Titre : « Trahir et s'aveulir»

Auteur : Rikka-yomi

Bêta-lectrice : XXXXXXXXXXXX

Résumé : Itachi est un pantin entre les mains de ses parents, et de ses supérieurs. Comment en est-il arrivé à tous les trahir ? Sans pour autant que ce soit SA volonté

Disclaimer : Les personnages et le monde de Naruto ne m'appartiennent pas, et je ne reçois aucune rémunération pour ce texte.


II : "Trahir et s'aveulir"


Vous savez, je n'ai jamais voulu ça.

Faire partie de l'élite ninja ne me semblait pas vraiment important, ou intéressant, mais je le faisais pour mon père… Et mon petit frère.

En fait, à cette époque, rien ne me faisait vraiment envie. Je ne faisais les choses que sur ordre. Qu'ils soient dictés par mes supérieurs, mon père, ou plus rarement, ma conscience. Ces derniers n'avaient qu'un seul but, le bien-être de Sasuke.

Un pantin, j'étais un véritable pantin, mais je ne m'en plaignais pas, à l'époque, je n'avais aucune envie, aucune pensée plus que superficielle ou fugitive. Un chien bien dressé, n'est-ce pas ?

C'est pour cela que je me suis retrouvé à jouer ce double jeu d'espion. Mon supérieur m'ordonnait d'espionner les miens, et mon père d'espionner les ambu. Ironie…

En tout cas, donner des informations aux deux à la fois ne me semblait pas idiot. Je me contrefichais de l'avenir, seuls les ordres m'importaient.

« Itachi ? »

Je relève la tête vers celui qui m'a sauvé, et damné tout à la fois. Ses longs cheveux noirs cascadent en une masse désordonnée dans son dos. Ses yeux flamboyants s'accrochent aux miens.

« Viens à moi, enfant »

C'est exactement la même voix, la même apparence, et la même phrase que ce jour là. Je ferme brièvement les yeux, rassemblant mon courage, et m'avance à la rencontre de mon maître.

Je frissonne de plaisir en sentant le dos de sa main brûlante caresser ma joue. Sa main se retire, et je referme les yeux alors que ses doigts frôlent mon visage, redécouvrant mes traits qu'ils connaissent pourtant par cœur à force de les retracer.

Les doigts redescendent sur mon cou, et je penche légèrement la tête en arrière pour leur laisser plus de place. Je me fais vraiment l'impression d'être son 'chaton', dans ces cas là. Exactement comme il le dit.

« Chaton, j'ai une mission pour toi. »

Je me tends subrepticement, mais ses mains cajoleuses ont vite fait de me détendre. J'entrouvre les yeux pour le voir devant moi, assis sur son fauteuil, les bras tendus vers moi. Quand il me tire à lui, je ne résiste pas, et me laisse sagement faire.

Même si j'ai plus d'autonomie que durant mon enfance et ma préadolescence, je reste quelqu'un de très soumis, ce qui n'est pas pour déplaire au maitre.

Ses bras se glissent autour de ma taille, et je reste avachi contre son épaule. Il ne s'est jamais offusqué de mon manque de réponse face à ses avances, mais je sais qu'il voudrait plus. Qu'il voudrait que je change encore un peu plus.

Malgré cela, je ne bouge pas. Par lâcheté ? Peut-être que oui, peut-être que non. Toujours est-il que cette fois encore, je reporte cet acte à la prochaine fois.

Il bouge la tête en entendant quelqu'un entrer dans la salle, et ses cheveux glissent de ses épaules, camouflant mon visage d'un voile noir de jais soyeux.

Je ne tourne pas la tête comme lui, je sais déjà de qui il s'agit. Kisame. Il nous regarde avec son habituel sourire narquois, et je me redresse sur les genoux du maitre pour le regarder.

Il se fige à la vue du Sharingan. Bon garçon.

Un rire me fait désactiver mes pupilles, et je me retourne vers mon maître, la tête légèrement penchée sur le côté et un sourcil à peine haussé.

Il rit encore un peu puis me prend dans ses bras en me serrant contre sa poitrine.

« Itachi-kun, tu n'as pas à menacer tes équipiers, je suis sûr qu'il te craignent suffisamment comme ça, n'est-ce pas Kisame ? »

Sa voix est emplie de menace subtile, mais Kisame est un habitué, et la reconnait immédiatement. Je le vois s'incliner face au maître et poser enfin la question qui me titille depuis tout à l'heure.

« Qu'elle est la mission, Chef ? »

Il fait un sourire énigmatique. Je veux le Kyûbi. »

Je ferme les yeux et enterre mon visage dans son cou alors qu'il passe délicatement ses doigts dans mes cheveux lâches.

Il me réconforte ainsi longuement, sous le regard un peu intrigué de Kisame. Qu'il aille au diable !

Je vais devoir y retourner…


« Tu es sûr que ça va aller ? »

J'ai envie de répondre que non, mais ça ne changera rien, donc je me contente d'une onomatopée qui semble suffire à Kisame pour lui prouver que non, je ne vais pas sombrer dans la seconde.

Son regard inquisiteur me quitte enfin, mais je ne peux lui en vouloir d'être sur ses gardes. La crise avortée que j'ai faite sur les genoux du maitre doit forcément l'avoir alerté. Et je ne lui en veux pas non plus de se méfier d'un équipier instable pour une mission en territoire ennemi.

Je soupire discrètement continue à suivre Kisame. Konoha est bientôt devant nous.


« Et merde, repérés… »

Non… T'en a encore d'autres évidences dans le genre à dire ? Chier, moi qui pensais pouvoir attraper le gamin et partir vite fait pour retourner au Quartier Général, c'est mal barré.

Je suis grossier ? Peut-être, mais tous les gens stressés le sont, et comme je ne peux stresser en apparence, je stresse en pensée.

J'échange des banalités, et comme le Maître me l'a demandé, je révèle mon identité aux ninjas de Konoha, et observe, impassible, Kisame faire de même, en frimant un peu plus. Mon Maître dit souvent que ceux qui aiment le plus impressionner sont les moins dangereux. Avec une épée comme ça, Kisame est un poisson rouge si on suit ce dicton.

L'homme s'élance sur mon équipier, mais la femme me regarde avant de disparaître. Tss… Pourquoi toujours moi ? Il n'empêche qu'utiliser le genjutsu sur un Uchiha est un peu inutile. Bon : Très pour mon cas, mais je ne suis pas non plus n'importe lequel des Uchiha.

Je lui renvoie son genjutsu et jette furtivement un coup d'œil vers l'autre partie du combat en le tenant en joue.

Kisame a l'air de s'en tirer, c'est même trop facile pour le moment, oups, je n'aurais pas dû dire ça. Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu Kisame être blessé durant un combat, pas mal…


Je serre les dents et suit mon partenaire avec quelques difficultés. Il s'en rend compte et ralentit un peu, ne prêtant pas attention à mon regard courroucé.

L'utilisation du Tsukuyomi, le dieu de la lune, est épuisant en chacra et en énergie pure. Les halètements que je produis sont trop bruyants à mon goût, donc je me force à reprendre mon calme. Deux secondes plus tard, il ne paraît plus rien de ma fatigue, si ce n'est une ou deux gouttes de sueur rouant dans mon dos.

Nous nous dirigeons vers un village, où l'on sait que se trouvent l'hôte du Kyûbi, en compagnie du Sannin Jiraiya. Un adversaire de taille.


Nous avons détourné l'attention du gardien du petit blond pour un moment, grâce à une femme placée sous genjutsu. Un genjutsu de mon cru.

Je frappe à la porte, impassible, et la cible ouvre, comprenant de suite le danger qu'elle court. Je le tire dans le couloir, et Kisame le maîtrise quand il veut utiliser du chacra démoniaque contre nous. Samehada a bien quelques avantages.

Je m'apprête à le placer sous genjutsu, quand on appelle mon nom dans mon dos. Je n'ai pas besoin de me retourner pour reconnaître le propriétaire de cette voix colérique. Sasuke.

Je réponds aux questions que me pose Kisame, mais suis trop anesthésié pour réfléchir à quoi que ce soit. Mon petit frère à longtemps été la personne la plus importante pour moi, la seule pour qui j'agissais de mon plein gré. Mais le maître m'a donné des ordres, et en l'occurrence, mon frère doit rester à Konoha. Je ne peux pas l'emmener, tout comme je n'ai pas pu l'emmener à cette époque.

Mais s'il ne peut pas venir avec moins je veux qu'il vive, qu'il surmonte ce massacre, même s'il ne trouve la force de le faire qu'en me haïssant, je l'accepte. Car il est une des deux seules personnes chères à mon cœur.

Je le combat, et chaque coup que je lui donne, je dois me forcer à lui donner. Kisame l'a remarqué, je le sais. Mais il ne dit rien et observe mon manège sans bouger. Alors que je le soumets à nouveau au Tsukuyomi, je me mords la langue jusqu'au sang. Pourquoi est-ce que je lui fais aussi mal ?

Jiraiya m'interrompt, arrivant avec la femme sur l'épaule. Je le toise d'un regard sans émotion, et parle. Je donne toutes les informations que mon maître m'a demandé de divulguer. Je ne sais pourquoi, mais s'il me l'a demandé, je le fais. Ses désirs sont les miens après tout.

Le combat qui s'en suit est épuisant, et il met à l'abri les deux gamins, mon frère et le Kyûbi, à l'aide d'une technique qu'il a surement apprise au Mont Myoboku. L'estomac du Crapaud. Peu appétissant, mais très dangereux.

J'ai du user des flammes de l'Amaterasu pour nous sortir de là. Automatiquement, mes Sharingan se désactivent. Plus assez de chacra.


Alors que nous fuyons je serre la mâchoire. Je suis épuisé, et un peu inquiet. Que va-t-il dire ? Kisame, voyant mon malaise, se tient tranquille durant le trajet du retour.

Nous arrivons enfin à la planque, et je ne prends même pas la peine de me changer ou de me reposer malgré les trois jours de voyage continu pour arriver ici, me dirigeant directement vers sa salle.

Il relève la tête et me fait un de ses rictus habituels, et je me rends compte d'une chose. J'ai peur. Pour la première fois de ma vie, j'ai peur de quelque chose, j'ai peur d'être abandonné, rejeté comme un rebus, un jouet cassé.

Mon attitude doit lui sembler étrange, car il fronce les sourcils et me fait signe d'approcher. J'avance presque à reculons. Même si je sais que cela risque de me coûter tout ce que j'ai, je ne pourrais pas ne pas répondre à une de ses questions. Et il me la posera obligatoirement une fois que je serais à ses côtés.

Juste…

Il y a juste une chose que je veux…

… Avant qu'il ne m'abandonne.

Je baisse la tête, et m'approche plus près de lui en un rien de temps. Il sursaute légèrement, pris au dépourvu. Je souris doucement et vois ses yeux rouges s'éclairer sous sa joie de me voir avec cette expression.

Je m'avance encore d'un pas sans qu'il ne m'y aie invité et déglutit difficilement alors qu'il me regarde avec une étincelle inquisitrices dans ses pupilles écarlate. Décidant de jouer le tout pour le tout, je me glisse doucement sur ses genoux et entoure sa nuque de mes bras.

Il est surprit, je le sais, mais je n'y prête pas attention et fourre mon visage dans son cou.

J'ai peur.

Je n'aime pas avoir peur.

Parce que ça fait mal. Parce que j'ai peur de ce que je sais qu'il va arriver. Et que je sais que j'aurais mal. Oh, il ne me frappera pas, mais il lui suffit d'un regard pour me blesser plus profondément que n'importe quel coup.

Parce qu'il est la seule personne que j'apprécie vraiment. Le seul qui est réellement important.

Je le sens resserrer ses bras autour de moi et appeler Kisame. Je me mets à pleurer dans son cou. Moi qui n'ai jamais pleuré que le jour où j'ai tué ma famille, avec lui, il doit s'inquiéter. Et ça ne me fait pas plaisir. Parce que je ne veux pas l'inquiéter.

Tsss… Je suis pathétique non ? Moi, Itachi Uchiha, maitre dans la dissimulation, est incapable de s'arrêter de pleurer.

J'entends Kisame arriver et me serre un peu plus contre lui, profitant de sa chaleur autant que possible. Profitant de ses bras, de sa gentillesse et de son… amour ?

Au fur et à mesure du récit de Kisame, je le sens crisper ses bras autour de moi. Il me fait mal, mais je ne proteste pas, car je préfère cela à me faire brutalement rejeter.

Kisame sort… Déjà ? Je ne veux pas qu'il me laisse seul avec le maitre.

« Itachi. »

Je souffle dans son cou et me redresse face à lui avec appréhension. Il sourit, amusé, et je baisse la tête en attendant sa réaction qui ne va sûrement pas tarder à arriver.

Ses doigts frôlent ma peau et je frissonne en poussant mon visage dans sa paume, le faisant rire doucement en frottant sa main contre moi.

« Chaton. »

Il saisit mon menton et le relève, découvrant Mon cou. Va-t-il m'égorger ?

« Regardes-moi. »

Non ! Je ne veux pas voir ses yeux déçus quand il me tuera. Même si j'aurais aimé voir une dernière fois ses yeux, je ne réussirais pas à supporter son expression déçue.

« Chaton… S'il te plait… »

Il… me demande quelque chose ?

Surpris, j'entrouvre les yeux et voit son visage peiné. Un gémissement s'échappe de ma gorge, telle une plainte. Je n'ose pas imaginer mon expression en ce moment, en tous cas, il soupire et m'attire contre lui.

Pourquoi ne m'a-t-il pas déjà tué ? Je lui suis inutile : j'ai échoué. Le chef des ambu ou Père n'auraient pas hésité, je le sais.

« Tu pourrais peut-être rassurer ton chaton. Parce que là, il va mourir de peur au sens propre du terme si ça continue. »

Pein se trouve derrière moi, face à mon Maître qui grogne.

Il… ne veut pas me tuer ? Je me redresse, et cette fois n'hésite pas à le regarder dans les yeux, cherchant une réponse à mes questions muettes.

Il me sourit tendrement. Un de ces sourires qu'il n'offre qu'à moi, quand il est content de mes efforts pour changer. Pour lui.

« Non Itachi, je ne vais pas te tuer pour une erreur, aussi grave soit-elle, même si j'estime que celle-ci ne l'est pas tant que ça. »

Mes yeux se dilatent sous la surprise, et il me serre contre lui, son front posé sur le mien.

Dans ses yeux, je vois tellement de sagesse que je ne peux que me sentir si jeune, si insignifiant face à lui et à sa patience incroyable. Cela fait longtemps que je le connais. Depuis le massacre de mon clan, il y a six ans. Il me désirait déjà à l'époque, et me désire toujours autant, d'après ce que je sens contre ma cuisse. Pourtant, il ne m'a jamais touché, attendant que je le veuille vraiment.

Parce qu'il veut me faire l'amour, m'a-t-il dit une fois, et pas baiser un corps, aussi bandant soit-il.

Je ne l'ai jamais remercié, Je ne lui aie jamais rendu ce bonheur qu'il m'a fait connaître. Je n'ai fait qu'être une arme docile toute ces années, alors que je savais pertinemment que cela lui pesait.

Je sens son corps contre le mien, et je souris doucement en me rendant compte que c'est le moment. Le moment de lui rendre out ce qu'il m'a donné.

Je me reconcentre sur son visage, et le voit me regarder avec les mêmes manies que moi. Nous ne sommes pas de la même famille pour rien. Il semble se demander le pourquoi du sourire sur mon visage.

Je souris encore plus, et resserre un peu plus mes bras sur sa nuque, me collant outrageusement contre son corps, épousant ses formes des miennes, puis pose mes lèvres sur les siennes.

Même s'il est surprit, il réagit directement et passe sa langue que mes lèvres, que j'entrouvre. Sa langue va rejoindre la mienne et je suis ses mouvements en fermant les yeux. Je le sens sourire, et faire un geste derrière moi.

Le bruit d'un froissement m'indique que Pein est sorti de la pièce. Nos bouches e séparent, et je ne pense pas oublier un jour ses paroles.

« Enfin, Itachi… »

Oui, je n'oublierais jamais l'expression de Madara en ce moment.


La suite du premier OS et en cour, je la publie dès qu'elle sera finie !

Bon Noël, Joyeuse Année, Joyeuse Santé ! A 00h55 le 25/12/10 !

Kiss, Rikka-yomi

P.S : Je ne sais pas si le III sera la suite du I, ou un ShizuHina… on verra selon mon humeur ^^

Rewiew PLEASE !