Auteur
: Ayakai (lacarpetteyahoo.fr)
Nom
: Terminal 5 to eternity
Genre : au, sf (dans le genre
space-opera), angst, gore, yaoi
Disclaimer : Les Dir en
Grey ne sont pas encore à moi, mais la semaine prochaine je
les kidnappe !
Pairing : Je crois que j'ai mes pairings,
m'enfin, y'en a qu'un seul qui est officiel.
Mot
de l'auteur :Second
chapitre d'une fic commencée par une simple envie d'histoire
de monstres et de vaisseaux spatiaux. Un vrai coup de tête,
mais là, je suis à fond dedans oO! Jouez à
Métroid, Métroid c'est le bien XD ! En plus, la semaine
prochaine concert de Dir en Grey... quoi de mieux pour raviver mon
fanatisme ? (surtout que Dozing Green, c'est de la bombe).
Aya,
qui n'ira pas manger de peur de perdre son inspiration
(03/11/07 ; 13:21)
Terminal 5 to eternity
Chapitre 2 : Les Pissenlits par la racine
Il
n'était pas mort. Toshiya n'était pas mort. Il ouvrit
un oeil, manquant hurler lorsqu'il rencontra le regard vide d'un
cadavre d'enfant, il semblait déjà froid. Combien de
temps s'était-il écoulé depuis que le souffle
l'avait projeté en dehors de la plate-forme ? Tout son corps
était agité de convulsion, restant de la peur et de
l'horreur qui l'avait saisi lorsqu'il avait vu l'astronef percer la
paroi comme s'il s'était agi d'un fruit trop mur. Toujours
prostré sur le sol, il se remémora la scène. Ou
comment, pour des centaines de voyageurs, les portes du paradis
étaient devenus celles de l'enfer.
Essayant de regagner
son calme, il détendit tous ses muscles un à un,
respirant profondément, essayant de ressentir avec le plus
d'acuité possible les brulûres qui parsemaient son corps
brisé par le choc. Il devait ressembler à un hématome
géant. L'idée le fit rire, mais entendant sa voix de
dément, il choisit de se taire. Dans quelques minutes
arriveraient les forces de l'ordre et les secours. Il ne voulait pas
être là à ce moment-là. Parce
qu'inévitablement il serait osculté, et que son scellé
serait mis à jour sous le nez de la police. Les gens dans son
genre n'étaient pas réellement recherché, mais
s'ils tombaient sur lui par hasard, ils ne se gêneraient pas
pour l'arrêter, l'emprisonner, le juger rapidement avant de le
supprimer.
Un craquement lui fit rouvrir les yeux, sur une paire
de pieds. Son coeur fit un bond : sa dernières heure
personnalisée se tenait devant lui, ses bottes en cuir ancrées
dans le sol ensanglanté, le canon d'un pistolet laser pendant
au bout d'un bras musclé. Il releva la tête sur le corps
puis le visage couvert de blessures et de brûlûres du
rouquin. Il avait dû tomber depuis le plafond, comment avait-il
réussi à survivre à la hauteur ? Et lui-même,
comment avait-il survécu à l'explosion ?
« Mesdames
et messieurs, nous vous prions d'évacuer les niveaux 1 à
3 du secteur D. L'astronef numéroté 12031bmb 23jdc 56d,
en provenance des Jardins du Cygne, zone A galaxie 26 système
12 planète 31, est entré en collision avec l'astroport
Paris5 au niveau 2 de la zone D. Ne paniquez pas, il n'y a plus aucun
danger. Veuillez évacuer par les parkings sans
bousculade. »
L'annonce fut répétée
en language international, puis en language intergalactique. Le ton
était celui d'un androïde, distinct, calme, sans l'ombre
d'une émotion. Toshiya lui trouva un aspect encore plus
sinistre que si une pointe de panique y avait pointé. Cette
constation de la mort de centaines de personnes par une demande
d'évacuation aussi dénuée de tout lui donnait
envie de rire et de vomir en même temps. Il planta son regard
dans celui de l'homme qui le tenait en joue sans oser tirer. Combien
de temps allait-ils continuer à se regarder en chien de fusil
de la sorte ? Il aurait presqu'eu envie de lui crier de le tuer. Mais
il n'était pas d'humeur à faire le brave alors qu'en
réalité l'idée de mourir le terrifiait.
-
Non...
Ils se retournèrent d'un même mouvement vers
l'origine du cri. Un adolescent d'une quinzaine d'année,
debout dans la cendre et les cadavres, une main toujours posée
sur le dispariteur qui venait de l'ammener sur les lieux du massacre.
Ses vêtements d'une propreté éclatante faisaient
tâche au milieu de cette boucherie. Ni suie, ni cendre, ni
sang, ni rien. Il donnait l'impression d'un soldat arrivé
après la bataille, découvrant son armée décimée
et agonisante : sur ses traits trop jeunes se mêlaient
l'horreur et la culpabilité du survivant.
- Ah merde,
marmonna le roux en regardant alternativement son arme et
l'enfant.
Enfant... ce n'était plus réellement un
enfant, il n'en avait plus l'âge. Mais l'expression peinte sur
son visage était celle d'un gosse complètement paumé.
Un gamin de quinze ans qui aurait tout perdu. Car il était
logique qu'il avait tout perdu. Il attendait sûrement quelqu'un
qui devait arriver par l'astronef, ou bien qui était
tranquillement assis sur un siège, les yeux dirigés
vers le dispariteur dans l'espoir de le voir apparaître.
Quelqu'un qui venait de perdre la vie dans l'accident, baignant
sûrement dans son sang quelque part près du véhicule
carbonisé, ou bien réduit à l'état de
cendres que le vent dispersait sans se soucier qu'elles aient
appartenu jadis à quelqu'un.
Toshiya profita de
l'inattention du tueur pour glisser une main tremblante sous sa tenue
en lambeau. Ses doigts brûlés effleurèrent le
manche du poignard. Manche qu'il n'arrivait pas à saisir...
Tout espoir s'évanouit soudainement en lui. S'il n'avait pas
la force de tenir une arme, alors il n'aurait jamais celle d'esquiver
un coup. Il laissa retomber son bras, qui heurta le sol comme s'il
s'était agi d'un bout de latex. Les larmes lui montèrent
aux yeux. Il les ferma.
Son cerveau n'était qu'un
grand trou noir dans lequel on aurait plongé ses souvenirs,
comme dans une lourde marmite en plomb chargée d'un bouillon
aux relents de douleurs. Ils étaient là, quelque part
dans cette coque éventrée qui ne cessait de cracher son
océan de feu et de cadavres. Peut-être qu'au moment de
mourir ils avaient eu une pensée pour lui, ou peut-être
étaient-ils morts sans avoir eu le temps d'y songer. Il ramena
ses mains devant son visage, vérifiant inconsciemment la
véracité de la scène. Ses mains aux longs doigts
blancs se découpaients comme des araignées sur ce fond
d'apocalypse, iréelles. Tellement plus iréelles que le
reste. Ce n'était ni un cauchemar, ni une hallucination
provoquée par l'attente : c'était juste la fin de tout
ce qu'il avait jamais aimé.
Un gémissement monta du
fond de sa gorge, lui brûlant le coeur, la gorge et les yeux.
Tout son corps n'était plus qu'un volcan dont la coulée
sonore déchirait la structure. Il aurait aimé pouvoir
s'évanouir de douleur, se laisser tomber sur un cadavre et
mourir à son tour. La mort était donc une maladie
contagieuse ?
Un spasme le projeta en avant, et il vomit le peu
de nourriture qu'il avait réussi à ingérer sur
le visage d'un bébé au corps démembré.
C'était un blasphème, il devait nettoyer ce visage
brûlé et poupin. Mais déjà il tombait à
genoux en crachant de la bile. Il avait l'impression d'avoir plongé
dans un océan de coton et d'aiguilles. Il s'y enfonçait
comme dans un marais, incapable de surnager, déjà la
boue à l'odeur piquante lui pénétrait les
narines et l'étouffait.
Une détonation le fit
sursauter, et il se rendit compte qu'il hurlait. Tous ses sens
reprirent leur place et il leva ses yeux embués de larmes sur
la silhouette debout en face de lui. L'adolescent reconnu l'homme qui
l'avait tant intrigué il y a quelques minutes. Quelques
minutes... ça lui semblait être des heures et des
heures, un temps infiniment long. Il se demanda vaguement comment il
avait pu retenir le visage d'un inconnu croisé il y a si
longtemps.
- Je ne peux pas... gémit-il doucement en
secouant sa tignasse couleur de sang.
Le garçon se
redressa légèrement, essuyant sa bouche souillée
avec sa manche. Le rouquin tenait une arme à bout de bras, la
pointant sur le corps recroquevillé d'une femme. Non, ce
n'était pas une femme... Il aurait voulu mieux voir, se
relever et lancer sa voix en avant. Mais aucun son ne sortait de sa
bouche et il était toujours à quatre patte.
-
Putain de merde !! JE NE PEUX PAS !!!
Le cri lui déchira
les tympans. Il ferma les yeux comme pour atténuer le choc.
Le
blast lui avait roussi les cheveux sans le toucher. Ce n'était
pas possible. Un type capable de tenir l'araignée et de se
sortir vivant d'une chute de plus de cinq mètres de hauteur ne
pouvait pas rater une cible en se tenant à quelques
centimètres seulement de sa tête. Il rouvrit les
paupières juste à temps pour voir le flingue heurter le
sol. Il y avait sûrement un bug quelques part. Son tueur tomba
à genoux face à lui, les doigts plongés dans ses
mèches écarlates que le sang avait collé à
ses tempes.
- Je ne peux pas... ce n'est pas possible...
Il
lui aurait volontiers demandé ce qu'il ne pouvait pas, s'il ne
s'était pas déjà douté de la réponse.
Il ne pouvait pas le tuer. Il n'y avait pas 36 000 explications : le
scellé devait avoir sauté, libérant l'arhynium
dans son organisme. Et bien, c'était une bonne chose : cela
signifiait que plus personne ici n'était en mesure de le tuer.
Il se laissa glisser dans l'inconscience, un sentiment de victoire
inconsciente rayonnant doucement au fond de ses tripes.
Le
jeune assassin finit par se calmer. S'asseyant pour réfléchir,
il entreprit de se tâter. Le scellé avait sauté :
il y avait sûrement une raison à cela. L'explosion avait
dû lui brûler la peau, effaçant le tatouage, et
l'injection de drogue qu'il s'était faite une heure auparavant
l'avait complètement anesthesié, l'empêchant de
s'en rendre compte. Il jura, s'arrachant des mèches avec rage
: il allait le tuer, il allait exécuter LE contrat de sa
carrière... C'était impossible que la malchance ai joué
en sa défaveur à ce point. Un accès de rage le
força à se redresser pour hurler de toute la force de
ses poumons.
- PUTAIN DE CONNERIE DE MEEEEEEEEERDE !!!!!
Il y
avait un bon Dieu pour ce type, ce n'était pas possible. Même
un tueur de classe A ne pouvait pas effacer un scellé par la
simple force de la pensée.
Le son lointain des sirènes
des premiers secours le sortirent de ses pensées vengeresses,
le forçant à bouger. S'il restait ici il allait se
faire capturer et même si son scellé devait être
effacé il y aurait des risques d'être capturé.
Son regard exercé chercha immédiatement une issue de
secours. Aucune ventilation, le bâtiment était trop
neuf, pas de porte de secours : elle avait été détruite
par l'explosion. Il ne restait guère que le dispariteur : ou
bien prier pour qu'une navette soit toujours en état. Il opta
pour cette dernière solution, presque persuadé que les
sorties de dispariteurs devaient être surveillées. Il se
mit debout d'une simple poussée des genoux, se sentant
étonamment puissant par rapport à tous ces morts. Après
tout c'était normal : il était toujours vivant, lui.
Cette pensée suffit à le convaincre bêtement
qu'il allait échapper à la police.
Il remit ses
lambeaux de vêtements en place, vérifiant par la même
occasion que les armes qu'il avait caché sur lui étaient
toujours plus ou moins en place. Soulagé que ce soit le cas,
ils'apprêta à enjamber le corps évanoui de
Toshiya... mais une hésitation le retint : pouvait-il se
permettre de le laisser, lui, aux mains de la justice ? Ce n'avait
rien à voir avec un accès de pitié mais plus
avec la récompence : elle allait lui échapper s'ils
s'emparaient de lui. Il eut la bref vision d'une montagne de Shunis
lui adresssant un geste d'au revoir ironique. Non, il ne pouvait les
laisser s'échapper : il se ferait sceller à nouveau et
l'éliminerait, en attendant il allait l'emmener avec lui.
Il
se pencha, faisant craquer ses vertèbres et attrappa le corps
inerte par les aisselles pour le remettre sur pied. Il n'était
pas trop lourd, c'était jouable. Il le chargea sans trop de
mal sur ses épaules, comme un sac à patate, ou un sac
d'or, au choix, et s'avança vers les portes d'embarquement en
enjambant les corps agonisant ou déjà crevés.
C'était une vraie boucherie. Entre les cadavres tranchés,
crâmés, écrasés, ou au crâne
explosé, il y avait là une bouillie humaine et
extraterrestre assez impressionante. Il s'en sentait peu affecté
: ce n'était ni la première fois ni la denrière
fois qu'il verrait ce genre de scènes.
- Port
d'embarquement, marmonna-t-il en devinant plus que lisant une
pancarte à quelques macchabés de lui, et bien allons
d'abord vérifier celle-là, on avisera par la
suite...
Il plongea la main à sa ceinture pour saisir son
pistolet laser, avant de se rappeler qu'il l'avait laissé par
terre. Un juron lui échappa alors qu'il se voyait déjà
faire demi-tour pour aller le chercher.
- C'est ceci que vous
cherchez ?
Le jeune homme se retourna brusquement, oublieux du
corps inanimé de Toshiya qui s'écrasa sur les restants
d'un plutonien en short de baigneur. C'était l'adolescent de
tout à l'heure. Occupé qu'il était par
l'effacement de son scellé et son ébauche de fuite, il
avait oublié sa présence silencieuse. A présent
qu'il était face à lui, il s'en voulait de son manque
de professionnalisme. L'enfant tenait, dans sa main couleur de
cendres froides, son arme. Un sourire soulagé lui effleura les
lèvres et il le remercia en s'en emparant. Un tir simple lui
suffit à faire exploser la serrure dans une gerbe d'étincelles
digne des meilleurs effets spéciaux. Il s'accroupit pour
recharger sa victime sur ses épaules.
- Vous vous échappez
? Je veux venir avec vous.
Il s'immobilisa comme sous l'effet
d'une douche froide. Il avait sans doute mal compris, ce gosse ne
comptait tout de même pas s'inclure dans sa fuite en solitaire
?! Déjà qu'elle n'était plus si solitaire que
ça... Il tourna deux yeux agacés sur le garçon
:
- Arrête de raconter des conneries, rentre plutôt
chez toi.
- Je n'ai plus de chez moi.
Un frisson lui descendit
le dos. Ah oui... il attendait ses parents. C'était ses
parents qui étaient dans l'astronef en feu. Mal à
l'aise, il grommella en se remettant debout :
- Et bien, je ne
peux rien pour toi. Tu iras sans doute dans un orphelinat, ou bien
une partie de ta famille prendra soin de toi. De toutes manières
je ne peux pas t'emmener.
Un regard gris et glacial lui répondit
et sa gène augmenta. Ce gosse avait un problème. OK,
ses parents venaient de crever d'une manière franchement
dégueulasse, mais il aurait dû rester pleurer toutes les
larmes de son corps sur leur tombeau géant, au lieu de vouloir
s'enfuir de cette manière. Surtout en compagnie d'un homme des
plus dangereux qu'il soit. Il décida de ne plus lui prêter
attention et franchit la porte ouverte.
Un écriteau d246
manqua lui écraser le pied en se détachant. Il était
devant le vaisseau de Toshiya. Coup de bol, l'endroit était
toujours en état. L'explosion avait soufflé les
androïdes et endommagé très légèrement
la carlingue de l'appareil. Le plein venait visiblement d'être
fait et il semblait être en parfait état de marche. Le
roux s'arrêta devant la borne d'accès : elle était
éteinte et ne semblait pas décidée à se
rallumer. Sa chance s'arrêtait là.
- Il faut que vous
redémarriez le générateur si vous voulez avoir
une chance de la remettre en marche.
Le gosse. Il était
toujours derrière lui et ne semblait pas décidé
à lâcher prise. Il leva les yeux au plafond en expirant
profondément.
Pourquoi moi...
Reffoulant la
réplique cinglante qui lui venait aux lèvres, il déposa
son fardeau. S'il devait ce taper ce gamin autant qu'il serve à
quelque chose. Il l'aurait bien supprimé, mais ce n'était
pas possible dans l'immédiat. Il lui fit face, une expression
hargneuse sur le visage et aboya :
- Toi qui a l'air si malin,
rallume-le ce générateur si tu veux absolument qu'on se
taille avant que la police ne débarque sur les lieux !
Une
lueur approbative s'alluma brièvement dans les yeux glaciales
de l'adolescent. Il avait obtenu ce qu'il voulait au plus grand
désespoir du tueur à gage qui le regardait comme s'il
avait été un insecte. Un moustique particulièrement
agaçant. Mais il avait bien l'air décidé à
suivre, même s'il devait passer pour un moustique et vivre aux
dépens d'un type aux cheveux rouges particulièrement
instable.
- Il me faut une charge pour alimenter la borne et je
peux la faire fonctionner.
- La charge de mon Gunblast, ça
te va ?
Il acquiesça. Le tueur ouvrit le chargeur : il
était quasiment plein, n'ayant tiré que trois coups. Il
fit glisser la capsule fluorescente dans sa main noircie par la suie
et la tendit à son vis-à-vis. Ce dernier la saisit avec
délicatesse, l'observant comme il l'aurait fait avec un
animal. Il s'attendait presque à le voir carresser doucement
la surface protectrice. Complètement barge. Mais déjà
il en avait déjà eu l'impression en le croisant pour la
première fois dans le hall du secteur D.
- J'imagine que
vous avez un laser calorifique sur vous.
- Ouais...
Il se
rendait bien compte qu'il était complètement grillé
: il avait essayé de tuer un homme sous ses yeux, il devait se
douter de sa profession. Il sortit son crayon multi-fonction d'une
des pochettes accrochées à sa ceinture, actionnant la
fonction laser d'une simple pression bien dosée.
- Où
est-ce que tu as appris à réparer ce genre de trucs, se
renseigna le rouquin désoeuvré en le regardant
s'activer.
Les sirènes se rapprochaient dangeureusement.
Les hauts-parleurs endommagés du port d'attache bégayaient
des informations sur l'arrivée des secours et la marche à
tenir. Visiblement l'astronef avait fait des dégâts dans
les autres zones du niveau 2.
- Je suis en formation de mécanicien
aérospatial, troisième année.
- Troisième
année ?! Tu as quel âge ?! S'étrangla-t-il en
tentant de calculer le nombre d'année d'étude
requises.
- 19 ans.
- Pardon ?! Tout ça ?!
Le jeune
mécanicien ne daigna même pas lever les yeux pour lui
répondre. Il devait avoir consience d'en faire 4 de moins
qu'il en avait. Un « clac » retentit et la
borne se ralluma dans un concert de bruitages électroniques.
Il avait réussi. Se redressant, il essuya ses mains sur son
pantalon de velour beige, n'ayant même pas l'air fier de ce
qu'il venait d'exécuter. Peut-êrte était-ce une
opération d'un niveau très facile pour lui, mais le
roux n'avait absolument rien compris de la manipulation : son domaine
était l'informatique, pas l'électronique.
- ça
ne fonctionnera pas longtemps, il faut se dépêcher,
indiqua-t-il en désignant du menton la passerelle lumineuse
qui se déployait entre la borne et la porte d'accès du
vaisseau.
Le tueur chargea à nouveau Toshiya évanouit
sur ses épaules, la montre de commande à distance de
l'appareil était fixée à son poignet. D'un
fonctionnement simple, il ne lui fallut que quelques secondes pour
ouvrir la lourde porte. Il sourit en appercevant les autocollants
collés sur la rembarde : c'était une mode complètement
dépassée. Sans doute cela faisait-il un moment qu'il
sillonnait l'espace avec son engin. Au vue de l'état de
délabrement avancé dans lequel il se trouvait, il en
avait bien l'impression. Il jeta un oeil par dessus son épaule
pour voir si le moustique le suivait et retint un soupir déçu
lorsqu'il s'apperçut qu'il lui collait aux talons et qu'il ne
pourrait pas lui refermer la porte au nez.
Les sirènes
emplissaient à présent l'espace de leur musique
stridente et désagréable. Ils étaient déjà
dans la place, il lui restait peu de temps pour faire décoller
le vaisseau de sa victime et prendre le large. Il avait bien fait de
choisir cette option plutôt que de fuir par l'entrée
principale : ils se seraient fait pincer.
« Ils »
? Mais depuis quand pensait-il pour les autres ?
L'adolescent
avait l'impression d'avoir subit une injection massive de drogue :
tout son organisme s'endormissait. Ses bras ne semblaient plus lui
appartenir, pas plus que ses jambes. Il en venait à se
demander comment il pouvait maîtriser ses déplacements.
Sans doute un réflexe, une habitude profondément ancrée
dans son cerveau dévasté par le chagrin. Il ne savait
même pas d'où lui était venue la sombre
initiative de suivre le tueur et sa victime. Ça s'était
tout simplement imposé à lui : maintenant que ses
parents étaient morts, il devait fuir. Fuir avant... avant
quoi ? A vrai dire il ne savait pas ce qu'il fuyait, mais il le
fuyait bien. C'était un ordre qui provenait des recoins les
plus inexplorés de son inconscient. Un commandement puissant
contre lequel il n'était actuellement pas en mesure de lutter.
Il entendit vaguement le rouquin lui crier d'attacher sa
ceinture et d'activer la bulle de décompression autour de lui.
Un regard rapide aux écrans holographiques du tableau de bord
lui indiqua que la police venait d'entrer le local et mettait
l'appareil en joue. Une bulle transparente se forma autour de lui et
des reminiscences de ses cours lui revinrent en mémoire : ils
allaient sortir de l'atmosphère. Il n'avait jamais vu l'espace
autrement qu'à la télé mais il n'était
pas plus curieux que ça de découvrir à quoi ça
ressemblait en vrai. Il n'était d'ailleurs curieux de rien,
même pas de savoir s'ils allaient réussir à
s'enfuir. Son compagnon cria quelque chose, mais il ne comprit pas de
quoi il s'agissait. En vérité, il s'en foutait.
Une
brusque accélération le plaqua contre son siège
et il se rendit compte qu'ils volaient. Autour d'eux tourbillonnaient
les vents de l'astroport de Paris5. C'était beau, bien plus
beau que depuis l'extérieur ou que depuis l'intérieur
de la station. Bien plus beau que par la bouche enflammé
qu'avait ouverte l'astronef éventré de ses parents.
-
On ne va pas tarder à sortir du tunnel d'aspiration, prépare
toi au choc.
Se préparer à quoi ? Ses yeux de
cendres se posèrent sur la silhouette en ombre chinoise du
conducteur. Un halo bleu commençait à se former autour
de lui. Effet dû à la fatigue ou illusion d'optique ? Il
n'aurait sû dire. Une secousse affecta la carlingue usée
du vaisseau et il prit consciences qu'ils filaient à une
vitesse ahurissante dans le ciel, aveuglant de lumière.
C'était la première fois qu'il voyait le ciel bleu : il
était resplendissant. Plonger dedans et se baigner dans le
flot cotonneux des nuages : quel pied se devait être ! Si
seulement l'homme n'avait pas pollué son ciel au point que les
habitants des villes ne le voyaient plus... Il se prit à rêver
de voir la Terre comme elle l'était « avant ».
-
On va sortir de l'atmosphère. Ce vaisseau est manuel, et je ne
le connais pas, j'espère que tu as le coeur bien accroché
!
Il parlait tout seul, entouré de son halo fluorescent.
Il devait certainement avoir conscience du peu d'intérêt
de ce qu'il racontait. Enfin, parler était une manière
comme les autres d'évacuer le stress et il n'allait pas lui
cracher dessus pour avoir des réactions humaines.
L'appareil
se lança soudainement dans une suite de montagnes russes,
comme s'il tentait de déraciner ses passagers, et l'adolescent
compris l'utilité de la remarque de son compagnon. Une envie
de vomir terrible lui saisit l'estomac. Il se demanda brièvement
si'l avait viré au verdâtre ou si sa peau d'une pâleur
impressionante avant encore perdue de son peu de couleurs.
Puis,
le soulagement !
- Yeah ! On y est ! S'écria le rouquin en
levant les bras au ciel.
Ils flottaient dans le ciel étoilé.
Un écran noir d'une obscurité impénétrable
sur lequel se détachait sans doute leur véhicule aux
reflets cuivrés. Ce devait être beau, vu de l'extérieur.
Ça l'était déjà tellement par le biais
des écrans et de la vitre du cockpit. Il ferma les yeux,
incrustant sous ses paupières la silhouette bleue fluorescente
du pilote et des milliers de points étoilés.
A suivre...
Fin
du chapitre 2 ! Nickel ! Plus qu'à le relire et le corriger...
Je pense encore une fois avoir pas mal géré ! Pensez
que c'est la première fois que j'écris un truc dans ce
genre. Enfin, j'imagine que vous avez deviné plus ou moins qui
sont l'adolescent et le roux ! Pas comme si c'était difficile
pour ce dernier XD !
Aya, épuisée
04/11/07 ;
17:24)
