Note : En espérant que ce chapitre vous plaira !Je tenais à préciser que l'histoire est déjà écrite et terminée, elle compte 13 chapitres plus un épilogue !

Avertissement : Je tiens à préciser que cette histoire contient du slash (relation entre deux hommes) , de l'automutilation et un lemon (chapitre 10). Vous êtes prévenu !

Disclaimer : Personnages d'après J.K. Rowling.

Bêta-Reader : Chipuliara ! ( Celle qui m'a fait découvrir le slash, merci ! Je voulais te laisser un petit mot, je trouvais ça classe ! ^^ )

RAR : Ouragan : J'espére que l'histoire te plaira comme le premier chapitre et je suis heureuse que tu sois au rendez vous aujourd'hui )

Bonne lecture :)


Chapitre 2

Deux semaines que Draco ne sortait pas de chez lui. Pire qu'un lapin dans un terrier, il passait ses journées à regarder la télévision, à manger, à dormir et à faire de la musculation. La sueur perlait sur son front alors qu'il enchainait les développés-couchés jusqu'à en avoir mal aux pectoraux.

Quarante…

Quarante et un…

Il ne supporterait pas de rester un jour de plus enfermé dans cette maison. Ses mèches blondes collaient sur son front alors que la barre frappait son plexus. Il grogna légèrement.

Cinquante trois…

Cinquante quatre…

Il allait vraiment devenir fou sans voir personne. Certes, Draco n'avait pas beaucoup d'amis mais il avait quand même besoin d'un minimum de vie sociale. Surtout depuis la guerre où il avait perdu la seule personne qui comptait vraiment.

Soixante sept…

Soixante huit…

Pourquoi ses pensées revenaient-elles toujours vers lui ? C'était insupportable. Après tout, c'était lui qui l'avait abandonné. Pourquoi devait-il tout le temps se torturer ? Il accéléra ses mouvements.

Quatre-vingts…

Quatre-vingts un…

Ses bras tremblaient mais il continua. Il serra les dents, c'était (le) plus dur à partir de quatre-vingt répétitions. Après il devrait aller faire une douche mais peut-être ferait-il des abdos avant ou courrait-il sur le tapis roulant que son parrain lui avait fait livrer.

Quatre-vingt neuf…

Quatre-vingt-dix…

Les rayons du soleil illuminaient la salle de sport. Mais Draco n'en avait rien à faire, il ne voulait que repousser ses limites et ne pas penser qu'il se cachait comme un minable. Non, mais en vrai, un Malfoy qui se dérobait ? Il était tombé bien bas.

Cent.

Il posa la barre et se redressa à l'aide de ses abdos. Il ramassa la serviette au pied du banc, essuya son torse et son visage, ferma un instant les yeux. Le sport lui avait fait du bien, ça lui donnait l'impression de faire quelque chose d'utile. Même si ce n'était pas vrai. Là, à l'instant comme depuis la fin de la guerre, il ne servait à rien.

Des coups à la porte le firent sursauter. Draco jeta sa serviette, prit sa baguette et se rapprocha doucement de la porte d'entrée. Il n'attendait personne et personne ne voulait le voir. Un peu curieux il ne fit pourtant aucun bruit jusqu'au battant. Si les mages noirs étaient ici, la porte aurait déjà explosé et la bâtisse aussi. De toute manière, ses sorts de protections l'auraient prévenu. Il était peut-être tombé bien bas mais il avait encore confiance en lui. Comme bon Malfoy qui se respectait.

Il se résigna à regarder par le judas de la porte. Tout heureux d'avoir de la visite même imprévue, il s'abaissait à utiliser des inventions Moldus. Pathétique.

Il ouvrit la porte quand il reconnut ses visiteurs.

-Bonjour, Draco, souffla Hermione en le prenant dans ses bras.

-Salut, Hermione.

Bizarrement lorsqu'il avait rejoint l'Ordre et qu'il avait prouvé sa loyauté, la brune l'avait mieux accepté qu'il ne l'aurait pensé. Alors que tout le monde lui tournait le dos, le trio l'avait petit à petit intégré à leur groupe mais la guerre les avait rattrapés. Ils étaient passés d'enfants à adultes en moins de temps qu'il avait fallu pour dire Quidditch. Ils avaient trop vu, trop vécu, trop ressenti. Quoi qu'il en fût, aujourd'hui il pouvait presque considérer l'ex-préfète-en-chef comme son amie. Draco avait déjà un peu plus de mal avec le roux mais ils se supportaient. Ils ne pouvaient s'empêcher de s'envoyer des piques de temps à autres mais c'était plus l'habitude qui parlait qu'un réel conflit. Et puis depuis la fin de la guerre, ils avaient un point commun.

-Malfoy.

-Weasley.

Des salutations simples suivies d'une poignée de main chaleureuse. Chacun avait eu des pertes plus ou moins importantes. Mais c'était des pertes tout de même. Et ça faisait mal. Alors après une expérience aussi éprouvante, on grandissait, on murissait. On enterrait la hache de guerre et on se serrait les coudes. Draco et Ron se soutenaient, de façon implicite et légèrement inhabituelle peut-être mais ils se comprenaient.

-Qu'est-ce qui vous amène ?

-Ta présence si charismatique me manquait, lâcha Ron.

-Nous sommes venus t'amener tes courses, répondit Hermione avant que le blond ne puisse répondre à la réplique du roux.

Elle posa un sac plastique sur la table basse devant la cheminée. Ron alla se poster près de la fenêtre, baguette en main. Il semblait tout le temps tendu quand il venait chez Draco.

-Merci.

-Comment vas-tu ? Tu tiens le coup ?

-Bien sûr, Hermione. De toute manière je n'ai pas le choix.

Elle lui répondit par un léger sourire désolé. Ce n'était pourtant pas de sa faute. Draco invita la jeune femme à s'asseoir sur le canapé d'un geste élégant du bras. Comme ses parents lui avaient appris. Hermione s'installa puis lui tendit la Gazette du jour. Elle fuyait son regard, il hésita à prendre le journal. Il savait ce qu'il y avait en première page. Et il ne voulait pas y penser. Pas maintenant. Pas encore.

Cependant, il le lui arracha presque des mains.

« HARRY POTTER, MORT ?

Après huit mois sans nouvelles, une nouvelle rumeur court les rues. Le Sauveur serait mort… »

Draco froissa le papier. Ce n'était que des rumeurs, ça ne pouvait pas être vrai. De toute manière, il le saurait. Non ? Il le sentirait ?

-Tu penses, qu'il… est… euh…

-Non.

Le ton du blond était sans équivoque. Harry Potter ne pouvait pas être mort. C'était impossible.

Ne pas pleurer. Surtout ne pas pleurer. Il se pinça l'arrêt du nez en espérant se calmer suffisamment pour ne pas éclater en sanglots. Ne pas montrer sa faiblesse.

-Il faudrait que j'aille…

Il esquissa vaguement un geste du pouce vers la salle de bain. Ça ne le dérangeait pas habituellement que l'on voit son corps si parfait mais à l'instant, il avait besoin d'être seul.

Ironique, n'est-ce pas ? Il avait été seul pendant presque deux semaines et maintenant qu'il voyait du monde il cherchait la solitude. Il savait depuis le début, il n'aurait jamais dû lire ce satané journal.

-T'as raison, Malfoy. Tu pues.

Il réussit vaguement à sourire au roux. Le couple le quitta rapidement lui promettant de repasser bientôt.

Une fois seul, il ne perdit pas de temps et se glissa dans la salle de bain. Une énorme douche en pierre très moderne se trouvait dans un coin. Il alluma le jet, enleva son short de sport et se regarda brusquement dans le miroir au dessus du lavabo.

Il avait toujours la même tête. Celle du petit con arrogant qui ne pensait qu'à lui et se foutait du monde entier, qui ne cherchait qu'à faire plaisir à sa famille et à être le meilleur. Le Draco avant-guerre.

Lorsque la buée recouvrit le miroir, il se décida à se glisser sous l'eau chaude. Il appuya son front contre le mur froid. L'eau purifiait son corps mais pas ses pensées. Mais Draco aimait bien se doucher, c'était le seul moment où il pouvait pleurer tranquillement. Parce que l'eau qui dégoulinait sur ses joues ne venait pas forcément de lui. Ses larmes sous le jet passaient inaperçu. Ainsi, il ne dérogeait pas à la règle de son père.

Ce n'était pas digne de lui, pas digne d'un Malfoy. Mais était-il encore un Malfoy ? Au fond de lui, il en doutait. Et pourquoi pleurait-il, d'abord ? C'était stupide et inutile. Il était stupide et inutile. Tout ça parce qu'il avait vu une rumeur dans un journal pourri ? Oui, on dirait bien.

Il frappa de sa paume le mur. Depuis huit mois, quand il pouvait encore sortir dans les rues il espérait croiser le brun au coin d'une rue. Il ne demandait pas grand-chose, juste une preuve. Savoir que le Survivant était vivant et qu'il allait bien, lui réchaufferait le cœur. Draco se surprenait même parfois à ne sortir rien que pour avoir une infime chance de l'apercevoir.

Il avait arrêté seulement depuis que Severus l'avait prévenu pour Nott et Crabbe. Mais il l'avouait lors de ses dernières rondes, il n'y croyait pas. Il n'y croyait plus.

Etait-il vraiment mort ? Le brun aux yeux si pétillants avait-il quitté ce monde de fous ?

Il était peut-être désespéré mais il avait besoin de savoir que Potter était en vie pour ne fût-ce que respirer.

Depuis quand ressentait-il cela ?

Un rire méprisant sortit de sa bouche. La réponse était évidente. Depuis que l'autre brun lui avait lâché une bombe digne d'Hiroshima sur la tête et qu'il avait tourné les talons. Non mais quel con. Draco se demandait si Potter réfléchissait parfois. Il ne pouvait pas lui dire quelque chose d'aussi énorme et mettre les voiles ensuite. C'était impensable, faible et indigne de sa part. Tout le monde le pensait courageux ? Ils avaient tous tort, il n'assurait rien.

Il coupa l'eau une demi-heure plus tard. Propre et sec, il s'habilla d'un jeans noir et d'un pull en cachemire gris clair avec le col en V. Il était dans sa période cachemire en ce moment mais comme toutes les autres périodes cela passerait.

Il rangea les courses que le couple d'ex-Gryffondor lui avait envoyées et se prépara quelque chose. Il misa sur des pâtes : rapide et simple, bon et nourrissant. Tout ce dont il avait besoin. Il dîna en tête à tête avec une série policière. Il avait connu mieux comme soirée.

Une fois l'assiette finie, il posa ses pieds sur la table basse et étendit ses bras sur le dossier du canapé. Dix minutes plus tard, il en avait déjà marre. Son regard s'éclipsait de plus en plus souvent vers la porte et vers la fenêtre. Il ne devait en aucun cas sortir.

Il se redressa, posa ses coudes sur ses genoux et entrecroisa les doigts. Ne pas céder. Pourtant dès que ces yeux gris tombèrent sur le journal en boule dans un coin de la pièce, il se leva.

Il devait sortir. C'était vital, physique. Il prit son manteau, son écharpe, sa baguette et sortit. Il faisait surement une grosse bêtise mais il fallait qu'il sorte.

XOXOXOXOXOXOXO

Harry était pitoyable ce soir. Mais à bien y réfléchir, il l'était tous les soirs. La musique qui résonnait autour de lui, lui faisait mal à la tête. La foule, l'angoissait. Il ne se sentait pas bien ici. Pourtant, il revenait au moins une fois par semaine.

-T'as pas l'air en forme, mon chou ?

Harry ne daigna pas lever les yeux de son verre à moitié vide. Déjà ?

-Qu'est-ce que tu fais là, chéri ?

-J'ai rendez-vous, répondit-il sans s'en rendre compte, l'alcool parlait pour lui.

-Avec qui ?

Qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire de toute manière ? Si elle ne cherchait qu'un coup d'un soir, elle était mal tombée. Il avait abandonné ça depuis longtemps. Il n'avait même pas envie de voir à quoi elle ressemblait. De toute manière elle ne conviendrait pas.

Si elle avait eu la voix un peu plus grave, un pénis entre les jambes, un corps musclé, des cheveux blonds et des yeux gris… pourquoi pas ?

Harry fronça les sourcils. Avait-il vraiment pensé ça ? Non, ce devait être l'alcool même s'il en doutait beaucoup. Ses pensées ne devaient pas s'envoler vers de tels horizons.

La fille se racla la gorge et se rapprocha encore. Si elle le touchait, il ne répondrait plus de ses actes.

Il vida son verre d'une traite et le posa bruyamment sur le comptoir.

-Avec mon verre, répondit-il simplement.

Comprenant qu'elle ne le sortirait pas de son état léthargique elle repartit se perdre dans la vague qui se balançait au rythme de la musique. Il fit un petit geste et la barmaid vint le resservir.

Il allait se mettre minable ce soir, peut-être que l'alcool lui permettrait de dormir paisiblement. Sa journée avait encore été nulle.

Il but verre sur verre jusqu'à ce qu'un homme d'une trentaine d'année le frappe à la mâchoire pour avoir osé renverser son verre sur sa chemise. Il finit dans la rue, jeté comme le moins que rien qu'il était.

La nuit était froide, il tituba sur quelque mètre puis s'arrêta. Tout tournait, sa mâchoire et son nez lui faisaient mal. Mais c'était du mal qui faisait du bien. Ou du bien qui faisait du mal. Il ne savait pas trop.

Retrouverait-il le chemin vers chez lui ? Il n'avait même pas pris sa baguette, de toute manière il n'aurait pas pu l'utiliser. Il regarda à gauche puis à droite. Par où était son appartement ?

Finalement, il haussa les épaules décidé à prendre la rue devant lui. Il avait ainsi plus de chances de ne pas se prendre un mur mais il avait la rue à traverser. Tant pis.

Il avait honte, vraiment honte, de l'état dans lequel il se mettait mais il en avait besoin. C'était son seul secours. Sombrer un peu plus dans les ténèbres pour oublier qu'il ne voyait plus la lumière.

Tête baissée, il avança d'un pas chancelant. Il tituba un peu. Il ne pensait pas croiser des gens et il pensait que les gens l'éviteraient, c'était toujours comme ça avec les personnes saoules.

Seulement, il rencontra un obstacle bien plus tôt que prévu. Comparer se corps chaud à un mur n'était rien. Alors qu'Harry se sentait tomber en arrière, une main ferme avec de longs doigts fins et pâles le rattrapa. Il releva la tête et croisa des yeux gris pétillants.

Draco ?


Et voilà chapitre 2 posté, alors qu'est-ce que vous en pensez ? N'hésitez pas à laisser une petite review, ça fait toujours plaisir. Prochain chapitre mercredi 13, bon weekend à toutes (ou tous ?) !