Titre : Snape family

Rating : T

Pairing : Harry/OC

Disclaimer : Rien est à moi, blablabla.

Statut : Terminée ! (14 chapitres)

Résumé : Personne à Poudlard n'aurait pu imaginer que les professeurs avaient une famille. Personne n'aurait pu imaginer que Snape avait une famille. Personne n'aurait pu imaginer que cette famille apporterait une romance bien particulière à Poudlard. Slash, Het et tout le tralala.

Bêta : Merci à Pauu d'amour d'avoir corrigé ce chapitre !

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Chapitre 2

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Un mois était passé depuis la rentrée et Harry avait retrouvé la forme. Il s'était rehabitué à recevoir de la nourriture trois fois par jour et à avoir des horaires de sommeil convenables. En ce premier mois de reprise des cours, il essayait vraiment de ne pas prendre de retard sur ses leçons et ses devoirs. Les tentations étaient grandes alors qu'il retrouvait enfin ses amis, le Quidditch et l'immense château plein de recoins à explorer, mais il gardait le cap depuis quatre semaines maintenant sous les soupires de Ron et les encouragements d'Hermione.

Les familles des professeurs s'étaient bien habituées à leur nouvel environnement. Plus personne n'avait aperçu Biénor, la jeune centaure, depuis le festin de bienvenu, mais les autres aparaissaient régulièrement. Les nouveaux élèves s'étaient bien intégrés à leur maison respective. Les Snapes s'étaient fait des amis, même si le plus jeune Serpentard semblait principalement rester avec Malfoy. Il restait néanmoins en retrait lorsque la fouine venait embêter le Trio d'Or. Les nouveaux se sentaient donc bien à Poudlard et aucun n'avait subi de moqueries ou de représailles.

Du moins c'était ce que pensait Harry avant de tomber sur une scène qui lui glaça le sang.

Alors qu'il se rendait à la bibliothèque en compagnie d'Hermione pour finir son devoir sur les potions d'engorgement, les deux Gryffondors tombèrent sur un rassemblement de six élèves, entourant une enfant qu'ils reconnurent immédiatement comme étant Opéra Snape. Les autres étaient plus âgés, principalement des Gryffondors et leur baguette était pointé vers la petite fille recroquevillée, le nez en sang.

« J'ai été privé de sortie tout l'été parce que ton père, » cracha l'un des étudiants. « A raconté à mes parents que je m'étais battu. Oh bien sûr, il ne leur a pas dit que si je l'avais fait, c'était parce que l'un de ses visqueux serpents avait raconté que j'étais le fils illégitime de Trelawney et Rusard. J'ai été humilié et raillé pendant toute une année ! Quand j'ai retrouvé celui qui avait fait ça, je me suis défendu ! C'est naturel ! Mais non... Snape nous a trouvés, m'a fait lessiver ses chaudrons dégoutant pendant un mois et l'a dit à mes parents. »

« Je n'ai rien- » commença la petite fille.

« La ferme ! » hurla un autre. « Il m'a crié que j'étais inutile à de si nombreuses reprises, que ma petite amie a fini par rompre en ayant peur qu'il finisse par s'en prendre à elle s'il apprenait que nous étions ensemble. »

« Mais ce n'est pas moi qu- » essaya encore l'enfant en sanglotant.

« Ton père ou toi, c'est pareil ! C'est le même sang. Lui peut se défendre et nous faire expulser. Toi non. »

Avec un sourire cruel, le plus vieux de tous leva sa baguette et murmura un sort qui percuta l'enfant de plein fouet, la projetant contre le mur de derrière.

Le gémissement qu'elle poussa fit sortir Harry de sa torpeur.

« Va chercher un Snape, » murmura-t-il en poussant Hermione hors de vu.

Il ne voulait pas qu'elle soit blessée mais surtout, ne voulait pas que les agresseurs sachent que quelqu'un était parti chercher de l'aide. Il ne voulait pas les voir s'enfuir et rester impunis. Après cela, il sortit sa baguette et courut en direction du regroupement. Il eut tout juste le temps de lancer un bouclier de protection sur l'enfant lorsqu'un nouveau sort fut lancé.

Le rayon violet ricocha contre la sphère de magie et celui qui semblait être le chef du petit groupe, grogna d'incrédulité.

« Mais qu'est ce qui vous prend ? » hurla Harry, faisant un dérapage pour se mettre entre la jeune fille et ses agresseurs.

« Qu'est ce que tu fous Potter ? » demanda Ritchie Coote, élève de cinquième année.

« Je viens défendre une petite fille innocente, » déclara Harry.

« Innocente ? » s'étouffa Ritchie. « C'est une Snape ! »

« Et alors ? » cracha Harry. « Que ce soit la fille de Snape ou celle de Voldemort, elle n'est qu'une enfant ! »

Le groupe tressaillit lorsqu'il entendit le nom qui ne devait pas être prononcé. Harry regarda enfin qui composait la bande et remarqua que Romilda Vane, une quatrième année qui lui lançait toujours des regards aguicheurs, en faisait partit. Il vit aussi Euan Abercrombrie, un deuxième année, et Geoffrey Hooper en cinquième année comme Ritchie. Les deux étaient d'ailleurs sur la liste des inscrits pour les sélections de Quidditch dont Harry était le capitaine. Les deux autres participant étaient deux Serdaigles que Harry ne connaissait pas.

« Tu peux pas dire un truc pareil Potter ! »

« Bien sûr que je peux et je ne vous laisserai pas lui faire plus de mal. »

Ritchie ricana en regardant les autres.

« Et que vas-tu faire ? Nous sommes six et tu es tout seul. Aussi célèbre que tu sois, je sais que tu n'es pas très doué et ce n'est pas parce que tu as été pris comme professeur pour un groupe d'élèves rebelles l'année dernière que je vais trembler. »

D'un geste net et précis, Ritchie envoya un sortilège à Harry qui ne fut pas assez rapide pour l'esquiver ou le parer. Il sentit sa robe de déchirer et le sang couler lentement le long de son bras gauche. Les sorts de découpe étaient extrêmement dangereux, c'était aberrant qu'un élève en utilise un sur un autre. Ritchie envoya un autre sort et cette fois, il pu l'esquiver tout en protégeant la jeune fille toujours prostrée au sol. Les autres étudiants suivirent son exemple, sauf le jeune Euan qui regardait l'échange l'air perdu, sûrement impressionné et Romilda qui ne savait pas qui soutenir. Elle sortait avec Ritchie mais il était bien connu qu'elle était amoureuse de Harry depuis des années.

Harry utilisa toutes ses capacités pour contrer le maximum de sorts, mais n'arriva pas réellement à donner le change. À quatre contre un il n'était pas facile de trouver un instant pour lancer un sort lui-même. Pourtant, après quelques secondes, il réussit à envoyer un expelliarmus. Il était si enragé que le sort puissant fonça sur Geoffrey et l'envoya contre le mur de derrière où il s'évanouit.

Harry reçut quelques autres sorts par la suite. Ses lunettes furent cassées et il eut droit à des ecchymoses sur la hanche à cause d'une chute.

Il parvint ensuite à assommer l'un des Serdaigles et alors qu'il était au sol, la lèvre fendue, il entendit des bruits de pas précipités dans le couloir et fit un sourire sournois. Quelques secondes plus tard, il entendit deux voix distinctes qui hurlèrent le même sort au même moment et deux bruits de corps tombant sur le sol de pierre.

« Harry ! » cria Hermione en se précipitant vers lui.

Elle l'aida à se relever et répara ses lunettes en un tour de main avant de lui tendre. Harry put alors voir auprès de la petite fille un jeune homme aux longs cheveux blancs qu'il reconnut comme étant son camarade de classe, Noctis Snape. Le Serpentard murmura un episkey et nettoya le visage de sa sœur.

« Je n'ai trouvé que lui, » souffla Hermione en regardant aussi l'adolescent qui caressait les cheveux de sa sœur en la berçant doucement.

« Que s'est-il passé ? » demanda finalement Noctis à Harry lorsqu'il n'obtint aucune réponse d'Opera qui sanglotait silencieusement.

« Je ne sais pas… » dit Harry alors qu'Hermione s'assurait que les quatre attaquants étaient assommés et que les deux autres ne partaient pas. « Quand nous sommes arrivés, ils s'en prenaient à elle simplement parce qu'elle était la fille de Snape. Je ne pense pas qu'ils aient eu le temps de lui lancer beaucoup de sort. »

« Je vais prévenir papa, » grogna le jeune homme avec colère, tentant de se relever.

« Non ! » couina Opéra en l'en empêchant.

« Pourquoi ? »

« Il ne voulait pas qu'on vienne ici, » sanglota la petite fille. « S'il apprend qu'on m'a fait du mal, il nous renverra à Salem. J'aime ma ville, mes amis me manquent mais ici au moins je peux voir papa tous les jours... »

Harry ressentit un pincement au cœur lorsqu'il entendit cette déclaration. Le jeune Snape dut ressentir la même chose car une lueur de tendresse apparut dans ses yeux avant qu'il ne reprenne un air plus dur.

« Tu dois être soignée princesse. »

« Je n'ai presque rien, » plaida l'enfant. « On pourra voir Vitae et elle me soignera. J'ai juste pris un sort dans le nez et un autre qui m'a projeté sur le mur et cogné un peu le dos. Après… il est arrivé, » dit-elle en désignant Harry, pleine d'administration.

Le Serpentard se releva, tenant la main de sa petite sœur de sa main gauche. Il s'approcha des deux Gryffondors.

« Au nom de la famille Snape, je vous remercie, » dit-il en s'inclinant légèrement.

« Je… heu… De rien, » bafouilla Harry ne sachant pas quoi répondre à quelque chose d'aussi formel.

« Noctis Snape, enchanté, » dit ensuite le jeune homme en tendant sa main droite devant lui.

« Harry Potter, » répondit le Gryffondor en avançant la sienne pour une poignée de main ferme.

Lorsque leurs doigts entrèrent en contact et que leurs yeux se rencontrèrent, Harry ressentit comme un sentiment de chaleur qui parcourut ses membres. Cela dura moins d'une seconde, mais l'effet fut intense sur Harry qui resta un moment sous le choc, incapable de comprendre ce qui venait de se passer.

« Veux tu venir avec nous auprès de notre sœur Vitae ? Elle soignera tes blessures. »

« Oh, » dit simplement Harry en regardant son bras gauche qui saignait toujours faiblement. « Non ce n'est rien. Je vais aller voir l'infirmière. Elle a l'habitude. Elle m'a même demandé de l'appeler par son prénom l'année dernière, » continua-t-il, mal à l'aise.

« Mais… » commença Noctis.

« Je ne dirai à personne d'où viennent ces blessures, » dit Harry en faisant un sourire doux à la petite fille.

« Ils vont bientôt se réveiller… » dit Hermione dans leur dos.

« Oh, ne vous inquiétez pas. Je contrôle la situation, » répondit Noctis avec un sourire cruel.

« Que vas-tu faire ? » demanda Hermione en fronçant les sourcils.

« Rien d'irréversible, » déclara le Serpentard en sortant de sa poche une petite fiole de potion rouge. « Je dois apprendre à ma petite soeur les effets d'une potion inventée par notre père. Ne vous inquiétez pas pour eux… Ils sauront juste ce que cela fait de s'attaquer à un Snape. »

Harry regarda les corps au sol, puis Hermione et pour finir le grand frère de la petite fille, avant de hausser les épaules et de leur tourner le dos pour repartir en direction de la tour Gryffondor. Il entendit des bruits de pas pressés derrière lui et fut vite rejoint par Hermione visiblement anxieuse.

« Tu es sûr que c'est une bonne idée ? » murmura-t-elle.

« Ces crétins n'ont que ce qu'ils méritent… » grogna Harry, tâtant son bras douloureux. « S'en prendre à une enfant… Bande de lâches… »

Hermione acquiesça vaguement, tenant son sac contre elle, toujours songeuse. Alors qu'ils arrivaient à un angle de couloir et qu'Harry allait partir sur la droite pour rejoindre le dortoir, sa destination initiale pour la bibliothèque oubliée depuis longtemps, il fut attrappé pas l'oreille d'une poigne ferme.

« Aïe ! » cria-t-il en se tournant comme il put vers son amie.

« Idiot Harry ! Tu es blessé et tu oublies d'aller à l'infirmerie ! »

« C'est rien 'Mione ! » plaida Harry.

« N'y compte pas Harry ! Tu iras voir Madame Pomfresh que tu le veuilles ou non. »

« Mais je… »

« Pas de mais ! » claqua-t-elle.

Harry se laissa finalement diriger vers l'infirmerie où il fut immédiatement pris en charge par Madame Pomfresh qui ne cessait de marmonner contre les adolescents bagarreurs. Elle essaya bien de lui extirper le nom de la personne avec qui il s'était battu, mais dut abandonner lorsqu'elle reçut plusieurs élèves couvert de verrues de la tête aux pieds. Harry et Hermione avaient bien remarqué que ces étudiants étaient ceux qui s'étaient attaqués à Opera Snape, mais ils n'en avaient rien dit et s'étaient contenté de filer avant d'être interrogés plus attentivement.

Lorsqu'ils entrèrent dans la salle commune des Gryffondors, ils purent voir Ron assis sur des coussins en face de Dean, jouant tranquillement aux bavboules. Lorsque le rouquin les vit et posa ses yeux sur le bras en écharpe de Harry, il se précipita à leur rencontre.

« Qu'est-ce que c'est vieux ? C'est Malfoy qui t'a joué un sale tour ? » s'inquiéta-t-il.

« Non… » marmonna Harry qui commençait à sentir la fatigue venir avec la baisse de l'adrénaline, l'absorption des potions et la perte de sang. « Un conflit idiot entre quelques élèves et comme d'habitude, j'étais au mauvais endroit au mauvais moment. »

Ron ricana.

« Je veux bien te croire mon pote. Vous avez fini vos devoirs ? Une petite partie ? » dit-il en désignant la table ou attendait Dean.

« Pas pour moi… » souffla Harry. « J'ai vraiment besoin de repos. »

« Et le dîner ? » pâlit Ronald, sans imaginer une seule seconde que quelqu'un puisse préférer un lit à une table.

« Pas faim… » répondit simplement Harry avec un mouvement de son épaule valide.

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Le lendemain matin, Harry se présenta au petit-déjeuner. Il tourna immédiatement la tête vers la table des Poufsouffles et regarde à la petite Opera discuter gaiement avec ses amis. Après un sourire, il regarda en direction de la table des Serpentard et vit Noctis lui adresser un signe de tête poli. Surpris, il le lui rendit avant de se diriger vers ses amis qui l'attendaient avec impatience.

Chacun s'inquiéta de son bien-être et il passa un bon moment avec ses camarades de classe. Il ne mangea pourtant pas beaucoup, préoccupé par les devoirs qu'il n'avait pas pu faire la veille. Après avoir avaler un bol de chocolat chaud et un croissant, il prévint ses amis qu'il lui restait quelques recherches à faire et s'éclipsa très vite, avant même que l'un d'eux ne puisse lui faire une réflexion.

Harry savait parfaitement que seule Hermione approuverait son besoin d'escapade à la bibliothèque et ne voulait pas passer un temps précieux dans un argumentaire qu'il connaissait déjà par cœur. Il avait pris la décision d'être plus sérieux cette année et ne comptait pas abandonner après un mois d'effort seulement.

Il en était là dans ses réflexions lorsqu'il percuta un corps dur au détour d'un couloir. Il ne dut qu'à son agilité et son équilibre de ne pas tomber en arrière ni d'écoper d'une blessure au coccyx ou à la tête. Lorsqu'il put se redresser, il vit la silhouette imposante de Crabbe se décaler pour laisser place à un corps plus fin : Malfoy.

Celui-ci ricana sombrement, les bras croisés sur son torse, un peu en retrait par rapport à ses deux gorilles de garde du corps. Dernière lui, Théodore Nott, Blaise Zabini, Pansy Parkinson et Noctis Snape regardait la scène qui allait se jouer.

« Alors Potty, je vois que les attaques incessantes sur ton pauvre cerveau ont laissé définitivement plus de traces que nous le pensions. En plus de ta vue défaillante, tu n'as apparemment aucun sens de l'orientation et de l'auto-préservation. Tu n'as peut-être pas remarqué mais c'est le chemin de la bibliothèque ici et je pen- »

Draco aurait pu continuer encore longtemps s'il n'avait été coupé par Noctis :

« Tais-toi Dray… » souffla celui-ci, l'air ennuyé.

« Pardon ? » s'étrangla Draco en se retournant vivement vers son ami.

« Lâche-le, » répondit Noctis en avançant pour faire face à son ami. « Il n'a rien fait de mal, on a cours et j'ai juste envie de digérer mon petit déjeuner confortablement installé dans un fauteuil de Madame Babbling. »

« Je rêve ou tu défends Potter ?! » s'insurgea Draco.

« Je ne le défends pas ! Je te trouve simplement ridicule, » grogna Noctis. « Il est tout seul et nous sommes six, même pour des Serpentards c'est lâche. Je sais que tu aimes te donner en spectacle et sortir des belles phrases, mais je n'ai pas envie de les écouter. Alors maintenant, on s'en va. »

Un silence de mort résonna dans le couloir, alors que les deux amis se fixaient avec hargne.

« Je me fous de ce que tu veux- » commença Draco avant d'être coupé à nouveau par Noctis qui arborait un sourire vicieux.

« Dois-je te rappeler que nous nous connaissons depuis le temps où nous portions des couches ? » demanda-t-il, souriant de plus belle lorsqu'il vit Draco pâlir.

« Je- Je m'en moque, » bagaya le jeune Malfoy. « Je sais aussi des choses sur toi ! »

Noctis ricana.

« Peut-être, » dit-il finalement. « Mais j'en sais bien plus que toi. Comme à propos de… Lady Doucequeue… »

Aussitôt, la bouche que Draco avait ouverte se referma avec un claquement sonore et, après un dernier regard noir à tout le monde, le Serpentard partit, vite suivi par le reste de la bande. Lorsqu'il passa à côté de Harry qui avait assisté à la scène les bras ballants, Noctis lui fit un sourire discret accompagné d'un clin d'œil.

Harry, peu habitué à voir quelqu'un le défendre en face de Malfoy et sa cour - sauf peut-être Ron mais il fallait bien avouer que la technique était bien moins efficace - se contenta d'un sourire mal à l'aise avant de reprendre sa route pour la bibliothèque.

Il ne comprenait toujours pas ce qui s'était passé au moment où il avait serré la main de Noctis Snape. Ça n'avait rien eu d'extraordinaire, ni de magique, mais il y avait bel et bien eu quelque chose. Quelque chose qu'il ne comprenait pas. Et qu'il n'était pas certain de vouloir comprendre.

S'asseyant à une table reculée de la bibliothèque, Harry soupira longuement. Il avait encore une trentaine de centimètres de parchemin à rédiger sur le sang de grenouille cornue pour la semaine suivante et un essai sur l'utilité des doxys dans un élevage d'hippogriffe. Cet interlude avec les enfants Snape chamboulait ses pensées qui avaient déjà du mal à rester ordonnées dans son cerveau.

Il devait se reprendre.

Oublié Noctis et Opera Snape.

Ou peut-être juste Noctis… et garder Opera dans son champ de vision. Juste au cas où elle se ferait à nouveau malmener…

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Les semaines passaient et Harry avait de plus en plus de mal à maintenir sa tête hors de l'eau. Les cours s'intensifiaient et il avait l'impression que tous ses efforts étaient en vain. Ses notes n'augmentaient que peu alors qu'il passait bien plus de temps sur ses leçons. Il était soutenue bien sûr pas Hermione alors que Ron préférait passer du temps avec Dean et Seamus, parlant de filles et de Quidditch. Bien évidemment, le rouquin répondait toujours présent lorsque ses amis lui demandaient un peu de temps pour se détendre et faire une partie de carte.

Les sélections pour l'équipe de Quidditch s'étaient bien passées et en temps que capitaine, Harry s'en était assuré. Le stress avait été au summum, mais grâce à l'aide de Ginny qui s'était montrée d'un soutien sans faille, il avait pu constituer une équipe qui, d'après les premiers entraînements, avait toutes ses chances pour le championnat.

D'un autre côté, Harry avait remarqué le rapprochement subtile du dernier fils Snape. Comme si le sauvetage de la petite Opera avait ouvert une barrière entre les deux et les avait fait prendre conscience l'un de l'autre. Ils n'étaient pas amis mais échangeaient parfois quelques mots. Un jour, Noctis avait même aidé Harry pour un devoir de potions lorsque le Gryffondor, au bord de la crise de nerf, avait hurlé qu'aucun livre de "cette foutue bibliothèque" ne parlait de l'incidence de la lune sur le venin de cobalt. Le jeune Serpentard, alors installé à la table derrière lui, s'était approché et lui avait tendu son propre livre de potion ouvert pour lui expliquer les rudiments de cet ingrédient précieux. C'était la plus longue discussion qu'ils avaient eue. Pendant les semaines précédentes ils n'avaient fait que se sourire et se saluer de loin sans vraiment savoir quoi se dire, ni même s'il fallait dire quelque chose. L'incident de la bibliothèque avait eu le mérite d'ouvrir le dialogue.

Harry y pensait justement alors qu'il regardait le lac gelé devant lui. Depuis quelques jours et pour son plus grand plaisir, la neige s'était invitée à Poudlard. Le milieu du mois de décembre dévoilait des paysages blancs et époustouflants qu'Harry aimait par dessus tout regarder. Il se sentait si petit, si insignifiant dans ce monde épuré, bien loin de son quotidien à Poudlard. Alors qu'il aurait dû être en train de finir son devoir de métamorphose, il avait préféré sortir un peu et respirer l'air pur de l'extérieur.

Seul.

Cette parenthèse dans sa vie d'étudiant lui permettait de repenser à diverses choses, comme ses parents, ses amis, Voldemort qui menait une guerre à l'extérieur des protections du château. Noctis…

Ce fut à cet instant qu'il entendit des bruits de pas dans la neige. Se retournant, Harry fut surpris de voir l'objet de ses pensées.

Noctis était vêtu d'une magnifique cape d'hiver noire, bordée de fourrure tout aussi sombre. Le tissu était finement entrelacés avec du fil d'argent et la broche scintillante qui la surplombait représentait deux camélias blancs. A son oreille brillait la même boucle qu'il avait à la cérémonie de bienvenue. Ses longs cheveux blancs étaient attachés au niveau de sa nuque, laissant simplement sa frange balayer ses profonds yeux noirs. Les yeux de son père…

« Bonjour Harry, » déclara le Serpentard avec un sourire charmant.

Sans en connaître la cause, Harry sentit ses joues rougir légèrement.

« Salut Snape, » répondit-il.

« Tu aimes tant mon nom pour l'utiliser alors que je t'ai permis de m'appeler Noctis ? »

« Pardon, » marmonna Harry. « L'habitude je suppose… »

« Puis-je m'asseoir ? »

Harry fit un simple mouvement de tête et se déplaça sur le banc pour laisser une place à son camarade de classe. Celui-ci s'installa et regarda devant lui.

« C'est paisible ici, » déclara-t-il sans lâcher l'horizon du regard.

« C'est pour ça que j'aime y venir, » répondit Harry. « Loin de toute l'agitation du château. »

« Je comprends. À Salem, il y avait plus d'étudiants, mais ils étaient bien plus répartis qu'ici. Le domaine était plus vaste. »

« Tes amis doivent te manquer… »

« C'est vrai… Mais ce n'est rien par rapport à la satisfaction de voir mon père tous les jours. Et de voir ma mère aussi heureuse que toute sa famille soit réunie. »

Harry ne répondit pas et hocha simplement la tête. Noctis reprit après plusieurs minutes de silence :

« Vas-tu au bal de Noël ? »

« Comme tout le monde je suppose… »

« Et y seras-tu accompagné ? » demanda encore Noctis.

« Non… » marmonna Harry. « Je ne suis pas très doué pour inviter les filles… »

« Alors c'est ton jour de chance, » déclara Noctis avec un sourire charmant en tournant enfin la tête. « J'aimerais te demander si tu veux bien m'y accompagner. »

« Pardon ? » haleta Harry, pas certain de comprendre.

« J'aimerais que tu sois mon cavalier pour le bal. »

« Mais… Je suis un garçon ! »

« Et alors ? Ne t'inquiète pas, moi aussi, » répondit nonchalamment Noctis.

« C'est une blague, c'est ça ? Tu vas me demander de mettre une belle robe, du maquillage et tu vas te moquer de moi avec Malfoy ? » s'énerva le Gryffondor.

« Harry ?! » appela Noctis alors qu'il l'empêchait de se lever en lui prenant le bras. « Je te l'ai demandé parce que tu me plais. J'aimerais sortir avec toi. »

« Hein ? » demanda stupidement Harry. « Mais… je suis un garçon. »

« Et je suis gay. Toi non ? » questionna Noctis, tenant toujours son bras.

« Je… Non… »

« Et comment peux-tu le savoir ? Tu as l'air si outré que je suppose que tu n'as jamais essayé, tu n'y as même jamais pensé. »

Harry se dégagea de l'emprise de Noctis et se releva pour avancer vers le lac. Le Serpentard le suivit, curieux de connaître la suite des événements.

« J'ai eu le béguin pour Cho l'année dernière. Je l'ai embrassée, » se défendit Harry.

« Et comment était-ce ? »

« Pas terrible… » avoua Harry à demi mot.

« Peut-être qu'elle ne te plaisait pas tant que ça… » murmura Noctis en le contournant pour lui faire face. « J'ai vu ton regard sur moi quand tu penses que je ne te vois pas. Je t'ai vu regarder le derrière de certains garçons quand ils vont remettre leur devoir sur le bureau de leur professeur. J'ai aussi vu le manque flagrant de réaction lorsque Lavande Brown agite sa poitrine devant ton visage. »

Harry, hypnotisé par les yeux profonds de son vis à vis, ne vit pas la main de Noctis frôler sa joue pour se poser derrière sa tête. Il put simplement constater que cette main le poussait un peu en avant et que le visage du Serpentard se rapprochait dangereusement. Son souffle le quitta lorsqu'il sentit les lèvres de Noctis se poser doucement sur les siennes, alors qu'une main se prenait dans le creux de ses reins. La douceur du moment le plongea dans une sorte de transe où seul le corps ferme contre lui existait.

Sans vraiment savoir comment faire, il répondit maladroitement au baiser, réclamant quelque chose qu'il avait toujours recherché sans le savoir : l'impression de se sentir aimé dans une étreinte tendre et douce. Il bougea ses lèvres comme il pensait devoir le faire et sentit Noctis trembler contre lui. Leurs deux corps se rapprochèrent encore un peu sans qu'Harry ne sache qui en était vraiment l'initiateur.

Plus rien d'autre n'existait.

Lorsqu'ils se séparèrent, le Gryffondor sentit sa vision se troubler légèrement et le monde autour de lui tourner. Il fut stabilisé et maintenu par les bras du garçon qui venait de ravir ses lèvres.

« Alors ? » demanda Noctis sans desserrer son étreinte. « Puis-je espérer un rendez-vous après une si belle démonstration de notre attirance mutuelle ? »

Aussitôt, Harry retrouva ses sens et sentit son sang se figer dans ses veines. Il se recula légèrement dans les bras de Noctis et baissa les yeux.

« C'était génial, » confirma-t-il. « Mais… Je ne suis pas sûr de pouvoir gérer ça en ce moment… Mes sentiments, la guerre, le regard des autres… »

« Es-tu homophobe ? » demanda curieusement Noctis.

« Hein ?! Non ! Je me moque des attirances sexuelles de chacun mais… j'ai été élevé par des Moldus et ils ne sont pas très tolérants parfois... »

« Oui… Mon père m'en a parlé. »

Ce fut à ce moment précis qu'Harry se rendit compte de qui il venait d'embrasser. Il venait de se laisser aller dans les bras du fils de Snape. Le Maître des Potions, la chauve-souris des cachots, le bâtard graisseux.

Aussitôt, il se dégagea de l'étreinte avec un jappement inquiet.

« Je te dégoûte tant que ça ? » demanda Noctis avec hargne, croisant les bras sur sa poitrine.

« Par Merlin, non ! » déclara vivement Harry. « Mais si Snape vient à l'apprendre, il va me tuer ! »

« Tu ne penses pas que tu exagères ? » questionna le Serpentard, un peu plus détendu.

« Je t'assure que non… Tu ne connais pas toute l'histoire. On ne peut pas. »

« Tu plaisantes ? »

La fatigue prenant le pas sur le reste, Harry soupira et passa une main sur son visage. Il avait bien assez de soucis au quotidien, il ne voulait absolument pas gérer un changement de cap d'une telle importance dans sa vie. Le baiser avait été merveilleux et avait déclenché des émotions inconnues, mais c'était définitivement trop pour le moment. Il avait son planning de devoir et de révision qu'il avait du mal à respecter, le Quidditch, la presse, sans compter la soi-disant mission de sauver le monde sorcier !

Non… Il ne pouvait pas commencer à rêvasser sur ce qu'un homme pourrait lui faire ressentir. Sur ce que deux hommes ensemble pouvaient faire. Sur le plaisir qu'il pouvait procurer. Il ne pourrait pas gérer le scandale que cette nouvelle information apporterait.

« Écoute, » reprit Noctis. « Tu me plais. Et même si tu refuses de le reconnaître, il paraît évident que je te plais aussi. Je comprends que cette relation peut causer des problèmes dans ta vie. Surtout à cause de ta notoriété. Je comprends aussi que tu aies peur des répercussions avec mon père, mais… Ca serait trop bête de passer à côté de ça. Tu ne penses pas ? » dit-il en s'approchant à nouveau.

Harry ne répondit pas. Il était absorbé par la belle voix grave de Noctis et ses yeux, si sombres. Le Serpentard reprit :

« J'aimerais sortir avec toi. Et si nous devons le cacher pour le moment, je suis d'accord. Je veux que tu te sentes assez à l'aise avec moi pour que, si cela marchait entre nous, nous puissions annoncer la nouvelle ensemble. A mon père, à toute l'école et même au monde sorcier. Laisse moi te montrer qui je suis… »

Après cette tirade, Notis s'approcha à nouveau et reprit Harry contre lui, le serrant étroitement et déposant un doux baiser sur sa joue.

« Je te plais vraiment ? » demanda Harry en se blottissant malgré lui contre le torse du garçon.

« Depuis que je t'ai vu dans le couloir, défendant ma soeur contre les membres de ta propre maison. Quand j'ai croisé ton regard en te serrant la main ce jour là, je suis tombé sous le charme. Tu as de très beaux yeux tu sais… Et ils étaient si plein de courage, de défiance et de rage. J'ai eu envie que tu me regardes encore. Depuis, je t'observe. Et tout ce que je connais de toi me plait, tout ce que je ne sais pas me donne envie d'en découvrir plus. »

« C'est si soudain… » marmonna Harry.

« Alors, tu acceptes ? » demanda Noctis tout contre ses lèvres, partageant la chaleur de son souffle.

« D'accord… »

A peine Harry eut-il soufflé ses mots que sa bouche fut ravie à nouveau par le Serpentard et ils partagèrent un baiser qui les laissa légèrement groggy.

« J'ai tout de même une requête, » déclara Noctis en s'éloignant légèrement. « Nous ne sortons avec personne d'autre. Ni toi, ni moi. Pas de rencard et pas de cavalier pour le bal. Ni pour rire, ni pour brouiller les pistes. »

« Oh… Je ne comptais pas sortir avec qui que ce soit de toute manière, » répondit Harry.

« Alors ça c'est raté, » ricana Noctis.

Harry lui frappa gentiment le bras, souriant. Il était toujours légèrement mal à l'aise et ne savait pas vraiment quoi faire. Malgré tout, il se sentait inexplicablement heureux d'avoir quelqu'un. Cette relation, peu importe ce qu'elle était, pouvait être bénéfique et l'aider au moins à retrouver un peu le sourire.


33 reviews pour le chapitre 1, c'est fou ! Je suis vraiment heureuse que cette histoire soit si bien accueilli. Reste à savoir si elle continuera à vous plaire…

A mercredi pour "L'antre des Maraudeurs", dimanche pour "Par Merlin !" et lundi prochain pour la suite de "Snape Family" (Wow, j'ai peut-être un peu trop de choses en cours…)

Epsi