— Fin du cours ! N'oubliez pas l'interrogation de lundi ! annonça le professeur tandis que la sonnerie retentissait dans les salles de classe du lycée.

Immédiatement, les élèves se levèrent de leurs chaises, pressés de rentrer chez eux et de profiter de leur weekend. Avec un sourire, Hashirama Senju regarda ses étudiants quitter les uns après les autres l'établissement. Il n'y avait pas à dire, l'homme adorait son métier. Certes, ses chères têtes blondes ne restaient pas toujours très sages, mais il ne changerait de vocation pour rien au monde. Enseigner l'histoire constituait une part de son être et Hashirama serait effondré si on la lui retirait.

Le brun finit de ranger ses papiers dans son sac et quitta à son tour le local, qu'il prit soin de fermer à clef. Le directeur l'avait réprimandé à de maintes reprises sur sa négligence, de ce fait, le Senju faisait tout son possible pour ne plus oublier de clore cette satanée porte. Hashirama joua quelque peu avec le trousseau, le lançant en l'air avant de le rattraper, puis il passa par la salle des professeurs afin de remettre l'objet en place.

Enjoué, l'homme sifflota sur son chemin. Il avait beau aimé son métier, l'arrivée du weekend procurait toujours un bien fou !

Sa joie retomba bien vite lorsqu'il put constater le déluge qui s'abattait sur Konoha. Hashirama resta planté quelques instants devant la porte et observa les fines gouttes d'eau tomber en rythme sur le sol. Il soupira, réfléchissant à un moyen de rentrer chez lui sans trop d'encombres. Le Senju se gratta le crâne quelques instants avant de claquer des doigts suite à une idée. Il s'empara de son téléphone sans attendre et composa le numéro du seul qui pourrait le secourir. La sonnerie dura plusieurs secondes avant que quelqu'un ne décroche.

Qu'y a-t-il, Anija ? fit une voix grave de l'autre côté du combiné.

— Tu pourrais venir me chercher au lycée, Tobirama ? Il pleut des cordes et je n'ai pas de parapluie.

Hashirama entendit un profond soupir, signe du probable refus de son frère qui allait arriver.

— S'il te plaît ? insista le brun.

Je ne peux pas, j'ai du travail. Nous venons de signer un contrat avec une entreprise de Suna et je ne peux pas tout laisser là pour ton bon plaisir. Et puis n'as-tu pas une voiture ?

Le professeur grimaça suite à cette question. Il avait oublié de prévenir son cadet sur ce sujet et aurait préféré éviter cette conversation le plus longtemps possible.

— Hum… j'en avais une.

Il put presque imaginer la mâchoire crispée de son frère ainsi qu'une veine apparaître sur sa tempe.

Hashirama, gronda-t-il.

Le concerné déglutit doucement, un sourire peu assuré sur le visage.

— J'ai eu un petit accident l'autre jour, mais rien de grave !

L'aîné Senju ne s'était jamais montré bon menteur et Tobirama le savait bien. Ce dernier grogna dans le combiné, provoquant un léger rire nerveux de l'autre.

Dis-moi la vérité, Anija.

— Bon, ok… Disons qu'il va me falloir une nouvelle voiture.

C'est une blague j'espère ?

Seul un silence lui répondit. Le brun pouvait presque sentir la colère noire de son frère à travers l'appareil. La prochaine fois qu'il le verrait, il passera un sale quart d'heure, il en était certain. Pourquoi ne peut-il pas être un mignon petit frère ? désespéra le professeur mentalement tout en sachant que son cadet avait toujours eu un caractère diamétralement opposé au sien. D'ailleurs, ce fut la source de nombreux conflits entre eux plus jeune.

Un soupir interrompit l'aîné dans les souvenirs qui commençaient à affluer.

Tu es désespérant.

— Tu veux dire que tu vas venir me chercher ? interrogea Hashirama, plein d'espoir.

N'y compte pas, abruti, je t'ai dit que je ne pouvais pas.

— Mais, Tobirama, j'habite à l'autre bout de la ville !

Il fallait y réfléchir avant.

— Quoi ? Mais ! Tobirama ! Tobirama !

Trop tard, ce dernier lui avait déjà raccroché au nez. Hashirama poussa un profond soupir tandis qu'une aura de déprime s'abattait sur ses épaules. Néanmoins, il se releva bien vite, prit une grande inspiration et ouvrit la porte de l'école. Immédiatement, le professeur sentit la pluie lui fouetter le visage et s'accrocher à ses vêtements. Il porta son sac au-dessus de son crâne dans une vaine tentative de protéger ses longues mèches chocolat qu'il prenait soin de lisser et commença à courir.

Heureusement, Hashirama était un homme assez sportif de base. Le Senju pensait pouvoir atteindre son appartement sans se retrouver trempé de la tête au pied. Certains diraient que l'homme se montrait trop optimiste et ils auraient bien raison. S'il y avait bien une seule chose qui caractérisait le professeur, c'était son optimisme à toute épreuve. Même dans la pire des situations, Hashirama trouvait du bon, ce qui l'apparentait parfois à un imbécile heureux.

Toujours sous le déluge, le Senju ressentait l'eau pénétrer à travers ses habits, provoquant des frissons. Il aurait voulu maudire son frère, mais tout benêt qu'il était, le professeur ne parvenait pas à en vouloir à son cadet. Après tout, entre eux, ce fut toujours ainsi. Tobirama le réprimandait et Hashirama pardonnait. L'aîné savait bien que sous airs froids et austères, son frère l'aimait aussi... Il pourrait tout de même le montrer un peu plus souvent ronchonna-t-il.

Perdu dans ses pensées, Hashirama avait cessé de prêter attention à son environnement, chose extrêmement stupide quand il pleuvait des cordes sur la ville. Il vit des phares l'aveugler, un klaxon retentir et en un éclair, le professeur se retrouva le postérieur au sol. Hashirama resta un instant dans cette position, trop étourdi par ce qu'il venait de se passer.

Le professeur aperçut une silhouette s'approcher de lui et lui tendre une main afin de l'aider.

— Vous allez bien ? entendit-il.

La question eut le mérite de le sortir de sa torpeur et le Senju saisit la paume offerte avec joie. Une fois debout, il baissa la tête vers son interlocuteur, qui s'arrangea pour lever le bras et l'abriter sous son parapluie.

— Plus de peur que de mal, je dirai, répondit-il avant d'éclater d'un rire franc.

L'inconnu lui lança un drôle de regard, mais Hashirama ne s'en formalisa pas. C'était souvent l'effet qu'il procurait lorsque des gens le rencontraient pour la première fois. Le professeur détailla son sauveur quelques instants. Il possédait des traits juvéniles qui lui donnerait presque l'air d'un lycéen, mais le costard qu'il portait ne laissait pas place au doute quant au fait qu'il travaille. Ses grands yeux ébènes et sa tignasse noire ramenée en queue-de-cheval à l'arrière achevait de lui prodiguer une certaine innocence, chose plutôt étrange chez un homme adulte.

— Vous voulez qu'on vous ramène ? entendit-il brusquement.

Le Senju répliqua spontanément.

— C'est très aimable de proposer, mais mon appartement est encore loin, je ne voudrais pas vous déranger.

Et alors que le professeur se préparait à reprendre sa course, l'inconnu lança :

— On peut vous héberger si vous voulez !

Hashirama sursauta à la proposition et prit un instant pour réfléchir. Il pourrait toujours prévenir son frère de la situation plus tard, après tout. Toute personne normale se serait méfiée ou aurait au moins prit le temps d'y penser plus longuement, mais pas le Senju. Son interlocuteur lui avait procuré une bonne impression et c'était pour cette raison qu'avec un sourire étincelant, il s'exclama :

— J'accepte !

L'inconnu lui rendit un léger sourire et Hashirama put constater qu'il possédait une peau très blanche. Le pauvre, on dirait qu'il va tomber malade ! le plaignit le professeur tandis que son sauveur se détourna pour aller parler à son partenaire.

De nature curieuse, le Senju détailla ce dernier avec attention. Même s'il ne se trouvait guère près du duo, il pouvait tout de même une similitude plutôt flagrante entre eux. Sont-ils frères ? s'interrogea-t-il alors que ses yeux chocolat observaient le plus grand de pied en cape. Comme lui, il portait les cheveux longs jusqu'à la taille, mais tandis que les siens restaient lisses et plus ou moins ordonnés, ceux de l'inconnu s'apparentaient à une fourrure sauvage et indomptable. Hashirama ne pouvait s'empêcher d'imaginer l'effet que cela lui procurerait de passer ses doigts dans cette masse hérissée.

Son regard passa ensuite à son visage. Le professeur y distingua des traits fiers et sculptés à la serpe ainsi qu'un nez droit et noble et des iris charbons capables d'incendier le monde d'un seul coup d'œil. De cet homme se dégageait une aura froide et terriblement dangereuse, et pourtant Hashirama lui trouvait un certain charme qu'il ne pouvait guère nier.

La discussion entre les deux inconnues sembla se terminer, car le plus jeune fit un signe de la main au Senju. Ce dernier s'approcha et prit place dans la voiture luxueuse. Le professeur, peu habitué à un tel niveau de luxe, ne prit même pas conscience de l'accueil dédaigneux du plus vieux des inconnus.

Soudain, le plus jeune se tourna vers lui et se présenta avec un léger sourire

— J'en oublie mes manières ! Je suis Izuna Uchiha et à côté de moi, c'est mon grand frère Madara Uchiha.

Je le savais ! se félicita le Senju. Leur ressemblance s'avérait trop frappante pour que ce ne soit qu'une simple coïncidence.

— Uchiha… Comme la Uchiha Corp ? demanda-t-il.

— Exactement !

Le professeur n'ignorait pas la rivalité entre eux et son frère, mais ne pas se présenter relèverait d'une grande impolitesse envers ceux qui proposaient de l'héberger ! Hashirama ne pouvait décemment pas se permettre une telle chose… et puis, ce n'est pas comme s'il était lié aux affaires de Tobirama.

— Oh… Enchanté, dans ce cas ! sourit-il de toutes ses dents. Moi, c'est Hashirama Senju !

Bien qu'il ne soit parfois pas une lumière, le professeur sentit que sa présentation avait jeté un froid polaire sur les deux frères. Les doigts longilignes de Madara s'étaient recroquevillés sur le volant et Izuna regardait par la fenêtre, dans une tentative d'échapper à l'aura courroucée de son aîné. Le Senju n'appréciait pas le conflit. De ce fait, il s'empressa d'ajouter :

— Je suis professeur d'histoire au Lycée du Feu si voulez savoir.

Contre toute attente, ce fut Madara qui engagea la conversation et non son frère cadet.

— Vous ne travaillez pas à la Senju Company ?

Sa voix grave et profonde accentuait cette impression de dangerosité qui émanait de lui. Pourtant, Hashirama ne s'en montrait pas effrayé. Le professeur répondit même de répondre au visage austère du conducteur par un sourire éclatant.

— Non, du tout. Le business et moi, ça ne fait guère bon ménage ! Heureusement, j'ai un petit frère. C'est lui qui a repris l'affaire familiale.

Les yeux des deux Uchiha s'écarquillèrent au moment où ils comprirent ce que les paroles de leur « invité » signifiaient.

— Vous êtes le frère de Tobirama Senju ?! s'exclama Izuna.

— Ah ! Vous le connaissez ?

Le jeune homme jeta un coup d'œil à son grand frère qui le lui rendit. Un peu qu'ils le connaissaient oui ! Une haine féroce s'était installée entre l'aîné Uchiha et le Senju aux cheveux blancs au fil des années. Ils se détestaient à un point que rester dans la même pièce se révélait difficilement acceptable pour les PDG. Rien que l'évocation de ce nom maudit énervait Madara, c'est dire !

Izuna regardait le passager avec de grands yeux ronds tandis que le regard ébène de son aîné restait rivé sur la route.

— Vous ne lui ressemblez absolument pas ! dit-il.

Hashirama ne fut pas offensé par la remarque, il avait l'habitude maintenant. Après tout, avec ses longues mèches brunes et son teint hâlé, le professeur ne ressemblait en rien à son cadet, dont les cheveux blancs et les yeux rougeoyants en effrayaient plus d'un.

— La génétique est encore emplie de mystères.

Le jeune Uchiha ne sembla pas satisfait de cette réponse, mais il se retourna et passa le reste du trajet appuyé contre la vitre, ne souhaitant sans doute pas insister.

Les deux frères ne montraient guère bavards. Le Senju ne s'en plaignait pas — après tout, ils étaient assez aimables pour l'héberger pour une nuit — mais disons qu'il avait hâte d'arriver à destination. Sans qu'il ne s'en rende compte, le professeur ferma les yeux et finit par s'endormir sous les yeux sombres des Uchiha.


— Réveillez-vous, nous sommes arrivés.

Le professeur ouvrit lentement les paupières et ses iris chocolat rencontrèrent les onyx de Madara. Pour une raison qui lui échappait, la voix grave du Uchiha sonnait douce à ses oreilles et lui procura des frissons dans le dos. Cependant, fidèle à lui-même Hashirama répondit avec un sourire éclatant et sortit du véhicule. Debout, il pu constater que l'aîné Uchiha s'avérait un peu plus petit que lui, ce qui d'ailleurs ne parut pas lui plaire au vu du regard qu'il lui jeta.

Lorsque le Senju fit face à l'habitation des frères, il resta pantois. Un manoir ! J'y crois pas… Ils habitent un manoir ?! En effet, en face de lui s'élevait une grande bâtisse en briques beiges agrémentée d'un toit noir et de plusieurs fenêtres.

— Vous… Vous vivez vraiment ici ?

Izuna étant déjà parti et la pluie ayant cessé, du moins pour le moment, Madara prit un instant pour lui répondre.

— Il s'agit du manoir familial Uchiha, mais en effet mon frère et moi habitons ici.

— Seuls ?

Le professeur avait conscience que sa question était risquée. Le PDG Uchiha lui jeta un regard en biais. Ils restèrent quelques secondes en silence avant que Madara ne reprenne la parole.

— Seuls, confirma-t-il. Hâtons-nous de rentrer, vous puez le chien mouillé.

— L-Le chien… mouillé ?

Immédiatement, une aura noire s'abattit sur le professeur. Son cadet le traitait d'enfant quand il réagissait ainsi, mais c'était plus fort que lui. Les remarques désobligeantes sur sa personne le déprimaient.

Trop occupé à regarder ses pieds, le Senju ne remarqua pas le fin sourire qui étira les lèvres du Uchiha.

Il n'aimait toujours pas ce parasite, mais il se montrait bien plus amusant que prévu.


Chapitre un peu moins drôle que le précédent, mais il a surtout un but explicatif. J'espère qu'il vous aura plu dans tous les cas ! Sachez qu'après réflexion cette histoire comportera peut-être un Tobirama x Izuna ainsi qu'un Naruto x Sasuke ! Il faut encore que j'y réfléchisse.

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