Voilà le deuxième chapitre, il ne s'y passe pas grand-chose entre Ron et Drago.

Bonne lecture ! ;)

OoO

Je fus surpris quelques heures plus tard en constatant que je m'étais endormi.

Bien entendu, j'avais rêvé de cet idiot de Malefoy. Il avait suffit d'un simple baiser pour que je me mette à rêver de lui...J'étais réellement influençable...

Je me levai d'un bond souple et sortit du dortoir.

Harry aurait tout de même pu me réveiller ! Je ne comprenais pas pourquoi il ne l'avait pas fait...Jusqu'à ce que j'atteigne la salle commune et que je le voie en grande conversation avec ma sœur.

Il avait de la chance que ma tête soit déjà occupée par d'autres choses. Malefoy, par exemple.

- Ron, où étais tu passé ? Je te cherchais pour te dire que tu t'étais trompé dans ton devoir de Potions.

Je me retournai vers la propriétaire de cette voix (un peu trop stridente à mon goût).

Hermione. Etait ce possible d'être aussi agressive avec les gens lorsqu'ils viennent de se réveiller ?

- Moui, Hermione, tu n'as qu'à me le corriger, ça ira plus vite.

En entendant ma voix ensommeillée elle me jeta un regard suspicieux.

- Tu n'as tout de même pas dormi ?

- Bah, si un peu.

Elle parut choquée :

- Mais tu ne fais que de dormir ! Tu aurais pu passer ton temps à faire quelque chose de plus utile !

Je me mis à rire pour l'arrêter.

- Hermione, arrête. N'imagine pas que si je n'avais pas dormi je me serais décidé à travailler, c'est très mauvais les faux espoirs. Bon viens, on va manger.

Elle ne dit rien et me suivit, l'air légèrement mécontente. J'attrapai Harry par le bras, interrompant un sourire complice avec ma petite sœur.

Je n'allais pas les laisser flirter impunément sous mes yeux quand même, j'avais ma fierté. Il me jeta un regard noir que je fis semblant de ne pas avoir vu.

On était en avance pour le repas, ce qu'Hermione me fit remarquer d'un air ironique :

- Je te signale que les heures du repas ne sont pas fixées par tes siestes. Enfin, installons nous quand même.

Je levai les yeux au ciel avant de les diriger vers la table des Serpentards pour voir si Malefoy était lui aussi en avance. Pure curiosité. De toute façon ce n'était pas le cas.

Lui arriva pile à l'heure.

Lorsque j'en étais à dévorer ma part de mille feuilles au praliné je relevais à nouveau la tête vers les Serpentards et je le vis me fixer.

Le regard neutre, pas un sourire, il se contentait de me regarder droit dans le yeux. Je pensais qu'en voyant que je l'avais surpris il se détournerait mais il n'en fit rien.

Je ne m'étais pas encore rendu compte à qui j'avais affaire. Drago Malefoy. Je pensais peut être qu'il allait pudiquement regarder ailleurs, ses joues rosissant sous l'effet de la gêne et de la timidité ? Non, il restait, la tête droite, l'œil fixe, la bouche où aucun sourire ne pointait, à me regarder.

Pourtant ce ne fut pas moi qui détourna le regard, même si j'étais gêné d'être dévisagé ainsi, ce fut lui. Il le fit naturellement, comme si quelqu'un l'avait interpellé et qu'il s'était reconcentré sur cette personne, c'est d'ailleurs ce qui était probablement arrivé.

Je retournai donc à mon assiette, à ma part de tarte aux pommes que j'avais pris en plus du mille feuilles.

J'étais troublé, je ne pouvais pas le cacher.

Le baiser, et puis après ça ? C'était quoi la suite ? Une demande en mariage ??

Oui, j'avais l'impression de nager en plein délire, et en même temps... Il n'avait pas l'air de rigoler, ni de se moquer de moi.

Lui et ses gorilles sortirent de table en même temps que nous. C'était étonnant comme le hasard faisait mal les choses...

Inévitablement, il jeta un regard vers nous et esquissa une moue de mépris vers Harry et Hermione mais il ne croisa pas mon regard. En allant vers la direction de leur salle commune, il bouscula Harry. Sans aucun doute, il l'avait fait exprès.

J'entendis mon ami pester en me regardant :

- Quel con ce Malefoy !

Je ne répondis rien mais après quelques secondes je compris qu'il attendait certainement un écho. Je répétais donc d'un air indigné :

- Ouai, quel con !

Hermione, toujours diplomate et voulant éviter un clash, prit Harry par le bras pour l'entraîner vers les escaliers. Elle lui chuchota avec sagesse :

- Il te provoque, ne joue pas son jeu.

Je les suivais tranquillement, laissant mon esprit vagabonder.

Avait ce été un délire de mon imagination cette fois ci ? Cette marque de mépris m'était elle aussi destiné, ou alors il ne m'avait pas regardé sciemment ?

Je ne savais plus vraiment quoi penser. Et dire que sans ce baiser, je ne me serais même pas poser la question !

OoO

Les trois jours qui suivirent se passèrent normalement, aucun évènement sortant de l'ordinaire ne se produirent, comme une « fixation » de Malefoy, ou un baiser torride dans un couloir.

Rien. Et je n'arrivais pas à savoir si ça me dérangeait qu'il ne se passe rien ou pas.

Je profitais de ces quelques jours pour l'observer, en essayant d'être objectif.

Arrêter d'être Ron Weasley qui a depuis sa naissance des prédispositions à le haïr, mais un élève « normal », sans préjugés, ni idées préconçues. Une tache difficile. Mais essentielle. Et puis pour une fois que j'essayais de comprendre un truc...

Pendant ces quelques jours j'appris que Drago Malefoy était froid, arrogant, méprisant, sûr de lui...Bref que des choses que je savais déjà.

J'appris aussi que malgré sa cour de Serpentards autour de lui, il était très solitaire et surtout, je compris qu'il ne les aimait pas. Il semblait ne ressentir que du mépris envers chaque personne. La seule personne qui pouvait se vanter d'être estimée par lui était Blaise Zabini. Et encore...

Cette solitude qui pourtant paraissait volontaire, me faisait de la peine. Il semblait penser que c'était sa force, mais je n'en étais pas si sur... Je trouvais triste de n'aimer personne, de ne pas avoir de vrais amis.

Voilà que maintenant j'en venais à plaindre Malefoy. C'était le monde à l'envers.

Une autre chose était étonnante ; j'avais fini par m'avouer qu'il était beau.

Pour la moitié des filles de Poudlard ce n'était pas l'exploit du siècle, mais pour moi, Ronald Weasley premier du nom, ça l'était.

Il était gracieux et sans vouloir lui donner raison, il avait cette attitude qui le rendait naturellement supérieur aux autres.

Son visage était parfait, ce qui en était presque dérangeant. Il avait cette peau pâle, presque blanche, lumineuse, qui me rappelait la couleur de la pulpe de pêche et des yeux, comme je l'avais vu quelques jours auparavant, de la même couleur que les nuages remplis de pluie, de ce gris foncé, tirant sur le bleu...

Oui, il était objectivement très beau. Mais avant je le détestais trop pour le concéder.

Maintenant c'était différent.

Après ces quelques jours d'observation je compris que le baiser échangé avec lui avait totalement faussé mon jugement, ou en tout cas, l'avait changé.

J'avais fait table rase du passé, je m'intéressais à lui, j'essayais de découvrir autre chose, une preuve qu'il n'était pas aussi méchant qu'il voulait le faire croire. Pourtant, je n'avais rien trouvé de tout cela, il montrait vraiment ce qu'il était, enfin une partie.

Et finalement, je savais que cette arrogance, ce dédain tout ce qui faisait qu'il était Drago Malefoy, je pourrais l'accepter.

Ainsi que sa solitude et sa haine du monde entier qui me peinaient et m'émouvaient en même temps.

Tout ça, je pouvais l'accepter.

Voilà ce que je conclus, le mardi soir, trois jours après l'épisode du baiser, tout en mangeant. Je le regardais déguster ces pommes de terres avec délicatesse, il se tenait droit, se détachant des autres abrutis de Serpentard, comme dans un autre monde.

Il releva les yeux vers moi, et quand il constata que je le regardais, perdu dans mes pensées, il se mit à sourire légèrement. Je n'osai pas y répondre car je compris qu'il souriait simplement car il était conscient que pour moi tout avait changé, dès qu'il avait posé ses lèvres sur les miennes.

Je ne sais pas quel avait été son plan, mais ce qui était sur maintenant, c'est que je ne le détestais plus, je ne pouvais plus le haïr. Je ne l'aimais pas non plus, il ne fallait pas exagérer, même pas pour amitié, mais je l'acceptais tel qu'il était. Et c'était un grand pas pour moi.

Je détournai le regard après quelques secondes pour me reporter sur ma cote de porc.

A nouveau, il se leva en même temps que nous après le repas. Mais sans ses deux gardes du corps sans cervelles, trop occupés à finir les assiettes de leurs voisins pour le suivrent.

Et cette fois ci, c'est moi qu'il bouscula. Je sentis sa main glisser dans la mienne et lorsqu'il la retira, il y laissa un minuscule morceau de parchemin.

Je laissais mon point fermé pour ne pas qu'il tombe. Harry le regardait partir, comme enragé.

- Je vais aller lui régler son compte à cet espèce de...

- NON !

Il me regarda, surpris.

- Quoi ?

J'eus peur de rougir, ou de bafouiller, mais maître de moi je lui dis d'un air sage et diplomate :

- Ca ne sert à rien, je m'en fous Harry. Laisse le nous bousculer si ça lui chante.

Cette fois ci ce fut Hermione qui me fixa avec des yeux ronds. Je haussais les épaules, et me dirigeai vers la salle commune, impatient de lire ce bout de papier.

A peine j'eus posé un pied dans la salle que Seamus m'appela :

- RON !!

Je soupirais, énervé de ne pas pouvoir aller directement dans le dortoir. De mauvaise grâce j'allais vers lui. Il jouait aux échecs avec Dean.

- Est-ce que cette manœuvre là est autorisée ?

Il me montra sa tactique. Elle consistait à ordonner à son cavalier de détruire tous les pions qu'il voyait. Je levais les yeux au ciel avant de le regarder.

- Et tu te poses vraiment la question ?

Dean soupira :

- Je le savais bien...

Je pus enfin monter dans le dortoir, ignorant les protestations de Seamus. Je m'assis confortablement sur mon lit et dépliait le morceau de parchemin.

Entre le moment où je l'avais reçu et celui ou je l'ouvris j'avais imaginé des tas de contenu : « Alors idiot, tu te laisses manipuler ? » ou « T'as vraiment cru que j'avais eu envie de t'embrasser ? ». Ce genre de truc, même si ce que j'avais imaginé étaient encore assez gentil. Mais rien ne me prépara à ... :

- Un rendez vous ??

OoO

Et voilà, la suite pour bientôt !