Note d'auteur : Voilà le deuxième chapitre, bonne lecture !
Chapitre 2
En attendant Ron, elle se pomponna. Il y avait deux issues à cette situation : soit il prenait bien la chose et ne renoncerait pas à l'emmener au restaurant, soit il partait s'enfermer dans la chambre et bouderait pendant un temps indéterminé. Hermione priait pour que ce soit la première issue qui prime…
Elle enfila une belle robe noire, qui mettait sa peau claire en valeur. Le vêtement était brodé de fils d'argent au niveau du décolleté. Ginny avait beau dire, les goûts vestimentaires de Ron restaient très bons quand il s'agissait d'habiller sa femme ! C'était une fois de plus un cadeau de Ron. Il avait très bien choisi, elle adorait cette robe. Elle mit des boucles d'oreilles en argent, un collier de perles et descendit l'attendre dans la salle à manger.
Elle joua machinalement avec un bouchon de liège, qu'elle lançait à Pattenrond pour qu'il le jette dans les airs. Le gros chat roux n'avait pas changé, depuis le temps : il avait toujours le même affreux museau écrasé et la même étrange disposition des pattes qui lui avait valu son nom.
Soudain, elle entendit un « crac » dehors et Ron fit son entrée, les cheveux dégoulinants. Il pleuvait des cordes dehors et il s'empressa de se débarrasser de sa robe détrempée.
— Quel temps de chien ! s'exclama-t-il. Tu es prête ?
Lorsqu'elle le vit la regarder, elle ne put ignorer ses yeux qui s'agrandissaient, l'air proprement stupéfait. Elle s'était faite belle, mais à ce point…
— Tu es… tu es… bégaya-t-il.
Hermione se lança, fermant les yeux.
— Je suis enceinte.
~o~O~o~
Ron se laissa tomber sur le canapé, après avoir titubé, le regard encore plus hagard qu'avant. Hermione resta immobile. Elle ignorait complètement quelle serait sa réaction. Elle avait beau connaître Ron depuis plus de quatorze ans, elle ne l'avait jamais vu dans un tel état. On aurait dit qu'il avait pris un Cognard en pleine figure…
— Ron ? murmura Hermione.
— A… attends, bégaya-t-il.
— Ron, s'il te plait… Il fallait que je te le dise, et je ne savais pas quand est-ce que je pourrais trouver le moment… Mais s'il te plait, dis quelque chose…
— Quelque chose, marmonna Ron sans sourire.
— Oh, c'est drôle, rétorqua Hermione.
Ron resta silencieux. Il posa sa tête dans ses mains et demeura immobile. Hermione s'assit sur une chaise, croisa les jambes et attendit. Il finirait bien par réagir… Ils restèrent ainsi pendant plusieurs secondes, qui semblèrent interminables à Hermione. Le seul bruit qui rompait le silence était celui que faisait Pattenrond en continuant de poursuivre son bouchon de liège. Soudain, Ron releva la tête, mais ne laissa dépasser que ses yeux de ses mains. Puis il se redressa et posa une main sur son front. Il avait l'air aussi bouleversé que si elle lui avait annoncé que toute sa famille venait de mourir…
— Ron… murmura-t-elle. S'il te plait…
Il la regarda, et elle afficha un sourire, essayant de paraître détachée. Elle répéta :
— Je… je suis enceinte, Ron. Dis-moi au moins ce que ça te fait…
— Hermione… Tu peux quand même comprendre qu'une nouvelle comme ça, ça me surprenne, non ?
— Mais… tu n'es pas fâché ?
— Je ne peux pas être fâché, Hermione ! Comment est-ce que je pourrais être fâchée alors que je vais être père, Hermione ? Mais je… enfin, c'est un peu dur à avaler, c'est tout. J'ai du mal à le réaliser… Je ne prévoyais pas vraiment ma soirée comme ça, alors tu m'as vraiment pris au dépourvu. Mais ça explique plusieurs petites choses : le fait que tu sois plus silencieuse, que tu me fuies… Je… je suis un peu soulagé, quelque part, parce que je croyais que tu voulais me quitter et que tu ne savais pas comment me le dire… C'est vrai, ça aurait pu arriver !
— Ron ! s'exclama Hermione en se levant et en allant s'asseoir près de lui. Tu as vraiment cru que je voulais te quitter ?
— C'était une hypothèse parmi d'autres… C'était ça ou bien tu voulais te mettre à travailler comme stripteaseuse, ou alors tu étais amoureuse de Ginny, ou…
— Ron ! le coupa Hermione. Tu pourrais arrêter de débiter des âneries ?
— Oui, pardon, désolé. Non, mais, tout ça pour te dire que le fait que tu sois enceinte, ça ne m'a tout simplement pas effleuré l'esprit… Je… je croyais que tu n'étais pas prête. Mais c'est… un accident, ou tu l'as voulu ?
Hermione hésita avant de répondre :
— Un peu des deux. Je voulais un enfant, j'en avais vraiment envie. Alors, je pense que j'ai inconsciemment oublié de prendre ma potion, et… Oh, Ron, je suis vraiment désolée, tu n'en veux pas ?
— Mais… mais si, voyons ! Et puis… on est un couple plutôt stable, non ? Je veux dire, il n'y a pas de risque qu'on se sépare sur un coup de tête dans les jours à venir. Et si on a des problèmes pour se débrouiller, on pourra demander à mes parents, ou à Harry et Ginny, ou à Bill et Fleur…
— Alors… tu es d'accord ?
Ron la regarda amoureusement. Hermione sentit les larmes lui monter aux yeux et se jeta dans les bras de Ron pour qu'il ne la voie pas pleurer. Il la serra contre lui, en lui caressant les cheveux. Les bras entourant le cou de Ron, elle se laissa aller à pleurer tout son soul. Elle lui était tellement reconnaissante de ne pas la rejeter, de ne pas lui en vouloir… Elle avait tellement redouté qu'il ne se mette en colère, qu'il lui dise de ne pas le garder, ou même qu'il la quitte…
— Si c'est une fille, on l'appellera Rose, murmura Ron à son oreille, la faisant pleurer de plus belle. Quoi, tu n'aimes pas ? On peut trouver autre chose, mais je trouvais ça joli…
— Ce n'est pas ça, fit Hermione en relevant la tête. Je… je ne sais pas quoi te dire, je suis tellement contente que tu le prennes comme ça…
— Hermione, il fallait bien que ça arrive un jour, et je pense que même si tu étais tombée enceinte cinq ans plus tard, j'aurais toujours eu du mal à ingurgiter la nouvelle ! Tu me connais, Hermione, si je pouvais continuer à m'amuser comme un ado toute ma vie, je le ferais… Mais il faut un jour ou l'autre affronter des évènements de la vie d'adulte. Et là, je veux l'affronter avec toi. D'ailleurs, je ne vois pas pourquoi je parle d'affronter. On devrait se réjouir : une naissance, c'est toujours un bonheur.
— Mais tu n'es pas prêt, tu as l'impression de t'être fait piéger, geignit Hermione en reniflant. Tu aurais préféré attendre, tu trouves qu'on est trop jeunes…
Ron la regarda de travers. Il sourit avant de répondre :
— Alors, de deux choses l'une : tu arrêtes de me dire ce que je pense avant que je l'aie formulé moi-même dans ma tête, et de deux, je n'ai absolument pas pensé ça ! C'est vrai que j'ai cru à une blague, au début, mais vu que ce n'est pas tellement ton genre…
— Ben merci, renifla Hermione, je ne sais pas blaguer, c'est ça ?
— Mais non, je n'ai pas dit ça ! Bon, Hermione, tu vas arrêter de parler à partir de maintenant, et tu vas m'écouter. De toute façon, si tu continues à parler, je te jette un sortilège Bloclang !
Hermione esquissa le début d'un sourire et acquiesça. Ron la regarda dans les yeux, la tenant par les épaules et lui dit :
— Cet enfant aura les meilleurs parents du monde, d'accord ? Il aura une mère formidable, intelligente, attentionnée et avec un cœur d'or. Et il aura un père qui… complètera sa maman. Bon, d'accord, je me tais, dit-il en voyant le regard sceptique que lui lançait Hermione. Oh non, ne pleure pas !
Hermione avait fondu en larmes à nouveau et il lui tapota maladroitement l'épaule. Et dire que neuf mois durant, elle serait dans cet état… ça promettait ! Il ne se souvenait pas de comment était sa propre mère quand elle attendait un énième membre de la tribu Weasley, puisque Ginny n'avait qu'un an de moins que lui et qu'elle était la dernière. Il avait entendu Bill en parler, lorsqu'il leur avait appris que Fleur était enceinte. Mais n'ayant pas constaté par lui-même, il avait un peu de mal à se rendre compte…
— J'ai l'impression que je peux annuler le restaurant, marmonna Ron.
— Quoi ? Pourquoi ? demanda Hermione en se redressant.
— Ben… Tu n'es pas en état, si ?
— Attends, Ron, j'ai passé une demi-heure dans la salle de bain pour obtenir ce résultat ! Et regarde mes cheveux, ils sont coiffés ! Tu ne peux pas me faire ça !
— D'accord, d'accord, répondit Ron en levant les mains en signe de cessez-le-feu.
— Très bien, répondit Hermione. Je file me remaquiller, et j'arrive.
Vingt minutes plus tard, elle était de retour dans le salon. Ron la prit dans ses bras, la faisant éclater de rire, il sortit de la maison et transplana.
Note de fin : Comme pour beaucoup de mes anciennes fics, en relisant ce chapitre j'ai haussé les sourcils un nombre de fois assez hallucinant devant les réactions des personnages xD Je ne peux absolument pas m'inspirer de mon vécu pour écrire ce genre de scène, mais le côté soumis d'Hermione qui est limite prête à avorter si Ron le lui dit... Heu, c'est bizarre, la réaction logique d'Hermione serait plutôt de lui expliquer en 3 points, 25 sous-parties à quel point être parents est génial x) Bref, si vous aussi ça vous a paru bizarre cette scène, j'espère que ça vous aura quand même plu ! Merci d'avoir lu et à vendredi pour la suite !
