Bonne lecture
AraHwang
Chapitre 1
Bienvenue
Le voyage m'avait semblé interminable entre la route en taxi, l'attente à l'aéroport, et le trajet en avion fut interminable. J'étais plongée dans mes pensées alors que j'attendais dans le hall des arrivées, les écouteurs vissés dans les oreilles. M'avait-elle oublié ?
Je fixais le sol, refusant de relever le regard, je ne pouvais pas regarder toutes ces personnes évoluer alors que la mort était au près d'eux. S'ils savaient à quel point elle était proche.
Depuis l'accident je ne supportais plus de regarder les gens, que ce soit leur personne ou même leur regard ; je ne supportais plus leur contacte aussi… je n'étais plus… comme avant. Je ne me supportais plus, je ne les supportais plus. Mascarade. Voilà le terme parfait qui définissait bien le jeu du monde. Une mascarade organisée et jouée par tous. Les sourires hypocrites, les regards compatissants, les mots réconfortants… tous des menteurs.
Une main se posa brusquement sur mon épaule, je sursautais et reculais presque immédiatement. Avec un effort qui me sembla inhumain, je levais le regard vers la personne à mes côtés.
La femme qui me faisait face était grande perchée sur ses talons, même sans elle me dépassait aisément, je n'étais pas bien grande. La peau faussement halée, un sourire de publicité plaqué sur son visage, un nez fin et droit. Je m'arrêtais là, ne pouvant poursuivre mon analyse. Ça devait être elle. La malheureuse qui a tiré sur le mauvais numéro. Je ne la connaissais pas, elle de même, pourtant, ironiquement, nous étions de la même famille. Une famille éclatée en clans qui ne se croisaient jamais. C'était une tante par alliance, je n'en étais pas sûr, j'avais oublié ce que m'avait indiqué la femme des services sociaux.
Même si je ne la regardais pas, je sentais son regard pesant sur moi, elle m'analysait à son tour, se demandant sûrement si je n'allais pas être difficile à gérer et si cela était le cas, comment elle pourrait se débarrasser de moi sans éveiller les soupçons.
Je fixais ses lèvres pincées, donnant l'illusion que je lui prêtais attention. Elle semblait vouloir me dire quelque chose mais se retenait, ne trouvant peut être pas les mots. Elle prit le sac de voyage négligemment posé sur ma valise et m'indiqua d'un vague mouvement de main de la suivre.
Ce fut le même cinéma dans la voiture, nous ne parlions pas et je ne le souhaitais pas. Je pouvais paraître ingrate. Après tout, ils m'accueillaient chez eux sans contre partie financière, juste guidée par… par quoi, au juste. La pitié. Je soupirais lourdement, mon regard fixé sur la fenêtre côté passager. Depuis que nous étions sortie de l'aéroport de Seattle, il avait commencé à pleuvoir averse, on ne voyait pas grand-chose tellement la pluie battait fort contre le métal de la voiture. Heureusement, la conductrice roulait prudemment. Je l'en remerciais intérieurement. Je me laissais bercer par la pluie virulente.
OoOoO
Un toussotement me ramena à la réalité, je m'étais assoupis sans m'en rendre compte. Il avait arrêté de pleuvoir, laissant un ciel toujours aussi nuageux. Je sortie sans grand enthousiasme de l'habitable, mes chaussures usées atterrissant dans une flaque, je soupirais. Je levais les yeux devant la maison qui nous surplombait de toute sa hauteur. Je regardais tout autour de moi. Toutes les maisons de la rue se ressemblaient d'une certaines manière. Les maisons avaient toutes construites sur le même style dépassé et leur façade était usée par le temps et rongé par l'humidité permanente. Un bruit de porte s'ouvrant me fit revenir à la maison initial. La maison qui allait m'accueillir pour les deux prochaines années. Je n'étais pas encore entrée que je voulais déjà m'enfuir de ce cauchemar. Je ne souhaitais pas jouer à la parfaite petite famille.
- Viens, on va te présenter. M'informa la femme qui était venu me chercher.
Chez elle, elle devait se sentir plus en confiance. Et moi j'étais comme un animal en terrain inhospitalier, je n'allais pas m'ouvrir au contraire je me renfermais encore davantage. Ça promettait. Je soupirais.
Doucement, je pénétrais dans la petite maison et m'arrêtais dans l'entrée. N'osant faire un pas de plus. J'avais la terrible impression qu'un pas de plus scellerait mes jours à venir. Je serai prisonnière pendant deux ans avec des inconnus, qu'ils soient des membres de ma famille n'y changerait rien. Ma vraie famille n'était plus. Mon corps était resté mais mon âme les avait accompagné.
- Suis moi, nous allons nous installer au salon. Me héla une nouvelle fois la femme, la tête dépassant d'un encadrement de porte à gauche.
Je m'avançais prudemment, prête à fuir à tout moment. J'entrais enfin dans la partie séjour de la maison et je regardais tout autour de moi. L'intérieur était le reflet de l'extérieur. Vieux et terne. Je pouvais deviner les tentatives futiles de donner un peu de vie et de chaleur à l'endroit, sans succès.
Deux hommes étaient debout me fixant et un autre la chevelure grisonnante sur le fauteuil m'examinait. La femme voulu me prendre la main mais je l'évitais de justesse. Pour ne pas la froisser plus qu'elle ne l'était je fis passer cela pour de l'appréhension et de la timidité. Elle sembla l'accepter. Elle m'invita à m'asseoir sur le second fauteuil, alors qu'elle même alla se placer auprès des deux hommes.
Personne ne parla. La gêne s'installait peu à peu, je pouvais entendre toutes les respirations emplir la pièce, je pouvais entendre le froissement des vêtements sur le tissu en faux daim du canapé.
- As-tu fait bon voyage ? Commença la voix grave de l'homme qui me faisait face.
Je pris une grande respiration. Je devais au moins me montrer civiliser.
- O..oui, merci.
- Je sais que l'on ne se connaît pas très bien, voire pas du tout mais avec ta tante nous t'avons vu une fois lorsque tu étais toute petite. Il se sentit obligé de rajouter.
Ah.
- Nous devrions tout de même faire les présentations. La… ma tante est intervenue.
- Tu as raison.
- Je suis Jenna, la sœur de ton père… Voici mon mari, William et nos deux fils qui vont au lycée. Matt est en seconde et Andrew en terminal.
Ils me saluèrent sans vraiment me prêter attention, semblant plus ennuyer d'être là à accueillir une inconnue qu'ils allaient devoir supporter à la fois chez eux et en dehors. Ils ressemblaient énormément à leur père, du peu que j'avais bien voulu regarder. Une stature athlétique, grand, la posture nonchalante, leurs traits étaient assez marqués révélateur d'une virilité forte, accentuée par la coupe court de leur cheveux aux nuances de bruns. Ils n'avaient rien prit des caractéristiques presque automatiquement héréditaire des Fever. Au contraire de ma… tante qui elle était une Fever sans aucun doute, bien qu'elle gâchait cette beauté naturelle avec cet autobronzant. Veine tentative de donner de la couleur à son teint qui ne prend jamais le soleil. Ses longs cheveux blonds polaire étaient maintenu dans une queue de cheval stricte. Et sans la regarder directement je savais que ses yeux étaient semblable aux miens, bleus glacés.
- Les personnes qui s'occupaient de toi à l'hôpital nous ont signaler tes.. petites particularités. Dit-il lentement. Même si sa voix se voulait compréhensive je pouvais distinguer le sarcasme à l'intérieur.
Je levais légèrement le regard. Si il savait. Pour eux, j'étais juste devenue complètement folle, un animal sauvage. Pour eux, j'avais perdu la raison.
- Nous aimerions que tu sois tout de même scolarisée au lycée de la ville. Nous pensons qu'il n'est pas judicieux que tu restes enfermée à la maison.
- Nous te laisserons ton espace mais tu devras suivre nos règles, évidemment.
- Évidemment. Ais-je chuchoté.
- Bien. Tu dois être fatigué poursuivrons un peu plus tard. Andrew peux-tu lui montrer sa chambre ?
- Bien chef. Soupira celui-ci tout en se levant et me faisant un signe de la main.
Je me levais sans discuter, heureuse de pouvoir me retrouver seule pendant un moment. Je suivis Andrew jusque devant une porte close, il l'ouvrit légèrement avant de me laisser sans un mot. Je pénétrais dans la pièce religieusement et refermais la porte silencieusement derrière moi. Une fois le cliquetis qui m'informait que la porte était bien fermée, je m'écroulais le dos collé à la porte. Je me laissais glisser tandis que je regardais ce qui allait devenir mon refuge.
La chambre était de taille moyenne, ils avaient sûrement transformé la pièce en une chambre sommaire. Un lit, une placard encastré dans le mur, une petite commode et un bureau. Les murs donnaient heureusement un peu de chaleur à cette pièce impersonnelle. Trois des murs étaient couleur crème tandis qu'un seul était dans un marron chaud. Des draps étaient plié soigneusement sur le lit. Je me relevais difficilement pour m'asseoir sur le lit et dissimulait sous celui-ci une photo abîmée.
Je pris l'oreiller à côté de moi et l'écrasait violemment sur mon visage. Le serrant tellement fort que je peinais à respirer. Je ne voulais plus voir. Je ne voulais plus entendre. Malgré mes efforts, j'entendis une voix étouffée
- Bienvenue en Enfer soeurette. Rigola une voix près de moi.
Grosse panne d'inspiration pour les prénoms.
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Merci de m'avoir lu
AraHwang
