Tarataritataaaaa! (bruit de trompettes) oyez oyez gentes dames, voici la suite de mon sasunaru bizarre.
J'ai reçu des reviews positives, donc j'en conclus que même quand j'écris des trucs bizarres, ça plaît...

Ce chapitre est un peu court, mais je suis crevée, donc je poste le strict minimum (hé hé désolée, je suis une tire-au-flanc)


Une semaine plus tard…

Sasuke vida son verre de saké et le reposa avec un « toc » retentissant sur le bar.

Il sortit son agenda électronique et vérifia ses rendez-vous du jour.

-Hm, hm… ça je repousse, ça j'annule, ça je me fais remplacer…

Chaque jour depuis une semaine il arrivait en retard au bureau et travaillait le moins possible. Il n'en pouvait plus de tous ces cons qui lui servaient d'employés.

-Ah merde il y a ce rendez-vous avec l'Umino Corp… ça fait déjà quatre fois que je repousse, l'accord va finir par tomber à l'eau… Ma secrétaire va me tuer si je me fais remplacer…

-Un autre saké ?

-Hm ? oui. Alors voyons… je dois rencontrer le PDG de l'Umino Corp à dix heures, il est neuf heures et demie… comment ça se fait que je l'ai jamais vu ce gars ?

Kakashi écoutait vaguement les marmonnements de Sasuke.

-Il ne rencontre personnellement ses associés que lors de la signature du contrat.

-Pardon ?

-Umino. Il envoie toujours des employés s'occuper des préparatifs des contrats, lui il ne fait que signer.

-Comment vous connaissez le PDG de l'Umino Corp ?

-Hé oh ! tu te rappelles que je sors avec lui depuis six ans ?

-Comment je pouvais le savoir, je sais même pas vos noms de famille ! bougonna Sasuke, sous-entendant par là que même Naruto ne lui avait pas dit son nom complet.


Sasuke serra la main d'Iruka, tout en vérifiant, dans le miroir derrière le PDG de l'Umino Corp, s'il n'avait pas trop mauvaise mine.

-Mon bras droit devait venir aussi, mais il est un peu en retard… dit prudemment Iruka.

Il ne s'attendait absolument pas à rencontrer Sasuke et il était assez étonné de sa réaction très professionnelle.

-Nous l'attendrons, répondit Sasuke en s'asseyant et en vérifiant si son haleine ne sentait pas trop le saké.

La porte s'ouvrit à la volée.

-Scusez pour le ret…

-Naruto ? s'étrangla Sasuke en se levant.

-J'ai dû me tromper de…

Iruka lui jeta un œil inquiet et haussa les épaules dans un mouvement signifiant « je suis désolé, j'étais pas au courant ».

Sasuke s'approcha, complètement hypnotisé.

Il fallait qu'il lui parle.

Naruto sortit du bureau et courut à toutes jambes dans le couloir.

Sasuke le suivit et le rattrapa alors qu'il allait quitter l'immeuble.

-Naruto, je suis… je…

-Lâchez-moi, je ne vous connais pas !

Sasuke eut l'impression d'avoir reçu un coup de poing dans l'estomac.

-Naruto, j'aimerais te rev…

-Je vous ai dit de ne pas me chercher ! l'interrompit Naruto en se débattant pour qu'il le lâche. Laissez-moi en paix ! Je ne suis pas… Je ne peux pas… Trouvez quelqu'un d'autre !

-Mais c'est toi que je veux !

Naruto était complètement terrifié. Il voulait que ce cinglé le lâche pour qu'il s'en aille avant de changer d'avis.

Sasuke attrapa Naruto par le menton et l'embrassa. Le blond se cambra, tenta de le repousser, mais il n'y arrivait pas.

Il le martelait de coups de poings et de pieds, mais le brun semblait ne rien sentir.

Il se sentait mal, il allait s'évanouir… c'était physique, il ne pouvait plus aimer.

Iruka arriva et tira Sasuke en arrière avant de saisir Naruto par les épaules et l'entraîner dehors.

-Nous annulons l'accord, je suis désolé, dit l'Umino en montant en voiture.

-Naruto…

Sasuke resta quelques instants dans le hall d'entrée, complètement déboussolé.

Lorsque enfin il revint à lui, il prit conscience de tous ces regards posés sur lui et hurla de toutes ses forces :

-VOUS AVEZ RIEN DE MIEUX À FAIRE ? À QUOI JE VOUS PAIE BANDE DE LARVES, SI VOUS VOUS ARRÊTEZ DE TRAVAILLER POUR CHAQUE TYPE QUI SE FAIT LARGUER DANS L'ENTREE ?!

Tout le monde se remit à travailler et Sasuke alla s'enfermer dans son bureau.


Naruto sentit à peine Iruka le prendre par les épaules et l'asseoir sur la banquette arrière de la Mercedes.

Il eut vaguement conscience d'entendre son tuteur dire à son chauffeur de les ramener au bar de Kakashi.

Puis il se sentit partir, la tête dans du coton. Il ne pouvait plus, il n'était plus assez fort… Soudain il se sentit extrêmement fatigué, épuisé par sa propre existence. Quelque chose clochait chez lui et cela le fatiguait plus que ça n'aurait dû.

Il ressentit le besoin pressant d'appeler Neji.

D'entendre sa voix glaciale et aiguisée comme un éclat de verre.

De se perdre dans les affres de la souffrance intentionnelle, et non plus de cette souffrance involontaire que provoquait Sasuke dans son âme meurtrie.

Naruto vivait selon trois phases. La phase « bonheur », la phase « déprime », la phase « masochisme ». La phase « bonheur » était celle qu'il préférait, mais il entrait souvent – trop souvent – en phase « déprime » et cela s'aggravait jusqu'à la phase « masochisme » quand en plus il avait une peine de cœur.

Durant la phase « bonheur », il riait, draguait, se chamaillait avec Kakashi, mangeait des ramen, distribuait son numéro de téléphone au premier mec mignon qui passait.

Durant la phase « déprime », il pleurait en étouffant ses sanglots dans son oreiller, il cognait dans un mannequin à l'effigie de Neji, il sortait ses bouteilles d'alcool.

Durant la phase « masochisme », il regardait toutes les photos qu'il avait prises de ses précédents « amoureux », ceux qu'il avait aimés et qui ne le lui rendaient pas, il appelait Neji, juste pour le plaisir de se faire insulter par téléphone, il sortait dans des bars glauques et se réveillait le lendemain avec l'esprit embrumé par des fumées opiacées, des vapeurs d'alcool et des effets secondaires de médicaments anti-dépressifs.

Et là, dans cette voiture aux vitres teintées et aux sièges de cuir, il ne voulait qu'une chose : souffrir plus qu'il n'avait jamais souffert.

Pour se prouver à lui-même qu'il était capable d'y survivre, de survivre à toutes les épreuves, de survivre à sa douleur, de survivre à son amour pour Sasuke…

Cet amour qu'il aurait voulu ne plus ressentir, tant il lui lacérait le cœur.


Kakashi se précipita sur Iruka lorsqu'il le vit entrer, traînant derrière lui un Naruto à moitié inconscient.

-Qu'est-ce que…

-Je t'expliquerai.

Le barman saisit les jambes du blond et ils le portèrent jusqu'à sa chambre.

-C'est Sasuke. Il… Tu savais qu'il était le PDG de la Sharingan Corporation ?

-Non… merde… tu veux dire que Naruto…

-Il ne s'attendait pas à le revoir, et lui non plus.

-Qu'est-ce qu'il lui a fait ? demanda Kakashi en tentant de se souvenir où il avait rangé ses coups-de-poing américains, avec la ferme intention de les utiliser sur l'Uchiwa.

-Il l'a embrassé.

-C'est tout ? dit l'Hatake en laissant tomber l'idée de fracasser la tête de Sasuke.

-… je ne sais plus quoi penser. Naruto ne supporterait pas une nouvelle expérience désastreuse. Mais en même temps, il ne peut pas rester seul toute la vie…

-Et ce Sasuke semble bien l'aimer quand même.

-Il faudrait qu'on lui parle, un jour…

Kakashi fut secoué d'un rire nerveux. On aurait dit deux parents inquiets qui tentaient de marier leur fille au meilleur parti possible.

Iruka comprit à quoi pensait son amant et se mit à rire aussi.

Mais bien vite, son rire se transforma en sanglots spasmodiques, car la situation était tout à fait ce qu'elle semblait être.

Ils étaient une sorte de parents inquiets, et même si Naruto n'était pas une fille, ils tentaient tant bien que mal de l'aider à trouver la meilleure personne qui soit…


Kakashi appuya son front contre la vitre froide d'une armoire à alcool.

Déjà une semaine s'était écoulée depuis que Naruto était revenu de la Sharingan Corporation.

Iruka avait dû partir pour un séminaire à Tokyo.

Naruto s'enfuyait chaque soir pour passer la nuit dans des endroits sordides avec des gens immondes à souffrir toutes les peines de l'Enfer et passait ses journées à ruminer ses tourments tout en appelant Neji à intervalles réguliers.

Très peu de gens venaient encore dans son bar, ils étaient tous en vacances.

Sasuke avait décidé de se soûler ailleurs.

Et Kakashi restait donc seul, avec son pire ennemi : sa mémoire.

Il se souvenait de toutes ces choses qu'il avait dites ou faites au cours de sa vie, et qui avaient blessé des gens.

Il se souvenait du Kakashi qu'il avait pu être, un stupide coureur, violent et arrogant, mesquin, menteur et moqueur.

Comment Iruka avait-il pu à ce point le transformer ?

Comment Iruka avait-il réussi ce miracle ?

Un blond ouvre la porte d'un air ravi. Son visage se décompose soudainement. Visiblement, je n'étais pas censé être là… Je regarde l'homme aux longs cheveux noirs qui est à côté de moi. Ce dernier parle au blond d'une voix extrêmement violente. Le blond se met à pleurer doucement, les yeux baissés. L'homme à côté de moi crie de plus en plus fort, il l'injurie, comme si c'était lui le coupable. Une lueur de folie brille dans son regard. Je tente de calmer le jeu, mais c'est au tour du blond de crier. Et c'est moi qu'il engueule, moi qui tente de l'aider. Il sort en claquant la porte et je le suis, sans un regard pour l'autre homme. En temps normal, j'aurais tabassé ce type odieux dans les règles, mais un homme, presque encore un gamin, a été blessé, et c'est en partie ma faute.

Je le suis à travers les rues de Konoha pour m'excuser, je ne sais pas ce qui me prend, ça ne me correspond pas de m'excuser. Surtout que ce que je viens de faire, je le fais environ chaque semaine. J'arrive en bas d'un immeuble, il ouvre la porte, je le suis. Je ne suis même pas sûr qu'il se rende compte que je suis derrière lui. Il monte quatre étages en courant dans les escaliers puis disparaît de ma vue. Je frappe à une porte, certain que c'est celle de son appartement. J'attends un peu, frappe encore.

La porte s'ouvre. Je m'attendais à voir le blond, je découvre un brun.

L'air méfiant, il me demande ce que je veux. Je lui explique la situation, comprenant qu'il doit s'agir du père, bien qu'il ait l'air très jeune.

Il me regarde d'un air moitié furieux, moitié compréhensif et je baisse les yeux. Pour la première fois de toute ma vie, je baisse les yeux devant un homme plus petit, plus jeune, plus faible que moi.

Il me fait entrer et me dit qu'il va appeler Naruto.

Je suis l'inconnu vers le salon où il me propose de m'installer. Il disparaît, sans doute pour aller chercher Naruto.

Je m'assieds dans un divan confortable et me plais à me remémorer le visage de mon hôte. La peau caramel, les yeux noisette, les cheveux bruns rassemblés en une queue de cheval hérissée, une fine cicatrice barrant son visage sous ses yeux…

Il a l'air tellement gentil, tellement bienveillant.

Il entre, accompagné du blond, le visage barbouillé de larmes.

Je parviens enfin à m'excuser pour un crime où finalement je suis la victime moi aussi, et je m'en vais.

Sur le pas de la porte, quelque chose retient mon bras. Je me retourne, c'est le brun.

« Excusez-le, il n'a pas eu la vie facile… »

Je plonge mon unique œil dans les siens, puis je hausse les épaules, dans une attitude qui pourrait aussi bien vouloir dire « c'est oublié » que « moi aussi, j'ai une vie compliquée ».

Parce que de toute façon, ce sont les deux messages que je voulais faire passer.

« Je ne me suis pas présenté… je m'appelle Iruka Umino. Où et quand pourrais-je vous revoir ? »

Je lui tends quelque chose. Il s'agit d'un sous-verre en carton où figure l'adresse de mon bar.

« N'importe quand. Même en plein milieu de la nuit, même si c'est fermé, je vous ouvrirai. »

Je regrette aussitôt mes paroles.

Il va finir par penser que je suis impatient de le voir.

Ce qui est terriblement vrai.


Sasuke envoya sa perforatrice vers la tête de sa secrétaire, qui l'exaspérait depuis une demi-heure à lui dire de travailler.

La jeune femme évita sans peine le projectile mais jugea plus prudent de s'éclipser avant de se recevoir tout le matériel de bureau dans la figure.

En effet, Sasuke était en train de chercher son agrafeuse.

En farfouillant dans son tiroir, il tomba sur une photo qui n'était pas censée être là.

Il regarda le visage imprimé sur le papier argentique avec une grimace de terreur.

Les yeux plissés dans une attitude de profond ennui mêlé d'une cruauté sans borne, les lèvres fines serrées en une moue dédaigneuse, les sourcils fins et droits imperceptiblement froncés, les deux minces cicatrices courant sur les joues pâles, les longs cheveux noirs retombant devant le visage…

C'était lui, il était entré dans son bureau, avait placé cette photo dans son tiroir et était reparti.

Sasuke regarda autour de lui.

Itachi était entré dans son bureau, avait sans doute fouillé dans ses affaires, s'était peut-être servi des objets trônant sur son bureau, avait éventuellement bu à sa bouteille d'alcool, s'était probablement assis sur sa chaise…

Sasuke bondit sur ses pieds et jeta autour de lui des regards frénétiques, comme si Itachi allait jaillir d'un coin d'ombre.

Il se sentait souillé, sali… Itachi avait touché toutes ces choses, avait respiré tout cet air, Itachi était de retour et Sasuke n'était pas en état de se défendre s'il tentait quoi que ce soit.

Le jeune homme se reprit et saisit la photo entre le pouce et l'index.

Il regarda encore ce visage si beau et si hideux à la fois, puis retourna le cliché.

« Je suis revenu… On se reverra très bientôt, je sais que tu meurs d'envie de me retrouver, Sasu… Je t'attendrai tout le temps qu'il faudra. Je sais que tu reviendras. Tu es toujours revenu. »

Sasuke avait très bien compris le sens du « je t'attendrai ».

Itachi ne l'approcherait plus tant que lui ne le voudrait pas.

Il faisait toujours ainsi.

Il lui laissait croire qu'il avait le choix mais faisait toujours en sorte qu'il vienne à lui.

Sasuke jeta la photographie dans un cendrier, sortit son briquet et brûla un coin du papier photo, qui s'enflamma dans une lueur bleutée.

Ce qu'il aurait aimé avoir le courage d'en faire autant avec le modèle original…


Voili voilou... j'ai rajouté deux-trois éléments sur le côté maso de Naruto, et sur la peur qu'a Sasuke par rapport à son frère...

Prochain chapitre: comment Iruka en est venu à adopter Naruto. C'est pas un passage très comique (mais cette fic n'est pas très comique, de toute façon...)