Ce fut ce qui réveilla John Watson alors qu'il tentait de prolonger sa nuit dans son lit douillet. La voix de Mary lui fendit le crâne comme une lame et il grimaça alors qu'elle appelait depuis la cuisine. Il était désolé d'avoir bu autant d'alcool la nuit précédente. Il nota avec un grognement qu'il n'était plus aussi jeune qu'il l'avait été.
"John, je suis aussi grosse que la totalité de cet appartement et je ne vais pas revenir pour te le montrer. Tu vas vouloir voir ça !"
John jura dans un souffle. "Très bien ! J'arrive, j'arrive ! J'espère que c'est important !"
Finalement John traîna des pieds hors de la chambre, descendit dans le hall, puis dans la cuisine où Mary était assise à leur petite table. Il se laissa tomber à côté d'elle, louchant douloureusement face aux rayons du soleil qui brillaient droit sur son visage, à travers les volets.
"Qu'est-ce qu'il y a Mary ? Que peut-il y avoir de si important ? demanda-t-il en se frottant le visage avec ses paumes.
"Premièrement, je ne te plains absolument pas. Personne ne t'a forcé à boire autant, pendant que ta femme enceinte restait à la maison. Et deuxièmement, ça c'est très important." Elle tendit son téléphone tout en ajoutant. "Tu voudras forcément voir ce qui fait le buzz sur Twitter en ce moment."
John prit le téléphone et étrécit son regard vers l'écran. Mais ses yeux doublèrent rapidement de taille alors qu'il y voyait de plus près.
"Sainte..." Ses mots tombèrent en même temps que sa bouche grande ouverte.
"Ouais. Je te l'avais dit," dit Mary avec un sourire. "Combien de verres exactement a bu Sherlock la nuit dernière ?"
"Euh... hum... beaucoup moins que moi. Mon dieu j'avais oublié ça !"
"Tu l'as vu ! Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?! dit Mary en lui tapant le bras.
"Tu dormais ! Je... je... oh Seigneur, je me demande si Sherlock a vu ça. C'est de la folie. Tu sais, parfois j'oublie que cet idiot est une sorte de célébrité. Oh non quelqu'un a fait une vidéo ! s'exclama-t-il ensuite, au point que Mary lui arracha le téléphone pour voir par elle-même.
"Oh mon... Waouh ! Regarde-moi ça !" gloussa Mary une main devant la bouche. "Il est doué, hein ?"
"Ok, c'est bon. Je vais passer à Baker Street plus tôt ce matin. Je ne devais m'y rendre que dans deux heures, mais c'est une crise qui doit être gérée. Il doit au moins être mis au courant." John embrassa la tête de sa femme, alors qu'elle continuait de regarder la même vidéo, et éclatait en un concert de gloussements.
John se dépêcha de s'habiller et de se préparer à partir. Voilà que s'annonçait une journée très intéressante...
Molly était fatiguée le lendemain. Elle avait veillé à ne pas abuser avec l'alcool étant donné qu'elle devait être de retour au boulot relativement tôt, mais elle n'avait pas quitté le pub avant minuit passé. Alors le manque de sommeil se faisait cruellement ressentir.
Elle s'était sentie plutôt fière d'elle-même tandis qu'elle rentrait chez elle dans la nuit, et même au matin. Elle trouvait qu'elle avait très bien géré le comportement bizarre de Sherlock la soirée précédente. Elle ne s'était pas monté la tête en imaginant qu'il était tombé amoureux d'elle, pas plus qu'elle ne s'était mise en colère du fait qu'il ait le culot de l'embrasser au beau milieu d'un pub.
Ce qu'il y avait aussi... c'était cette agréable sensation chaque fois qu'elle prononçait cette dernière phrase. Du coup, ce n'était pas douloureux. Qu'importe le pourquoi du comment, elle se délectait du moment dans son entièreté, ça c'était sûr. Elle s'était même autorisé à se rejouer la scène dans ses rêves le matin, avant que le réveil n'interrompe brutalement le délicieux souvenir.
Molly décida de prendre un taxi ce matin-là, ce qu'elle faisait les matins où elle sentait qu'elle le "méritait". Et au vu de sa fatigue, c'était le cas ce matin. Le taxi la déposa devant le perron de l'hôpital St Bart's et elle régla sa course. Elle sortit de la voiture avec ses deux sacs sur l'épaule et se dirigea vers la porte.
Elle remarqua à peine que des personnes attendaient devant la porte principale, jusqu'à ce qu'elle arrive à leur niveau. Et juste avant qu'elle n'atteigne la porte, plusieurs de ces personnes se placèrent sur son chemin, et un flash l'aveugla. Arriva ensuite un flot rapide de questions.
"Dr Hooper ! Que pouvez-vous nous dire sur votre relation avec Sherlock Holmes ?"
"Depuis combien de temps êtes-vous ensemble vous et Sherlock ?"
"Est-ce que Sherlock Holmes embrasse bien ?"
"L'avez-vous arraché des griffes de son ex Jeanine ?"
Molly était totalement abasourdie. Elle n'avait jamais fait l'expérience d'être bombardée de questions par les reporters de tabloïds. Elle qui avait pris la mauvaise habitude de bégayer et de perdre ses mots en parlant simplement à une personne, alors plusieurs personnes qui lui sautaient dessus était plus que déstabilisant. Elle tâtonna derrière elle et trouva finalement la poignée de la porte, l'ouvrit et s'échappa dans le bâtiment. Elle courut presque, une fois à l'intérieur, bien que ce ne fût pas nécessaire. Ils savaient parfaitement qu'ils n'avaient pas intérêt à entrer dans l'hôpital.
Elle se jeta dans l'ascenseur et ferma la porte avant que quiconque ne puisse se joindre à elle. Là elle osa sortir son téléphone... vingt nouveaux messages de ses amis et de sa famille. Ouais, un score un peu plus haut que la moyenne. Elle avait trente-sept amis qui lui avaient envoyé un clip vidéo de vingt-deux secondes sur YouTube. Et elle ne regarda pas ce qui se passait sur Twitter. Elle n'avait jamais reçu autant de notifications de sa vie !
Molly laissa échapper un grognement alors qu'elle se montrait assez folle pour cliquer sur un lien vidéo dans un des e-mails... et il était là. Dans toute sa splendeur. C'était presque plus choquant de le regarder qu'il avait été de le vivre. Personne d'autre n'était là pour le voir et pourtant elle sentait tout son visage prendre la température et la couleur de la lave en fusion. Quand les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, elle passa rapidement près du couple qui attendait devant, puis courut directement dans le vestiaire des femmes.
Elle se demanda exactement quand elle se sentirait prête à quitter sa cachette pour aller travailler. Dieu merci elle travaillait dans une morgue, avec un cadenas sur la porte.
"Yoo hoo !" appela Mrs. Hudson doucement en entrant dans l'appartement silencieux à neuf heure et demi ce matin-là. Elle n'était pas surprise que Sherlock soit encore endormi.
Elle traversa le hall sur la pointe des pieds et tapa légèrement à la porte… rien.
« Sherlock ! Yoo hoo ! Votre frère est ici ! Je ne peux le retenir plus longtemps ! Il ne partira pas tant qu'il ne vous aura pas vu ! Elle toqua encore à la porte, un peu plus fort.
C'est là qu'elle entendit quelque chose comme un grognement étouffé, puis un entremêlement de pieds, avant que la porte ne s'ouvre de quelques centimètres. Juste assez pour que Sherlock ne la regarde fixement en fronçant les sourcils.
« Que-veut-il ?! Dites-lui de partir et de m'envoyer un texto plus tard. »
« Il ne s'en ira pas ! J'ai essayé de lui dire que vous le rappelleriez mais il ne partira pas. »
« Non en effet, je n'en ai pas l'intention, » vint la voix de Mycroft depuis le salon à présent.
Sherlock leva les yeux au ciel. « Une minute, » grogna-t-il à Mrs. Hudson avant de refermer brutalement la porte.
« Il arrive, » dit Mrs. Hudson avec un sourire tout en se dirigeant vers la sortie.
« Il ferait mieux, » dit Mycroft, plus pour lui-même.
Quelques instant plus tard, Sherlock descendit mollement le couloir et entra dans la cuisine, sans surprise, dans un drap.
« Je me déplace pour avoir une discussion sérieuse avec toi, et tu te présentes en drap ! »
« Pitié, Mycroft ! Je n'ai pas mis de vêtements pour Buckingham Palace. Qu'aurais-tu de si spécial ? » Il alla vers le bureau devant lequel il s'assit pour ouvrir son ordinateur portable.
« Oh bien, tu allumes ton ordinateur. Voilà qui va rendre ma tâche bien plus simple, » renifla Mycroft. « Tu n'as clairement pas regardé les réseaux sociaux depuis ton portable au cours des douze dernières heures. »
« Pourquoi aurais-je dû ? Il n'y avait aucune raison pour. »
« As-tu passé une charmante soirée la nuit dernière au pub avec tes petits amis ? » s'enquit l'aîné des Holmes, faisant mine de changer de sujet. « Il semble certain que oui. »
« Oh relax, Mycroft. Je n'ai tiré sur personne cette fois, soupira-t-il en ouvrant ses e-mails. Mycroft observa Sherlock qui commençait à froncer les sourcils.
« Quelque chose ne va pas, petit frère ? » demanda-t-il avec un étonnement feint.
« Pourquoi tout le monde m'envoie des liens vidéo ? » commença-t-il à murmurer devant l'écran.
Juste à cet instant, John déboula dans l'appartement, faisant Sherlock le regarder d'une façon plutôt confuse. Il était en avance de plus d'une heure et il semblait totalement à bout de souffle. John regarda vers Mycroft qui était assis sur le canapé, et haussa d'abord les sourcils, interrogateur avant de parler.
« Lui avez-vous montré ? » demanda John, en pointant Sherlock.
« J'étais sur le point de le regarder découvrir le pot aux roses lui-même. » Son regarda retourna sur son frère. « Sherlock, pourquoi ne cliques-tu pas sur ce lien vidéo ? »
« Lequel ? » il fronçait toujours les sourcils.
« Cela n'a pas grande importance, n'est-ce pas ? Prends l'e-mail que tu as sous les yeux. Je te garantis qu'ils te mèneront tous au même endroit. »
John avança et se tint debout derrière Sherlock alors qu'il suivait le lien, et que la vidéo de vingt-deux secondes commençait. Le visage de Sherlock se ferma presque instantanément quand il reconnut le décor du pub. Il n'y avait qu'une seule chose qui avait valu le coup d'être filmée par quelqu'un la nuit précédente. Il regarda avec un mélange de choc et de crainte, comme si lui et Molly étaient des personnes qu'il n'avait jamais vues de sa vie.
« Oh mon dieu, » souffla John derrière lui. Il posa une main devant sa bouche un moment pour contenir le rire qui menaçait. « Je te jure, ça devient plus comique chaque fois que je la regarde. Je trouve que toute la partie avec le jeté d'écharpe élève le tout à un très haut niveau. »
Sherlock pivota sur son siège et regarda son ami en grimaçant. « Et combien de fois as-tu regardé ça exactement ? »
« Oh, tu sais, juste une paire de fois ce matin avec Mary. Elle a été très impressionnée, Sherlock ! » Il ne put s'empêcher de laisser échapper un gloussement.
« Et que viens-tu faire ici précisément, Mycroft ?! » demanda Sherlock. « Tu es là pour m'envoyer en Europe de l'Est tout compte fait, pour démonstration affective dans un lieu public ? Je suis sûr qu'ils meurent d'envie de trouver n'importe qu'elle raison pour me virer à nouveau ! »
« Je suis ici pour te dire que c'était surtout une démonstration publique de stupidité ! Tu es à peine revenu. Ce n'est pas le meilleur timing pour diffuser sur tout l'Internet ton visage en train de rouler un patin au Dr. Hooper ! Tu crois que ce genre de chose va conforter le gouvernement que tu es revenu pour travailler avec le plus grand sérieux sur l'affaire qui nous préoccupe ? »
Sherlock leva les yeux au ciel et enfouit son visage dans ses paumes.
« Tu n'as pas regardé Twitter ? Tu dois en être autour d'un million de notifications ! » demanda John en prenant son téléphone.
« J'ai désactivé ce truc depuis un bon bout de temps, dit Sherlock avec un geste évasif. « Je l'utilise uniquement pour mon travail, je ne passe pas mon temps à regarder ce qui se passe dans ma propre vie ! »
« Oh c'est aussi arrivé sur le blog ! » annonça John, montrant son téléphone à Sherlock. « Regarde, nous avons des tas de commentaires sur ma publication de la dernière affaire. Deux cents soixante-dix nouveaux commentaires, et de ce que je peux voir aucun n'est en rapport avec l'affaire… oui, tout ce que je lis sont des questions à propos de toi et Molly. »
« Oh, bonté divine ! Les gens n'ont-ils donc rien de mieux à faire de leur vie ?! Pourquoi ne vont-ils pas… commettre un crime ou quelque chose d'intéressant ?! tempêta Sherlock avant de fermer son ordinateur.
« Un large panel de photographies à différents angles aussi. Plutôt fascinant, » ajouta Mycroft, sortant son propre téléphone. « Tout ce que tu as à faire est de taper #Sherlockiss. » sourit-il sardonique.
Sherlock sauta de sa chaise en s'empêtrant dans le drap tandis que sa mâchoire se crispait un peu plus à chaque seconde qui passait. « Bien ! Alors débarrasse-t-en ! » siffla-t-il à son frère.
« M'en débarrasser ? Tu n'es pas sérieux, Sherlock. Tu réalises combien il est difficile d'effacer une vidéo qui en est déjà au stade du virus, ajoute à ça toutes les images ! »
« Si tu es si terriblement ennuyé par tout ça, alors fais-le ! N'essaies pas de me faire croire que tu n'en as pas les moyens. »
Mycroft ricana. « Je les ai peut-être, Sherlock. Mais peut-être n'ai-je pas la liberté d'user de ces ressources comme bon me semble en ce moment. »
« Whoa ! » s'exclama soudainement John. « Ce cliché en particulier offre une vision vraiment très détaillée du baiser ! Tu as mis du cœur à l'ouvrage ! » Il tourna l'écran de son téléphone vers Sherlock en secouant la tête.
Sherlock regarda de plus près l'image et son regard s'agrandit. Autant tout ça était devenu un peu flou au moment où il l'avait fait, autant, à le voir maintenant décortiqué seconde par seconde lui faisait réaliser une chose importante. Il commençait à envisager la possibilité qu'il avait prouvé sa petite théorie avec un peu trop de conviction, comme cette image en particulier l'illustrait parfaitement.
Soudain Mrs. Hudson montra le bout de son nez. « Sherlock très cher, il y a des gens à la porte qui veulent savoir si Molly est ici. Pourquoi Molly serait-elle là maintenant ? »
« Évidemment qu'elle n'est pas là ! » tonna Sherlock. Elle est à… »
Et cette pensée le percuta. Molly… devait être sortie de son appartement à cette heure. Il regarda sa montre. Oui, elle devait se trouver à Bart's depuis plus d'une heure. Pas. Bon…
« Je vais m'habiller, » annonça-t-il en se dirigeant vers le couloir. « Mycroft, envoie une voiture attendre Mol – le Dr. Hooper à Bart's à dix-sept heures ce soir. »
« Je te l'ai dit, je n'ai pas la liberté d'utiliser- »
« Fais-le ! » hurla-t-il. Je ne te demande pas d'user de tes précieuses ressources pour moi. Je te demande de permettre à une femme sans défense de ne pas se faire dévorer vivante par des reporters vicieux ! Assurément le Dr. Hooper n'a rien fait de particulier pour éveiller la colère du Gouvernement britannique. Alors envoie une voiture ce soir, pour elle ! »
Mycroft arqua un sourcil et échangea un regard avec John. « Considère que c'est fait. »
Sherlock se replia dans sa chambre et commença à s'habiller. Contrôler les dégâts requérait l'utilisation de ses mains. Il ne pouvait pas se permettre de traîner dans un drap plus longtemps. Alors qu'il était en train de boutonner sa chemise, il attrapa son téléphone qu'il avait laissé sur la table de nuit quand il était sorti de la chambre plus tôt. Il ignora toutes les notifications d' e-mails, et alla directement voir ses textos. Il y en avait quelques uns de John lui demandant s'il était levé et s'il s'était déjà connecté, puis disant qu'il arrivait. Puis il vit ceux de Molly…
Es-tu réveillé ? - MH
Tu ferais mieux de rester dans ton appartement aujourd'hui. - MH
Quoique tu fasses, ne viens pas à Bart's - MH
Tu ferais aussi bien de ne pas te connecter non plus. - MH
Peut-être que tu devrais mettre ton téléphone de côté… Oh je suppose que tu l'as regardé maintenant si tu lis ce message… Mais à partir de maintenant laisse-le de côté. - MH
Ne va pas, je répète, ne va pas sur Twitter !… Arrête vraiment de regarder ton téléphone tout de suite ! - MH
Sherlock fronça les sourcils devant l'écran de son téléphone. Elle semblait plutôt embarrassée, d'après son estimation. Ce n'était pas vraiment une surprise, étant donné les circonstances. Il se demandait toutefois ce qu'elle avait si peur qu'il découvre. Ce n'était pas comme s'il n'avait pas été présent et extrêmement participatif à l'événement de la nuit passée.
Il sentit qu'il était de bon ton de formuler une réponse, réalisant qu'elle avait clairement envoyé ces messages dans un élan de panique. Ils se suivaient tous à deux ou trois minutes d'intervalle. Mais le dernier avait été envoyé une demi-heure plus tôt. Et malgré qu'elle lui ait intimé de ne pas prêter attention à son téléphone, il pouvait se représenter Molly regardant le sien continuellement en se demandant si une réponse était arrivée. Il répondit donc.
J'ai demandé à Mycroft de t'envoyer une voiture à la fin de ta garde. Tu voudras sûrement éviter tous les débordements du public… Au moins le temps que tout ça se calme. - SH
Cela prit moins d'une minute pour elle de taper une réponse.
Oh. Ok, merci beaucoup. Tu n'avais pas besoin de faire ça. - MH
Si. Je prends l'entière responsabilité. - SH
Aucune réponse ne vint après ça, et Sherlock se demanda si elle lui en voulait. Ce qui aurait été compréhensible. Il venait de mettre sa vie sans dessus dessous en moins de trente secondes. Il secoua la tête tout en enfilant son gilet. Stupide, stupide ! Pourquoi avait-t-il fallu qu'il accepte d'aller à ce pub dégoûtant après tout ? S'il était resté à la maison, rien de tout ça ne serait arrivé. Il avait prouvé ce qu'il voulait, très bien. Il avait surtout prouvé qu'il ne devrait pas s'impliquer dans des débats sociaux alcoolisés ridicules.
Il émergea finalement de sa chambre. John était assis tout seul et son frère n'était en vue nulle part.
« Mycroft a dit qu'il avait d'autres choses à faire, alors il est parti. Il a dit qu'il enverrait la voiture pour elle toutefois. »
« Mm », fut la seule réponse que John obtint, alors que Sherlock s'asseyait dans sa chaise et commençait à se servir le thé que Mrs. Hudson avait apporté pendant qu'il s'habillait.
John hocha la tête et se mordit les lèvres en regardant son ami. Finalement, il commença à ouvrir sa bouche à nouveau mais Sherlock parla en premier.
« Ne le dis pas, John. »
Il fronça les sourcils. « Pardon, quoi ? Tu n'as aucune idée de ce que je m'apprêtais à te demander. »
« Je peux lister une demi-douzaine de questions ou de remarques que tu pourrais faire, et je n'ai aucune envie de répondre à une seule d'entre elles. » Il sourit rapidement avant de boire une gorgée de son thé.
« Comme par exemple, pourquoi as-tu fait ça la nuit dernière ? »
« Oui, celle-ci était en effet dans ma liste. »
« Et tu ne veux pas répondre à cette question ? »
« Non. Principalement parce que je l'ai déjà fait. Tu m'as posé la même question dans le taxi hier soir. Je déteste devoir me répéter. » Il ouvrit le journal devant son visage avec un craquement sourd.
John ricana. « J'étais un peu sur la touche hier soir, Sherlock, pardonne-moi si je ne remets pas l'intégralité de la conversation que nous avons eue dans le taxi… mais je suppose que tout ça est à relier à quelques taquineries dont tu as été la cible avant l'arrivée de Molly au pub. »
Aucune réponse de derrière le journal.
« Ok, je prends ça comme un oui… et ça ne méritait certainement pas une telle pagaille, n'est-ce pas ? »
Toujours le silence derrière le journal.
Puis un sourire amusé commença à fleurir sur le visage de John. « Quoique si, » dit-il lentement.
Le journal se baissa brutalement et Sherlock regarda fixement John.
John ne put retenir un petit rire et leva les mains en signe de reddition. « Désolé c'est juste - en quelque sorte, il semble que ça valait le coup. Je veux dire, wow. »
Cette remarque lui valut un autre regard d'avertissement.
« Ok, ok, j'arrête. Vraiment. »
Aucun d'eux ne parla pendant une paire de minutes alors que John était retourné vers son portable, et Sherlock vers son journal. Sherlock tenta d'ignorer les reniflements occasionnels venant de son ami qui lisait ou regardait sans aucun doute des choses relatives à la précédente humiliation nocturne. Puis il redevint silencieux, et Sherlock espéra que John avait changé de sujet… jusqu'à ce que ce dernier parle à nouveau.
« Ok, je suis désolé, Sherlock, mais je dois te dire encore une chose. Mary vient de me texter. Je ne suis pas sûr de l'avoir déjà vue utiliser autant de points d'exclamations. » sourit John en secouant la tête.
«Oh quoi maintenant ?! » soupira-t-il, abaissant encore son journal.
« On dirait que vous avez un nom désormais… toi et Molly. »
« On a un nom ? » L'arrête du nez de Sherlock se plissa de confusion.
«Mm hmm, » fredonna John, et il sourit d'abord en guise de réponse à son ami. Sherlock le regarda dans l'attente, puis John dit…
« Sherlolly. »
