Je restai un moment dans la cage d'escalier, me demandant s'il était bon de m'excuser. Certes, je l'avais un peu poussé mais c'était elle qui a commencé en me répondant !
Après un long moment de débat contre moi-même, je me levai, décidé à me faire pardonner. Je pris une grande inspiration et ouvris la porte. Depuis combien de temps je ne m'étais pas sentis aussi coupable ?
Je cherchai du regard la fille et la retrouvai, se balançant, les pieds à moitié dans le vide. Mais elle est folle ou quoi ? Je me jetai sur elle pour la récupérer avant qu'elle ne tombe. J'entourai mes bras autour de son corps frêle et nous nous écrasâmes au sol. Ce contact m'avait fait frisonner et je crus sentir la même chose de son côté. Je la gardai dans mes bras, la tête dans sa nuque. Elle sent la rose. Putain ce qu'elle sent bon. (voir média)
- Hey... tu peux me lâcher ? Demanda-t-elle en tirant un peu sur ma manche.
Reprenant mes esprits, je m'enlevai précipitamment d'elle et m'installai à une distance raisonnable cette fois. Mais qu'est-ce qui m'a pris ?
- Tu essayais de faire quoi au juste ? Lui demandai-je en me levant et en dépoussiérant mes vêtements.
La poupée me regarda, amusée. Quoi ? J'ai bien le droit de savoir pourquoi elle était à moitié dans le vide non ?
- Je rêvassais...
J'arquai un sourcil. Rêvasser ? Elle s'est prise pour une philosophe elle ? Je remarquai un sourire narquois se dessiner sur son visage. C'était la première fois qu'elle souriait et même si c'était pour se moquer de moi, son sourire était magnifique.
Alexia's POV
- Donc tu es revenu ? Je lui demandai en lui faisant un sourire narquois.
Le rouge cligna plusieurs fois des yeux et se gratta la nuque, visiblement gêné.
- Oui je... je suis venu pour m'excuser. Peut-être que je n'aurais pas du te pousser comme ça mais pour ma défense c'est toi qui a commencé !
Je souris et acquiesçai. Il ressemblait à un petit garçon comme ça. J'avouai cependant que je ne pensais pas le voir revenir. Il me semblait qu'il était typique le genre à ne jamais s'excuser non plus.
Je m'étais peut-être trompée à son sujet...
Je m'excusai à mon tour puisque comme il le dit si bien "C'est moi qui ai commencé" et m'adossai contre le mur, en position assise. Je sortis mon livre L'étranger d'Albert Camus et commençai ma lecture sous le regard argenté du rebelle.
- C'est quoi ça ?
- Un classique, répondis-je sans lever les yeux de mon bouquin.
- Je ne savais pas qu'une poupée savait lire, dit-il avec un sourire en s'asseyant à mes côtés.
- Je ne savais pas que Salamèche savait parler.
Je l'entendis rire. Un son grave, mélodieux et sexy. Putain.
- De quoi ça parle ?
- Il met en scène un indifférent, un de ces hommes qui vit, mais pas pour lui. Pas pour les autres non plus. Il est juste là, agissant au gré de l'instant, se laissant porter par les événements présents et ne s'attardant pas aux conséquences de ses actes dans le futur et encore moins à celles qui ont régit son passé.
- Tu as l'air de beaucoup aimer ce livre.
- En effet, avouais-je en souriant amèrement.
Un silence s'installa. Pas ce genre de silence gênant mais plutôt réconfortant.
- Ce type là, il dit en désignant du menton mon livre. C'est tout ton contraire non ?
Je m'arrêtai de lire, choquée. Il avait compris alors qu'il me connaissait depuis vingt minutes. C'était le premier.
- Oui.
Il hocha la tête et plongea son regard sur l'horizon. Il semblait réfléchir pendant que je l'observai. Le vent faisait légèrement voler ses cheveux rouges et le soleil éclaircissait ses iris grises.
- Comment tu t'appelles ? Je lui demandai.
- Castiel.
- C'est pas courant.
- Et toi ? Il ignora ma remarque et me regarda avec un léger sourire.
- Alexia.
Il hocha une nouvelle fois la tête et me fixa intensément. Je me perdis dans ses yeux aciers, à la fois perçants et doux. Malgré son apparence de badboy, il était intelligent. Je ne m'étais pas rendu compte qu'il s'était considérablement rapproché. Son regard passa sur mes lèvres et il s'avança encore, au point que je sentais son souffle sur mon visage.
- Tu es trop près, je lui chuchotai avant de me reculer.
Je me retenais de rire en voyant sa tête. Il était clairement pétrifié, la bouche entre-ouverte et son regard fixant l'endroit où j'étais.
Je ris légèrement et il sembla reprendre ses esprits puisqu'il se gratta la nuque avec néanmoins un sourire.
- C'est la première fois qu'on me remballe aussi directement.
- Alors ne l'oublie pas Salamèche, je ne suis pas comme les autres, lui annonçais-je avant de me lever.
Je ne lui laissai pas le temps de répondre et m'enfonçai dans les sombres escaliers.
[...]
La journée passa un peu trop longtemps à mon goût et dès que la sonnerie retentit, je me précipitai dans les couloirs.
Je me fis cependant arrêter par deux filles. La première à la peau pâle et aux cheveux d'un blanc pur me lança un grand sourire.
- Salut, je m'appelle Rosalya et voici Priya !
Ses yeux d'or pétillaient et mon regard dévia sur son amie nommée Priya. Elle était le contraire de la blanche avec sa peau de couleur café, sa chevelure brune et ses yeux saphirs. Son sourire était aussi éclatant que celui de la première.
- On t'a cherché partout pendant la pause de midi mais on ne t'a pas trouvé, continua Rosalya.
- Oui, j'étais sur le toit.
- Ah tu as surement vu Castiel alors ! Il avait rendez-vous avec Lys' mais je pense qu'il a oublié ! S'exclama-t-elle en riant.
- Hum oui, on a un peu discuté.
- Alors tu es tombée sous son charme ? Il n'y a que deux façons de le voir : soit comme un badboy qui fait rêver les filles soit une brute épaisse qui fait peur.
- Aucun des deux pour ma part...
Certes, je l'avais pris pour un badboy mais il était beaucoup plus que ça au final. Je regardai Rosalya faire un monologue quand la brune rit et ouvrit la bouche pour la première fois. Miracle !
- Puisque tu n'as pas mangé avec nous ce midi, on voudrait t'inviter à aller dans un café.
Les filles me faisaient un grand sourire et d'un coup, je me sentis mal de ne pas accepter. Je soupirai discrètement et acceptai.
[...]
En moins de dix minutes, je m'étais retrouvée à une table sur la terrasse d'un café, un chocolat chaud entre mes mains et une Rosalya qui me bombardait de questions.
- T'as un copain ?
- Je...
- T'aimes la mode ?
- Heu...
- Et tu...
- Ok Rosa', je vais prendre les commandes, coupa Priya à mon plus grand plaisir. Les questions trop personnels n'ont jamais été mon fort.
- D'où tu viens ? Me demanda-t-elle en souriant gentiment. J'ai l'impression qu'elle sont tout le temps en train de sourire. Ca ne leur donne pas des rides à force ?
- Je viens d'Hartford dans le Connecticut mais je suis née à Tokyo.
- Wow et tu y as vécu combien de temps ? Demanda Rosalya tout excitée.
- A peu près trois ans...
- Donc tu sais parler le Japonais ?! C'est génial !
Je souris mais la contredis. Je connais un peu les bases mais n'étant pas très calée en langue, je n'en sais pas plus. Ma famille m'a toujours parlé en américain.
- Pourquoi tu es venue ici en fait ?
- Pour changer d'air, répondis-je en essayant de ne pas trop m'étaler.
Priya sembla me comprendre puisqu'elle lança un sujet sur la mode, ce qui réjouit la blanche au plus au point. Nous discutâmes de tout et de rien jusqu'à ce que Rosalya dévira sur un sujet plus sensible.
- Alors Alexia, tu sors avec un mec ?
- Pas vraiment... je ris nerveusement.
- Pas même des vues sur quelqu'un ? Insista-t-elle avec un sourire plein de sous-entendus.
- Elle vient d'arriver, comme veux-tu qu'elle en ait ? Demanda la brune en riant.
- Hum.. et toi Priya ? Esquivai-je le sujet.
L'indienne sourit mystérieusement avant d'annoncer qu'elle sort avec un certain Michaël. Il est brun avec de grands yeux bleus et fait parti de l'équipe de basket du lycée.
- Et toi Rosalya ?
- Je suis en couple avec Leigh, le frère de Lysandre.
Lysandre... Ce prénom me disait quelque chose. Je réfléchis un peu avant de comprendre qu'il était le type à ma gauche en histoire-géo. J'hochai la tête et suivi d'un air un peu absent la conversation. Il me semblait que ce Lysandre avait rendez-vous avec Salamèche sur le toit. Bizarrement, je les voyais très bien être amis.
[...]
Deux heures passèrent rapidement et les filles durent rentrer. Je leur fis la bise avant de me diriger moi aussi vers mon appartement.
Sur le chemin, je repensais à la journée que j'avais passé. Elle avait été plus joyeuse que je ne le pensais...
Je me mis tout à coup à avoir chaud. Je m'arrêtai et m'assis sur un banc puis portai ma main à mon front. La fièvre encore. A croire que ça ne me quittera jamais.
Quelques minutes après avoir pris un cachet, je me levai et entrai dans un parc, regardant rêveusement les alentours. J'étais tellement perdue dans mes pensées que je n'avais pas vu un chien qui me sauta dessus. Je tombai et il en profita pour me lécher la joue. Mon visage se tordit en une grimace. J'ai de la bave de chien sur moi en plus d'une fièvre. Génial.
- Putain Démon qu'est-ce que t'as foutu ?
Je fronçai les sourcils et cherchai dans mon esprit cette voix. J'étais sure de l'avoir déjà entendu quelque part. Le beauceron ne me quittant pas, son maître le tira par son collier pour pouvoir l'enlever de mon petit corps.
- Hey ça va ?
Je me relevai avec l'aide de sa main et en me tenant la tête. J'écarquillai les yeux en le voyant.
- Castiel ?!
- Poupée ? Tu fous quoi ici ?
