Bonjour tout le monde! Je poursuis avec le chapitre 2 de Des talons en dents de dragon. Je suis bien heureuse que le chapitre 1 ait plu à autant de monde, ça retire un énorme stress sur mes épaules!

Merci à ceux qui se sont donnés la peine de laisser un Follow, Favorite, ou encore une Review pour moi, ça m'a fait très très plaisir, c'est tellement plus motivant! Un merci tout spécial à ma nouvelle bêta Tisama qui va maintenant me seconder. Et une vague en son honneur yipi!

Histoire classée M pour les chapitres à venir.

DISCLAMER : Les personnages de Fairy Tail ne m'appartiennent pas, je ne fais que les emprunter.

Chapitre 2

Lévy arriva un peu en avance au bureau. Elle constata que Lucy avait fêté plus que nécessaire la veille. La bleutée se moqua gentiment et alla lui préparer un café. Lorsqu'elle revint, Lucy était en train de raccrocher avec un client et lui tendit une fiche contenant le nom du second client de la semaine. La secrétaire sourit lorsqu'elle vit la grimace sur le visage de Lévy et l'encouragea :

-Ne t'en fais pas, ce client n'est pas du tout difficile, c'est un vieil habitué!

Lévy lui tendit la boisson chaude et partit avec le document sous le bras. Lucy la regarda s'éloigner d'un air désolé.

Arrivée dans son bureau, la jeune femme ouvrit le dossier et commença ses recherches. Makarov Dreyar : un homme à l'âge avancé qui avait fait fortune dans l'achat et la revente de petites entreprises. Lévy le connaissait de nom seulement. Ce serait un cas intéressant, mais elle gardait tout de même une réserve.

Jeudi arriva finalement, Lévy se sentait presque d'attaque. Elle avait étudié le client et était fin prête à le recevoir. Comme pour de la dernière rencontre, elle devrait présenter le bilan à son patron par la suite. Le revoir ne l'enchantait pas vraiment mais elle devait avouer que le job était plaisant quand il n'était pas question de clients. Elle avait invité Lucy à partager une pizza avec elle après son rendez-vous avec son client et avant son entretien avec M. Redfox. Elle appréciait de plus en plus la compagnie de la secrétaire, qu'elle voyait maintenant comme une amie.

À l'arrivée de leur invité, Lévy se présenta de la même façon qu'avec M. Eucliff. Elle resta stupéfaite devant ce petit papy qui s'inclina et la suivit jusqu'au boudoir. Lucy leur offrit des rafraîchissements et disparut.

-M. Dreyar-

-Je vous en prie ma petite, appelez-moi Makarov, tout le monde le fait.

Lévy lui sourit, prit une gorgée de son thé et se reprit.

-Makarov, qu'est-ce qui vous amène chez nous aujourd'hui?

Le vieil homme lui fit un sourire fripé et il prit sa tasse de thé.

-Oh je suis venu voir comment se portait ce vieux loup grincheux qui vous sert de patron.

Lévy s'étouffa et rit poliment. Le vieil homme l'observa, amusé.

-Vous êtes nouvelle ici non?

Lévy hocha la tête et sourit doucement.

-Oui, de cette semaine!

-Laissez-moi vous dire une chose ma petite! Ne vous laissez pas avoir par ce gamin effronté ou il aura tôt fait de vous rendre folle.

Lévy échappa un rire nerveux.

-Ne vous en faites pas Makarov, j'ai cerné le personnage.

Makarov sourit malicieusement.

-J'en doute ma tendre enfant…

Lévy remarqua bien assez vite que le vieil homme était passé maître dans l'art de tourner la conversation à son avantage. Elle ne s'en formalisa pas et continua de discuter.

-Bon! Loin de moi l'idée de fausser compagnie à une si charmante demoiselle, mais je ne rajeunis pas et cet abruti me laisserait pourrir ici s'il le pouvait.

Lévy resta surprise, elle regarda l'heure. Presque 17H00. Elle se dit que ça irait, Makarov lui lança qu'il connaissait le chemin. Il venait à peine de partir que Lucy pointa le bout de son nez dans l'embrasure de la porte.

-Est-ce notre invité qui s'éclipse vers le bureau de M. Redfox?

Lévy fit une mimique comique et haussa les épaules.

-Il est peut-être vieux, mais il est encore rapide !

Elles s'esclaffèrent et sortirent du boudoir.

-Tant mieux, j'attrape mon manteau et on file à la pizzeria.

Lévy sentit son estomac lui réclamer son dû.

-Aaah. Je te suis de près, je vais porter le plateau et j'arrive.

Lucy partit devant tandis que la bleuté alla se débarrasser du plateau. Elle prit ses clés et quitta le travail en compagnie de la blonde. Elles papotèrent jusqu'à la pizzeria où un serveur leur assigna une table. Il fit de l'œil à Lucy qui rosit légèrement. Lorsqu'il partit avec leur commande, Lévy ricana.

-On dirait que tu lui as tapé dans l'œil Lucy.

Celle-ci rougit de plus belle.

-Oooh arrête ça, je suis certaine que c'est toi qu'il visait.

-T'es aveugle ma pauvre, il te déshabillait des yeux !

Lucy lui fit signe de se taire tandis que le jeune homme aux cheveux roses qui leur faisait office de serveur revenait avec leurs plats. Lévy se moqua gentiment et discuta des potins du jour avec son amie. La soirée passa en un coup de vent, Lévy s'excusa et paya son plat, laissant son amie terminer son dessert. En passant proche de la sortie, elle sortit un bout de papier de sa poche ainsi qu'un crayon puis elle griffonna dessus et le tendit au serveur. Il la regarda, surpris et elle s'expliqua.

-Elle vous trouve craquant, mais elle ne l'avouera pas. C'est son numéro.

Lévy quitta rapidement en plantant le serveur sur place. Elle verrait bien ce qu'il en résulterait!

En marchant vers son lieu de travail, la jeune femme passa directement par la porte de secours, elle trouva plus facilement son bureau et prit la peine de rédiger son rapport avant de le mettre sur une clé et de monter au deuxième. Elle toqua à la porte de M. Redfox et ne prit pas la peine d'attendre la réponse : elle ouvrit. Lévy se figea sur le pas en constatant que les deux hommes s'y trouvaient toujours. Quelle idiote, elle aurait dû attendre avant d'ouvrir. Elle observa la scène et constata que Makarov n'avait pas de verre en main. Elle en profita comme d'une échappatoire.

-M. Dreyar, voulez-vous que je vous apporte du thé?

Le vieil homme se leva et s'étira le dos.

-Appelle-moi Makarov ma petite et non merci, je vais aller reposer mes vieux os avant qu'ils ne tombent en poudre !

Lévy lui sourit doucement, ce qui n'échappa pas à son patron qui fronça les sourcils. Makarov s'approcha de la jeune femme et lui fit un baisemain avant de se retourner vers le jeune homme, une expression sévère au visage.

-Toi, tâche de ne pas l'effrayer. À mon prochain passage je veux pouvoir reprendre le thé en sa compagnie ! J'aime bien cette petite. Allez, au revoir Gajeel.

Il le salua et referma derrière lui. Lévy nota que le vieil homme avait appelé son patron par son prénom. Ils devaient se connaître depuis longtemps. Elle recentra vite son attention sur l'homme dans la pièce. Elle n'aimait pas être prise au dépourvu. Son commentaire mourut dans sa gorge lorsqu'elle croisa le regard sanglant de son interlocuteur. Il s'approcha d'elle et lui prit la clé des mains sans aucune délicatesse, se doutant pertinemment que Makarov n'aurait rien laissé filtrer de compromettant pendant sa rencontre avec la jeune femme. Il retourna à son bureau et lui versa un whisky. D'un signe du regard, il lui indiqua de le prendre. Lévy ne buvait pas vraiment, encore moins d'alcool fort, mais elle ne se sentit pas capable de refuser. Elle porta le liquide amer à ses lèvres et en but une gorgée sous le regard amusé de Redfox. Il lui tendit son chèque et la félicita brièvement.

-T'as bien cerné le côté papy du vieux.

Lévy sourit légèrement. Était-il en train de lui faire un compliment?

-Merci.

-T'as été veinarde jusque-là, mais y seront pas tous tendres avec toi.

Elle perdit son sourire.

-Je vais vous laisser M. Redfox, je vous souhaite une excellente soirée.

Lévy déposa son verre et tourna les talons.

-J'le serai pas non plus.

Lévy ralentit l'espace d'un instant puis quitta le bureau. Il savait qu'elle l'avait entendu. Le cœur de la jeune femme se débattait dans sa poitrine tandis qu'elle mettait le plus de distance possible entre elle et cet être odieux. Elle frissonna en se repassant ses paroles. Il ne l'avait toujours pas appelée mais elle n'était pas dupe. Ça ne saurait tarder. Bien sûr, elle pouvait toujours fuir. Elle serra le précieux bout de papier dans sa main.

Non, elle ne pouvait pas.

Arrivée chez elle, elle se fit couler un bain et fit le vide dans sa tête. Lucy lui avait écrit une dizaine de messages, elle lui reprochait surtout de l'avoir trahie, mais Lévy savait que son amie avait un œil sur le serveur. Elle n'aurait pas osé si la blonde ne l'avait pas dévoré des yeux une bonne partie de la soirée. C'était lui rendre service que de donner son numéro au jeune homme.

Lévy passa devant la vitrine d'un grand magasin en se rendant au travail. Une magnifique robe y trônait. Elle avait rendue l'autre à Lucy. Celle-ci était plus simple, plus… elle. Le haut était jaune tandis que le bas, qui s'arrêtait au-dessus du genou était noir. La taille était cintrée d'un large ruban. Elle hésita un moment puis se dit qu'elle pourrait la mettre lundi prochain au travail. Avec le second client, elle avait reçu une coquette somme, elle se permit donc ce petit écart et acheta aussi un bandana assorti. En arrivant au bureau, la jeune femme évita de justesse le bouquin de la secrétaire qui piailla à la traîtrise. L'archiviste ricana et lui tira la langue avant de s'enfermer dans son bureau pour s'avancer dans son travail.

Au dîner, Lévy alla chercher son amie et lui montra son achat, Lucy bouda pour la forme et finit par lui dire que le vêtement lui irait à ravir. Elles furent interrompues par l'arrivée d'une grande femme rousse, magnifique. Elle passa comme une bourrasque de vent et monta au deuxième étage. Lévy se demanda : Se peut-il que ce soit la femme de M. Redfox? Est-il seulement marié?

Le reste de la journée se déroula sans accrochage, les deux amies décidèrent de se faire une soirée film et popcorn. Lucy embarqua Lévy dans sa voiture et les déposèrent chez cette dernière. La bleuté passa l'un de ses pyjama à la blonde et elles se mirent d'accord pour regarder Note Book. Elles devaient bien l'avoir visionner dix fois chacune, mais ça ne les dérangeaient pas du tout. Elles pleurèrent du début à la fin.

Lévy serra son oreiller contre elle et regarda sa complice.

-Alors? Est-ce que ton charmant serveur t'a appelée?

Lucy rougit jusqu'aux oreilles et hocha la tête ce qui déclencha l'hilarité de Lévy.

-Raconte! Je veux tout savoir!

-On a prévu de se rencontrer demain soir devant la pizzeria.

La bleutée échappa un petit cri de joie, trop heureuse pour son amie. Lorsqu'elle se tourna vers celle-ci, elle avisa sa mine sérieuse.

-Je peux te poser une question?

Lévy lui fit signe que oui.

-Pourquoi tu as accepté ce job?

Lévy resta interdite, elle hésita à se confier, ça faisait une éternité qu'elle n'avait pas eu une vraie amie. À qui parler de ses problèmes, de ses amours. Elle soupira, ne sachant pas par où commencer.

-C'est compliqué Lucy… Je-j'ai un BAC en histoire, mais je n'ai jamais commencé ma carrière en tant que professeur.

Lévy lui raconta tout, toutes les étapes, toutes ses tentatives.

-Mais pourquoi tu as autant besoin d'argent? Des dettes, tout le monde en a.

-C'est plus compliqué que ça… Je- Ma mère est dans le coma, si je ne paie pas, ils la débrancheront. Sans argent, je n'ai aucune chance de la sauver. J'ai essayé de faire un prêt, mais je n'ai pas de nom, que des dettes. Je n'y arrivais pas et le poste de suppléante n'offre aucune assurance médicale. Je ne peux pas me résoudre à la perdre, elle a besoin de moi et il n'y a rien que je ne ferai pas pour la revoir sourire.

Lucy pleurait en silence, serrant son amie contre elle. Lévy continua.

-Lorsque j'ai vu l'offre ridiculement payante, je savais ce que c'était et j'ai quand même accepté.

-Oh Lévyyyyy!

Lucy lui proposa le contenu de son porte-monnaie, mais Lévy refusa gentiment. Elle sourit à son amie et la rassura.

-Je sais ce que je fais Lucy. Arrête de t'en faire pour moi.

Lucy sécha ses larmes et reprit son sérieux.

-Lévy, je sais que c'est un peu déplacé, mais… Est-ce que tu sais comment combler un homme ?

Lévy rougit violement. Lucy avait remarquée à quelle point son amie était mal à l'aise en compagnie de la gente masculine et elle se doutait qu'elle n'avait pas connu beaucoup d'hommes par le passé.

-J'ai déjà couché avec un homme oui.

Lucy hocha pensivement de la tête.

Un seul homme… « Il va la dévorer. » Elle se garda bien cette remarque et elles se mirent au lit. La blonde quitta au matin, elle remercia son amie et lui fit promettre de remettre ça.

Lévy referma la porte et partit se doucher. Elle comptait passer voir sa mère à l'hôpital et prendre le reste de son congé pour elle, ça faisait tellement longtemps qu'elle n'avait pas pris le temps de ne rien faire.

Lundi arriva vite, la jeune femme se sentait reposée et d'attaque. Elle enfila sa nouvelle robe jaune avec son bandana assorti. Elle tourna sur elle-même devant son miroir. Satisfaite, elle partit pour le bureau. Lévy s'arrêta en chemin chez un boulanger et prit deux croissants pour elle et Lucy. Elle avait intégré sa copine à son quotidien et elle devait avouer que ça ne lui faisait pas de tort d'avoir quelqu'un à qui penser par moment. Elle engouffra sa pâtisserie sur le chemin et alla voir Lucy à l'accueil pour lui offrir la sienne. Elle savait que la blonde ne mangeait que très rarement avant le travail.

-Bonjour Lucy!

La réceptionniste lui offrit un sourire crispé.

-Ah salut.

Sa réaction surprit l'archiviste. Elle lui donna son croissant et la blonde marmonna un remerciement dans sa barbe. Lévy haussa les épaules. On avait tous ses mauvaises journées. Elle prit son horaire et y jeta un œil rapide. Elle fronça les sourcils. Aucun client? Elle s'enquit auprès de la blonde, mais celle-ci était au téléphone. Lévy la salua muettement et prit le chemin de son bureau. Lucy regarda son amie partir. Elle se sentait coupable, car elle savait pourquoi aucun nom n'était à l'horaire.

Lévy se concentra sur sa besogne et se dit qu'elle verrait Lucy pendant le dîner. Elle aurait amplement le temps de la bombarder de questions. Au même instant, une femme hurla de colère dans le hall d'entrée. La préposée aux archives s'étira le cou pour regarder par sa porte et reconnue la grande rousse de la semaine dernière qui fracassa un vase contre le sol. Elle chercha une nouvelle cible du regard et croisa cette pauvre Lucy. Elle prit la blonde en chasse et l'invectiva. « Pauvre Lucy, ce n'est rien pour améliorer sa journée! »

Comme elle plaignait son amie, le téléphone de Lévy vibra. Elle jeta un œil à l'écran et son sang se glaça.

« CE SOIR 20H00 »

La jeune femme blêmit, son cœur battait à tout rompre tandis que la panique la gagnait peu à peu. Le destinataire était inconnu sur l'appareil, mais il n'y avait pas place au doute. Les paroles de cet homme lui vrillaient le crâne. Lévy essaya de se calmer, elle relut le message. Il n'y avait rien à chercher. La panique menaçait de la submerger mais elle tenta de la contenir en se jetant dans son ouvrage. À l'heure du dîner, la blonde était introuvable. Lévy aurait pourtant désespérément eu besoin des conseils de son amie. Lorsque 17H00 arriva, la pauvre était dans un état de stress critique. Lucy décida finalement de refaire surface à cet instant, s'excusant pour son absence. Comme l'avait supposée l'archiviste, la femme rousse ne l'avait pas lâchée de la journée. La secrétaire se racla la gorge et tendit la clé de la porte principale à Lévy qui la dévisagea. Ses yeux passèrent de la blonde à l'objet qu'elle lui tendait quand ça la frappa.

-Tu étais au courant?

Lucy prit les mains de Lévy.

-Je suis désolée, je ne savais pas quoi te dire. Lorsque j'ai reçu ton horaire...

Elle fit une pause.

-Lorsque je reçois un horaire vierge, c'est rarement une bonne nouvelle. Je ne savais pas comment te l'annoncer, pardonne-moi!

Lévy ne pouvait pas lui en vouloir, mais elle ne savait pas comment gérer tout ce qui se passait dans sa tête, elle avait besoin d'air frais. Elle congédia la blonde et décida de profiter de la brise du soir pour se rafraîchir. Elle marcha jusqu'à ce qu'elle croise un parc. Elle s'assit sur le banc et leva les yeux vers le ciel. Elle vit un peu d'orangé percer entre les édifices et soupira. Qu'est-ce qu'elle devait faire? Elle déposa sa tête entre ses mains, sa décision était déjà prise, mais elle n'en était pas moins effrayée. Elle se doutait que l'homme ne lui avait pas donné rendez-vous prendre le thé. La question de Lucy lui revint : «Est-ce que tu sais comment combler un homme? » Bien sûr qu'elle avait une idée sur la chose… Une petite idée.

Un peu avant 20H00, elle revint vers son lieu de travail et déverrouilla la porte principale. Sa promenade n'avait pas réussie à retirer l'appréhension dans son cœur, mais elle se sentait quand même moins stressée. Elle n'avait rien pu avaler, toutefois elle était sûre d'une chose : Ce qu'elle s'apprêtait à faire, elle le ferait sans remord. Elle n'était pas encore convaincue sur la marche à suivre, mais elle avait établi les limites qu'elle ne franchirait pas.