Auteur : Ayakai (lacarpetteyahoo.fr)
Nom : Terminal 5 to eternity
Genre : au, sf (dans le genre space-opera), angst, gore, yaoi
Disclaimer : Les Dir en Grey ne sont pas encore à moi, mais la semaine prochaine je les kidnappe !
Pairing : Je crois que j'ai mes pairings, m'enfin, y'en a qu'un seul qui est officiel.
Mot de l'auteur :Second chapitre d'une fic commencée par une simple envie d'histoire de monstres et de vaisseaux spatiaux. Un vrai coup de tête, mais là, je suis à fond dedans oO! Jouez à Métroid, Métroid c'est le bien XD ! En plus, la semaine prochaine concert de Dir en Grey... quoi de mieux pour raviver mon fanatisme ? (surtout que Dozing Green, c'est de la bombe).
Aya, qui n'ira pas manger de peur de perdre son inspiration
(03/11/07 ; 13:21)

Terminal 5 to eternity

Chapitre 2 : Les Pissenlits par la racine

Il n'était pas mort. Toshiya n'était pas mort. Il ouvrit un oeil, manquant hurler lorsqu'il rencontra le regard vide d'un cadavre d'enfant, il semblait déjà froid. Combien de temps s'était-il écoulé depuis que le souffle l'avait projeté en dehors de la plate-forme ? Tout son corps était agité de convulsion, restant de la peur et de l'horreur qui l'avait saisi lorsqu'il avait vu l'astronef percer la paroi comme s'il s'était agi d'un fruit trop mur. Toujours prostré sur le sol, il se remémora la scène. Ou comment, pour des centaines de voyageurs, les portes du paradis étaient devenus celles de l'enfer.
Essayant de regagner son calme, il détendit tous ses muscles un à un, respirant profondément, essayant de ressentir avec le plus d'acuité possible les brulûres qui parsemaient son corps brisé par le choc. Il devait ressembler à un hématome géant. L'idée le fit rire, mais entendant sa voix de dément, il choisit de se taire. Dans quelques minutes arriveraient les forces de l'ordre et les secours. Il ne voulait pas être là à ce moment-là. Parce qu'inévitablement il serait osculté, et que son scellé serait mis à jour sous le nez de la police. Les gens dans son genre n'étaient pas réellement recherché, mais s'ils tombaient sur lui par hasard, ils ne se gêneraient pas pour l'arrêter, l'emprisonner, le juger rapidement avant de le supprimer.
Un craquement lui fit rouvrir les yeux, sur une paire de pieds. Son coeur fit un bond : sa dernières heure personnalisée se tenait devant lui, ses bottes en cuir ancrées dans le sol ensanglanté, le canon d'un pistolet laser pendant au bout d'un bras musclé. Il releva la tête sur le corps puis le visage couvert de blessures et de brûlûres du rouquin. Il avait dû tomber depuis le plafond, comment avait-il réussi à survivre à la hauteur ? Et lui-même, comment avait-il survécu à l'explosion ?
« Mesdames et messieurs, nous vous prions d'évacuer les niveaux 1 à 3 du secteur D. L'astronef numéroté 12031bmb 23jdc 56d, en provenance des Jardins du Cygne, zone A galaxie 26 système 12 planète 31, est entré en collision avec l'astroport Paris5 au niveau 2 de la zone D. Ne paniquez pas, il n'y a plus aucun danger. Veuillez évacuer par les parkings sans bousculade. »
L'annonce fut répétée en language international, puis en language intergalactique. Le ton était celui d'un androïde, distinct, calme, sans l'ombre d'une émotion. Toshiya lui trouva un aspect encore plus sinistre que si une pointe de panique y avait pointé. Cette constation de la mort de centaines de personnes par une demande d'évacuation aussi dénuée de tout lui donnait envie de rire et de vomir en même temps. Il planta son regard dans celui de l'homme qui le tenait en joue sans oser tirer. Combien de temps allait-ils continuer à se regarder en chien de fusil de la sorte ? Il aurait presqu'eu envie de lui crier de le tuer. Mais il n'était pas d'humeur à faire le brave alors qu'en réalité l'idée de mourir le terrifiait.
- Non...
Ils se retournèrent d'un même mouvement vers l'origine du cri. Un adolescent d'une quinzaine d'année, debout dans la cendre et les cadavres, une main toujours posée sur le dispariteur qui venait de l'ammener sur les lieux du massacre. Ses vêtements d'une propreté éclatante faisaient tâche au milieu de cette boucherie. Ni suie, ni cendre, ni sang, ni rien. Il donnait l'impression d'un soldat arrivé après la bataille, découvrant son armée décimée et agonisante : sur ses traits trop jeunes se mêlaient l'horreur et la culpabilité du survivant.
- Ah merde, marmonna le roux en regardant alternativement son arme et l'enfant.
Enfant... ce n'était plus réellement un enfant, il n'en avait plus l'âge. Mais l'expression peinte sur son visage était celle d'un gosse complètement paumé. Un gamin de quinze ans qui aurait tout perdu. Car il était logique qu'il avait tout perdu. Il attendait sûrement quelqu'un qui devait arriver par l'astronef, ou bien qui était tranquillement assis sur un siège, les yeux dirigés vers le dispariteur dans l'espoir de le voir apparaître. Quelqu'un qui venait de perdre la vie dans l'accident, baignant sûrement dans son sang quelque part près du véhicule carbonisé, ou bien réduit à l'état de cendres que le vent dispersait sans se soucier qu'elles aient appartenu jadis à quelqu'un.
Toshiya profita de l'inattention du tueur pour glisser une main tremblante sous sa tenue en lambeau. Ses doigts brûlés effleurèrent le manche du poignard. Manche qu'il n'arrivait pas à saisir... Tout espoir s'évanouit soudainement en lui. S'il n'avait pas la force de tenir une arme, alors il n'aurait jamais celle d'esquiver un coup. Il laissa retomber son bras, qui heurta le sol comme s'il s'était agi d'un bout de latex. Les larmes lui montèrent aux yeux. Il les ferma.

Son cerveau n'était qu'un grand trou noir dans lequel on aurait plongé ses souvenirs, comme dans une lourde marmite en plomb chargée d'un bouillon aux relents de douleurs. Ils étaient là, quelque part dans cette coque éventrée qui ne cessait de cracher son océan de feu et de cadavres. Peut-être qu'au moment de mourir ils avaient eu une pensée pour lui, ou peut-être étaient-ils morts sans avoir eu le temps d'y songer. Il ramena ses mains devant son visage, vérifiant inconsciemment la véracité de la scène. Ses mains aux longs doigts blancs se découpaients comme des araignées sur ce fond d'apocalypse, iréelles. Tellement plus iréelles que le reste. Ce n'était ni un cauchemar, ni une hallucination provoquée par l'attente : c'était juste la fin de tout ce qu'il avait jamais aimé.
Un gémissement monta du fond de sa gorge, lui brûlant le coeur, la gorge et les yeux. Tout son corps n'était plus qu'un volcan dont la coulée sonore déchirait la structure. Il aurait aimé pouvoir s'évanouir de douleur, se laisser tomber sur un cadavre et mourir à son tour. La mort était donc une maladie contagieuse ?
Un spasme le projeta en avant, et il vomit le peu de nourriture qu'il avait réussi à ingérer sur le visage d'un bébé au corps démembré. C'était un blasphème, il devait nettoyer ce visage brûlé et poupin. Mais déjà il tombait à genoux en crachant de la bile. Il avait l'impression d'avoir plongé dans un océan de coton et d'aiguilles. Il s'y enfonçait comme dans un marais, incapable de surnager, déjà la boue à l'odeur piquante lui pénétrait les narines et l'étouffait.
Une détonation le fit sursauter, et il se rendit compte qu'il hurlait. Tous ses sens reprirent leur place et il leva ses yeux embués de larmes sur la silhouette debout en face de lui. L'adolescent reconnu l'homme qui l'avait tant intrigué il y a quelques minutes. Quelques minutes... ça lui semblait être des heures et des heures, un temps infiniment long. Il se demanda vaguement comment il avait pu retenir le visage d'un inconnu croisé il y a si longtemps.
- Je ne peux pas... gémit-il doucement en secouant sa tignasse couleur de sang.
Le garçon se redressa légèrement, essuyant sa bouche souillée avec sa manche. Le rouquin tenait une arme à bout de bras, la pointant sur le corps recroquevillé d'une femme. Non, ce n'était pas une femme... Il aurait voulu mieux voir, se relever et lancer sa voix en avant. Mais aucun son ne sortait de sa bouche et il était toujours à quatre patte.
- Putain de merde !! JE NE PEUX PAS !!!
Le cri lui déchira les tympans. Il ferma les yeux comme pour atténuer le choc.

Le blast lui avait roussi les cheveux sans le toucher. Ce n'était pas possible. Un type capable de tenir l'araignée et de se sortir vivant d'une chute de plus de cinq mètres de hauteur ne pouvait pas rater une cible en se tenant à quelques centimètres seulement de sa tête. Il rouvrit les paupières juste à temps pour voir le flingue heurter le sol. Il y avait sûrement un bug quelques part. Son tueur tomba à genoux face à lui, les doigts plongés dans ses mèches écarlates que le sang avait collé à ses tempes.
- Je ne peux pas... ce n'est pas possible...
Il lui aurait volontiers demandé ce qu'il ne pouvait pas, s'il ne s'était pas déjà douté de la réponse. Il ne pouvait pas le tuer. Il n'y avait pas 36 000 explications : le scellé devait avoir sauté, libérant l'arhynium dans son organisme. Et bien, c'était une bonne chose : cela signifiait que plus personne ici n'était en mesure de le tuer. Il se laissa glisser dans l'inconscience, un sentiment de victoire inconsciente rayonnant doucement au fond de ses tripes.

Le jeune assassin finit par se calmer. S'asseyant pour réfléchir, il entreprit de se tâter. Le scellé avait sauté : il y avait sûrement une raison à cela. L'explosion avait dû lui brûler la peau, effaçant le tatouage, et l'injection de drogue qu'il s'était faite une heure auparavant l'avait complètement anesthesié, l'empêchant de s'en rendre compte. Il jura, s'arrachant des mèches avec rage : il allait le tuer, il allait exécuter LE contrat de sa carrière... C'était impossible que la malchance ai joué en sa défaveur à ce point. Un accès de rage le força à se redresser pour hurler de toute la force de ses poumons.
- PUTAIN DE CONNERIE DE MEEEEEEEEERDE !!!!!
Il y avait un bon Dieu pour ce type, ce n'était pas possible. Même un tueur de classe A ne pouvait pas effacer un scellé par la simple force de la pensée.
Le son lointain des sirènes des premiers secours le sortirent de ses pensées vengeresses, le forçant à bouger. S'il restait ici il allait se faire capturer et même si son scellé devait être effacé il y aurait des risques d'être capturé. Son regard exercé chercha immédiatement une issue de secours. Aucune ventilation, le bâtiment était trop neuf, pas de porte de secours : elle avait été détruite par l'explosion. Il ne restait guère que le dispariteur : ou bien prier pour qu'une navette soit toujours en état. Il opta pour cette dernière solution, presque persuadé que les sorties de dispariteurs devaient être surveillées. Il se mit debout d'une simple poussée des genoux, se sentant étonamment puissant par rapport à tous ces morts. Après tout c'était normal : il était toujours vivant, lui. Cette pensée suffit à le convaincre bêtement qu'il allait échapper à la police.
Il remit ses lambeaux de vêtements en place, vérifiant par la même occasion que les armes qu'il avait caché sur lui étaient toujours plus ou moins en place. Soulagé que ce soit le cas, ils'apprêta à enjamber le corps évanoui de Toshiya... mais une hésitation le retint : pouvait-il se permettre de le laisser, lui, aux mains de la justice ? Ce n'avait rien à voir avec un accès de pitié mais plus avec la récompence : elle allait lui échapper s'ils s'emparaient de lui. Il eut la bref vision d'une montagne de Shunis lui adresssant un geste d'au revoir ironique. Non, il ne pouvait les laisser s'échapper : il se ferait sceller à nouveau et l'éliminerait, en attendant il allait l'emmener avec lui.
Il se pencha, faisant craquer ses vertèbres et attrappa le corps inerte par les aisselles pour le remettre sur pied. Il n'était pas trop lourd, c'était jouable. Il le chargea sans trop de mal sur ses épaules, comme un sac à patate, ou un sac d'or, au choix, et s'avança vers les portes d'embarquement en enjambant les corps agonisant ou déjà crevés. C'était une vraie boucherie. Entre les cadavres tranchés, crâmés, écrasés, ou au crâne explosé, il y avait là une bouillie humaine et extraterrestre assez impressionante. Il s'en sentait peu affecté : ce n'était ni la première fois ni la denrière fois qu'il verrait ce genre de scènes.
- Port d'embarquement, marmonna-t-il en devinant plus que lisant une pancarte à quelques macchabés de lui, et bien allons d'abord vérifier celle-là, on avisera par la suite...
Il plongea la main à sa ceinture pour saisir son pistolet laser, avant de se rappeler qu'il l'avait laissé par terre. Un juron lui échappa alors qu'il se voyait déjà faire demi-tour pour aller le chercher.
- C'est ceci que vous cherchez ?
Le jeune homme se retourna brusquement, oublieux du corps inanimé de Toshiya qui s'écrasa sur les restants d'un plutonien en short de baigneur. C'était l'adolescent de tout à l'heure. Occupé qu'il était par l'effacement de son scellé et son ébauche de fuite, il avait oublié sa présence silencieuse. A présent qu'il était face à lui, il s'en voulait de son manque de professionnalisme. L'enfant tenait, dans sa main couleur de cendres froides, son arme. Un sourire soulagé lui effleura les lèvres et il le remercia en s'en emparant. Un tir simple lui suffit à faire exploser la serrure dans une gerbe d'étincelles digne des meilleurs effets spéciaux. Il s'accroupit pour recharger sa victime sur ses épaules.
- Vous vous échappez ? Je veux venir avec vous.
Il s'immobilisa comme sous l'effet d'une douche froide. Il avait sans doute mal compris, ce gosse ne comptait tout de même pas s'inclure dans sa fuite en solitaire ?! Déjà qu'elle n'était plus si solitaire que ça... Il tourna deux yeux agacés sur le garçon :
- Arrête de raconter des conneries, rentre plutôt chez toi.
- Je n'ai plus de chez moi.
Un frisson lui descendit le dos. Ah oui... il attendait ses parents. C'était ses parents qui étaient dans l'astronef en feu. Mal à l'aise, il grommella en se remettant debout :
- Et bien, je ne peux rien pour toi. Tu iras sans doute dans un orphelinat, ou bien une partie de ta famille prendra soin de toi. De toutes manières je ne peux pas t'emmener.
Un regard gris et glacial lui répondit et sa gène augmenta. Ce gosse avait un problème. OK, ses parents venaient de crever d'une manière franchement dégueulasse, mais il aurait dû rester pleurer toutes les larmes de son corps sur leur tombeau géant, au lieu de vouloir s'enfuir de cette manière. Surtout en compagnie d'un homme des plus dangereux qu'il soit. Il décida de ne plus lui prêter attention et franchit la porte ouverte.
Un écriteau d246 manqua lui écraser le pied en se détachant. Il était devant le vaisseau de Toshiya. Coup de bol, l'endroit était toujours en état. L'explosion avait soufflé les androïdes et endommagé très légèrement la carlingue de l'appareil. Le plein venait visiblement d'être fait et il semblait être en parfait état de marche. Le roux s'arrêta devant la borne d'accès : elle était éteinte et ne semblait pas décidée à se rallumer. Sa chance s'arrêtait là.
- Il faut que vous redémarriez le générateur si vous voulez avoir une chance de la remettre en marche.
Le gosse. Il était toujours derrière lui et ne semblait pas décidé à lâcher prise. Il leva les yeux au plafond en expirant profondément.
Pourquoi moi...
Reffoulant la réplique cinglante qui lui venait aux lèvres, il déposa son fardeau. S'il devait ce taper ce gamin autant qu'il serve à quelque chose. Il l'aurait bien supprimé, mais ce n'était pas possible dans l'immédiat. Il lui fit face, une expression hargneuse sur le visage et aboya :
- Toi qui a l'air si malin, rallume-le ce générateur si tu veux absolument qu'on se taille avant que la police ne débarque sur les lieux !
Une lueur approbative s'alluma brièvement dans les yeux glaciales de l'adolescent. Il avait obtenu ce qu'il voulait au plus grand désespoir du tueur à gage qui le regardait comme s'il avait été un insecte. Un moustique particulièrement agaçant. Mais il avait bien l'air décidé à suivre, même s'il devait passer pour un moustique et vivre aux dépens d'un type aux cheveux rouges particulièrement instable.
- Il me faut une charge pour alimenter la borne et je peux la faire fonctionner.
- La charge de mon Gunblast, ça te va ?
Il acquiesça. Le tueur ouvrit le chargeur : il était quasiment plein, n'ayant tiré que trois coups. Il fit glisser la capsule fluorescente dans sa main noircie par la suie et la tendit à son vis-à-vis. Ce dernier la saisit avec délicatesse, l'observant comme il l'aurait fait avec un animal. Il s'attendait presque à le voir carresser doucement la surface protectrice. Complètement barge. Mais déjà il en avait déjà eu l'impression en le croisant pour la première fois dans le hall du secteur D.
- J'imagine que vous avez un laser calorifique sur vous.
- Ouais...
Il se rendait bien compte qu'il était complètement grillé : il avait essayé de tuer un homme sous ses yeux, il devait se douter de sa profession. Il sortit son crayon multi-fonction d'une des pochettes accrochées à sa ceinture, actionnant la fonction laser d'une simple pression bien dosée.
- Où est-ce que tu as appris à réparer ce genre de trucs, se renseigna le rouquin désoeuvré en le regardant s'activer.
Les sirènes se rapprochaient dangeureusement. Les hauts-parleurs endommagés du port d'attache bégayaient des informations sur l'arrivée des secours et la marche à tenir. Visiblement l'astronef avait fait des dégâts dans les autres zones du niveau 2.
- Je suis en formation de mécanicien aérospatial, troisième année.
- Troisième année ?! Tu as quel âge ?! S'étrangla-t-il en tentant de calculer le nombre d'année d'étude requises.
- 19 ans.
- Pardon ?! Tout ça ?!
Le jeune mécanicien ne daigna même pas lever les yeux pour lui répondre. Il devait avoir consience d'en faire 4 de moins qu'il en avait. Un « clac » retentit et la borne se ralluma dans un concert de bruitages électroniques. Il avait réussi. Se redressant, il essuya ses mains sur son pantalon de velour beige, n'ayant même pas l'air fier de ce qu'il venait d'exécuter. Peut-êrte était-ce une opération d'un niveau très facile pour lui, mais le roux n'avait absolument rien compris de la manipulation : son domaine était l'informatique, pas l'électronique.
- ça ne fonctionnera pas longtemps, il faut se dépêcher, indiqua-t-il en désignant du menton la passerelle lumineuse qui se déployait entre la borne et la porte d'accès du vaisseau.
Le tueur chargea à nouveau Toshiya évanouit sur ses épaules, la montre de commande à distance de l'appareil était fixée à son poignet. D'un fonctionnement simple, il ne lui fallut que quelques secondes pour ouvrir la lourde porte. Il sourit en appercevant les autocollants collés sur la rembarde : c'était une mode complètement dépassée. Sans doute cela faisait-il un moment qu'il sillonnait l'espace avec son engin. Au vue de l'état de délabrement avancé dans lequel il se trouvait, il en avait bien l'impression. Il jeta un oeil par dessus son épaule pour voir si le moustique le suivait et retint un soupir déçu lorsqu'il s'apperçut qu'il lui collait aux talons et qu'il ne pourrait pas lui refermer la porte au nez.
Les sirènes emplissaient à présent l'espace de leur musique stridente et désagréable. Ils étaient déjà dans la place, il lui restait peu de temps pour faire décoller le vaisseau de sa victime et prendre le large. Il avait bien fait de choisir cette option plutôt que de fuir par l'entrée principale : ils se seraient fait pincer.
« Ils » ? Mais depuis quand pensait-il pour les autres ?

L'adolescent avait l'impression d'avoir subit une injection massive de drogue : tout son organisme s'endormissait. Ses bras ne semblaient plus lui appartenir, pas plus que ses jambes. Il en venait à se demander comment il pouvait maîtriser ses déplacements. Sans doute un réflexe, une habitude profondément ancrée dans son cerveau dévasté par le chagrin. Il ne savait même pas d'où lui était venue la sombre initiative de suivre le tueur et sa victime. Ça s'était tout simplement imposé à lui : maintenant que ses parents étaient morts, il devait fuir. Fuir avant... avant quoi ? A vrai dire il ne savait pas ce qu'il fuyait, mais il le fuyait bien. C'était un ordre qui provenait des recoins les plus inexplorés de son inconscient. Un commandement puissant contre lequel il n'était actuellement pas en mesure de lutter.
Il entendit vaguement le rouquin lui crier d'attacher sa ceinture et d'activer la bulle de décompression autour de lui. Un regard rapide aux écrans holographiques du tableau de bord lui indiqua que la police venait d'entrer le local et mettait l'appareil en joue. Une bulle transparente se forma autour de lui et des reminiscences de ses cours lui revinrent en mémoire : ils allaient sortir de l'atmosphère. Il n'avait jamais vu l'espace autrement qu'à la télé mais il n'était pas plus curieux que ça de découvrir à quoi ça ressemblait en vrai. Il n'était d'ailleurs curieux de rien, même pas de savoir s'ils allaient réussir à s'enfuir. Son compagnon cria quelque chose, mais il ne comprit pas de quoi il s'agissait. En vérité, il s'en foutait.
Une brusque accélération le plaqua contre son siège et il se rendit compte qu'ils volaient. Autour d'eux tourbillonnaient les vents de l'astroport de Paris5. C'était beau, bien plus beau que depuis l'extérieur ou que depuis l'intérieur de la station. Bien plus beau que par la bouche enflammé qu'avait ouverte l'astronef éventré de ses parents.
- On ne va pas tarder à sortir du tunnel d'aspiration, prépare toi au choc.
Se préparer à quoi ? Ses yeux de cendres se posèrent sur la silhouette en ombre chinoise du conducteur. Un halo bleu commençait à se former autour de lui. Effet dû à la fatigue ou illusion d'optique ? Il n'aurait sû dire. Une secousse affecta la carlingue usée du vaisseau et il prit consciences qu'ils filaient à une vitesse ahurissante dans le ciel, aveuglant de lumière. C'était la première fois qu'il voyait le ciel bleu : il était resplendissant. Plonger dedans et se baigner dans le flot cotonneux des nuages : quel pied se devait être ! Si seulement l'homme n'avait pas pollué son ciel au point que les habitants des villes ne le voyaient plus... Il se prit à rêver de voir la Terre comme elle l'était « avant ».
- On va sortir de l'atmosphère. Ce vaisseau est manuel, et je ne le connais pas, j'espère que tu as le coeur bien accroché !
Il parlait tout seul, entouré de son halo fluorescent. Il devait certainement avoir conscience du peu d'intérêt de ce qu'il racontait. Enfin, parler était une manière comme les autres d'évacuer le stress et il n'allait pas lui cracher dessus pour avoir des réactions humaines.
L'appareil se lança soudainement dans une suite de montagnes russes, comme s'il tentait de déraciner ses passagers, et l'adolescent compris l'utilité de la remarque de son compagnon. Une envie de vomir terrible lui saisit l'estomac. Il se demanda brièvement si'l avait viré au verdâtre ou si sa peau d'une pâleur impressionante avant encore perdue de son peu de couleurs.
Puis, le soulagement !
- Yeah ! On y est ! S'écria le rouquin en levant les bras au ciel.
Ils flottaient dans le ciel étoilé. Un écran noir d'une obscurité impénétrable sur lequel se détachait sans doute leur véhicule aux reflets cuivrés. Ce devait être beau, vu de l'extérieur. Ça l'était déjà tellement par le biais des écrans et de la vitre du cockpit. Il ferma les yeux, incrustant sous ses paupières la silhouette bleue fluorescente du pilote et des milliers de points étoilés.

A suivre...

Fin du chapitre 2 ! Nickel ! Plus qu'à le relire et le corriger... Je pense encore une fois avoir pas mal géré ! Pensez que c'est la première fois que j'écris un truc dans ce genre. Enfin, j'imagine que vous avez deviné plus ou moins qui sont l'adolescent et le roux ! Pas comme si c'était difficile pour ce dernier XD !
Aya, épuisée
04/11/07 ; 17:24)