Chapitre 1

La bêtise

Comme à l'accoutumé sur l'heure du dîné, le terrier se noyait dans une saveur de potage, de plusieurs viandes et plats prêts à servir. Tout est comme avant sauf à quelques détails prêt. La maison habituellement vivante et débordante de cette énergie familiale que l'on reconnait au nombre d'enfants, est maintenant d'une propreté plus que parfaite. Mrs Weasley n'arrête plus. Le regard vaste et les membres tremblants, elle exécute tâche par-dessus taches sans prendre le moindre temps d'arrêt. Son visage est aussi plus maigre et blafard. Pourtant, c'est peut dire quand l'on regarde Georges. Son teint semble celui d'un mort, pourtant il continu de rire sans cesse et de raconter ses blagues habituellement achevées en duo. Cela dit, il y a maintenant plus d'une semaine que cette belle catastrophe est arrivée.

Le cœur lourd et l'esprit embêté, Hermione descendit l'escalier d'un pas nonchalant en direction de la table à manger. Elle s'assit, les bras croisés. Elle n'avait pas faim et voulait fuir Ronald le plus loin possible. Un soupire se fraya un chemin entre ses lèvres quand elle repensa à sa conversation avec Harry de cette après-midi. Lui avait droit au prestige… Ron avait droit aux plaintes parce que son frère était mort. C'était normal oui… Pourtant Hermione avait vécu cette année très péniblement. Elle avait combattue elle aussi. Elle avait risquée sa vie elle aussi. Pourtant cette jeune femme n'avait même pas eu droit à une seule parole de réconfort. Elle était frêle et son corps manquait de vivacité. Pour combien de temps encore? Elle voulait que ça cesse.

-Bonsoir.

Elle sursauta quand la dernière personne que l'on attendait arriva. Arthur Weasley retira une cape légère que Molly amassa prestement pour aller la ranger. Le regard tracassé, il vint s'asseoir tout au bout de la tête et déposa une valise par terre qui disparût aussi vite que son pardessus.

-Quelle journée, enchaîna-t-il d'une voix fatiguée.

Mrs Weasley commença à servir Arthur, puis tous les autres. Elle s'assit en tout dernier, après avoir vérifié que tout était à sa place.

--Il hurle comme une bête, ajouta-il une cuillère de porridge près des lèvres, s'en est effrayant.

Intriguées, plusieurs têtes se tournèrent vers le père des Weasley.

-Vous avez prit un nouveau mangemort en fuite? Tenta Ronald, en regardant son bol comme si la gourmandise l'avait quitté à jamais.

Son père avala la moitié du porridge d'une traite avant de répondre à son fils.

-Non. Kingsley à demandé à ce que l'on fouille toutes les maisons concernant les disciples de Vol.. Il fronça les sourcils puis enchaîna. Demort. L'on réquisitionne les biens que l'on suspecte et voilà. Le fils Malfoy fait peine à voir. En fait je ne l'ai pas vu, mais entendu.

Il prit quelques secondes avant d'avaler sa dernière lapée de porridge. Comme si un souvenir lui était douloureux et très récent. Hermione sortit enfin de sa torpeur pour s'intéresser à la conversation.

-Comment ce Drago Malfoy pourrait-il faire peine à voir? Demanda Percy d'un ton suspicieux.

-Oui chè vrai, omment? ajouta Ron en mangeant enfin avec appétit.

Le regard maintenant sévère, Arthur s'adressa un peu pour lui-même, plus qu'à ses fils.

-Il a payé. Je ne sais pas. Personne ne le sait encore, mais des mangemorts ont malmenés cet enfant. L'on ne sait pas s'il va s'en sortir.

À cet instant le cœur de Ron se serra parce qu'il repensa à Fred. Les cœurs de Harry et Hermione se serrèrent quant à eux, parce qu'ils pensèrent à la vie méprisable que Drago Malfoy avait dû endurer avant de peut-être mourir sans avoir eu la chance de devenir quelqu'un de bien. Empathie ou pitié? C'était difficile à dire mais l'émotion était tout de même présente. Cela dit, la conversation dévia par la suite sur un ton un peu plus positif. Arthur Weasley annonça à tout le monde que Poudlard était déjà rebâtit et qu'il ne restait plus qu'en refaire la sécurité magique aux alentours. Le dîné terminé, Hermione monta dans sa chambre qui lui avait été allouée pour l'été et Ron monta les escaliers sur ses talons.

Embrasser Ron comme ça en pleine guerre. La passion avait été au rendez-vous et elle prévoyait depuis plusieurs années que ce moment allait arriver. Elle avait toujours eu cette impression que son cœur lui appartenait. Pourtant, aujourd'hui, son cœur ne battait plus aussi vite quand il s'approchait d'elle.

-J'aurais bien aimé que Malfoy crève à la place de Fred.

Le roux s'était assit sur le lit de son amie pour contempler ses chaussettes, l'air renfrogné et sévère à la fois. Les sourcils froncés, Hermione tourna la tête vers Ronald. Pourquoi en parle-t-il encore, songea-t-elle. Pourquoi il ne la prenait-il pas dans ses bras pour la serrer fort et lui assurer que tout allait bientôt s'arranger et qu'elle serait heureuse à nouveau? Elle ne répondit tout simplement pas à Ronald. Elle s'assit aussi sur le lit et resta là à fixer ses pieds elle aussi. L'atmosphère était froide et faisait mal à Hermione. Comme si un tas de charbon calciné lui brûlait les entrailles…