Voilà le premier chapitre. Bonne lecture !
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Harry marchait tranquillement, ses chaussures claquant sur le bois du ponton. Son uniforme de cuir était le bienvenu en cette matinée fraiche de printemps. Une brise légère soufflait, faisant voler ses mèches noires qui retombaient habituellement sur ses yeux. Ceux-ci, d'un vert profond, étaient libres depuis peu. Grâce à son argent économisé sur son salaire, il avait pu s'offrir la potion médicinale améliorant la vue et lui permettant ainsi d'abandonner ses lunettes rondes. Il pouvait maintenant voir au loin sans le moindre problème, une bonne chose étant donné son métier. Ses yeux se plissèrent et il put distinguer au large un point noir. Le bateau de l'ambassadeur de Serpentard arrivait. Soupirant, le jeune brun marcha jusqu'au bout du pan de bois et s'assit. Il n'aimait l'ambassadeur de Serpentard. Il était trop… serpentard. Un grand blond hautain, des yeux gris froid, et une attitude méprisante qui faisait se demander pourquoi il avait été choisi pour les relations internationales. Le petit point noir devient bien vite, une forme bien visible et on put discerner les voiles vertes. Le drapeau de Serpentard était vert et argent alors que celui de Gryffondor était rouge et or. Encore une fois les deux pays avaient su s'opposer. Harry observa le bateau s'approcha. Bientôt, il put distinguer les petites vaguelettes se formant sur son passage et il admira l'eau se mouvoir. Il adorait ses couleurs, ses reflets, sa façon de prendre toutes les formes possibles. Ce matin, elle était bleue tirant sur le vert et le soleil se réfléchissait sur chacune de ses gouttelettes. Le jeune homme se retint de plonger la main dedans pour savoir sa température, elle devait sûrement être très fraiche. Le navire devint vite très grand et Harry se leva. Les gardiens devaient vérifier que les bateaux accostent bien. Une fois l'ancre jetée et la corde accrochée à un poteau, les premiers marins quittèrent le navire. Ils descendirent en transportant de grandes caisses. Le brun savait que c'était les traditionnels présents et se plaça sur le côté pour leur laisser de l'espace. Il observa de loin la descente de l'ambassadeur et ne s'étonna pas de voir son fils l'accompagner. A partir de seize ans, celui-ci devait aider son père et apprendre les fils du métier pour ensuite pouvoir reprendre le flambeau plus tard. Monsieur Malfoy père ne lui accorda pas un regard et guida ses hommes jusqu'à une diligence qui était arrivée pour eux. Son fils ne lui porta pas plus d'attention. Il marchait plus lentement, d'une classe nonchalante déroutante. Harry put donc l'observer pendant que celui-ci passait à son niveau. Ses vêtements riches ne cachaient en rien sa fortune. On disait que les Malfoy possédaient l'une des plus grande carrière d'or à Serpentard. Le brun suivit ensuite du regard son cou gracile, sa bouche charnue, ses traits fins, son nez pointu et enfin sa magnifique chevelure blonde sur laquelle les rayons de soleil semblaient se réfléchir à l'infini. Si Harry n'avait pas été pantelant devant tant de beauté, il aurait été aveuglé par tant de luminosité. Mais le gardien savait que tout ceci n'était qu'une façade, Draco Malfoy était aussi sournois et hautain que son père. Harry ne lui avait jamais parlé mais il avait entendu trop de choses à son sujet pour ne pas se forger une image. Une fois le convoi passé, il se détourna et retourna dans sa contemplation de l'eau. Ce qu'il ne sut pas, c'est que dès qu'il fut face à la mer, le jeune blond se tourna imperceptiblement pour lui accorder un bref regard.
Lorsqu'il rentra tard chez lui ce soir-là, Harry ne s'attendait pas à ce que ses deux seuls amis soient là. Ron Weasley, l'énième fils d'une famille plutôt pauvre et Hermione Granger, d'un milieu modeste mais très intelligente. Cette dernière voulait aller à Serpentard et en apprendre plus sur les potions médicinales. Malheureusement, changer de pays ainsi était ardu, surtout lorsque l'on avait pas nom marquant sa richesse. Elle peinait donc. Ron, son petit ami, ne voulait pas non plus qu'elle y aille, il n'aimait pas leurs voisins. Harry quant à lui était indifférent à ce propos. Il voulait simplement que son amie puisse se construire un avenir qui lui plairait.
Ses amis l'attendaient devant sa porte.
- Qu'est ce que vous faites là ? demanda le brun. La nuit est déjà tombée.
- Bonsoir, toi aussi, Harry, répondit Hermione. Ron veut aller à l'auberge de Pré-au-Lard.
- Pourquoi irais-je dans un endroit pareil ?
Pré-au-Lard était un quartier de la capitale. Celle-ci était située à cinq kilomètres de la côte. Ce quartier était pour les riches et les gens de renom. Certainement pas pour un gardien et deux habitants de milieu modeste.
- Mais, Harry, tu sais mon père a été promu. Il a un nouveau collègue, Diggory, et son fils y va tout le temps. Il nous y a invités, expliqua le roux.
- Ton père a été promu ? Je ne savais pas.
- Allez viens, s'il te plait.
- Très bien, mais je ne rentrerai pas tard. Demain, je commence à cinq heures.
- Aïe ! s'exclama Ron. Harry, je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi tu as choisi cette vocation.
- J'aime la mer.
- Tu pourrais être matelot, travailler dans le navire de l'ambassadeur.
- J'ai déjà essayé, on m'a refusé le poste sans donner d'explication.
- C'est étrange, commenta Hermione.
- Peu importe, on y va ?
- Habillé avec ton uniforme ? Non, va te changer.
Soupirant, Harry rentra dans sa bicoque et chercha une tenue convenable. Il possédait simplement une chemise blanche et un pantalon blanc. Désespérant de n'avoir rien d'autre, il enfila le tout et retourna voir ses amis qui l'attendaient. Ron avait prévu deux chevaux. Hermione monta devant lui, les jambes du même côté, sa robe l'empêchant de monter comme les deux garçons. Ils partirent ensuite au galop et mirent moins de dix minutes pour trouver l'auberge. Les trois amis attachèrent les chevaux puis rentrèrent dans le lieu après un moment d'hésitation. Une bonne ambiance régnait dans la pièce. Les gens riaient, dansaient et buvaient allégrement. Cependant, ils étaient pour la plupart sobres et calmes afin de ne pas ternir leur réputation. Ron les entraina ensuite vers une table où se trouvait le jeune Diggory.
- Ron, tu es venu ! Et tu as amené tes amis ?
- Oui, voici Hermione ma copine et Harry mon meilleur ami.
- Enchanté, leur dit gentiment Cédric. Voici Dean et Seamus.
Il leur présenta deux jeunes hommes, un noir et l'autre avec un étrange accent. Les deux étaient maçons, comme Ron. Il leur proposa ensuite :
- Vous voulez une bière ?
- Scotch pour moi, s'il te plait, répondit Harry.
- Moi, je veux bien une bière, dit le roux.
- Pour moi, ce sera simplement de l'eau, dit timidement Hermione.
Diggory hocha la tête et alla chercher les boissons. Dean engagea ensuite la conversation :
- Alors Harry, c'est ça ? Tu travailles où ?
- Je suis gardien.
- Vraiment ? s'étonna Seamus. Ce n'est pas difficile ? Enfin je veux dire, les horaires ne sont pas commodes.
- Je sais mais j'aime la mer et je n'ai personne à qui je manque.
- Merci, Harry, commenta ironiquement le roux.
- Comment ça ? questionna le noir, ignorant la remarque de mon meilleur ami.
- Mes parents sont morts quand j'étais jeune, je ne me souviens plus d'eux et j'ai été recueilli par une vieille dame qui est morte il y a deux ans.
- Pas de petite amie ? demanda son comparse avec un clin d'œil.
- Non, je ne sors pas souvent.
- Et il n'est pas intéressé par ma petite sœur, compléta Ron.
Harry soupira. Ginny, la petite sœur de son meilleur ami, avait toujours montré une certaine attirance pour lui mais il ne s'était jamais senti attiré par elle et l'avait donc toujours repoussé.
- Ginny Weasley, c'est cela ? demanda Cédric en revenant avec les verres.
- Oui, pourquoi ? questionna Ron.
- Elle a une sacrée réputation de tombeuse, elle a tous les hommes à ses pieds.
- Je te l'avais dit Ron, intervint Hermione.
- Mais elle n'a jamais ramené personne ! s'écria le roux.
- Parce qu'elle aime Harry.
- On peut parler d'autre chose ? demanda le brun.
- Oui, bien sûr, sourit Cédric.
- Oh regardez, voilà Zabini, maugréa Seamus.
Harry se retourna et remarqua un noir qui se distinguait bien du reste des personnes. Il avait cette classe hautaine propre à Serpentard.
- Qui est ce ? demanda-t-il.
- Un Serpentard, il est venu parce qu'il veut devenir artiste sculpteur. Il a un talent fou et un charme fou aussi.
- Oh, il faut que j'aille lui parler alors ! s'exclama Hermione.
Tous les regards se retournèrent vers elle, notamment celui de Ron, furieux.
- Comment ? cria-t-il.
- Bah oui, il va peut être pouvoir m'aider à aller à Serpentard.
- Tu n'iras pas lui parler, répliqua le roux sur un ton ferme.
- Oh si j'irai, Ronald Weasley, je fais ce que je veux.
Désespéré, le meilleur ami de Harry regarda sa chère et tendre disparaître dans la foule. Le brun dit ensuite :
- Je vais y aller moi aussi, demain je commence tôt.
- Non, Harry, on vient d'arriver !
- Désolé, Ron, je t'avais prévenu.
Après avoir salué Cédric et ses amis, il se dirigea vers la sortie, en essayant de ne bousculer personne. Malheureusement, il échoua. Alors qu'il regardait Hermione réussir à parler à ce Zabini, il percuta un homme.
- Pardon, s'excusa Harry.
- Faites attention ! s'exclama l'autre.
Le brun leva les yeux et tomba sur sa mer. Enfin, sur les yeux de Draco Malfoy qui avaient la couleur de sa mer. Harry s'étonna, il avait pensé que le fils Malfoy aurait les mêmes iris que son père, mais ils étaient moins froids. D'un gris tirant sur le bleu. Comme lorsque la mer était agitée lors d'une tempête. Le blond accrocha son regard pendant un instant puis ses yeux se dérobèrent et son attention se détourna du brun. Celui-ci en profita pour s'éclipser. Il trouva finalement la sortie et monta sur son cheval. Harry rentra chez lui en galopant et se coucha juste après avoir mangé un morceau de pain. Lorsqu'il ferma les yeux, il revit l'océan qu'étaient ceux du fils de l'ambassadeur. Son cœur s'accéléra et il ne trouva que tard le sommeil.
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Un avis sur ce début ?
Je posterai la suite sûrement jeudi.
A bientôt
