n'avait jamais vraiment brillé de par sa répartie. Elle n'eut de toute façon pas le loisir de réfléchir d'avantage que le rouquin se redressa soudain.
« - Merde. » Il tapota à la vas-vite sur son téléphone.
« - Quoi ?
- Je vais pas pouvoir attendre Rox'. Faut que j'y aille.
- Un problème avec ton cours ?
- Je dois rejoindre un pote pour un travail de groupe. J'avais zappé.
Xion haussa un sourcil, les épaules, puis se rallongea sur la colline en soupirant. Axel l'étonnerait toujours, à pouvoir oublier si facilement l'essentiel malgré son naturel méthodique. Sa trop grande insouciante lui jouait inévitablement quelques mauvais tours – le blondin lui reprochait beaucoup ce manque de sérieux, d'ailleurs.
« - Sérieusement …
- Dem va me tuer, faut que je parte maintenant » Il se releva, épousseta son jean et enjamba la haie qui épousait la forme du rond-point. « J'enverrai un message à Roxas, désolé !
- Une préférence pour la tombe ? »
L'allumette sourit malgré lui, s'arrêtant au beau milieu de la route.
« - Incinération, sinon je reviens vous hanter tous les deux. »
Xy rit et il fila sur ces derniers mots, la laissant seule avec son nuage d'interrogations.
xoxoxox
Ça n'était pas exactement le meilleur jour pour aller trainer dehors. Le coton gris dans le ciel laissait présager un énième déluge automnale, les rares personnes qui peuplaient les rues se baladaient leur parapluie bien en main – ou pressaient le pas, pour ceux qui n'en avaient pas. L'air était humide et lourd, la ville enveloppée sous un voile de gris délavé, les quelques couleurs avalées par le mauvais temps.
Tant pis, Xion et Naminé s'étaient quand même décidées à sortir.
« - Tu veux finir la tablette ?
- C'est bon, vas-y. »
Souriant, la noiraude se saisit de la dernière ligne chocolatée avant de croquer dedans. Il ne restait désormais plus rien des deux tablettes qu'elles avaient achetées en quittant l'appartement, mais la bouteille de Fanta était encore à moitié pleine. Elle s'en saisit également, délesta le récipient de quelques centilitres, puis le tendit à son amie.
« - T'en veux ? »
La blonde se tourna, hocha la tête puis posa son criterium.
« - Merci. »
Curieuse, la plus jeune se redressa pour jeter un coup d'œil vers le carnet qui occupait les genoux de Naminé. Elle avait d'abord cru que la gribouilleuse s'inspirait de la statue non loin d'elles, une de celles qui ornaient l'entrée du jardin, mais les traits sur le papier ne ressemblaient en rien au félin de pierre nonchalamment allongé sur la colonne. Elle y trouva un ensemble de cadres, lesquels semblaient représenter une sorte de bar presque familier. L'image lui rappelait quelque chose.
« - Tu dessines quoi ? » Elle demanda en effleurant le carnet.
« - Juste des croquis. Je fais des recherches pour un projet à rendre dans deux semaines.
- Et qu'est-ce que vous devez faire ?
- Reprendre une œuvre connue. Je pensais me baser sur Nighthawks, d'Edward Hopper. Ça te parle ?
- Ça me dit quelque chose. »
Naminé lui offrit un sourire faible, fragment de tendresse, tout en posant sa main sur sa jambe.
« - Je te montrerai en rentrant. Tu dois sûrement connaitre, on l'étudie parfois au collège. »
Xion hocha la tête, le ventre plein d'étincelles. Les doigts de l'artiste dessinaient de petits huit sur son jean. Elle pouvait sentir ses ongles gratter contre le tissu, la pulpe appuyer plus fort là où les lignes se croisaient, tout près du genou. Et elle s'imagina quelques secondes ce que ce serait de sentir sa main remonter tout doucement le long de sa jambe, et combien ce pourrait être agréable si elle ne portait justement pas ce jean. Son basin s'enflamma tout autant que ses joues.
Elle pria intérieurement pour que Naminé ne soit pas secrètement télépathe, puis vint caler sa tête sur son épaule.
xoxoxox
« SA_TI_ _ AN_ _E
»
« F »
« Non
»
« U »
« Bien !
SA_TI_ _ AN_UE
»
Xion fixa la feuille que Roxas lui rendit, concentrée. La structure du pendu était déjà en place, la tête et le corps d'un pauvre stick man innocent accrochés au bout de la corde. Il ne lui restait que trois membres à dessiner, soit deux erreurs acceptables. Le O lui semblait être une option intéressante, mais risquée. S'il n'était pas derrière le I, il ne serait nulle part ailleurs et elle perdrait un tour. Le Q aussi la tentait. Elle ne voyait pas d'autres lettres possibles pour l'espace qui séparait le N et le U. Prudente, elle opta pour son second choix.
« Q »
« Tu chauffes
SA_TI_ _ ANQUE
»
« O »
« Raté
»
Une jambe vint s'ajouter au corps pendu. Plus que deux erreurs. Xy jeta un rapide coup d'œil vers le surveillant de la salle d'étude ; aujourd'hui, c'était Saix qui s'occupait de la marmaille. Un type dont l'âge indéfinissable se situait très certainement entre vingt et cinquante ans, et dont la balafre irrégulièrement tracée accentuait les traits déjà dur de son visage impitoyable. Apparemment, il n'avait pas remarqué leur petit jeu. Elle baissa les yeux avant de croiser son regard.
Et eut une illumination.
« - SALTIBANQUE ? » Murmura-t-elle en cherchant les mirettes célestes du gamin blond, trop pressée pour prendre le temps de l'écrire.
Sans répondre, Roxas tendit son poing vers elle, pouce levé. C'était gagné ! Elle retourna la feuille un sourire victorieux plaqué sur les lèvres. Un rapide coup d'œil vers son téléphone pour vérifier ses messages, puis elle commença à compter les lettres du mot qu'elle avait choisi. Aucune nouvelle de Naminé – rien d'étonnant, son emploi du temps était aussi chargé que le sac où elle fourrait son carton et son matériel à dessin. Elles n'arrêtaient jamais vraiment de discuter, et Xion attendait toujours avec une impatience mal dissimulée les réponses de l'artiste. Elles rythmaient ses journées.
« B_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ »
Elle renvoya le papier à son meilleur ami, surveillant toujours leur surveillant du coin de l'œil.
« A »
« Trouvé
B_ A _ _ _ _ _ _ _ _
A »
« E »
« Non
A E »
« I »
« Tu vas faire toutes les voyelles ?
B_ A _ _ _ I _ _ _ _ »
Le visage de Xion se fendit d'un sourire en voyant celui de son partenaire de jeu s'étirer aussi. Il ne restait plus aucune trace de l'air anxieux qu'il affichait le matin même.
xoxoxox
Elle avait des poignets fins, Naminé. Xion le remarquait chaque fois qu'elle jouait avec le petit bracelet d'argent qui l'entourait. Joli bijou, un ensemble de chainons qui se rejoignaient autour d'une médaille ornée d'un L fin, gravé dans la matière. La noiraude lui avait déjà demandé, un jour, d'où lui venait l'objet, et pourquoi cette lettre en particulier. Elle savait maintenant que c'était le L de Larxène, sa sœur ainée, et qu'il s'agissait d'un cadeau offert par ses parents lorsque la « vipère » s'en était allée étudier à l'étranger.
La vipère. Elle y mettait tant de tendresse quand elle prononçait ce surnom, le décalage amusait Xy.
« - Ça s'est fini comment vos présentations ?
- Dans le sang et les larmes. » Nami répondit, un sourire énigmatique en coin.
- Et plus sérieusement ?
- Juste les larmes. »
La littéraire grimaça légèrement. D'après la blonde, leur prof n'y allait pas de main morte sur les critiques. C'était « pour les préparer au monde de l'art ». Un monde dont aucun ne s'imaginait qu'il était tendre, mais où beaucoup ignoraient jusqu'où la cruauté de certains publics pouvait aller. A entendre la dessinatrice lui raconter ses journées, si une part des enseignants les couvraient d'encouragements, l'autre ne lésinait pas sur les remarques acerbes.
« - A ce point ?
- Olette a craqué au bout de trois minutes et Pence en a tenu cinq.
- Aouch …
- Et on s'est tous demandé si Vanitas n'allait pas quitter la salle en plein milieu de sa présentation. Marluxia était vraiment exécrable, aujourd'hui. »
Le bruit de la foudre. Allongée sur le lit, tout près de Naminé, la lycéenne remonta sa tête sur son épaule qu'elle jugeait plus confortable que son oreiller. Elles avaient prévu de sortir, aujourd'hui, mais le temps s'y était opposé. Lasses et amorphes, les deux adolescentes s'étaient réfugiées sur le lit où elles discutaient sans bouger. C'était bien, parfois, de discuter sans bouger. Pas d'énergie à dépenser. Juste la voix de l'autre, et sa chaleur tout près. Et les mains qui se perdaient un peu pour jouer avec les doigts, les cheveux, les bracelets.
« - Et toi, il t'a dit quoi ?
- Des choses et d'autres. » Justement, la main de l'artiste passant dans la tignasse charbonneuse de sa camarade. « Grosso-modo, que ce n'était pas avec mes tableaux que j'entrerais en école d'art. Il l'a juste formulé un peu moins joliment.
- C'est un gros con. »
Naminé sourit, sans répondre. Elle jeta un coup d'œil vers les toiles qu'elle avait entreposées dans un coin de sa chambre, près de la structure en pleine construction et des carnets en équilibre sur le rebord de la table. Un doute dans ses yeux. Son sourire flanchait. Mais elle ne se plaignait jamais. Xion ne comprenait pas où la princesse blanche trouvait la force de ramasser toutes ces critiques crachées sur son travail pour les examiner une à une.
« - Peut-être. Mais des gros cons comme lui, on en croisera encore beaucoup. Autant s'y faire. »
La vulgarité sonnait atrocement faux dans sa bouche. Il en ressortait un dérangeant contraste avec son timbre clair et ses mots soigneusement prononcés.
« - Tu fais une drôle de tête.
- Je crois que je t'avais encore jamais entendu dire un truc comme « gros con ».
- J'évite. Tu jures assez pour deux. »
Elles rirent en même temps. Sans être d'une vulgarité particulièrement outrancière, Xy ne mâchait pas ses mots quand on l'agaçait. Axel s'amusait souvent de la voir lâcher des jurons en plissant les lèvres, la mine renfrognée. Apparemment, c'était comme de voir un enfant répéter les insultes de ses parents sans les comprendre.
« - On va rester là toute la journée ?
- Jusqu'à ce que tu rentres, je suppose. Il n'y a plus grand-chose à faire dehors.
- Pas envie de rentrer. » La noiraude geignît en s'étirant.
- Tu veux rester dormir ?
- Ça te dérange pas ? »
Naminé fit non de la tête.
« - Le lit est presque double, on a de la place pour deux. »
Xion hésita. Elle savait que les demandes de dernière minutes ne dérangeait en rien ses parents, mais elle n'avait ni pyjama, ni affaire de rechange pour le lendemain. Ah, et elle n'avait bien évidemment pas les affaires de cours adaptées. D'un autre côté, elle n'avait que deux heures de philo le mercredi – et deux de sports, mais elle les raterait volontiers. Elle pouvait bien sécher un peu.
« - Je pourrais t'emprunter un truc pour dormir ? J'ai rien.
- Bien sûr. »
Elle avait ce sourire tout doux sur la bouché Naminé, en lui répondant. Un sourire presque heureux, le genre qui lui faisait penser que peut-être, peut-être qu'elle était aussi contente de voir la voir rester dormir que Xy l'était de cette invitation. Peut-être qu'elle avait envie de la garder près d'elle. Peut-être qu'elle aimait, elle aussi, cette proximité entre leurs corps mi blottis mi mollement avachis. Peut-être que quand elle passait sa main dans ses cheveux, c'était pour satisfaire l'envie viscérale de toucher cet autre qui emplissait sa tête de questions.
Ou peut-être qu'elle se faisait des idées, et que l'affection que Naminé lui portait se limitait aux frontières de l'amitié – pire, de la politesse. Peut-être qu'elle ne voulait pas autant la toucher que Xion en avait envie. Peut-être qu'elle ne se posait pas de question.
« - Quelque chose ne va pas ?
- Y a pas de raison, pourquoi ?
- Tu es pensive.
- J'étais ''perdue'' dans ma tête. » Elle sourit « C'est comme ça que Roxas le formule.
- Je peux t'aider à retrouver le chemin ? »
La noiraude pouffa. Mais les yeux bleus malicieux – ils étaient encore plus clairs que ceux du blondinet, tiens – la regardaient toujours. Il fallait une réponse. Et elle pensa, un peu idiotement, que Naminé était si près et qu'elle était si bien, qu'on ne pouvait pas être collé comme ça contre quelqu'un et se faire bouffer des yeux sans comprendre ce que l'autre pensait. Et elle avait son bras à moitié passé autour de sa taille, sa taille touche chaude à travers sa robe, et elle aurait pu caresser sa poitrine en remontant sa main, sa petite poitrine qui devait être si agréable à caresser, justement. Ou elle aurait pu la baisser, sa main, et caresser ses jambes. Plus que ses jambes.
Et mon dieu, à quoi pensait-elle ?
« - Tu veux bien m'embrasser ? »
Et en lui sortant ça elle ne souriait plus du tout, parce qu'elle ce mordait la lèvre. Elle devait très certainement rougir, son cœur aurait le temps d'exploser trois fois en attendant une réponse et elle trouverait bien le moyen de s'étouffer avec sa salive en essayant de répondre. Ah, bon sang, elle se sentait virer écarlate comme le bout de la cigarette de Roxas, parce que bien sur Roxas c'était mis à fumer passé trois mois de relation avec Axel, parce que plus influençable que le blondin on ne trouvait pas sur terre et vraiment, celui-là, elle se demandait parfois s'il pouvait penser par lui-même et-
« - D'accord. »
D'accord. Elle avait dit d'accord. Et elle riait, sans moquerie, juste tendrement. Et elle passait sa main sur son visage pour retenir ses cheveux presque neige à l'arrière de sa tête. Et elle l'embrassait tout doucement, très légèrement, parce qu'elle devait sentir que Xion mourrait à l'intérieur. C'était maitrisé. Assuré. Ça ne dura qu'une poignée de secondes, et milles an en même temps. Quand son amie – ou sa petite amie ? Comment devait-elle l'appeler, maintenant ? Etait-ce un vrai baiser, ou une simple taquinerie ? – se redressa, Xion l'imita immédiatement pour l'embrasser encore – et là, c'était un vrai baiser.
Rien que pour le deuxième chapitre je dépasse ma limite maximum ( 3000 mots) de plus de 1000 mots. Et j'ai pas mis tout ce que je voulais. (Bon, on va dire que comme j'ai plus de limite de temps, je peux bien rallonger un peu). Puis la « mise en couple officielle » devait pas se passer comme ça. J'avais deux versions en tête, et là c'est ni l'une ni l'autre. Nami et Xy font n'importe quoi.
Bon, deux chapitres de fais sur 8, 9 si je fais un épilogue. Je termine de me plaindre et j'y retourne. (En fait, j'ai pris une idée d'Os que j'avais, j'me suis dit « tranquille, t'as le mois, tu peux rallonger un peu en divisant en genre 3 parties. J'ai fait le détail des éléments que je voulais ajouter au fur et à mesure, j'en suis arrivé à 7 chapitres, j'ai pas compris. Ça fait que se rallonger. Allez, 8-9 chapitre maximum, ça devrait plus bouger maintenant.)
