Auteur : Bah ça a pas changé, c'est toujours la même tarée qui devrait finir ses fics déjà postées avant de sortir les autres…

Titre : Éclats d'innocence

Disclaimer : ah… de toute façon même si je vous disais que -Man m'appartenait vous ne me croiriez pas, alors autant jouer franc jeux : je ne possède que le scénario de cette fic et les quelques personnages qui vous sont étrangers ( à savoir pour le moment un curé, Mess, Abiageal et Kakera )

Pairing : Qui ne l'a pas comprit ? Un seul couple et aucun autre en vue…

Note : Ce fut dur, ce fut long, ce fut même sanglant et éprouvant ( eh !qui a dit que je brodais ? ) mais le voici. Le magnifique, le tant attendu, le merveilleux…! chapitre 1. Ah ciel, je déteste les premiers chapitres…

Vraiment désolé pour l'attente et merci beaucoup pour vos reviews.

Cher lecteur, je vous souhaite autant que possible une bonne lecture ^^

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Le sifflement d'un train retentit dans la gare. Les quelques voyageurs assis se levèrent et saisirent leurs bagages tandis que d'autres réveillaient leurs camarades assoupis. A peine une minute plus tard l'engin s'immobilisa et les portes s'ouvrirent. Certains passagers étirèrent leurs membres engourdis par ce long voyage. Parmi eux, une jeune fille semblait déborder d'énergie. Les bras tendu sur les côtés à la manière d'un enfant, elle descendit à toute vitesse d'un wagon, un grand sourire ornant son visage aux traits fins. Ce comportement amusa un jeune couple qui attendant patiemment de sortir à leur tour, mais pas le garçon blond aux cheveux mi-longs et aux yeux bleus qui se trouvait derrière eux.

- Mademoiselle l'exorciste, implora-t-il ne pouvant décemment pas bousculer les gens devant lui pour la rattraper.

L'interpellée s'arrêta. Posant enfin pied à terre le blond s'aperçut que la fillette lui faisait face à quelques mètres de distance, mais surtout qu'elle boudait. Cette réaction le fit rougir de gène, d'autant plus qu'une personne en ria et une autre lui jeta un regard courroucé lui rappelant qu'on ne devait jamais faire pleurer une femme. Il détourna un peu les yeux, sachant pertinemment ce qu'il devait faire pour réparer la situation, mais hésita. Le traqueur débutant qu'il était, devait le respect aux exorcistes et à son grand désarroi celle qui se tenait devant lui ne supportait pas les marques de politesses répétées et ne demandait qu'à être traitée normalement.

- Euh… Je veux dire, mademoiselle Kakera.

Le visage de Kakera s'illumina dans un magnifique sourire. Elle s'avança pour saisir le poignet du traqueur et l'entraîna à sa suite, lui arrachant par la même occasion sa valise des mains. Cette jeune fille était vraiment intenable et son accompagnateur comprit à quel point elle désirait rentrer.

Lui aussi d'ailleurs. Il y avait une personne qu'il voulait revoir le plus vite possible…

- Monsieur Walker.

Le jeune homme entrouvrit les yeux. Quelqu'un l'appelait, mais le sommeil ne semblait pas vouloir le quitter. Le clapotis de l'eau mêlé au calme ambiant était si agréable et reposant, qu'il sentit ses paupières s'alourdirent de nouveau. Néanmoins son interlocuteur ne l'entendait pas de cette oreille.

- Monsieur Allen Walker, s'écria-t-on.

Surpris le garçon se redressa d'un coup et cligna plusieurs fois des yeux. En face de lui, un homme vêtu de blanc soupira de soulagement. Si on lui avait dit que son travail consisterait à jouer les réveils matin pour exorciste…

- Nous sommes arrivés à la congrégation, expliqua-t-il en voyant l'air un peu perdu du dit exorciste.

Celui-ci regarda vite fait autour de lui et constata qu'il se trouvait en effet dans les souterrains, correctement installé dans une barque. Enfin aussi correctement qu'on pouvait se tenir lorsqu'on s'endormait sur ce genre d'embarcation. Allen rougit soudainement de gêne et se releva d'un bond en s'apercevant de sa situation.

- Pardon !

Le traqueur assura qu'il ne lui en tenait pas rigueur et le laissa filer. Une fois dans les escaliers, Allen bailla à s'en décrocher la mâchoire tout en passant une main dans ses cheveux blancs, bousculant ainsi un objet non identifié… Pas si non identifié que ça. Une boule dorée vint voleter devant lui, n'appréciant sans doute pas d'être ainsi virée de son perchoir.

- Ah, pardon Timcanpy.

- Oh Allen ! Bon retour.

Le jeune homme sourit et répondit avec entrain au commandant Reever. Quelques membres de l'équipe scientifique, bien que semblant tous se déplacer avec la force et l'énergie de zombies, le saluèrent à leurs tours avant qu'il ne parte à la recherche du grand intendant. Il marcha calmement vers le bureau de Komui, se remémorant les événements de la veille. Komui l'avait envoyé au secours d'un groupe de traqueur en difficulté à l'autre bout du pays. Combats sur combats s'étaient alors enchaînés ne laissant que peu de répit pour l'exorciste. Fort heureusement il n'avait rencontré qu'un seul Akuma de niveau 2, les autres - de niveau 1 - n'étant pas les plus ardus à éliminer. Au final il n'y eu aucune victime à déplorer, et ça, c'était la vrai victoire pour Allen…

Prit ainsi dans ses pensées il ne se rendit même pas compte qu'il était arrivé à destination depuis un bon moment. Il fut rappelé à l'ordre par un drôle de gargouillis dont la provenance ne lui était pas étrangère. Son estomac commençait à faire des siennes et il n'allait pas le faire attendre davantage. Le jeune homme leva donc la main vers la porte avant de stopper son geste. A l'intérieur des voix retentissaient. Komui était déjà avec quelqu'un ? Tant pis il avait trop faim pour attendre.

Il frappa doucement à la porte avant de l'ouvrir. A l'intérieur régnait toujours le même désordre propre à la personnalité, aussi folle et dévastatrice qu'une tornade, de l'intendant. Vraiment tout ça devait être déprimant pour les scientifiques de la congrégation. D'ailleurs en parlant de l'intendant, celui-ci quitta la pièce via une autre ouverture à l'instant où Allen entra. Ce dernier voulut l'appeler mais n'en fit rien en sentant un regard posé sur lui. Il tourna la tête vers le bureau - bien caché sous des tas de feuilles et de dossiers - et rencontra une paire d'yeux à la couleur insolite.

Assise sur le bureau tout en balançant ses jambes, une personne - qu'Allen identifia être un jeune garçon - attendait apparemment le retour de Komui. Mais que faisais un enfant ici ? L'exorciste l'observa un peu mieux, à commencer par sa tenue vestimentaire. Il portait une sorte de casquette masquant sa chevelure et ne laissant échapper qu'une mèche noire, une chemise blanche - trop grande pour lui - et un short de couleur sombre contrastant énormément avec la pâleur de sa peau. Cependant ce qui captiva principalement l'attention d'Allen, s'était bien sûr les iris de l'enfant. Des iris rouges tels deux grenats flamboyants. Il n'avait jamais vu de tels yeux auparavant et ne savait même pas cela possible.

- Euh… Bonjour, hésita l'adolescent.

L'expression étonnée de l'enfant fit place à un large et radieux sourire alors que ses paupières vinrent dissimuler cette couleur inhabituelle. Ce geste plein de gaieté et d'innocence fit imperceptiblement rougir Allen. En voyant une telle image l'exorciste se dit que rien dans ce monde ne pouvait égaler la beauté du sourire d'un enfant. Et rien, aucune grande cause, ne pourrait justifier de le briser en mille morceaux.

Allen cligna des yeux. Un vide incroyable emplit son esprit, allant jusqu'à lui couper l'appétit.

- Allen ! Tu es rentré, s'exclama une voix enjouée.

Le désigné tourna de nouveau la tête.

- Bonjour monsieur Komui, sourit-il oubliant l'étrange sensation qu'il venait de ressentir.

L'intendant alla s'adosser à son bureau tout en y déposant un nouveau dossier. En le regardant faire, son cadet remarqua que le plus jeune des trois scrutait la porte d'où revenait le chinois.

- Je viens vous faire mon rapport, continua-t-il.

- Oh, ce n'était pas la peine. Vois-tu, ajouta-t-il, Thomas me l'a déjà fait par téléphone. Tu n'as donc pas à t'en faire.

Le jeune homme parut confus, mais Komui le rassura bien vite d'une expression chaleureuse.

- Tu dois être fatigué Allen, va plutôt te reposer et manger quelque chose avec tes camarades.

- D'accord.

Le symbiotique s'inclina respectueusement et s'apprêta à repartir quand un geste l'interpella. L'enfant lui adressa un signe main, qu'Allen lui rendit finalement avec un sourire attendri. Il quitta ensuite la pièce, les laissant seuls.

- J'ai bien l'impression que tu l'as déjà adopté, se moqua gentiment Komui en posant une main sur le crâne de l'enfant.

Montant une à une les marches de l'escalier, Allen ne dérivait pas son regard du sol. Il se demandait encore qui pouvait être ce garçon et pourquoi il se trouvait à la congrégation. Ce n'était pas chose courante après tout. Mais ce qui le perturbait le plus c'était la réaction de Komui. Même s'il n'en avait rien dit, Allen avait clairement compris qu'il était de trop et qu'on l'avait ni plus ni moins mit à la porte.

- Allen !

Mettant fin à ses chaotiques élucubrations une voix bien connue venait de s'élever au bout du couloir. En regardant droit devant lui le jeune homme fut ravi d'y voir une tête rousse :

- Lavi !

- Ca fait un bail dis moi.

Par un bail, le rouquin n'englobait qu'une modeste semaine. Et dans leur travail, les séparations duraient parfois bien plus longtemps.

- Je t'ai manqué, avoue, commença Lavi en voyant le petit air lugubre de son cadet.

- Ah ? Moi qui avais trouvé le temps si calme et reposant.

Réaction immédiate, le borgne fit la moue tandis que « l'albinos » riait de son propre sarcasme.

- Tu es rentré quand, demanda finalement le plus jeune.

- Hier soir et toi ?

- Une heure tout au plus.

Les deux camarades se mirent à plaisanter le long des couloirs. Cette conversation eue le mérite de chasser les mauvaises pensées d'Allen et de le détendre considérablement. Sa vie d'exorciste s'avérait difficile, et malgré les mois qui avaient suivis son intégration, il ne s'y habituait pas. Probablement jamais. Le réconfort il le trouvait auprès de ses amis et de cette grande famille que formait la congrégation. Une chaleureuse maison qui nous procure bonheur et soulagement, aussi bien qu'angoisses… Car à tout moment, ce petit monde pouvait disparaître, emporté par la tourmente du monde…

- Yuu et Lenalee sont là aussi.

Tout ça ne semblait pas déranger Lavi qui s'était encore lancé dans un monologue. Une vrai pipelette, ce qui fit rire son cadet.

- J'aimerais bien réussir à traîner Yuu à notre table pour une fois, fit le rouquin songeur.

Mais immédiatement Allen prit une figure menaçante et grinça des dents. Lavi le regarda, railleur.

- Toujours le grand amour entre vous deux, hein ?

- J'aimerais mieux lui en coller une.

- Oh tu dis ça mais…

Le roux ne finit pas sa phrase. Des bruits de pas martelant le sol retentirent au coin du mur et la collision fut inévitable.

- Aïe !

Lavi faillit tomber mais tint bon. En revanche le responsable de la bousculade n'eut pas cette chance et tomba sur les fesses dans un léger tintement. Allen reconnut sans peine le garçon de tantôt alors que son camarade rouvrit les yeux pour voir qui se trouvait devant lui. Sa réaction fut plutôt inattendue…

- Oh ! Mais qui vois-je ?

L'enfant se redressa et leva timidement les yeux. Lavi lui s'avança et releva la visière de sa coiffe pour mieux voir son visage.

- Kakera !

Il ôta totalement la casquette et, à la grande surprise d'Allen, libéra une magnifique chevelure ébène. Les cheveux lisses encadrèrent le visage, faisant ressortir ses traits fins, et une frange vint cacher ses sourcils. En le voyant comme ça, cheveux lâchés, Allen comprit qu'il avait fait erreur. Il ne s'agissait pas d'un garçon mais bel et bien… d'une fille ?

- Comme ça fait plaisir de te revoir ! Dis-moi tu n'aurais pas un peu grandi ? Et…

Les questions n'en finissait plus de tomber, ne laissant pas le temps à la dénommée Kakera de répondre. Elle se contentait de regarder Lavi mi-amusée, mi-étonnée. C'est vrai qu'on avait rarement vu le jeune homme aussi enjoué et même gâteux devant quelqu'un. Cette fillette devait beaucoup compter pour lui et à son comportement on aurait presque pu le prendre pour son grand frère. Mais si Allen devait attribué un lien de parenté avec une personne ce serait sans doute à son pire ennemi au sein de la congrégation : Kanda. Il n'y avait en effet aucun doute possible sur les origines de Kakera…

- Euh, commença le maudit, hésitant.

- Oh Allen tu ne connais pas encore ma petite Kakera, n'est-ce pas ?

- Ta ?

- Et toi tu as déjà entendu parler d'Allen ?

La japonaise acquiesça avec entrain. Lavi lui sourit à son tour et se re-concentra sur son ami.

- Allen, voici Kakera. Cette petite nous vient du Japon. Elle est trop mignonne hein ?

Décidément Lavi l'adorait, ça ne faisait pas un pli. Mais Allen dû bien reconnaître qu'il n'avait pas tort. Il émanait d'elle une aura infantile qui se retrouvait dans ses expressions et son comportement. Ce qui la rendait pour le moins irrésistible.

Le jeune homme sourit et tandis sa main vers cette nouvelle connaissance.

- Enchanté Kakera.

La japonaise regarda les doigts d'Allen un instant sans réagir, avant de faire de même avec les siens. Elle bascula la tête légèrement en arrière pour observer Lavi qui se trouvait dans son dos, les deux mains posées sur ses épaules. Celui-ci lui fit signe qu'elle n'avait rien à craindre. Elle rebaissa alors ses iris écarlates vers le garçon aux cheveux blancs et saisit sa main en reprenant un air radieux.

Allen ayant suivit leur manège trouva cela quelque peu bizarre…

Ses réflexions furent rapidement stoppées - cela devenait une habitude aujourd'hui - par un bruit bien connu : son estomac. Il rougit de honte sous les regards étonnés des deux autres.

- Ah, on ne résiste pas à l'appelle de l'estomac, se moqua gentiment Lavi en se rapprochant de son camarade.

Ce dernier fit la moue, ne semblant pas apprécier la remarque.

- Eh, ça ne fait pas rire que moi, se défendit le rouquin.

Effectivement Kakera riait à en pleurer. Dû moins c'est ce qu'on pouvait croire en voyant ses épaules tressauter sans le moindre bruit.

Allen écarquilla les yeux. Devant lui, une jeune fille riait aux éclats, sans que sa gorge ne daigne produire le moindre son. Kakera était… muette ? Depuis qu'il l'avait aperçu dans le bureau de Komui, elle n'avait prononcé aucun mot et se contentait de sourire. Si seul des gestes provenaient d'elle, c'était parce qu'elle se trouvait dans l'incapacité de parler ?

- Bon, est si on allait manger ? Faudrait pas que toute la congrégation soit dérangée par les hurlements de ton ventre !

- Lavi…

Le rouquin marqua une pose. Allen était si choqué que ça ? La réponse ne se fit pas attendre.

- Tu m'agaces à la fin ! Hurla « l'albinos ».

Non, visiblement il n'allait pas faire l'erreur de prendre Kakera en pitié. Tant mieux !

Une porte s'ouvrit juste à côté d'eux, mettant fin à la dispute.

- Qui est l'abruti responsable de ce bordel ! s'écria-t-on.

Cette voix, de part son mordant, fut instantanément reconnue. Un japonais de forte méchante humeur se trouvait dans l'encadrement de la porte. Ils avaient mal choisi l'endroit pour discuter…

- Bonjour Kanda, lança railleusement un certain exorciste aux cheveux blancs.

Flottement dans l'air, suivi d'une intense charge électrique. Le regard de Lavi tomba dans l'effroi quand il vit qu'il se trouvait quasiment entre les deux responsables de ce changement d'atmosphère. Néanmoins aucun des deux n'eut le temps de dégainer et d'égorger l'autre : Kakera se jeta sans retenu au cou de Kanda dans un nouveau tintement. Le corps de ce dernier se raidit instinctivement tandis qu'Allen sentit ses yeux s'exorbiter. Kakera voulait mourir ou quoi ?

- Yamero Isuzu ! Hurla l'irascible Yuu.

Allen aurait pu en profiter pour se moquer de Kanda mais n'en fit rien. Au contraire il se sentit mal…

- Hanase baka !

Tellement énervé qu'il était, Kanda s'était mis à injurier la fillette dans leur langue natale, alors que Kakera ne semblait pas vouloir lâcher prise. Autant dire qu'à côté les deux exorcistes n'y comprenaient rien du tout.

- Allons Yuu, elle est juste contente de te revoir.

Pour le coup Kanda fusilla Lavi du regard alors que la japonaise consentit à le lâcher. Enfin, elle se saisit tout de même de son bras.

- Et toi ne me saute plus jamais dessus !

Un blanc se forma. Lorsqu'il baissa les yeux vers la sale gamine il grimaça d'épouvante. Kakera était au bord des larmes.

- Kanda tu es un monstre, lâcha Allen, Lavi acquiescant juste derrière lui.

- La ferme Moyashi !

- C'est Allen, crétin !

- Rien à foutre !

Kakera regarda successivement son confrère et Allen. Avant d'échanger un regard avec le rouquin, qui lui rendit un sourire malicieux. Les deux autres continuaient à se lancer des éclairs…

- Allez, allez du calme. Et puis ce n'est pas très gentil de faire attendre ta petite Kakera.

Yuu redoubla d'effort pour taire ses pulsions meurtrières et soupira bruyamment en posant sa main sur le crâne de la fillette.

- Ca va morveuse, je passe l'éponge pour cette fois.

Le visage de la dite morveuse s'illumina comme jamais, mais Kanda n'obtint pas l'effet désiré. Elle ne se détacha pas, mais se colla davantage à son bras, le faisant dangereusement grincer des dents.

- C'est pas tout ça, intervint Lavi, mais j'ai besoin de vous tous.

Kakera et Allen échangèrent un regard étonné.

- Et pourquoi devrais-je te rendre service, rétorqua Kanda.

- Parce que sinon tu vas faire beaucoup de peine à Kakera ! Et à Allen aussi.

Le désigné sursauta et se tourna promptement vers Lavi.

- Pardon ?

Non seulement ça ne lui ferait pas de peine, mais en plus si le roux disait ça à Kanda, il était sûr à cent pour cent que le brun refuserait illico presto !

… Le cadet retourna plusieurs fois sa pensée dans sa tête. N'y avait-il pas quelque chose d'étrange ? Si, il venait de penser de façon détournée que Kanda devait venir avec eux.

- Je m'en contre balance de Moyashi, marmonna le japonais.

- Comme tu es froid Yuu… Mais pense au moins à Kakera, ajouta précipitamment Lavi.

Yuu regarda fixement Kakera, qui en fit autant. Une longue poignée de seconde s'écoula, et finalement il détourna la tête en lâchant un « che » explicite. Lavi fut bien ravi de sa victoire, tout autant que la fillette.

- Qu'est-ce que tu veux au juste ?

- Lenalee nous attend au réfectoire, sourit le rouquin de toutes ses dents.

Trop tard pour Kanda, il ne pouvait plus reculer, ce qui réjouis toute la bande, et même Allen, à son plus grand agacement.

- Kuso…

Il s'apprêta à prendre la direction voulue quand une pression sur son bras le retint.

- Nanda yo Isuzu, rouspéta-t-il.

Allen observa la scène. Même s'il ne comprenait pas un mot de japonais il ne pouvait s'empêcher d'écouter. Et de remarquer que Kanda avait une très belle voix lorsqu'il parlait dans sa langue natale… Il secoua vivement la tête. Décidément il devait être mort de fatigue pour penser comme ça. Il enragea en voyant Lavi se moquer de lui, comme s'il pouvait lire en lui, et se concentra sur les deux autres. Kakera fixait Kanda comme si elle voulait demander quelque chose. Et inversement Kanda essayait de comprendre, sans un mot, ce qu'elle voulait. Il aborda soudain une vague expression d'étonnement, se rappelant sûrement de quelque chose.

- Tu veux que je te le rende je présume…

Kakera acquiesça. Un nouveau tintement parvint aux oreilles de « l'albinos », et cette fois il en trouva la provenance : une boucle d'oreille en forme de grelot que portait l'adolescente.

Kanda se dégagea des mains de Kakera et entra dans sa chambre sous le regard perplexe d'Allen. Il en ressortit rapidement avec un étui. Mais pas n'importe quel étui.

- Un violon ? Questionna Allen.

Kakera s'en saisit avec précaution comme si elle avait peur de le casser, et le serra finalement contre elle. Il s'agissait sans aucun doute d'un objet de la plus haute importance pour elle.

- Évite d'y retourner et tu pourras le garder avec toi, déclara Kanda en lui ébouriffant les cheveux sans la regarder, d'un air situé entre l'indifférence et l'ennui.

Elle acquiesça, sans sourire, fixant le sol.

« Retourner où ? » voulut demander Allen. Mais devant l'expression de la jeune fille, il ne préféra pas.

Au final ils s'étaient tous donnés rendez-vous au réfectoire. Kakera avait entraîné Kanda on ne sait où, Lavi était parti rejoindre Lenalee, et Allen avait enfin put enlever son manteau et se changer. Il aurait bien prit un bon bain, mais cela devrait attendre encore un peu. Pour le moment, il devait remplir le trou immense qui s'était formé dans son ventre. Dur vie que d'être esclave de son estomac…

A la cafétéria, il retrouva avec joie Lenalee qui lui adressa un joyeux signe de main, et fut accueilli avec tout autant de plaisir par Jeryy. Pour un cuisinier aussi doué que l'indien, Allen était un client hors pair qu'il ne voulait décevoir en rien. La commande passée, le cadet des exorcistes pu enfin s'asseoir. La sœur de Komui demanda aussitôt de ses nouvelles et fut soulagée de le voir en bonne santé. Ils entamèrent une conversation animée avec Lavi, quand les deux retardataires entrèrent enfin dans la pièce. Kakera avait visiblement retrouvé le sourire et Kanda grinçait continuellement des dents alors qu'elle le tirait par le poignet.

- Que c'est mignon, confia Lavi en souriant à Allen.

Celui-ci trouva le geste du rouquin bien étrange. Pourquoi disait-il cela en le regardant lui ?

Derrière eux la voix enjouée de Jeryy retentit.

- Mais n'est-ce pas ma mignonne Kakera que voici ! Qu'est-ce qui te ferait plaisir ma grande ? La même chose que d'habitude ? Une soupe miso et du riz blanc ? Et à ton cher chevalier servant je lui sers des Soba ?

- Je ne suis pas son chevalier servant, intervint Kanda faisant de son mieux pour contrôler ses pulsions meurtrières.

Kakera, elle, souriait narquoisement. Enfin, leurs repas en mains, ils s'assirent à la même table que les trois autres. Même si Kanda aurait préféré de loin manger seul…

- Oh, Yuu ne fais pas la tête, ça nous fait plaisir de t'avoir avec nous, sortit Lavi.

- Ca doit justement être ça le problème, monsieur Kanda n'aime pas faire plaisir aux gens.

- Tu cherches la guerre Moyashi ?

- C'est Allen mon nom !

Les deux garçons se fusillèrent mutuellement du regard et détournèrent finalement la tête, faisant sourire Lenalee de lassitude. Allen choisit alors de se concentrer sur la japonaise, nettement plus sociale que l'autre. Entre leur rencontre et maintenant la jeune fille s'était changée et abordait une tenue noire à la découpe particulière. Mais ce qui frappa davantage le maudit, fut le symbole présent sur sa poitrine.

- Tu es exorciste ? s'exclama-t-il.

Kakera observa sa propre croix avant de confirmer.

- Je ne te l'avais pas dit, questionna Lavi.

- Non, tu avais omis ce petit détail.

- Désolé. Et bien oui, Kakera est aussi une combattante de Dieu.

- Oh…

Un bref silence s'installa durant lequel Allen engloutit la moitié de son repas, sous le regard ébahi de Kakera.

- Ca surprend toujours la première fois, confia Lavi.

Une nouvelle conversation s'en suivit, alors qu'une certaine personne s'ennuyait ferme. Et pourtant il restait. Lui qui d'ordinaire n'aurait accepté l'invitation pour rien au monde, il restait assis à leur table, assis à côté de celle qu'il appelait Isuzu, sans ce plaindre, mais gardant tout de même de la distance et sa légendaire mauvaise humeur. Il va s'en dire qu'il ne participait pas du tout à la discussion, sauf pour réprimander, quand besoin ce faisait, un des deux autres garçons. Sa soit disante protégée ne parlait pas vraiment elle non plus, mais ce n'était pas comme si elle pouvait faire autrement. Elle écoutait quand même et s'en faisait une joie.

De temps en temps des membres de la section scientifique ou même quelques traqueurs venaient saluer la petite assemblée et tout particulièrement Allen et Kakera. Le jeune homme remarqua ainsi que la fillette était beaucoup appréciée et qu'elle séjournait à la congrégation depuis bien longtemps. Pourtant il semblait qu'elle ne se montrait pas souvent. Après quelques interventions de ceux qui venaient la voir, il en déduit qu'elle était souvent appelée sur le terrain.

Elle semblait pourtant bien jeune…

« L'albinos » entama son dessert quand Marvin, Rob et deux traqueurs quittèrent leurs tables en répondant avec amusement aux grands signes de main que leur adressait Kakera. Il se rappela, en observant la fillette, d'une interrogation qu'il lui était venu un peu plus tôt.

- J'ai une question, annonça-t-il.

Allen ne s'en rendit pas compte, mais Kanda reporta son regard - partit se loger sur le mur d'à côté depuis belle lurette - sur lui.

- Vous êtes de la même famille, demanda-t-il à l'adresse des deux japonais.

Kakera, baguette encore dans la bouche regarda son voisin répondre du tac au tac.

- Dieu m'en garde !

Automatiquement Kakera fit la moue, mais il l'ignora.

- Qu'est-ce qui te fais croire une chose pareille ?

- Vous vous ressemblez un peu, fit Allen en haussant les épaules.

- Tu vois deux personnes de la même nationalité, alors ils sont forcément parents ? Railla Kanda.

- Je me renseigne c'est tout !

- Et c'est reparti, soupira Lavi.

Pourtant il était le premier à en rire. Et aussi le premier à comprendre l'origine de la question d'Allen. Ce qui en réalité éveillait la curiosité du jeune homme s'était sans doute le comportement de Yuu vis-à-vis de Kakera. Nul doute qu'il était bien différent de celui qu'il avait en général. Même s'il conservait une certaine distance et ne semblait pas vraiment apprécier les élans d'affections de Kakera, une personne qui le connaissait suffisamment pouvait s'apercevoir qu'il était plus tolérant avec qu'elle qu'avec les autres. Une exception qui pouvait presque ressemblait à de la gentillesse.

Mais cette simple pensée devint un blocage dans l'esprit d'Allen. Kanda n'était pas gentil. Pas moyen. Ce n'était qu'un abruti fini, qui voulait se la jouer solitaire. On avait beau essayer d'être aimable on obtenait que des injures.

- Je m'en vais, finit par lâcher Kanda.

Mais une personne ne l'entendit pas de cette oreille. Kakera tourna vivement la tête vers lui et le regarda avec de grands yeux pleins d'espoirs.

- Même pas en rêve, s'énerva-t-il.

Changement de tactique. Cette fois-ci, c'est un regard emplit de larme qui le supplia. Allen put distinguer la vive expression qu'afficha Kanda - à savoir entre l'horreur et la colère - et comble de la surprise, le japonais se rassit, avec néanmoins une aura meurtrière tel qu'on en avait vu. Mais il restait. Et Kakera en cria presque victoire en abordant un joyeux sourire sous les regards dépités de ses camarades. Décidément aujourd'hui Allen allait de surprise en surprise et se demanda à quel instant la terre avait quitté son orbite…

- Tu m'agaces, fit simplement le japonais. Et puis mange proprement tu t'en fous partout.

En effet, la fillette avait quelques grains de riz collés sur la joue. Lenalee se pencha en avant pour répérer les dégâts à l'aide d'une serviette en papier. En voulant reposer son regard contre son cher mur, Kanda croisa le sourire béat de l'héritier des bookmen…

- Qu'est-ce que tu veux Junior, cracha-t-il.

- Rien, c'est tellement touchant de te voir éduquer ta petite protéger.

- Tu parles j'aurais mieux fais de me casser une jambe ce jour là !

- Quel jour, interrogea Allen.

Si rapidement qu'il en surpris la chinoise. Un léger blanc s'en suivit.

- Curieux ? Remarqua le brun.

- P-pas spécialement.

- Alors demande pas.

Rien à faire. Entre eux, seul le courant de la guerre froide passait. Mais une voix vint soudain couper court à leur début d'engueulade.

- Kakera !

Les cinq attablés se retournèrent vers Komui.

- Tu veux bien me suivre s'il te plaît ?

Allen n'en revint pas. Komui la regardait d'un air… grave ? Un net changement se fit aussi sentir chez Kakera. Non seulement elle perdit son sourire, mais surtout son expression infantile. De son côté Kanda fixait Komui d'un air neutre et ce dernier tenta un bref sourire. Sans succès. D'ailleurs à bien y regarder, l'ambiance était retombée au plus bas à leur table et les visages avaient perdu de leurs couleurs. Quelque chose échappait à Allen. Mais quoi ?

Kakera se leva, le regard dissimulé sous sa frange.

- Lenalee, j'aurais aussi besoin de toi pour une mission.

- Bien, fit-elle à l'adresse de son grand frère.

Elle se leva à son tour, délaissant son assiette à moitié remplie, salua ces trois compagnons et rejoignit la petite Kakera pour prendre sa main dans la sienne et suivre l'adulte.

- Lavi, qu'est-ce qui, commença Allen avant d'être coupé.

- Lavi. Viens un peu là.

L'héritier reconnut la voix de son grand-père et prit congé à son tour.

Il ne resta plus que Allen et Kanda. Le plus jeune crut d'abord que son aîné aller en profiter pour partir, mais bizarrement il n'en fit rien.

Dans la tête du maudit tout ce bousculait. Les quelques heures qui venaient de suivre son retour n'avaient pas étées des plus banales. Il avait des tonnes de questions à poser au sujet de Kakera, mais la personne en face de lui, bien que concernée elle aussi, ne prendrait probablement pas la peine de lui répondre et partirait aussitôt la première phrase prononcée. Mais ça Allen n'en avait pas envie. Tout à coup il s'était senti exclu. Et la dernière chose qu'il souhaitait, était de se retrouver seul. Il finit son repas en silence, Kanda prit dans la contemplation de la table. C'était assez étrange. Jamais ils ne s'étaient retrouvés tout les deux en tête à tête dans un tel silence. Allen s'en sentait presque… nerveux ?

- Kanda ?

L'apostrophé releva lentement les yeux. Pour la première fois Allen les détailla; Ils étaient d'une couleur si sombre et si profonde.

Le japonais attendit patiemment que son cadet daigne parler. Il remarqua par la même occasion que celui-ci semblait caler sur son dessert, chose relevant presque du paranormal. Voyant que la question du maudit avait du mal à sortir d'elle-même, il en posa une autre.

- Qu'y a-t-il ?

Sa voix n'avait pour une fois rien d'acerbe. Allen esquissa un vague sourire et replongea son regard dans son assiette.

- Rien…

- …

Le japonais se sentait fatigué, si bien qu'il se contenta largement de ce « rien ». Après tout il n'était pas du genre à faire la causette avec Moyashi.

La fin du déjeuner s'était faite dans le silence totale, et Kanda avait attendu que « l'albinos » finissent sa brochette de dango pour quitter la table. Allen, lui, était resté un instant à ce demander ce qui clochait dans leurs deux comportements et avait décidé d'aller se perdre dans la bibliothèque. Par la suite Johnny lui avait accordé un peu de temps pour une partie d'échec, que malheureusement Allen perdit. Le jeune homme rencontra la route de Lenalee qui partait en Italie et plus tard dans la soirée revit Lavi et mangea avec lui. Il croisa Kanda à son retour dans la bibliothèque mais ils s'ignorèrent mutuellement. Il prit ensuite la direction des bains pour se détendre et finit la soirée dans sa chambre.

C'est la tête toujours aussi pleine qu'il s'endormit finalement.

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Tsuzuku…

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16 pages Works ! J'espère qu'elles vous plairont, parce que pour moi c'est pas tout à fait ça XD. Encore merci pour vos reviews et promis, je serais plus rapide pour le prochain chapitre TT !

Tchu !