Vous êtes 54 à être passer lire le premier chapitre, et ça me fait plaisir, mais n'oublier pas de laisser un petit mot pour me dire ce que vous en pensez.

Et maintenant, la suite:


Deuxième chapitre : La famille s'agrandit.

Quatre jours. Cela fait à peine quatre jours que je suis ici, et je m'ennuie à mourir. Je me demande encore pourquoi je suis revenu dans cet enfer permanent, coupé de tout et de tous. En y réfléchissant bien, je ne vois qu'une seule raison, une seule et unique qui peut encore me retenir ici. Le problème est qu'elle est de taille : je ne suis pas encore majeur !!! Et donc mes faits et gestes sont encore surveillés et épiés par ces incapables du ministère.

Il faut que je pense à autre chose, et vite, sinon je vais m'énerver, et il vaut mieux que j'évite d'être dans cet état ici, surtout de bon matin. Il me faut tout mon sang froid pour faire face à ma 'famille' toute la journée. Quoique cela c'est un peu amélioré par rapport aux autres années. Il faut dire que j'ai quelque peu grandit, même si je suis toujours petit par rapport à ceux de mon âge. Néanmoins, mon oncle ne peut plus me prendre de haut comme il le faisait avant, sans compter qu'il est sous la menace constante de l'Ordre. Ça me fait penser qu'il faut que j'écrive à Remus. J'étais censé lui donner de mes nouvelles dès mon arrivée.

Je quitte alors rapidement la douce tiédeur de mon lit en constatant l'urgence de la missive et me dirige droit vers ma fenêtre. Elle est restée ouverte toute la nuit même si les volets étaient fermés, c'est pour cela que ma chambre ne s'est pas transformée en sauna. J'ouvre les volets et laisse ainsi entrer la fraîcheur humide des matins d'été.

Il fait tellement chaud pendant la journée que c'est devenu comme un rituel pour moi d'apprécier et de profiter de cette fraîcheur, le matin, quitte à grelotter.

Je reste accoudé à la fenêtre un moment, penché au dessus du rebord, le regard perdu vers l'horizon qui commence à rougir et bleuir par endroit sous les rayons du soleil levant. Encore une belle et chaude journée en perspective. Et dire que je vais devoir aller tailler les rosiers tout à l'heure, sous ce cagnard !!! Vive les vacances !!!

Je recule légèrement tout en continuant d'observer ce spectacle qu'est un lever de soleil sur Little Whinging. J'ai vu un oiseau blanc à environ deux cent mètres se rapprochant. C'est sûrement Hedwige qui revient de sa nuit de chasse. Elle sait qu'en ce moment je suis plutôt matinal. Je recule encore de deux pas, et quelques secondes plus tard ma chouette passe la fenêtre avec un cadavre de souris dans le bec, avant de se poser gracieusement sur son perchoir, dans sa cage.

Elle, elle a au moins une bonne raison de tuer !

Je m'accoude à nouveau à la fenêtre et m'applique à ne penser à rien. Il faut absolument que j'oublie mon sort, que je vive comme un adolescent lambda qui se fait martyriser par son oncle et sa tante et que son énorme cousin champion académique de boxe évite comme la peste. Que ferait un adolescent normal dans ces conditions ? Il enverrait au diable son oncle et sa tante et ferait tout pour faire enrager son cousin. Quoi que rendre la monnaie de leurs pièces à son oncle et sa tante à travers leur fils est assez tentante. Mais au final, cet adolescent normal claquerait la porte pour ne jamais revenir, et cela le plus tôt possible.

Bien sûr que c'est ce que j'ai envie de faire maintenant. Malheureusement, il y a … non !!! Il faut absolument que je pense à autre chose. Mon regard se posa alors successivement sur mon bureau puis sur Hedwige qui avait entamé son repas.

« La lettre pour Remus ! » Me chuchotais-je pour ne pas réveiller ma famille.

Je vais alors à ma malle qui se situe à coté de la porte de ma chambre en me déplaçant comme un chat. J'en sorts un rouleau de parchemins ainsi qu'une plume et un encrier, puis je m'installe à mon bureau, près de la fenêtre, après avoir refermé ma malle dans un grincement plus que bruyant à mon goût. Petite frayeur sans conséquence puisque aucune tête mauve de colère, de violence et de peur ne passe la porte.

Enfin je m'installe et commence la longue et périlleuse rédaction de la lettre pour Remus. Il faut que j'arrive à tout lui raconter sans pour autant qu'il se mette en colère, soit contre moi, soit contre les Dursley, bien que ce ne serait pas plus mal.

''Cher Runald,
Je sais que tu attendais cette missive plus tôt, mais tu sais, moi et ma petite tête. Néanmoins je sais ce que l'on a pu te dire, et je peux t'assurer que tout va bien ici, même bien mieux qu'auparavant. Imagines, je ne reçois plus d'ordres !!! Mais cela ne m'empêche pas de faire exactement les mêmes tâches ménagères que les années précédentes. Ça sert d'entretenir les bonnes relations naissantes. Et puis, on ne change pas de vieilles habitudes.
Aller, au plaisir de te revoir bientôt.
''

J'espère qu'il comprendra l'allusion de la dernière phrase et qu'il va venir aussitôt sa lecture finie. J'en ai vraiment marre de ne pas avoir de nouvelles. Je n'ai vraiment pas envie de revivre le même été qu'il y a deux ans !!!

Il faut que je cachette la lettre avec quelque chose de sûr. Je me met à fouiller dans tous les tiroirs du bureau et trouve au fin fond de l'un d'eux un vieux rouleau de scotch. Les sorciers ne connaissent rien aux moldus, c'est vraiment une bonne idée le scotch. J'en coupe quatre très fines lamelles d'à peine deux millimètres de largeur que je colle aux endroits stratégiques de l'enveloppe : les arrêtes. Puis je cachette normalement l'enveloppe avec de la cire fondue.

Hedwige a comprit qu'elle allait avoir du travail car elle est venue se poser sur mon épaule en émettant un joyeux hululement. Elle me tend la patte à laquelle j'accroche la lettre, puis je me lève et m'avance vers la fenêtre. On voit maintenant très bien le soleil. Il ne doit plus être très loin de huit heures.

Je chuchote à Hedwige que cette lettre est pour Remus et je lui dis aussi de ne pas prendre de risques inconsidérés. Si Remus est trop loin ou dans une zone trop dangereuse, direction chez Tonks. Elle saura comment joindre Lunard en toute sécurité.

Elle me mordille gentiment l'oreille puis elle prend son envol. Je la regarde s'éloigner vers l'horizon, puis une fois qu'elle n'est plus en vu, je retourne à mon lit.

Sur ma montre il est un peu plus de huit heure quinze, ce qui me laisse environ une heure avant d'aller préparer le petit déjeuner. Je m'allonge sur le dos, les yeux grands ouverts fixant le plafond.

Ce que j'aimerais ne pas être là. Vivement que je sois au Terrier !!! … Ai-je bien fait d'accepter l'invitation de monsieur et madame Weasley ? Je ne peux pas me permettre de La revoir, sinon Elle obnubilera toutes mes pensées. C'est d'ailleurs tout le temps le cas, alors si je La revois, ça sera pire.

Il faut absolument que je La protège, et la meilleure chose que je puisse faire c'est de ne pas La revoir. Si jamais Voldemort retente une connexion, je veux éviter à tout prix que Ginny soit la première image qu'il verra. Mais en même temps, elle me manque tellement.

Je me laisse bercer par mes souvenirs pendant que je somnole. Immanquablement, tout ce qui c'est passé l'année précédente me revient en tête. Je n'arrive pas à sélectionner uniquement les bons souvenirs. A chaque fois, il faut que cette scène se répète dans mon esprit. Et ensuite viennent les regrets et les pourquoi, comme toujours.

Mon réveil sonne. Il est déjà neuf heures. Je l'éteins avant même la deuxième sonnerie et descend en quatrième vitesse à la cuisine préparer le petit déjeuner. Je n'ai pas trop envie de m'attirer les foudres de mon oncle, surtout que j'ai réussi à les éviter depuis mon arrivée. Il faut dire qu'obéir docilement aide grandement.

Je sors une poêle dans laquelle je place les tranches de bacon, puis je mets le gaz sur feu doux, histoire d'être sûr de ne pas tout faire cramer. Pendant ce temps, je fais chauffer de l'eau pour le thé, et je bats les œufs en omelette. J'ai à peine le temps de faire griller quelques tranches de pain que j'entends les marches de l'escalier craquer.

Mon oncle et ma tante viennent de rentrer dans la cuisine. Comme d'habitude, pas un coup d'œil ne serait-ce que furtif ne m'est jeté, et encore moins un simple petit bonjour.

Mon oncle s'installe après avoir pris son journal qui est déposé chaque matin sur le palier de la porte, tandis que ma tante prend le relais aux fourneaux pendant que je dresse la table pour le petit déjeuner. Puis, comme d'habitude, mon cousin daigne nous gratifier de sa présence, et cela seulement une fois que tout est prêt et servi.

Le petit déjeuner se passe en silence. Oncle Vernon lit en buvant son thé, ce qui donne pour résultat une tâche sur sa « chemise de nuit » par gorgée. Vive les moustaches ! Tante Pétunia, elle, ne touche presque pas à ses œufs et à son bacon, ce qui ravie grandement son fils qui, lui, engloutit tout ce qui se trouve à sa portée, même les assiettes des autres, réduisant ainsi à néant les effets des précédents régimes.

'' Le pauvre chéri ! Il faut bien qu'il se nourrisse pour faire tout ce sport.''

Tu parles !!! A ce rythme, ça ne s'appelle plus se nourrir !!! Il grossit à vu d'œil. Il n'y a que ses parents pour ne pas le remarquer !!! Comme d'habitude quoi. Je me demande si il y a une limite de poids maximum à la boxe ? Une chose est sûr, pour le faire voler, il faudrait au moins trois balais, ou encore un tapis spécial grande famille.

Tiens, la sonnette de l'entrée vient de retentir. Mon oncle pose alors son journal sur la table très brusquement dans un très nette mouvement d'énervement, puis il se lève et se dirige vers la porte d'entrée en marmonnant dans sa barbes des insultes contre tous les malpolis qui osent déranger une honnête famille et patati, et patata.

J'en connais qu'y vont passer un sale quart d'heure si ils n'ont pas de bonnes excuses. D'ailleurs la première phrase de mon oncle est des plus accueillante. Un très beau et fort ''Oui ! Qu'est ce que vous voulez ?''

Mais à mon grand étonnement, je n'entends pas un seul cri. Ce n'est pourtant pas dans les habitudes de mon oncle que de mettre un frein à sa colère. Peut être a-t-il seulement fermé la porte d'entrée ? C'est même sûr, mais même malgré ça, on entendrait la douce et tendre voix de mon oncle. Mais là, le silence règne dans la cuisine.

Tante Pétunia se lève et va rejoindre son mari. Elle aussi s'inquiète de ce comportement bizarre. Dudley, lui, profite de l'absence de ses parents pour finir leurs assiettes sans pour autant remarquer leurs absences. N'empêche, c'est à croire qu'il n'est jamais rassasié. Même Ron ne peut rivaliser avec lui. Je me demande même si il lui est déjà arrivé de caler dans sa vie ?

Au moment où mon cousin s'apprêtait à retourner dans sa chambre, la porte d'entrée se rouvre et une discussion parvient à nos oreilles.

« Bien, il est temps de présenter cette jeune demoiselle à son cousin » dit Vernon.

« A ses cousins. Il me semble que vous hébergez votre neveu aussi, non ? »

Cette voix masculine m'est familière, mais je n'arrive pas à mettre un visage dessus … Ses cousins !!! Comment ça, ses cousins. Ils entendent quoi par là ? Dudley et moi ?

« Oui, oui, mon mari et moi avons accueilli le fils de ma sœur il y a longtemps déjà. Le pauvre, devenir orphelin dès l'age d'un an » dit tante Pétunia de sa voix la plus douce et la plus mielleuse. « Il fallait vraiment ne pas avoir de cœur pour l'abandonner dans un orphelinat » ajouta-t-elle.

Plus de doutes possible, le ''ses'' veut bien dire Dudley et moi. Mais alors, cela veut dire que j'ai une cousine !!! Et ce n'est seulement maintenant que je l'apprends !

« Je crois que nos deux garnements sont encore dans la cuisine à prendre leur petit déjeuner » dit oncle Vernon. « Entrez, je vous en prie. Première porte à droite. »

Des bruits de pas résonnent dans le couloir. Ils arrivent. Elle arrive. Un coup d'œil à Dudley me suffit pour savoir qu'il n'a rien écouté de la conversation qui a eu lieu quelques secondes plus tôt. Je détourne mon regard et continue de fixer l'entrée de la cuisine avec avidité. Certains bruits de pas se sont arrêtés juste avant l'embrasure de la porte. Ils attendent. Nous attendons.

La première personne à pénétrer dans la cuisine est une jeune fille. Elle est plus jeune que Dudley et moi d'environ deux, trois ans. Elle a les cheveux roux très foncés, ils sont presque bruns avec beaucoup de reflet rouge. Et ces yeux ressemblent tellement aux miens. Elle est assez petite de taille, et son teint est bronzé. Je ne pense pas me tromper en affirmant qu'elle ne vient pas d'Angleterre.

Elle porte encore un uniforme scolaire qui lui va à ravir. Chemisette blanche, jupe bleue lui arrivant juste au dessus des genoux. Voila donc ma cousine.

Juste derrière elle se tient un homme que j'ai déjà vu plusieurs fois à la gare de King Cross. Je n'en revients pas ! Que fait-il ici ?

« Les garçons … »

Jamais tante Pétunia ne nous a appelés comme ça !

« … voici votre cousine, Anita. Elle vient de faire un long et pénible voyage, alors j'aimerai que vous ne l'embêtiez pas. Elle restera avec nous pendant les vacances. Vous aurez tout le temps pour lui poser vos questions. Anita, voici Harry, mon neveu, et Dudley, mon fils. »

C'est bien la première fois que tante Pétunia me présente ainsi à quelqu'un. Elle veut vraiment faire bonne impression. Au moins, je serai sûrement dispensé de toutes mes taches ménagères pendant quelques jours.

« Harry, pourrais tu préparer la chambre d'ami pour Anita s'il te plait ? »

J'ai parlé trop vite !

« Bien sûr ma tante. »

« Est-ce que je peux l'accompagner ? En même temps il me ferait une visite de la maison. »

C'est la première fois que je l'entends. Elle a un accent assez prononcé et je n'arrive pas à savoir d'où il vient. Il faut dire que je suis un grand voyageur !

« Bien évidemment ! Harry va te montrer tout ça. »

Ma tante a l'air contrarié par la requête d'Anita. Est-ce étonnant ? Bien sûr que non ! Dans le fond elle espérait avoir le temps de lui inculquer tous les mensonges qu'ils ont inventés à mon sujet.

« Tu viens ? On y va maintenant, comme ça, ça sera fait. »

« Je te suis. »

Je sors de la cuisine avec ma cousine sur les talons et nous prenons la direction des escaliers. Elle est vraiment petite, elle m'arrive à peine à l'épaule. Nous passons devant le placard sous l'escalier, et je résiste à l'envie de lui dire que c'est à l'intérieur que j'ai vécu jusqu'à mes onze ans. Nous montons alors l'escalier.

« La première porte à gauche se situe la chambre de Dudley. C'est la plus grande pièce de l'étage. Au fond à droite, il y a la chambre de tante Pétunia et oncle Vernon, elle est peut être plus petite que celle de leur fils, mais il y a une petite salle de bain en plus, au fond de leur chambre à droite. La deuxième porte à droite est la grande salle de bain. Ma chambre se situe là, à droite, et la chambre d'amis est au fond du couloir, à gauche. »

Elle écoute, sans faire le moindre commentaire. J'ai plus l'impression qu'elle enregistre tout, du plus général au moindre détail. C'est assez bizarre et même surprenant.

Une fois dans la chambre d'amis, je me dirige vers la seule armoire de la pièce : une grande penderie. Elle ne contient rien d'autre que le nécessaire pour faire le lit, c'est-à-dire une paire de draps, d'oreillers avec leurs housses ainsi qu'une couette imprimée. Je sors le nécessaire et commence à faire ce que ma tante m'a demandé.

« Laisses, je le ferai plus tard », me dit-elle.

« C'est gentil de ta part, mais je doute que tante Pétunia apprécie. Je vais le faire. »

Et puis je n'ai pas envie de me retrouver à la diète pour le reste de la semaine, voir plus, rajoutais-je dans ma tête.

« Je peux au moins t'aider, non ? »

« Bien sûr ! Peux-tu prendre l'autre coin du drap, s'il te plait ? Tu voudras une couette ? » lui demandais je une fois notre premier travail effectué.

« Ben, ça va surtout dépendre de la température. »

« En ce moment, c'est la canicule. C'est rare qu'il fasse aussi chaud en début d'été. »

« Qu'est ce que vous, les anglais, entendez par chaud. Quinze degrés ? »

Je reste immobile, comme stupéfixé par sa phrase. Vient elle de faire de l'humour ? Ou était ce seulement un commentaire anti-anglais ?

« Je te mets une couette » dis-je brusquement, presque en l'agressant.

« Oui, merci. Et puis, si j'ai trop chaud durant la nuit, je pourrai toujours l'enlever » dit elle gentiment, comme si elle n'avait pas remarqué le ton de ma réplique.

Puis, après un long temps de pause où l'on a fait le lit, elle rajouta :

« J'espère que tu ne penses pas que je suis antisémite, ce n'était que de l'humour tout à l'heure. Assez particulier, je te l'avoue. La fatigue, sans doute. »

Je préfère ça ! Et puis, heureusement pour elle car elle n'aurait alors pas été dans le bon pays pour passer ses vacances. Sauf si elle est maso.

« Changes ton intonation de voix la prochaine fois, ça éviterait de mauvaise compréhension. Et puis, les Dursley et l'humour ne font pas bon ménage, évite d'en faire de trop subtile devant eux. »

« J'essayerai. Merci du conseil. »

Encore un long moment de silence, sauf que cette fois ci, on ne fait rien de spécial. On se regarde sans se voir, on s'épie sans retenir les faits et gestes de l'autre, bref on a tous deux le regard dans le vide, soit à cause de nos pensées, soit à cause de la fatigue, ou encore des deux à la fois. Lorsque le dernier ange fut passé, je repris la parole, plus en douceur cette fois ci :

« Et sinon, tu as quel age ? Je sais bien que tante Pétunia ne veut pas que l'on te pose de questions aujourd'hui, mais à part ton prénom, elle ne nous a rien dit d'autre. »

« J'ai seize ans, et je suis en seconde. »

« Tu veux dire que tu vas rentrer en seconde, non ? »

« Non, pas du tout. Au Japon, là où je vis, les changements de classe se font en même temps que les changements d'année. En fait, on a bien des vacances d'été, comme vous, mais on ne peut pas ne rien étudier pendant, sinon c'est le redoublement assuré. »

« Aïe ! Ce n'est pas terrible ça ! »

« A qui le dis-tu !!! »

« Si tu vis au Japon, comment ça se fait que tu parles aussi bien l'anglais ? »

« Mes parents me l'ont appris, et puis on a vécu à Hong Kong jusqu'à la mort de papa. C'était à l'époque où cette île appartenait encore à l'Angleterre. J'aimais bien ma vie, là bas. »

« Mais alors, pourquoi es tu partie au Japon ? »

« Tu crois que j'ai eu le choix ! J'ai tout simplement suivi ma mère, j'étais encore bien trop jeune pour me débrouiller seule. Et puis, c'est pour subvenir à nos besoin qu'elle a accepté de prendre un poste à plus haute responsabilité, et donc meilleur salaire, au Japon. C'est pourquoi nous sommes parties de Hong Kong. Depuis, je m'y suis habituée et je m'y sens bien. Faut dire qu'au début j'étais déboussolée, sans aucun repère. Enfin bon, je ne sais pas si tu peux comprendre. Il faut l'avoir vécu. »

Est-ce une constatation ? A-t-elle peur que je ne comprenne pas ce qu'elle veut dire ? Des deux, je pense que d'apprendre du jour au lendemain que l'on est un sorcier est plus déboussolant que d'apprendre que l'on va déménager. Et que dire du style de vie qui en découle.

« Je vais te laisser t'installer et te reposer maintenant. Le déjeuner sera prêt dans une heure ou deux. De toute façon, tu entendras tante Pétunia nous appeler. »

Puis je suis parti de sa chambre sans même attendre de réponse. Dans la cuisine, tante Pétunia, oncle Vernon et le monsieur ayant accompagné Anita jusqu'ici étaient encore en pleine discussion. Apparemment, tous les problèmes ne sont pas encore réglés.

Je quitte le couloir, préférant le silence de ma chambre du 4 Privet Drive. Je n'ai pas envie de me mêler de ce qui ne me regarde pas aujourd'hui, même si cette Anita m'intrigue. J'ai comme l'impression qu'elle me connaît. Pourtant, je suis sûr de ne jamais l'avoir vu. Et puis apprendre maintenant que j'ai de la famille autre que les Dursley, c'est plus que suspect. Il faut que j'en parle à Remus. A part tante Pétunia, il doit sûrement être celui qui connaît le mieux la famille Evans. Et cela m'arrange bien puisqu'il va être plus facile d'obtenir des renseignements de Remus que de Pétunia, surtout sur ce sujet.

Un pas lourd monte l'escalier à toute vitesse. Dudley a enfin réussi à s'extirper de la cuisine. Là il va dans sa chambre se passer les nerfs sur sa Playstation dernier cris. Je crois qu'il en est à sa troisième en deux mois. La solidité n'est pas réellement le point fort de cette console.

Je sorts de ma malle le nécessaire pour écrire, et m'installe à mon bureau. Les volets, que j'ai juste entrouverts avant d'aller faire le petit déjeuner, laissent passer suffisamment de lumière pour y voir clair.

Je trempe ma plume dans l'encre, puis commence :

Cher Runald,

Tu te souviens souvient sûrement de la fille du cousin de ma mère ? Non ? Dommage, elle vient d'arriver aujourd'hui même. Cela fait un bon bout de temps que je ne l'ai pas vue. Elle me ressemble beaucoup maintenant, ça fait vraiment bizarre, surtout pour une cousine au second degré.

Elle aimerait bien te revoir le plus tôt possible, mais elle n'a pas ton adresse, donc je m'occupe de te transmettre son désir. Tu veux une photo pour te rappeler de son visage ?

En espérant que tu ne fasses pas trop attendre cette demoiselle.

A bientôt.

Rédiger une lettre en temps de guerre, tout un savoir. Je suis sûr qu'en lisant ceci, Remus accourrait au 4 Privet Drive. Il ne me reste plus qu'à l'env…oyer, chose impossible sans Hedwige, qui est justement partie voir Remus. Il va falloir que j'attende pour avoir les réponses à mes questions.

Je me tourne et regarde le cadran du réveil à coté de mon lit. Il indique 11h 30. Que le temps passe vite lorsque l'on cherche ses mots.

Je sorts alors et descend aider tante Pétunia à la cuisine, comme d'habitude. En entendant la voix de cet homme, je m'arrête en plein milieu les escaliers. Il n'est toujours pas parti, mais ça ne saurait pas tardé car il prend congé des Dursley. De là où je suis, je peux observer le couloir sans pour autant être vu. Je vais donc pouvoir épier cet homme qui ne m'est pas inconnu.

Le voila qu'il sort, justement, en compagnie de tante Pétunia et d'oncle Vernon. J'ai à peine le temps de voir son profil car aussitôt il se dirige vers la porte d'entrée, me tournant ainsi le dos. Mais ce simple m'a suffit. Ce n'était pas une illusion tout à l'heure. Il se trame quelque chose, et c'est lié à Anita.

Et voila, je me retrouve maintenant dans le jardin en train de tailler et désherber les rosiers, après un des déjeuner les plus silencieux que j'ai connu chez les Dursley, l'interdiction de poser des questions à Anita aidant. Heureusement pour ma famille qu'Anita dort ! C'est d'ailleurs pour cela qu'ils ont pris le risque de m'obliger à faire le jardinier !

Il faut dire que c'était prévisible. Déjà au déjeuner, elle piquait du nez, et ce n'est pas l'ambiance qui y régnait qui aurait pu la tenir éveillée. C'était le repas le plus silencieux auquel j'ai participé chez les Dursley. Tante Pétunia ne voulait pas que l'on pose de questions à Anita, et de peur de dire des bêtises, ils n'ont pas parlé de tout le repas.

Mais inclure tous les Dursley dans le même panier serait injuste. Dudley, lui, ne parlait pas car sa bouche était tout le temps occupée durant le déjeuner, comme à son habitude.

Et voila, le premier parterre est terminé, il ne m'en reste qu'une dizaine !!! Dire que la journée n'avait pas trop mal commencée. C'est l'arrivée d'Anita qui m'a fait espérer que j'échapperais à cette corvée. Mais c'était mal connaître les Dursley, ou trop bien.

Après tout, n'avais-je pas prévu un retour progressif des taches ménagères dans mon environnement ? Mais avant, il va falloir que les Dursley aient une conversation avec Anita de façon à la convaincre que je suis un délinquant. Ensuite seulement je retrouverais mes habits de Cendrillon.

Néanmoins, cette fille ne me donne pas l'impression de croire des baratinages. Il va falloir que les Dursley apportent des preuves ou tout du moins de solides explications.

Là-dessus, elle me fait un peu penser à Hermione. Toujours en train de se poser des questions sur le bien-fondé de certaines paroles douteuses à leurs yeux, mais sans jamais remettre en cause ce qui est écrit dans les livres, quoi que cela dépende de l'auteur maintenant. L'effet Lockart, j'en ai bien peur.

Elle me fait aussi penser à l'image que j'ai de ma mère au même age. Rousse aux yeux verts, une certaine curiosité mais suffisamment d'intelligence pour qu'elle reste cachée aux yeux non avertis. Sans compter sur sa taille. Non, il ne fait aucun doute qu'Anita puisse être ma cousine. Pourtant, plus j'y réfléchis, et plus j'en doute.

Peut être suis-je trop sur mes gardes, ou peut être que ce n'est que ma conscience qui me le dit. Cependant, une chose est sûre, qui qu'elle soit, Anita apparaît dans ma vie au plus mauvais moment. Pour l'instant, la protection de ma mère fait encore effet, mais cela ne va pas durer éternellement. Une fois ma majorité atteinte, mon oncle va me jeter dans la rue, et j'ai bien peur que Voldemort profite de ce moment pour s'immiscer une fois de plus dans mes pensées et souvenirs. Un court laps de temps lui suffirait, et tous ceux qu'il entrapercevra alors seront en danger. Et maintenant, Anita fait partie de cette longue liste potentielle.

Ça ne me va pas de broyer du noir, quoique l'heure s'y prête plus que ce matin. Je devrais rentrer avant que la nuit ne tombe complètement, je finirais demain.

Après avoir rangé le matériel de jardinage et mis les mauvaises herbes ramassées à la poubelle, j'ai pris la direction de la cuisine. Cela fait un peu plus d'une heure que mon estomac crie famine. J'y rentre. Ma tante est en train de charger le lave-vaisselle, elle est seule. Dudley doit sûrement être sur sa Playstation tandis que l'oncle Vernon doit être au salon en visionnant la télé. Je regarde l'horloge qui est au dessus de la porte d'entrée, un peu plus de 21 heures.

« Il reste un peu de ragoût de ce midi. Si tu n'as pas assez, fais toi du riz pour aller avec. Tu sais où il se trouve. N'oublies pas de faire ta vaisselle quand tu auras finis, dit elle en même temps qu'elle met en marche le lave-vaisselle. »

« Oui ma tante. »

De toute façon, ça ne change pas des habitudes. Depuis le début des vacances, elle me fait le même coup, attendre mon retour pour mettre en route le lave-vaisselle flambant neuf puis de me demander de faire ma vaisselle. Si ça s'arrête là pour cet été, je serais bien content. Mais ça m'étonnerait, ils vont tout faire pour endoctriner Anita.

Comme hier et les jours précédents, je n'arrive pas vraiment à dormir. Mais par rapport au reste de la semaine, aujourd'hui j'ai fait la grasse matinée. Le soleil est déjà levé ! Enfin, pas depuis longtemps, une heure tout au plus.

Je me lève et vais à ma fenêtre profiter du soleil et de la fraîcheur matinale. Le temps ne risque pas de changer à ce que je vois. C'en est presque à regretter l'été dernier. Enfin, seulement le temps et non la cause. Je reste là, silencieux, accoudé, à guetter le retour de ma chouette tout en profitant du calme environnant.

Cela doit bien faire dix minutes que je suis là, n'observant que le soleil commençant sa révolution. Hedwige est peut être intelligente, mais ce n'est pas Super-Chouette ! Je le sais bien mais pourtant j'espérais. Je pousse alors un long soupir tout en m'éloignant de la fenêtre, puis une fois assez près de mon lit, me laisse choir provoquant ainsi un concert de grincements de ressorts. Aucun risque pour que cela ne réveille les Dursley…

« Toc ! Toc ! Toc ! »

J'ai parlé trop tôt, on frappe à ma porte. Mais depuis quand les Dursley frappent avant d'entrer dans cette pièce ? La porte s'ouvre et laisse place à Anita. Elle regarde l'ensemble de la chambre avant de se fixer sur le lit, puis sur moi. Elle n'est pas surprise de me voir les yeux grands ouverts à une heure si matinale.

« Excuse moi, je passais dans le couloir et j'ai entendu du bruit, commença-t-elle. »

« Entre et ferme la porte surtout. Je ne tiens pas à réveiller mon oncle et ma tante. Ils sont en vacances et ont besoin de se reposer, complétais-je pour répondre à son interrogation silencieuse. »

En réalité, c'est un mensonge bien sûr, mais que pouvais je lui dire ? 'Désolé, je les déteste et moins je les endures pendant la journée, mieux je me porte', sûrement pas !!!

« Tu as bien dormi ? Répondis-je. »

« Oui, très bien, merci. A par que j'ai tout d'abord eu trop chaud, puis trop froid au cours de la nuit. La couette a été la bienvenue à ce moment là !!! »

« Tu as eu le nez fin alors. »

« On peut dire ça comme ça, effectivement. Au fait, il est quelle heure ? Je crois que je n'ai pas remis ma montre à l'heure à l'aéroport. Elle m'indique 18 heures. »

Je rigole. C'est quelque chose à laquelle je n'aurais moi aussi pas pensé. Je crois même que dans mon entourage, il n'y a qu'Hermione qui y aurait pensé, et ceux bien avant de monter dans l'avion !

« Il doit être prêt de huit heures. »

« De quoi ! Je me suis réellement levée toute seule si tôt ! Miracle !!! »

« Après une nuit de plus de 12 heures de sommeil, c'est normal non ? Fis-je remarquer. »

La joie et la fierté qui étaient apparues sur son visage disparurent aussitôt et laissèrent place à une grimace de déception.

« De toute façon, ce n'est pas le temps que j'ai passé à dormir qui importe mais bien l'heure à laquelle je me suis levée. Mes s…amis ne vont pas en revenir ! Habituellement, ils s'y mettent au minimum à deux pour me réveiller. »

« Et comment ils s'y prennent ? Ça m'intéresse car mon meilleur ami est aussi un flemmard qui traîne toujours au lit. Souvent, pour le réveiller, on saute sur son lit et sur lui par la même occasion, ou encore on lui débouche les oreilles pour le restant de la semaine. Une fois on l'a directement jeté dans une baignoire pleine d'eau froide. »

« Ehhh !!! C'est carrément de la torture que vous lui faites subir. Le pauvre !!! Heureusement que mes amis ne me font pas ça, sinon ils seraient tous morts !!! Quoi que, le débouchement d'oreilles ressemble fort à la torture du réveil matin réglé au maximum dans la taie d'oreiller. »

« C'est un peu le même genre, effectivement. »

Dommage que les appareils moldus ne fonctionnent pas à Poudlard ! J'aurai bien essayé ça sur Ron !

« Et tu les sorts d'où toutes ces techniques ? Je sais que tu les fais subir à ton meilleur ami, mais comment tu les as apprises ? »

« Tu sais, la vie en internat… »

« A bon ! Moi qui pensais que Dudley et toi vous étiez au même lycée de quartier. »

Heureusement pour moi, ce n'est pas le cas. Merci Merlin !

« Non, pas du tout. Depuis la fin du primaire nous sommes dans des écoles différentes. »

« Ça n'a pas été trop dur la séparation ? Souvent ça se passe mal. »

Tu rigoles, ça a été la délivrance !!! Au placard le costume du cousin punching ball et bonjour aux nouveaux camarades. C'était comme un rêve !!!

« Au début, c'est sûr que c'est dur, mais bon, on s'habitue et surtout on rencontre d'autres personnes. Tu as dû connaître la même chose toi aussi, lors de ton déménagement. »

« Oui, aussi. Au départ je ne voulais pas mettre ne serait-ce qu'un bout d'ongle de pied à l'école. Il lui en a fallu beaucoup de patience et de force de persuasion à ma mère. »

« Tu détestais l'école tant que ça ? »

« En fait, je n'y avais jamais mis les pieds. Ce sont mes parents qui ont été mes professeurs jusqu'au déménagement. Ensuite, maman ne pouvait s'occuper à la fois de mon éducation et de son travail, alors elle m'a inscrite à l'école. Faut dire, mes parents étaient de très bons profs !!! Grâce à eux, je n'ai jamais eu de problèmes à l'école et en plus j'étais trilingue à l'age de 8 ans. »

« Et tu parles quelles langues ? »

« L'anglais, le chinois et le japonais. »

« De quoi comprendre et se faire comprendre d'un quart de la population mondiale quoi. Au fait, tu es bien venue ici pour rencontrer des membres de ta famille, c'est ça ? Demandais-je pensant que les banalités avaient assez durées. »

« Oui, maman s'était souvenue que papa avait de la famille en Grande Bretagne. Il lui avait parlée qu'une fois ou deux je crois. Après quelques recherches, nous avons trouvé les Dursley et je me suis arrangée pour venir ici grâce à une association. »

« Donc l'homme qui t'a accompagné jusqu'ici hier faisait parti de cette association alors. »

« Je pense, oui. »

Jamais Hermione ne m'a parlé d'une association à laquelle ses parents adhéraient. Néanmoins, cette histoire se tient. Je demanderai confirmation à Hermione plus tard, là je n'ai ni le temps, ni les moyens puisque Hedwige n'est pas encore rentrée. Est-ce que je vais tenter le bluff ?

« C'est quand même bizarre. »

« Qu'est ce qui est bizarre ? »

« C'est juste que l'homme d'hier est le père d'une de mes meilleurs amis, et il ne m'a jamais parlé d'une quelconque association. Je dirai même qu'il n'a jamais prononcé ce mot devant moi, enfin, jamais dans ce sens en tout cas. »

Sa réaction est immédiate. Son sourire s'est effacé pendant un court instant, ses muscles du visage se sont contractés changeant ainsi son allure un peu badine en une réellement sérieuse.

« Je te l'ai dit, je pense qu'il fait partie de l'association, je n'en suis pas sûre. Je l'ai déduit parce que c'est lui qui m'a emmenée jusqu'ici à partir de l'aéroport. Et puis il est tout aussi bizarre que puisque vous vous connaissez, toi et lui, vous ne vous soyez pas dit bonjour hier, ni même échangés le moindre regard d'après ce que j'en ai vu. Vraiment bizarre puisque c'est le père de ta petite amie. »

Elle a du répondant, et du flair la 'cousine'. Néanmoins, rien que sa réaction, même si elle a été furtive, conforte l'hypothèse 'anguille sous roche'. Quelque chose se trame derrière mon dos, encore une fois. Je crois que je vais arrêter là l'interrogatoire, elle est bien trop maligne et sur ses gardes. Je n'obtiendrais plus rien d'elle, enfin pas tout de suite. Mais ça m'oblige à remettre à plus tard mes questions sur les liens familiaux auxquelles il me faut des réponses !

« C'est bon, ne t'énerve pas, je ne faisais qu'une petite remarque sur la grandeur de ce monde !!! Aller, viens, on va petit déjeuner.»

Petite amie ? Elle parlait d'Hermione ? Devrais je lui dire qu'elle se trompe ?