NDA : Merci pour les reviews ! Je mets enfin la suite en espérant qu'elle vous plaira !

Chaque minute passée en sa compagnie me faisait le haïr encore plus. Je le détestais, l'abhorrais pour cette souffrance qu'il me faisait constamment endurer. Le moindre mouvement me faisait souffrir le martyr, mon corps était en ébullition. J'étais comme une brebis égarée qui ne demande qu'à retrouver son troupeau mais qui tombe malencontreusement sur le grand méchant loup au détour d'une ruelle. Il était mon « grand méchant loup », celui qui finit toujours mal à la fin des contes de fées. Mais la vie n'en n'était pas un et malgré ça je me surprenais chaque jour à espérer quand même. Cet espoir fou de pouvoir un jour revoir ceux que j'aimais, ma famille, mes amis, Harry…

Cet homme qui m'avait tant fait souffrir mais qui chaque jour me manquait plus encore. J'étais affreusement pathétique, même dans un cachot je pensais encore à lui, lui qui devait sûrement être déjà marié, accroché au bras d'une de ses groupies sans cervelle. Je n'avais plus aucune notion du temps, je n'avais pas pensé à creuser un trait sur le mur pour chaque jour passé ici comme le font les bagnards, à vrai dire, le temps m'importait peu maintenant. Pour moi, la nuit était le moment où je dormais et le jour, celui où j'étais torturée. Je ne savais pas s'il y avait réellement une issue pour moi, cet endroit où l'on pouvait apercevoir quelques rayons de lumière pour nous indiquer le chemin. J'étais perdue et complètement découragée, désespérée…

Soudain, un crissement se fit entendre, ce son que je reconnaitrais parmi des milliers d'autres, celui de cette lourde porte qui entrait en contact avec le sol de pierre. Ce son qui annonçait inévitablement la remise à neuf de mes blessures si on pouvait appeler ça comme ça. A peine était-il entré que je me courbai devant lui, je me repliai sur moi-même comme le font les bêtes soumises.

« Relève-toi » m'ordonna-t-il avec véhémence.

Il n'était pas de bonne humeur aujourd'hui, l'avait-il été un jour ?

Devant mon manque de réaction, il pointa sa baguette sous mon menton et me fit relever la tête. Je fuyais son regard comme la peste depuis que j'étais enfermée ici et il croyait maintenant que j'allais le regarder en face ? Il agita sa baguette avec impatience et je me relevai, fermant déjà les yeux en prévention des coups à venir. Je me retournai et il pu découvrir mon dos encore écorché des coups de la veille. Il eut une grimace de dégoût et me jeta la serviette qu'il tenait à la main sur mon dos, comme s'il voulait cacher à ses yeux les horreurs qu'il avait commises. Je sursautai légèrement de douleur et ajustai la couverture sur mon dos. Celle-ci était chaude et moelleuse, je me surpris même à vouloir remercier mon bourreau mais je me ravisai. On ne remerciait décemment pas celui qui vous séquestrait depuis des lustres.

J'attendais toujours les hostilités mais elles ne venaient pas. Que faisait-il ? Quand se déciderait-il à asséner le premier coup ? Quand cesserait-il de me faire mijoter ? L'attente était insoutenable, peut-être préparait-il un nouvel objet de torture…

Je tremblais désormais, la peur remontait dans tout mon corps et je sentais que je n'allais pas tarder à rendre l'infâme mixture qui me servait de repas. En fait, je crois que le pire dans cette histoire est sûrement le fait que je ne sais pas pourquoi il me torture. Il ne me pose jamais de questions, n'essaie pas de me faire cracher des aveux, il ne veut rien… Ou si, juste me faire mal. Toute notre scolarité à Poudlard ne s'est jamais bien passée mais je ne pensais pas qu'il me haïssait à ce point, qu'avais-je fait pour cela ? Un petit coup de poing en 3ème année, des insultes, des trucs d'adolescent… Mais quelle importance cela avait-il maintenant ? Maintenant que nous étions tous deux diplômés, majeurs et vaccinés ? Je ne comprenais pas et ce n'était pas faute d'essayer, il me semblait que mon cerveau avait cessé de fonctionner correctement depuis mon arrivée ici.

Finalement, je sentis une main se poser sur mon épaule, ce contact me fit frissonner, sa peau était froide et douce. Je ne pouvais plus bouger, comme hypnotisée par ce contact inhabituel. Le fait qu'il me touche me dégoûtait, cette répulsion s'imprégnait dans tout mon être mais je ne pouvais toujours pas bouger, faire un pas en avant m'aurait libéré de ce contact mais je ne pouvais pas, j'étais paralysée, ma volonté se brisait comme les vagues sur un rocher et je sentais mes forces m'abandonner.

« Retourne-toi » me dit-il lentement.

J'obéis malgré moi et me retournai, mon visage baissé en direction du sol. Il me fit relever la tête et mes yeux croisèrent ses prunelles grises glacées. Un frisson me parcourut l'échine devant ce regard qui me transperçait, il avança sa main et la posa sur ma joue, parcourant délicatement les griffures qui parsemaient mon visage. Je n'osai bouger, son toucher ne me paraissait même plus désagréable, juste inhabituel. Je ne savais pas ce qu'il se passait en cet instant, je n'aurais pu décrire cette scène si étrange dans le fond de mon cachot. Que faisait-il ? Était-ce une de ses toutes nouvelles tortures ?

Avec délicatesse, il approcha son visage du mien. J'étais perdue, j'avais perdu le contrôle, ami ? Ennemi ? Qui était cet homme dans mon cachot ? Il ne ressemblait ni à mon ennemi d'enfance ni à mon bourreau. Il m'était inconnu, tout comme cette expression sur son visage. J'étais déroutée, mon esprit s'embrouillait au fur et à mesure que son visage se rapprochait.

Puis il le fit. Il fit ce que je redoutais. Ses lèvres glacées rencontrèrent les miennes, sa main vint se poser dans le bas de mon dos et il me reprocha de lui, mes lèvres se collant encore un peu plus aux siennes. Je ne pouvais plus penser, plus respirer, j'avais l'impression de regarder la scène hors de mon corps et celle-ci se passait comme au ralenti. Les secondes passaient, interminables, il se fit plus pressant et força le barrage de mes lèvres. Sa langue, aussi froide que ses lèvres, s'insinua à l'intérieur de ma bouche, caressant ma langue avec ferveur. Une explosion de sens, une explosion de sentiments, j'étais déroutée, perdue, chamboulée, tourmentée, embrouillée, et je me sentais souillée par ses lèvres. Je me sentais d'autant plus souillée que ce contact prolongé était loin d'être désagréable. Qu'est-ce qui m'arrivait ? J'étais si loin de moi, mon corps était comme gelé, mes gestes ne me répondaient plus alors qu'il me rapprochait un peu plus de son corps. Qu'allait-il arriver après ?

Enfin, il rompit brusquement le contact et alors qu'il me lâchait, je sentis mes dernières forces me laisser tomber. Je chutai sur les dalles de pierre.

La fraîcheur du sol fut comme un électrochoc et quand la brume de mon esprit s'éclaircit, il n'était plus là. J'étais seulement étendue à terre. Seule et dans la confusion la plus totale.