Hopeless Love

breathless

Quoiqu'il en soit, je commençais à compter mes dernières minutes.

Car j'en étais sur ; on ne me laisserait pas partir d'ici vivant.

J'étais encore seul. Je subissais ma punition, ma solitude, sans un mot. On m'avait lié les bras, les genoux, les pieds. Aucuns moyens de partir. Pourquoi faire après tout...? Je n'avais plus ni maison, ni recueil, ni amour. Abandonné de tous et de tout. Mais c'était la vie que j'avais choisi de vivre, la vie que je m'étais imposée en entrainant Allen dans mon sillage. Alors je l'affrontais en me disant que je l'avais mérité.

Je l'aimais tant. Je ne lui prouvais pas souvent, pourtant j'aurais pu. Mais je ne l'avait pas fait. Ça aurait été dépasser nos limites, lui prouver que je l'aimais. Lui prouver qu'il comptait pour moi. Qu'il était ma vie. Mais tout ca, je ne lui disais pas. C'était mon petit secret ; mais j'étais sur qu'il le savait. Le seul fait de lui avoir dire que je l'aimais voulait tout dire pour nous. Tout. Il signifiait des promesses, même si elles seraient peut-être brisées, mais elles étaient là. Je ne lui avait pas promis le monde, ni une présence pour toujours. Rien de tout ça, non, je ne lui avais pas dit ces mots ; que je sais pourtant qu'il aurait tant aimé. Mais non. Je me suis tut.

J'ai juste sourit. Promené ma main sur son visage. Sculpté ses lèvres, ses joues. Remit ses mèches, embrassé son front. Caressé ses cheveux.

Lui faire l'amour était extraordinaire. Sentir sa chaleur me suffisait comme bonheur. Le sentir, savoir qu'il m'appartenait toujours, même s'il partirait un jour, était mon bonheur. Le sentiment de chance que je ressentais lorsqu'il se courbait, lorsqu'il m'entourait de ses bras. C'était peut-être peu, mais c'était bien suffisant. Pour moi, pour nous.

Je ne l'avais jamais emmené manger une glace, ni fait les magasins, ni partagé des jours entiers dans mon lit avec lui. Ces choses qu'on faisait habituellement, surtout à son âge. Mais non.

Tout ce qu'on se contentait, c'était peut-être un peu trop peu pour lui.

Je lui demandais de se taire, de m'accueillir toujours ou que ce soit ; dans une auberge, dans un camp. La permission de faire l'amour, le fait de savoir qu'au moins il aurait été un peu mien durant un laps de temps, le fait de savoir que j'avais au moins partagé quelque chose de bien dans ma vie ; moi qui n'avait jamais aimé personne comme ça, moi qui m'était contenté de briser, voir d'arracher, des cœurs. C'était le sourire de ma vie, ma raison de vivre. Mais pas de me battre.

Il ne s'était jamais plaint de notre relation ; il s'était contenté de rire parfois, de ne jamais montrer son affliction. Il me regardait avec son sourire triste et ses yeux pleins d'espoirs, qu'on aurait dit bordés de larmes. C'était son expression. Des sourcils tirés vers le bas, les coins de la bouche hésitants et les mains en attente d'autres. Des miennes. Quand il était content, il me prenait la main, ses cils semblaient s'allonger, ses dents se dévoilaient légèrement et il était plus beau que jamais.

Je l'avais observé. Et aimé de suite. Le début de notre relation était comme elle était elle-même : chaotique mais réconfortante.

Il allait tomber dans le ravin, ayant reçut mon attaque de plein fouet. J'ai couru, comme jamais, comme mon cœur de Noah me le permettait. Je l'ai rattrapé et rétablit sur le sol. Je n'ai pas dégagé ma main de la sienne. Il me regardait avec peur et désir ; je n'ai pas résisté. Je l'ai embrassé, penché sur lui. Ensuite je suis parti. Mais nous nous sommes jamais plus battus.

Tout a commencé par comment je l'ai sauvé. Il me disait souvent qu'il me devait quelque chose, mais je ne voulait pas l'écouter.

Je vivais. Je l'aimais.

Je l'aimais. Je l'ai sauvé.

C'était tout. Il ne me devait rien, j'avais juste fait ce pour quoi je suis fait.

Xx O xx O xx O xX

Puis ils vinrent me chercher. Je ne dis rien, je ne fis rien. Ils me trainèrent sur le sol, m'entourant de leurs sortes de barrières avec des papiers des crowns (si j'avais bien compris leur noms). Ils ne me témoignèrent aucun respect ; tant mieux, je n'en attendais aucun. Je n'en voulais même pas.

Je m'étais battu pour l'avoir. Je n'avais jamais voulu le perdre si vite, je ne l'avais jamais souhaité.

Pourtant, je le savais que cela devait arriver. En choisissant notre relation plutôt que notre haine, nous avions choisi une fin abrupte. Mais jamais à ce point. Nous pensions que l'un devrait tuer l'autre, ou au minimum le voir mourir. Mais nous avions choisi de ne pas y penser.

Il y avait des relations sans vraiment de lendemain. Comme la notre.

On ne se voyait que quelques nuits par mois, parfois pas du tout pendant quelques semaines. Cela s'établissait au fil des missions et des occupations. Mais personne ne se plaignait jamais ; c'était comme ça, une sorte d'engagement tacite entre nous deux.

C'était notre petit secret.

On me jeta subitement sur le sol ; j'étouffai un petit cri de surprise mêlé à de la douleur.

Mais je le vis, alors tout sembla s'arrêter.

« Je t'aime à en mourir... ».

« Et moi je pourrai mourir pour toi ».

« Tuons nous tout les deux alors » fit-il.

Il baissa la tête, je vis passer une ombre triste sur son visage.

« Ce n'est pas encore fini, Allen. Rien n'est encore joué ».

Il ne dit rien, mais me sourit avec un air accablé. Il ne pleura pas, alors je décidai de m'en aller.

« Je t'aime ».

O xx O

Je lui embrassai le cou, mordillai. Il m'enserra de ses bras. Je caressai tout son corps, il gémissait. Je le regardai ; je voulais qu'il ne laisse entendre ça rien qu'à moi. Je ne voulais pas imaginer quelqu'un après moi. Quelqu'un qui lui ferait l'amour, qui l'embrasserait.

Il me reprit le contrôle, se hissa sur moi, m'embrassa du front au ventre, puis remonta. Je lui prit le visage, l'embrassais. Sa langue joua sur mes lèvres, puis joua avec la mienne.

Je voulais qu'il n'appartienne jamais qu'à moi.

Il mit sa main sur mon visage, le baiser devenait passionné. Je ne savais plus quoi faire, il me faisait perdre mes esprits.

Je lui enlevai son pantalon, puis il m'enleva le mien. Nos souffles se mêlaient et je le voyais rougir de désir. Je le frôlai de partout, je m'efforçai de le préparer à nous voir unis.

Je me mis sur lui, il m'embrassa. Je vins.

Il hurla, douleur mêlée au plaisir. Je connaissais le début, j'allais plus lentement.

Nos deux corps unis. Et nos cris, surtout les siens, de plaisir ; mon nom, des paroles et des mots que je n'oublierai jamais.

Pourquoi fallait-il que mon âme sœur, la seule personne que j'aimais plus que tout, fut mon ennemi ? Je l'aimais trop pour lui faire du mal, mais je n'étais pas assez fort pour tout arrêter ; ce qui aurait été bien mieux.

O xx O

Je cessai de penser tandis qu'il me détachait. Néanmoins, tout les exorcistes étaient présents ; au cas ou je me rebellerai.

Je me relevai et marchai jusqu'à lui, silencieusement. Je savais, je le sentais, qu'il était encore vivant. Je me penchai, il sembla se réveiller ; quelqu'un lui intima de ne pas trop parler.

« Ty...ki... » murmura-t-il.

Et je compris. Soudainement. Tout s'expliqua devant mes yeux ; j'avais espéré jusqu'à la fin en vain.

« Allen... Allen. Si tu savais comme le fait que tu sois vivant me rends heureux... ».

« Et moi que tu sois là... Je.. Désolé... ».

« Pourquoi ? C'est de ma faute. Ne t'inquiètes pas » lui dit-je, prenant sa main.

Quelques Crowns tiquèrent, mais on leur ordonna de ne pas réagir.

« Tyki... Crois-tu que c'est la fin ? » questionna-t-il dans un soupir.

Je ravalai les larmes qui menaçaient de couler. Je le voulais, qu'il les voient. Mon désarroi, ma peine.

« Je ne sais pas... Mais je crois que c'est la mienne » articulai-je. Je me trahis, j'eus un hoquet.

Il me regarda, surpris. Puis ses yeux s'agrandirent, tandis qu'il comprenait. Il voulut bouger, mais ne put, avec une grimace d'affligement. Je promenai ma main sur sa joue. Une larme coula de ma joue, mais je lui sourit. Comme jamais.

« Ne me... regarde pas comme...ça... » me supplia-t-il.

« C'est fini, c'est vrai... Mais pour moi. Je veux que tu saches que je t'aimerai toujours... Toujours ».

« Non... tu mens... menteur... Je le sais ! ».

« Non... Je suis un Noah. Tu es un exorciste. Quoiqu'il arrive, même si je t'aime, même si je pourrai vous aider, je serai toujours ce que je suis. Un ennemi, à abattre. Ne te bats pas contre le destin. Accepte le quand c'est trop tard »argumentai-je.

« Je ne veux pas ça... S'il te plait » chuchota-t-il, juste pour moi.

Je lui embrassai le front. Nos deux larmes se touchèrent et se mêlèrent.

« Je voulais que tu saches que ca ne fais plus rien... Je t'aime. Mais maintenant, c'est ta vie. On a véçus notre temps, et maintenant, ca s'arrête juste. Reprends à zéro. Ne penses plus à moi. Tues tout les Noah ».

Je sentis les autres se rapprocher de moi, m'inciter à partir. Je maitrisai mes tremblements.

J'aurai voulu hurler, hurler qu'il était tout, que je ne voulais pas partir comme ça. Qu'il était ma vie. Mais j'allais mourir, alors pourquoi me battre ? J'avais toujours apprit à accepter mon destin, même si cette situation-ci me révoltait au plus haut point.

Mais je pris sur moi. Je l'embrassai, devant tout les autres, puis me levai. Il voulut me retenir, il réussit à s'asseoir. Il me hurla de revenir. Dans encadrement de la porte je lui dis que je l'aimai, fit comme si je lui tenais la main.

Puis je partis tandis que le temps semblait se geler.

Les Crowns me suivirent.

Les portes se refermèrent.

And when you go

you leave me breathless and alone

When you close the door

it feels just like you took the air out of the room with you

J'entendis le cri de mon aimé. Je fis comme si cela ne me touchai pas, alors que j'avais l'impression qu'on me perçait le corps. Comme je l'avais fait à tant d'hommes. Mais là, cela faisait trop de mal. Je voulais que ca s'arrête, vite.

Pitié.

Je me retournai.

Je n'eus pas le temps de réfléchir à ce qu'il ferait après moi. Je tombai sur le sol et me sentis disparaître ; c'était trop tard. Au moins je n'aurai pas eut le temps de penser à lui. A notre amour. A tout ce que j'aurai rêver lui dire, partager avec lui. Notre relation s'éteignait ; mais je savais secrètement que c'était faux.

A jamais, il serait le seul à qui je penserais dans la mort.

Il allait me manquer. Tellement fort.

Xx O xx O xx O xX

Et voilà ! La chose que je croyais qui n'allai jamais arriver (écrire et mettre la fin) de Hopeless Love est arrivée ! OMG :D ! Je me suis vraiment investi dedans (j'ai pleuré comme une imbécile après xD). J'espère que vous apprécierez vraiment beaucoup.

Voilà, personnellement, je passe, et je vous le souhaite à tous.

Sur ce, à bientôt ! Et mettez une petite review ! :) Les reviews ne tuent pas, même celle de moins d' une ligne.

Bonnes vacances.