New York. La vie, l'ambiance, les odeurs, ses traits cosmopolites, le chavirant Times Square, la magie de Broadway, la féerie de Central Park... il aimait tout de cette ville. Absolument tout. Dés qu'il avait posé le pied hors de l'avion, la magie avait opéré. Oh, il connaissait bien New York, elle ne lui était en aucun cas étrangère. Il aimait se balader de nuit dans cette immense ville qui avait la réputation de ne jamais dormir. Elle la tenait.
Néanmoins, une bonne trotte séparait JFK de son lieu de rendez-vous et s'il espérait arriver à l'heure, il devait se résoudre à prendre un taxi. Plus d'une heure plus tard, après avoir failli prendre racine dans les embouteillages, le taxi freina et s'arrêta. Blaine paya sa course, descendit et fit un pas en arrière, manquant de trébucher face à l'immensité du bâtiment qui s'érigeait devant lui.
Tout de verre et s'élevant sur des mètres et des mètres, l'inscription « The New York Times » dominait en toute splendeur, toute de noir vêtue et arborant une fine et élégante calligraphie. C'est ici que s'écrivait le premier chapitre de sa nouvelle vie. C'est cet édifice qui lui servirait de seconde maison pour les années à venir. C'est maintenant que tout commençait. A cette seule pensée, il fut prit de vertiges. Il recouvra ses esprits, réajusta son sac en bandoulière, respira un bon coup, et passa les portes de verre.
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New York. Le bruit, la pollution, les odeurs nauséabondes, les touristes infernaux... il détestait cette ville où tout n'était que scandale et dépravation. Il détestait sa superficialité, le charivari constant, ses soirées mondaines qui n'étaient que débauche et vulgarité... tout ce qu'il voulait, c'était fuir. Pourtant, il s'y rendait chaque soir, enchaînant soirées après soirées, verres après verres, traits après traits. Chaque soir, il était le centre d'attention, celui que tout le monde voulait approcher, saluer, embrasser, prendre en photo. Tout le monde voulait sa part du grand Kurt Hummel, le mannequin au visage d'ange que toutes les grandes maisons de couture s'arrachaient, l'égérie de Chanel et protégé de Karl Lagerfeld, décorant les panneaux publicitaires des quatre coins de monde... mais lui, à ce Kurt Hummel, il avait seulement envie de lui foutre un bon pain dans la tronche, histoire qu'il se réveille une bonne fois pour toutes. S'il avait pu le faire, il l'aurait fait à maintes reprises. Il détestait ce type. Il se détestait.
Il traîna des pieds jusqu'à son appartement en faisant semblant de ne pas avoir vu les paparazzis tout sauf discrets qui le suivaient à la trace en essayant de se cacher. Qu'ils aillent dire dans leur prochaine édition qu'il semble porter toute la misère du monde sur ses épaules. C'était le cas.
Arrivé chez lui, il se laissa tomber sur le canapé et tenta de trouver quelque chose d'intéressant dans le courrier : factures, factures, lettres d'admirateurs, publicité... il envoya dinguer la pile d'enveloppe à l'autre bout de la pièce, en éparpillant sur une bonne partie du plancher et renversa la tête en arrière. Le shooting pour la nouvelle collection d'hiver l'avait épuisé.
Il se redressa et balaya la pièce du regard. L'endroit n'avait rien d'un foyer chaleureux. Sombre et froid, les tables croulaient sous les bouteilles d'alcool et les cachets. Il ne savait plus depuis quand il n'avait pas remonté les stores pour laisser entrer la lumière du jour. Les araignées avaient déjà du y ouvrir une colonie de vacances à l'heure qu'il était. Il se haïssait pour être devenu un de ces personnages qu'il détestait tant par le passé. Qu'il déteste toujours. Un de ces énergumènes qui ne se souciaient de rien à part se défoncer, recommencer tous les jours et se détruire un peu plus à chaque fois. Mais c'était le seul moyen qu'il avait trouvé pour échapper à la douleur.
Fuir de sa propre tête. Loin. Loin de lui-même. Il n'avait personne sur qui s'appuyer. Seul. Il était seul. Parfois, il avait peur de devenir fou. Il avait peur qu'à vingt-deux ans, il se retrouve déjà à l'asile. Il avait peur de lui-même. Il se leva et alla farfouiller dans le bar pour trouver la bouteille de vodka qui lui tiendrait compagnie pendant une trentaine de minutes. Tel était son train de vie depuis maintenant un an. Un an depuis la tragique seconde qui avait permis à la mort de lui enlever son père. Il était tout, son pilier, sa main sauveuse dans ce monde où tout n'était que danger et superficialité. Un an que la mort avait ajouté Burt Hummel à sa liste, un an que la vie Kurt Hummel avait été réduite à néant. Il n'avait jamais réussi à sortir la tête de l'eau depuis. Il n'avais jamais réussi à reprendre en main sa vie. Il ne saurait même pas par où commencer.
Il commençait à piquer du nez lorsque son téléphone lui alerta qu'il avait reçu un sms qui lui proposait une soirée dans une des boîtes de nuit les plus huppées de la ville. Décrétant que son état était encore à peu près potable, il attrapa ses clés et son blouson et sorti dans la nuit new-yorkaise. Kurt Hummel avait beau être désespérément seul dans sa vie, il était bien déterminé à profiter de cette garce avant que la mort ne vienne elle aussi le chercher.
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Blaine déambulait dans les rues new-yorkaises depuis plus d'une heure sans but précis. En sortant de son entretien qui dura deux bonnes heures avec son nouveau chef d'équipe, avec qui il avait fini par discuter de tout et de rien et qui s'avéra adorable, il était allé déposer ses affaires dans son nouvel appartement et profita de la brise automnale qui faisait agréablement frissonner cette ville qui ne dormait jamais pour se dégourdir les jambes.
Il n'était pas fatigué, au contraire, New York l'emplissait d'une énergie unique, que rien d'autre ne pouvait lui fournir, et il sentait qu'il pourrait défier le monde, là tout de suite, l'affronter à mains nues. Rien ne lui faisait peur en ce moment-même. Bien au contraire, une douce sensation de commencement s'était emparée de lui et il dut se refréner pour ne pas sautiller en plein milieu de la rue tellement tout s'était déroulé à la perfection. Il ne marcha pas d'un pas pressé, il ne l'était pas. Il avait encore de merveilleuses années devant lui pour profiter de cette ville hors du commun.
Il s'arrêta à une petite supérette pour faire quelques emplettes, se rappelant que son nouveau réfrigérateur était désespérément vide et qu'il ne pouvait pas continuer à se nourrir d'air new-yorkais et d'excitation. A la seule pensée d'un bon petit plat, son estomac se manifesta. Il n'avait rien avalé depuis le petit biscuit grignoté avec son café dans le bureau de son chef. Il paya ses achats et continua son chemin vers son petit appartement cosy situé près de Central Park. Il passa par une avenue marchande bondée avant de déboucher sur une autre avenue qui concentrait la majorité des boîtes de nuit les plus huppées de la ville.
Il pressa le pas, ne souhaitant pas traîner dans le coin. Il avait toujours haï cette petite minorité connue sous le nom de la « jeunesse dorée de l'Upper East Side ». Puis ce défilé de stars quotidien... il en avait la nausée rien que d'y penser. Il avait horreur de s'exhiber. Il ne pouvait concevoir que ces gens puissent accepter de se laisser voir et photographier dans de tels états... c'était au dessus de ses forces.
Il continua sa marche d'un pas ferme et rapide sans vraiment lever les yeux pour regarder autour de lui. Il n'y avait rien à voir, de toutes façons. Des boîtes de nuits, des bars, encore des bars, encore plus de boîtes de nuit, des individus ivres qui se hurlaient dessus, d'autres qui hurlaient à leur voiture d'arrêter de faire l'imbécile et d'arrêter de se cacher, encore d'autres assis sur le bord du trottoir, en pleurs, se mouchant dans leur robe griffée qui devait coûter à elle seule des milliers de dollars... un tableau pathétique et parfaitement inintéressant. En pressant un peu plus la cadence, il arriva au niveau d'une boîte de nuit et entendit un jeune homme crier, apparemment en pleine dispute avec quelqu'un d'autre. Malgré sa ferme décision de ne pas s'attarder, Blaine ne put s'empêcher de stopper net et de tendre l'oreille.
« Non, ça ne pouvait pas... non, c'était impossible, il avait du rêver. Pourtant, il reconnaîtrait cette voix parmi... » Il n'eut pas le temps de finir sa réflexion que l'individu en personne, ivre mort, dégringola les quelques marches du tapis rouge, à présent vide, qui menaient à l'entrée de la boite de nuit et fut rattrapé de justesse par Blaine, qui sous le poids du casse-cou, tomba à la renverse.
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Que... qu'est-ce que... qu'est-ce qu'il fabriquait par terre ? Comment avait-il atterri fesses premières sur le bitume, de plus aux côtés d'un parfait inco... En tournant la tête et croisant le regard de son « sauveur », il crut sérieusement qu'il allait y rester. Il avait beau être complètement défoncé, jamais il ne pourrait oublier ce regard. Il plongea pendant une fraction de seconde ses yeux dans ceux noisettes du beau brun. Il aurait pu rester comme ça des heures, sans rien dire un seul mot, juste à le regarder, mais en une fraction de seconde, comme frappé d'une décharge électrique, il se redressa sans aucun mal, malgré son état bien éméché et voyant une horde de paparazzis arriver, commença à marmonner.
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« Kurt... Kurt... par ici, Kurt ! Est-ce votre nouveau petit ami, Kurt ? Parlez-nous ! Par ici, Kurt ! Connaissez-vous cet homme ? Kurt ! »
Il se tourna lentement vers Blaine pour lui lancer le regard le plus glacial que le brun ait jamais eu à affronter. Puis, se retournant vers les journalistes, cracha « non, je ne le connais absolument pas », avant de s'avancer sur la route, héler un taxi et s'engouffrer dedans sans le moindre geste de remerciement ou même de courtoisie envers le brun qui était toujours planté là, comme complètement sonné par ce qui venait de se passer.
Kurt étant parti, les paparazzis se ruèrent sur Blaine pour l'assaillir de questions auxquelles ils ne put marmonner qu'un vague « non... je ne... je ne sais pas... » avant de prendre les jambes à son cou et s'enfuir. Il courait, courait, courait, sans savoir où il allait, refoulant ses larmes. Soulagé de voir que son subconscient l'avait mené jusqu'à son appartement, il entra, se laissa tomber de tout son poids sur le canapé et laissa une larme dévaler le long de sa joue. La journée avait si bien commencé !
Exténué, il sentit sa tête vaciller dangereusement, tandis qu'une dernière larme finissait de s'écraser sur sa chemise. Il se laissa aller et plongea petit à petit dans un sommeil agité... peut-être que finalement, ces années qui l'attendaient ne seraient pas aussi calmes qu'il l'avait imaginé.
Tadaaaaaaa ! Je dois vous avouer que j'ai eu beaucoup de mal à écrire ce chapitre. Je voulais pas décevoir ceux qui avaient lu le prologue et laissé des reviews adorables ! D'ailleurs, un grand merci à vous ! Elles m'aident à m'améliorer, voir ce que je devrais changer, plus travailler dessus... donc si quelque chose vous chiffonne dans le style d'écriture ou quoi que ce soit, dites-le moi sans hésiter, je ne me vexerai ou fâcherai en aucun cas, c'est de ses erreurs que l'on apprend. Puis, je suis pas du genre violente. Je pince, peut-être, des fois...
Je disais donc, que... OUI, j'ai eu énormément de mal à l'écrire, parce que je voulais que ça reste aussi mystérieux tout en restant du niveau du prologue, donc je sais pas trop ce que ça donne, à vous de juger ! Je suis parée à recevoir les tomates, hahaha. Si l'intrigue avance à pas d'escargots voir à pas de rien du tout, c'est que j'aime bien torturer mes lecteurs et donné tout au compte-goutte, mouahahahaha. Trêve de blabla, merci à tous de lire, lecteurs qui me laissent un petit mot comme ceux que je ne vois pas. Je sais que vous vous cachez quelque part. Puis n'hésitez pas à me laisser un tout petit mot, même si c'est "c tro pouri lol"... ok, peut-être pas... JE ME TAIS.
