Les retrouvailles
-Hermione ! s'exclama Neville un sourire rayonnant s'affichait sur son visage.
-Neville ! Elle sauta dans les bras de son ami avant de le serrer contre elle.
-Comment tu vas ? Il desserra son étreinte puis lui posa une main sur l'épaule avant de l'observer, deux mois qu'il ne l'avait pas vu, elle avait changé. Il l'avait toujours trouvé très belle.
- Plutôt bien et toi ? Ta grand-mère va bien ? Toujours une adepte de la fourrure ? Elle lui sourit.
-Oui, elle aussi. Il sourit. – Oui c'est toujours une adepte de la fourrure et non elle ne veut rien entendre sur la souffrance de ces pauvres petites bêtes Hermione.
Il rigolait en la fixant. C'était leur petit rituel à eux de parler des goûts vestimentaires douteux de sa grand-mère.
Elle répondit à son rire.
-Où sont les autres ? Elle avait déjà fait la moitié du train sans les trouver et pourtant seul Merlin s'avait à quel point ils étaient repérable à trois kilomètres à la ronde. Une vraie horde de phacochères. Pire que Malefoy et sa bande de lèche-cul. C'est pour dire…
-C'est normal, on va dire que les Weasley ont eu un petit accident… Il insista bien sur le mot petit.
-Quoi ? Qu'est-ce qu'ils ont eu ? Hermione ne riait plus son visage s'était fermé en une fraction de seconde. Elle fixait intensément Neville de ses magnifiques yeux noisette.
- Du calme, ils sont entier, ils ont toujours un nez, deux oreilles, et le reste… C'est juste qu'ils ont eu un petit changement de style si je puis dire… Et sans leurs accords. Il souriait calmement à Hermione qui elle restait impassible, les traits toujours aussi fermés.
-Ils ont eu quoi alors ? Hermione n'avait jamais été d'une nature patiente, d'autant plus qu'elle était curieuse. Elle voulait savoir.
- Ils vaut mieux que tu les vois par toi-même plutôt que je t'explique… Et surtout qu'ils te racontent toute l'histoire.
Neville lui saisit le poignet avant de la tirer vers la fin du train. Hermione observait chaque compartiment, elle détectait directement les premières années, ils paraissaient stressés. Elle sourit, elle était tellement stressée à sa première rentrée à Poudlard que sa mère avait du la bourrer de somnifère la veille. Elle ne s'était réveillée que complètement quand elle avait du cherché le crapaud de Neville. Elle avait été étonnée de voir que le crapaud avait les mêmes yeux globuleux que la mère Draxer. Elle haïssait cette famille…
Ils arrivèrent devant un compartiment où elle aperçut Harry qui se jeta dans ses bras et la serra tellement fort contre lui qu'elle faillit avoir la respiration coupée.
-Tu m'as tellement manqué, Harry desserra son étreinte avant de l'embrasser sur le front. Il faisait une bonne tête et demie de plus qu'elle. Ses cheveux bruns étaient en bataille et cachaient sa cicatrice, ses yeux verts brillaient comme deux émeraudes à travers ses lunettes. Il souriait à Hermione.
-Toi aussi tu m'as manquée Harry. Hermione souffla cette réponse avant de déposer sa tête dans son cou. Harry sentait tellement bon. Son odeur se résumait à un mélange d'agrumes, des pancakes de madame Weasley, et de coton. Hermione adorait cette odeur, ça la rassurait.
Elle releva la tête et aperçut deux touffes vertes. Elle se mit à glousser en apercevant le regard de Ron et de Ginny sur elle, attendant sa réaction.
-Oh la ferme ! s'écria Ron avant de se mettre à bouder dans son coin. Ronchon était de retour…
-C'est très gentil de ta part de compatir à ce désastre capillaire Hermione ! A chaque fois que Ginny se mettait en colère, ses joues rosissaient jusqu'à devenir cramoisi. Elle ressemblait à une tomate bien mûre.
Pour un désastre, ça s'en était un et pas un petit comme disait Neville. Leurs magnifiques chevelures rousses qui les caractérisaient si bien avaient totalement disparu. A la place d'un roux carotte, ils avaient un vert salade délavé. Leurs cheveux ressemblaient à un terrain synthétique de foot. Et pas en bon état. Ah ça non, il y avait eu un Paris-Marseille là au milieu… C'était pire qu'un désastre… Hermione arrêta de rire et prit Ginny dans ses bras.
-Qu'est-ce qu'il vous est arrivé à vous deux ? Elle sentit le soupir de Ginny dans sa nuque.
-Fred et Georges. Ils n'ont pas trop aimé quand ils ont appris que j'avais eu une histoire avec Zabini…
-Et donc ils ont décidé de vous teindre les cheveux à vous deux ? Pourquoi Ronald à les cheveux verts ? C'est parce qu'il n'a rien fait pour vous séparer à part bouder, te crier dessus et menacer d'émasculer Zabini ?
-Non cet abruti s'est servi de mon shampooing… Le dit shampooing étant ensorcelé. Au moins la prochaine fois il bougera son cul pour allé s'en chercher un!
- Rohhh tu ne vas pas recommencer ! Il n'y en avait plus en bas, j'étais allé voir. Et la feignasse elle t'..
Harry le coupa avant de se mettre entre eux deux pour les séparer.
-Taisez-vous ! Vous n'allez pas recommencer l'un comme l'autre je vous écouté vous engeulez depuis qu'on est parti du terrier. Ce n'est pas pour en avoir une deuxième dose dans le train !
- Mais si Ron a utilisé le shampooing en premier. Vous auriez du voir qu'il avait les cheveux vert non ? Hermione était perplexe.
-Mais justement c'est ça le plus beau le sortilège prend effet deux heures après que les cheveux soient entièrement secs.
Ginny avait la tête entre ses deux mains.
-On peut juste prier pour que ça parte au bout d'une semaine… Aucun sortilège n'a marché jusqu'à présent. Il soupira longuement avant d'adopter la même position que sa sœur.
-Ce qui m'étonne c'est que Ginny n'ait pas tué Fred et Georges. J'aurais cru qu'elle les aurait trucidés sur place. Hermione était toujours aussi perplexe et fixait Harry en attente d'une réponse.
-Oh si ! Elle ne les a pas tués bien sûr mais tous leurs vêtements sont verts, on va dire qu'ils sont tous assortis. Harry souriait à Hermione.
Ils s'assirent tous sur les banquettes. Hermione avait la tête sur les genoux d'Harry qui s'amusait à jouer avec ses boucles. Neville, Ron et Ginny était sur la banquette en face d'eux. Neville s'était mis entre les deux Weasley pour éviter une énième guerre.
Ils se racontèrent leurs vacances, Hermione n'avait passé qu'un mois au terrier avec eux. Neville allait leur raconter comment il avait appris que la plante à Pipaillon adaptait son odeur pour attirer des personnes imprudentes quand Mcgonagall fit son entrée. La vieille femme avait encore ses cheveux parsemés de gris attaché en un chignon strict. Elle fixait Hermione.
-Mademoiselle Granger, je vous prie de bien vouloir me suivre, la réunion va bientôt commencée.
Hermione se releva aussitôt sous le coup de la surprise.
-Pardonnez-moi madame, mais de quelle réunion parlez-vous ?
-Mais enfin voyons Miss Granger, la réunion des préfets, vous êtes d'ailleurs déjà en retard d'où ma présence. Monsieur Malefoy était censé vous prévenir. Elle fixait Hermione droit dans les yeux.
-Il ne m'a pas prévenu…
- Je réglerais cela avec lui mais pour l'amour de Merlin dépêchez-vous Miss ! Mcgonagall s'impatientait.
Hermione la suivit jusqu'à la fin en l'écoutant déblatérer de toutes les punitions possibles qu'elle pourrait faire écoper à Mister la fouine. Hermione ne l'écoutait que d'une oreille, elle venait à peine de réaliser qu'elle était préfète, elle sentait déjà la crise de Ronald arriver… C'était son rêve à lui d'être préfet, bien sûr les responsabilités ne lui faisait pas peur, ce qu'elle avait peur à ce moment-ci s'était de se retrouver pour une année avec la blondinette de fouine. Une année complète… C'était ça la vraie épreuve pour Hermione, si les deux n'arrivait pas à mettre leurs différends de côté, il y aurait un mort. Ils s'étaient haït au premier regard, à la première phrase. Elle ne se rappelait pas avoir eu une discussion courtoise avec Malefoy sauf obligation devant un professeur et encore.
Son pire cauchemar était d'ailleurs à deux mètres d'elle et il la fixait et la dévisageait. Rogue la fixait aussi, son visage c'était fermé à son arrivée.
-Monsieur Malefoy vous me ferez le plaisir de venir en retenu de 17 heures à 18 heures toute la première semaine de ce mois, ce soir y comprit. Vous commencez très mal en tant que préfet, ne nous faites pas regretter de vous avoir choisi.
- Et vous attendrez à la fin, j'aimerais vous parler. Rogue insista sur ce point en fixant Drago dans les yeux.
- Je peux au moins savoir ce que j'ai fait pour mériter ça ?
Il fixait Mcgonagall d'un regard froid. La vieille femme détourna son regard sur Hermione avant de répondre mais Drago avait déjà compris. Il avait déjà failli être en retard à cause de Parkinson et n'avait pas eu plus envie de recroiser Hermione, Potter and co.
-Vous avez visiblement oublié de donner son badge à Hermione et de la prévenir de la réunion. Vous avez intérêt à vous entendre vous deux, je ne veux aucune altercation entre vous. Est-ce bien clair ?
-Oui madame. Hermione s'était empressée de répondre, elle sentait le regard insistant de Malefoy sur elle.
Mcgonagall continuait de fixer Malefoy. Elle voyait bien la haine qu'éprouvait le Serpentard à l'égard de la Griffondor.
-Monsieur Malefoy. Ai-je été clair ? Je ne tolèrerais plus aucune bavure de votre part, je vous préviens que vous avez intérêt à bien vous tenir cette année. Son ton était sec et cassant.
-Oui, très clair madame. Il détourna son regard d'Hermione.
-Bien, elle regardait les quatre préfets se tenant devant elle.
Il y'avait devant elle, Hermione Granger pour Griffondor, Susan Bones pour Poufsouffle, Anthony Goldstein pour Serdaigle et enfin Drago Malefoy pour Serpentard. Ils vivront tous dans le même endroit, chacun sa chambre, un espace commun de travail, deux salles de bains, une dans les étages, une au rez-de chaussée, aile Est Serpentard et Griffondor, aile Ouest Serdaigle et Poufsouffle. Une fois leur avoir tout expliqué en détails Mcgonagall et Rogue planifièrent avec eux une réunion en fin de semaine pour vérifier qu'il n'y avait eu aucun meurtre et qu'ils pourraient se tenir comme des gens civilisés. Ils en doutaient fortement.
-Je vous dis à vendredi 17 heures.
Ils quittèrent tous la pièce sauf Drago et Rogue.
-Vous vouliez me parler ? Il n'y avait aucune place pour un sourire sur son visage.
-Pas de vous Drago, je suis ton parrain je te rappelle. Les autres sont sortis.
-D'accord qu'est-ce qui se passe ?
- C'est très simple je ne veux en aucun cas que cette année les élèves se divisent encore plus qu'ils ne le sont déjà. Je sais que la famille des Serpentard est mise à l'écart par les autres élèves. Ça a toujours été comme ça. Et si toi en tant que préfet ne fait aucun effort les autres t'imiteront.
-Je ne vois pas où tu veux en venir.
-Je pense que tu vois parfaitement où je veux en venir Drago. Miss Granger n'est pas la cause de ton malheur et elle n'en sera jamais une. Elle ne l'a pas tuée, nous le savons tout les deux. Ne rejette pas toute ta haine sur elle. Elle..
-Il est mort pour une sang de bourbe !
Il l'avait coupé, cette phrase lui avait brûlée la gorge, elle la lui brûlait depuis un mois déjà.
-Si il s'est révolté ce n'est pas pour te voir suivre les idéaux de ce monstre ! Narcissa est d'ailleurs de mon avis. Elle n'a jamais approuvé ce que faisait ton père, tu le sais. Lucius à toujours fait cela sous la contrainte, il voulait protéger sa famille. Toi et ta mère. Il n'en pouvait plus de vivre dans la peur.
-Je le sais très bien tout ça, c'est juste que dès que je la vois…
Il n'arrivait plus à parler, il bégayait.
-Je.. Je le revois devant moi tout simplement. Et elle quand je la vois. Je la revois elle. Je revois la jeune fille qu'il a sauvé. Je la revois dans ses bras en pleure parce qu'ils sont mort. Ses parents et mon père. Je sais que cette fille n'y peut rien. Mais elles se ressemblent tellement. Elles ont les mêmes yeux noisette, les mêmes cheveux bruns. A chaque fois que je pose mes yeux sur Granger je vois le visage de mon père qui est mort pour cette petite fille…
-Ton père était un grand homme, il l'a toujours été malgré que pendant un temps il œuvrait pour le mal. C'est tout ce que tu dois retenir de lui, si il l'a sauvé elle ce n'est pas pour que tu chasses et brutalises les autres né-moldu. Il n'a jamais été quelqu'un de malveillant alors ne le deviens pas. C'est tout ce que demande l'autre fou.
Un long silence s'était installé entre Rogue et Malefoy. Il ne voulait pas répondre, à quoi bon de toute manière il ne reviendrait pas il était mort. Il ne comprenait pas pourquoi et c'était ça le problème. Depuis qu'il était jeune on lui avait dit que les né-moldu lui étaient inférieur, qu'ils étaient des erreurs. Des années que son père servait le seigneur des ténèbres et d'un seul coup il s'était révolté pour une né-moldu qu'il connaissait à peine. Il avait refusé de la tuée et ça lui avait coûté la vie. C'est le moment que Rogue choisit pour couper Drago dans ses réflexions.
-Il t'aimait Drago, toi et ta mère vous étiez ce qu'il y avait de plus important pour lui. Il ne voulait en aucun cas que tu reçoives la marque, Narcissa le savait. Lucius me l'avait confié la veille de sa mort. C'était le meilleur moyen pour lui d'être sûr que le seigneur des ténèbres ne te voudrait pas dans ses rangs. En faisant ça, il a été considéré comme un traitre à leur cause. Il a fait tout ça pour toi et Narcissa. Vous êtes tombé en disgrâce il ne voudra plus être assimilé à vous deux.
Drago s'était tourné vers la fenêtre du wagon pour cacher son visage. Alors c'était pour ça, il voulait sa sécurité et celle de sa mère. Les premières larmes coulèrent. Son père n'était pas mort en lâche, il était mort en héros. Dire qu'il détestait quand Rogue avait raison… Il avait réussi à le calmer, à trouver les mots. Il savait maintenant et il comprenait parfaitement ce qu'il devrait faire.
-Si tu as besoin de moi pour quoi que ce soit, viens.
Il montra son bras à Drago et lui désigna la fine cicatrice sur son avant-bras. Drago détailla son bras et comprit qu'il pourrait toujours compter sur son parrain.
-J'ai fait le serment inviolable, j'ai juré de vous protéger toi et Narcissa. Je l'ai promis à ton père. C'était sa dernière volonté. Il m'a aussi dit de te donner ça.
Il lui tendit un fin médaillon en argent où les armoiries Malefoy apparaissaient. Drago le prit, le détailla et s'empressa de le mettre autour de son cou. Il attendit encore une minute pour retrouver un visage impassible ne laissant apparaître aucune émotion. Il se retourna, s'excusa auprès de son professeur et sortit. Rogue souriait, il avait tellement grandit, ce n'était plus un petit idiot prétentieux qui ne pensait qu'à l'argent et à son statut.
