Et voici la suite !!
Les cinq premiers chapitres sont bouclés, il reste une énième correction à faire… à ce propos j'ai changé de petites choses dans le prologue, une grosse faute et un peu de synthaxe (très intéressant, je sais oui XP). Bref !
Bonne lecture !
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Chapitre 01
Son poing s'abattit violemment sur le mur blanc. Le choc fut tel que le plâtre s'effrita, projetant un nuage de poussière blanchâtre dans la pièce exiguë. Le poing rencontra de nouveau la surface lisse et l'entama. Il fulminait. Il frappa. Il enrageait. Il cogna. Il voulait hurler. Il creusa un trou dans le mur. Mais ça ne lui suffisait pas…
« Yoochun… »
Il voyait le mur prendre la forme de personnes qu'il commençait à connaître et à haïr. Il voulait écraser son poing sur leur visage. Le trou s'agrandit.
« Ça suffit Yoochun !! »
La voix claqua, ferme, dure, mais juste. De ses ongles, il raya la surface détruite, et de la poudre blanche s'y coinça. Il griffa le mur. Non… ils ne méritaient même pas qu'il s'use le poing pour eux. Il se calma, prenant appui sur le mur, et y posa son front. Froid. Bien… ce contact lui permit de refaire un peu surface dans cette mer de colère noire dans laquelle il avait plongé.
« Bien. »
Oui. Très bien, en effet, songea-t-il amèrement.
« Tu t'es calmé ? »
Il hocha lentement la tête.
« Tant mieux. »
Il perçut le sourire dans sa voix.
« Je n'aurais pas aimé devoir te calmer moi-même. »
Yoochun haussa les épaules. Au point où il en était, cela ne lui faisait plus peur. Il ne craignait plus ses méthodes radicales… il ne craignait même plus d'aller refaire le portait des hautes sphères si l'on en croyait ses mots.
« Retourne-toi maintenant, et regarde-moi. »
Sa voix s'était faite plus douce.
« Regarde-moi, s'il te plait. »
Il s'exécuta et fit face à un regard chocolaté qui, pour l'heure, le mettait mal à l'aise. Il avait honte. Ce sentiment coula en lui, le laissant las et fatigué. Honte de s'être comporté de la sorte devant lui. Honte d'être responsable de cette trace rouge violette qui s'étendait peu à peu sur la joue de son vis-à-vis. Pourquoi avait-il été si impulsif ?
« Maintenant, écoute-moi bien. Tu ne peux rien changer de ce qui s'est passé. C'est arrivé, un point c'est tout. Même si nos… supérieurs sont à pendre haut et court, tu ne dois jamais oublier le respect que nous leur devons. »
Yoochun ouvrit la bouche pour protester, mais son voisin le devança.
« Même… même si tu penses qu'ils se sont trompés… surtout s'ils ont fait une erreur… tu te tais. C'est bien clair ? »
Il acquiesça, dégoûté de devoir courber l'échine et faire fi des nombreuses injustices dont le nombre de victimes ne cessait de s'accroître.
« Bon, passons aux choses qui nous intéressent. Ils ont perdu sa trace, ce qui est normal, mais il y a de grandes chances qu'il soit en vie.
- Comment…
- Il est toujours là-bas, à rôder. Il n'a jamais eu d'autres proies que lui. Il est donc très probable que s'il persiste à rester sur Terre, c'est que JaeJoong n'est pas loin et en vie. »
Qu'il était tentant d'être aussi optimiste. Yoochun considéra longuement les paroles de son interlocuteur. Il y avait du vrai, beaucoup de vrai… mais surtout une grande part de suppositions. Après tout, ils ne pouvaient être sûrs de rien avec lui.
« Et si on se trompait ? Si sa présence était due à autre chose ?
- Oracle se trompe rarement. »
Yoochun se tut. Il devait bien lui accorder que la personne était la Voix de la Vérité, quoi qu'elle dise. Mais cela n'avait rien de rassurant, bien au contraire. Il était quelque part sur Terre, un assassin sur ses traces, réduit à l'état d'un simple mortel. Le temps lui était désormais compté. Il pouvait très bien disparaître pour de bon d'un moment à l'autre. De plus, pour les Archives, il était bel et bien mort. Yoochun frissonna. Ils se devaient d'agir au plus vite. Ils devaient…
« J'y vais. »
Il se décolla brusquement du mur et se dirigea vers la porte. Une main lui attrapa fermement le bras.
« Où comptes-tu aller comme ça ?
- Lâche-moi Junsu, grinça-t-il.
- Pas avant d'avoir une réponse. Où vas-tu ?
- Le chercher. »
L'évidence même. Junsu cilla. Il n'allait tout de même pas… il n'était quand même pas stupide pour contrer les règles aussi radicalement ? Pas lui ? Son regard lui fournit une réponse qu'il n'apprécia guère.
« Oh non ! Tu vas rester ici. »
Yoochun fit volte-face, s'arrachant par la même de la prise de Junsu. Rester… ici ? Il se moquait de lui… évidemment qu'il se moquait de lui ! Comment pouvait-on rester sans rien faire alors qu'un ami était en danger ?
« Il nous a été formellement interdit de faire ne serait-ce qu'un pas vers lui. »
La rage qu'il avait pu taire difficilement quelques minutes plus tôt, reprit le dessus d'une façon fulgurante.
« Je vais les tuer, gronda-t-il.
- Tu vas surtout te faire massacrer si tu tentes quoi que ce soit, rectifia Junsu. »
Yoochun vacilla. Comment pouvait-il s'adresser à lui aussi calmement, alors que l'urgence de la situation n'était plus à prouver ?
« Qu'est-ce qu'on fait ?
- On va la voir. Elle a bien dû nous trouver une solution depuis tout à l'heure. »
Il était perdu. De quoi parlait son ami ? De quelle solution… ?
« Quoi ?
- Allez, viens ! s'impatienta le jeune homme. »
Junsu le tira par le bras. Yoochun ne comprenait plus la situation… ils partaient la rencontrer pour discuter d'une solution… à quel sujet ? Quel était le rapport avec lui ?
« Junsu… qu'est-ce qu'elle vient faire là dedans ?
- Réveille-toi Yoochun ! Elle doit nous expliquer comment faire pour le récupérer dans la plus grande discrétion. Tu as déjà oublié… ?
- Quoi ? »
Pensées et idées retrouvèrent peu à peu leurs places. Lui qui d'ordinaire réfléchissait un minimum avant de se lancer, se trouvait alors sur le point de débarquer dans les bureaux, en furie, insouciant des graves conséquences que cela pouvait entraîner. Une attitude impulsive qui était la plupart du temps indissociable du prénom de son ami. Junsu semblait avoir fait tout le contraire. La situation lui apparut à la limite du burlesque, bien que l'ambiance et les récents évènements ne s'y prêtaient guère.
« T'emballe pas, fit-il l'ombre d'un sourire se dessinant sur ses lèvres. Je n'ai quasiment rien fait. Oracle a tout prévu, comme toujours.
- L'espoir fait vivre. »
Junsu eut un léger rire. Yoochun sourit à son tour, mais…
« Qu'est-ce qui lui prend de braver les règles ? s'exclama-t-il. »
Son ami ne répondit pas, se contentant de le faire sortir de la pièce dans laquelle il l'avait entraîné alors qu'il commençait à voir rouge. Ils parcoururent le bâtiment d'un pas pressé, traversant les couloirs immaculés noirs de monde sans vraiment s'en rendre compte. Yoochun ne posa plus de questions. Il y avait trop monde autour d'eux, trop d'oreilles. Parmi ceux qu'ils rencontraient sur leur chemin, la plupart leur souriait, entre l'amical et le compatissant… puis il y avait ceux qui attardaient sur leur personne un regard méprisant, moqueur. Yoochun eut un rictus amer. Ils ne faisaient jamais l'unanimité chez eux.
Leur périple à travers la bâtisse qui abritait bon nombre de leurs congénères, les conduisit brusquement à un immense espace dépourvu de toits. La cours, bâtie comme un amphithéâtre, baignait dans la lumière et les senteurs toutes particulières de musc et de myrrhe. Peu habitué à cette forte concentration de parfum, Yoochun se sentit saisi de vertiges. Mais comme toujours, ce fut bref, le monde se stabilisa autour de lui, quoiqu'un peu changé. L'impression que ces fumées encensées engourdissaient une partie de son esprit, plana furtivement en lui. A moins qu'il ne s'agissait du contraire, qu'elles en éveillaient une d'ordinaire en dormance. Il n'était jamais vraiment lui-même quand il allait la voir. Etrangement, cela ne lui était pas désagréable. Un siège vide, en bois blanc finement sculpté, trônait au centre du théâtre de marbre blanc et vert.
« Bonjour à vous deux, salua une voix derrière eux. »
Ils sursautèrent violemment, manquant de dégringoler les escaliers qu'ils étaient sur le point de descendre. Junsu s'en éloigna prudemment, craignant une nouvelle surprise qui lui ferait perdre l'équilibre. Ses entrées étaient réputées pour être… surprenantes, quelque peu effrayantes parfois. Il était difficile de s'y faire, malgré le temps et l'habitude. Les pensées de Yoochun se tournèrent immanquablement vers JaeJoong qui passait presque toutes ses journées en sa compagnie.
« Tout doux, Yoochun, murmura la voix. Tu ne voudrais pas te faire mal à nouveau. »
Une personne entièrement vêtue de noir, glissa gracieusement sur les marches de l'amphithéâtre. Ses cheveux noirs… ses pupilles d'hématite… ses yeux en amande charbonnés d'une douce poudre sombre. Ses lourds voiles de nuit… sa peau de nacre. Loin d'être effrayante, la femme laissait bien souvent sur son passage, regards perdus et émerveillés. Oracle s'approcha d'eux. Ils se courbèrent en guise de salutation. Junsu eut un regard en biais à son voisin aussi raide qu'un piquet, signifiant clairement 'Calme-toi'.
« Laisse donc, Junsu. Ça n'ira jamais plus loin, ne t'inquiète pas. »
Son regard s'attarda sur Yoochun, insistant, grave, couvant quelque avertissement. Ce dernier baissa les yeux, incapable de supporter plus longtemps son regard. Un sourire indulgent flotta sur les lèvres blanches d'Oracle. Elle leva la main pour effleurer sa joue, retraçant furtivement la courbe de sa mâchoire.
« De toutes façons, on ne peut pas lui en vouloir, ajouta-t-elle. »
Elle s'éloigna d'eux, et se plaça au centre du théâtre. Trois gestes secs mais ô combien gracieux, les portes se refermèrent. Un éclat malicieux s'attarda dans ses pupilles.
« Nous ne voudrions pas être… dérangés, expliqua-t-elle. N'est-ce pas ?
- Que non, souffla Yoochun. »
Elle leur fit signe de la rejoindre et de s'installer sur les dernières larges marches de marbres. Ils s'exécutèrent sans un mot. Elle les considéra un instant du regard, avant de reprendre la parole.
« Je l'ai vu. »
Ils relevèrent brusquement la tête, l'espoir explosant dans leur poitrine, scrutant leur interlocutrice, avides d'en savoir d'avantage.
« Il rôde. Il observe. Il attend. »
La tension retomba brutalement. Cruelle déception.
« Je ne peux malheureusement plus suivre notre ami, s'excusa-t-elle. Il semble avoir disparu… bien qu'il soit toujours là.
- Vous ne voyez que le Traqueur ? »
Oracle inclina la tête sur le côté en guise d'affirmation.
« C'est bien là, la seule preuve de sa survie. Là où rôde l'un, l'autre n'est jamais très loin. Il doit le surveiller, il n'y a pas d'autre explication au fait qu'il s'attarde là-bas. Son temps de chasse est révolu et pourtant il persiste, bien qu'il n'en ait pas le droit. Mais il n'est pas inactif, bien au contraire ! Seulement, il revient toujours à son point de départ.
- Où est-il ? »
Les frêles épaules de la femme s'affaissèrent alors, intriguant les deux jeunes hommes.
« Je ne sais pas. »
Ces mots les frappèrent durement. Jamais on l'entendit un jour prononcer ces mots.
« Je vois ce qui l'entoure, mais je ne sais pas. 'Elle' brouille mes sensations et je me perds. »
Junsu déglutit difficilement. Si Oracle ne savait pas…
« L'endroit où ils l'ont jeté n'est connu que des Maîtres, déclara Yoochun, impuissant.
- Je vous vois mal aller le leur demander. Pas vous… surtout pas vous. Non. Nous l'apprendrons d'une autre manière. »
L'auditoire tendit l'oreille, intrigué, appréhendant la suite. Un étrange sourire se dessina sur les lèvres de la femme.
« Je sais que tous les mois, les lieux changent. Pendant le mois, ils ne diffèrent que de quelques kilomètres. Le point d'impact reste globalement le même.
- Personne d'autre n'a reçu de sentence pareille depuis six mois, ajouta Yoochun. »
Junsu baissa la tête, perdant peu à peu l'espoir de trouver un moyen. En quoi cette information leur serait utile ? Il était impossible de connaître l'endroit où fut exilé leur ami.
« Rien n'est impossible, fit Oracle. Rien… et vous allez nous le prouver.
- Hein ? »
La femme sourit à l'exclamation peu élégante de Yoochun.
« Chaque exilé est chassé par un Traqueur. C'est la loi. S'il survit, la vie lui appartient. »
Elle les observa tout à tour, un sourire malicieux au coin de la bouche.
« Je peux suivre un Traqueur ordinaire. L'autre a reçu une protection toute particulière. Mais pas ses congénères. »
Junsu et Yoochun se regardèrent, sceptiques. Pourquoi cette impression que la suite le déplairait ?
« Ce mois-ci, il y aura un autre exilé. »
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Un rayon de soleil perça timidement la masse nuageuse qui n'avait cessé de déverser son eau trois jours durant. Il grimaça, agacé, lorsqu'il effleura son visage, mais il resta immobile. Accroupi sur le bord d'un toit d'immeuble, il fixait un point au loin que le commun des mortels n'aurait pu apercevoir. Le rayon insista, rivé sur son visage, semblant le narguer. Il souffla. Il préférait la pluie qu'à cet irritant trait lumineux têtu et incapable de réchauffer quoi que ce fût tant il paraissait froid sur sa peau. Le déluge avait ce côté purificateur inutile, répandant son eau bénite sur un monde souillé jusqu'aux fondations qui jamais ne pourrait être lavé de ses péchés. Cela le faisait ricaner.
Il se releva et arpenta nonchalamment la bordure de béton, draguant le vide qui s'ouvrait à ses côtés. Deux jours. Deux jours sans donner de nouvelles. 'Elle' n'allait pas aimer. Il haussa les épaules. Peut-être était-'elle' en furie… ? Il s'en moquait éperdument. Il aurait sûrement des problèmes à son retour. C'était bien le cadet de ses soucis. Après tout, il ne subissait jamais rien de plus que quelques réprimandes acides. 'Elle' avait trop besoin de lui pour se permettre de le punir sévèrement. 'Elle' déverserait alors son courroux sur les autres.
Une brise glaciale souffla sur sa nuque. Il sourit. Ils avaient fait vite. Des talons claquèrent dans son dos au rythme de la marche de leur propriétaire. Ce son métallique crissant contre les pierres du gravier aurait fait grimacer de douleur n'importe quelle personne communément constituée. Pour lui, cela ne faisait que lui signifier qu''Elle' était vraiment furieuse… au point d'envoyer un émissaire spécial. Une silhouette se posta à ses côtés, alors qu'il s'était de nouveau tourné vers la jungle d'immeubles. Il ne prit pas la peine de tourner le regard sur le nouveau venu.
« Tu n'es pas rentré, réprimanda platement une voix fluette d'enfant. Mère est furax.
- Et que veux-tu que ça me fasse ?
- Quand Mère est en colère, surtout après toi, la garde perd son lieutenant.
- Vraiment rien à foutre. »
Un hoquet de stupeur maladroitement feinte lui répondit.
« C'est pas gentil pour eux. »
Il la regarda finalement, exagérant son air ennuyé, décidé à lui faire comprendre qu'il n'était vraiment pas d'humeur. Il ne put que soupirer de désespoir, profondément irrité par l'immaturité flagrante de la personne. Froufrous, dentelles, jupons, soie, velours, lacets, bottes ferrées, le tout dans des teintes sanguines, la couvraient de la tête aux pieds. Il ne put s'empêcher malgré tout de trouver cela d'un goût exquis, bien qu'il désapprouvait totalement l'amour sans borne de cette gamine pour la mode vestimentaire des humains. Tirant la langue, signe d'une extrême application, elle arrangea un serre-tête plat en dentelle vermeille et blanche, sur sa lourde chevelure saphir. Elle se baissa au-dessus d'une flaque, contemplant le reflet que lui renvoyait la surface liquide. Puis elle sortit de nulle part une étrange corde noire torsadée qu'elle mâcha aussitôt.
« Qu'est-ce que c'est encore ce truc écoeurant ? grogna-t-il.
- Oh ça ? Les humains appellent ça de la réglisse. C'est très bon ! Tu veux goûter ? »
Elle lui tendit un autre lacet qui pendouilla pathétiquement au bout de son bras. Il eut une grimace dégoûtée. Ces mortels…
« Garde cette saleté loin de moi ! siffla-t-il.
- Comme tu veux. Tu sais pas ce que tu rates, en tout cas. »
Il serra les poings, refoulant du mieux qu'il put, l'irrésistible envie de l'étrangler qui l'envahissait. La fille haussa les épaules et mangea la seconde réglisse.
« Je suppose que tu t'es dérangée à te déplacer pour autre chose que me faire goûter une confiserie. »
Elle cessa de faire tourner la réglisse entre les dents mais ne prit pas la peine de l'enlever lorsqu'elle lui répondit.
« T'es très désagréable aujourd'hui, fit-elle remarquer. Mais t'as raison, y a autre chose.
- Nous y voilà… et quoi ?
- J'voulais voir comment il est. »
Il leva les yeux au ciel. Pourquoi cette gamine était-elle intouchable ? Pourquoi ne pouvait-il pas simplement la tuer et enfin avoir la paix ?
« Ça fait tellement longtemps que je t'entends parler de lui avec Mère. J'ai envie de savoir moi aussi. »
Il trouva la réponse… parce qu'elle était sa fille. S'il tentait quoi que ce fût contre elle, sa vie n'aurait plus aucune valeur pour 'Elle'… bien qu'aucun amour ne liait les deux personnes.
« T'as qu'à le chercher toi-même.
- Vrai ?! s'exclama-t-elle. Je peux vraiment ?! »
La fille sautilla sur place, visiblement joyeuse… son regard pervenche couvait une curiosité malsaine et les traits de son visage se tiraient en une expression carnassière. Il la vit prendre son élan. Il s'empressa de l'agripper par les bras et la garder sur le toit.
« Oh non ! Avec les yeux seulement ! »
La fille se figea au contact de ses mains sur ses bras. Il se souvint trop tard qu'elle détestait tout contact physique. Il retira aussitôt ses mains.
« Tu m'as touchée ! s'écria-t-elle outrée.
- Comme si j'avais eu le choix, grogna-t-il.
- Tu m'as touchée ! pleurnicha-t-elle.
- Ô Cerbère… soupira-t-il exaspéré. »
Il la laissa sangloter quelques secondes avant de reprendre la parole.
« Bon, tu veux voir ou pas ?
- O-oui, renifla-t-elle.
- Mais tu te calmes avant !
- O-oui… »
Ses sanglots dépourvus de larmes cessèrent rapidement, puis elle sortit une nouvelle réglisse qu'elle mâcha méticuleusement. Elle scruta la forêt de verre et de béton qui s'ouvrait devant eux, les yeux plissés. Elle cessa brusquement de mastiquer. Elle l'avait trouvé.
« Il est pas encore réveillé ? fit-elle déçue. C'est pas marrant. Il va rester longtemps comme ça ?
- Apparemment… »
La fille prit un air d'intense réflexion, le regard rivé sur la fenêtre qui les intéressait tous deux. Elle jeta un regard sur son voisin.
« Bon, et bien puisqu'il mettra du temps avant de revenir parmi les vivants, tu peux rentrer à la maison ! »
Il fallait s'y attendre… et s'y résoudre. Il n'avait aucune envie de retourner là-bas. Et contrairement à cette gamine, il ne le considérait pas du tout comme sa maison. Quel terme ridicule. La fille retourna vers le centre du toit. Un courant glacial s'attarda de nouveau contre la nuque du jeune homme.
« Allez, ChangMin ! J'aime pas attendre ! »
Les mains dans les poches, il se retourna. Un brouillard noirâtre flottait au-dessus du sol. La fille passa à travers, engloutie par les bras brumeux du miroir. Il grogna. Il ne craignait pas grand-chose concernant son petit écart de conduite, mais si la fille décidait d'intervenir dans la discussion…
Tant pis.
Il la suivit et disparut de la surface de la Terre.
OooOooOoOooOooO
A suivre…
Je suis sûre que vous connaissez le refrain ! 'Des reviews ou la vie ?!' Euh… c'est peut-être 'Des reviews ou des sorts ?!'
