Bêta : Mokonalex
— Quoi ? s'exclama le Professeur Rogue en entendant cette déclaration et ses yeux noirs lançant des éclairs. C'est quoi cette connerie ? Un Severus Rogue Junior ? C'est impossible, je n'ai pas d'enfants !
Il regardait à présent le vieux directeur avec stupéfaction.
Celui-ci reposa son paquet de bonbons sur son bureau et se précipita vers Rusard dont il prit le bras d'une main ferme.
— Argus, où sont ces garçons ? Vous ne les avez pas laissés seuls, j'espère ?
— Non, Professeur. Les Professeurs McGonagall et Chourave étaient avec moi quand on les a trouvés. Elles les ont transportés à l'infirmerie, je pense. C'est ce que le Professeur McGonagall voulait faire quand elle m'a envoyé vous prévenir. Elle ne voulait pas que les élèves voient les deux garçons.
— Excellente initiative de Minerva ! Severus, vous venez avec moi tout de suite, nous allons à l'infirmerie pour tirer ça au clair. Helena ma puce, tu retournes à ta salle commune retrouver tes amis. Bien entendu, tu ne dis rien de ce que tu as entendu ici, n'est-ce pas ? Je peux compter sur toi ? demanda le Professeur Dumbledore en regardant sa pupille par dessus ses lunettes en demi-lune.
— Ne t'inquiète pas, Oncle Albus. Je ne dirai rien bien entendu, puisque tu me le demandes, affirma Ellie en le regardant dans les yeux avec le plus grand sérieux.
— Je te fais confiance comme toujours, lui dit le vieil homme barbu.
Puis se retournant vers les autres :
— Nous y allons !
Et tout le monde sortit du bureau. Ellie ne dévala pas les escaliers quatre à quatre comme les autres. Elle laissa la vis magique la redéposer en bas. Elle réfléchissait aux évènements.
° C'est quoi ce coup fourré… un éclair, un cratère, deux garçons inconnus dont l'un s'appelle Severus Rogue Junior… et l'autre déchet qui dit qu'il n'a pas de gosse… je veux bien le croire, gracieux comme il est… faudrait être folle pour faire un enfant avec cette chauve-souris graisseuse. Et pis il s'en rappellerait ! ben vi, il porte son nom donc faudrait qu'il l'ait reconnu… bizarre… ça sent pas bon cette histoire.°
Ellie retourna pensive vers le portrait de la Grosse Dame et lui donna le mot de passe, dans un état second. Elle pénétra dans l'ouverture et entra dans la salle commune, qui à cette heure était particulièrement remplie d'élèves de tous âges. Une tête rousse flamboyante s'était tournée vers la porte quand Ellie était entrée.
— Ellie ? Mione vient de me dire que tu allais prendre le thé avec Dumbledore. Pourquoi tu reviens si tôt ?
En entendant la voix de Ginny Weasley, Ellie sortit de sa rêverie.
— Hein ? Oh, il a eu une visite imprévue pour… pour une affaire à régler et j'ai dû partir, voilà, répondit-elle en souriant.
— Ben, viens avec nous. On parle de garçons, lança Ginny d'un air malicieux.
Trois autres têtes souriantes apparurent, au dessus du dosseret du vieux canapé qui faisait face à la cheminée de la salle commune des Gryffondors : Hermione, Lavande et Parvati.
Ellie se mit à rire.
— Oh, voilà un sujet ô combien intéressant… C'est pour en dire du mal ou du bien ?
— Les deux ! répondit la rouquine.
— Dans ce cas, ne bougez pas. Je vais chercher de quoi améliorer cette petite réunion féministe.
Ellie remonta rapidement vers son dortoir et en redescendit avec un grand sac d'un supermarché moldu.
— Y a quoi là-dedans ? s'inquiéta Ginny.
— Des canettes de Coca-Cola ma chère ! lui répondit Ellie un large sourire sur son joli visage.
— Du quoi ?
Hermione avait bondi à cette annonce.
— Tu en as ? C'est vrai ? Rhhhaaaa ! C'est trop bon ! Ça me manque ça, on en trouve pas dans le Monde Magique !
Les autres filles étaient inquiètes.
— Ça se mange ? demanda timidement Lavande Brown.
— Nan, Lav', ça se boit ! lui répondit Ellie en souriant toujours.
Elle entreprit de déballer son pack de coca et fit une démonstration de l'ouverture des canettes. Hermione avait déjà commencé à boire la sienne.
— Attention les filles ! Je vous préviens, ça pique ! Y a des bulles… Alors ne secouez pas la bouteille et buvez doucement. Vous verrez, c'est très bon, leur dit Hermione.
Timidement, les petites sorcières goûtèrent la boisson. Ginny faillit s'étouffer en découvrant l'effet gazeux.
— Whaoouuu ! Pas mal ! Je vais garder la canette vide pour mon père, il adore tout ce que font les Moldus.
Au final, elles apprécièrent cette boisson si inhabituelle et inconnue des sorciers, puis ravies, commencèrent à passer en revue les mâles de Poudlard, faisant des pronostics sur qui allait sortir avec qui, au cours de cette année.
Hermione s'obstinait à refuser de sortir avec Ron, estimant ne voir en lui qu'un de ses deux meilleurs amis, un frère comme elle disait. Ginny sortait avec Harry, ce n'était pas un secret, et Hermione savait pertinemment que le lit de la rouquine restait parfois vide la nuit, depuis l'an dernier, mais n'en révéla rien. Lavande souhaitait récupérer son Ron-Ron, et Parvati lorgnait du côté de Seamus Finnigan. Elles en étaient réduites à essayer de monter des plans plus ou moins réalisables pour arriver à leurs fins.
Ellie ne disait pas grand chose. Elle écoutait, se contentant d'acquiescer de temps en temps. Elle pensait encore aux évènements qui avaient eu lieu en fin d'après-midi dans le jardin du cloître.
Elle fut tirée de sa rêverie par une question de Ginny Weasley, la sœur de Ron.
— Ellie, tu as quelqu'un en vue parmi le stock de Poudlard ?
— Ben euhhh… nan… pas vraiment… répondit l'intéressée, un peu troublée.
° Attends Ellie tu déconnes, pourquoi tu rougis là ? Tu n'as personne en vue… alors pourquoi tu penses à l'autre pas beau des cachots, quand Ginny te demande hein ? T'es maso ma pauvre fille… ce mec est une plaie, un cafard putride… ouais mais quand il hurle pas, il a une voix hyper sensuelle, chuis sûre qu'il le sait même pas. Non mais attend stop ! T'es folle hein ? Reprends-toi là, tu parles de Rogue l'immonde, un prof ! Et il a au moins quarante ans ! MMMmmmm… p't'êt qu'avec un shampooing et bien habillé, il serait pas mal…
GRRRR ! Arrête tes bêtises, c'est ta conscience qui te parle ! Ok, ok… j'arrête !°
— Tu rougis ! s'écria Parvati excitée. Tu rougis, tu as quelqu'un en vue, alleeeeeez ! Dis-le !
— Nan nan, Parvati, je t'assure, je rougis parce qu'avec le coca, mon ventre fait grouik, vu que je commence à avoir faim. Et j'avais peur que vous entendiez… avoua Ellie, penaude.
Les autres filles se mirent à rire. Elles jetaient à présent des coups d'œil peu discrets sur les occupants de la salle commune.
— Vous croyez que Neville va sortir avec une fille, cette année ? demanda Lavande à ses amies.
— Pourquoi ? Il en a pas eu les autres années, de copines ? répondit Ellie.
— Non, confirma Hermione, j'avais pensé qu'il essaierait avec Luna Lovegood, l'an dernier. Mais non, ils sont justes amis, on dirait. Alors franchement, je ne vois pas qui irait avec lui.
— Luna Lovegood ? C'est la blonde un peu bizarre qui est à Serdaigle, non ? demanda Ellie.
— Oui, c'est vrai qu'elle est un peu étrange, beaucoup l'appellent Loufoca. Mais elle est super sympa, on peut compter sur elle. C'est vraiment une fille bien. Et pis tu sais, elle s'est battue avec nous dans l'AD y a deux ans, quand on avait Dolorès Ombrage aux fesses, répondit Ginny.
— Oncle Albus m'a raconté vos initiatives en effet. Il était très fier d'ailleurs… Dites les filles, on va manger ? Je crève la dalle, je sais pas pour vous mais…
— Oui moi aussi, révéla Hermione en se levant. Je suis d'avis d'aller diner. Et j'irai bien faire un tour à la bibliothèque, ensuite.
Il fut donc convenu de descendre se restaurer. Ellie cacha le reste de son pack de coca sous le vieux canapé défoncé et les filles mirent leurs canettes vides dans la poubelle, sauf Ginny qui alla précieusement planquer la sienne dans sa malle.
La salle à manger se remplissait à présent. Mais aucune trace d'un seul professeur des matières principales à la grande table. Où étaient-ils donc passés ?
Ellie attaquait les entrées lorsqu'Harry et Ron firent leur apparition en tenue de Quidditch. Ils annoncèrent à leurs amies qu'ils allaient se doucher et les rejoindre, et les priaient donc de ne pas manger trop vite, afin de les attendre. Harry embrassa Ginny et Ron lorgna Hermione, qui semblait passionnée par ses carottes râpées.
Dès que les garçons s'éloignèrent, Ellie demanda à Hermione à voix basse et avec un air de conspiratrice :
— Hermione, je sens que tu penses à quelqu'un… allez… c'est qui… dis-le moi. C'est un garçon ? Je te promets que je ne dirai rien à personne !
Les joues d'Hermione rosirent. Elle hésita :
— Tu me promets que tu ne diras rien à personne, surtout pas à Harry ni aux autres ?
— Je te le jure, Mione !
— Eh ben… je pense à quelqu'un en effet. Enfin, je veux dire qu'il y a quelqu'un qui me plaît bien. Mais bon, c'est impossible, alors…
— Pourquoi impossible ? Il a déjà une copine ?
— Non nooonn… en fait, il est plus vieux que moi, beaucoup plus vieux, alors…
— Attends, c'est pas un prof quand même ?
— Non ! C'est pas un prof ! Il n'est pas ici, mais à Londres… en fait c'est…
Hermione soupira. Elle hésitait toujours à livrer le nom de l'objet de ses pensées. Ellie était toute ouïe. La sage et studieuse Hermione craquait pour un homme plus âgé ?
— Allez, Mione, dis-le !
— C'est… Sirius Black, le parrain d'Harry.
— Naaaaannnn ? Ben tu m'étonnes que ça fait désordre ! Le parrain d'Harry ! Aïe ! Ça va pas être facile ! Et… lui… il a des sentiments pour toi ?
— Je… je ne crois pas… non, soupira tristement Hermione en traçant des rails dans sa purée.
— Mouais… t'inquiète, c'est pas perdu. Attends les vacances de Noël. Tu les passes Square Grimmaurd avec Harry, nan ? Oncle Albus m'en a parlé, parce que je dois y aller avec vous, si jamais il ne peut pas me garder pour les vacances. Je crois que Sirius est d'accord, d'après Oncle Albus.
Puis chuchotant à l'oreille d'Hermione :
— On va s'arranger pour qu'il craque sur toi…
— Ellie, avoua Hermione écrevisse. Je sais pas si c'est une bonne idée. Il a trente sept ans quand même.
— Et alors ? Je ne vois pas le problème, répondit la jolie blonde, en lui faisant un clin d'œil.
— Alors toi, tu es trop… Ça ne te choque pas ?
— Il en faut bien plus que ça ma chère. Je suis Française, ne l'oublie pas.
Hermione sourit et regarda sa récente amie avec un regard neuf. Lui avouer ça, la soulageait, surtout qu'elle ne se sentait pas le moins du monde jugée. Un tel aveu aurait horrifié Ginny.
Deux garçons leur sautèrent dessus en criant :
— Coucou, c'est nous !
Hermione soupira :
— Toujours aussi puérils, vous deux ! Quand allez-vous grandir un peu ?
— Jamais, Mione ! C'est comme ça que je me sens le mieux ! répondit Ron.
— Alors Harry ? Et cette sélection ? demanda Ginny.
— Tu aurais dû venir, Gin'. Tu as déjà ta place dans l'équipe, mais j'aurais bien aimé que tu sois là quand même, commença Harry.
— J'avais pas envie, on a fait une soirée entre filles, rétorqua la rouquine.
— Oh pitié ! Pas de Quidditch à table, je vous en conjure, supplia Hermione. Y a d'autres sujets que ça franchement, et ça ne nous intéresse pas, Ellie et moi.
Harry regardait autour de lui à présent.
— Ouais… où sont les profs, par exemple ?
— Co… ent … a… où… ont… es… ofs… ?
— RONALD BILIUS WEASLEY, vociféra la sœur de l'intéressé. Quand cesseras-tu de t'empiffrer comme un goret et de parler la bouche pleine ? Tu es répugnant.
Ron avala et regarda vers la grande table.
— C'est vrai, il en manque. Ils sont où ?
— On ne sait pas, on ne s'en est aperçu qu'il y a quelques minutes, répondit placidement Hermione.
Ellie n'ajouta rien. Elle sentait bien qu'il y a avait un problème, mais elle avait promis à Dumbledore de ne rien dire et elle ne trahirait jamais sa confiance. Il était sa seule famille.
À présent, ils regardaient tout autour d'eux. L'absence des Directeurs de Maisons avait été remarquée par toutes les Maisons et les élèves chuchotaient en montrant le centre de la Grande Table Professorale qui restait vide.
Dans le coin des Serpentards, les discussions allaient bon train également et il n'était pas difficile de deviner le sujet de conversation principal. Drago Malefoy semblait très contrarié de n'être au courant de rien. Après tout, il était Préfet-En-Chef, tout comme Hermione.
Le repas prit fin et les élèves remontèrent dans leurs salles communes. Les professeurs manquants n'avaient pas réapparu.
Hermione alla prendre son sac de livres et se dirigea vers la bibliothèque. Harry et Ron décidèrent de faire une partie d'échecs version sorciers, sous les yeux intéressés de Ginny et de Lavande qui avait toujours son idée en tête.
Ellie prit ses vêtements de nuit et se dirigea vers la salle de bain en vue de prendre une bonne douche et ensuite de paresser au lit avec un bouquin.
C'est là que la trouva la directrice de Gryffondor.
— Ellie, le Professeur Dumbledore veut vous voir tout de suite. Relevez-vous, s'il vous plaît et passez une robe de chambre. Je ne pensais pas vous trouver déjà au lit, lui dit-elle souriante.
Ellie sauta hors du lit et enfila le déshabillé de soie améthyste – sa couleur préférée – bordé de marabout et les mules assortis à sa chemise de nuit.
Sa traversée de la salle commune ainsi vêtue provoqua les sifflets des garçons de sa maison. Elle n'y prêta aucune attention.
— Où allons-nous, Professeur McGonagall ? se contenta-t-elle de demander.
— À l'infirmerie, Miss Saint-Clair. Le Professeur Dumbledore vous y attend.
— Il n'est pas souffrant au moins ? s'inquiéta soudain la jeune Gryffondor.
Sa directrice de maison posa la main sur le bras d'Ellie, en souriant affectueusement.
— Non, non ! Ne vous inquiétez pas, il va très bien.
Ellie était inquiète, mais ne le montra pas au professeur de métamorphose. Elle entra dans l'infirmerie où un silence pesant l'accueillit.
Ellie jeta un regard dans la pièce. Deux personnes étaient couchées dans des lits. Le Professeur Dumbledore se tenait au milieu de la salle. Le Professeur Lupin semblait accablé, avachi sur une des chaises, la main de Madame Chourave sur une épaule. Le petit Professeur Flitwick lui tapotait la main gauche. Le Professeur Rogue fulminait, rouge de colère, les mains dans le dos, et semblait fasciné par les dalles du sol de pierre de l'infirmerie.
L'entrée d'Ellie le tira de sa contemplation. Il resta bouche bée et rougit encore plus.
° Merlin… pitié, ne me faites pas ça, c'est un appel au viol ! Bordel, qu'est-ce qu'elle est belle…°
La demoiselle en question n'était pas dans une tenue communément vue chez les élèves, même de 7ème année. Elle portait donc une longue chemise de nuit en soie améthyste à fines bretelles, moulante à la taille et à la poitrine, évasée en corolle jusqu'au sol. Le déshabillé, entièrement bordé de plumes duveteuses, avait la même coupe pour le corps, mais avec de longues manches serrées jusqu'aux coudes et amples ensuite jusqu'aux poignets bordés de plumes de marabout. Il se terminait en mini traine qui balayait le sol. Les hauts talons des mules élançaient la silhouette déjà fine de la jeune fille. Et elle portait en plus les cheveux relevés dans un gros chignon flou qui laissait les boucles s'échapper. Elle semblait ainsi plus âgée, plus femme.
D'un coup d'œil, Ellie avait vu la stupeur de son professeur de potions à son entrée. Mais il tourna la tête vivement, tandis que le Professeur Dumbledore se précipitait vers sa pupille.
— Oncle Albus, que se passe-t-il ?
— Helena, je voudrais te présenter ces deux jeunes gens.
Il se retourna vers les deux lits jumeaux et demanda aux deux jeunes hommes qui y étaient allongés de se présenter.
Ellie regarda tour à tour les deux garçons qui la dévisageaient sans rien dire.
Celui du lit de gauche était grand, très grand, autant qu'elle pouvait en juger, et bien bâti. Il avait des épaules de sportif et une bonne musculature qu'on devinait à travers les pyjamas rayés style Azkaban, fournis par Madame Pomfresh. Il avait de longs cheveux noirs brillants qui lui descendaient jusqu'à mi-dos et des yeux noirs de jais d'une chaleur incroyable. Son nez était légèrement crochu et il avait un très beau visage aux traits harmonieux et une belle bouche bien dessinée, aux contours sensuels. Il souriait en la regardant.
Ellie lui rendit son sourire. Elle trouvait qu'il ressemblait au Professeur Rogue mais en beaucoup plus beau et plus jeune. Il était vraiment très beau… Se pouvait-il que ce soit lui, le fameux Severus Rogue Junior ?
Elle regarda ensuite l'autre garçon qui s'était assis dans son lit à son arrivée. Lui, regardait d'un air inquiet son camarade et jetait des coups d'œil au Professeur Lupin qui n'avait pas levé la tête.
Ce garçon semblait du même âge, bien que légèrement plus petit. Et la chose la plus étonnante était ses longs cheveux bleu pétant, très longs sur son dos et complètement en pétard sur sa tête. Il était plutôt mignon et avait d'incroyables yeux d'or liquide.
Ce fut lui qui rompit le silence.
— Je m'appelle Teddy Remus Lupin, et mon camarade, Severus Rogue Junior.
Deux soupirs déchirants se firent alors entendre à cette annonce. Le Professeur Lupin s'était ratatiné encore plus sur sa chaise et le Professeur Rogue donnait à présent des petits coups de pieds à un objet invisible pour se donner une contenance.
Ellie interrogea Albus Dumbledore du regard.
— Oui, Helena. Ces jeunes gens sont les fils des Professeurs Rogue et Lupin.
— J'ignorais que vous aviez un fils, Professeur Lupin. Hermione m'a dit que vous n'étiez marié que depuis cet été, fit Ellie en regardant la pitoyable silhouette de son professeur de Défense Contre les Forces du Mal.
— Je n'ai pas encore d'enfant, Miss Saint-Clair, répondit celui-ci d'une voix accablée.
Ellie regarda le jeune homme aux cheveux bleus.
Celui-ci continua après que le Professeur Dumbledore lui eut fait un signe de tête encourageant.
— Je suis le fils de Remus John Lupin et de Nymphadora Tonks. Je suis né le…
Il hésita.
— Le… 24 avril 1998.
Ellie accusa le coup et bredouilla.
— Mais on est en septembre 1997…
Le garçon continua.
— Nous sommes élèves à Poudlard, mais pour l'année scolaire 2015/2016, et je ne sais pas comment nous sommes arrivés ici. Je veux dire… comment on a remonté le temps.
Stupéfaite, Ellie regarda le Professeur Dumbledore.
— Mais Oncle Albus… pourquoi tu m'as fait venir ? En quoi ça me concerne, moi ? C'est l'épouse du Professeur Lupin que tu aurais dû faire venir…
— Tonks est en mission pour le Ministère. J'ai fait prévenir Kingsley, elle transplanera jusqu'à Pré-Au-Lard dès que possible.
— Mais… et moi là dedans ? insista-t-elle d'une petite voix inquiète.
La voix du Professeur Rogue se fit alors entendre. Il semblait fatigué, il n'y avait plus d'agressivité dans sa voix qui sembla ainsi agréable à entendre… pour une fois.
— Est-ce bien nécessaire de lui dire, Albus ?
— Il me semble que nous n'ayons pas le choix, Severus, étant donné les circonstances… répliqua doucement le Directeur de Poudlard.
Ellie se tourna vers le jeune homme aux cheveux noirs qui la regardait intensément en souriant. Elle lui rendit son sourire, inconsciemment attirée par ce beau jeune homme. Elle s'approcha du lit.
— Je suis le fils du Professeur Rogue, Maître des Potions à Poudlard. Je suis en 7ème année à Serpentard… enfin, à mon époque, je veux dire… et Teddy est à Gryffondor. Je suis Préfet-En-Chef et mon camarade Préfet des Gryffondor. Je suis également le Capitaine de l'équipe de Quidditch de Serpentard. Je suis né le…
Le jeune homme jeta un coup d'œil à son père qui leur tournait le dos ostensiblement et soupira.
— Je suis né le 15 juin 1998.
Ellie s'était approchée plus près du lit. Elle s'assit sur le rebord droit en regardant avec intérêt le beau brun ténébreux qui lui faisait face. Elle remarqua qu'il n'avait pas le teint cireux de son père, mais une jolie carnation pêche très agréable et une peau velouté qu'ombraient quelques traces de rasage débutant. Il avait une cicatrice récente au bord du cuir chevelu. Nul doute qu'il avait été blessé à la tête lors de son « arrivée impromptue » et que Madame Pomfresh avait remédié à cet état de chose.
— Severus Rogue Junior, c'est ça ? lui demanda-t-elle.
Il n'y avait plus un bruit dans l'infirmerie. Chacun retenait son souffle. Le Professeur McGonagall était toujours adossée à la porte qu'elle avait refermée en arrivant avec Ellie. Madame Pomfresh se tenait près du lit de Teddy et ne bougeait pas plus que les autres.
Le fils de l'horrible occupant des cachots acquiesça.
— Ma mère m'appelait Sevy, c'est comme ça qu'on continue de m'appeler encore maintenant.
— Comment s'appelle ta mère, Sevy ? demanda Ellie dans un souffle.
— Ma mère s'appelle Helena Saint-Clair. lui répondit le jeune homme.
