Tout d'abord, je tiens à remercier les gens qui m'ont laissé des commentaires sur mon premier chapitre! Ça fait super plaisir! Donc voilà le chapitre 2, qui est plutôt un chapitre de transition pour présenter un peu la personnalité de Kenny dans cette fic. Bonne lecture!
Chapitre 2
Kenneth Mc Cormick, plus connu sous le nom de Kenny, était un lycéen de seize ans vivant à South Park, et il faisait partie de cette catégorie de personnes dont on disait communément que la vie ne les avait pas gâté. Dans son cas, c'était encore plus vrai que pour n'importe qui d'autre.
Pour commencer, Kenny était né dans une des familles les plus démunies de South Park. Ses parents, Stuart et Carol McCormick, étaient tous les deux chômeurs depuis des années. Incapables de conserver un travail plus de quelques semaines, ils vivaient exclusivement de l'aide sociale, laquelle passait en grande partie dans l'alcool et la drogue qu'ils consommaient chaque jour. Leur fils aîné, Kevin, avait dix-neuf ans et semblait bien parti pour suivre les traces de son père. Il avait commencé à boire à onze ans, à fumer à douze, à seize ans il avait arrêté l'école et enchaîné quelques petits boulots qu'il n'avait jamais pu garder très longtemps. Pour l'heure, il vivait toujours chez ses parents, et passait ses journées à traîner avec d'autres garçons comme lui dans les rues, à fumer, à boire, et à se plaindre de tout. Kenny le méprisait, et il savait que c'était réciproque.
La jeune sœur de Kenny, Karen, avait treize ans et c'était le seul membre de sa famille pour qui il ressentait une authentique affection. C'était une jeune fille très réservée, craintive, qui détestait les conflits et que la moindre saute d'humeur parentale faisait fondre en larmes. Comment avait-elle pu supporter de grandir au sein de leur famille? Les parents de Kenny passaient leur temps à se crier dessus et à s'insulter, c'était étonnant qu'elle ne s'y soit jamais habituée. Kenny n'y comprenait rien, mais il avait pris l'habitude depuis son plus jeune âge de veiller sur sa sœur et de la consoler chaque fois qu'elle était triste. Ce n'était pas toujours facile, parce que Karen était d'un naturel angoissé, et avait constamment besoin d'être rassurée sur tout et n'importe quoi. Mais Kenny se faisait un devoir de protéger sa petite sœur, parfaitement conscient qu'il ne fallait pas compter sur le reste de la famille pour ça.
Par ailleurs, Kenny n'avait pas non plus de très bons résultats scolaires. Sa moyenne stagnait en général autour de C, avec de rares remontées si jamais on traitait en cours quelque chose qu'il trouvait intéressant. Ses amis essayaient de l'aider pourtant, surtout Kyle, qui s'était carrément proposé de lui donner des cours particuliers. La proposition avait fait chaud au cœur de Kenny, mais il l'avait déclinée, ne voulant pas que son ami si brillant perde son temps avec un cas désespéré comme lui. La seule matière où il avait de bonnes notes, c'était en sport. Kenny était quelqu'un d'athlétique, et toute une vie à devoir gérer un père alcoolique et à se battre avec son frère aîné l'avait doté d'une musculature supérieure à la moyenne. Mais ça ne l'avançait pas à grand chose au lycée. Il savait parfaitement qu'il devrait arrêter ses études après le Bac, parce que ses parents n'avaient pas de quoi lui payer l'université, mais de toute façon il doutait qu'il aurait pu suivre des études supérieures. Il n'était tout simplement pas assez doué. Son objectif à court terme était de se trouver un travail régulier, et de s'efforcer de bâtir une vie décente, à défaut d'avoir la même que celle de ses amis plus favorisés.
Mais tout ça ce n'était rien, absolument rien, à côté de cette chose qui lui pourrissait la vie depuis toujours. Ce don, ou plutôt cette malédiction, qu'il était obligé de supporter depuis sa naissance, sans pouvoir en souffler mot à qui que ce soit, et qui l'isolait des autres bien plus durement que la pauvreté de ses parents ou la médiocrité de ses notes.
Kenny était immortel.
Il savait que beaucoup de gens penseraient que c'était super cool, et il était conscient que son pouvoir en ferait rêver plus d'un. Mais ça n'avait absolument rien de cool. Malgré ce don, ou peut-être à cause de lui, suivant une loi d'équilibre cosmique quelconque peut-être, Kenny était mort très souvent, et en général douloureusement. Il pensait avoir tout essayé: la décapitation, l'écrasement, l'étranglement, la noyade, le découpage...De toute façon, chaque fois que les circonstances le permettaient, ou même quand elles ne le permettaient pas du tout, il finissait par se faire tuer. En général, il ne se souvenait pas trop de ce qui se passait après. Il savait avoir déjà été au paradis plusieurs fois, et aussi en enfer, mais dans tous les cas ça se finissait toujours de la même façon: il se réveillait dans son lit, en pleine forme, et personne ne se souvenait de sa mort.
C'était ça le pire en fait: que personne ne se souvienne de sa mort. Il aurait vraiment voulu se confier à ses amis. Et il avait d'excellents amis, Stan, et surtout Kyle, qui était selon lui le mec le plus intelligent et le plus sympathique qui soit. Kyle était d'un milieu bien plus aisé que le sien, mais il avait toujours été là pour Kenny. Il l'aidait pour ses devoirs, il le soutenait, il empêchait ce connard de Cartman de se foutre de lui. Kyle était un être plein de vie et de tempérament, et Kenny savait que s'il avait un problème Kyle serait toujours prêt à l'écouter. Mais même quelqu'un comme Kyle ne pouvait pas l'aider à ce niveau-là. Il le croirait fou si seulement Kenny essayait de lui parler de ses morts, quand bien même il l'aurait vu de ses propres yeux se faire massacrer. Et Kenny n'était pas prêt à compromettre son amitié avec Kyle pour une cause qui n'en valait pas la peine, pas plus que son amitié avec Stan ou n'importe qui d'autre.
Non, ce fardeau, Kenny devait le porter seul. Et c'était horriblement difficile. Souvent, il se disait que si seulement sa vie n'avait pas été aussi merdique, il aurait sans doute plus aisément accepté d'y rester éternellement. Mais il n'y avait aucune échappatoire, aucun moyen d'oublier, et même la mort, qui était pour le reste des humains l'ultime refuge, lui était interdite. Qu'avait-il donc fait pour mériter ça? Pourquoi lui avait-on imposé ça? Il en aurait hurlé de rage, mais à quoi cela servirait? A rien. Personne n'y pouvait rien.
Aussi, Kenny dans sa vie quotidienne essayait de faire comme si de rien n'était. En société, il se montrait sociable, joyeux, enjôleur, et insouciant, comme n'importe quel adolescent. La plupart des gens de son âge l'aimaient bien, et trouvaient sa compagnie agréable, sans se douter une seconde de la véritable nature de ses sentiments. Kenny était prêt à parier que beaucoup de gens auraient été surpris de connaître le profond mal-être avec lequel il vivait depuis seize ans. Ce n'était pourtant un secret pour personne qu'il avait déjà eu des problèmes de drogue, mais en général on associait ça avec son penchant naturel à rechercher de nouvelles expériences. Pas à un désir d'échapper à une vie qu'il détestait. De toute façon ses addictions n'avaient jamais beaucoup duré, d'abord parce qu'aussi agréables qu'elles soient, elles causaient plus de problèmes qu'elles n'en résolvaient, et surtout parce que devenir un véritable drogué aurait signifié devenir comme son frère, et Kenny avait encore trop d'amour-propre pour suivre les traces de ce connard de Kevin. En prime, contrairement au commun des mortels, enfin aux mortels tout court en fait, il pouvait se désintoxiquer en un coup de revolver, puisque chaque fois qu'il ressuscitait, il était purgé de toutes ses addictions. Au moins un avantage à cette malédiction.
La seule chose à laquelle on pouvait dire qu'il était toujours accro, c'était le sexe, qui avait l'avantage d'être légal, gratuit, intense, et plein de possibilités. Le jeune blond avait couché avec des dizaines de femmes, et à peu près autant d'hommes, et c'était dans ces moments-là qu'il arrivait un peu à oublier qu'il était condamné à vivre une vie qui ne lui apportait rien et dont il ne pouvait pas se défaire. Dans ces moments-là, il avait l'impression d'être normal. Ce n'était malheureusement qu'une illusion, qui disparaissait toujours trop vite à son goût, et toutes les femmes du monde ne pourraient pas lui faire oublier que quoi qu'il fasse et où qu'il aille, il était condamné. Condamné à vivre. Et il ne pouvait rien y changer, ni même essayer d'en parler.
Kenny avait vécu dans cet état d'esprit pendant seize ans. Et puis tout avait changé quelques jours plus tôt. Un soir, il avait passé une bonne partie de la nuit dans un bar miteux au fin fond de South Park, à noyer ses soucis et son ressentiment dans la bière. L'endroit était mal fréquenté, et Kenny savait que ses amis lui aurait crié dessus s'ils avaient appris qu'il traînait dans ce genre de coin. Mais qu'est-ce que ça pouvait bien lui foutre les criminels et les dealers? Il risquait quoi au juste? De se faire tuer? Ha ha, la bonne blague! Le jeune garçon était sorti du bar vers trois heures du matin, pas mal ivre, mais encore assez maître de lui-même pour retrouver son chemin dans la ville.
Il ne s'était rendu compte que trop tard qu'il avait été suivi, et très vite, quatre types louches armés de couteaux l'avaient encerclé dans une ruelle sombre. Ils en voulaient à son fric, mais malheureusement pour eux, Kenny avait dépensé tout ce qu'il avait au bistrot, et il ne lui restait plus rien. Ça les avait mis en colère, et ils avaient commencé à le malmener. Des poussages, des gifles, et après ils en étaient carrément venus aux coups. Et ils frappaient forts, les enfoirés.
Kenny avait songé à fuir, mais c'était inutile, toute voie d'évasion était bloquée par l'un ou l'autre de ces types. Il avait senti une vague résignation s'emparer de lui en songeant qu'encore une fois, il allait passer de vie à trépas pour mieux revenir le lendemain. Mais cette fois-là bizarrement, à cause de l'alcool, ou à cause de la lâcheté de ces connards qui s'y mettaient à quatre pour s'attaquer à un adolescent de seize ans, toute réflexion objective avait été balayée par une colère noire. Il avait poussé un cri de rage, et s'était littéralement jeté sur eux, ce qui avait eu pour effet de calmer net leur agressivité. Kenny ne se souvenait plus très bien de ce qu'il avait fait. Tout ce qu'il savait, c'était qu'il s'était déchaîné, et que toute sa haine, toute sa frustration, toute sa colère et son désespoir avaient atteint leur paroxysme cette nuit. Et ces quatre lascars en avaient fait les frais.
Il avait donné des coups, beaucoup de coups, et en avait reçu quelques uns en retour. Mais ça n'avait servi qu'à alimenter sa colère, et il finissait systématiquement par se retourner contre la personne qui l'avait agressé. Ils l'avaient menacé de leurs lames, et Kenny n'avait fait qu'en rire. Qu'est-ce que ces foutus petits machins pouvaient faire contre lui? Il était immortel, putain de merde! Immortel, et surtout super énervé! Les types avaient pris peur, ils avaient essayé de fuir, mais Kenny les avait rattrapés, et avait continué à leur taper dessus bien après qu'ils aient cessé de bouger. Puis quand sa main lui avait fait mal il s'était arrêté.
Haletant, il avait regardé la scène autour de lui, et vu quatre corps immobiles couverts de sang. Il avait senti la nausée monter en lui, il s'était écarté de quelques pas pour vomir, et l'alcool quittant son corps, ses idées étaient devenues bien plus claires. Une fois remis, sa première réaction fut de vérifier qu'il n'avait pas tué ces types. Heureusement, ce n'était pas le cas, même si au moins deux d'entre eux étaient bons pour un séjour longue durée à l'hôpital. Peu à peu, Kenny avait pris conscience de ce qu'il venait de faire. Il s'était battu, seul et sans arme, contre quatre mecs avec des couteaux. Et il leur avait cassé la gueule. Et il n'était même pas mort. En fait, il n'était même pas blessé, tout ce qu'il avait récolté c'était quelques bleus et une ou deux entailles superficielles. Et puis, même si ça avait été le cas, qu'est-ce que ça changeait? Il ne pouvait pas mourir!
Un peu effrayé par sa propre force, il avait couru jusque chez lui et s'était cloîtré dans sa chambre. Il avait passé la nuit à fumer clope sur clope en repensant à cet accès de rage. Puis il avait décidé qu'il n'avait absolument aucun remord d'avoir fait ce qu'il avait fait. Ces mecs étaient dangereux. Ils l'auraient tué sans hésiter. En les arrêtant, Kenny avait sans doute sauvé d'autres personnes. Des gens comme sa sœur, ou ses amis Stan et Kyle, des innocents qui n'avaient aucun moyen de se défendre. Comme la majorité des citoyens de South Park d'ailleurs.
Le regard de Kenny était tombé sur une vieille BD de Batman qui traînait dans sa chambre, et quelque chose s'était éveillé en lui. Un désir sincère de protéger sa ville contre les gens qui la menaçaient. Il savait qu'il n'était pas particulièrement fort, ni très intelligent, mais il possédait un pouvoir qui l'avantageait sur n'importe quel criminel. Il ne pouvait pas mourir. Il n'avait rien à craindre. Personne ne pourrait l'arrêter. Et si ça pouvait enfin l'aider à accepter cette malédiction...Et si ça pouvait aider des gens comme Stan et Kyle...
Poussé par son enthousiasme, il avait passé des heures à se confectionner un costume de super-héros, notamment une cape à capuchon et un masque. Parce que Kenny n'avait pas l'intention de se faire connaître sous son vrai nom. Ce n'était pas tant un souci d'imitation de ses super-héros préférés qui l'avait amené à faire ce choix que le fait, très simple, qu'il ne voulait pas que ses activités puissent être une source d'ennui pour ses proches. Il ne pensait pas vraiment à ses parents ou à son frère, dont en réalité il ne se souciait guère, mais plutôt à sa petite Karen, si timide et si craintive. Ou à Stan, tellement honnête et loyal. Ou à Kyle, que le tempérament de feu ne protègerait pas contre les ordures qui rôdaient la nuit à South Park. La pensée de Kyle encerclé et malmené avait fait monter à nouveau la colère dans le cœur de Kenny, qui avait mis un point d'honneur à rendre son masque aussi couvrant et impénétrable que possible.
Quand il avait fallu se trouver un pseudonyme, il avait longuement hésité. Il avait allumé une énième cigarette pour se détendre après tout ce temps passé à travailler, et la fumée voletait de ci de là devant ses yeux en dessinant des courbes et des lignes de façon abstraite. Les volutes lui firent penser à un point d'interrogation. Un point d'interrogation...un symbole d'incertitude, de mystère, de questionnement permanent. Kenny avait su qu'il venait de trouver le signe idéal pour sa nouvelle identité. Et pour ce qui était du nom...et bien...pourquoi pas Mysterion? Mysterion, ça sonnait bien. Kenny avait expulsé la fumée de ses poumons et saisi un marqueur qui traînait dans un coin. Il avait tracé un grand M majuscule sur le haut de son costume, au niveau de la poitrine. Il s'était levé, et avait longuement regardé les vêtements soigneusement rangés sur son lit. Un sourire satisfait avait éclairé son visage. Ça rendait bien. Ça rendait même vachement bien.
La nuit suivante, il avait enfilé son costume et commencé à courir sur les toits de la ville. C'était en fin d'après-midi, à l'heure où la plupart des gens rentraient chez eux pour ne plus en sortir. Kenny s'était baladé un bon moment, surveillant les rues du regard, et se sentant de plus en plus idiot. Les super-héros, ça avait l'air super cool quand on était seul dans sa chambre, mais enfin se promener comme ça, dans ce déguisement, pour de vrai, ça l'était tout de suite moins! Il s'était demandé s'il oserait aller jusqu'au bout de son idée, quand une chevelure rousse flamboyante en contrebas avait attiré son attention. Kyle? Mais oui c'était bien Kyle! Il rentrait chez lui, sans doute après avoir passé des heures à la bibliothèque, comme d'habitude.
Kenny avait trouvé un regain de motivation en suivant silencieusement Kyle depuis les toits. Il n'arriverait rien à son ami tant qu'il serait là! Cette bonne résolution ne l'avait pas empêché d'être totalement pris au dépourvu quand il avait vu Kyle se faire entraîner de force dans une ruelle sombre. Il était resté cois un moment, avant de suivre le mouvement, et la scène qui s'était déroulé sous ses yeux l'avait un moment déconcerté. C'était Cartman, ce gros connard, qui cherchait des noises à Kyle, pour ne pas changer.
Kenny avait hésité à intervenir. Après tout, c'était pratiquement une habitude quotidienne pour Cartman de faire chier Kyle, et son ami juif était parfaitement capable de se défendre contre les insultes du gros lard. C'était ce qu'il avait fait d'ailleurs. Du moins jusqu'à ce que Cartman se mette à le frapper. Kenny avait failli pousser un cri de rage devant ce genre de lâcheté; Cartman pesait plus de deux fois le poids de Kyle, c'était tellement facile de s'en prendre à lui! Et puis au moment où Kenny était sur le point d'intervenir, Cartman avait eu une étrange attitude, qui n'avait pas échappé au blond: il avait plaqué Kyle contre le mur, s'était brièvement léché les lèvres, et avait posé une main entre ses jambes.
Le sang de Kenny s'était glacé. Il s'était immobilisé, médusé, incapable de quitter des yeux la scène. Cartman empêchait d'une main Kyle de se dégager, et de l'autre il le...déshabillait? Oh putain de merde! Qu'est-ce que c'était que ce bordel? Kenny s'était soudain remémoré certaines choses qu'il avait surprises parfois, des regards bizarres de Cartman sur Kyle au lycée, des gestes provocants à connotation douteuse...Tout à coup tout ça prenait un autre sens aux yeux de Kenny, qui sentit une colère noire s'emparer de lui. Ce fils de pute...Qui passait son temps à pourrir la vie de Kyle alors qu'en fait il fantasmait sur lui en secret! L'enfoiré de bâtard! Et bien entendu, il se servait de la force pour obtenir ce qu'il voulait! Pourquoi se faire chier à essayer de draguer Kyle -ce qui serait parfaitement inutile, Kenny en avait la certitude- quand il pouvait simplement se servir lui-même? Et sans doute que la peur de Kyle ne faisait que l'exciter un peu plus.
Sans prendre le temps de réfléchir, Kenny avait sauté dans la ruelle et ordonné à Cartman de lâcher son ami. Le gros lard s'était contenté de ricaner, comme s'y attendait le blond, qui avait serré les poings. Rigole Cartman, on verra bien si tu trouveras ça toujours aussi drôle dans cinq minutes! Le blond avait jeté un bref regard à son ami Kyle, qui avait l'air absolument terrifié. Il n'en fallait pas plus pour Kenny, ou plutôt Mysterion. Il s'était jeté sur le gros, et avait mis toute sa colère et son affection pour Kyle dans les coups.
Ça avait été plutôt facile en fait. Cartman était fort, mais Kenny avait l'avantage de la rapidité et de la rage. Et puis ce n'était pas la première fois qu'il se battait avec Cartman, il connaissait les points faibles de ce gros connard. En moins de cinq minutes, comme prévu, Cartman avait cessé de rire et s'était enfui la queue entre les jambes. Le cœur battant la chamade, Kenny avait reporté son attention sur Kyle, qui l'avait regardé avec beaucoup de désarroi. Mais surtout, et c'est ce qui remplit le jeune héros de fierté, avec de la reconnaissance. Kenny s'était senti très content de lui, et avait su que son choix était le bon. Il était parti très vite, non sans donner son nouveau nom à Kyle. Mysterion. Kyle allait s'en souvenir pendant longtemps. Et bientôt ça serait tout le monde à South Park qui connaîtrait ce nom, Kenny s'en fit la promesse.
Le jeune blond eu beaucoup à faire pour sa première nuit de travail en tant que Mysterion. Il empêcha un braquage, deux agressions, et sauva une petite fille d'un type aux intentions louches. Chaque fois, les criminels riaient à sa vue, mais cela ne durait jamais longtemps. Mysterion savait que d'ici quelques temps, plus personne ne rirait en le voyant. Au contraire, il avait bien l'intention de devenir la terreur la plus profonde de tous ces gens qui menaçaient sa ville! Et bientôt les honnêtes citoyens de South Park le reconnaitraient comme le symbole de la lutte contre le crime!
Était-ce un un hasard? Mysterion se débrouillait bien en bastonnade. Et il ne mourut pas une seule fois cette première nuit. Fallait-il y voir un signe du destin? Un message envoyé de l'au-delà, ou de n'importe où ailleurs, pour lui dire que ce qu'il faisait était juste et qu'il devait continuer ainsi? Mysterion n'en savait rien, et en vérité ne s'en souciait pas. La seule chose qui importait à ses yeux, la seule preuve dont il avait eu besoin pour se persuader de la légitimité de ses actes, c'était le regard reconnaissant de Kyle après qu'il l'eut sauvé de Cartman. Son ami Kyle ne l'avait jamais regardé comme ça avant. Et rien que pour ça, Kenny était prêt à rester Mysterion tout le temps qu'il faudrait pour que sa ville redevienne le trou perdu inintéressant qu'elle aurait du rester!
