Voilà la suite j'espère qu'elle vous plaira ^^
Chapitre 2
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C'était assez rare que Monsieur Schuester soit en retard, mais là, Kurt était près à parier qu'il savait pourquoi. Il sut qu'il avait raison quand le prof entra dans la salle et lui jeta un regard avant de dire :
« Bien. J'ai appris ce qui c'était passé ce matin, et je dois dire que j'en suis extrêmement choqué. Donc je pense que le thème de cette semaine sera la liberté d'expression, quelle qu'elle soit. »
Will continua sur sa lancée, la liberté, blabla. Kurt n'écoutait déjà plus avant que Blaine ne se penche vers lui pour lui chuchoter dans l'oreille :
« Je suis content de savoir que notre vie sexuelle te comble… »
« Oh, je suis désolé, c'est sorti tout seul et… »
Leurs regards se croisèrent et Kurt put y voir tout l'amour que Blaine lui portait :
« Tu n'es pas fâché. »
« Du tout. Même si je ne te comprends pas vraiment sur ce coup là, je t'aime et c'est le plus important. »
« Moi aussi, je t'aime… »
C'était un moment parfait, un moment rêvé, romantique à souhait, et ce jusqu'au moment où le professeur hurla :
« Kurt, qu'est-ce que je viens de dire ? »
« Je n'en ai pas la moindre idée, Monsieur Schuester, mais je vous assure que ça valait coup. »
« Eh bien puisque le sujet ne semble pas t'intéresser outre mesure, je propose que tu nous en dises plus. »
« A quel propos ? »
« Pouvoir s'exprimer comme on le souhaite, le fait que des gens vous enlèvent ce droit. L'homophobie, c'est un sujet que tu défends bec et ongle habituellement.»
« Non, mais vous êtes sérieux ? Tout ce pataquès pour deux trois bisous ? »
« Ce n'est pas seulement ça. »
« Ecoutez, je ferai ce devoir sur la liberté, mais ne m'en demandez pas plus. »
La cloche retentit, et Kurt fut le premier à se lever.
Kurt se sentait mal depuis le début du repas. Finn lui jetait des regards mauvais. Fort heureusement, Carol et Burt n'avaient rien remarqué, enfin jusque-là. Leur père les observa tour à tour avant d'affirmer :
« Vous êtes bien silencieux les garçons, ce soir. Qu'est-ce qui ne va pas ? »
Finn secoua la tête, ce qui eut le don d'agacer Kurt :
« Eh bien quoi, vas-y, dis ce que tu penses. »
« Je pense que tu es un lâcheur, c'est tout. »
« Quoi, parce que je n'ai pas voulu me mêler des affaires débiles de Santana ? »
« Oui, tout à fait, tu n'es qu'un… »
C'en fut trop pour Burt :
« Vous allez vous calmer tout de suite et me dire ce qui s'est passé. »
Un grand silence s'installa :
« J'attends ! »
Ce fut Finn qui le brisa :
« Santana et Britanny sont menacées d'expulsion si elles continuent à s'embrasser dans les couloirs et Kurt leur a carrément dit qu'elles n'avaient pas à recommencer. »
« C'est vrai, fils, tu leur as dit ça ? »
« Oui je l'ai dit, pourquoi tout le monde trouve ça si horrible ? »
« Parce que ça l'est. On ne peut pas les empêcher de s'aimer. Tu dois te battre avec elles pour ça. Et pour toi et Blaine aussi.»
« C'est toi qui dis ça alors que tu es gêné quand je suis avec Blaine ? Tu m'as déjà vu l'embrasser ou lui tenir la main ? »
Burt sembla réfléchir un très long moment :
« Non, en fait non… »
« Tu sais pourquoi ? »
Il secoua la tête :
« Parce que rien que le fait que nous soyons assis sur le canapé très près l'un de l'autre vous met tous mal à l'aise. Tu voudrais que je puisse embrasser mon copain au lycée ? Je voudrais déjà pouvoir le faire chez moi sans me sentir mal. »
Kurt se leva et sortit de la pièce la tête haute.
Burt n'en revenait pas. C'était la vérité : jamais il n'avait vu son fils embrasser son petit ami. Oui, bon, son amant en fait, même si personne n'en avait parlé il était clair que ces deux là avaient des relations sexuelles. Il avait même permis ça en laissant Blaine dormir ici quasiment tous les deux jours. Pourtant il devait bien admettre que c'était vrai, dès que les deux garçons étaient proches l'un de l'autre, il se sentait gêné. Pas parce qu'il n'acceptait pas ça, mais parce qu'il avait toujours l'impression de les interrompre.
Il allait vraiment falloir qu'il ait une discussion avec son fils et son futur gendre.
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Quand Kurt se réveilla le lendemain matin, il mit quelques secondes avant de se souvenir pourquoi il se sentait si mal.
Il le croyait tous lâche, ou peut être qu'ils croyaient tous qu'il était un traître.
Mais se battre tous les jours pour avoir le droit de vivre devenait pesant.
Son téléphone se mit à sonner. Il décrocha avec un sourire :
« Salut bébé. »
« Bonjour amour. Bien dormi ? »
« Pas tellement, non. »
« Si tu ne veux pas les suivre, tu n'es pas obligé. »
« Et toi, Blaine, qu'est-ce que tu veux faire ? »
« Je voudrais pouvoir te prendre dans mes bras où que ce soit sans déclencher de bagarre. »
« Eh bien à part dans les quartiers gay de NY, je ne vois pas. »
« Et ça ne te fait pas de peine ? »
« Bien sûr que si ! Je t'aime tellement que je voudrais pouvoir le crier sur les toits. Mais je sais que si je faisais ça, on aurait très vite de gros ennuis. »
« Peut-être que les choses vont changer. »
« Je l'espère vraiment. Tu viens me chercher ? »
« Avec plaisir. »
« Il faut que je file à la salle de bain alors avant que Finn ne la monopolise. »
« A tout à l'heure. »
Kurt se laissa retomber sur son lit en poussant un gros soupire.
Il aurait aimé que sa mère soit là : elle, elle lui dirait quoi faire. Se battre encore ou continuer de se protéger et surtout continuer de protéger Blaine.
Il n'était pas dupe, il savait bien qu'il ne le protégeait pas vraiment, il lui évitait juste un peu plus d'ennuis…
Nostalgique, Kurt s'approcha de son placard et en sortit le carton qui contenait les affaires de sa mère. Du moins celles qu'il aimait garder près de lui.
L'écharpe qu'elle portait toujours quand il faisait froid… Au début, elle avait gardé son odeur, mais celle-ci avait malheureusement disparu depuis longtemps.
Une couverture qu'elle avait elle-même maladroitement tricotée pour son petit bébé.
Parmi toutes les babioles qui se trouvaient dans cette boîte, Kurt retrouva une vieille K7. Non, en fait LA K7, celle que sa mère et lui se passaient en boucle, celle qui lui avait donné cet amour des comédies musicales.
The King and I. La bande devait vraiment être abîmée vu le nombre de fois où ils l'avaient vue.
Ce fut le seul moment depuis qu'ils avaient relégué le vieux magnétoscope à la cave que Kurt le regretta.
Il fila sous la douche dans un regain d'énergie.
Il se dépêcha de descendre et de foncer sur son père qui terminait son café :
« Bonjour papa. »
« Salut… »
« Dis-moi, tu sais si on a gardé un magnétoscope ? »
« Un… Pourquoi ? »
« J'ai retrouvé une des K7 de maman ce matin et… »
« T'a fouillé dans les affaires de ta mère ? T'as vraiment autant le cafard que ça ? »
« J'ai pas vraiment le cafard, disons que je me suis demandé ce qu'elle penserait de moi si elle me voyait. »
« Elle serait très fière de toi, Kurt, elle l'a toujours été. »
« Tu crois ? »
« J'en suis sûr. »
La sonnette de la porte retentit dans la pièce, et Kurt hurla :
« Entre, Blaine ! »
« Il va vraiment falloir qu'on lui fasse un trousseau de clés. »
Kurt resta abasourdi quelques instants :
« Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de mon père ? Je suis déjà tombé de ma chaise quand tu lui as dit qu'il pouvait venir dormir ici quand il le voulait, mais en plus tu veux qu'il ait une clé ? »
« Ecoute, je suis pas né de la dernière pluie, je sais bien que toi et lui vous avez des relations… »
« Sexuelles, oui, vas-y, continue. »
« Et je préfère que ça passe ici où vous êtes en sécurité que dans une chambre d'hôtel miteuse. »
« Oh, ça sent le vécu ça. »
Blaine entra, murmurant un bonjour, mais Kurt continua sur sa lancée :
« T'as pourtant pété les plombs la première fois qu'il a dormi ici. »
« Oui, mais à l'époque tu m'avais pas dit que vous sortiez ensemble, et encore moins que c'était sérieux. Et tu ne m'avais pas prévenu qu'il était là. »
Le nouveau venu se mit à rire :
« Quoi, encore cette discussion ? »
« Oui, tiens-toi bien, mon père propose qu'on te fasse faire une clé de la maison. »
« Oh, euuhh... »
« J'en ai juste marre de t'entendre sonner tous les matins. »
« Il ne sonne pas les matins où il dort ici. »
« Ok, je retire ce que j'ai dit, tu es en pleine forme. »
« Merci. Et tu ne m'as pas répondu pour le magnéto. »
« Je crois qu'il doit y en avoir un dans la cave. Tu veux que je te le remonte ? »
« Oui, j'aimerais. »
Burt hocha la tête et grogna légèrement quand son fils vint l'embrasser :
« Bonne journée papa. »
« Tu attends pas ton frère ? »
« Non. »
« Ne claque pas la porte en sortant… »
Bien entendu, il était trop tard.
Debout devant son casier, Blaine écoutait Kurt. Celui-ci n'avait cessé de chantonner depuis leur départ :
« Tu as l'air beaucoup mieux que ce matin au téléphone. »
« Oui, c'est vrai. »
« Et qu'est-ce que tu chantonnes, dis-moi ? »
« Est-ce que tu connais la comédie musicale The King and I ? »
« Avec Yul Brynner ? »
« Oui. »
« Je l'ai vue une ou deux fois. »
« C'était la préférée de ma mère, tu peux pas savoir combien de fois on la vue. »
« Et c'est sa que tu chantais ? »
« I Whistle a Happy Tune, elle me la chantait toujours quand j'étais effrayé. »
« Tu me la chanteras ? »
« Oui, je pense que je chanterai ça ce soir au Glee Club. »
« J'ai hâte d'y être. »
Blaine plongea son regard dans celui de son amant, et une envie folle de l'embrasser le saisit. Il s'approcha un peu plus de lui, juste pour sentir sa chaleur, juste pour s'imprégner de son parfum. Jusqu'au moment où une voix les fit tous deux sursauter :
« Alors les tapettes, on se fait des papouilles ? »
Ils ne prirent même pas la peine de répondre.
David s'avança vers eux, la mine tout aussi défaite que la veille :
« Salut les gars. »
« David Karofsky comment vas-tu ce matin ? »
« Comme hier je suppose. »
Blaine lui tapa l'épaule :
« Aujourd'hui, Kurt a une chanson pour nous remonter le moral, donc tu as de nouveau rendez-vous en salle de chant après les cours. »
« Tu vas chanter ? »
« Oui, et ce n'est pas la peine de le dire avec cet air dégoûté. »
« Désolé. »
Ils échangèrent un regard avant d'éclater de rire.
Des heures plus tard, seul dans la salle de sport, Blaine frappait, de plus en plus fort, sur le sac de sable. La sueur coulait sur son visage, et ses muscles commençaient à lui faire mal. Quand une voix l'interrompit :
« Que t'a-t-il fait ce pauvre sac ? »
Il se retourna pour voir Kurt lui sourire :
« Il a dit que je chantais comme un pied. »
« Oh alors vas-y, tu peux frapper. »
« J'ai fini, tu veux bien m'enlever ça ? »
Blaine tendit ses poignets, mais quand son amant répondit, c'était son short rouge qu'il regardait :
« Avec plaisir. »
« Je parlait des gants. »
« Pas moi. »
Le rire de Kurt retentit dans la salle. Il s'approcha pour enlever les scratchs :
« Tu dégoulines de sueur. »
« C'est ce qui arrive quand on fait du sport. »
« Vraiment ? »
Kurt s'approcha un peu plus et passa les doigts dans ses cheveux qui recommençaient à boucler, le gel totalement dissout par la transpiration :
« Je me suis demandé… Tu sais, ce que tu as dit à Santana. »
« Quoi ? »
« Que tu ne ressentais pas le besoin de m'embrasser à tout… »
Il lui coupa la parole :
« J'ai menti. Bien sûr que j'en ai envie, Blaine, mais j'ai dit ça pour lui couler le bec. Si tu savais par exemple ce qui me vient à l'esprit là maintenant. »
« Alors pourquoi… »
« Non, pas toi aussi. »
Kurt se laissa tomber sur le banc :
« Cette école est une vraie plaie, d'accord, un jour on la quittera et on n'y repensera plus. En attendant, essayons de nous faire aussi discrets que possible. »
« Discret, toi ? Depuis quand tu veux être discret ? »
« Tu sais très bien ce que je veux dire. »
« J'en ai une idée, je crois, mais je ne suis pas sûr d'être d'accord avec ça. »
« Tu devrais aller prendre ta douche, tu vas avoir froid. »
« Tu viens avec moi ? »
« Ne me tente pas ! »
Blaine plongea son regard dans celui de son amant. Celui-ci se leva instantanément, probablement par crainte de céder à ces yeux suppliants :
« Je t'attends dehors. »
« J'en ai pour 5 minutes. »
« Tu peux prendre plus ! En ce moment, Monsieur Schuester arrive toujours en retard. »
« Alors tu peux venir avec moi. »
« C'est très tentant mais non je te remercie. »
L'air boudeur de Blaine lui fit ajouter :
« Je me rattraperais ce soir. »
« J'espère bien. »
Chapitre trois jeudi prochain ^^
