Bonjour !

J'étais plutôt enthousiaste, alors voilà déjà la suite ! (ceux qui lisent Toujours Purs savent bien qu'il ne faudra pas s'attendre à autant de rapidité tout le temps, malheureusement ^^, mais sur celui-ci j'ai encore quelques chapitres d'avance). Les chapitres sont assez courts, je me suis dit que comme ça j'arriverai peut-être à publier plus vite =). C'était censé être un bon petit scénario cliché, tout tranquille, et en fait, j'ai de plus en plus d'idées... j'ai déjà changé le titre, et vous avez gagné une image de couverture !

Merci en tout cas pour vos commentaires, ça fait tellement plaisir de voir qu'il y a des gens que l'histoire intéresse ! Je vais tenter de répondre aux reviews (je sais jamais quel est le protocole pour ces choses là, alors je vais faire ça par MP)

Et comme vous l'attendiez... le nom complet d'Harry ;)

Bonne lecture !


Chapitre 2


La prochaine fois que Thomas Jedusor aperçoit Harry, le Serpentard est assis au banquet de début d'année et la répartition est en cours.

A côté de lui, son bras droit fait la conversation, davantage pour elle-même que pour lui, en s'amusant aux dépens des premières années. Walburga Black, son terrible double féminin, fait partie des seuls qu'il supporte. Elle accepte sa compagnie souvent silencieuse, grâce à la compétence étrange qu'elle possède de s'amuser elle-même. La jeune fille, en sixième année, tient les Serpentards d'une main de fer derrière son épaule. Ironiquement, c'est même plutôt lui qui porte le gant de velours dans leur royaume, quand il décide de sortir de ses études pour se mêler aux autres. Il séduit, elle enchaîne. Ca avait été une nouveauté en arrivant à Poudlard. A l'orphelinat, depuis qu'il est petit, Thomas était un maitre invisible. On le craignait, on le laissait tranquille. Il ne se fatiguait à amadouer que les adultes, et encore, pas tous. Mais ici, il avait découvert que les Serpentards ne se laisseraient pas terrifier en silence. Pour accepter d'avoir peur de lui, il fallait qu'ils l'aiment à égale mesure. Il ne pouvait pas avoir sa Maison toute entière contre lui, ils étaient beaucoup plus dangereux que les rats moldus de l'orphelinat. Thomas avait dû laisser tomber son masque de démon psychopathe pour se transformer en diable irrésistible. Ca avait été un défi difficile au départ, il n'avait aucune idée de comment être aimable. Parler Fourchelangue avait aidé. Mais il avait fini par réussir son pari, et gagner la loyauté des Serpentards.

Parmi les premiers à le rejoindre, à côté de Cassius Lestrange, il y avait Walburga. La sorcière s'était rendue bien plus précieuse qu'un joli visage, et tout aussi dangereuse : absolument irremplaçable. Elle n'est pas exactement belle de façon conventionnelle, la bouche un peu trop grande, un grand front bombé, le nez trop plat, et des yeux presque complètement noirs sous ses paupières. Mais le pouvoir lui allait bien, et l'absence de maquillage combiné à son port de tête intransigeant laissait une impression plus durable. Si jamais, dans leurs premières années, elle avait décidé d'aller contre lui, leur guerre aurait couvert les donjons de magie noire du sol au plafond et inondé les corridors de sang. Pas que cela manque : mais à deux, ils savent être discrets.

Thomas se souvenait surtout de leur rencontre, quelques mois après son arrivée en première année. Il n'avait pas tellement donné d'importance aux rumeurs de la folie des Black jusque-là, Alphard et Orion avaient l'air normal, mais il avait dû reconsidérer. A son avantage, naturellement. Il traversait la salle commune, où elle était installée en travers d'un fauteuil. Cassius suivait à quelques pas, s'arrêtant pour plaisanter à droite ou à gauche. Lui n'avait pas levé le nez de son livre qu'il lisait en marchant. Sa magie, qui tournoyait paresseusement autour de lui, réagirait à temps pour neutraliser un sort. Seuls les plus faibles de ses camarades avaient essayé de l'attaquer jusque-là de toute manière, pour essayer de prouver un peu de leur valeur (ça n'avait pas marché, et maintenant ils devaient vivre avec le fait d'avoir été humiliés par un gamin). Les Serpentards qui s'y connaissaient vraiment en magie noire ne s'occupaient pas d'un Sang-de-bourbe de première année. Mais Walburga devait s'ennuyer ce jour-là, son cousin Orion n'était pas là pour la distraire.

« Sang de bourbe », avait-elle négligemment craché.

Il avait fait un effort pour revenir au présent pour lui adresser son plus beau sourire, conscient qu'il était absolument adorable à cet âge, et, plaisamment, lui avait répliqué : « Pondeuse. »

Tout le monde savait que les filles de bonnes familles finissaient mariées à droite ou à gauche. Dès qu'elles sortaient de Poudlard, elles allaient de bal en brunch, sans qu'on leur laisse le temps de faire autre chose que choisir des robes, pour que leurs familles leur trouvent un mari au plus vite. Le père de Walburga ne s'intéressait pas plus que cela à sa fille, c'était de notoriété publique. Le seul intérêt qu'il lui trouvait, avait été de la fiancer dès que possible à son cousin Orion, qu'il considérait comme son fils et qu'il voulait modeler pour en faire son héritier. Orion recevait des visites du patriarche toutes les semaines, une exception acceptée par Slughorn, et des lettres tous les deux jours. Walburga n'avait rien. Son père était un idiot, pensait Thomas, mais ce n'était pas la question. Il savait que l'insulte frappait là où cela faisait mal.

Immobiles entre les fauteuils de la salle commune, Thomas et Walburga s'étaient simplement regardés pendant un moment. Une autre fille lui avait touché l'épaule pour la faire revenir à elle.

« Silence, Eileen, j'ai un coup de foudre », avait-elle répondu, la chassant comme une vulgaire mouche. Thomas arborait un sourire moqueur qui révélait ses canines. Elle n'était pas ennuyeuse, il pouvait déjà le dire. Un coup de foudre ? Pourquoi pas. Il appréciait assez l'idée de pouvoir terrasser quelqu'un en un éclair, qu'on n'entendait pas venir avant qu'il ne soit trop tard. Il avait perfectionné sa technique depuis.

Evidemment, ce n'était pas un coup de foudre romantique, comme les autres l'avait d'abord pensé. Certains prétendants de la jeune fille l'avaient pourtant attaqué au cours des années. Il se faisait un plaisir de les remettre à leur place. Comme s'ils étaient dignes d'elle, les vermines. Pas que ça le regardait, mais c'était toujours distrayant et une bonne occasion de faire un peu de pratique. Elle le laissait faire et lui rendait volontiers la pareille. De toute façon, elle épouserait Orion, avait-elle déclaré. Tom ne comprenait pas vraiment ce qu'il y avait entre les deux cousins, mais ne cherchait pas plus loin. C'était leurs affaires. Il pouvait dire qu'aussi étrange que cela paraisse, les deux s'aimaient profondément. A la place de Walburga, Tom aurait castré le garçon qui lui volait son père et son pouvoir. Mais curieusement, elle ne lui en voulait pas. Orion l'adorait, c'était facile à voir, malgré leurs différences, et c'était réciproque. Il était aussi mesuré et doux qu'elle était violente. Tom ne connaissait pas les termes de leur arrangement, mais il pouvait dire qu'un jour, Lord Black allait regretter d'avoir dédaigné sa fille, et que ce serait sans doute Orion qui lui porterait le coup de grâce.

Non, il n'était pas question d'amour dans le sens traditionnel du terme entre Thomas Jedusor et Walburga Black. Mais il semblait que chez les sorciers, la folie allait souvent main dans la main avec la clairvoyance. Elle avait vu quelque chose chez lui, et les autres l'avaient suivie, Orion en tête. Elle croyait qu'il rendrait sa place à la magie noire. Il ne pouvait pas nier que ça le fascinait, beaucoup plus que la magie blanche autorisée par le Ministère. Walburga s'était faite son passeport dans les cercles selects des Sang Purs, et le laissait naviguer au gré de ses envies dans leurs bibliothèques et leurs confidences. Ensemble, ils seraient invincibles, lui avait-il promis. On pouvait dire qu'ils avaient atteints leur but, depuis leur coup d'état au début de sa deuxième année.

La répartition continuait. Rien de particulier, encore un Mafoy qui rejoint leur banc. Thomas applaudit avec une chaleur mesurée à chaque fois, soucieux du regard suspicieux de Dumbledore qui se pose sur lui dès qu'un élève se retrouve dans sa Maison. Le nouvel élève n'est pas encore là, et Tom se dit qu'il doit régler un quelconque problème administratif ou je ne sais quoi.

Mais plus intéressant, il y a un nouveau professeur de Défense contre les forces du mal assis à la table. Personne n'a encore deviné son nom. L'homme, encore jeune, regarde le vin tourner dans son verre, les yeux dans le vague, trop distrait pour même faire semblant d'applaudir de temps en temps. Il a la tête baissée, et l'on voit surtout sa crinière rousse, peignée à la va vite avant d'être maladroitement attachée en queue de cheval dans son cou. Slughorn a bien essayé, au départ, de donner quelques coups de coude à son voisin de table. Le professeur rondouillard est visiblement en admiration devant l'inconnu, et Thomas est de plus en plus intéressé. Cela dit, Slughorn est en admiration devant tout le monde. Il retient un soupir d'agacement alors que son professeur essaye de le désigner à l'autre, sans doute en train de se vanter de son élève favori. Son interlocuteur réticent ne semble même pas l'avoir entendu.

C'est alors que le nouveau, Harry, se glisse discrètement entre les portes de la grande salle. Tom le désigne du menton à Walburga, qui le suit des yeux. Il est en uniforme à présent, des robes d'une qualité incontestable même à cette distance. Il traverse joyeusement la pièce, mais ne s'arrête pas à la table des Griffondors, se contentant d'un clin d'œil et d'un salut quand il passe à leur hauteur. Charlus Potter lui lance un chocogrenouille au passage. Harry rejoint le groupe des nouveaux arrivants comme elle lui répond :

« Je ne sais pas qui il est, mais un inconnu n'arrive jamais seul. »

Thomas jette un regard vers le mystérieux professeur. En effet, l'homme a levé le menton, et la ressemblance devient évidente. Ils ont les mêmes yeux verts, et il y a un air de famille, même si le plus jeune a les cheveux aussi noirs que l'adulte les a flamboyants, une teinte plus foncée que le célèbre carotte des Weasley. Il lui adresse un signe de tête encourageant. Harry articule silencieusement quelque chose en réponse, et le professeur rit doucement. Slughorn se penche immédiatement vers lui pour demander des précisions, adressant aussitôt un signe de main au nouvel élève. Harry hoche gravement la tête en réponse pour le satisfaire, et se détourne rapidement pour observer le plafond. Les premières années, curieux, l'entrainent vite dans leur conversation. La contribution du plus âgé, quelle qu'elle soit, provoque des moues d'ébahissement et une foule de questions. Harry leur raconte une histoire ou quelque chose comme cela. Dumbledore est obligé de répéter le nom de l'un des enfants, trop absorbé par ce que le brun raconte et qui ne l'a pas entendu. Harry le pousse en riant vers l'estrade. Le gamin ne va s'asseoir qu'à contre cœur sur le tabouret pour rejoindre Serdaigle.

Tom répète àWalburga ce qu'il a observé du nouvel arrivant :

« Les Griffondors de septième le connaissent en tout cas. J'ai cru comprendre qu'ils étaient amis d'enfance, surtout Charlus Potter. Ils chantaient ses prouesses sur le terrain de Quidditch, il me semble qu'ils comptent en faire leur nouvel attrapeur.

Thomas n'est pas lui-même très intéressé par ce sport, mais il sait que sa voisine apprécie toujours une occasion de gagner la compétition, quoique ce soit difficile ces temps-ci avec McGonagall en face.

- Un cousin peut-être ? Ils ont certainement les mêmes yeux, et leurs cheveux ont l'air aussi récalcitrants.

Tom fait un murmure d'approbation et continue à l'observer. Le futur Griffondor semble habitué à attirer l'attention. Mais il n'a pas la posture arrogante qu'arboraient certains de ses camarades de Serpentard au début, sûrs au départ de leur prétendue supériorité. La direction de ses pensées l'agace, le parfait Griffondor doit bien cacher un défaut. Il a besoin de savoir ce qui le fait faiblir, tomber à terre ou bien exploser de colère. Les faiblesses des gens sont aussi intéressantes que la magie noire. Walburga pourrait sans doute lui donner un indice, quelque cryptique qu'il soit, mais il veut d'abord essayer seul. Personne n'a jamais réussi à lui cacher ses secrets bien longtemps de toute façon.

- Ah, c'est le dernier, et ensuite plus que notre délicieuse énigme.

Thomas se tourne et fait mine de regarder Walburga comme s'il ne l'avait jamais vue. Les deux se mesurent du regard, avant qu'elle n'abandonne. Face à elle, Orion rit doucement, pas inquiet. Tom ne l'avait jamais entendue dire cela de quelqu'un, mais, il suppose, même elle doit bien passer par l'adolescence. Elle hausse les épaules, l'air de savoir quelque chose qu'il ignore.

- Très bien, fais comme si tu n'avais pas toi-même remarqué. Je me demande si sa rate a la même forme que ses yeux. Ne t'inquiète pas, je crois que pour une fois je me retiendrai de vérifier. »

Il n'admet rien en réponse à ses gamineries, et reporte son attention sur Dumbledore, décidé à entendre son nom complet cette fois. Il faudrait plus qu'une apparence, intérieure ou extérieure, pour le faire tomber de son piédestal, et il doutait qu'un Griffondor ait ce qu'il fallait. Mais s'il trouvait grâce aux yeux de sa reine, il allait tout de même le surveiller de près.

« Flamel, Harrison. »

C'est bien « Harry ». La table des Lions éclate en applaudissements. Le concerné secoue la tête avec indulgence, et cabotin, leur adresse un signe de main avant de se diriger vers le tabouret. Flamel. Se pourrait-il alors, que le professeur... Impossible, on disait que l'alchimiste de renom ne sortait que rarement de son laboratoire, perdu quelque part dans les Balkans. Par conséquent : une source potentielle de savoir, à ne jamais négliger, mais isolée sur la scène mondaine ou politique. Fascinant, mais pas immédiatement utile.

Dumbledore va pour poser le Choixpeau sur son crâne. Prewett crie « Griffondor » avant même qu'il ne l'ait touché. Harrison rit, et attrape le Choixpeau pour l'enfoncer avec détermination sur sa tête. Tout son amusement se fane bientôt cependant, et il pâlit en entendant les mots dans sa tête. Les étoiles se couvrent au plafond alors que la lune luit soudainement, et jette une clarté blafarde sur l'assemblée. Le vieil objet réfléchit encore un instant...

« Eh bien, Monsieur Flamel... Serpentard je crois, n'en déplaise à certains ! »

Un silence consterné lui répond. Thomas n'entend pas non plus les Serpentards réagir. Il s'apprête à prendre les choses en main, encore une fois. Mais son inconnu ne lui en laisse pas le temps. Harrison a le visage à moitié couvert par le Choixpeau, et ses épaules tremblent. Pendant une horrible seconde, Thomas se demande s'il sanglote. Non, ce serait bien trop pathétique, et ce serait surtout nier tous ses efforts pour rendre une réputation correcte à leur Maison. Un fou rire leur parvient, un son à bout de souffle. Le plus récent des Serpentard se redresse, et sa bouche se tord en une grimace grotesque d'autodérision. Il a l'air d'un pantin étrange pour un instant. La lune passe et l'impression s'estompe. Thomas respire à nouveau, le sentiment de malaise glacial a disparu.

« Très bien, Serpentard ce sera. », déclare Harrison.

« Quoi ? » C'est la première fois que Tom entend Charlus Potter faire ce son, qui ressemble au bruit d'une souris qu'on écrase. Etonnamment satisfaisant, il s'appliquerait peut-être à le faire recommencer. Flamel se tourne vers lui, un air malicieux sur le visage.

« Désolé, Charlie, mais j'espère maintenant que tu ne regrettes pas de m'avoir raconté toutes vos stratégies de Quidditch...

Charlus Potter s'étrangle, en même temps que Minerva McGonagall jure comme un marin et se lève pour l'aider à s'étouffer correctement. Harry saute joyeusement du tabouret pour aller s'asseoir.

Thomas se lève et tape dans ses mains, avec mesure toujours, une expression avenante peinte sur sa figure. Les autres l'imitent bientôt, un peu étonnée qu'il aille jusqu'à se mettre debout, mais ils se disent qu'il cherche à tirer profit de la situation, au lieu d'imaginer que c'est par intérêt pour le nouveau venu. Walburga à l'air bien trop ravie à ses côtés à son approche, et Tom ne sait pas e qu'elle voit. Etonnamment, le préfet distingue quelques applaudissements réticents du côté des Griffondors, où Potter et sa clique félicite malgré tout leur ami. Minerva McGonagall semble effondrée, la tête entre les mains.

Il suit la progression d'Harry, qui se glisse dans la place que vient de lui dégager Orion Black à sa droite. Thomas le voit se présenter simplement, tendant spontanément la main à Abraxas Malfoy qui la prend sans renifler de dédain, quelque chose de rare chez lui. Le brun semble avoir apporté avec lui la même magie qu'aux abords du train, car la conversation s'envole aussitôt autour de lui. Une pointe de jalousie. Lui-même a dû travailler dur pour susciter ce genre de réaction. Les relations humaines ne sont pas vraiment innées chez lui. Comment fait-il ? L'autre donne l'impression que c'est facile et naturel. Toutefois, les choses ne sont pas toujours ce qu'elles semblent. Après tout, Flamel est maintenant à Serpentard, non ? Il est capable de cacher autre chose.

Etrange. Intéressant. Hors de l'ordinaire, mais en même temps si banal au premier abord... Thomas a de la peine à détourner les yeux, et il regrette un instant de ne pas s'être pousser pour lui laisser un siège. Mais il ne peut pas se permettre de chambouler toute l'organisation de la table par simple curiosité... N'est-ce pas ? Il est logique que Flamel rejoigne ceux de son année avant tout, cela lui laisse le temps de l'étudier. Il l'attrapera quand il faudra guider les premières années et leur expliquer l'école. Après tout, il vient lui aussi d'arriver. Il n'y a pas de raison qu'il lui échappe.


Aha, alors, impatients ? Harry Flamel, arrivé pour je ne sais quelle raison en dernière année à Poudlard ? (enfin, moi je sais...)