Merci pour vos reviews^^ Même si j'ai écrit ça que pour déconner, et limite pour me mettre au défi de réussir un truc bien sanglant, ça fait forcément plaisir^^ La review de Melian24, en particulier, m'a fait plaisir (j'aime les reviews où on décortique ce que j'écris pour en ressortir les points importants^^ ça me prouve que j'ai réussi à faire passer ce que je voulais^^)

Voici le deuxième chapitre, je l'ai écrit en regardant "Sweeney Todd" (de Tim Burton, of course), et ça m'a inspiré pour le côté sanglant^^ je suis parfaitement incapable de regarder un film d'horreur, mais ça j'aime bien. C'est joli. Je sais pas... c'est beau... les personnages limite noir et blanc, avec les yeux enfoncés dans les orbites, le teint morbide, les vêtements bruns et froissés, et le sang rouge vif... mmmmh...

Enfin, ne nous étendons pas sur le sujet^^
Donc, dans ce chapitre, c'est la belle mission qui détraque mon Kaka-chan-d'amour...

(au fait, vous êtes pour ou contre une death-fic? J'hésite encore... j'ai pas envie de faire une vraie happy-end, mais j'hésite à tuer mes ptits n'amours... à vous de choisir^^)

Chapitre 2

Le Pays de la Terre, immense territoire au nord.
Le Pays du Feu, au sud.
Entre les deux, les Pays de l'Herbe, de la Cascade et de la Pluie.
Trois Pays menacés d'être mis à feu et à sang pour une banale soif de pouvoir.
Pour un banal désaccord entre les deux plus grands pays du Monde.
Une forêt, comme cent mille autres. Un no man's land entre ces deux colosses. Une immense forêt habituellement silencieuse.

Une forêt déchirée de cris et de bruits de fers entrechoqués.
Une forêt scène d'un meurtre en masse.
Une simple forêt.
Une simple bataille.
Une forêt comme cent mille autres.
Une bataille comme cent mille autres.

Du moins, c'est ce que Kakashi avait espéré.

Kakashi évita un shuriken explosif qui alla se planter dans un arbre derrière lui. Il dégaina son katana, prêt à affronter ses ennemis au taïjutsu puisque son chakra commençait à lui faire défaut.

-Surtout, fais attention à ne pas gaspiller ton chakra.
-Oui, Iruka.

Il se jeta sur un de ses assaillants, priant pour atteindre au moins une de ses parties vitales. Il n'y voyait plus grand-chose, le sang ruisselait sur son visage sous son masque.

-Fais attention à ton Sharingan. S'il le faut, laisse tes compagnons te défendre.
-Je ne l'utiliserai pas, s'il déconne, Iruka.

Son masque de chien se brisa en deux, sous un coup de kunaï porté par son adversaire.

-Les ennemis seront nombreux ?
-
Trente.
-Tout ça ?
-C'est pas une mission de reconnaissance. C'est une bataille. On les écrase et on évite la guerre. On les laisse gagner et on se fait envahir par le Tsuchikage.
-A… A ce point ?
-Hm.
-Vous serez combien ?
-Trente aussi. Comme l'ont décidé le Hokage et le Tsuchikage.
-Ça ira, Kashi.
-Hm.

Kakashi tomba au sol, le souffle coupé par un coup de pied violent à l'estomac.
Son crâne frappa contre un rocher et il sentit le sang couler à gros bouillons dans ses cheveux. Ça lui faisait mal. Horriblement mal.
Il se releva, pantelant.

-Tu reviens dans combien de temps ?
-Une semaine.
-Pendant l'examen Chuunin ?
-Pour ne pas attirer l'attention.

Il cracha un filet de sang qui resta coincé dans son masque de tissu. Il leva la tête vers les ennemis qu'il restait.
Trois. Il restait trois ninja du Pays de la Terre.
Une kunoïchi et deux shinobis.

L'affrontement durait depuis six interminables heures.

-Kashi, fais attention à toi, s'il te plaît. Si tu te sens faible, ne fais pas le malin. Laisse tes compagnons te protéger, comme tu les protèges tout le temps.

Kakashi se sentait faible. Il coula un regard sur la droite, cherchant ses compagnons.

Un bras ensanglanté, encore habillé d'une manche noire imbibée de sang poisseux.
Un bras sans corps.

Il ne laissa pas son regard dériver encore plus, en partie parce qu'il restait trois ennemis à vaincre, mais surtout parce qu'il savait que tout ce qu'il trouverait, ce seraient des corps, des corps mutilés, brûlés, broyés, déchiquetés.
Des dizaines de corps.
Vingt-neuf corps.

Il ferma son Sharingan, essayant d'économiser le peu de forces qu'il lui restait, et tenta de rassembler ses derniers lambeaux de chakra.

Il avança à pas mesurés vers une mort certaine, comme tous ses compagnons.
Il remarqua à peine qu'il marchait sur des tripes répandues au sol.
Il sentit à peine l'odeur âcre de la bile, du sang, de la cervelle.
Il faillit trébucher sur une jambe, déjà couverte de mouches.
Il regarda les insectes s'envoler dans un vrombissement étourdissant, avant de se perdre dans la nuit.

Le reste se passa comme dans un rêve.

Il n'avait pas peur, non.
Pas peur des os, des jambes, des doigts sectionnés qui roulaient sous ses pas.
Pas peur des flaques de sang noir.
Pas peur des cervelles dégoulinant des crânes.
Pas peur des poitrines ouvertes, des entrailles déballées, des os saillant à travers la peau.
Pas peur des visages convulsés mais déjà raides.

Il avançait sereinement.
L'esprit embrumé.
La tête ailleurs.

Endormi.

Lorsqu'il se réveilla, trois nouveaux cadavres gisaient à ses pieds.

Il se plia violemment en avant, eut à peine le temps de baisser son masque, et vomit.
Il tomba au sol, le corps flasque et lourd.

Comme après une étreinte avec Iruka.

Il trouva cela à peine bizarre de comparer l'extase de l'amour à l'horreur du meurtre.

Il était habitué à mélanger douleur et douceur.

Son visage glissa dans une flaque indistincte de chair éclatée, de sang et de cerveau.
Il tenta d'écarter sa bouche de ce mélange immonde, mais sa main appuya contre un crâne dont le maxillaire craqua sourdement. Il continua malgré tout à se démener pour sortir son visage de ces tripes ignobles. Son coude s'enfonça dans un ventre crevé et il sentit le sang et la bile s'infiltrer dans le tissu.
Il vomit à nouveau, faible à en mourir, à en mourir de honte.
Il s'extirpa enfin de ce tas de corps désarticulés, et essaya de se lever.
Son pied dérapa sur ce qu'il identifia comme étant une longue chevelure blond cendré.
Il osa à peine regarder la tête de la kunoïchi, sachant déjà pertinemment bien que sa gorge s'égouttait encore, que son torse gisait au pied d'un arbre, que ses bras avaient été lancés au loin.
Kakashi reprit son équilibre et se dressa sur ses pieds, tremblant légèrement, les entrailles secouées de vertiges.

Il fixait ses pieds, n'osant pas lever les yeux.

Il avait peur.
Peur comme un enfant.
Peur comme il n'avait jamais eu peur.

Il se passa la main sur le visage pour essuyer le sang qui coulait de son œil sans discontinuer.
Une traînée gluante remplaça le flot de sang.
Sang, vomis, cervelle.

Puis il leva la tête, posant les yeux sur le charnier immonde dont il était en grande partie responsable.

Des monceaux de cadavres.
Des os brisés transperçant des peaux déjà translucides.
Des veines tranchées.
Des entrailles, tant d'entrailles, trop d'entrailles.

C'était beau.
Etrangement beau.
Une peinture en rouge et bleu.

Magnifique.
Insupportablement magnifique.
Magnifiquement insupportable.

Cinquante-neuf corps disloqués, baignant dans leur propre sang.
Cinquante-neuf restes humains, vaguement humains, trop morts à présent pour pouvoir sembler avoir vécu un jour.
Cinquante-neuf masses d'os, de chair froide, d'entrailles vidées.
Cinquante-neuf crânes éclatés.

Kakashi se fraya un chemin dans les décombres humains.

Poussa du bout du pied un crâne.
Genma.
Une goutte de sang s'écrasa sur le visage roide.

Morts.
Morts.
Morts.
Tu les as tués !
Morts.
Tous morts.
Tu nous as tués !

Kakashi se laissa tomber à genoux dans ce qui semblait être un amas de foie, d'intestins et d'un morceau d'estomac.
Il se plaqua les mains sur les oreilles, cherchant à faire taire ces voix.

Morts.

Sa voix.

Tu nous as tués !

La voix d'Obito.

Ils sont morts.
Tous morts.
Morts.
Pourquoi ?
Tais-toi.
POURQUOI ?
Obito…
Tu es un monstre.
J'ai mal…
Morts.
J'ai peur…
Morts.
Aide-moi…
Tu n'as jamais assez de sang, hein ?
Obito…
Je suis désolé…
J'ai mal…
Morts.
Jamais assez de sang. Tu es comme tu étais dans le temps.
Quand tu m'as tué.
Je ne voulais pas…
J'ai mal…
Et tu te sers de moi pour ces crimes.
Tu te sers de
mon pouvoir pour tuer encore plus.
Je ne voulais pas…
Tu es faible.
Obito…
Comment…
Un monstre.
…pourrais-je…
Un assassin.
…me faire…
Tu aurais dû mourir. Ils auraient dû vivre.
Tu aurais dû mourir le jour même de ta naissance.
Avant de détruire toutes ces vies.
…pardonner ?

Kakashi avait mal, mal, mal au cœur.
Un étau se resserrait autour de sa poitrine, tandis qu'il sentait son estomac se tordre pour la troisième fois.

Donne-toi la mort.

Kakashi fouilla le sol des yeux, et trouva un kunaï enfoncé dans la gorge d'une kunoïchi aux cheveux roux.

Ou était-ce le sang qui leur donnait cette couleur ?

Il rampa vers l'égorgée et tira la fine lame de son corps, pour la pointer vers son propre cou.

Idiot.
Tu crois que ça suffirait à racheter tout ce que tu as fait ?
Non.
Et je me fiche de te savoir mort, moi qui le suis déjà.

Kakashi laissa tomber la lame rouge et argent au sol, s'éclaboussant au passage.

Je veux que tu sois seul.
Que tu restes seul.
La mort est une délivrance.
La solitude est une souffrance.
…Seul ?
Ôte-moi de toi.
Enterre-moi.
Laisse-moi reposer en terre.
Et crève seul.
Sans moi.

Kakashi tomba en avant, à quatre pattes, comme un ivrogne, ses mains enfoncées dans cinq centimètres de viscères.

La douleur transperçait son crâne de part en part, comme une brûlure.

Délicieuse brûlure.

Le sang jaillissait en gros bouillons de son Sharingan.
Il ne le contrôlait plus, s'enfermant lui-même dans des illusions horribles.

D'autres cadavres, des milliers de cadavres, blancs et bleus et rouges et noirs, des centaines de milliers de cadavres aux cheveux d'or, d'argent, de jais, de pourpre.
Des milliers de Naruto, de Tsunade, de Yamato, de Shikamaru, d'Ino, de Sakura…

Et au sommet de tout, Iruka.
Iruka, brun et soyeux, beau, à en mourir d'amour.
Iruka, disloqué et raide, beau, à en mourir de frayeur.
Iruka, ensanglanté et éventré, beau, à en mourir d'horreur.
Iruka, mort de sa main.
Ou presque.
Victime comme les autres de son innommable faiblesse.

Arrache-moi de ton corps.
Laisse-moi enfin mourir.
Monstre.
Et laisse-toi ensuite mourir.
Dépérir.
Seul.
Reste seul.
Loin de tous ceux que tu pourrais blesser.

Iruka se leva doucement de la montagne de macchabées, marchant vers lui d'un pas chancelant, pantelant, vacillant.
Plus il avançait, plus il mourait.
Sa peau blanchissait.
Ses veines ressortaient en bleu sur son enveloppe de marbre blanc.
Sa chair fondait peu à peu, lui collant la peau sur les os.
Ses cheveux s'arrachaient par touffes.
Ses yeux exorbités fixaient le vide, glauques, blancs, avant de tomber de son visage, laissant ses orbites vides et rouges.

Il tendit la main vers Kakashi, sa peau s'écaillant progressivement.
Lorsque sa paume toucha sa joue, ses os étaient nus, froids.
Kakashi laissa cette main squelettique le caresser, de cette douce caresse qu'avait parfois son amant.

Les os tombèrent en poussière, Iruka disparut, ne laissant qu'une flaque de sang pour trace de son ancienne présence.

Kakashi se remit à pleurer, infiniment blessé, meurtri, horrifié.
Son amour ne pouvait pas…

Mourir ?

Arrache-moi de toi.
MAINTENANT !

Kakashi porta la main à son visage, arrachant son globe oculaire avec les doigts.

Il hurla de douleur, un long hurlement de loup, sa poitrine se déchirant de l'intérieur, comme si un monstre grandissait en lui et lui perçait les côtes.

Il cracha une grande gerbe de sang, hurlant à travers les bouillons immondes, ses doigts se serrant autour du Sharingan.

Il tomba au sol, le nez dans le ventre éclaté de Genma.
Il n'avait simplement plus la force de juste se redresser.
De juste s'enfuir de cet enfer.
De juste ne pas se laisser mourir là.

Il sombra dans l'inconscience, abandonnant son corps aux corbeaux et autres charognards qui n'allaient pas tarder à dévorer les entrailles ouvertes des cinquante-neuf cadavres.

Peut-être soixante.


Je le jure, je n'ai rien ingéré avant d'écrire ce chapitre (en le relisant, ça me donne l'impression de... je sais pas... un délire au LSD... pas vous? ^^)

Mais finalement, j'aime bien, moi... ça donne une dimension onirique (plutôt cauchemardesque xD) à l'ensemble...

Donc je suis incapable de faire du gros gore à la Babylone dream (de Nadine Monfils. Juste trop horrible. Le pire passage: un homme qui attache une femme à une table, lui coupe les bras avec un couteau, lui enfonce une poupée dans le vagin et ouvre son ventre comme une sorte de fenêtre pour voir la tête de la poupée. Le tout alors que la pauvre est encore vivante et consciente. Un truc pareil, j'en serais pas capable TT)

Pourquoi je repense à ça? TT-TT

Euuuh, ah, le prochain chapitre est presque bouclé, mais il est écrit encore différemment... il est plus du point de vue d'Iruka, donc il est un peu moins embrumé et désespéré... je trouve

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