merci à Stella Lily Potter-Malfoy (qui va sans doute détester Jedusor dans les premiers chapitres) et CaiN De Ludette (que je ne connaissais pas mais que je suis satisfaite de rencontrer)

Contente que le début vous ai plu !

Maintenant, la suite !


allégorie : représentation abstraite d'une idée, d'un sentiment. Par exemple la Marianne, allégorie de la liberté.
L'Intouchable est une allégorie.
La meilleure de toutes, celle qui nous guide et qui ne s'arrêtera jamais de vivre pour nous.

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Tom était fatigué.

Il se trouvait vieux, il se trouvait inutile. Il se sentait surtout faux...

Mais qui ne l'était pas dans cette société ? Qui ne mentait pas pour arriver à ses fins ? Qui était encore en vie grâce à l'honnêteté...

Il ne croyait pas à la justice, même en étant procureur, il n'y croyait plus depuis si longtemps...

Quand y avait-il cru pour la dernière fois ?

Il voulait se purifier, devenir bon. C'est pour ça qu'il avait décidé de devenir procureur. Un procureur punissant les coupables doit devenir meilleur...

C'est ce qu'il avait espéré.

Mais il lui fallait autre chose, quelque chose de plus fort, de plus bénéfique.

Il devait sauver des vies, pas en condamner...

En attendant, il essayait de cacher l'horreur qui était en lui, ses envies malsaines qui le prenaient parfois, cette envie de tout faire sauter, de frapper ses petits avocats de pacotille, de tuer ses sales voyous inconscients et arracher la gorge de toutes ces blondes stupides qui lui tournaient autour.

Oui, il avait envie de se venger de son enfance ingrate... ou de la société, il ne s'en souvenait plus trop depuis le temps...

Il avait depuis longtemps oublié les idéaux qui lui donnaient l'espoir plus ou moins illusoire qu'il pourrait devenir gentil.

Il monta dans sa voiture, fatigué d'avance de devoir retrouver son luxueux appartement, et démarra.

À peine était-il sortit du parking qu'il faillit rentrer dans quelqu'un.

La pluie battante fit déraper la voiture et elle évita de justesse la personne qui tomba à la renverse.

Il se gara rapidement sur le trottoir et ouvrit la portière pour sortir précipitamment.

-est-ce que tout va bien ?

Le garçon ne devait pas avoir vingt ans, ses vêtements semblaient négligés et ses cheveux roux lui tombaient sur les yeux. Il le regarda vaguement avant de se laisser tomber sur le béton, les bras en croix, exposant son ventre à la pluie.

Tom se dit qu'il ne l'avait peut-être pas évité finalement...

Il alla s'agenouiller à ses côtés, et hésita quand à la démarche à suivre. Il se résigna finalement à répéter sa question :

-est-ce que tout va bien ?

Le roux se mit alors à trembler, et Tom vit quelque chose qu'il décida d'attribuer à la pluie, et non à d'éventuelles larmes. Le garçon murmura alors :

-il m'a dit de me casser... est-ce que maman voudra me revoir après tout ce temps ?

Tom grinça des dents.

Défaite amoureuse ? Fugue ? Dans quoi s'était-il fourré encore ?

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Les flammes dansaient devant leurs yeux, Ginny et Fleur avaient commencé une danse macabre autour de leur « feu de camp » et les garçons applaudissaient, ou jouaient d'un instrument quand ils étaient encore assez sobres.

Harry regarda la scène sans rien laisser voir sur son visage. Même s'il était heureux au fond, de la bande qui venait de devenir la sienne.

Sans rien avoir eu de particulier à faire, ils avaient du respect pour lui, et il avait remplacé l'ancien Intouchable. Harry avait donc hérité de ce titre et il en était fier.

Harry observa à nouveau les deux filles se mouvoir autour du feu et détourna bientôt les yeux, gêné par la lueur trop vive pour une heure si avancée de la nuit.

Il aperçut alors une silhouette s'approcher, et il fronça les sourcils.

Qui pouvait bien...

L'homme, puisque s'en était un, lui sauta alors à la gorge, et Harry évita sa poigne de justesse puisqu'il ressentit une brûlure contre son cou.

Le mec l'avait griffé !

Le silence s'était installé, les filles ne dansaient plus, les garçons les fixaient.

Ils n'interviendraient pas durant le premier combat de l'Intouchable, Harry devait faire ses preuves, et il savait qu'il n'aurait aucun mal : le garçon semblait fou, rapide, mais pas spécialement puissant. Contrairement à lui qui était les trois...

Il évita plusieurs coups, mais l'autre semblait infatigable, ses cheveux blonds plaqués plus ou moins bien sur son crâne ressemblaient à une sorte de mer d'or en pleine tempête. Ses mouvements étaient assez souples et les rares coups qu'Harry ne parvenaient pas à éviter lui faisait vraiment mal.

Draco était à nouveau fou.

Chaque nuit c'était la même chose, cette envie de sang pour se venger de la société mondaine du jour.

Personne ne le voyait, personne ne le remarquait...

Il était libre...

Il avait soif !

Les autres les observaient sans un mot. Bien sûr, si leur chef était en mauvaise position ils iraient le secourir, mais Harry perdrait alors tout le respect qu'ils avaient pour lui. Il perdrait son statut d'Intouchable.

Mais de toute manière il n'y avait aucun risque. Si Harry avait été choisi, c'est parce qu'il ne perdait contre aucun ennemi.

Il dut finir par se lasser de se contenter d'éviter les coups puisqu'il frappa durement la nuque du blond qui s'étala contre le sol. Mais étrangement le garçon se releva et se remit en position d'attaque. Harry fronça les sourcils, et décida que le combat commençait à s'éterniser. Il força alors son adversaire à se reculer jusqu'au mur, saisit une des battes de baseball qui trainaient sur les cartons et assomma proprement le blond.

Cette fois, il ne se releva pas.

-ramenez le dans une rue un peu plus fréquentée, pour qu'on le retrouve. Je ne veux même pas savoir pourquoi il a attaqué.

Ils s'exécutèrent.

Harry souffla de soulagement, il avait passé son test, et il avait réussi.

-bravo, Harry, lui fit Cédric en venant jusque derrière lui. Tu es vraiment le nouvel Intouchable maintenant !

Harry sourit et se laissa trainer jusqu'au feu où les ''muses'', Ginny et Fleur, avaient repris leur danse avec encore plus de passion, célebrant le premier combat de Harry en tant qu'Intouchable.

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Ses yeux ne lui promettaient pas l'immortalité, ils ne lui promettaient pas l'amour, ils ne lui promettaient rien, en fait.

Mais ils brillaient tellement, ils étaient si verts, ils étaient juste beaux.

Et c'était ce genre de beauté que Draco recherchait...

Même après être sorti de sa folie, Draco, à demi conscient, se dit qu'il fallait qu'il retrouve ses yeux. « Harry, tu es le nouvel Intouchable... »

Il retrouverait ce garçon.

Il retrouverait cet intouchable...

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Ron s'était fait virer de chez lui.

Son père, compréhensif, lui avait ouvert la porte. Mais sa mère l'avait rejeté, elle l'avait traité d'ingrat, et lui avait dit de dégager de la maison puisqu'il avait abandonné sa soeur aux mains des voyoux qui les avaient manipulés pour qu'ils arrêtent leurs études. Elle lui avait dit de partir et de ne jamais revenir

Comme Harry : dégages d'ici...

Il vit la voiture de l'homme qui l'avait amené là. Tom Riddle. Peut-être qu'il pourrait lui trouver un endroit où dormir au moins cette nuit...

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Draco sortit de sa chambre et se regarda distraitement dans un des miroirs muraux du manoir de ses parents. Il avait juste un gros hématome à la joue et un joli bleu sur la nuque.

Il enfila une écharpe et sortit du manoir.

C'était chaque matin plus dur de reprendre les apparences, de dominer la folie qui pourtant faiblissait au soleil. Si on découvrait qui il était, on l'enfermerait dans un asile, ou dans une prison.

Et Draco chérissait trop sa liberté pour se laisser enfermer.

Il monta dans la voiture et le chauffeur l'amena jusqu'au parking du lycée où Draco descendit sans un mot.

Il devrait recommencer à mentir pour que personne ne sache jamais ce qu'il avait fait cette nuit...

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Ron ouvrit les yeux, réveillé par une lumière blafarde. Pourtant la cave où Harry et lui créchaient était toujours sombre, alors qu'est-ce qui...

L'appartement de Tom Riddle.

Ron se redressa sur les coudes, et observa sa chambre. Sobre, confortable, chique et impersonnelle. Il vit ses vêtements pliés sur une chaise, à côté du lit.

Il suivit l'odeur de café.

Tom Jedusor était assis sur un tabouret haut, accoudé au bar de son appartement, il sirotait son café noir sous le regard de sa pendule. Il devrait bientôt partir travailler, punir des criminels plus ou moins coupables, remplir des papiers rarement intéressants, et essayer de ne pas tuer la moitié de la planète au passage.

Il détestait vraiment ce qu'il faisait, mais il devait travailler là-bas pour devenir meilleur, c'était sa seule solution. Faire semblant d'être bon jusqu'à le devenir vraiment, il n'avait que ça à faire, il ne savait faire que cela.

Il souffla sur son café en lisant distraitement le journal du matin.

Un bruit inhabituel le fit sursauter.

Ron Weasley.

Il soupira, il l'avait oublié.

La veille, après avoir failli le renverser, il l'avait ramené chez sa famille. Pour une raison inconnue il était resté à l'attendre derrière le portail. Il attendait quoi au juste ? Un merci ? Un remerciement sincère d'un gamin qui a retrouvé sa famille qu'il pensait ne plus jamais revoir ? Non, Tom n'était pas stupide, le garçon n'avait pas l'air d'être du genre à remercier platement, les larmes aux yeux. Plutôt celui qui te fixe et qui te dis « c'était sympa » du bout des lèvres.

Le garçon était pourtant revenu les larmes aux yeux. Pas des larmes de gratitude, mais des larmes de tristesse.

Sa mère l'avait rejeté.

Ron Weasley le rejoint, donc, seulement vêtu de son jean déchiré. Il s'assit en face de Tom et se mit à le fixer.

-tu prends quoi au petit déjeuner ? Demanda Tom.
-je mange pas le matin.

Menteur.

Tom grinça les dents en voyant que l'adolescent semblait mourir de faim.

-tu vas faire quoi aujourd'hui ?

Ron Weasley baissa les yeux, semblant gêné. Il réfléchit quelques instants et releva la tête pour planter ses yeux bleus dans ceux de Tom et de dire :

-si vous voulez bien, je voudrais rester ici jusqu'à ce que je trouve un job !

L'adulte fronça les sourcils.

-tu arriveras à gérer ton travail en plus du lycée ?
-j'ai déjà mon bac, grinça Ron Weasley, avant de rajouter plus bas : mais je n'ai pas fait d'étude depuis...
-avec un simple bac, tu ne trouveras pas de travail, fit Tom en s'installant plus confortablement sur son siège.

Ron Weasley haussa les épaules et marmonna quelque chose comme quoi il n'avait pas le choix.

-la rentrée est dans presqu'une semaine, je peux poser ta candidature dans une fac de droit, pour toi, et l'appuyer pour que le conseil administratif te choisisse... Évidement si tu n'as pas eu de très très bon résultat au bac et si tu as un mauvais dossier, tu auras moins de chance que cela passe, mais cela ne coute rien d'essayer.

Si Tom était quelqu'un de bien, il le lui aurait proposé instinctivement. Mais Tom faisait juste semblant pour l'instant, jusqu'à pouvoir le faire de lui même.

Ron fronça les sourcils.

-mais faire des études de droit ne me fera pas gagner d'argent, je vais crécher où en attendant.

Tom se rappela qu'il devait devenir bon.

-Tu peux rester ici, je suppose. Enfin à condition que tu bosses bien et que tu m'aides pour les tâches ménagères.

Sans prendre en compte le regard halluciné que le roux posa sur lui, Tom continua en portant sa tasse à ses lèvres :

-je pourrais t'aider pour les cours si tu veux, comme je suis procureur je...
-non merci !

Tom faillit renverser sa tasse en entendant la réplique froide du jeune et il la reposa prudemment avant de lever ses yeux sur lui.

-pardon ?
-je sais pas ce que vous attendez de moi, mais je ne serais ni votre larbin, ni votre vide-couille ! Vous connaissez la loi non ? Vous ne devez pas toutes les connaître puisque vous m'invitez chez vous, bien que vous soyez dans la même ville que les ''Venin'' !

Abasourdi, Tom ne répondait rien et le fixait avec de grands yeux et Ron Weasley répéta :

-Je ne sais pas ce que vous attendez de moi, mais je n'ai rien à vous offrir, je me casse !

Ron retourna dans la chambre d'ami et prit sa chemise à manche courte qu'il enfila rapidement. Il attrapa son sac, et sortit de la chambre. Il traversa la cuisine sans un regard pour le ''procureur'' et appuya sur la poignée.

Il grogna.

-ouvrez cette porte !
-je suis chez moi je fais ce que je veux.
-N'est-ce pas contre les lois la séquestration ?
-je ne vous séquestre pas, jeune homme, je ferme ma maison à clef pour éviter les intrus.
-je suis un intrus, monsieur le procureur, je faisais partie de Venin. Ouvrez cette porte ou je la défonce !

Tom ricana, pas impressionné pour deux sous.

-mais bien sûr, comme si...

Ron se recula d'un pas et détendit la jambe avant de donner un brusque coup de pied dans la porte.

Le coup n'était pourtant pas si fort.

La porte se brisa en trois morceaux et Ron vira un des gros du bas avant de se glisser et partir.

Estomaqué, Tom fixa la porte cassée pendant de longues minutes avant de se reprendre. Il appela le bureau pour s'excuser et les prévenir qu'il ne viendrait pas aujourd'hui, avant d'attraper son porte feuille et ses clefs et de suivre le chemin que le garçon avait pris précédemment, espérant le retrouver avant qu'il ne disparaisse.

Mais Tom ne le retrouva pas...

Il dut se résoudre à retourner au boulot où il dut affronter les même problèmes que d'habitude, les mêmes blondasses à égorger, les clients stupides et surtout cet assistant au regard trop lourd de sens à chacun de ses gestes, sans compter l'énervement de devoir appeler un menuisier pour qu'il lui répare sa porte, rassurer la police en expliquant qu'il n'y avait pas eu de cambriolage et qu'il ne souhaitait pas porter plainte. Et pendant ce temps il pensait à l'étrange manière qu'avait Ron Weasley de parler de lui comme s'il venait d'un autre pays, ce n'était pas normal pour un môme de son âge de parler comme s'il était là depuis des centaines d'années et qu'il avait tout vécu.

Tom ne le comprenait pas. Et Tom détestait ne rien comprendre !

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Harry prit délicatement son verre de vin entre ses doigts, et écouta les dernières nouvelles que Blaise Zabini avait récoltées.

Zabini était un jeune Black qui faisait partie de Venin depuis ses treize ans. Il avait passé une sorte de contrat avec l'ancien Intouchable pour avoir les avantages juridiques si jamais il capotait dans quelque chose, mais que personne ne sache rien sur son appartenance au groupe. En échange, il faisait des recherches sur ce que le ''monde extérieur'' pensait d'eux, et répandait parfois des rumeurs à leur avantage.

-et tu connais ce garçon ?
-oui, Draco Malfoy, qu'il s'appelle. De ce que je sais de lui, c'est un petit bourgeois froid, discret et populaire auprès des filles, mais il est bizarre, il a des moments d'absence des fois, et des gens ont « cru le voir torse nu en pleine nuit, mais ça peut pas être lui, c'est un garçon si calme... », fit-il en imitant une voix haut perché.

Harry laissa échapper un petit rire, et lui fit signe de se taire : il en savait assez, et si Harry le laissait faire, Zabini lui parlerait du cycle de menstruation de sa mère et de la fréquence de ses coucheries.

-pourquoi tu t'intéresses à ce gamin, demanda Cédric Diggory en s'asseyant à ses côtés.

Harry lui fit un sourire paresseux avant de lui lancer un regard froid.

-ce garçon là était plus empoisonné que n'importe lequel d'entre vous, expliqua t'il d'une voix calme. Il l'est autant que moi...

Cédric le regarda, perplexe, et Harry secoua vaguement la main, comme pour lui signifier que cela n'avait aucune importance pour le moment.

-appelle plutôt les muses, j'ai envie de me détendre...

Bientôt, Ginny et Fleur bougeaient lascivement devant lui, tandis que les garçons les dessinaient, ou leurs jouaient les mélodies sur lesquelles elles dansaient.

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-McGonagall ? Fit Tom en entrant dans le bureau de la seule de ses collègues qui ne passait pas son temps à le reluquer.
-oui Jedusor ? Répondit-elle en le fixant sévèrement.

Évidement, il n'avait pas frappé.

-j'aurais besoin de ton fameux « service de renseignement », j'ai besoin d'information sur un jeune garçon.

Le service de renseignement de Minerva MacGonagall était réputé pour dénicher les informations les plus secrêtes et les mieux cachées.

-en quel honneur je t'aiderais ?
-voyons, tu sais très bien que je suis un homme de parole et...
-pas de ça avec moi, Jedusor. Quel est l'être mystérieux qui a enfin réussi à intéresser le grand procureur Tom Jedusor ?
-un jeune garçon que j'ai failli renverser, et qui s'est fait virer de chez lui.
-quel rapport avec toi ? Demanda t'elle avec un sourire en coin.
-Je voudrais le retrouver.
-quel rapport avec moi ? Fit elle.
-combien tu veux ?
-tu n'as pas d'argent à m'offrir que je n'ai déjà.

-je ne pensais pas à cela, McGonagall, fit Tom en se penchant en avant et posant ses mains sur le bureau de la femme. Plutôt à cette affaire de meurtre de la rue Firenze, dont vous vouliez tant savoir le fin mot...
-c'est une affaire classée secret professionnel si je me rappelle bien... fit-elle lentement.
-et je m'en suis occupé, à cette époque. Donc je sais pas mal de chose à ce sujet...

Le silence s'installa dans la pièce, il dura longtemps avant que Tom ne soupire et se redresse, prèt à quitter la salle. Mais au moment où il posait sa main sur la poignée, la voix de Minerva McGonagall retentit :

-quel est son nom ?

Gagné !


Et voila le chapitre tant attendu (ou pas)

à voir si vous le trouvez interressant, j'attend vos réaction, et au chapitre prochain !