Chapitre 1 - Terra Nova
Harry mit plusieurs longs instants à se rendre compte qu'il était réveillé. Il ne s'attendait pas à ce que la mort soit aussi... Confortable. À moins que ce ne soit le fait qu'il n'est pas dormi dans un lit avec un matelas non défoncé depuis des années ?
Puis il se souvint. Voldemort, la guerre, la mort de ses amis, un par un, la bataille finale, sa victoire sur le mage noir, qu'il avait poignardé jusque'à la mort. Il était vivant, il avait survécu, à nouveau. Il sentit ses yeux se remplir de larmes en repensant à Ron et Hermione, tués par le Lord. 'Je vous ai enfin vengé mes amis...'
Il ouvrit doucement les yeux avant de les refermer immédiatement, ébloui par un soleil resplendissant, des faisceaux de lumières passant à travers les vitres de ce qui lui avait semblé être une chambre. Mais où était il ? Est-ce qu'il n'était pas censé... Renaître en quelque sorte ?
« Ah ! Infirmière ! John Doe est réveillé !» Entendit il. Infirmière ? Il était à l'hôpital ? Et... Comment ça John Doe ?
Harry se demanda si finalement les trois femmes en blancs, l'esprit des reliques de la mort, n'avaient pas été une hallucination. Il était à l'hôpital, et il était tellement défiguré qu'on avait pas réussi à l'identifié ? Pourtant, il n'avait pas mal au visage, par contre son corps... Il était lourd et endolori, comme si un camion lui était passé dessus.
« Ne bougez pas trop jeune homme.
- Où...» Commença-t-il avant de s'arrêter brusquement, sa gorge déchirée par le seul petit mot qu'il avait réussi à dire.
- Saint Mungo.» Fit l'infirmière en prenant son bras et en faisant ce qui lui semblait être une prise de sang. Mais... Depuis quand faisait on des prises de sang dans un hôpital magique ?
Il ne parvint plus à ouvrir la bouche, mais laissa la femme faire ses examens, et, avant qu'il ne s'en rende compte, il se rendormit.
Lorsque Harry rouvrit les yeux, il faisait toujours jours, mais cette fois-ci, il réussit à garder les yeux ouverts. La chambre était immaculée, comme dans tout hôpital, et il pouvait deviner l'activité humaine derrière la porte fermée. Qu'est-ce qu'il s'était passé ?
« Enfin réveillé ?» Il reconnut la voix de la femme. Elle était habillée d'une robe de service verte, et devait avoir vingt cinq ans, tout au plus. Son infirmière attitrée certainement. « Cela fait plusieurs jours depuis que vous vous êtes réveillés la dernière fois.» Comment ? Il avait pourtant l'impression de n'avoir dormi que quelques heures ! « Alors, vous avez un nom ?
- Ha... Harry. Que s'est il passé ?
- Comment ça ?» Sourit la jeune femme.
- La guerre...» Elle le regarda sans comprendre. « Avec Voldemort...
- Qui ? Vous devez avoir de la fièvre, vous délirez. Nous n'avons plus connu de conflit depuis la guerre européenne de 1914 !»
Hein ?
L'infirmière passa une main fraîche sur son front.
« Pourtant vous n'êtes pas chaud...
- Ce... Ce n'est rien... Un cauchemar.» Se justifia-t-il rapidement, réfléchissant à toute vitesse. Était- ce bien réel ? Est-ce qu'il était vraiment dans un autre monde ? Dans tous les cas, si la femme utilisait du matériel muggle, il était bien dans un monde magique. « Il était horrible.» Continua-t-il.
- Je vois. Alors Harry, maintenant que vous êtes réveillés, on va pouvoir faire votre dossier ! Cela fait longtemps que nous n'avions pas eu d'inconnu, vous n'êtes sur aucune de nos bases.» Devant le regard perdu du jeune homme, elle s'expliqua avec un grand sourire plein d'entrain et d'énergie. « Vous savez, tout le monde a un dossier, constitué des empreintes, de l'ADN et de la signature magique, pour les sorciers. Nous n'avons rien trouvé pour vous. Vous êtes bien un sorcier ? Nous vous avons trouvé avec une baguette...
- Oui, je suis un sorcier... Où est ma baguette ?
- Gardée sous scellé jusqu'à nouvel ordre. Complétons tout cela. Nom de famille ?» Harry se mit à réfléchir. Devait il garder son nom de famille ? S'il devait prendre un nouveau départ, alors il ne voulait pas se souvenir de ce qu'il avait vécu, et qui était rattaché aux Potter.
- Evans.
- Date de naissance.
- 31 juillet 1980.
- Donc... 23 ans ?
- Oui. Quelle date somme nous ? Avec tout ça, je n'arrive pas à me repérer.
- Nous sommes le 28 mars. Vous êtes arrivés le 15.»
Le 28 mars 2003, deux semaines après la bataille contre Voldemort donc. Il murmura un merci en hochant la tête, et répondit au reste des questions de Angela, l'infirmière. Allergie, antécédents médicaux et particularités. Harry mentit sur les deux derniers points. Pouvait il dire qu'il était fourchelangue et qu'il avait développé une insensibilité à l'avada kedavra et à l'imperium ? Il n'allait pas non plus parler de ses nombreux membres cassés, il ne voulait pas attirer l'attention. Il devait déjà sortir d'ici, ensuite il aviserait.
« Je suppose que vous n'avez pas de moyen de payer ?» Harry lui fit un sourire désolé, gêné.
- Je viens tout juste d'arriver... Je viens d'Écosse.» La femme le regarda d'un air soupçonneux, mais ne répondit rien. « Mon appartement a brûlé le mois dernier et j'étais venu ici pour trouver un nouveau travail et un nouveau toit.» Expliqua-t-il rapidement.
- Vous avez trouvé ?
- Eh bien... Je dois avoir pris un coup sur la tête, parce que je ne me souviens de rien depuis mon départ.» Le coup de l'amnésie, classique, mais relativement efficace.
- Et vos parents ? Ils ne peuvent pas vous aider ? - Je suis orphelin.» Il sourit mentalement en voyant l'air gêné et désolé sur le visage d'Angela. « Mais pourquoi toutes ces questions ? Vous allez le mettre dans mon dossier ?» Se moqua-t-il pour détendre l'atmosphère.
- Hm... Non, juste de la curiosité.» Elle lui sourit.
Oh... Il ne devait pas être si défiguré que ça pour pouvoir encore faire des ravages. Angela était mignonne en plus de cela, plutôt jolie à regarder, blonde cendrée, des yeux marrons, de taille moyenne, assez commune en fait, bien que, en un sens, elle lui était familière. Mais même si cela faisait longtemps qu'il ne s'était pas perdu dans la chaleur d'une femme -ou même celle d'un homme-, il n'avait pas envie de penser à ça tout de suite. Trop de questions sans réponse se bousculaient dans sa tête.
« Alors... Je pourrai sortir dans combien de temps ?
- Oh... Le temps de créer un nouveau dossier, et que vous signez une décharge, je dirai d'ici ce soir, si votre état reste stable bien sur.»
Merveilleux. Il n'avait qu'une envie, c'était de courir à la première bibliothèque du coin pour lire l'histoire de cette nouvelle terre. S'il analysait ce qu'il venait d'apprendre, Voldemort n'avait jamais existé, donc pas de Death Eaters, et pas de prophétie, pas de monde à protéger, juste une nouvelle chance d'exister. Plus étonnant encore, il semblait que les muggles étaient au courant de l'existence du monde sorcier, et cela ne paraissait pas dater d'hier. Au moins, il n'aurait plus besoin de se cacher.
« Parfait ! Merci beaucoup Angela. Je peux vous appeler Angela ?» Demanda-t-il rapidement, de peur de commettre un impair. Même s'il ne savait pas ce qu'il allait devenir, il se sentait léger et vide, une sensation agréable qu'il ne se souvenait pas avoir jamais expérimenté avant.
- Oui bien sur.» Sourit elle en repartant avec ses feuilles en main.
OoO
Le reste de la journée passa lentement, il somnola longuement, tout en se demandant ce qu'il allait pouvoir faire. Il n'avait pas d'endroit ou dormir, ni d'argent. Ah ça, l'esprit des reliques de la mort l'avait ramené dans un nouveau monde, mais comment allait il s'en sortir maintenant ? Il avait certes vécu comme un vagabond pendant 6 années, mais il n'allait pas finir en sans abri pour autant ! Il avait beaucoup réfléchit pendant cette journée de libre. Harry avait l'impression que sa vie n'avait servi à rien. Il était mort juste après Voldemort, et voilà qu'il réapparaissait dans une autre dimension, avec rien d'accompli; il ne connaissait personne, et n'avait rien fait.
Ses pensées furent interrompues par l'arrivée de Angela, qui amenait avec elles des vêtements, ainsi qu'un sac à dos.
« Harry, nous avons crée votre dossier. Vous allez pouvoir récupérer vos affaires. Nous avons vérifier à Gringotts, et ils ont confirmé pour votre identité. J'ai aussi ramené vos affaires.»
... De quoi ? Comment ça il avait un compte chez Gringotts ?
D'accord, il retirait ce qu'il avait dit sur les reliques, elles avaient tout prévu. Il avait réellement de l'argent ? Un nouveau poids se retira de ses épaules. Il prit doucement le jean et le sweet des mains de la blonde, ainsi que le sac, et l'ouvrit. Il eut un sourire en voyant sa baguette à plume de phénix, sa cape d'invisibilité, ainsi qu'un cadre avec la photo de ses parents. Il y avait aussi une clef de coffre de Gringotts, une vingtaine de gallions, et d'autres affaires personnelle qui avaient sûrement été amenées dans ce monde en même temps que lui. Il n'était pas sans rien au moins.
« Merci.» Sourit-il. « Je vais pouvoir sortir alors ?
- Oui. Vous n'avez plus qu'à signer ici.» Elle lui tendit la décharge qu'il signa avec enthousiasme.
Même s'il n'était pas forcément encore bien dans sa peau après tout ce qu'il avait enduré, il avait tout un nouveau monde à découvrir. Il se leva et rejoignit le cabinet de toilette de la chambre pour prendre une douche rapide. Harry s'habilla rapidement et se regarda dans le miroir de la salle d'eau. Ses yeux verts brillaient légèrement, et ses cheveux mi longs étaient ébouriffés, lui donnant un petit air sauvageon. Sa peau était pâle et mais beaucoup des marques qu'il avait, résultants de ses dernières années à se cacher de Voldemort, allant de petits éclats aux anciennes traces de coup de poignard, et à apprendre des sortilèges et des techniques de combat pour être préparer pour la dernière bataille, avaient disparu.
Une fois prêt, il sortit de la chambre, fit un dernier au revoir à sa jolie infirmière, et enfin, sortit dans la rue.
Il resta stupéfait par ce qu'il vit. Des voitures roulaient, des personnes marchaient, parlaient, un portable à la main souvent, mais il y avait aussi des personnes en balais, et mêmes quelques voitures volantes, à la façon de la Ford Angelina des Weasley. Il s'émerveilla devant ce monde paradisiaque, et ému, dû essuyer quelques larmes qui lui montèrent aux yeux. Si Arthur Weasley avait été là, il aurait été aux anges, se dit il en faisant quelques pas dans la rue. Il passa à côté d'un kiosque à journaux, où plusieurs magazines étaient à vendre, et où les images figées et mobiles se mélangeaient. Harry en profita pour regarder distraitement la Une des différents journaux. Elles parlaient des dernières frasques de Scorpius Malfoy, le riche héritier de la famille, âgé de 28 ans, mais aussi de politique, avec Gellert Grindelwald et Albus Dumbledore en premier plan, et d'économie, mais il n'y comprit pas grand chose. Il avait apparemment énormément de chose à rattraper. Il regarda distraitement les passants achetés des magazines, sortant des mornilles de leur poche pour les donner. Donc, la monnaie était uniforme même pour les muggles, parfait.
Il héla un taxi qui s'arrêta à sa hauteur. Harry entra dans la voiture rapidement en saluant le chauffeur.
« La bibliothèque la plus proche s'il vous plaît.»
L'automobile se mit en route sans bruit, et en observant le tableau de bord, où la jauge d'essence était inexistante, remplacée par un autre indicateur. De la magie, à coup sûr, il pouvait la sentir sous lui, faisant vibrer le moteur, et avancer le véhicule. Harry regarda ensuite par la fenêtre, observant le paysage qui lui était inconnu. Il avait beau regardé les immeubles, les maisons et les autres appartements, il ne reconnaissait en rien l'architecture, alors qu'il avait fait le tour de Londres à de nombreuses reprises durant sa fuite. Harry se souvint alors des mots de l'infirmière, Angela. Le monde n'avait connu qu'une seule guerre mondiale, aussi, Londres n'avait jamais connu le Blitz, et la ville n'avait pas eu à être reconstruite.
Beaucoup de question se bousculaient dans sa tête. Quand est-ce que les muggles avaient appris l'existence des sorciers et de la magie ? Comment avaient ils réagi ? Harry se doutait que les croyants n'avaient pas dû accueillir à bras ouverts la sorcellerie et autres créatures magiques, quelque soit leur religion, et pourtant, tout semblait si paisible dehors.
« On y est, ça vous fera un gallion et une mornille.» Harry lui tendit deux gallions, et sortit de la voiture, attendant sa monnaie. Le chauffeur lui tendit les seize pièces de bronzes, et partit immédiatement après, sans dire un mot. Harry grinça des dents en se disant que finalement, d'un monde à l'autre, les chauffeurs de taxi étaient toujours aussi aimable.
Il souffla un coup, se tourna vers la bibliothèque puis entra timidement dans le bâtiment, et se dirigea vers le comptoir où se trouvait la bibliothécaire, ou du moins son assistante, aux vues de son jeune âge. Elle le regarda d'un oeil torve lorsqu'il lui demanda où se trouvait les encyclopédies d'histoire, mais lui indiqua d'un doigt manucuré le fond de la salle. Harry se retint de soupirer lourdement. Est-ce que ces gens se rendaient compte du monde enchanté qu'ils avaient tout autour d'eux ? Pour Harry, c'était un peu comme... Un rêve, oui, c'était ça, un rêve.
Le jeune homme prit plusieurs ouvrages historique, ainsi que plusieurs encyclopédies et dictionnaires, et s'installa à une table pour feuilleter les livres.
L'histoire du monde sorcier et du monde muggles était la même, jusqu'aux évènements de la première guerre mondiale. Tout changeait à partir de ce moment là, dans les livres en tout cas. En voyant la catastrophe arrivée lors de la guerre muggle, les sorciers avaient décidé de s'en mêler, sous le commandement de Albus Dumbledore et Gellert Grindelwald, tout deux imminents politiciens dans leurs pays d'origines. Les deux hommes dévoilèrent l'existence des sorciers au monde entier, et arrêtèrent la guerre dite européenne en 1915, avant qu'elle ne soit étendue au reste du monde. Les sorciers étant bien plus uni au niveau planétaire que les muggles, une unification s'était faite en douceur, sans heurt majeur, à part bien sur quelques rébellions religieuses. Les sorciers s'étaient posés là, en sauveur de la veuve et de l'orphelin, arrêtant la guerre qui faisait peur et qui causait la mort partout où elle se présentait. Ainsi, l'Allemagne n'avait jamais perdu et Hitler n'avait pris jamais le pouvoir, et il n'y avait eu aucune chasse au juif dans les années 40. Mieux, l'unification européenne s'était accélérées grâce aux ententes des sorciers inter-Étatiques, et aujourd'hui, Grindelwald et Dumbledore présidaient le Conseil des Communautés Européennes depuis vingt ans, avec deux muggles que Harry ne connaissait pas.
Tous les États européens, et même au niveau mondial, semblaient avoir adopté le même système de gouvernement. Un élu pour chaque espèce. Au Royaume Uni, le Premier ministre muggle était Tony Blair, un personnage dont il n'avait jamais entendu parlé, et son alter égo sorcier était une certaine Milicent Bagnold. Harry connaissait ce nom, et il se souvint qu'elle avait été, dans son monde, ministre de la magie avant Fudge. Apparemment, l'ordre des choses n'étaient pas la même dans cette dimension ci, et c'était peut être pour le mieux. Aurait il supporté de voir des doubles de Ron et Hermione se balader dans les rues, sans même l'apercevoir ? Il savait que c'était égoïste de penser cela, et même s'il aurait aimé les avoir avec lui dans ce nouveau monde, il était heureux de ne rien avoir pour lui rappeler la guerre.
Harry secoua la tête puis retourna à sa lecture, refoulant ses larmes de tristesse et de désespoir. Il ne voulait pas penser à ses amis tout de suite, c'était encore trop frai dans son esprit.
Il ne trouva rien d'autre qui aurait pu l'intéresser. Il avait lu quelques pages sur la création de nouvelles sciences, mêlant la technologie muggles existante et la magie. Harry finit par fermer les différents livres, et lança un discret tempus. Il était déjà vingt heures passée, et lorsqu'il leva la tête, il constata que la femme du guichet s'impatientait, mais n'osait rien dire. Harry se leva vivement, et alla mettre les livres sur la table roulante prévue à cet effet, et partit de la salle en murmurant un 'au revoir' qui ne trouva pas de réponse.
Ca allait être difficile de s'adapter.
À suivre
Et voilà le premier chapitre, j'espère qu'il vous aura à tous convenu :) Je le répète, cette fanfic n'a pas de caractère sérieux (pas avant les derniers chapitres, parce qu'il semble que je sois incapable de faire un truc drôle et délirant jusqu'au bout en vieillissant x) )
En tout cas, j'espère que mon histoire colle, et que vous ne trouvez pas ça trop tiré par les cheveux ;P
Et avant de vous dire à bientôt pour la suite, je remercie tous les reviewveurs et les personnes qui me suivent dans cette nouvelle aventure.
À la semaine prochaine,
Sedinette Michaelis.
