Chapitre 2

Nous sommes arrivées à Fort Bragg en fin de matinée, le soleil était au zénith et nous devions faire une queue interminable devant le bureau de renseignements, bien que tous les guichets soient ouverts. Après s'être identifiés, il fallait se rendre dans un ancien hangar à avions afin de toucher notre packtage. Lorsque se fut mon tour, l'homme hésita avant de me donner, ma chaîne et mon equipement au complet. Je commençais à m'éloigner avec les gars de ma section lorsque l'homme me rappela, il me tendit une trousse avec une croix rouge, un brassard et plusieurs patchs avec eux aussi la croix rouge. Je regarda ce donateur crédule, et tendit que mes compagnons s'éloignés, déclara:

_ Euh; Il doit y avoir une erreur, c'est quoi tout ça ? Dis-je en lui rendant ces nouvelles fournitures.

_ Vous serez infirmière sur le front. Articula-t-il.

_ Mais ! Il y a une erreur, Je n'ai aucune connaissance médicale ! Ajoutais-je

_Vous aurez des cours, écoutez, ce n'est pas une erreur. Dit-il en s'impatientant?

_ Mais j'ai envie d'aller sur le front moi !

_ Vous y serez ! Trancha-t-il. Et avant que je puisse ajoutais quoi que ce soit, il s'éloigné déjà à grandes foulées.

Je fis demi tour, et rejoigna Joe avec mon nouveau matériel dans les bras, toujours incompréhensive face a ce nouveau «Job». Toye me contemplait en souriant, puis nous nous éloignons tout deux vers nos nouveaux baraquements, plus spacieux, plus éclairés. Je m'appropria un lit, et jeta mes affaires dans la cantine disposée au pied de celui ci. Joe s'installa à côté. Le temps passé et personnes n'arrivaient, jusqu'à ce que Bill arriva en trombe, transpirant et haletant.

_ Mais vous faites quoi la ? On a une réunion dans 5 minutes, c'est à l'opposé de la base !

Toye et moi, nous regardons et d'un bond, sortons du baraquement, il m'attrapa la main et m'entraina au rythme de ses foulées. Tous étaient déjà assis à même le sol écoutant attentivement le monologue du lieutenant Meehan qui esquissa un sourire à notre vue. On s'installa en silence.

Les 3 mois à Fort Bragg furent épuisants, un mélange explosif entre exercices physiques, gymnastique, course et marche de nuit. Nos seuls moment de détente étaient les cours théoriques et bien-sur, après le dernier «Rompez» de la journée. Un soir, le lieutenant Meehan nous fit plier nos parachutes, déplier, et replier de nouveau. Il nous prévint ensuite que les grands sauts étaient pour le lendemain. C'est alors avec des idées pleins la tête que nous partons au réfectoire. Eugène Roe, l'autre Doc m'informa que notre dernier cours médicale obligatoire était pour ce soir. J'avala rapidement mon assiétté, et l'accompagna jusqu'à la salle mise à disposition pour les cours. Les autres docs des autres sections n'étaient pas encore arrivés. Je dois avouer que, grâce à ces cours, Eugène et moi nous étions beaucoup rapprochés, nous étions devenus complémentaires, ce qui crée des petites tensions entre Joe et Eugène. Lors de ce dernier enseignement, nous avons touchés notre vraie trousse de secours composée de plasma, bandages, ciseaux et l'utile morphine etc.. Le tout pesait 5 petits kilos. Le cour pris fin, Eugène et moi nous dirigeons dehors après avoir salués nos camarades, nous parlions des connaissances acquises en si peu de temps lorsqu'il s'arrêta brusquement et murmura:

_Je te Laisse ici, Guarnere et Joe t'attendent là-bas. Dit-il en hochant du menton vers la direction de mes deux amis.

En effet, dans un coin sombre, on pouvait distingués deux points rouges de cigarettes brulantes faisant ressortir leur deux visages. Je Regarda Eugène, lui sourit et m'excusa. Il devait autant apprécier ma compagnie que moi la sienne. Je lui fis la bise et pris congé pour retrouver les deux fumeurs.

_ Alors, Notre petite Doc est prête à nous soigner ? Ironisa Bill

_ Espérons que je n'aurais pas à le faire.. Soupirais-je tout en touchant le chapelet que ma mère m'avait donné.

Ils restèrent silencieux, la possibilité de les perdre au front me retourné l'estomac, tout trois marchons dans cette silencieuse obscurité en direction des baraquements, pour tenter de trouver le sommeil.

Le saut du lendemain me stressé, je n'arrêtait pas de me retourner encore et toujours dans ma couchette, le temps s'écoulé lentement, trop lentement. Je ne sais même pas depuis combien de temps nous nous étions couchés, je me posais d'innombrables questions lorsqu'une main se posa sur mon épaule me faisant sursauter.

_ Allez viens dehors, t'es pas la seule à cogiter.

Je pus reconnaître la voix de Liebgott.

Je me dressa péniblement sur mes pieds et sortit sas bruit sur le pas de la porte. Une bonne quinzaine d'hommes s'y trouvaient déjà, la plupart entrain de fumer en jouant au carte, ou perdus dans leur pensées. Ils se retournèrent, et je pus apercevoir, sur chacuns de leurs uniques visages, le même sourire forcé.