Alors qu'elle dormait d'un sommeil sans rêves, lourd, des cris aigus et des glapissements tout aussi aigus la firent brusquement se réveiller. Bellatrix était plutôt matinale, mais même un jus de citrouille ne garantissait pas forcément sa bonne humeur par la suite. La raison de ces cris lui parvient immédiatement : la rentrée à Poudlard. Après s'être douchée, habillée d'une robe lourde noire, avoir descendu sa valise, elle risqua un pied dans la salle à manger où sa mère s'évertuait à rassembler toutes les affaires de Cissy. Celle-ci coiffait délicatement ses cheveux presque blancs, soucieuse de faire bonne impression pour la rentrée. Bellatrix leva les yeux au ciel et s'arma de patience. Elle allait devoir s'occuper de sa petite sœur jusqu'à ce soir, quand sa sœur irait à son dortoir. Et bien entendu, elle allait devoir supporter les bavardages des amies que se ferait sa sœur, et leurs petites conversations immatures et futiles n'allaient pas lui faire oublier la présence des abrutis de Serpentard, Dolohov et Nott, et des professeurs horripilants du style de Flitwick. Elle soupira avec application, sentant déjà son humeur s'assombrir. Sa mère se retourna vers elle, agacée :

- Bonjour à toi, Bellatrix ! Déjà en train de soupirer alors que tu n'es arrivée à Poudlard ? Je compte sur toi pour avoir de meilleures notes cette année, Bella. On ne peut pas se permettre d'avoir des incapables dans la famille.

- Androméda avait des Optimal partout, et ça ne l'a pas empêchée d'être définie comme « incapable », ricana Bellatrix en regardant sa mère droit dans les yeux. Déjà énervée par la rentrée de Cissy, sa mère allait exploser comme un chaudron en cours de potion. C'était inévitable : Androméda faisait partie des sujets tabous. Si Bellatrix avait une culture moldue, elle aurait pu qualifier cela de « point Godwin » !

- Bellatrix Black ! Ne t'avise pas de faire l'insolente avec moi ! Répète tes propos devant ton père et je te promet que tu le regretteras !

A ces mots, Cygnus, debout dans la cuisine, et sur le point de partir au Ministère de la Magie,sortit et s'avança vers sa fille, qui détourna aussitôt le regard. Si sa mère n'était le plus souvent qu'une hystérique futile, son père était plus intimidant et n'hésitait pas à corriger ses filles comme elles le méritaient, à son goût. Et Bella avait plusieurs fois écopé de punitions corporelles, battue par son père avec une ceinture, ou bien enfermée à la cave dans l'obscurité pour une durée relative au méfait accompli. Étrangement il n'utilisait pas la magie, punissant ses filles à la manière moldue. Peut-être estimait-il les corrections davantage humiliantes, exécutées ainsi. C'est ce que subodorait Bellatrix, et elle craignait en effet ces punitions. Bien que celles-ci l'aient, quelque part, endurcie, elle gardait tout au fond de son esprit un souvenir étouffant de ces longues nuits à la cave, et des marques laissées par la ceinture sur sa peau. Ces souvenirs honteux n'étaient que le début qu'une longue série d'épreuves, qu'elle allait ranger au même endroit, tapies au fond de son esprit, et qui plus tard contribuèrent à sa folie.

Mais pour l'instant, Bellatrix songeait uniquement à éviter que le conflit prenne des allures excessives, et elle préféra baisser les yeux avec soumission et murmura un « oui, maman » avant de s'éclipser. Se détestant pour cette marque de faiblesse, elle but son café d'une traite, la brûlure de la boisson chaude occupant momentanément toutes ses pensées. Sa sœur cria qu'elle était prête, et toute la famille se mit en route pour la gare. En chemin, Cygnus décida de faire une exception et d'accompagner ses filles sur le quai. Lorsqu'ils se retrouvent devant le Poudlard express, avec toutes les autres familles, Bellatrix garda obstinément les yeux rivés au sol, pour éviter de devoir dire bonjour aux autres, et que sa mère ou son père ne tire de conclusions sur ses fréquentations. Elle vit vaguement Sirius serrer Potter dans ses bras, et fustigea intérieurement son cousin pour ses manières de Gryffondor niaises et stupides. Régulus, Dolohov, Nott, Lestrange et Rogue se tenaient plus loin, ricanant bêtement. Sa mère prit Cissy dans ses bras, chose étrange-les marques d'affection publiques chez les Black étant proscrites-, et celle-ci pleura un peu. Excédée, Bellatrix commençait à empoigner sa valise quand son père lui attrapa l'épaule fermement. Bellatrix se retourna immédiatement, et le regarda droit dans les yeux, craignant une réflexion quant à son comportement du matin. Mais son père souriait, presque affectueusement, ce qui la mit tout de suite sur ses gardes.

- Bellatrix, j'aimerais te parler avant que tu ne partes. Je voulais le faire ce matin, mais je n'ai pas eu le temps. A ces propos, elle se félicita de n'être descendue que très tard. Levant des yeux interrogateurs, elle ne l'interrompit pas.

- Je ne sais pas si tu l'as remarqué, mais nous avons reçu beaucoup de gens ces derniers temps, à la maison. Bien sûr, le reste de la famille Black, mais aussi des amis de passages, et des gens du Ministère, et des.. connaissances, que nous en avons en commun, ta mère et moi. Politiquement, le gouvernement est très critiqué. Je me doute que tu te fiches de ces nouvelles, mais tu as bientôt 16 ans et il te faut connaître le monde sorcier au-delà de Poudlard. Avec tous ces invités, nous discutons l'avenir du Ministère, et nous commençons à nous organiser. Tu n'es pas sans savoir que ton directeur, Dumbledore, est très tolérant envers les moldus et les sang-de-bourbe, et que son comportement suscite des interrogations. Beaucoup sont convaincus, au ministère, que notre identité de sorciers et tout ce qui compose notre univers, sont mis en péril par l'introduction trop fréquente de la culture et des mentalités moldues. Nous-même, les Black, avons des responsabilités, notre famille faisant partie des 28 familles de sang-pur exclusives, et parmi ces responsabilités, se trouve la nécessité de préserver l'identité et la bonne reproduction du monde sorcier, et surtout, des sang-purs. C'est notre prestige, nos valeurs, nos traditions, qui font de nous ce que nous sommes aujourd'hui. Tu as un héritage exceptionnel, Bellatrix, en est-tu seulement consciente ?

Son père la regardait avec acuité, fixité. Elle modula sa voix et répondit d'un ton ferme, presque sec.

- Je le sais, père. Toi et mère n'avez eu cesse de nous rappeler les différences entre sang-pur et moldus. Et je n'imagine pas un monde sans magie, ajouta-t-elle, les yeux rivés sur sa baguette.

- Bien. Bella, tu es une sorcière douée, et tu es une digne représentante des Black. Je te sais de plus ambitieuse. Je ne peux que te conseiller de poursuivre dans cette voie, et de te concentrer sur tes études. Il te reste deux ans, et ils sont cruciaux. Je veux que tu t'améliores Bellatrix, que tu deviennes la meilleure possible. Peut-être, ensuite, y verras-tu une finalité, un objectif. Je ne peux pour l'instant pas t'en dire plus. Mais souviens-toi de ce que je te dis, Bellatrix, et je prendrai de tes nouvelles régulièrement. Fais honneur aux Black, et occupe-toi de ta sœur. Elle n'a que toi, cette année, et je n'aime pas la direction que prend Poudlard. Assure-toi de ses fréquentations. N'oublie pas, Bella : la digne héritière des Black.

A ces mots, il pressa vaguement sa joue contre la sienne, comme s'il avait peur de se salir, et tapota son épaule, avec un regard brûlant. Il venait d'énoncer ses volontés, et Bellatrix n'avait d'autres choix que de les accomplir. C'était la première fois qu'il l'appelait Bella. Par « la digne héritière des Black », il faisait bien sûr référence à Androméda, et soulignait à quel point il était important qu'elle, Bellatrix, ne le déçoive pas. Et elle devinait à quel point ce chemin était opposé à celui d'Androméda. Troublée, elle le regarda étreindre légèrement Cissy, qui n'osa pas refaire le même cirque qu'avec Druella, à savoir larmes et petits cris désespérés. Sa mère se dirigea vers elle, et la regarda l'espace d'un instant avec une sorte de déception dans les yeux, qui, sans qu'elle sache pourquoi, fit mal à Bellatrix. Peut-être l'impression que sa famille n'attendait d'elle que bonnes notes et digne représentation des Black, sans que tout le reste importe. Cette pensée puérile la fit froncer le nez, et elle fit un léger baiser à sa mère, formel, qui lui murmura à l'oreille « Sois sage, cette année ». Cela lui donna précisément envie d'adresser un grand salut à Sirius, qui l'avait repérée et la regardait avec insistance, étonné de ces marques d'affection. Elle ferma les yeux d'amusement, et prit la main de Cissy qui traînait déjà des pieds pour rejoindre le Poudlard Express. Un pied sur la plate-forme qui menait dans le train, elle se retourna une seconde, et vit son père la fixer, avec une flamme étrange dans le regard. Elle fit un petit signe de main qui ne lui ressemblait pas du tout, et rangea sa valise à grand bruit. Elle installa Cissy dans le premier compartiment vide, et s'assit en face. Tandis que Cissy regardait sa mère par la fenêtre et tentait de communiquer, Bellatrix ferma les yeux quelques secondes, pour calmer le grand désordre qui régnait dans son cœur. Précipitation du départ, mépris pour sa mère, lassitude de voir une énième fois le cinéma de Cissy, et surtout, le regard de son père, imprimé dans sa tête. Son père qui attendait d'elle quelque chose, qui semblait la préparer à un avenir, qui voulait l'utiliser pour ses projets. Consciente d'être un objet de représentation, elle ne parvenait cependant pas à effacer l'enthousiasme que provoquait chez elle cette mission encore très floue. Peut-être pourrait-elle s'y illustrer, trouver sa voie, une direction, un chemin, y exercer ses compétences, devenir une experte, s'approprier un savoir.

- Bella ? On pourrait chercher des filles de Serpentard ? On ne va pas passer tout le voyage que toutes les deux quand même, se risqua Cissy.

- Pourquoi, tu t'ennuies déjà ? Grimaça sa sœur, agacée d'avoir été une fois de plus tirée de ses pensées.

- Mais enfin Bella on s'est vues tous l'été ! Tu n'as personne à retrouver, toi ? La bouche de Cissy s'arqua en un « O » de questionnement.

Bellatrix voulut répondre immédiatement, mais elle hésita, avant que ses mots franchissent sa bouche. C'était rare. Mais que répondre ? Qu'elle irait bien voir Régulus, mais qu'il devait se trouver avec tous les autres abrutis, tout comme Sirius, qui devait se bidonner avec Potter et autres stupides Gryffondors ? Quant à Elisabeth, elle la verrait ce soir, au dortoir. Et les autres Serpentardes ne valaient clairement pas le déplacement.

- Eh bien là je n'ai envie de voir personne, Cissy. On aura bien le temps ce soir.

- Ah oui c'est vrai ! Ce soir ça va être la répartition, et puis le repas c'est ça ?

- Oui, Cissy, c'est bien ça.

Bella lui avait répété au moins dix fois, mais Cissy aimait connaître et réentendre tous les détails de sa rentrée. Elle songea à sa propre rentrée, quelques années auparavant. Elle avait le trajet dans le Poudlard Express avec les amies d'Androméda et celle-ci, et avait détesté leurs bavardages. Quant au Choixpeau, il l'avait bien entendu tout de suite envoyée à Serpentard, avant même qu'elle puisse se dire quoi que ce soit. Elle avait trouvé le discours de Dumbledore ennuyant à mourir, mais avait adoré le plafond étoilé de la Grande Salle. Elle s'était perdue dedans, et un Serpentard l'avait ramenée à la réalité : Nott, qui l'avait plongée dans sa purée de châtaignes. Toute la table avait ri, et elle ne s'était jamais sentie aussi humiliée. Elle avait affreusement rougi, crié qu'il était un imbécile, et avait quitté le réfectoire furieuse. Mais elle avait préparé sa vengeance, et avait réussi à convaincre le Baron Sanglant de verser une cruche de bièreaubeurre sur la tête de Nott, piquée à la table des professeurs. Celui-ci l'avait fait avec délice, et depuis, elle s'en était fait un allié. Nott éprouvait donc depuis cet incident une haine sans borne contre elle, qui avait fini par se tasser au fil des années, et qui maintenant n'était plus qu'une animosité affichée. Quant aux autres, elle les supportait, et inversement. Elle éprouvait une indifférence teintée de mépris pour Rockwood, qui était définitivement nul dans toutes les matières, et qui devenait réellement stupide-ses hormones le travaillaient vraiment trop, et il avait trop tendance à la fixer bêtement-. Quant à Dolohov, elle appréciait ses capacités de travail et son indépendance-il n'avait pas vraiment d'ami fixe il traînait souvent seul, dans le château ou dans la bibliothèque, mais il ne parlait presque pas, et elle n'avait donc aucun élément de jugement pour pouvoir l'estimer ou non. Elle le savait cependant vicieux et indigne de confiance plusieurs situations avaient déjà prouvé son unique souci, à savoir lui-même. Mais cet élément n'entachait pas Dolohov dans l'estime de Bellatrix pour autant. Evan Rosier était beau, et extrêmement vaniteux insupportable, pour Bellatrix, qui le comparait souvent à Potter pour son assurance bravache et sa stupidité. Mais Potter au moins, était un attrapeur de génie. Alors que Rosier, à priori, n'avait absolument aucun talent. Elle prenait donc un plaisir inouï à défaire cette confiance et à le pousser dans ses retranchements. Il y avait entre eux quelque chose de magnétique, comme une attirance, mais sa vantardise refrénait toute curiosité à son égard. C'était uniquement physique, pensa-t-elle, dégoûtée. Elle avait aperçu sur le quai les deux frères Lestrange, très discrets, et très soudés. Enfin, Igor Karkaroff, un slave arrivé l'année dernière, restait surtout avec Rockwood et Dolohov, et semblait très doué de manière générale. Elle savait que si elle l'avait en cours de DFCM et spécialement en duel, la partie ne serait pas aisée à gagner. Quant aux filles, le tableau était encore plus noir. Elle entendait d'ici leurs rires, dans le compartiment d'à côté. L'idée que Cissy devienne une de ces poules la fit frissonner. Même les pur-sang restaient des filles futiles, stupides, et les discussions sur les garçons allaient encore voguer bon train cette année. Et Merlin sait que Bellatrix haïssait ces discussions. Mais mieux valait que Cissy se trouve des amies tout de suite, plutôt que d'être mise de côté dès le départ à cause de sa solitude forcée, car elle n'avait pas le caractère de Bellatrix pour pouvoir supporter l'affront. En soupirant, elle prit Cissy par l'épaule et l'enjoignit à aller se faire des amies dans le train, la suivant de wagons en wagons.

- Ah, voilà la Black, dirent les Serpentardes en voyant arriver Bellatrix et sa sœur.

- Qu'est-ce qu'elle est mignonne, ta sœur ! Dit une fille au nez aquilin. Mathilda. Bellatrix fronça le nez, Cissy rougit de plaisir et mit une mèche derrière son oreille.

Bellatrix leva les yeux au ciel, et entraîna sa sœur réticente. Le compartiment suivant contenait les garçons Serpentards, qui regardèrent tous Bellatrix en même temps, une fraction de seconde. Il est vrai qu'elle faisait forte impression, avec son absence de maquillage, ses manches noires en dentelle et sa gorge blanche, dénudée sans être vulgaire. Son regard orageux empêcha tout commentaire.

- Bella, dit Régulus avec sa voix profonde. Ses yeux souriaient pour sa bouche. Mais il restait sobre, car les moqueries de ses camarades sur ses relations avec Bellatrix l'énervaient.

- Hé Bella ! Alors, ton père t'as plongée dans la magie noire cet été ? Dit Nott avec un sourire railleur. Il pouvait bien se moquer elle le savait envieux du prestige de sa famille.. et de la position privilégiée de son père au Ministère. Son père à lui restait un sous-fifre, un exécutant.

- Ferme-la, Nott, sinon je viens te visiter dans tes rêves et je te laisse en tête-à-tête avec un Sinistros. C'est une variation de l'impérium, précisa-t-elle. C'est plus subtil. Et ça laisse moins de traces.

- C'est du flan, ça, Mlle Black. Je te savais tarée, mais je suis sûre que t'en sais pas beaucoup plus que nous. Même Rosier n'a pas grand-chose à dire, dit-il en jetant à Evan Rosier un regard ironique.

- Elle a raison, pour une fois. Ferme-la, Nott, répondit Rosier avec flegme. On y peut rien si t'as une famille de péquenots. Mais toi Bella, je suis sur que ton père aimerait nous voir mariés, plus tard, pas vrai? Un Rosier et une Black, ça c'est classe. Et une fois que tu seras ma femme, je pourrais te jeter des Silencio en permanence sans que personne trouve à y redire. Pour le reste, change rien, ricana-t-il avec un sourire satisfait.

Bellatrix vit rouge. Cissy se recroquevilla derrière sa sœur, habituée à détecter ses humeurs, et à agir en conséquences. Elle ne comprenait pas tout, mais il lui semblait bien que sa sœur allait le réduire en cendres. Elle vit Régulus foudroyer Rosier du regard, et les frères Lestrange fixer Bellatrix avec amusement. Dolohov et Rockwood sourirent méchamment, et Karkaroff se mit à contempler le paysage avec beaucoup d'intérêt.

- Evan. Rosier. Je serais brève, en raison de la présence de ma sœur. Mais sache que je ne marierai jamais avec un insecte puant dans ton genre, aussi laid qu'idiot, et très certainement incapable de faire quoi que ce soit d'intéressant. Sans parler de magie noire, ton niveau scolaire est pitoyable et ton cerveau a dû subir un Reducto dès sa naissance vu à quel point je n'entends jamais rien de pertinent sortir de ta bouche. Quant à ton physique dont tu es si fier, laisse-moi te dire que n'importe quelle femme un peu sensée remarquerait tout de suite ton manque de virilité et ton air niais, ainsi que ta coupe de cheveux de minet. Même avec toute la magie de Merlin tu dois avoir de la peine à faire tes preuves dans la chambre à coucher, alors ne viens pas me parler de mariage, minable Rosier. Je ne me marierai pas, et si j'ai besoin de quelqu'un un jour, ça sera d'un homme, pas d'un petit garçon de dix ans qui découvre le monde et les filles. Quant à ma famille, elle est autrement plus prestigieuse que la tienne, et c'est mon père qui invite le tien, pas le contraire. Quant à moi, Nott-celui-ci leva les yeux, pas certain de vouloir qu'elle se focalise sur lui à nouveau-, je me prépare, cette année et l'an prochain, pour quelque chose qui vous dépasse tous, ici. Alors retournez jouer à la licorne avec vos baguettes, et foutez-moi la paix. Définitivement. Est-ce clair, Rosier ? Nott ? Quelqu'un d'autre a-t-il quelque chose à ajouter ? Demanda-t-elle avec un sourire carnassier et froid, les prunelles brillantes et la respiration saccadée.

- J'avais oublié ton légendaire charisme, Bellatrix, dit une voix à sa droite, dans le couloir. Severus Rogue. Ah tiens, il manquait un minable, mais il avait oublié qui c'était. Eh bien voilà. Il semblait revenir du compartiment des Gryffondors, chose étonnante. Bellatrix éprouvait pour lui de la pitié, puisqu'il semblait constamment frustré de sa vie, mais respectait son habileté aux potions. Lui seul pouvait la battre, et elle n'aimait pas la concurrence. Cependant quelque chose chez lui, une perspicacité et une intelligence qu'elle devinait à fleur de peau, l'empêchait de le mépriser comme les autres. Elle se contentait de l'éviter, et lui aussi, d'habitude. Il lançait simplement quelques répliques, parfois. Quand il avait l'air à peu près heureux.

- Tu ferais mieux de t'en souvenir, maintenant. Et vous aussi, bande de nazes. Vous ne méritez pas d'être à Serpentard, conclue-t-elle avec un hochement de tête méprisant.

- Qui es-tu, Bellatrix Black, pour insulter mon nom et ma maison ? Demanda Karkaroff, subitement attentif. Elle leva un sourcil interrogateur et sourit avec suffisance.

- Qui es-tu toi, Karkaroff, pour oser me répondre de telle sorte ? Je ne connais pas tes origines, mais il me semble clair que tu n'as pas grandi en Grande-Bretagne. Quel lien as-tu avec Salazar Slytherin ? Fais-tu partie d'une famille illustre ? Tu es ici depuis un an, tu penses que c'est suffisant pour être un authentique Serpentard, Karkaroff ? Ricana Bellatrix, bien décidé à ne pas se démonter. Bien qu'elle n'ait pas autant d'assurance qu'avec ces minables de Nott et Rosier, elle savait que Karkaroff était respecté de tous à Serpentard, et qu'elle devait tenir la dragée haute.

- Je sais qui je suis, je sais d'où je viens, et je n'ai pas à me justifier devant toi, l'héritière Black. Parce qu'il me semble que la première fille Black ait encore moins à voir avec Serpentard que moi, répondit Karkaroff avec délectation. Ce que je sais c'est que-

- Tu ne sais rien, Karkaroff, tu ne connais personne ici, tu n'es personne, tu n'as rien fait de spécifique et personne ne te fait confiance. Mentionne encore celle qui était ma sœur et je te lance un Doloris. Et je le ferai, Karkaroff, je te le promet. Livide, Bellatrix tentait de réprimer les vagues de fureur qui montaient en elle. . .Androméda. Elle était morte, et c'est tout.

- Je te crois, Bellatrix Black. Tu as l'air assez folle et déglinguée pour faire une telle bêtise, une bêtise qui t'enverrait à Azkaban, pour mon plus grand plaisir. Tu parles beaucoup trop pour moi, Bellatrix. Agis, Mlle Black ! Rend-toi utile. Il paraît que tu n'es pas idiote. Prouve-le moi, Bellatrix.

- Tais-toi, Karkaroff. Allez Cissy, assez perdu de temps avec ces cornichons, siffla sa sœur. Elle eut un signe de tête pour Régulus, et capta le regard de Rodolphus Lestrange, admiratif.

Elles finirent par trouver des amies pour Cissy, et Bellatrix s'obligea à rester avec elles jusqu'à l'arrivée à Poudlard. Quand elle vit la silhouette du château, son cœur rata un battement. Enfin.