Disclaimer : Les personnages de Naruto appartiennent à Kishimoto-sensei. Même avec trois ans de plus .
Rating : K+, présence de scènes de violence, de propos vulgaire et de thèmes matures.
Note : Je ne sais pas encore s'il y aura vraiment des couples dans cette fiction. J'essaie de respecter au maximum l'esprit du manga. Alors me demander un pairing plutôt qu'un autre est inutile, désolée. Le Naruto - Sakura de la présentation indique juste quels seront les personnages les plus importants de la fiction.
Arc I
L'attaque de Konoha : les prémisses d'une nouvelle guerre ?
Partie I
Le souffle court, elle esquiva de justesse la lame du kunai visant sa joue. Maudit son inattention lorsqu'elle se tordit la cheville dans son geste. La douleur s'empara lentement de l'articulation avant d'atteindre peu à peu tout son mollet. Entorse probable. La jeune kunoichi maugréa, consciente que son combat mal engagé deviendrait de plus en plus périlleux.
Elle n'eut pas le temps de se tanner d'avantage. Elle effectua une parfaite roulade – ce qui rendit la douleur plus vive encore – se glissa sous le bras tendu de son opposant et se releva derrière lui. Frappa.
Ne rencontra que vide et fumée.
- Et merde ! jura-t-elle, furieuse d'être tombée dans un piège aussi simplet qu'un kagebushin.
Une diversion digne de lui. Une douloureuse mélancolie s'empara de son cœur alors queson visage s'imposa à son esprit. Ses yeux céruléens tantôt rieurs, tantôt empli d'une indicible peine. Ses courts cheveux blonds, et qui, pourtant, ne semblaient pas vouloir laisser le peigne les discipliner. Son visage rond rendu un peu plus anguleux par l'adolescence. Son corps musclé par son entrainement intensif. Sa peau claire. Ses rires.
Il lui manquait, plus qu'elle ne l'aurait avoué des années plus tôt. Elle aurait tout donné pour savoir où il se trouvait.
Ou simplement s'il était encore en vie.
Cette fois, le métal froid sectionna la chair de son avant-bras. La jeune femme retint un petit cri de douleur et se tourna face à son ancien sensei. Celui-ci affichait un air indiscutablement désapprobateur.
- Concentre-toi, Sakura ! Même une eiseinin se doit de maîtriser parfaitement le combat au corps à corps !
- Pardonnez-moi, Kakashi-sensei.
La compassion brillait dans l'œil de ce dernier. Il comprenait parfaitement ce que son ancienne élève ressentait. Les quelques lettres qu'il lui avait adressé après son départ – lettres enjouées, promettant de revenir bientôt – s'étaient peu à peu espacées. Les longues lignes avaient laissé place à quelques mots esquissés à la va-vite. Seulement pour la rassurer.
Sakura avait tout fait pour rester rationnelle, pour lui trouver des excuses. Sa mission – dont elle ignorait tout – était très dangereuse et il ne pouvait prendre le risque de s'exposer en lui écrivant ; il désirait terminer tout cela au plus vide et ne pas perdre son temps inutilement ; les lettres ne lui parvenaient jamais ; il avait tout simplement oublié...
L'eiseinin baissa la tête, triste. Il lui semblait tellement inconcevable qu'après tout ce qu'ils avaient vécu ensemble, il ne veuille plus lui donner le moindre signe de vie.
Alors elle s'était imaginé le pire.
Samort.
Le jônin posa sa main sur l'épaule de la jeune femme. Aucune information de lui était parvenu à lui non plus. Pourtant, il ne désespérait pas. Il luifaisait confiance.
- Je suis sûr qu'il va bien, affirma-t-il en pressant l'articulation de son ancienne élève.
Celle-ci retenait quelques larmes avec difficulté. Elle ne voulait pas le perdre lui aussi, elle avait trop dit « Adieu» à ceux qu'elle aimait pendant ces six dernières années. Alors elle refusait.
Elle refusait de perdre Naruto à son tour.
Ses yeux opalins restaient rivés sur le miroir alors que Kanade posait le pan gauche de son shiromuku sur le droit. Elle ne protesta pas plus lorsqu'elle para ses hanches du large obi blanc qui permettrait de faire tenir son furisode immaculé. Ses longs cheveux noirs avaient déjà été relevés en un chignon complexe. Malgré l'imminence de son mariage, Hinata semblait amorphe, vide.
Les règles de son clan étaient strictes : elle ne pourrait en prendre la tête qu'une fois mariée et la santé de son père se détériorait. Quant à Hanabi – qui jusque là avait toujours été pressentie comme future chef des Hyûga – elle n'avait pas encore l'âge de se marier.
L'héritière ferma les yeux et inspira profondément. Malgré tout, les anciens l'avait laissée choisir son futur époux et elle devait avouer qu'elle aurait pu se trouver dans une situation plus déplaisante que celle de se lier pour la vie avec Kiba. Même si elle regrettait qu'il ne parvint à emballer son coeur aussi follement que lui.
Quelques larmes lui échappèrent alors qu'elle songeait qu'elle n'avait pu tenir sa promesse. Qu'elle n'avait pu l'attendre. Il avait juré qu'il révèlerait ses sentiments à son retour. Pourtant, il n'apparaissait toujours pas alors qu'elle avait besoin de lui.
- Hinata-sama ?
La voix inquiète de Kanade avait tirée la jeune femme de ses funestes pensées. Ses lèvres pincées ne permettaient pas à sa servante d'appliquer le rouge à lèvres. Aussitôt, la kunoichi tenta de se détendre. Kanade aurait voulu l'aider, la rassurer en prétendant qu'il reviendrait bientôt, qu'elle n'avait pas besoin de ce mariage non-désiré.
Mais elle ne pouvait mentir.
Une heure plus tard, la future mariée fut prête. Aucun sourire illuminait son visage nonobstant l'importance de ce jour. Les questions ne cessaient d'envahir son cerveau et l'une d'elle prédominait : avait-elle raison d'imposer à Kiba un mariage sans amour ? Certes, il l'aimait, lui, mais elle ne pensait pas parvenir un jour à partager ses sentiments.
- Ne t'en fais pas pour ça, lui avait-il assuré lorsqu'elle lui avait fait part de ses doutes. Je sais que tu l'aimes. Je sais aussi que je peux t'aimer pour deux. Alors ne t'en fais pas pour moi.
Il avait ensuite posé une main réconfortante sur sa joue et arboré un franc sourire, mettant ses canines en avant. La gentillesse de Kiba avait tiré quelques larmes à sa promise. Si la situation de son clan n'était pas aussi catastrophique, elle n'aurait pu que refuser sa demande. Maintenant, Hinata craignait d'offenser son ami en revenant sur sa décision.
Hiashi ne pouvait presque plus se déplacer seul ; Neji fut donc celui qui vint chercher sa cousine dans sa chambre.
- Hinata-san ?
Son visage affichait le même air sombre que celui de la jeune femme. Durant ces dernières années, ils s'étaient beaucoup rapprochés. Non seulement parce qu'ils se complétaient parfaitement au combat, mais parce que le shinobi avait été le plus proche d'elle le jour de son départ. Celui qui l'avait consolée lorsque ses larmes étaient devenues intarissables. Celui qui tentait de la convaincre, depuis ce jour, de son retour prochain, même si, peu à peu, le doute s'emparait aussi de lui.
Le dirigeant de la branche secondaire des Hyûga tendit une main patiente vers celle qui servirait toute sa vie - non pas par obligation, mais par envie – et attendit qu'elle s'en saisisse. En voyant l'hésitation dans ses yeux, il fit signe à Kanade de quitter la pièce et s'avança vers la future mariée. Nota à quel point la simplicité de son shiromuku la rendait encore plus belle que d'habitude, et ce, malgré l'extrême pâleur de son teint.
N'étant pas très démonstratif, il ne la prit pas dans ses bras, n'esquissa aucun geste tendre, malgré la douceur de son regard. Neji savait à quel point il en coûtait à Hinata de renoncer à l'attendre.
- Tu n'es pas obligée de te marier, Hinata-sama. Tu n'as pas à succéder à ton père avant plusieurs mois.
- Il est trop faible pour protéger notre famille, Neji-niisan, se contenta de répondre la future chef de clan. Il n'y a aucune guerre, pour l'instant, mais nous sommes des shinobi. Cette paix ne pourra pas durer éternellement.
Le jeune détenteur du Byakugan ne pouvait nier de tels propos, d'autant plus que Kabuto avait fui, abandonné l'Akatsuki à la mort d'Uchiwa Izuna – à ce qu'avait compris Neji suite au rapport de Naruto, le jeune frère de Madara avait prétendu être ce dernier lorsqu'il dirigeait l'Akatsuki. Il désirait toujours venger Orochimaru et il semblait plus que probable aux hauts placés de Konoha qu'il déclarerait prochainement la guerre au village.
Hinata avait raison ; le clan ne pouvait rester dans un tel état de faiblesse.
- Je pourrai prendre la tête du clan, protesta-t-il, son oncle ayant fait de lui son fils adoptif. Puisque Hiashi-jisama m'a...
- Non, le coupa sa cousine, un doux sourire aux lèvres. Tu ne peux pas. Tu n'as pas le droit de la laisser tomber.
Les yeux de Neji s'écarquillèrent alors qu'il comprit le sous-entendu. Lui qui pensait avoir été discret ces derniers mois !
- Comment...bredouilla-t-il, surpris.
- Tu crois vraiment que tu pouvais me cacher ça ? répondit Hinata en riant légèrement.
Le jeune homme s'apprêtait à répliquer quand une explosion l'interrompit. En alerte, il échangea un vif coup d'oeil avec sa cousine, semblant demander son autorisation, et quitta hâtivement la pièce. Alors qu'il se dirigeait vers la sortie de l'imposante des demeures des Hiyûga, il se figea en notant une épaisse fumée émanant de l'entrée du village.
Konoha était attaquée.
Explosion soudaine.
A l'entrée du village, des cris de stupeur, de frayeur, s'élevèrent alors qu'une épaisse fumée grisâtre recouvrait le ciel azuré. Devant les immenses portes vert malachite, la déflagration avait incendié de nombreux arbres, sans pour autant atteindre l'enceinte du village. De nombreux civils, attirés par la le son assourdissant, s'étaient regroupaient auprès de la sortie du village, emplis de curiosité. Mais aussi de peur. La peur d'un nouvel assaut, d'une nouvelle guerre.
Konoha ne se remettait qu'à peine de la lutte contre l'Akatsuki. Suite à l'attaque de Pein, tous les bâtiments avaient été détruits et, malgré les prodigieuses facultés de chacun, la reconstruction à l'identique avait été très longue. Qui plus est, la guerre ayant touché tous les plus grands pays, l'économie des villages de shinobi avait eu du mal à être relancée. En effet, la forte mortalité des guerriers pendant la guerre et leur désir d'aider leur famille à bâtir de nouveaux commerces et maisons avaient diminué le nombre de missions effectuées, source principale de revenus pour le village.
Toutefois, après nombre d'efforts, chacun avait réussi à redonner à Konoha son éclat passé. Et même plus : la réputation de Naruto donnait, non seulement aux shinobi, mais aussi au Pays du Feu entier, un prestige semblable à celui du temps du Shodaime Hokage. Et ce, malgré son absence prolongée. Sa victoire face aux deux Uchiha n'avait laissé personne de marbre. Mais peu savaient qu'il n'avait hésité à tuer son ancien meilleur ami pour préserver la paix. Peu se doutaient du déchirement qu'il avait toutefois éprouvé le jour où il avait compris qu'il devait dire « Adieu » à Sasuke. Ceux-là s'imaginaient que son silence de ces derniers mois n'avait d'autre origine qu'une volonté de panser ses blessures.
Le jeune Uzumaki n'avait toutefois pas été le seul à souffrir. Deux cents quatre-vingts six morts. Quatre cents cinq blessés. Pour le Pays du Feu seulement. La simple idée de revivre un tel drame relevait de l'insupportable pour tous. Alors chacun priait pour que cette explosion ne fût rien d'autre qu'un accident.
Sans y croire.
Kotetsu et Izumo – qui, comme à leur habitude, veillaient sur les portes – ne tardèrent pas à réagir. Alors que le premier tentait d'écarter la troupe de curieux tout en évitant la panique, son acolyte envoya un signal d'alerte avant de se préparer à se battre. Il utilisa un jutsu pour éteindre l'incendie naissant, laissant seulement une fumée plus noire encore, et quelques cendres humides.
- Suiton : Mizuame Nabara ! s'exclama-t-il ensuite.
Devant les portes, une immense nappe pourpre recouvrit le sol, condamnant ainsi l'entrée au village. Du moins le pensait-il. Lorsque tous les civils eurent laissé un prudent écart entre eux et la zone sinistrée, Kotetsu se rendit à ses côtés.
- Tu as vu quelque chose ? demanda-t-il, remettant vivement en place son bandage, qui avait glissé de son nez et mangeait sa bouche.
- Non. Mais tout laisse à croire qu'il s'agit d'un Katon particulièrement puissant.
Les deux chunin échangèrent un regard entendu. Un accident avait rarement lieu aussi près de l'immense édifice. Les portes avaient directement été visées. Aucun d'eux ne l'aurait avoué pour ne pas provoquer d'émeutes, mais il était fort probable que le village essuyât une attaque.
- Va prévenir le Godaime, requit Kotetsu avant d'invoquer sa masse extraordinaire.
Son complice de toujours hocha la tête avant de s'éclipser. Inquiétude. Impuissance. Il ne pouvait rien faire de plus, son jutsu ne lui permettant pas d'attaque directe. Sauf en cas de techniques combinées, ce qu'ils ne pouvaient se permettre aujourd'hui. L'un d'entre eux devait informer les hauts gradés de l'état des lieux.
Du coin de l'œil, Kotetsu observa son ami s'éloigner. Il savait ce qu'il ressentait – les rôles inversés, il n'aurait pu le supporter – mais ne pouvait laisser Izumo rester là. Il ne tolèrerait plus jamais qu'on blessât son compagnon. Il le protégerait, coûte que coûte. Il ne tiendrait pas s'il devait de nouveau rester à son chevet, comme deux ans plus tôt – sans l'intervention de Sakura, le jeune utilisateur du Suiton aurait perdu la vie, un kunai ayant non seulement sectionné son foi, mais aussi sa rate et son diaphragme.
Trois mois. Kotetsu avait du assister, trois mois durant, à la douloureuse agonie de son compagnon sur son lit d'hôpital. Ces jours-là, il avait eu une peur panique de le perdre. Voir le corps d'Izumo couvert de bandages, aussi pâle avait gravé en lui une cicatrice indélébile. Il s'était promis que plus jamais l'un d'entre eux aurait à revivre cela.
Voilà pourquoi il l'avait envoyé chercher l'Hokage. Au moins, il serait en sécurité pendant quelques temps.
- Asuka-chan, sois gentille s'il te plait ! Reviens ici ! s'exclama un jeune homme brun tout en courant après une adorable fillette aux cheveux d'ébène dans les rues deKonoha.
- 'Ka-kun 'ttape moi ! riait l'espiègle enfant tout en se faufilant aisément entre les jambes des passants, qui ne pouvaient que jeter des regards compatissants à son baby-sitter.
Baby-sitter qui, soudain, regrettait d'avoir proposé de garder son intenable filleule pendant le mariage de deux de ses anciens camarades de classe. Avant de se ressaisir : Kurenai avait plus de raison que lui d'assister à l'union de Kiba et Hinata. Après tout, il s'agissait de ses anciens élèves. Et, même si Shikamaru les aimait beaucoup et que leur union l'égayait, il devait admettre que ce genre de célébration ne l'intéressait guère.
Il avait donc profité de cette occasion pour passer un peu plus de temps avec sa filleule, qu'il ne voyait que peu à cause de ses nombreuses missions. Les trois années passées avaient fait de lui un Jônin respecté, et respectable, sur lequel se reposait encore plus la Godaime Hokage. Même si Shikamaru était fier de pouvoir ainsi protéger les petits rois et reines du village, il devait admettre que cela restreignait sa vie privée. « Est-ce que je respecte vraiment la promesse faite à Asuma ? » se demanda-t-il, les yeux posés sur la fillette de ce dernier. Il espérait que oui.
Le bruit assourdissant de l'explosion attisa la curiosité, tout comme la fumée qui s'élevait à l'entrée du village.
- Feu ! Joli feu ! s'enthousiasmait l'enfant, poursuivant sa course jusqu'à l'attroupement formé malgré les tentatives d'Izumo et Kotetsu.
- Asuka-chan ! Attends moi !
L'inquiétude gonfla dans le coeur du shinobi alors qu'il poursuivait toujours la petite Asuka. Cette vague de peur s'enhardit lorsque la petite se glissa entre les jambes des badauds rassemblés, sans que personne n'esquissât un geste pour l'arrêter. La terreur s'abbatit violemment sur Shikamaru quand la fillette échappa à sa vue.
- Asuka-chan ! s'écria-t-il en tentant de se faufiler à travers la foule.
Dans sa poitrine, son coeur déjà bien endolori par les années passées battait follement. Précipitation. Sa gorge le brûlait alors qu'il haletait. Shikamaru, connu pour être l'un des hommes les plus calmes et modérés du village, perdait pieds. Imaginait l'horrifiante vision de l'enfant calcinée, gisant à ses pieds ; transpercée par des kunai et shuriken ennemis.
Il ne put retenir un soupire de soulagement en apercevant Asuka, figée un peu plus loin, tournée face à l'entrée du village.
Là où se trouvait le corps d'inanimé de Kotetsu.
Aux pieds de deux silhouettes masculines fort différentes. Des nunkenin.
Première partie de l'arc I postée ! L'arc devrait être plutôt court, tout comme les chapitres. Je préfère installer l'ambiance et l'intrigue lentement afin de ne rien laisser au hasard.
Apparemment, m'a retiré quelques espaces. Si vous pouviez me les signaler, ce serait gentil !
N'hésitez pas à me poser des questions ! Ou à laisser des reviews !
Yuki
