Note: Et voilà une petite suite! Je planche sur le troisième chapitre =)

Merci aux anonymes!

Fredee: Eh bien voilà, le deuxième, j'espère qu'il te plaira ^^

Alicia: Euh, comment dire... Moi aussi, hinhin! La souffrance sied teeellement bien à son teint *soupir*

La Lionne: Re-merci pour le coup de la porte XD Pourquoi Dieu a décidé de pourrir le groove de Sammy, ça reste encore un mystère...Mais ptêtre qu'on aura la réponse bientôt ? Oô Ravie de t'avoir amusé ^^


Chapitre 2


Une main soutenant la tête de son petit frère, l'autre resserrée autour du verre qu'il amenait à ses lèvres afin qu'il puisse avaler ses médicaments, Dean l'examinait d'un œil inquiet.

Sam lui semblait plus pâle encore que la veille, lorsqu'il l'avait amené à l'hôtel dans un état pitoyable très avancé - pour quelqu'un venant seulement d'être contaminé par des virus somme toute plutôt inoffensifs. Ses traits étaient tirés et de légères cernes violettes marbraient ses yeux. Ses joues lui semblaient plus creusées et sa prunelle émeraude plus fixe lorsqu'elle se posait sur lui.

Sa gorge se serra douloureusement à cette pensée, mais en réalité Sam avait l'air vraiment très malade et il commençait à se demander si une hospitalisation en bonne et due forme n'était pas la seule solution pour voir son état s'améliorer.

Il reposait le verre sur la table de chevet quand Sam posa une main sur son avant bras, le faisant sursauter. Elle était glacée.

- Oui, Sammy?

Sam leva les yeux vers lui, probablement trop épuisé pour daigner accorder une expression à son visage. Ainsi, il le dévisagea un instant, la mine dénuée de tout dynamisme.

Et finalement il demanda dans un murmure:

- Pourquoi tu me détestes?

Dean cligna des yeux, pas certain d'avoir bien entendu.

- Hein? répondit-il très intelligemment.

Sam ramena sa main sous les draps.

- Réponds.

Il voulait une réponse, et il la voulait tout de suite.

Une lueur un peu folle dansait dans ses yeux, qui s'étrécirent, se faisant méfiants.

- Je ne déteste pas, pourquoi tu dis ça?

Dean s'assit à côté de lui au bord du lit et posa une main sur son front. Brûlant. Evidemment, la fièvre ne s'évanouissait jamais en deux minutes.

L'expression de Sam se fit hagarde, il marmonna tout en fixant l'horloge:

- T'es vraiment un enfoiré. Si tu tenais à ce point à me voir disparaître t'avais qu'à me tirer une balle.

Enchaîner autant de mots à la suite lui avait demandé un gros effort. Sam se tordit soudainement sur son lit, en proie à une grosse quinte de toux. Il finit par se calmer et ajouta, sa bouche prenant un pli amer:

- Mais peut-être que tu t'es dis que ça...serait moins drôle, que je...(Sam grimaça en se massant les tempes du bout des doigts)... méritais d'en baver à fond…c'est ça?

Lorsqu'il ramena ses mains sur les draps autrefois immaculés, son regard fut plus froid que l'iceberg qui avait coulé le Titanic. Il fixa son aîné droit dans les yeux, le défiant de répondre.

Dean se figea tout net dans l'imitation parfaite d'une tanche.

- Plus vraie que l'originale, grinça Sam avec un rictus narquois.

Le blond retrouva une contenance et arqua un sourcil. Il nageait en plein délire, là?

A deux doigts de craquer, le plus jeune allait conseiller à Dean de répondre vite avant qu'il ne lui jette une bassine de gerbe en pleine face, quand la porte d'entrée claqua.

- Encoooore! siffla-t-il entre ses dents serrées.

Il ferma les yeux et compta mentalement jusqu'à cinq. Qui que soit ce nouveau venu il n'était pas en état de l'écarteler; alors il devait a-bso-lu-ment se calmer avant de perdre ce qui lui restait de force en beuglant comme un taré. Pas comme s'il en était encore capable, de toute façon. La dernière fois qu'il avait essayé de hurler à Dean de le laisser en paix ( le neuvième connard le plus sincère qu'il ait jamais prononcé de son existence), il avait fusillé ce qui subsistait de sa gorge.

- Comment va-t-il?

Une vague de soulagement déferla en Dean lorsque la silhouette rassurante de Bobby se détacha de l'ombre pour avancer vers eux.

Il sauta sur ses pieds, jeta un coup d'œil anxieux à Sam et répondit discrètement:

- Mal. Je crois qu'il délire.

Les sourcils froncés, le vieux chasseur s'avança vers le malade. Sa main rugueuse se posa sur son front luisant de sueur.

- Houlàà…tu lui as donné…

Les yeux tournés vers Dean, Bobby sursauta, laissant sa phrase en suspens. Sam venait de repousser sauvagement sa main, et lorsqu'il reporta son attention sur lui ce fut pour l'entendre cracher:

- 'Me touche pas!

Fermement décidé à souffrir en paix, le plus jeune se tourna lourdement sur le ventre.

Et aussitôt il rabattit les couvertures sur sa tête.

- Eh, calme-toi, gamin! rouspéta gentiment Bobby en s'appuyant à deux mains au bord du matelas. Je suis venu voir comment tu allais, qu'est-ce qui te prends?

Un grognement assourdit jaillit des couvertures. Sam s'écarta sur la droite, le plus loin possible de son ennemi numéro 1.

« Enfoiré…C'est ça, fais comme si tu ne le savais pas! Tu sais très bien ce qui me prends! Traître…Judas…!»

- Ok, grommela Bobby, un rien agacé. Dean? Tu m'expliques?

- Assassin!

Les yeux écarquillés, Bobby fixa les quelques mèches brunes qui dépassaient des couvertures.

Assassin? Lui? Oh, il avait peut-être zigouillé trois escargots et une poignée de moustiques sur la route en venant, mais à moins d'être extra lucide Sam n'était pas censé le savoir. Et bon sang, depuis quand Sam se permettait de lui parler sur ce ton? Malade ou pas il y avait des limites.

- Comme je t'ai dis, il délire! répondit le blond en agitant les mains en l'air. Je suis rentré dix minutes avant que t'arrives. Il croit que je le déteste. Et euh… vu son comportement, je suppose qu'il imagine que tu le détestes aussi.

Bobby hocha lentement la tête, puis tira doucement une des couvertures qui enrobaient Sam comme un cocon.

Il aurait dû s'en douter. Le gosse n'avait pas supporté d'avoir été laissé en arrière, et maintenant qu'il était contaminé, il estimait qu'ils n'étaient plus dignes de sa confiance. Ca devait être un truc comme ça. Sam et le mélodrame, c'était une longue histoire d'amour…

Dean les rejoignit sur le lit. Du bout des doigts, il chatouilla la nuque découverte et assura, un sourire dans la voix:

- On t'aime, Samamour, on t'adore, on t'adule! Arrête de faire ton bébé.

Avec cette mollesse contre laquelle il ne pouvait rien et qui l'exaspérait presque autant que Bobby et son frère, Sam se retourna et abaissa son armure de couvertures juste assez pour distinguer le visage de Dean. Avec un regard noir intense (comme le café Grand-mère®), il protesta avec toute la hargne qu'il avait en réserve:

- Appelle-moi encore u-une fois comme ça et je te t-t-ue!

« - Waouuh! Super convaincant…Tu bégaies comme une merde.

- Oh ta gueule!

- Et comment tu pourrais le tuer alors que t'es même plus capable de pisser tout seul, Samamouuur? »

- Je t'ai dis de la FERMER! »

Sam poussa un soupir silencieux. Et voilà, maintenant il virait schizo. Youhou! Manquait plus que ça…c'était quoi la prochaine étape? Il aidait Doc Geygwout à buter les mémés?

Le jeune homme s'éclaircit bruyamment la gorge et fit la moue d'une façon très enfantine. Bobby ricana. Un large sourire étira les lèvres de Dean, qui ne pu s'empêcher de renchérir:

- Ouais, ouais, sucre d'orge. Allez, raconte tout à ton grand frère adoré. Pourquoi tant de haine?

Adoucit et un peu rassuré malgré lui, Sam en oublia de grogner et roula des yeux .

- Lâche-moi.

- C'est une baignoire ou une douche?

Dean arqua élégamment un sourcil à l'intervention de Bobby, se demandant visiblement de quoi il parlait.

- Dans la salle de bain, précisa le vieux chasseur avec impatience, comme si Dean était vraiment un débile pour ne pas comprendre directement. Baignoire ou douche?

- Baignoire, répondit Dean prudemment. Pourquoi? Tu t'es pas lavé?

- Pas pour moi abruti. Bon, une baignoire c'est parfait. Tu vas coller Sam dedans, ça fera baisser la fièvre.

- Maintenant? demanda l'aîné en baissant d'un ton.

Il grimaça en désignant Sam - qui fredonnait des mots sans queue ni tête les yeux fermés - d'un discret mouvement de tête, l'air de dire: « Non mais tu l'as vu là? Il voudra jamais! ».

Comme s'il avait tout entendu, Sam fredonna un poil plus fort:

- … brûlez, brûlez les pâquereeeettes ! Moi je dor-euh, je dor-euh, je dooooors…Noyez, noyez tous les traîîître! Moi je dor-euh, je dor-euh, je dooooors…

Bobby haussa les épaules.

- Il est en plein délire, Dean. Si tu ne veux pas qu'il se mette à voir danser des vahinées cramées, t'as plutôt intérêt à l'y emmener tout de suite. Deux degrés en dessous de sa température, pas plus ni moins, sinon, tu causerais un choc thermique. Sur ce, tu m'excuses, termina Bobby en se redressant, on a toujours un demi-Dieu sur les bras. Je vais appeler deux ou trois types qui pourront éventuellement vous remplacer. Prends soin du gamin, et colle lui en une de ma part quand il ira mieux.

Dean lui rendit son sourire et se redressa à son tour pour fermer la porte derrière lui.

Cela fait, il prit une longue inspiration et se tourna vers son petit frère.

Bon, connaissant le bonhomme, ça n'allait pas être de la tarte.

« Du tact, Dean. Tact, douceur et diplomatie, tu peux y arriver ».

D'un pas légèrement hésitant, Dean s'avança vers Sam. Il l'appela doucement…Pas de réponse. Il lui secoua l'épaule…et esquiva de justesse le coude que le brun faillit encastrer dans son nez.

- Oh! On se calme. Tout doux!

Les poignets soudainement bloqués de part et d'autre de sa tête, Sam n'eut pas même un frémissement de paupières.

- Même pas en rêve.

Sa voix était rauque, vacillante, mais elle aurait pu congeler l'astre solaire.

L'espace d'une seconde, Dean faillit perdre contenance. Il ne savait plus sur quel pied danser, et ça l'agaçait. « Il délire ou il délire pas, cet ahuri? »

- Je ne vois absolument pas de quoi tu parles, mentit-il, juste pour être sûr.

Sam renifla dédaigneusement ( en profitant au passage pour déboucher un peu ses fosses nasales) et lui lança un regard pouvant se traduire par « Essaye un peu de me bouger du plumard que je teste la solidité du mur avec ton crâne » en se ramassant encore plus sur lui-même dans le fond de son lit. Dean haussa les épaules d'un air faussement navré.

- T'as bien entendu Bobby. Et puis c'est la seule chose à faire si tu veux que la fièvre baisse plus vite.

La lèvre inférieure un peu retroussée dans une moue boudeuse, Sam grommela:

- J'm'en fous, je bouge pas.

- C'est pour ton bien.

- C'est ça, comme si t'en avais quelque chose à cirer...

Dean poussa un soupir excédé. Il commençait doucement à lui courir sur le haricot…

- SAM!

Tant pis pour la diplomatie. Son emmerdeur de frère réagirait peut-être naturellement en se pliant à sa volonté s'il lui secouait les puces à sa manière. Incroyable ça! Où était passé l'obéissance et le respect dû aux aînés, hein? Une petite voix lui rappela sournoisement que ça faisait une paire d'années que Sam se tamponnait le coquillard de ces valeureux principes, et alors que l'insolent ouvrait la bouche pour protester Dean cria encore plus fort:

- TU VAS M'ECOUTER A LA FIN ?

Le concerné poussa un couinement en plaquant les mains sur ses oreilles.

- La feeeerme! J'suis pas sourd, sombre crétin!

Imperturbable, Dean agrippa une nouvelle fois les poignets de son frère pour les écarter de son crâne. Le visage si proche de lui que leur nez se frôlaient presque, il dit en pesant lourdement ses mots:

- Je crois que tu n'as pas bien saisis le message. Je ne te laisse pas le choix, Sam. Tu prendras ce bain, que ça te plaise ou non.

La voix était implacable. La bouche entrouverte et les yeux grands ouverts, Sam perçut la menace cinq sur cinq: « je te porte et je te fous à poils moi-même si tu ne bouges pas tes fesses dans les dix secondes ».

Mon Dieu pitié non. TOUT sauf ça! S'il bougeait ses précieuses fesses ne serait-ce que d'un millimètre, il allait vomir ses boyaux. Et puis il était déjà congelé sous ses couvertures! Il avait sauvé le monde, oh! Ca méritait un minimum de pitié!

Sam poussa un gémissement plaintif.

Dean plissa les yeux.

Sam hocha la tête négativement.

Dean serra les dents et hocha la tête frénétiquement, l'air de dire : « Oh mais si! ».

Sam ajouta un doigt à son mouvement de tête et le secoua vivement de gauche à droite.

Dean poussa un soupir tremblant d'agacement, ses doigts s'enfoncèrent brutalement dans les poignets de son frère, qui laissa échapper un gémissement de douleur (à peine exagéré).

Sam détourna la tête avec un soupir déchirant…se concentra, compta trois secondes, et leva des yeux mouillés sur son frère.

Dean siffla: « Sssi »

Sam murmura: « S'il-te-plaît …», les lèvres tremblotantes.

Dean libéra un poignet de Sam, dégagea sèchement les couverture, rassembla ses deux jambes et glissa sa main libre en dessous, menaçant de le porter comme un vulgaire sac.

- Okay, okay! Pas la peine de sortir l'artillerie lourde.

Dean ramena les mains sur ses cuisses et fronça les sourcils.

- Alors c'est oui, tu te bouges?

Bizarrement, la victoire lui paraissait trop facile.

Sam frissonna. Plus inflexible qu'un sergent chef instructeur et une mère poule réunis, le grand frère…

- Eh bien… euh…non?

Merde, Dean faisait sa constipate face, là. Et constipate face + Dean + lui mode flan en décomposition = Lui mort. L'addition la plus simplissime de l'humanité.

"Ouais, ben tu feras moins le malin quand il t'aura noyé dans de l'eau congelée. Tu sais...pour faire baisser la fièvre" remarqua l'énervante petite voix de sa conscience.

Quoi? Non mais qui lui avait demandé de la ramener à celle-là? C'était plus fort que lui, il n'avait pas pu s'en empêcher! Quand Dean l'énervait à ce point, "non" était le premier mot qui lui venait à la bouche.

Un grognement roula dans la gorge de l'aîné. Sam envisagea sérieusement de se défendre avec les bassines de vomi postées de chaque côté du lit comme il l'avait projeté un peu plus tôt, mais il eut à peine le temps de se pencher que Dean l'avait déjà farouchement jeté sur ses épaules. En se débattant il chuta lourdement à terre; mais loin d'abandonner, son frère indigne le traîna sans pitié par les pieds jusqu'à la salle de bain. Dix minutes de suppliques désespérées entrecoupées d'insultes plus tard, Sam atterrit en caleçon dans une baignoire remplie d'eau (et d'une lourde dose de bain moussant: le parfum gastro de son tendre petit frère était de loin la pire odeur que Dean ait jamais sentit).

TBC...