Auteur : Abby and Jes
Titre : Cœur de Loup
Couple : Draco/Ron
Genre : Romance/ Drame
Rated : M
Disclaimer : L'univers Harry Potter appartient, entre autre, à JKR. Certains personnages sont de nous, ils seront ajoutés au fur et à mesure.
Distribution : Abby s'est glissée dans la peau de Draco, et Jes dans celle de Ron.
Statut : Finie à l'écriture. 15 chapitres
Bêta correctrice : Harmonie
Résumé : Dans un monde sorcier qui se remet difficilement de la guerre et des personnes disparues, Draco vous aurait ri au nez si vous lui aviez dit qu'un jour, Ron deviendrait le centre de son monde. Mais voilà, on ne peut rien faire contre le destin et la réalité peut parfois même dépasser vos rêves les plus fous.
Note Abby : Hey people ! J'espère que vous allez apprécier ce second chapitre, n'hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé. Merci pour les reviews et diverses mises en alerte, ça fait toujours super plaisir ! Bonne lecture. Enjoy !
Note Jes : Kikou les p'tits loups :p Nous revoici avec la suite. Si vous ne l'avez pas encore vu, nous savons désormais que l'histoire contiendra 13 chapitres, plus deux petits bonus. Il y aura donc en tout 15 chapitres à cette histoire. Sinon, comme le dit Abby juste au dessus, merci pour vos alertes, mises en favoris et vos reviews.
Merci donc à Westyversionfrench, loveless75, Gemini no Vanou, La Ptite Coquine, Caramellou, ysialyse, Paprika Star, EleaSasha, Dadoumarine, red blood apple, marjorie27, Ecnerrolf, Tsuh, barragan, Lalouve, Rin5o, Larva Heart, anonyme28, holybleu et Wolfin Hope.
Note correctrice : Oh Oh Oh Oh ! Que dire à part que j'ai adoré ce chapitre (surtout la fin) et que la suite devrait promettre. Bonne lecture à vous tous.
Cœur de Loup
Chapitre 2
POV Ron
J'hésitai entre reprendre une poignée de chocogrenouille ou choisir des suçacides. Mais sachant que Draco aimait plutôt les seconds, je pris une dizaine de suçacides avant d'aller à la caisse du magasin. Je payai puis, sans attendre, rentrai à la maison.
Une fois arrivé, je retirai mes chaussures et montai dans la chambre, tout en avertissant maman que j'étais rentré.
Quand je pénétrai dans la pièce, je le vis, assit, en pleine lecture.
- La prochaine fois, ce sera à toi d'y aller, dis-je tout en prenant place sur mon lit.
- Tu n'avais qu'à pas perdre aux échecs, rit-il avant de venir me rejoindre.
Deux mois était passés depuis son arrivée et bien qu'au début j'avais eu du mal, j'avais appris à le connaître et à l'apprécier, devenant ami avec lui.
De toute manière, je n'avais pas grand chose à faire et lui non plus. Et puis, il était gentil, quand il ne jouait pas les Malfoy et j'avais aussi, je devais l'avouer, appris à bien lancer mes sortilèges.
Je pensais même reprendre les cours l'année prochaine, si j'arrivais toutefois à supporter le château, premier témoin de cette sanglante bataille.
- Ça te tente d'aller nous baigner ? Il y a un étang à une petite heure de marche, lançai-je après avoir dévoré ma chocogrenouille.
- Hum... ça ne me dit pas trop non. Mais on peut y aller et tu pourras te baigner pendant que je te regarderais, enfin je veux dire, je me reposerais.
Je fus déçu et regardant par la fenêtre, j'eus une meilleure idée.
- Et si tu me donnais un cours d'Astronomie cette nuit, en plus, c'est la pleine lune, ajoutai-je. On pourra même manger une part de tarte si j'en parle à maman.
Il me jeta un regard dubitatif avant de rétorquer :
- Hum... tu sais, je ne me sens pas en forme aujourd'hui et je pensais aller me coucher tôt. On pourrait se faire ça demain, si tu veux bien ?!
- Ouais, pas de soucis. Et... tu es malade ? Qu'es-ce que tu as ?
Je posai la main sur son front, machinalement, et un bref instant, je crus voir une lueur dorée dans ses yeux. Je clignai des miens et me rendant compte qu'il était plus chaud que d'habitude, je dis :
- Je crois que tu as de la fièvre Draco.
- Ah oui ?! Peut-être... je ne la sens même pas alors ça ne peut pas être bien grave.
- Si tu le dis. Mais au cas où, je crois qu'on a une pimentine quelque part, je peux aller te la chercher si tu veux ?
- C'est vraiment gentil mais ce n'est pas la peine, vraiment, répondit-il avec un sourire.
Je lui souris à mon tour et pris une seconde chocogrenouille qui commença à fuir. Elle sauta sur les genoux de Draco et ensuite, disparut derrière lui. Je me faufilai, le poussant légèrement, passant la main derrière son dos. Je touchai sa hanche et sentis la friponne chocolatée bouger. Je l'attrapai et la mis en bouche rapidement, gémissant un peu au goût exquis.
- J'aime vraiment ça, soufflai-je. A Poudlard, j'en mangeais tellement qu'Harry devait me retirer mes paquets pour éviter que je ne devienne malade.
Je regardai Draco qui s'était figé, les yeux écarquillés et les poings serrés.
- Draco, tu es vraiment sûr que ça va ?
Il déglutit bruyamment avant de se tourner vers moi avec un sourire et d'ajouter :
- Certain.
- Bon, qu'est-ce qu'on fait alors ? Soupirai-je en m'appuyant contre le mur.
- J'aurais bien une idée mais je ne suis pas sûr que ça te plairait, sourit-il en s'installant lui aussi contre le mur.
Venant d'éveiller ma curiosité, je souris, puis dis :
- Je m'emmerde tellement que je ferais presque n'importe quoi. C'est quoi ton idée au juste ? Tant que ce ne n'est pas de grimper aux arbres.
- Aux arbres non... mais je suis sûr qu'avec un peu de volonté, je te ferais grimper aux rideaux facilement.
Je ris et voulant soudain jouer avec lui, sachant qu'il venait de dire ça pour se moquer de moi, je me décidai à lui renvoyer la pareille.
- Je ne dis pas non, susurrai-je en m'approchant de lui. Seulement, je ne suis pas sûr que tu sois à la hauteur et nous allons devoir rester très... très silencieux, soufflai-je en caressant son bras.
Il déglutit bruyamment avant d'ancrer ses yeux dans les miens et de se pencher sur moi. Il posa l'une de ses mains sur ma cuisse et l'autre sur mon épaule avant de chuchoter doucement à mon oreille :
- Je peux être très silencieux s'il le faut Ron, ne t'inquiètes pas.
Je me retins de rire, ne voulant pas qu'il puisse se rendre compte que je jouai son propre jeu et répondis :
- Je demande à voir.
Il bougea plus vite que je ne l'aurais jamais crû possible. En moins de trois secondes, il se retrouva au-dessus de moi et tirait sur mes hanches pour m'allonger sur le lit. Il s'allongea ensuite sur moi, en appui sur ses coudes avant de poser sa bouche sur mon cou et de... me lécher ?!
Je fus choqué de part sa rapidité et son geste, mais encore plus au fait qu'il continuait de jouer son jeu. Mais je n'allais pas me laisser faire, hors de question que je perde cette bataille contre lui.
Je me pris donc au jeu et fis de même, en léchant son cou également. J'aurais dû avoir honte d'agir ainsi, mais parfois, à Poudlard avec Seamus et Dean, nous avions fait des choses bien pires avec de l'alcool dans le sang.
- Tu ne m'as pas parlé de me faire grimper au rideau ? Là, tu m'as juste cloué sur le lit, dis-je soudain en soufflant plus qu'il n'aurait fallu sur son cou.
Il se redressa et je captai de nouveau un éclat doré dans ses yeux, avant qu'il ne m'enlève littéralement mon pull. Je ne pensais pas qu'il pouvait avoir autant de force et je ne pensais pas non plus qu'il irait aussi loin dans le jeu. Il me retira également mon t-shirt et posa sa main sur ma braguette.
Je me figeai. Il n'allait pas vraiment faire ça, n'est-ce pas ?
- Ron, souviens-toi d'être silencieux.
- Euh...
POV Draco
Enfin. Enfin on y était.
Je l'avais finalement entre mes bras, sentant sa peau sous mes doigts, sa chaleur, son odeur. Et mes lèvres sur son cou, bon sang, il avait si bon goût. Je défis sa braguette tout aussi rapidement que j'avais fait le reste.
J'essayai de me contrôler, vraiment, mais ça faisait juste trop longtemps que j'attendais ce moment pour pouvoir me freiner, et je devais déjà contrôler l'envie de mordre venant de mon loup.
Je commençai à baisser son pantalon et il réagit enfin. Il voulut retirer ma chemise et je l'aidais en me redressant un peu. Une fois mon vêtement enlevé, je me mis en appui sur mon bras gauche, utilisant ma main droite pour passer la barrière de son caleçon et atteindre enfin l'objet de mes fantasmes.
Je n'avais aucune idée de ce que je faisais, n'ayant jamais été avec un garçon de cette façon, hormis une fois ou deux avec Blaise Zabini et un taux d'alcool dans le sang assez élevé pour qu'aucun de nous n'y fasse attention. Donc tout ça était plutôt nouveau pour moi… mais bon sang, j'avais eu deux mois pour imaginer après tout, et je ne m'en étais pas privé.
Ron soupira tandis que je le caressais et tourna la tête, puis posa son nez contre mon bras alors que je léchais et mordais toujours un peu plus la peau de son cou.
Il commença à gémir de plus en plus fort et je dus lui rappeler d'être silencieux :
- Chut Ron, j'adore t'entendre gémir et un jour, tu pourras crier ton plaisir, mais pas aujourd'hui.
Il marmonna et se mit à souffler de plus en plus fort tandis que je me remettais à sucer la peau de son cou. Il aurait probablement une jolie marque et mon loup en ronronnait presque de plaisir. Je le touchai encore un peu et sentis que sa jouissance était de plus en plus proche. Je me redressai pour pouvoir l'observer et me mordis la lèvre inférieure alors qu'il se tendait entre mes bras, se libérant sur ma main et son estomac. Sa respiration se calma doucement et je me laissai retomber sur lui doucement.
J'avais adoré lui donner du plaisir et espérais bien en recevoir un peu moi aussi avant de me consumer. Ma peau était brûlante et je me sentais de plus en plus inconfortable dans mon pantalon. Le roux à mes côtés retrouva une respiration normale et se tendit immédiatement après, pour une raison qui m'était totalement inconnue jusqu'à ce qu'il parle :
- Qu'est-ce qu'il vient de se passer ? Et bordel, c'est quoi cette morsure, là ?
- Ce qu'il vient de se passer ? D'après toi, qu'est-ce qu'il vient de se passer ?! Et de quoi est-ce que tu...
Je m'interrompis en réalisant qu'il avait une vue directe sur mon bras dénudé. Je me relevai et remis ma chemise rapidement. Je m'assis ensuite au bout du lit tandis qu'il se rhabillait à son tour et je me mordis la lèvre doucement.
Trouver une explication plausible pour la trace de morsure allait être difficile. Mais avec un peu de chance, il allait vite oublier.
- C'était une erreur... on... mais...
Il se tut, soupira et se leva, finissant de se rhabiller. Je le vis éviter mon regard.
- Est-ce que tu regrettes ? Demandai-je.
- Bien évidemment, dit-il en se tournant vers moi. Ce n'est pas quelque chose que je fais avec mes amis vois-tu. Je ne comprends même pas pourquoi je ne t'ai pas foutu mon poing en plein visage.
Il grogna et fit un pas dans ma direction, mais ses yeux se posèrent ensuite sur mon bras de nouveau caché à son regard.
- Je savais pour ta marque... mais la morsure, elle vient d'où ?
- Qu'est-ce que ça peut te foutre ? Grognai-je soudainement, blessé par ses remarques.
Alors il regrettait hein ?! Et moi qui avait crû qu'il acceptait enfin qu'on soit proche. En colère et vexé, je me relevai et ajoutai :
- Et puis d'abord, tu m'as chauffé aussi, si je me souviens bien !
- C'est toi qui as commencé avec cette histoire de rideau, j'ai juste suivi ton petit jeu, cria-t-il à son tour.
- Mais ce n'était pas un jeu par Merlin !
Il ouvrit la bouche mais la referma, et son visage choqué me démontra qu'il avait vraiment cru que c'était un jeu.
- Un... pas un jeu, souffla-t-il. Pas un jeu ?!
Il me poussa et sortit de la chambre.
Avant que je ne puisse réagir, il revint et me poussa de nouveau.
- J'attends ta réponse !
Il montra de nouveau mon bras d'un geste de la tête.
- Va te faire foutre !
Je pris ma robe de sorcier posée sur la chaise de son bureau, ensevelit sous tout un tas de choses, et sortis en courant. J'entendis Ron me suivre et descendis les escaliers plus vite encore. Il fallait que je parte. Il fallait que Severus m'enferme. Parce qu'avec toutes ces conneries, le soleil était en train de se coucher.
Pour la première fois depuis deux mois, Ron n'était pas endormi quand je franchis les portes du Terrier.
POV Ron
Je sortis de la maison sans même avertir maman. Une fois dehors, je pus le voir déjà loin et courus afin de le rattraper. Je me demandai aussi pourquoi il n'avait pas simplement voulu répondre à ma question sur la morsure et cela ne pouvait signifier qu'une chose.
Mais je... je ne pouvais pas y croire. Et c'est seulement en le voyant disparaître en transplanant, que je me souvins d'un sort qu'Hermione nous avait appris. Je me précipitai et sortis ma baguette, soufflant les mots. J'espérais juste ne pas m'être trompé et ne pas me retrouver désartibulé, une fois avait suffit.
J'étais l'instant suivant devant les grilles du château de Poudlard et j'eus un mouvement de recul. Je n'étais plus revenu ici depuis tout ce temps.
Je restai devant les grilles en fer forgé entrouvertes, les barreaux s'entrelaçant, et vis au loin la silhouette de Draco. J'hésitai à le suivre, mais le besoin de savoir et de comprendre était plus fort. Je franchis les grilles et me mis à courir, désirant le rattraper. Mais la nuit tombante me fit ralentir.
Mes soupçons se confirmaient.
Je marchai donc vers le château, laissant Draco gérer cette nuit. Une fois devant les marches, je pus me souvenir d'Harry les descendant seul, vers sa mort. Je restai bloqué devant elles un moment, puis me décidai à entrer, surpris que personne ne soit venu à ma rencontre, et pénétrai dans la bâtisse.
Je trouvai qu'aller voir le directeur était la chose à faire et me rendis donc au bureau de ce dernier au deuxième étage. Seulement, je tombai sur Snape accompagné de Draco, qui sortaient du passage ouvert par les gargouilles.
- Monsieur Weasley, dit Snape visiblement surpris, vous n'êtes plus élève à Poudlard si je me souviens bien, vous n'avez donc rien à faire ici. Je vous prierais de repartir comme vous êtes venu, rapidement !
- Draco non plus n'est plus élève à Poudlard Monsieur, répondis-je.
Je ne voulais pas être impoli, pas après ce qu'Harry avait découvert à son sujet. C'était un homme bon, qui avait sacrifié sa vie pour la lumière.
- Draco est mon filleul et ceci est une visite personnelle alors à moins que vous ne soyez venu rendre visite à un membre de votre famille, ce dont je doute fortement, je vous prierais de rentrer chez vous. C'est très gentil à votre famille de vous occuper de lui mais ce soir, il reste avec moi. Bonne soirée, termina-t-il en reprenant sa route et en tirant un Draco étonnamment silencieux derrière lui.
- Draco, appelai-je en restant néanmoins sur place.
Il se libéra de l'emprise de Snape avec une facilité déconcertante et fit deux pas dans ma direction avant de s'arrêter de nouveau.
- Pas ce soir Ron, s'il te plait. Et puis, de toute façon, ce n'est qu'un jeu n'est-ce pas ?! Ajouta-t-il en souriant douloureusement.
L'entendre le dire de cette manière me fit mal et comprenant enfin, bien que j'aurais aimé l'entendre venant de lui, je hochai la tête et fis demi-tour, ignorant cette envie de les suivre et de voir de mes propres yeux.
Sur le chemin du retour, je ne cessai aussi de m'en vouloir d'avoir laissé les choses aller si loin. Certes, j'avais déjà touché le sexe d'un autre garçon, mais juste pour voir, nous ne nous étions pas masturbés. Enfin, pas moi en tous cas, pour les deux autres, j'avais eu des doutes en cinquième année en entendant certains gémissements venant du lit de Seamus.
Une fois au Terrier, je montai directement dans ma chambre et me demandai comment Draco avait fait les pleines lunes précédentes.
- Les enfants, tout va bien ? Cria maman.
- Oui, tout va bien, mentis-je.
Il ne fallait surtout pas qu'elle découvre que Draco était absent.
La nuit étant tombée, je regardai la lune, pleine et magnifique, et imaginai Draco souffrir atrocement de sa transformation.
Je m'inquiétai, et m'en voulus pour ça.
Sachant que je ne pourrais rien faire ce soir, j'allai à la salle de bains et revins ensuite dans la chambre décidé à dormir, ou au moins tenter de le faire.
OoOoOoOoO
J'ouvris les yeux, le soleil inondant la chambre. J'avais oublié de fermer les volets la veille. Je me tournai et fus surpris de voir Draco dans son lit. Je pensais soudain avoir imaginé tout ça, mais ses cheveux en bataille, son air de fatigue et plus que tout, la morsure bien visible à cause de sa manche relevée légèrement, me confirmèrent qu'il était bien comme Remus.
Je m'assis, ne désirant pas le réveiller et me dis que le laisser tranquille était la meilleure chose à faire.
Je sortis donc de la chambre, sans faire de bruit et me rendis à la cuisine pour petit-déjeuner.
Je venais de finir quand je vis Draco descendre.
Il se prépara une tasse de chocolat chaud et deux tartines beurrées avant de s'asseoir le plus loin de moi possible et de murmurer doucement :
- Si tu veux que je parte, je... je comprendrais et... enfin, je peux partir si tu préfères.
- Je ne sais pas, répondis-je.
- Je vois, murmura-t-il avant de repousser son bol et ses tartines.
Il baissa la tête et se mit à se tordre les mains. Ce fut à ce moment là que ma mère entra et nous dit bonjour à tous les deux. Elle vit la position de Draco et lui demanda s'il allait bien, ce à quoi il répondit qu'il n'avait pas très faim avant de se lever et monter à l'étage.
- Vous êtes-vous disputé ? Demanda maman.
- Non, la rassurai-je en me levant. Je vais voir ce qui ne va pas, mentis-je.
Je montai ensuite et le trouvai déjà en train de faire son sac. Je le lui retirai des mains et jetai ses vêtements au sol, la colère bien présente cette fois-ci.
- C'est bon Ron, j'ai compris ok ?! Ça fait mal, mais j'ai compris. C'était juste un jeu pour toi, un moyen d'occuper tes journées et j'ai tout gâché et en plus je suis... Bref, tu n'as pas à faire semblant d'en avoir quelque chose à faire, vraiment. Je ne te promets pas de disparaitre de ta vie parce que... parce que je ne suis pas sûr d'en être capable mais je vais m'éloigner un moment et après tout, peut-être que ça passera, peut-être qu'il arrêtera de te vouloir à ce point, finit-il en murmurant.
Je compris.
Le jeu, enfin ce que j'avais pris pour un jeu et le reste.
- Depuis quand es-tu... un loup-garou, murmurai-je ne voulant pas être entendu.
Il haussa les épaules avant de souffler :
- Un certain temps.
Je pris place sur le lit, perturbé au delà des mots. Il n'avait pas nié, ce que j'aurais souhaité, étrangement.
Parce que... les pièces se mettaient en place. Sa gentillesse au Chaudron Baveur venait surement de là, de cette chose en lui.
- C'est bon, tu peux rester, fis-je quelques minutes plus tard alors que lui avait reprit de faire ses bagages.
- Quoi ?
- Tu es sourd ? Demandai-je malgré tout en colère qu'il se soit joué de moi tout ce temps.
Quand moi je m'en faisais un ami, lui... il... il...
- Sourd ? Merlin mais pourquoi me dis-tu de rester si tu n'en as pas envie ?! Je vois bien que tu es en colère alors pourquoi est-ce que pour une fois tu ne me dirais pas ce que tu penses vraiment ?!
La rage monta et ne désirant pas que quelqu'un puisse m'entendre, je fermais la porte, puis lançai un Silencio.
Mon poing atterrit ensuite sur son visage, avant que je ne réponde :
- Tu veux savoir pourquoi je t'en veux. Parce que tu t'es joué de moi, tu n'as pas été honnête alors que moi, moi je l'étais. Je t'ai offert mon amitié Alors que toi tu devais surement chercher un moyen pour me séduire.
- Et je devais faire quoi ? Te dire « Hey Salut Ron, comment ça va ?! Moi bien, je suis un loup-garou et je sais que tu me détestes mais ce serait vraiment génial si tu acceptais de sortir avec moi. » Ouais c'est sûr que tu l'aurais super bien pris, continua-t-il. En plus, tu m'as offert ton amitié ?! Tu as juste eu pitié, ou des remords ou je ne sais pas quelle autre connerie mais si je me souviens bien, tu voulais être mon ami pour Harry pas vrai ?! Pas pour toi ni pour moi, mais pour ce connard de Sauveur parce qu'il n'y a que lui qui compte pas vrai ?! C'est encore et toujours pour lui !
A la fin de sa phrase, je ne pus me retenir et le frappai encore, me faisant cette fois mal au poignet.
Des larmes de colère aux bords des yeux, je dis :
- Harry est mort pour toi, pour moi, pour nous tous ! Oui, je t'ai accordé mon amitié grâce à lui, pour lui, mais bordel, c'était moi qui te parlais, qui riais avec toi et t'écoutais. C'était moi, pas lui. Par contre, toi... rien n'est moins sûr.
- Tu sais quoi, si mon but avait juste été de te baiser, je me serais pas fais chier à faire tout ça ! Je ne serais pas venu vivre ici, je n'aurais pas cherché à être ton ami et je n'aurais même pas voulu de ta confiance !
Il cessa de parler, reprit une grande bouffée d'air et ajouta :
- Tu étais complètement bourré dans ce bar, si je t'avais rejoins dans les toilettes et baisé tu n'aurais probablement même pas réagi ! Et si je me souviens bien, ce n'est pas moi qui ai joui hier ! Et après tu oses me parler d'honnêteté ? Je croyais que pour toi ce n'était qu'une saleté de jeu de toute façon !
- Reste, dis-je avant de quitter la chambre hâtivement.
Je dévalai les marches, puis sortis. L'air frais me fit du bien et sans attendre, je courus vers le saule. Une fois sur place, je m'assis et pleurai.
Il avait raison, et ça faisait mal. Je ne pouvais pas lui en vouloir, je ne devais m'en vouloir qu'à moi-même.
Mais c'état dur d'accepter que... que Draco était un loup-garou et qu'il m'était destiné. Certes, je pouvais refuser ça, rien ne m'obligeant à être avec lui, enfin je le croyais en tous cas, mais je n'en étais pas sûr. Mais qui refuserait la personne faite pour lui ?
Je restai dehors un long moment, pleurant de moins en moins. Je lui en voulais de ne pas m'avoir appris la vérité, mais s'il l'avait fait, j'aurais eu peur, je n'aurais pas hésité à le mettre dehors.
La seule chose pour laquelle je lui en voulais vraiment en cet instant, c'était ce qu'il avait dit sur Harry.
POV Draco
Bordel. Bordel. Bordel.
C'était le seul mot cohérent qui arrivait à se former dans mon esprit.
Comment les choses avaient-elles pu tourner aussi mal en moins d'une journée ?!
Je m'assis sur le lit et essayai de retrouver une respiration normale. Il avait beau dire que je n'avais pas été honnête avec lui, il ne l'avait pas été non plus.
Qu'est-ce qu'il voulait que je fasse franchement ?
Je n'aurais pas pu lui dire la vérité de but en blanc comme ça le premier jour, il m'aurait foutu son poing dans la figure sans une once de regret et ensuite...
Ensuite c'était juste devenu trop dur et j'avais pensé que ce serait plus simple si j'attendais qu'il m'aime vraiment. Mais visiblement, je m'étais trompé, il ne m'avait jamais aimé et ne m'aimerait probablement jamais. Après tout, je n'étais qu'un ancien Mangemort, un loup-garou, et un Malfoy. C'était probablement trop pour une seule personne.
Je déglutis difficilement en repensant à ses paroles blessantes et passai la main sur ma joue en me souvenant de ses coups de poing. Le second était peut-être mérité mais pas le premier.
Et Merlin, pourquoi m'avait-il frappé ?
Moi je n'aurais jamais pu... je ne pourrais jamais.
Je soupirai en posant les coudes sur mes genoux avant de me prendre la tête entre les mains. S'il m'avait tabassé, je n'aurais probablement même pas réagi, j'étais incapable de le frapper.
Je redressai la tête et regardai le plafond en sentant de l'eau couler sur mes joues, mais il n'y avait visiblement aucune fuite. Je passai les mains sur mon visage et me roulai en boule au bout de mon lit, me rendant compte que je pleurais.
Je n'avais pas pleuré quand j'avais été mordu, je n'avais pas non plus pleuré quand mes parents m'avaient abandonné en perdant la vie et je n'avais même pas versé de larmes au cours de toutes ces transformations à la pleine lune.
Mais maintenant je pleurais, parce que Ron m'avait rejeté, parce qu'il m'avait blessé.
Je me sentis pathétique et fermai les yeux en espérant qu'en me réveillant, je serais dans mon lit au manoir, toujours humain et pas amoureux de Ronald Weasley.
OoOoOoOoO
Le bruit d'une porte se fermant me réveilla en sursaut et je tombai du lit.
Magnifique.
Non seulement tout cela n'avait pas été un cauchemar mais en plus, ça ne semblait pas être prêt à aller en s'arrangeant. Je relevai la tête en sentant quelqu'un m'observer et croisai le regard de Ron.
Et maintenant qu'étais-je censé lui dire ?!
Désolé ?
Non, je ne pouvais pas lui dire ça, j'étais déjà bien trop faible face à lui. J'attendis alors, assis par terre, une jambe relevée et l'autre étendue sur le sol, et Ron se décida à dire quelque chose :
- Je suis content que tu sois resté.
- Ah...
Je soupirai et le regardai dans les yeux avant d'ajouter :
- Vraiment ?! Ça t'aurait embêté que je parte ou tu dis ça parce que tu es bien élevé ?
Il serra des poings et je crus qu'il allait me frapper à nouveau, mais il soupira et répondit :
- Je ne suis pas si bien élevé que ça.
- Ah.
Je me mordis la lèvre et attendis qu'il dise autre chose mais il n'ajouta rien et ressortit de la chambre pour revenir quelques minutes plus tard. Il monta sur son lit et s'installa sous les couvertures avant de me tourner le dos. Il avait beau dire qu'il voulait que je reste, je ne m'étais jamais senti aussi peu désiré dans cette chambre.
Je rabattis les jambes contre mon torse avant de poser la tête sur mes genoux, soupirant. Toutes les émotions de la journée et la fatigue accumulée au cours de la nuit en tant que loup-garou m'avaient épuisé et je m'endormis ainsi, assis sur le sol, recouvert d'une moquette marron, usée et trouée par endroit, de la chambre de Ron.
OoOoOoOoO
Des bruits d'oiseaux et la lumière du matin me réveillèrent. Je me rendis compte de ma position plus qu'inconfortable et me redressai rapidement. Un peu trop rapidement puisque je me cognai violemment la tête contre le bord en métal du lit d'appoint que j'utilisais. Je pestai en me frottant l'arrière de la tête avant de me figer en sentant un regard sur moi. Je me tournai un peu pour voir Ron m'observer, les yeux encore un peu embués de sommeil.
- Tu as dormis au sol ? Demanda-t-il d'une petite voix encore endormie.
- Hein ? Euh... ah oui, apparemment.
Je me redressai doucement et m'assis sur mon lit, face à Ron mais sans vraiment oser le regarder. Peut-être avait-il changé d'avis, la nuit portait conseil après tout, peut-être avait-il décidé qu'il serait bien mieux avec moi le plus loin possible de lui.
Une étrange douleur m'étreignit le cœur et j'eus brusquement encore envie de pleurer. Mais je me retins, refusant de pleurer devant lui.
J'entendis Ron bouger et il s'assit face à moi sur son propre lit.
- Je ne sais plus comment réagir avec toi, souffla-t-il.
- Je suppose que c'est toujours mieux que « J'ai envie de te frapper encore et encore ».
- Tu l'avais cherché !
- Quoi ?! Non je ne faisais pas référence à hier je voulais juste... mais, je l'avais cherché n'est-ce pas ? Alors, oui, je suppose que c'est bien fait pour moi.
Je passai la main sur ma nuque douloureuse d'avoir dormi dans une position si inconfortable.
- J'ai réfléchis, hier. Et je... Draco, comprends-moi, je suis perdu et troublé. Et toi, tu... tu m'as fait du mal, souffla-t-il.
- Je t'ai fait du mal ? Moi ? Ah oui j'oubliais, je t'ai brisé le cœur et frappé. Excuse-moi encore pour ça. Non tu sais quoi ?! Laisse tomber, je n'ai pas envie de reprendre la discussion d'hier soir, je ne veux plus me disputer avec toi alors... pardon, de t'avoir menti, de m'être imposé dans ta vie, excuse-moi de t'avoir pris au mot hier et de t'avoir touché de cette façon. Je suis désolé.
- Non, je ne parlais pas de ça. Mais de ce que tu as dit sur Harry. Il est mort Draco, pour le monde sorcier, pour nous permettre de tuer Voldemort. Il est mort alors que sa vie avait été si vide.
Il fait une pause et continua :
- Maltraité par sa famille de moldu, traité encore moins bien qu'un elfe. Ensuite, à peine arrivé à Poudlard, il a failli mourir pour sauver la pierre philosophale. En deuxième année, il a tué un basilic et a été mordu. Et la liste est longue Draco. Chaque année, il a risqué sa vie pour nous. Et... il n'a pas la chance d'être vivant et de vivre dans un monde en paix, parce qu'il était le Survivant, l'Élu. Parce qu'il était le grand Harry Potter. Mais pour moi, il était juste Harry, mon meilleur ami, mon frère. Tu as sali sa mémoire et je... je t'en veux pour ça.
Il se tut puis reprit :
- Juste pour ça. Tout le reste... non, juste Harry. Parce que... parce que si tu es là, c'est grâce à lui. Et pas juste ici, chez moi, mais là, en vie et non à la solde de Voldemort. S'il n'était pas mort, je ne pourrais pas faire ça, murmura-t-il en se levant.
Il vint s'asseoir près de moi et me prit la main.
Je devais probablement être en train de rêver. Parce que si la seule chose qui le gênait était ce que j'avais dit sur le Sauv… sur Harry, alors il s'en fichait que je sois un loup-garou, un ancien Mangemort et que j'avais envie de lui de bien des façons. Pas vrai ?
- Je suppose que je devrais m'excuser, pour ce que je t'ai dit sur lui, c'était ton ami et je n'aurais jamais dû te dire une chose pareille. Et pour ça, je suis désolé.
- Merci.
Merci ?
On n'est pas censé dire merci à quelqu'un qui s'excuse, si ?!
Et après, je dois dire quoi moi ? De rien ?!
Je fronçai les sourcils, à la recherche d'une réponse appropriée mais n'en trouvai aucune. En plus, sentir sa main dans la mienne, ça me retournait. Mon cœur battait plus vite et j'étais à peu près sûr d'avoir la peau moite maintenant, moite et en feu.
Je sentis sa main trembler mais il ne l'enleva pas.
- Je ne sais pas comment... enfin, c'est nouveau pour moi, murmura-t-il.
- Ouais... c'est vrai que j'ai déjà eu tellement d'âme-sœurs que je n'ai plus assez de doigts pour les compter.
Je me tus une seconde et ajoutai :
- Arf désolé je... je ne suis pas sympa quand je suis effr... enfin quand... bref.
Il rit et lâcha finalement ma main pour ensuite se lever.
- On va manger ?
- D'accord.
Je me levai après lui et le suivis, pensif. Qu'est-ce que ça voulait dire du coup ?!
J'avais encore une chance de gagner son cœur ou pas ?
Mon loup grogna et je souris. Ouais, lui, c'était autre chose qu'il voulait gagner.
Nous espérons que ce deuxième chapitre vous a plu. N'hésitez pas à nous donner votre avis, nous ne mordons pas :p
Abby and Jes
