Bonjour mes chers lecteurs, en ce jour de Noël, voici tout nouveau, tout beau, tout long, le second chapitre de la traduction de MPT !
En espérant que ça vous plaira, enjoy !
Chapitre 2
Il est à moi, maintenant. Je peux faire ce que je veux de lui. Alors... d'où vient cette espèce de culpabilité ?
L'aube se levait sur Lacville. Pourtant, l'humeur dans une certaine demeure ne s'accordait pas avec la beauté de cette lumière rosée. Bard le Passeur, qui connaissait les moindres recoins de la cité, avait de nouveau accueilli chez lui le roi déchu d'Erebor et ses compagnons. Il comprit le pourquoi de leur humeur maussade lorsqu'ils lui racontèrent l'odieux marché dont a été victime le Hobbit du groupe.
"C'est épouvantable; dit-il une fois le récit terminé. Mais ne vous en faites pas, ensemble nous trouverons bien un moyen de le secourir. Je vous y aiderai.
-Merci"; répondit Thorin.
Puis il retourna dans les chambres qui leur avaient été attribuées, où le reste de la Compagnie s'était réunie pour débattre de la situation. Un des plus énervés était sans aucun doute Fili, qui se mit à réprimander son parent :
"C'est incroyable ! Comment as-tu pu faire ça, mon Oncle ? Comment as-tu pu laisser Bilbon entre les griffes du Dragon !
-Je suis d'accord avec Fili; dit son frère d'une voix plus posée. Nous devrions retourner à la montagne et le sauver.
-Si nous faisons ça; expliqua le roi déchu; et que nous essayons de le secourir, nous nous ferons tous tuer. Nous avons d'abord besoin d'un plan.
-Mais...
-Ça suffit !"
Et les jeunes princes surent que la discussion était close, pour leur plus grand malheur. Balin se rapprocha d'eux et tenta de jouer la carte de la diplomatie :
"Ça va, les garçons. Thorin a raison. Nous devons mettre un plan au point avant de pouvoir le secourir.
-Exact ! approuva Bofur, une pinte de bière à la main. Par ailleurs, ce Hobbit est plus courageux que n'importe qui ici. Je suis certain qu'il ira bien, alors détendons-nous, faisons-lui confiance, et buvons un coup !"
Il conclu sa tirade en prenant une longue gorgée de sa boisson, ce qui fit se hérisser les cheveux de Fili, Kili et Balin (rappel : Kili a très peu de barbe) qui se demandaient comment Diable leur camarade pouvait se permettre de boire en une telle situation. Thorin lui, était retourné à ses pensées en espérant que leur ami irait bien.
Aucun d'entre eux n'avait conscience d'être espionnés par une forme à la silhouette d'Homme, camouflée par l'obscurité ambiante.
"Intéressant..."
De retour dans la Montagne Solitaire, Bilbon reprenait peu à peu conscience de son environnement. Il se rappelait vaguement avoir sangloté jusqu'à tomber de sommeil comme un enfant, et sentait une matière douce et moelleuse sous son dos. Papillonnant des yeux pour mieux les ouvrir, il se mit à réfléchir à sa situation, surtout au vu de ce qui lui était arrivé la veille.
Etait-il chez lui ?
Lorsqu'il se sentit suffisament réveillé, il ouvrit les paupières et vit où il était : le plafond qu'il voyait n'était définitivement pas celui de son trou dans la Comté, ni même chez Beorn le Changeur de Peau. Au contraire, le plafond était si haut qu'il en voyait difficilement le commencement ou la fin. Conclusion : il était toujours à l'intérieur des grottes d'Erebor. Inutile pour lui de cacher sa déception, ce qu'il avait vécu n'était pas un rêve et il devait sortir d'ici très rapidement.
Sauf qu'il sentait un étrange poids reposer sur l'ensemble de son corps. Bilbon ne pouvait se libérer et lorsqu'il se pencha, il eut l'horreur de voir le Dragon, sous sa forme d'Homme, allongé sur lui et le serrant comme une peluche. Donc dans tous les cas, il était littéralement prisonnier. Il tenta de se libérer de l'emprise de son geôlier sans le réveiller, mais il cessa automatiquement tout mouvement lorsqu'il l'entendit dire :
"Tu sais, tes gigotements sont vraiment agaçants."
Il se mit à paniquer silencieusement, tremblant dans sa chemise. Le monstre continua de sa voix de baryton :
"Quoi ? Tu croyais vraiment que j'étais endormit ? Comme tu es naïf...
-Hum... Eh bien, euh... tenta-t-il de dire.
-Enfin, ça n'a pas d'importance pour l'instant; dit le Dragon en se redressant. Tu ne peux pas m'échapper."
Il était au-dessus du Semi-Homme et avait penché son visage vers celui de Bilbon, comme s'il allait encore l'embrasser.
Hors de question qu'il revive ça !
Le Hobbit prit le drap qui les recouvrait et repoussa le Dragon de toutes ses forces. Il en profita ensuite pour s'enfuir à toutes jambes. Alors qu'il allait finalement atteindre une sortie, le Dragon reprit sa forme originelle et se planta devant lui et stoppa sa course effrénée. Bilbon tomba sur le sol, terrifié. Prenant à nouveau sa voix imposante, il avança son museau, faisant par la même reculer le petit être.
"Comme tu es dur... essayer de partir sans me remercier de mon hospitalité..."
Bilbon paniqua instantanément et, prit de court, il se roula en une boule tremblotante, s'attendant à se faire gober en une seule bouchée par l'horrible monstre. Pourtant, à sa grande surprise, le Dragon ne fit que dire :
"Détends-toi un peu. Pas la peine de te rouler en boule comme un hérisson. Même si je dois admettre que c'est mignon. Maintenant, reste tranquille."
Smaug se mit à renifler le petit Hobbit de haut en bas.
"Mais... Mais qu'est-ce que vous fabriquez ?! dit-il.
-Ça ne se voit pas ? Je te sens.
-Quoi ?! Mais pourquoi ?!
-Parce que tu pues encore le Nain et que je veux me débarrasser de cette odeur.
-Ah... Ah non ! On a pas gardé les cochons ensemble, je vous signale !"
Il repoussa le museau de ses maigres bras, ce qui agaça davantage son hôte. Smaug reprit sa forme d'Homme et agrippa les frêles poignets du Hobbit.
"Désolé de t'annoncer ça; dit-il menaçant; mais je ne crois pas t'avoir laissé le choix. Maintenant, reste tranquille."
Bilbon se résigna et ferma les yeux, laissant le Dragon faire son office. Le monstre continua de sentir son prisonnier, léchouillant ça et là quelques parts de son corps.
"Si obéissant... si sensible... comme un petit lapin tout effrayé."
Ces reniflements continuèrent, descendant jusqu'à la ceinture. Alors que Smaug s'apprêta à ouvrir son pantalon, le Hobbit arrêta ses mains et le supplia d'en rester là en tremblant. Après un moment de silence, le Dragon accepta et le redressa. Puis tout de suite après, il lui ouvrit sa chemise.
"Hein ?! dit Bilbon en gigotant. Mais... Pourquoi vous m'retirez mes vêtements ?!"
Définitivement un lapin; se dit le lézard géant.
Smaug plaque un Hobbit rougissant contre le mur et lui dit d'une voix impétueuse :
"Je vais simplement examiner ton cou. Maintenant pour la dernière fois... reste tranquille. La prochaine fois, je ne serai pas aussi gentil."
Interloqué par cette information, Bilbon laissa Smaug regarder de plus près la marque de la morsure d'hier. Elle était encore profonde et rougeoyante, mais n'était plus ensanglantée. Smaug repensa aux paroles de Bilbon lorsqu'il avait essayé de le prendre :
J'aime encore mieux mourir que de faire ça contre ma volonté !
Étrangement, il ressentit à nouveau cet étrange sentiment de culpabilité monter en lui.
Le Hobbit, lui, était perdu : pourquoi Smaug le Terrible faisait-il soudainement grand cas d'un Semi-Homme qu'il avait tenté de violer pas plus tard que la veille ?
"Hmm... dit le Dragon. On dirait que c'est guérit... mais on est jamais trop sûr."
Il reposa Bilbon sur le sol et reprit sa forme originelle dans son habituel jet de flammes écarlates.
"Dites, vous pourriez prévenir quand vous faites ce truc !" se plaigna le Hobbit.
Puis sans crier gare, le Dragon attrapa Bilbon dans sa gueule et le souleva. Evidemment, le pauvre petit être paniqua de ne soudainement plus sentir le sol sous ses pieds velus et gigota davantage. Puis il le déposa abruptement sur son dos.
"Eh, mais... Mais faites attention un peu ! Je tiens à vous avertir que je n'apprécie pas d'être traité comme un vulgaire sac à patates !
-Continue de me parler comme ça et je risque de te dévorer comme si tu en étais un."
Le Dragon déploya ses ailes et décolla, prenant le petit Hobbit par surprise au point que celui-ci s'aggrippa désespérément au cou de la créature en fermant les yeux. Lorsque le vol devint plus serein, le Dragon lui demanda d'ouvrir les yeux. Et quand Bilbon le fit, il n'en croyait pas ce qu'il voyait.
Il voyageait sur le dos d'un Dragon, à sans doute des centaines de kilomètres de haut et voyait les montagnes défiler sous leur passage. Le soleil brillait de tous ses feux au-dessus de leurs têtes et le vent sifflait dans ses oreilles pointues. Il avait certes expérimenté toutes ces sensations la nuit où Gandalf avait invoqué les Aigles pour les sauver d'Azog, mais à ce moment-là, il lui sembla que ce vol dépassait le précédent au centuple. C'était... C'était...
Fantastique.
Tout à coup, Smaug descendit en piqué dans une plaine entourée de montagnes et de forêts. Puis il fit descendre tout aussi abruptement Bilbon de son dos.
Ce dernier allait le réprimander à ce sujet, lorsqu'il se rendit compte de l'endroit où ils se trouvaient : les bords d'un petit lac de montagne, à l'eau aussi claire que le ciel.
"Un... lac ? demanda Bilbon plus fort que ce à quoi il s'attendait.
-Oui, un lac; répondit Smaug. Tu sais, le fait que je dors sur une montagne d'or ne veut pas dire que je ne sors pas de temps en temps, ne serait-ce que pour me nourrir.
-Je... vois...
-Bon. Dépêche-toi de nettoyer ta blessure, et profites-en pour prendre un bain. Tu pues encore le Nain.
-Hein ? Et vous alors ?
-Moi j'vais faire un somme"; dit le Dragon en reprenant sa forme d'Homme.
Il s'allongea sur le côté, dos tourné au Semi-Homme. Celui-ci tenta encore de comprendre sa logique :
"Vous êtes certain de ce que vous faites ? Je pourrais très bien en profiter pour m'enfuir.
-Sauf que nous savons tous les deux que tu n'es pas stupide au point d'essayer de t'enfuir."
Bilbon dû reconnaître que cette saleté de lézard avait raison et entreprit de faire ce qui lui était demandé.
Quelques minutes plus tard, il avait finalement fini de se laver et s'était assis sur un rocher, regardant l'eau si claire du lac refléter les rayons du soleil. Il se demandait comment allaient Thorin et le reste de la Compagnie, lorsqu'il remarqua les yeux dorés de Smaug fixés sur lui. Il luisaient d'un intérêt étrange, comme un enfant qui regarderait de petits animaux pour la toute première fois. Se défendant par réflexe, il lui demanda d'un ton brusque :
"Quoi !
-Hmm... ricana le Dragon. Je pense comprendre maintenant pourquoi ce Nain t'aime autant.
-Comment ça ?
-C'est à cause de tes yeux.
-Mes... mes yeux ?
-Ce bleu argenté qui reflète les rayons du soleil me rappelle cette pierre qu'Écu-de-Chêne désire ardemment acquérir. Je dois avouer que c'est plutôt joli sur toi."
Bilbon rougit en entendant ce compliment, surtout qu'il ne s'y attendait pas de la part de Smaug. Mais, buté comme pas deux, le petit Hobbit détourna la tête en disant :
"Je parie que vous voyez des trésors dans les yeux de tout le monde. On ne peut pas dire la même chose à votre sujet, par contre.
-Ah bon ? Alors à quoi penses-tu en les voyant ? A l'or ? Au feu ? A la destruction ?"
Smaug se rapprocha davantage du Hobbit, s'assurant par la même que le soleil ne l'induirait pas en erreur. Bilbon regardait ce regard, qui semblait luire d'une solitude étonnamment intense et qui, à sa grande surprise, ne lui rappelait rien de tout ce que le Dragon avait cité. En réalité, voilà ce à quoi il pensait :
"Le soleil... Vos yeux me rappellent la lumière du soleil pendant qu'il se couche derrière les collines de mon village, dans la Comté. Et je ne sais pas pourquoi... mais... je les trouve étonnamment chaleureux."
Smaug ne s'attendait pas à ça. Pas à ce que son prisonnier ne lui fasse un quelconque compliment sur lui. Avant de perdre contenance, il préféra reprendre son attitude indifférente et se retourna en lui disant :
"Les flatteries ne te mèneront nulle part. Je sais très bien reconnaître les mensonges, sache-le."
Bilbon se sentit insulté par ces insinuations, surtout qu'il était plus qu'honnête en disant cela.
Il ne pouvait le voir, mais Smaug était en fait perturbé par ce qu'il venait de dire, et tentait de calmer les battements soudainement affolés de son coeur ainsi que le sang qui avait tout à coup afflué dans ses joues.
Pendant ce temps, à Lacville, le soleil commençait s'était couché depuis longtemps et la plupart des habitants étaient au chaud dans leurs habitations. La maison du Passeur ne faisait pas exception, sauf pour un certain Nain aux boucles d'ébènes.
Thorin regardait le ciel étoilé, sans pour autant y trouver un quelconque réconfort dans la lueur froide des diamants de la nuit, contrairement à son habitude. Ses pensées furent interrompues lorsqu'il se retourna à l'appel d'un de ses amis :
"Thorin, tu es toujours debout ?
-Oh, c'est toi Balin. Je me demande vraiment si Bilbon va bien.
-Je suis certain qu'il s'en sort. Ce Hobbit est au moins aussi têtu qu'un Nain, si ce n'est plus.
-Êtes-vous Thorin Ecu-de-Chêne ?" dit soudainement une voix glaciale.
Thorin se retourna soudainement et vit un Homme, enroulé dans une longue cape à capuche noire, assis sur un tonneau avec un sourire sardonique aux lèvres. Sa peau était au moins aussi pâle que la neige la plus pure des montagnes et ses fins cheveux gris tombaient en frange sur ses yeux d'un jaune presque maladif.
Tout chez cet individu inspirait un étrange sentiment de malaise et de danger imminent chez nos deux Nains.
"Par Durin, qui êtes -vous ? hurla presque Thorin.
-Eh bien; dit l'étranger sans se départir de son sourire énigmatique; vous n'êtes pas très agréable avec la personne qui peut régler vos problèmes..."
A suivre...
Voili-voilu pour le chapitre 2 ! J'espère que ça vous aura plu, et encore Joyeux Noël X-D !
Je rappelle que rien ne m'appartient à part la traduction. Les personnages appartiennent à JJR Tolkien et à Peter Jackson et l'histoire ainsi que les OC appartiennent à Atsyrc.
A samedi, les gens !
